Tag: Association

  • L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    En un an d’existence seulement, l’Open 3, association omnisports créée en février 2025 « par une bande d’amis tous issus du 3e arrondissement de Marseille », a vu son travail quotidien être récompensé. La section basketball, qui compte déjà près d’une centaine de licenciés, a officiellement intégré les championnats proposés par le Comité 13 au mois de janvier.

    Une belle récompense pour ce club qui prône avant tout une mission « sociale et éducative ». « La demande des habitants est forte, mais l’offre d’activités physiques reste encore limitée, ce qui oblige parfois certains à se déplacer loin pour pouvoir pratiquer un sport », martèle Youssouf Samirdine, président de l’Open 3.

    « Et du coup, ça faisait qu’il y avait beaucoup de basketteuses qui ne pouvaient pas s’inscrire dans un club en compétition (FFBB) et qui n’avaient pas cette possibilité-là d’avoir de la pratique, malgré qu’il y ait les infrastructures aujourd’hui », poursuit le minot originaire de l’avenue Camille-Pelletan dans le quartier de Saint-Lazare. Un des territoires les plus précaires d’Europe. « Aujourd’hui, nous proposons la licence la moins chère de tout le département au prix de 120 euros. On a des familles qui payent cette adhésion en 10 ou 12 fois », souligne Samirdine. Une douzaine de licenciés seulement ont payé la totalité de la cotisation.

    Le sens du sacrifice

    Certaines familles sont dans l’obligation de faire des sacrifices pour offrir à leurs enfants la possibilité de poursuivre leur passion. « Il y a trois semaines, une famille vient sur un entraînement de basket. Deux enfants vont s’entraîner et le troisième reste en tribune. Je vais voir celui qui est dans les tribunes, je lui dis, “le basket, ça ne te plaît pas ? Tu n’as pas envie d’en faire ?”. Et il me dit, “j’ai envie d’en faire. Mais cette année, ce sont mes deux autres frères qui font du sport. Et moi, j’en ferai l’année prochaine”», témoigne le directeur d’un organisme de formation pour devenir éducateur.

    Ces personnes peuvent derrière être intégrées à l’Open 3. « La grande majorité des habitants de nos quartiers sont au chômage. On est dans un secteur où, si tu veux faire de l’argent, soit tu essaies de travailler légalement, soit tu vas en bas du bloc et tu deales », constate Youssouf Samirdine, persuadé que les jeunes peuvent s’en sortir grâce aux valeurs du sport.

    Par ailleurs, son association dépasse le simple plaisir d’apprendre le basket. Un temps d’aide aux devoirs obligatoires d’une demi-heure est organisé avant chaque séance. « On cherche à proposer des solutions qui vont répondre à toutes les problématiques qu’un enfant ou une famille peut être confronté aujourd’hui dans ce secteur qui a été, à un moment donné, abandonné par la ville », lance le président dévoué.

  • Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Rove Environnement poursuit son action au cœur du massif

    Le rapport d’activité 2024-2025 témoigne de l’ampleur du travail accompli sur le terrain par Rove Environnement qui a tenu son assemblée générale la semaine dernière. Plus de 700 heures ont été consacrées à l’entretien des plantations et des oliveraies, notamment sur les secteurs du plateau du Baou, de la Baume de Niolon ou encore du puits de l’Œuvre.

    Les plantations de feuillus réintroduites depuis plus de trente ans, couvrant aujourd’hui une vingtaine d’hectares sur les deux versants du massif, ont une nouvelle fois démontré leur intérêt face aux incendies survenus à proximité de la commune durant l’été 2025. Leur entretien régulier contribue à préserver la biodiversité, maintenir des milieux ouverts et limiter la propagation des feux.

    Les bénévoles interviennent également pour réparer les dégradations constatées sur les équipements, remettre en état des sentiers ou sécuriser certains accès, dans un contexte marqué par des épisodes de sécheresse et un risque incendie accru.

    Soulignant l’importance de ces actions de prévention et de sensibilisation, Paul Sabatino a réaffirmé le soutien total de la municipalité à l’association afin de lui permettre de poursuivre ses missions au service de la protection et de la valorisation de ce patrimoine naturel exceptionnel, au même titre que les autres acteurs environnementaux locaux comme l’association de chasse La Bartavelle, dont le président, présent lors de cette assemblée générale, a lui aussi salué le travail remarquable des bénévoles de Rove Environnement.

    Cette réunion a été également l’occasion de renouveler le bureau. Jean-Pierre Dapelo a été réélu président. Le bureau se compose de Patrick Chouteau, trésorier, et de Christian Raymond, secrétaire.

  • Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Élections municipales : une jeunesse à rebours des idées reçues

    Des jeunes avec des idées, prêts à aller aux urnes pour peu qu’on s’intéresse à eux. Selon les conclusions de l’enquête lancée par Aix-Marseille Université (AMU) avec le concours de la Fondation Jean-Jaurès et de l’Ifop, présentées mardi 10 février, 67% des étudiants se déclarent engagés, mais seulement 44% ont l’intention d’aller voter pour les élections municipales.

    Menée du 24 novembre au 22 décembre par le biais d’un questionnaire envoyé par courriel ou un QR code mis à disposition, sur un échantillon de 5 190 étudiants répartis sur dix villes, cette étude, « issue d’une démarche scientifique », insiste Éric Berton, président d’AMU, s’est intéressée à « la manière dont ils vivent leur vie d’étudiants et leur état d’esprit actuel ». « On considère qu’il y a une sorte d’invisibilité de la jeunesse, étudiante en particulier, et on voulait qu’elle soit vue et entendue, en particulier dans le cadre des élections municipales, car il nous semble qu’elles sont à une échelle concrète, qu’elles ont une réelle incidence sur la vie des étudiants dans la ville », explique-t-il.

    Le président d’AMU assumant dans nos colonnes, le 3 février, que le rôle de l’université était de « redonner le goût du vote ». En ressort le portrait d’une jeunesse « dynamique, mais aussi en colère », qui a « du mal à aller voter, mais s’il y a une offre politique correspondant à ses aspirations, elle n’est pas loin » de retourner aux urnes, résume Éric Berton. Une génération « confinée » qui a
    vécu « une succession de crises majeures », ajoute Gilles Finchelstein, secrétaire général de la Fondation Jean-Jaurès.

    Un fort sentiment de solitude

    Un jeune de 22 ans aujourd’hui a connu la crise de l’euro à 8 ans, celle des attentats à 11 ans, le Covid à 16 ans, la guerre en Ukraine à 18 ans, détaille-t-il. De quoi expliquer la priorité donnée à la santé quand 85% des étudiants jugent la thématique prioritaire pour les politiques publiques. Il y a aussi « le sentiment de solitude » : 66% de l’échantillon disant l’éprouver, « soit 20 points de plus que l’ensemble de la population », note Gilles Finchelstein, ainsi qu’un écart marqué entre « bonheur personnel et pessimisme collectif ». Pas moins de 79% des jeunes se disent heureux, 86% sont optimistes pour eux-mêmes, mais seulement 21% le sont pour l’avenir de la France, 18% pour celui du monde. Où une vie réussie, selon eux, c’est d’abord « avoir une famille heureuse » pour 58% des sondés, à égalité avec « avoir du temps libre pour profiter de la vie » suivi par « avoir de vrais amis » (51%).

    Les étudiants n’en n’oublient pas pour autant les autres : 79% d’entre eux ont apporté une aide financière directe à une personne dans le besoin, 61% ont fait un don à une association ou une fondation, 57% ont fait du bénévolat, 50% ont déjà créé ou rejoint une association. Leurs préoccupations sont diverses : droits des femmes et lutte contre le sexisme (97%), droits de l’homme (96%), environnement (95%), ou encore lutte contre le racisme (94%).

    Intéressés par l’élection présidentielle

    S’ils se sentent concernés par la chose politique, c’est au niveau national, 84% se disant intéressés par l’élection présidentielle contre 46% par les municipales. Seulement 40% des participants à l’enquête savent qu’il faut se rendre aux urnes en mars, 25% disent ne pas être inscrits sur les listes municipales, 28% envisagent l’abstention. Ce qui pourrait motiver les troupes : « Une offre politique qui correspond à [leurs] attentes » pour plus de 70% des étudiants. Au-delà de la santé qui arrive en première position, les thématiques de politiques publiques devraient porter sur la sécurité (69%), à égalité avec la lutte contre la pollution. La lutte contre le dérèglement climatique arrive en troisième position.

    Le timing pourrait aussi jouer. L’enquête ayant été réalisée en novembre et décembre dernier, « au fur et à mesure que les semaines vont passer, que la campagne va se lancer, ils vont s’y intégrer », estime Gilles Finchelstein. « Ce n’est pas une jeunesse perdue pour le vote », veut croire Éric Berton : « Aux politiques de prendre la responsabilité de faire des propositions. »

    Après cette enquête, un débat est organisé avec des représentants des candidats marseillais, mercredi 11 février, en présence d’une centaine d’étudiants.

    En chiffres

    67%

    des jeunes ayant répondu à l’enquête lancée par AMU se déclarent engagés pour une cause. Un chiffre qui monte à 70% chez les 22-24 ans, 72 chez les plus de 25 ans. Les causes défendues : l’urgence climatique, la lutte contre le sexisme ou la défense des droits humains.

    73%

    des abstentionnistes du panel de l’enquête menée par AMU déclarent qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les faire changer d’avis.

    87%

    des étudiants de l’enquête se disent prêts à renoncer à la livraison de fast-fashion au nom d’une « conscience écologique », transformant la consommation « en levier d’action civique », estime AMU dans son analyse.

  • Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Cinq structures sont soutenues financièrement par le Fonds de dotation de Marseille, initié par des entrepreneurs pour mettre en œuvre des actions destinées à réduire la frature sociale sur le territoire. La 3e édition de leur gala « à jamais solidaires ! » se déroule le 30 mars pour récolter des fonds.

    A chacun son domaine pour favoriser l’égalité des chances : la cuisine du bouillon de Noailles, le Rugby club marseillais côté sport, Castelife pour l’entreprenariat, l’accès à la culture par Action Bomaye reliant l’éducation et la réinsertion, deux vecteurs aussi soutenus par Ambition 360.

    Vecteur de cohésion

    Certains représentants d’associations ont été poussés par leur histoire personnelle, à l’image d’Ismaël Cousin, le directeur d’Action Bomaye. Déscolarisé à 17 ans, placé en foyer, il sert aujourd’hui d’exemple aux minots tout en dressant un constat alarmant : « des jeunes de 7 à 10 ans souhaitaient être livreur plus tard », se désole-t-il… Il faut « casser le plafond de verre », lance-t-il, pour favoriser l’égalité des chances et que ces jeunes développent des ambitions.

    Le Fonds de dotation de Marseille, créé en 2019, a déjà soutenu une cinquantaine de projets grâce à plus de 600 000 euros collectés. Ce collectif d’entrepreneurs appelle à les rejoindre, comme l’a fait, fin 2025, Cécilia Barontini, ancienne cadre de l’OM : « j’avais coutume de dire, à tort, que l’OM était le seul vecteur de cohésion sociale », avant de découvrir ce projet. Sa participation présage l’arrivée « d’anciens bleu et blanc », comme celle de l’ancien défenseur de l’OM Eric Di Meco déjà annoncée. Cet invité d’honneur présidera d’ailleurs le Gala 2026.

    Plus de 100 mécènes, 10 000 euros défiscalisables par table, et un menu en 6 actes présenté par les Toques Françaises. Le Gala 2026 s’ouvrira le 30 mars. Avec pour principal enjeu de donner de la visibilité aux cinq associations et de la montée des « enchères » pour les investissements des mécènes et de leurs invités.

  • À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    Faire en sorte que le logement soit un thème fort de la campagne… Halles Delacroix (1er), à Noailles, le collectif du 5-Novembre et l’Assemblée des délogés ont fait le point sur le sujet avec les habitants, ce dimanche 2 février. Charte du relogement, encadrement des loyers, logements sociaux… « On nous a promis plein de choses », rappelle Anissa, membre de l’Assemblée, estimant qu’aujourd’hui, « on fait culpabiliser les délogés au lieu de s’en prendre aux propriétaires. » Si « nous nous sommes constitués en association, ce n’est pas pour rien, c’est qu’à Marseille la crise du logement n’est pas ponctuelle », insiste-t-elle.

    Sans jeter totalement l’opprobre sur la mairie, « dont on sait qu’elle n’a pas beaucoup de poids » nuance Anissa, « on veut les entendre, il nous faut des [engagements] pour nous les Marseillais ». L’heure était donc aux propositions et aux témoignages pour essayer d’avancer.

    Sur le « lieu ressource », en lieu et place de la dent creuse, rue d’Aubagne, « nous avons été entendus » se félicite Laura Spica, de l’association d’habitants « Noailles debout ! », et de promettre de ne pas lâcher. « On a envoyé une lettre à la mairie de secteur, pour qu’on soit associés au projet. Notre volonté a été respectée maintenant, il va falloir créer un comité de pilotage », précise-t-elle.

    Le droit au retour

    Jehane El Meddeb, propriétaire occupante délogée, revient sur son parcours. Obligée de quitter son foyer le 20 janvier 2020, elle témoigne des difficultés toujours bien réelles à réaliser des travaux, dans un système où il faut lutter « contre des syndics voyous ». Elle met le focus sur la charte du relogement. « C’est un peu moins l’enfer que sous la municipalité Gaudin, mais il y a toujours des gens à la rue », déplore-t-elle.

    Dominique, qui a dû quitter son logement en péril, évoque, lui le « droit au retour », impossible quand l’immeuble disparaît comme dans son cas, ou s’il est rénové et devient inaccessible avec un loyer revu à la hausse. À ses côtés, Bernard appelle à la force du collectif pour agir sur le droit à avoir un toit. « C’est à nous de gueuler et de monter au créneau, encadrer les loyers on en parle depuis des années, là on n’a plus les moyens de se loger dans une ville en tension », lâche-t-il.

    Camille propose de s’inspirer de l’association bayonnaise Alda, qui dénonce les niveaux des loyers et la prolifération des locations saisonnières. « Ils font ce que l’on appelle du “shaming” au propriétaire, lui mettent la honte », explique-t-il, exhortant le public à continuer à mettre la pression, même en cas de victoire, « car les pouvoirs publics reprennent très vite leurs mauvaises habitudes… »

  • [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    [Biodiversité] Ces forêts marines qui restent à cartographier

    La zone mésophotique étant toute la partie sous-marine qui se trouve entre la surface directement touchée par la lumière du soleil et donc souffrant du réchauffement climatique et les grands fonds marins. « C’est une zone qui va de 30 à 150 mètres de profondeur mal connue, peu protégée et documentée où se trouve un monde marin exceptionnel dont le fonctionnement est semblable aux canopées des forêts terrestres. C’est un monde sous pression de par une mortalité importante des espèces notamment en 2022 à cause du réchauffement climatique sur la partie supérieure mais aussi avec un gros impact de l’homme à cause de la pêche professionnelle et de loisir mais aussi le mouillage qui n’est pas toujours respecté », poursuit-il.

    Un projet à 2 millions d’euros

    À travers ce projet qui durera 3 ans et grâce aux dotations, l’association et ses partenaires ambitionnent de cartographier la zone mésophotique et ses habitats, évaluer l’état de conservation de ces forêts animales marines (corail, gorgones, population de poissons etc.) mais aussi réaliser des analyses génétiques, rendre accessible au plus grand nombre ce monde marin avec des plongées en live, la réalisation de courts-métrages ou encore mettre en place des événements à destination du public pour le sensibiliser dans les villes étapes où se feront les plongées. « La zone mésophotique représente 5% de la surface des océans dont 99% se situent à l’intérieur des zones économiques exclusives (ZEE) et 10% sont incluses dans des aires marines protégées. D’ailleurs, en Méditerranée française, nous avons 60% d’aires marines protégées mais seulement 0,1% l’est réellement. C’est un point sur lequel nous souhaitons travailler également car ces zones ont un rôle crucial », ajoute le porteur de projet.

    En plus des 900 000 euros provenant de la Fondation Crédit Mutuel, l’association a reçu un soutien financier de 100 000 euros de l’Office français de la biodiversité pour un budget total estimé à plus de 2 millions d’euros.

  • À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    À Marseille, l’État met aux enchères une cave… pour y habiter

    Une plateforme de vente chérie des collectivités et établissements publics programme la vente aux enchères, le 10 mars prochain, d’un bien immobilier des Domaines. En l’espèce une cave de 20 m2 située en sous-sol du 106 avenue des Chartreux (4e), à Marseille, et donnant sur une cour. Mise à prix initiale : 18 750 euros.

    Rien d’anormal de prime abord, mais des détails font vite piquer les yeux. à la lecture de l’annonce, le mot « appartement » surgit, puis la mention « destination : habitation ». L’État, pilote de la lutte contre l’habitat indigne, invite sans rougir ses concitoyens à acquérir une cave « par nature impropre à l’habitation », pour y loger. La cave, dans un « état dégradé », est vantée comme un « bien atypique » pour « projet audacieux » et même un « bien d’exception ».

    Une erreur pas vraiment rectifiée

    Est-ce parce que cette cave, située deux niveaux sous terre par rapport à l’avenue, est dotée d’une ouverture donnant sur une cour intérieure en partie commune, que cela suffirait à la rendre habitable ? Dans le règlement de copropriété, c’est une cave. Pour rappel, des marchands de sommeil, qui arguaient que leur cave aménagée bénéficiait d’un éclairage naturel, ont été condamnés au pénal. Il en va ainsi de la cave du 18, rue Briffaut (4e), louée durant des années par un marchand de sommeil à une personne vulnérable. Le jugement souligne que l’éclairage naturel par un soupirail n’effaçait pas le sentiment angoissant d’enfouissement, ni le froid, ni l’humidité, ni les nuisibles.

    Interrogée, la préfecture a transmis à La Marseillaise la réponse de la Direction des Finances publiques : « L’État a récupéré ce bien dans le cadre d’une succession vacante. [Sa] vente a été confiée à un prestataire de services, Agorastore, qui effectue des ventes pour le service des Domaines dans le cadre d’un marché national. Lors de la publication de l’annonce, Agorastore a coché par erreur la case “habitation”, mais il s’agit bien d’une cave. L’annonce a été rectifiée. »

    Une erreur rectifiée, vraiment ? Si les mentions « appartement » et « destination : habitation » ont soudain disparu, le local tout pourri reste néanmoins rangé dans la catégorie « bien atypique » et, il faut oser, « bien d’exception ». Le dossier technique téléchargeable, qui comprend les diagnostics réglementaires, mentionne toujours qu’il s’agit d’un « appartement-studio » et mentionne un mesurage de « surface loi Carrez habitable de 20 m2 ». Faut-il rappeler que l’article 46 de la loi Carrez de 1965 exclut à dessein les « caves, garages, emplacements de stationnement » de son application car ce ne sont tout simplement pas des surfaces habitables. L’article R1331-17 du Code de la santé publique stipule que « sont par nature impropres à l’habitation et ne peuvent en conséquence être mis à disposition aux fins d’habitation, à titre gratuit ou onéreux, par application de l’article L. 1331-23 : 1° Les caves, quels que soient les aménagements et transformations qui leur sont apportés ». L’article 27 du Règlement sanitaire départemental des Bouches-du-Rhône, bible des inspecteurs de salubrité, souligne « l’interdiction d’habiter dans les caves, sous-sols ». D’ailleurs, ce local ne dispose d’aucun sanitaire et pour cause.

    L’habitat souterrain encouragé

    L’annonce a été tellement été rectifiée qu’Agorastore a cru bon de créer un nouvel onglet qui suggère désormais que la cave pourrait être habitable : « Changement de destination possible sous réserve de l’obtention des autorisations de la copropriété et de l’urbanisme », peut-on lire.

    L’habitat souterrain est en plein essor à Marseille, boosté par la crise du logement. Un marchand de sommeil vient encore d’être condamné pour avoir loué à un malheureux une cave au 48 rue Curiol (1er). Il est mis en cause pour une autre cave habitée rue Saint-Savournin. Est-il nécessaire que les pouvoirs publics participent à ce phénomène, même si on l’a bien compris, l’objectif du vendeur est d’appâter le chaland pour se débarrasser d’un encombrant immobilier. Est-on conscient du pouvoir d’attraction d’une telle annonce sur les prédateurs de l’immobilier dégradé. Ne vaudrait-il pas mieux se prémunir de tout risque d’une mise en location qui nourrit le cycle de l’habitat indigne, en offrant cette cave à une association qui pourrait y stocker son matériel ? Ce n’est pas le chemin pris.

    En octobre dernier, La Marseillaise avait déjà pointé la mise aux enchères risquée, sur Agorastore, d’un studio avec son box confisqué par la Justice au Campus 1, avenue du Merlan (14e), une copropriété dégradée en péril et en plein naufrage. Aucune offre ne s’était exprimée.

  • Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    Une épicerie solidaire ouvre ses portes pour les étudiants à Aix-en-Provence

    L’espace est habituellement dédié à la réception d’événements. Mais derrière les vitres du Cube, s’étalent sur 130 m2 du lieu de hauts étalages, garnis de produits d’hygiène, d’entretien de maison, d’aliments secs, de conserves, de couverts, de papeterie, d’objets aussi. À l’initiative de l’association Solid’Am, en charge de distributions alimentaires pour les étudiants, l’une des plus importantes épiceries solidaires de France s’apprête à ouvrir sur le Campus Schuman de l’Université d’Aix-Marseille. Ici, les denrées alimentaires sont gratuites, dans la limite de dix produits par étudiant, tandis que les produits d’hygiène sont vendus à au moins 80% en dessous des prix du marché. Les produits, pour la majorité, proviennent de dons solidaires, d’entreprises et de la Banque Alimentaire. « L’idée est vraiment que l’étudiant puisse venir ici, faire ses courses à petit prix voire gratuitement, sans avoir l’impression de faire la queue dans une distribution alimentaire. Cela fait moins ration de survie post Seconde guerre mondiale. C’est moins stigmatisant », conclut Lyes Belhadj, président de l’association. Solid’Am.

    Un « cadre intimiste »

    L’association, historiquement créée au début des années 2000, a connu un véritable « branle-bas de combat » pendant le confinement, rapporte son président, en enchaînant les distributions sur différents campus universitaires du coin. Avant que le dispositif ne se pérennise pour répondre à la précarité étudiante croissante post-Covid. « On est sur un campus ou l’on avait entre 300 et 500 bénéficiaires, poursuit Lyes Blhadj. On organisait les distributions entre midi et 14h. Forcément, les gens pressés repartaient en cours, on ne pouvait pas manger, et surtout, chacun voyait l’autre faire la queue. Contrairement à la distribution, ce lieu permet d’abord de choisir, mais aussi de le faire discrètement. L’épicerie a l’avantage d’être ouverte trois jours par semaine sur des plages horaires d’au moins deux heures, jusqu’à six heures par jour en fonction des besoins. Le tout, proposé dans un cadre intimiste. » Le projet est né après la publication, par l’Université, d’un appel à projet. L’association le remporte en juillet 2025, récupère les clefs en septembre, et ouvrira officiellement ce mercredi 28 janvier. Au-délà d’être un lieu de nécessité, l’endroit est imaginé comme un« tiers lieu étudiant ». Animations, rencontres, devraient être organisées sur place, une fois le projet installé. « On réceptionnera, dans le futur, également deux postes d’ordinateurs pour aider les étudiants dans leurs démarches administratives, leurs recherches de logement… », ajoute Said Azizi, vice-président de l’association. Le mot d’ordre : « Ouvert à tous, précise Lyes Belhadj. Ce n’est pas l’épicerie des étudiants pauvres, c’est l’épicerie des étudiants tout court ». Y compris pour les étudiants hors Université d’Aix-Marseille.

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    Le diplôme de la langue française, preuve d’intégration

    « Vous entrez dans le club très sélectif des 300 millions de locuteurs français dans le monde. Je ne peux que vous féliciter », lance ce mardi 13 janvier Sébastien Maggi, sous-préfet de Vaucluse, à 50 diplômés de divers niveaux de la langue française.

    Pour l’occasion, une cérémonie était organisée en leur honneur en préfecture, où les diplômes leur ont été remis physiquement. « Cette réussite, c’est la vôtre et vous pouvez en être fiers », clame avec un grand sourire Fabien Coupon, président du centre social de la Croix des Oiseaux, avant d’appeler tour à tour les récipiendaires aux noms originaires des quatre coins du globe.

    Une fierté amplifiée par le nombre de personnes accompagnées par sa structure qui ont reçu le fameux sésame. En effet, ils étaient une quarantaine à suivre des cours au sein de l’établissement avignonnais, le reste étant passé par l’association Couleur Espoir, basée au Pontet. « Cela témoigne de la volonté de s’insérer en France. Derrière cela, il y a aussi l’accès à la culture et le fait de voir le monde avec des valeurs communes », explique Sébastien Maggi. À travers ces diplômes, ce sont surtout des parcours qui sont à mettre en valeur. En voici trois, passés par le centre social de la Croix des Oiseaux.

    Diego Jimenez

    Écarteurs verts réfléchissants dans les lobes et moustache noire fournie, son profil dénote au sein de la « promotion » 2026 des diplômés. Diego Jimenez, la trentaine passée, est arrivé du Mexique il y a quatre ans. « Car j’ai eu un fils avec une Française », confie-t-il, tout sourire, dans un français impeccable.

    Fabricant de bijoux dans son pays d’origine, il travaille aujourd’hui dans les vignes vauclusiennes. « Pour moi, c’est très important de bien parler la langue. C’est trop dur d’aller dans un nouveau pays sans pouvoir communiquer et c’est pour ça que, peu de temps après mon arrivée, je suis allé à la Croix des Oiseaux car je savais qu’il y aurait des cours là-bas », poursuit celui qui était parmi les mieux notés à l’examen. « Je suis très fier car après trois ans d’études, ce n’était toujours pas facile. La langue, c’est la base de la culture », conclut Diego, radieux.

    Helena Baeva

    C’est pour fuir la guerre en Ukraine qu’Helena Baeva est arrivée en France en septembre 2022. Un parcours sinueux pour la Moldave d’une quarantaine d’années. Elle a en effet vécu huit ans en Russie avant de déménager dans le pays voisin, où elle restera dix ans avant le début du conflit. « Je ne suis pas venue ici de ma propre volonté mais je suis très heureuse d’être arrivée en France », campe-t-elle. Pour elle, la maîtrise de la langue française va lui permettre « d’ouvrir tout un tas de portes sur le plan professionnel, avec la possibilité d’entrer dans certaines formations ». C’est surtout selon elle une certification « qui donne espoir car en arrivant dans un pays étranger dont on ne connaît pas grand-chose, maîtriser la langue, c’est essentiel, par exemple pour se construire un cercle social ».

    Khadija Boutta

    Arrivée en 2005 dans l’Hexagone depuis le Maroc, Khadija a enchaîné les petits boulots sans relâche. Mais que ce soit dans la restauration ou chez des exploitants agricoles, « ça n’aide pas du tout à apprendre la langue correctement », concède-t-elle. Après une dizaine d’années de galères, notamment administratives, elle en arrive à la conclusion que « sans maîtriser le français, tout se ferme devant nous ».

    Elle se décide alors à pousser les portes de différentes structures de formation, avant d’arriver à celle de la Croix des Oiseaux. C’est désormais en tant qu’auxiliaire ambulancière qu’elle s’épanouit à Avignon. Mais le tracas administratif demeure. Elle cherche maintenant à obtenir la nationalité française mais se heurte à un mur avec des changements de règles incessants. « On m’expliquait que je n’avais pas un revenu suffisant, je venais d’être mise au chômage à cause du Covid car je travaillais dans un restaurant. Maintenant, j’ai une situation stable avec mon métier et on me la refuse à nouveau. Je n’ai pas fini le parcours du combattant. »