Tag: Association

  • Un défilé solidaire àla fondation Vasarely

    Un défilé solidaire àla fondation Vasarely

    À ce stade, l’événement n’est qu’un test. Ce samedi, 23 bénévoles de la Croix-Rouge, âgés de 7 à 83 ans, défileront vêtus des vêtements tirés de la boutique seconde-main de la structure, dans les alvéoles de la Fondation Vasarely, qui prête son lieu pour l’occasion. Au total, une trentaine de bénévoles se mobilisent pour que le défilé puisse avoir lieu. L’action, se veut avant tout « symbolique » pour l’instant, le défilé de mode n’est donc ouvert qu’à la presse. « C’est une phase de test, précise Bernard Greiner, directeur de la communication de l’union locale de la Croix-Rouge. Nous comptons sur les médias et les journalistes pour relayer l’information. » Et la portée de l’action. Deux intentions portent le projet. Celle, d’abord, de « montrer que l’on peut s’habiller de façon chic et classe à la Croix-Rouge », précise Bernard Greiger. Et ainsi faire la promotion des circuits courts de la mode.

    Valoriser la boutique

    L’association propose dans ses locaux aixois, situés cours des Arts et Métiers, tout un rayon de vêtements de seconde main : une boutique ouverte et accessible à tous, « sans conditions » où sont mis en vente de quoi habiller femmes, hommes, et enfants. « Ce que les gens ont tendance à oublier, ou ne pas savoir ! », précise Bernard Greiner, l’association étant davantage réputée pour ses actions sociales et caritatives. Autre intention derrière le projet, impulser l’achat de ces vêtements seconde main, qui permettent à l’association de maintenir sa trésorerie à flot. Comme d’autres associations, la Croix-Rouge pâtit des coupes budgétaires et de la baisse des subventions, et compte sur l’achat de ces vêtements pour poursuivre ses actions locales, notamment. Pour rappel, l’union locale de la Croix-Rouge est quotidiennement mobilisée sur 32 communes du Pays d’Aix. Si l’association tire un bilan positif de son action samedi, un défilé sera organisé à destination du grand public, cette fois-ci. « La Croix-Rouge espère un écho le plus large possible grâce à la diffusion de la captation vidéo et l’aide des médias », indique l’association.

  • La grande fête des enfants de 20 ans pour Festo Pitcho

    La grande fête des enfants de 20 ans pour Festo Pitcho

    Pour son 20e anniversaire, Festo Pitcho, festival de théâtre pour les enfants et adolescents en Vaucluse, mais aussi avec une représentation à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône et Sauveterre dans le Gard, propose pas moins de 18 spectacles tout public à travers 12 villes du territoire du 28 mars au 12 avril.

    Un événement pour « favoriser l’accès au spectacle vivant pour tous et toutes dès le plus jeune âge », rappelle Mathieu Castelli, directeur du Totem, association scène conventionnée art enfance jeunesse d’Avignon. Une volonté illustrée aussi par les 24 représentations scolaires pendant les deux semaines. Et prône la « visibilité et la diversité de la création contemporaine » qui « font partie de ce festival », insiste-t-il.

    Diversité qui se retrouve dans les spectacles programmés. Que les organisateurs ont voulu illustrer à travers trois spectacles. Zola pas comme Émile, tout d’abord, au théâtre des Halles, joué par Zola Forbon N’Zakimuena, où il incarne son parcours et notamment la bataille autour de son prénom « jugé trop peu français ».

    Ou encore Sensible, de la Compagnie Un Château en Espagne au Grenier à Sel le samedi 4 avril. Les spectateurs seront plongés dans un véritable décor champêtre. « Une expérience sensorielle totale », expliquent les organisateurs car seront installées trois « cabanes », une minérale, une végétale et une avec des animaux pour « prolonger les instants de rêverie », insistent-ils. Et enfin La voix de l’eau, de la compagnie Okkio le mercredi 8 avril à La Gare du Coustellet, à Maubec, qui « invite les enfants à entrer dans un cocon sensoriel où voix, basse, couleurs et reflets se mêlent pour raconter le lien intime entre une mère, son enfant et la mer ».

    Lampion papal

    Le tout sera lancé avec la grande fête d’anniversaire pour souffler les 20 bougies de l’évènement. Et contrairement à d’habitude, le lancement sera plutôt nocturne. Avec le samedi 28 mars à 18h30 sur la place du palais des Papes, une déambulation-spectacle lumineuse, marionnettes géantes et danse aérienne avec Les 4 saisons de petite fleur, de la compagnie Archibald-Caramantran. Le tout avec « un final dansant et participatif ».

    Mais la participation commence dès 16h30 avec un atelier de construction de lampions qui serviront à colorer encore plus la parade. On retrouvera également des jeux géants en bois et un atelier de dessin. Le tout accessible gratuitement, avec un coin goûter et buvette.

    Programme complet et liens vers les billetterie sur festopitcho.com

  • Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Les familles se regroupent jeudi 12 mars en face de l’école Hozier, dressant des pancartes avec inscrit : « Notre association ! Touche pas à mes enfants ! » ou encore « Sans local fixe, on sera dehors ! ». Pour cause, « le local de l’association Petitapeti a été racheté en juin dernier. Le bail arrivant à expiration, nous ne disposons plus que de quelques mois pour trouver un nouveau local », explique Camille Perdreau, coordinatrice de l’association.

    Véritable poumon du quartier de la Joliette, Petitapeti est un lieu de rencontre pour les enfants et leurs parents. L’association propose un accompagnement éducatif avec des activités culturelles et de loisirs pour les enfants de 6 à 12 ans. Camille Perdreau est consternée : « Les enfants ne doivent pas être les oubliés de la rénovation urbaine. »

    Un besoin de locaux

    L’association a tenté de mobiliser par une pétition, mais après 600 signatures, « aucune réponse concrète des collectivités », déplore la coordinatrice. « On nous parle de lutter contre l’errance de nos enfants, mais ils n’ont aucun endroit où aller ni où s’épanouir », déplore Nesrine Abdessade, mère de deux enfants et habitante du quartier. Elle rappelle qu’une de ses filles est restée un an et demi sur liste d’attente pour rejoindre l’association.

    Depuis 10 ans déjà, cette dernière bataille pour avoir accès à un local plus grand : l’actuel ne fait que 40m². Conséquence, un grand nombre de familles reste en attente. La coordinatrice précise : « Le problème n’est pas ce propriétaire, mais plutôt pourquoi il n’y a pas plus de réquisitions de locaux vides dans le secteur. Toute la rue Vincent-Leblanc, la rue de la Joliette, les rez-de-chaussée sont vides. »

  • En Pays d’Aix, une vingtaine de listes répondent à Arc Fleuve Vivant

    En Pays d’Aix, une vingtaine de listes répondent à Arc Fleuve Vivant

    Envoyer un questionnaire sur les engagements en faveur de la biodiversité à chaque tête de liste des 33 communes du bassin de l’Arc : c’est le défi que s’était donné, le mois dernier, l’association Arc Fleuve Vivant. Ce mercredi, à Aix-en-Provence, l’association a présenté les conclusions de son sondage, en présence de plusieurs candidats, où de leurs représentants. Résultat, parmi les 87 listes électorales contactées, 27 questionnaires ont été renvoyés à l’association. Parmi ces retours, deux listes varoises (Saint-Maximin et Pourcieux), « communes ou le fleuve prends sa source », précise Christine Ferrario, co-présidente d’Arc Fleuve Vivant. Parmi les trois villes les plus importantes du Pays d’Aix, à Aix, trois listes ont répondu à l’association : Aix Avenir, menée par Marc Pena, Aix Vivante et Populaire, menée par Mounir Ben Ammar (DVG), et Aix en commun, menée par Julie Boronad (LFI). À Gardanne, seule la liste Changeons de Cap, menée par Jean-Marc La Piana (DVG), a fourni ses réponses, et à Bouc-Bel-Air, c’est la liste de Hervé Plisson (DVG), le Printemps Boucain, qui a manifesté un retour. Parmi les questions posées, la place de l’Arc dans le programme des candidats. « Réponse unanime des 27 listes, sauf une. L’ensemble des listes qui ont répondu ont mis l’Arc à l’honneur dans leur programme », rapporte Christine Ferrario. Unanimité, aussi, sur la thématique de « l’urbanisme et du respect du bâti ». Parmi les réponses et propositions renvoyées par les quatre candidats, « quatre points noirs » se font remarquer : le projet de la Constance à Aix, la zone artisanale du Tholonet, l’Usine Lafarge et la carrière Mange-Garri de Bouc-Bel-Air.

  • L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    Le sort de l’association Entraide des Bouches-du-Rhône a été scellé, lundi 2 mars, devant le tribunal des activités économiques de Marseille, qui a validé l’offre d’Habitat et Humanisme Soin et ordonné la cession de l’intégralité des établissements exploités, à ce jour, à cette association lyonnaise. Les six Ehpad et quatre résidences autonomie sont cédés pour 7,48 millions d’euros, dont 6,8 millions d’actifs immobiliers. La valeur très théorique du parc immobilier était estimée à 33 millions d’euros.

    Ce choix d’une « offre viable » venue de l’économie solidaire « permet de préserver 448 emplois et de maintenir 725 personnes âgées dans leur lieu de vie actuel, et d’entrevoir des perspectives positives de renouveau avec les différents investissements prévus, notamment pour les travaux de rénovation et de réhabilitation », expose le tribunal dans son jugement de 23 pages.

    Le scénario catastrophe redouté est évité

    La résidence du Roy d’Espagne (dans le 8e à Marseille) ne pouvait être dans le deal puisque fermée en juillet 2024 et préemptée par la Ville de Marseille pour y créer une « résidence autonomie de nouvelle génération », qui sera confiée au CCAS. L’Ehpad du Clos Saint-Martin, à Pélissanne, n’est pas non plus concerné, ayant été fermé par l’ARS en septembre 2025 après le constat de graves dysfonctionnements.

    Malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2024, la situation de l’Entraide 13 n’avait cessé de se dégrader avec un résultat négatif de 4 millions d’euros, qui rendait impossible tout plan de continuation. Huit candidats s’étaient manifestés. Trois offres sérieuses ont été déposées in fine, mais une seule exposée à la barre du tribunal. Le sérieux de l’offre de l’association lyonnaise a convaincu les magistrats. Habitat et Humanisme Soin assure déjà la gestion d’un réseau de 59 établissements d’accueil et de soins de seniors dans 20 départements, soit près de 4 900 lits et emploie environ 2 000 salariés.

    L’Agence régionale de santé et le conseil départemental avaient émis un avis très favorable à cette reprise, qui « n’implique aucune fermeture de site et préserve au mieux les intérêts des résidents et de leurs familles et des salariés ». En effet, 448 des 468 emplois sont sauvés « avec leurs droits acquis », soit 96% des emplois. Les 20 salariés du siège social d’Entraide ne sont pas repris, ce qui doit conduire à 18 licenciements. L’administratrice judiciaire de l’Entraide a été entendue, elle qui soulignait qu’un effort devrait être fait par le repreneur « pour apaiser le climat social concernant les droits acquis des salariés repris ».

    La somme totale déclarée au passif, au jour de l’audience du 17 février, est de 59 millions d’euros, dont 22 millions contestés, soit une somme finale qui avoisine les 40 millions d’euros tout de même, composée à 80% de dettes bancaires et 20% de prestataires. Le Département reste garant de certains prêts bancaires à hauteur de 12 millions d’euros. Si le tribunal se dit conscient de « l’impact économique » de cette cession pour les contrats non transférés, il retient « l’effort financier manifestement réel, même s’il ne permettra pas un apurement direct du passif ».

    Si le prix de cession fixé à 7,48 millions d’euros est « décorrélé de la réalité du passif », le tribunal considère que le coût total de la reprise est en réalité de 32 millions d’euros en tenant compte des congés payés, des départs à la retraite, de l’hypothèque de l’Ehpad La Marylise (dans le 11e à Marseille), des dépôts de garanties et des fonds de roulement à reconstituer, des travaux de réhabilitation et de remise aux normes estimés à 12,5 millions d’euros sur un parc assez vétuste.

    Une trentaine de contrats sont repris. Pas celui de la restauration collective conclu en 2024 avec la société marseillaise Ascent pour 5 ans, ce qui est « de nature à inquiéter tant ses prestations sont essentielles à la poursuite de l’activité », énonce le tribunal, qui prend acte toutefois d’échanges en cours entre les parties. L’ARS et le Départemental se sont engagés à procéder au transfert effectif des autorisations d’exploitation nécessaires au repreneur dans les 48 heures. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 22 juillet 2026.

    Un « heureux dénouement » pour le CD 13

    « Je dirais ouf et enfin ! » réagit Jean-Marc Perrin (DVD), conseiller départemental, l’autorité de tutelle. « Nous sommes heureux et soulagés de ce dénouement. C’est la fin d’un long processus judiciaire qui évite une casse sociale terrible et la perte d’une capacité d’un millier de lits en grande majorité habilités à l’aide sociale », salue l’adjoint au bel âge, à l’archéologie et la paléontologie. « Nous avons travaillé main dans la main avec l’ARS pour éviter une catastrophe. Habitat et Humanisme sont de vrais pros compétents qui gèrent déjà 60 établissements, qui ont la fibre des bailleurs sociaux et de l’habitat inclusif. Quand j’entends que les anciens dirigeants de l’Entraide essayent de trouver des responsabilités chez les autres, je rappelle qu’en sortie du Covid et en plein scandale Orpea, et alors qu’ils commençaient à être dans le rouge, deux dirigeants se sont augmentés de presque 30% en 4 ans, alors, qu’ils balayent devant leur porte ! »

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • Le projet inédit d’une Maison des étoiles dédiée au cancer du cerveau à Montpellier

    Le projet inédit d’une Maison des étoiles dédiée au cancer du cerveau à Montpellier

    « Le glioblastome est un cancer du cerveau sous sa forme la plus grave. Il touche 3 500 personnes par an en France. La médiane de survie est de 18 mois, et à ce jour il n’y a pas de traitement curatif », expose Laetitia Levère, cadre Ibode (infirmière de bloc opératoire) au CHU de Montpellier et fondatrice de l’association Des Étoiles dans la mer, devenue une référence nationale en matière de lutte contre le cancer du cerveau.

    Confrontée personnellement, il y a quelques années, à cette maladie qui a emporté son mari, Laetitia Levère a décidé de sortir ce cancer de l’épais silence qui l’enveloppe encore, en agissant, grâce à son association, sur le financement de la recherche (un million d’euros reversé depuis 2019), l’accompagnement des familles, et la sensibilisation du grand public. « Le cancer du cerveau bouleverse des vies entières. Il est temps que la société lui accorde la place, les moyens et l’attention qu’il mérite », estime la fondatrice de Des Étoiles dans la mer. Car ce cancer, l’un des plus agressifs et au plus mauvais pronostic, a un impact humain considérable sur les patients comme sur leurs proches. « Tous les jours on reçoit des appels de personnes désemparées, qui cherchent de l’aide ou des informations. »

    Le glioblastome se caractérise en effet par une évolution extrêmement rapide et des handicaps lourds (troubles moteurs, troubles de l’équilibre) dès les premiers symptômes, ainsi que par un déclin cognitif (troubles du langage, de la mémoire, de l’attention…).

    « Un refuge ouvert »

    C’est pour répondre à ce « besoin criant identifié sur le terrain : celui de l’après diagnostic, du quotidien bouleversé, de l’isolement des familles et de la fatigue physique et psychologique des aidants » que Des Étoiles dans la mer souhaite créer à Montpellier cette première maison d’accompagnement dédiée au cancer du cerveau. Un lieu destiné à la fois aux patients et à leurs proches, avec une double vocation. D’abord de répit et de bien-être. « On veut que cette maison soit un refuge ouvert, un temps pour soi dans un parcours de soins souvent brutal. Si les personnes veulent y séjourner 3 jours ou une semaine, elles le pourront, sans condition de ressource car ça ne sera pas lucratif. On souhaite l’ouvrir aussi aux aidants, pour qu’ils puissent souffler, rencontrer des personnes qui vivent les mêmes choses, partager leur vécu. Car c’est très difficile également pour les gens qui accompagnent. Ils minimisent leur atteinte mentale dans ce parcours », témoigne Laetitia Levère. De nombreuses activités tenant compte des handicaps visibles et invisibles y seront proposées : activité physique adaptée ; ateliers mémoire et attention, écriture, musique, arts, jardinage ; séances avec des esthéticiennes spécialisées en cancérologie, échanges avec des spécialistes d’onco-sexologie…

    La seconde vocation de la Maison des étoiles consistera à accompagner la fin de vie, dans une alternative à l’hôpital – « où on manque cruellement de lits de soins palliatifs – et à l’hospitalisation à domicile. « Une fin de vie avec ce cancer là à domicile, c’est très compliqué, ça peut être long et c’est forcément complexe parce que ça touche le cerveau, donc les fonctions cognitives. Le proche devient alors le soignant, sauf qu’on ne peut pas demander ça à quelqu’un. C’est trop lourd. Les familles ont besoin d’être entourées, soutenues dans leur parcours mais aussi sur cette fin de vie assez violente. »

    Quatre millions d’euros sont nécessaires pour que ce projet, « urgent car le besoin est réel », voie le jour. L’association lance donc un appel aux collectivités, aux mécènes et entreprises du territoire ainsi qu’au grand public, qui peut participer via un formulaire de don en ligne*. « Chacun peut apporter sa brique à la construction de cette maison, qui constituera un site pilote. Avec l’ambition, à terme, d’ouvrir d’autres Maisons des étoiles.»

  • [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    Le système psychiatrique, outre son manque de moyens humains et matériels structurel dans le secteur public, est source de violences pour de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables et marginalisées dans notre société. Quelle place pour les citoyens qui ont besoin de soins et d’accompagnement ? Qu’en est-il de la reconnaissance véritable, c’est-à-dire citoyenne, de leur parole et de leur vécu ? Alors que le gouvernement avait fait de la santé mentale une « grande cause nationale » en 2025, les attentes ne sont pas honorées. Rencontre avec Camille et Liès, bénévoles de l’association Democrapsy à Montpellier, qui œuvrent pour un changement total de paradigme, et la psychanalyse montpelliéraine, Sophie Nigon.

    Françoise Verna : Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’être bénévole au sein de l’association Democrapsy à Montpellier ?

    Liès : Parce que libérer la parole des personnes concernées, cela ne suffit pas. Nous, on milite pour que cette parole soit prise en compte. Quand nous parlons de personnes concernées, ce sont les premiers et premières opprimés. Les prendre en compte c’est demander que les pouvoirs publics soutiennent des créations d’espaces pour ces personnes et que ces espaces soient gérés par ces personnes.

    Camille : L’idée serait d’élaborer un soin qui parte de la base, de la parole des personnes les plus violentées et marginalisées, pour avoir un soin collectif qui ne soit pas défini par l’altérité, la marge. Et par cette idée qui consiste à dire : « Vous êtes dehors, on va vous guérir et vous rencontre productif. »

    Olivier Nottale : Qui sont « ces personnes concernées », notamment dans l’association Democrapsy ?

    Liès : On réunit des personnes concernées par la psychiatrisation et/ou la vulnérabilité psychique sans forcément passer par un parcours de psychiatrisation. Nous, nous sommes concernés. Nous sommes une association de soins communautaire. On travaille en commun avec des personnes concernées, par exemple, par un trouble du spectre autistique, la psychiatrisation sous contrainte, y compris avec le fait d’être amenée par la police. On a réuni une communauté depuis un an et demi autour de plusieurs d’événements.

    Camille : L’idée c’est de montrer que la problématique de santé est aussi sociale. Traversée par des enjeux de féminisme, de racialisation, de colonialisme. Il faut prendre en compte toutes les formes d’oppressions, tout le système.

    Françoise Verna : Est-ce que cela vous parle que des jeunes gens, comme Liès et Camille, veuillent être les acteurs de leur bien-être et de ne pas être mis dans des cases ?

    Sophie Nigon : Cela me parle tout à fait. Dans l’approche lacanienne, qui est la mienne, ce qui compte effectivement c’est la question de l’individu, du sujet, de la spécificité. C’est-à-dire ne pas mettre les personnes dans des petites cases. Cocher des cases sur tel symptôme ou tel comportement, etc. Il s’agit de prendre en compte ce qui est la dimension du sujet, ce qui est sa subjectivité. Et ça, cela demande du temps et de l’écoute.

    Olivier Nottale : Or nous sommes dans un système de soins et une société où des personnes en besoin de soins vont buter contre ce système ?

    Camille : Je pense que la psychiatrie est un système fou, un pompier pyromane. Si la psychiatrie m’a sauvé la vie, elle m’a aussi rendue malade, handicapée. Je suis très critique de la psychiatrie comme institution mais au regard de l’urgence actuelle, c’est une des seules ressources que l’on a pour sauver les personnes parce qu’on n’a pas une remise en question totale de nos approches du soin et des problématiques sociales qui engendrent la folie. Les violences psychiatriques forcent les gens à rentrer dans la norme.

    Françoise Verna : Vous êtes psychanalyste et vous intervenez aussi auprès de professionnels. Vous avez donc cette double expérience, côté patient et côté soignant ?

    Sophie Nigon : Je suis psychanalyste en libéral où j’accueille des personnes et j’interviens aussi, toujours en tant que psychanalyste, dans différents services hospitaliers, institutions, associations qui ont tous en commun d’accueillir des personnes en souffrance : des enfants, des personnes handicapées, à la rue, en souffrance psychique, psychiatriques. J’accompagne aussi une équipe qui va dans des prisons. Du côté des professionnels il y a aussi de la souffrance parce qu’ils sont contraints par des injonctions, des règles, un manque de moyens et de temps. Pour un rendez-vous dans un centre médico-psychologique, un CMP, il faut six, huit voire plus d’un an. Et s’agissant d’enfants, pour un premier rendez-vous, c’est un an à dix-huit mois d’attente !

    Camille : J’aurai des recommandations : une réattribution des budgets répressifs pour faire de la prévention et de l’accompagnement aux soins. Et bien sûr des actions conjointes avec les premiers concernés pour élaborer une méthodologie de soins qui soit inclusive pour les soignants et les patients. Et avoir accès à des formations spécifiques sur le racisme, les violences sexuelles, l’inceste etc. Pour que l’on puisse nous accompagner au mieux.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

    * Democrapsy sur instagram @democrapsy_mtp34

    Samedi 21 mars scène ouverte au Quartier Généreux, 18h30.

    Mardi 24 mars à La Base, 19h :

    cercle en non-mixité HP-police.

    * *acfvoiedomitienne.fr

    sophienigon_psy-montpellier.com

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».

  • [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    [Entretien] « L’affaire a levé le voile sur une réalité des paysages ruraux »

    En plus des accueils et accompagnements qu’elle propose aux femmes victimes de violence à Aubignan et à Montélimar, l’association Vivre femmes intervient dans les écoles pour sensibiliser.

    La Marseillaise : En quoi l’affaire Pelicot a modifié le regard qu’on porte sur les violences faites aux femmes ?

    Sandra Barba : En zone rurale, nous sommes souvent confrontés à des discours stéréotypés. L’idée c’est que les violences de ce genre, ça n’arrive qu’aux autres, dans les grandes villes. Nous, dans notre commune, il y a 6 000 habitants, c’est-à-dire que tout le monde se connaît. Doncon se dit que s’il se passait quelque chose, ça se saurait. Le fait que Madame Pelicot soit dans un village à dix minutes de chez nous a permis de lever le voile sur une réalité dans les paysages ruraux, qu’on n’affronte pas toujours franchement. D’autant qu’ici, Madame Pelicot, nous l’avons presque tous croisé. Elle a incarné une vraie réalité, qui fait ses courses comme tout le monde, qui va acheter son pain comme tout le monde, qui va chez le médecin comme tout le monde. Ça a vraiment cassé les codes.

    Pourtant, on sait que près de 50% des féminicides ont lieu en zone rurale, alors que seul un tiers des Françaises y vivent…

    S.B. : Tout à fait. Mais c’est plus diffus, plus flou. Les gens se disent que les violences de rues sont les choses de la grande ville. Ils oublient trop souvent l’isolement, les difficultés d’accès à l’information, les problématiques de mobilité… Une femme qui se met à hurler dans une maison au milieu d’un jardin de 1 000m2 sera moins entendue que celle qui hurle dans un immeuble. L’affaire Pelicot permet aussi de révéler toutes ces difficultés qu’on rencontre en zone rurale et qui sont parfois balayées.

    Cette affaire a aussi permis de montrer que le profil d’un agresseur pouvait être celui de monsieur tout le monde…

    S.B : Exactement. Et nous, nous en avions encore plus besoin. D’autant qu’ici, tout le monde à au moins une connaissance liée à l’affaire. Nous avons tous été impactés en découvrant certains noms, en se disant : « putain, mais j’ai bossé avec lui », « mais, lui, il a bossé avec ma fille » ou même « c’est mon frère ». Dans mon cabinet, j’ai reçu des épouses qui ne croyaient pas que leur conjoint puisse être impliqué, qui, même lorsqu’elles étaient interrogées par la police, disaient que ce n’était pas possible, qu’ils se trompaient. C’est normal, quand vous apprenez que votre voisin a violé quelqu’un, il y a un temps de sidération. Surtout que la phase sociale des agresseurs est souvent policée et travaillée. Mais c’est vrai que l’affaire Pelicot a fait exploser la nécessité de se réveiller. Elle a montré que ça pouvait se passer chez tout le monde, même dans les jolies petites maisons. Je pense que ça a complètement bousculé le Vaucluse.

    Pensez-vous que cela a aussi permis de libérer la parole des victimes ?

    S.B. : Disons que ça a ouvert la porte de ce qui n’était pas normal. À très juste titre, Gisèle Pelicot a soulevé la problématique de la honte. Je pense que ça a beaucoup aidé. Dans notre association en tout cas, nous avons plus d’appels : 143 l’an passé contre 90 l’année d’avant. Et, depuis janvier, nous en recevons presque tous les jours. D’autant qu’ils proviennent à 60 % d’un rayon de 10km à la ronde, alors qu’au départ ils venaient de nos partenaires extérieurs.

    Les associations féministes en parlent

    Annick Karsenty, présidente de l’association Femmes Solidaires à Marseille

    « Gisèle Pelicot est une éveilleuse. Elle a mis en évidence la culture du viol. Un concept dont nous, les militantes, parlions beaucoup, mais que personne ne retenait, ou pas beaucoup. Elle a mis en évidence le fait que la honte devait changer de camp. Et puis sa décision que le procès ne se passe pas par un huis clos a permis de montrer ce que les féministes disaient. Qu’est-ce qu’il se passe pendant un viol, ou dans un tribunal ? La question de la soumission chimique… tout a été mis en évidence. C’est une femme exceptionnelle. »

    M.M.

    Pascale Perez, secrétaire générale du CIDFF dans les Alpes de Haute Provence

    « Gisèle Pelicot est exemplaire dans sa démarche. Mais je crois que c’est un petit peu tôt pour dire si ce procès a changé la vision du viol. Ce qui m’interpelle, c’est que seulement 10% des plaintes pour viol aboutissent. Je souhaiterais que comme en Espagne, on ait une juridiction particulière pour ces questions-là. Parce qu’on a un souci au niveau de la prise des plaintes auprès des forces de police et de gendarmerie. Et je suis très inquiète de la montée de certaines idées qui accompagnent les mouvements masculinistes. »

    E.J.

    Nathalie Rocailleux, directrice de l’AFL Transition à Toulon

    « Le message fondamental qu’elle passe, c’est cette révolution qui est que la honte doit changer de camp. Pour moi, c’est une réforme dans une société patriarcale, dans laquelle nous sommes tous encore. C’est une révolution culturelle, morale, psychologique, sociétale et juridique. Et avec le titre de son ouvrage, paradoxal, qui parle de joie, après l’effondrement, c’est en fait refuser, pour moi, que la violence de l’autre prenne le pas sur sa vie. Ce livre, c’est un très beau témoignage de résilience. »

    E.J.