Tag: Associations

  • Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Il y a des rendez-vous qu’on préférerait voir disparaître. C’est le cas de la semaine dédiée à l’élimination des violences faites aux femmes, qui marque chaque année la fin du mois de novembre dans les communes membres du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) – Martigues, Port-de-Bouc Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts.

    Car les chiffres sont alarmants. L’an passé, le nombre de féminicides a augmenté de 11%, passant de 96 victimes en 2023 à 107 en 2024. La région Sud, avec 20 féminicides recensés dont 6 dans les Bouches-du-Rhône, demeure la plus touchée. « Et notre commune, Martigues a elle-même été marquée par un tel drame cette année », rappelle le maire (PCF) Gaby Charroux. En effet, dimanche 3 août dernier, Sylvia Iannello, rouée de coups par son compagnon, décédait à son domicile à l’âge de 43 ans.

    Ce fléau n’est pas « inéluctable », affirme l’édile, qui pointe la responsabilité de l’État, des institutions et des collectivités territoriales, mais aussi la responsabilité citoyenne. Pour donner de la visibilité aux actions menées au quotidien par les associations et les acteurs locaux, la Ville et ses partenaires du CISPD ont construit un programme riche et ambitieux.

    Aller vers

    Jeudi, le van Nina Simone du CIDFF PACA sera stationné au marché de Jonquières puis devant le centre social du Mas de Pouane pour aller au-devant de celles qui n’osent pas franchir une porte ou demander de l’aide. Rebecca Guyot-Kaboré, la conductrice du véhicule, explique : « Ma mission est de sillonner le territoire pour sensibiliser les publics à l’égalité entre les femmes et les hommes et d’orienter les victimes vers les partenaires adaptés si elles se présentent à moi. La lutte contre les violences faites aux femmes est vraiment un enjeu sociétal et de santé publique. L’aller vers est indispensable. »

    Des actions de sensibilisation auprès des jeunes, des temps d’échanges et des expositions sont également proposées. Le film Black box diaries sera par exemple projeté ce mardi à La Cascade devant des lycéens. La population pourra se retrouver vendredi soir à 19h au centre social Jacques Meli pour discuter. Une exposition conçue comme un outil pour comprendre les mécanismes de violence au sein du couple est également visible au sein de l’hôtel de ville jusqu’au 28 novembre. Le programme complet est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Violences faites aux femmes, la lutte totale

    Violences faites aux femmes, la lutte totale

    Cinq titres et 78 articles pour investir de A à Z la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Après avoir réuni, en janvier, des parlementaires de tous bords (à l’exception de l’extrême droite), pour créer une coalition transpartisane, Céline Thiébault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne, a présenté, ce lundi 24 novembre à l’Assemblée nationale, une loi « intégrale » pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Intégrale pour signifier « solennellement qu’il faut en finir avec le pointillisme législatif », a précisé l’élue.

    L’idée : traduire en « feuille de route » les 140 propositions émises en octobre 2024 par une soixantaine d’associations féministes, a-t-elle rappelé. « On ne peut pas se contenter de répondre uniquement par la répression », estime Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes. « Ça suffit les mesurettes, les petites formules », a enchaîné Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, « fière » de ce travail « collectif » accompli face à l’urgence. « En 2024, 94% des plaintes pour viol ont été classées sans suite », a-t-elle rappelé. Des plaintes qui depuis le lancement du mouvement Metoo, il y a 9 ans, ont été multipliées par 3, ajoute-t-elle.

    Justice, enfance, cyberviolences, travail, santé… Concrètement, le texte s’appuie sur de grands chapitres avec de nombreux leviers d’actions. D’abord, renforcer l’arsenal judiciaire. Pour « combler les angles morts du droit » et assurer correctement l’ensemble « du parcours judiciaire des victimes, du dépôt de plaintes jusqu’aux tribunaux », explique Céline Thiébault-Martinez. En supprimant notamment les cours criminelles départementales pour retourner à la cour d’assises, en inscrivant noir sur blanc que le « devoir conjugal » n’existe pas ou en élargissant la possibilité pour les associations de se constituer partie civile.

    Nombre d’articles se concentrent sur le volet « enfance ». Avec pas moins de 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), c’est une véritable « chappe de plomb » qu’il faut lever en mettant le focus sur la prévention et les soins, explique Arnaud Bonnet, député écologiste.

    L’interdiction du mariage forcé et des mutilations sexuelles inscrite dans le Code pénal, la formation des professionnels de santé pour mettre fin aux VOG (violences obstétricales et gynécologiques), la réglementation de l’espace numérique et une meilleure prévention au travail quand il peut s’agir d’un « lieu de prédation mais aussi un lieu pour s’en sortir », indique Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale activité femmes-mixité à la CGT, sont aussi prises en compte.

    Aurore Bergé dégaine

    sa « loi-cadre »

    Relevant qu’il est peu probable qu’une proposition de loi de cette ampleur soit inscrite à l’ordre du jour, Céline Thiébault-Martinez espère que certains articles seront repris dans des propositions de loi de groupes, dans leurs niches parlementaires, ou par le gouvernement. C’était sans compter avec la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes Aurore Bergé qui, dans un entretien accordé à l’AFP, a annoncé dans la foulée de la conférence de presse de la députée socialiste que… la future loi-cadre sur les violences faites aux femmes était « prête ». Comportant 53 mesures visant à « mieux former, mieux détecter, mieux prévenir et mieux sanctionner », le texte devrait être inscrit à l’ordre du jour parlementaire « dès que cela sera possible », a affirmé la ministre déléguée.

    Quel que soit le texte qui aboutira, la question des moyens reste entière. Comme l’a souligné la syndicaliste CGT durant la présentation collective de la première proposition, le contexte actuel est celui de l’austérité, « avec des subventions aux associations qui se réduisent. » Le coût de ses mesures est estimé à 3 milliards d’euros. Des crédits que les associations, toujours en mode combat, n’ont de cesse d’arracher. « Nous l’avons appris de nos aînées, la meilleure des manières de ne pas reculer c’est de continuer à avancer », assène Anne-Cécile Mailfert.

  • Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    Baisses de subventions au CIDFF 34 : « On a dû fermer des permanences »

    « Cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est importante : il faut rendre cette question visible, notamment dans cette période de grande inquiétude sur notre capacité à assurer nos missions auprès de toutes les femmes, y compris les plus isolées et les plus précaires, celles vers lesquelles il faut aller en priorité », estime Aline Faucherre, présidente du Centre sur l’information des droits des femmes et des familles (CIDFF) de l’Hérault.

    Les CIDFF – il en existe une centaine en France – constituent le premier réseau pour l’accès au droit des femmes en France, avec la mission de les rendre actrices de leur autonomie personnelle, professionnelle et sociale. « Les CIDFF ont des juristes qui informent gratuitement les femmes sur leurs droits. Sachant que notre CIDFF héraultais s’est voulu dès le début très engagé sur la question des violences faites aux femmes, qui est un signe flagrant – peut-être le plus évident – de l’inégalité persistante entre les femmes et les hommes », souligne Aline Faucherre.

    Chaque année, l’association reçoit 17 000 personnes, dont 80% de femmes – il y a aussi des couples qui viennent pour de la médiation familiale -, dans l’un de ses 50 points d’accueil répartis sur le département. « Mais avec les baisses de subventions, nous avons dû fermer des permanences dans des endroits où des femmes venaient et où le besoin existait. Par exemple Lunel, une permanence sur le Biterrois aussi », déplore la présidente du CIDFF 34. « On a dû réduire la voilure mais jusqu’ici on a pu maintenir l’activité, sans opérer de licenciements [il y a eu des départs non remplacés, Ndlr.] », souligne Aline Faucherre.

    En juin, l’ensemble des CIDFF avaient fermé symboliquement une journée pour obtenir de l’État l’argent nécessaire au financement du Ségur de la santé. « On a été heureusement surpris quand, en août 2024, on nous a dit que nos salariés y étaient éligibles, mais on a été très refroidis quand on s’est rendu compte que l’État n’avait pas prévu de nous verser les 5 millions nécessaires à ces augmentations. Finalement notre mobilisation a porté ses fruits pour 2025, mais l’inquiétude demeure pour 2026. »

    « 10% de moins partout »

    Outre cette question du Ségur, les CIDFF font face à une baisse généralisée des subventions : « Globalement il y a 10% de moins partout. Ou presque : du côté des CAF, dans l’Hérault, on est très bien soutenu, par exemple. Mais je ne jette pas la pierre, je sais que les collectivités comme les départements ou les mairies, sont très en difficulté », soupire Aline Faucherre.

    La question est : que fait l’État pour financer cette prétendue « grande cause nationale » ? « Quand l’Espagne, il y a plus de 20 ans, a fait des violences faites aux femmes une grande cause nationale, il y a eu un plan transversal avec de la prévention, de la répression, des financements, des tribunaux spéciaux, de l’éducation, des personnels qualifiés… un plan pluridisciplinaire qui a coûté très cher. La Fondation des femmes disait, il y a deux ans, qu’il manquait en France un milliard pour les droits des femmes. Ce milliard manque toujours… On n’a eu que des coups de pouce », déplore la présidente du CIDFF 34.

    Or « qui dit moins de subventions dit moins de professionnels de premier recours sur les territoires. Il y a un lien avec l’augmentation des féminicides : les femmes qui meurent sont celles qui n’ont trouvé personne à qui parler, et qui restent dans leur enfermement, sous l’emprise du conjoint violent ». Face à ces fermetures contraintes de permanences, l’association cherche des solutions. « Il y a par exemple des départements qui ont mis en place des bus itinérants. On peut aussi imaginer des permanences dans des Maisons France Services ou des visio… On est au début d’une réflexion pour trouver comment pallier ce manque, afin de rester présentes auprès de celles qui en ont le plus besoin. Car ce sont les femmes isolées, dans les territoires ruraux, qui sont les plus vulnérables. »

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Vos enfants font du sport avec une association, vous cotisez à une mutuelle ou fréquentez la recyclerie du coin ? Sans le savoir, vous participez déjà à l’économie sociale et solidaire (ESS). Dans le Gard, ce secteur emploie plus de 24 000 personnes et regroupe près de 2 300 structures : coopératives, associations, fondations ou mutuelles qui, chaque jour, placent l’humain avant le profit.

    Depuis le 1er novembre, le Mois de l’ESS bat son plein à travers tout le département. Organisé par le conseil départemental du Gard, en partenariat avec la Cress Occitanie et la Maison de l’ESS, il a débuté avec le festival Mouvemen’T(é) à Junas, porté par l’association Les Survoltés. S’y sont déjà succédé un séminaire régional des ressourceries à Uzès, un webinaire du CNFPT sur les tiers-lieux et un atelier autour du numérique responsable à la Filature du Mazel. Les prochains rendez-vous se tiendront notamment à Nîmes, pour aborder les liens entre ESS, banque et achats responsables : le 14 novembre, les Rencontres de l’achat responsable réuniront associations, mutuelles et acheteurs publics à l’Hôtel Mouret. Plus tard dans le mois, une formation à la gestion comptable associative est prévue le 21 novembre.

    Une feuille de route jusqu’en 2028

    Pour la présidente socialiste du Département, Françoise Laurent-Perrigot, « l’Économie sociale et solidaire ne cherche pas à supplanter le modèle économique général, elle lui est complémentaire et souvent palliative ». Des propos confirmés par la vice-présidente Hélène Meunier, qui voit dans ce modèle « une redistribution plus équitable des richesses et une participation citoyenne renforcée ».

    Le Schéma départemental de l’ESS 2024-2028, voté ce printemps, prolonge cette ambition. Coconstruit avec plus de 200 acteurs gardois, il fixe une feuille de route : soutenir les coopérations locales, valoriser l’innovation sociale et renforcer les liens entre institutions et structures solidaires. Le mois de l’ESS se clôturera le 28 novembre avec les Rencontres du mécénat aux Archives départementales, avant un dernier rendez-vous, le 6 décembre à Castillon-du-Gard, pour célébrer cette économie du sens et de la proximité.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Le quartier du Pont des deux Eaux, à Avignon, entame sa transformation

    Un parvis de la mairie annexe Est d’Avignon, dans le quartier du Pont-des-Deux-Eaux, qui « doit devenir la place du village », lance Fabrice Tocabens, adjoint (PS) au maire d’Avignon, en présentant les travaux à venir sur la zone.

    Avec donc en tête de gondole le projet du parvis de la maison commune. Et où une grosse partie du parking laissera place à une piste cyclable pédagogique ouverte à toute heure, qui pourra être utilisée pour des cours de vélo dans les écoles ou les associations des alentours. Des réfections qui commencent le 1er décembre prochain. Et pas de risque de ne plus avoir d’emplacement pour se garer, assure la municipalité. « On a la chance d’avoir beaucoup, beaucoup de parkings autour », précise l’adjoint tout en montrant les plans du futur espace qui devrait voir le jour en début d’année prochaine. Coût de l’opération : 170 000 euros.

    Vitesse importante

    Mais il n’y a pas que « la place du village » qui est refaite à neuf. Avec un projet autour du parvis de l’école Farfantello. En effet, la municipalité constatait « un gros problème de survitesse » autour de celui-ci, détaille Fabrice Tocabens. Le projet consiste ainsi à élargir le parvis, à rétrécir la voie et à monter un plateau afin d’obliger les automobilistes à abaisser leur vitesse s’ils tiennent à ce que leur carrosserie reste intacte. Tandis qu’autour de cet espace, les voies de mobilité douce sont également refaites pour un coût total de 400 000 euros. Tandis qu’en parallèle, trois toilettes publiques sont depuis cet été mises à disposition au parc Chico-Mendes.

  • [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    [Entretien] Isabelle Godefroy : « Éclairer le débat avant les municipales »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que le « Pacte du pouvoir de vivre Paca » ?

    Isabelle Godefroy : Il s’agit de la déclinaison régionale du pacte national. Après la période du Covid, des acteurs de la société civile se sont réunis pour décider de travailler ensemble à des propositions qui concernent tout le monde, le pouvoir d’achat, le logement, la pauvreté, la mobilité, l’alimentation, le sport, la famille, l’écologie, la précarité étudiante… Des associations, des mutualités et le syndicat CFDT ont participé. 90 propositions ont été faites. Elles sont ajustées en fonction de l’actualité nationale et elles sont consultables, avec des webinaires, sur notre site. Le directeur du pacte du pouvoir de vivre national est Christophe Robert, de la Fondation pour le logement, l’ancienne Fondation Abbé Pierre.

    Quelle est l’ambition de cette tournée autour de ce Pacte ?

    I.G. : À la fin de cet été, nous avons souhaité créer une initiative pour pouvoir porter nos propositions, alors que dans quelques mois se tiennent les élections municipales. On s’est interrogés : qu’est-ce qui est important aujourd’hui pour un habitant de la région Paca ? Il y a une crise du logement en France et encore plus dans notre région, l’environnement, l’alimentation, la démocratie au travail… Et parce qu’on ne voulait pas laisser cette thématique au Rassemblement national, la sécurité, comment on en parle, pourquoi les gens se sentent en insécurité ? Lors de cette réunion*, suivie d’un débat, nous réunissons des associations autour d’une table ronde, ATD Quart-Monde pour le logement, la Fondation pour le logement qui fait un travail incroyable également, France Nature Environnement pour environnement et alimentation, la CFDT Paca pour la démocratie au travail. Et un expert, un ancien responsable CRS, devenu ensuite médiateur dans les quartiers dits populaires, va venir nous parler de la sécurité ou du sentiment d’insécurité.

    Comment ferez-vous connaître ces propositions aux candidats aux municipales ?

    I.G. : À partir de ce débat, il y aura une synthèse. Puis une tribune avec l’ambition, on espère en tout cas, de proposer aux futurs candidats aux municipales notre vision, ce qu’on porte. Après, à chacun de s’en saisir et faire en sorte d’essayer d’ouvrir, d’éclairer le débat.

    * À 17h salle du Bras d’Or, en contrebas de l’avenue Antide-Boyer. Entrée libre.

  • L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    L’inauguration contestée du collège jésuite Loyola

    Tambours, bénitiers, trompettes et pancartes. L’inauguration officielle du collège Loyola au cœur d’Euroméditerranée 2, dans les quartiers nord de Marseille (15e), laisse un goût amer. Ouvert en septembre avec 49 élèves répartis dans deux classes de 6e, l’établissement privé catholique ambitionne d’en accueillir 500 d’ici 2032. Conçu par le cabinet Dosse, le bâtiment de 4 500 m2 se veut, sur le papier, une « fenêtre » sur un quartier appelé à accueillir 30 000 nouveaux habitants.

    Écologie intégrale

    et spiritualité

    Loyola revendique une pédagogie inspirée de la tradition jésuite, basée sur la responsabilité, la coopération et l’ouverture à la diversité. « Apprendre aux élèves à aller vers les autres et à s’enrichir de la différence », résume le Père Aimé Yoh, son directeur. « Une pédagogie innovante et une éducation de qualité », dont le but vise notamment à accompagner chaque élève à « œuvrer en faveur de l’écologie intégrale et à découvrir sa voie personnelle vers Dieu », précise encore un communiqué. Si le second concept est évident, le premier, popularisé par le pape François en 2015, est plus ambivalent. En lien pour certains avec la pensée maurrassienne et une frange de la droite réactionnaire.

    Forcément, l’inauguration suscite la controverse. L’observatoire sur le financement des établissements scolaires privés (Ofsep), qui tiendra une conférence de presse en marge de celle-ci, a choisi de dénoncer « des choix politiques et financiers lourds de conséquences ». En cause, le soutien du Département apporté à ce projet privé, alors que les subventions aux collèges publics, qui viennent d’être versées, sont jugées « insuffisantes » par l’Ofsep qui réunit syndicats (Unsa, Sud, FSU, CGT) et associations (FCPE, LDH, Attac, Vigie laïcité, DDEN, LP13).

    Loyola a, en effet, bénéficié d’une subvention de 1,95 million d’euros du Conseil départemental et d’une garantie d’emprunt couvrant entièrement un prêt de 10 millions contracté par l’école de Provence. À cela s’ajoute la vente du terrain initialement destiné à un collège public par Euromed, l’établissement public d’aménagement conduisant une opération de rénovation urbaine du secteur.

    Pour l’Offset, ces financements, bien que légaux, « ne sont pas obligatoires » et traduisent un choix politique : privilégier un établissement confessionnel privé, non soumis à la carte scolaire, dans une zone parmi les plus sous-dotées en collèges publics. « L’argent public pour l’École publique », martèle l’Ofsep dans son communiqué, dénonçant un « séparatisme social et scolaire » et réclamant la construction d’un établissement public.

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.