Sa réouverture était devenue une véritable arlésienne. Après de longs mois de travaux, débutés en 2025, du retard, et de nombreux échanges houleux entre oppositions et majorité en conseil municipal, le Cinéma 3 Casino rouvre enfin ses portes. Ce mardi 12 mai, dans les trois salles obscures de ce lieu associatif défileront de nouveau les images du septième art, les fauteuils rouges seront de nouveau occupés par le public. « Il nous aura fallu plus de temps que prévu, et nous avons été amenés à dépasser l’enveloppe (budgétaire) initiale, déroule Antonio Mujica, premier adjoint en charge des travaux, rappelant les découvertes d’amiante, entre autres, problématique régulièrement relevée par la majorité. Mais pour ce mardi soir, les salles ont toutes été réservées », poursuit l’élu. Un fait confirmé par Laure Gonzales, présidente de l’association en charge du cinéma. Les bénévoles, passés de cinq à trois depuis la fermeture du lieu – l’un est parti à la retraite, l’autre a déménagé – a tenu tant bien que mal sa trésorerie et son activité. « Cela commençait à devenir compliqué pour tout le monde, notamment financièrement », concède Laure Gonzales. Déplacés dans une salle communale de la mairie après avoir vu les salles fermer, puis la partie bar, installée en rez-de-chaussée de l’ancien bâti, les bénévoles du Trois Casino ont tant bien que mal poursuivi les projections à destination des scolaires, dans des salles prêtées par la mairie. « Nous avions arrêté cela en février de cette année, puisque nous devions rouvrir en mars », précise Laure Gonzales. Après ces années de paralysie de l’activité, la gérante de l’association rapporte le soulagement des bénévoles, mais aussi l’engouement des Gardannais autour de cette première soirée de projection. La première, depuis des années. L’ouverture de la 79e édition du Festival de Cannes sera projetée dans l’une des trois salles, le film La Vénus électrique de Pierre Salvadori, dans une autre. Dans la troisième, ces deux séquences seront diffusées l’une après l’autre. La programmation classique reprendra dès ce mercredi 13 mai. « Samedi, jour des préventes pour les places de cinéma, une trentaine de personnes attendaient avant même l’ouverture des guichets, rapporte Laurence Gonzales. En deux heures, nous avons vendu 171 billets. Cette réouverture est une bonne nouvelle, surtout que tout affiche complet ! Il ne reste plus que six places de disponibles [sur la soirée, Ndlr]. » Toujours selon la présidente d’association, la rediffusion de films dans ce cinéma de proximité sera un nouveau souffle pour le centre-ville. « Il permettra de le redynamiser culturellement. C’est important, pour une ville de presque 22 000 habitants, souligne Laure Gonzales. De façon générale, on générait de l’activité aussi pour les commerces autour, on travaillait avec les autres commerces en cas d’événement… Les gens sont en demande d’un lieu culturel de proximité. »
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La « consommation responsable », nouvel axe d’action affirmé
Alerte sur la pollution des plages (1975), boycott du veau aux hormones (1988), interdiction du phosphate dans les lessives (2007), scandale des lasagnes au cheval (2014), lancement du Nutriscore (2017), encadrement des loyers dans les grandes Agglos (2020)…
Depuis sa création en France en 1951, l’UFC Que Choisir a été de tous les grands combats contre l’industrie de la malbouffe et dans le souci de protéger les consommateurs des dérives de la société de consommation. À l’occasion de ses 75 ans, la célèbre association loi 1901 qui regroupe 4 500 bénévoles, 120 000 adhérents (dont 1 600 dans l’Hérault), 325 000 abonnés et 1 million d’inscrits à sa newsletter, a décidé de changer de nom et de logo mais pas de combat. Désormais, ce sera Que Choisir ensemble. À l’antenne de Montpellier qui fête ses 50 ans, Gilbert Rieu justifie la démarche. « On a un public plus âgé (en moyenne 69 ans) que celui des consommateurs (42 ans). On a voulu une image plus engageante, plus moderne pour nous rapprocher des jeunes et de leurs modes de consommation », justifie le président.
1 598 litiges traités
en 2025 dans l’HéraultIl est formel. Face à l’explosion du e-commerce, « les consommateurs se sentent parfois impuissants face au système. Ils ont besoin de se protéger, d’être briefés ». Pour l’association, cette étape est aussi l’occasion de compléter ses statuts. Ainsi l’objectif de tendre vers une « consommation responsable » fait son apparition. De même que les impacts de nos achats sur l’environnement et la santé sont gravés noir sur blanc. Pour une meilleure proximité, des abonnés et des personnalités qualifiées seront intégrés au conseil d’administration national de l’association.
L’an passé, les achats groupés d’énergie de l’association ont fait économiser à 160 000 consommateurs quelque 25 millions d’euros dont 509 000 euros à 3 111 Héraultais. Dans ce département, 1 598 litiges ont été traités en 2025 (90 000 en France). À l’avenir, les achats groupés d’énergie et les tests comparateurs de prix seront maintenus. De nouveaux services (application « Quel produit », nouvelle plateforme « Que Choisir réclamations ») sont déjà proposés. Parmi les futurs combats figurent l’encadrement strict du démarchage téléphonique, la traque des frais bancaires injustes, un meilleur accès aux soins, la lutte contre les clauses abusives ou encore la réduction des emballages plastiques.
« Notre combat ne change pas mais nous souhaitons agir davantage sur le système », insiste le responsable communication, Claude Gaubert. Que Choisir ensemble qui se bat contre les projets de retenues d’eau du Département de l’Hérault, contre le projet de forage de la Castillonne à Montagnac ou encore les déserts médicaux et les pesticides, serait-elle anticapitaliste ? « Nous n’avons pas d’a priori anticapitaliste. Mais on considère qu’il existe des besoins et droits essentiels qui sont altérés par des déséquilibres », répond Gilbert Rieu. Et Claude Gaubert de conclure. « Savoir choisir, c’est savoir dire stop. »
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Le festival du film politique de Carcassonne refuse toute aide de la mairie RN
C’est un geste fort que celui du Festival du film politique de Carcassonne (FFPC). Un geste de résistance dans une ville tombée, en mars dernier, aux mains de l’extrême droite.
Le 15 avril, l’association CinéBastide, organisatrice de l’événement, a annoncé qu’elle renonçait à ses demandes habituelles de subventions à la mairie (10 000 euros par an, environ 5% du budget), jusqu’ici co-réalisatrice de la manifestation, ainsi qu’à la mise à disposition des salles municipales qui représentaient 80% de la capacité d’accueil.
Lancé en 2018, le FFPC, dont la dernière édition a attiré plus de 22 000 participants, propose chaque année en janvier la projection d’une quarantaine de fictions ou de documentaires. « Nos choix de programmation ont toujours été de montrer des films qui aident à penser le monde, qui ouvrent des débats, bousculent parfois nos idées reçues. On a toujours mis l’accent sur la complexité, la nuance. À l’heure où les populismes s’emploient à tout simplifier à l’extrême, cela nous paraît plus que jamais nécessaire », insiste Francine Raymond, présidente de l’association CinéBastide. « Cette ligne éditoriale s’accompagne d’un engagement sur des valeurs de tolérance, d’inclusion, de lutte contre toutes les discriminations », poursuit-elle.
« Nous considérons que les orientations du Front national sont incompatibles avec les valeurs qui fondent cet événement », déclare l’association CinéBastide dans un communiqué. « Co-réaliser le FIFP avec la nouvelle majorité municipale reviendrait à contribuer à la normalisation de l’extrême droite, à laquelle nous ne souhaitons pas participer. »
Le choix de rester
à CarcassonneLa décision a donc été prise, à l’unanimité, de s’affranchir de tout lien avec la mairie. Reste désormais à relever le défi de l’avenir, qui continuera de s’écrire dans la cité médiévale. « On a fait un choix responsable, mais qui a évidemment un coût [la perte de 80% de la capacité d’accueil en salles constitue un défi logistique et financier majeur, Ndlr.]. Il faut donc qu’on réinvente la cartographie du festival, sa narration. Le choix a été fait de rester à Carcassonne et de s’élargir aux alentours. Pour relever ce défi, on a besoin de soutiens », insiste la présidente de CinéBastide. « On n’a pas fait le choix le plus facile », souligne-t-elle. « On aurait pu partir, on a des sollicitations dans d’autres villes où les choses auraient été plus simples. Mais le festival n’a pas été créé à Carcassonne par hasard. L’Aude est un département peu favorisé économiquement, où il n’y a pas de grand centre culturel évident. Le choix de ce territoire a un sens et nous ne souhaitons pas l’abandonner », explique Francine Raymond. « L’idée est donc de rester et de se développer, de donner un élan pour faire encore grandir le festival en l’élargissant à l’extérieur de Carcassonne. » Les trois dernières éditions, à guichets fermés, témoignent de la nécessité d’augmenter notamment la capacité d’accueil en salles. « Le FFPC continuera de faire rayonner positivement Carcassonne et son territoire à l’échelle nationale et européenne », promet l’association CinéBastide.
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À Vauvert,la culture sabrée par la mairie RN
L’offensive du Rassemblement national contre la culture est loin d’être terminée à Vauvert. En effet, l’un des premiers actes du nouveau maire Nicolas Meizonnet a été d’annuler l’exposition photos de Sylvain Brino (pourtant très consensuelle puisqu’elle mettait à l’honneur la Camargue) pour des prises de position contre l’extrême droite sur ses réseaux sociaux. Puis, ce fut au tour de Jazz à Vauvert d’être tout simplement annulé pour des « raisons économiques ». « Jazz à Vauvert fonctionnait très bien. Il y avait des Vauverdois mais aussi des gens de l’extérieur. Ils disent qu’il n’y avait pas de retombées économiques mais ce n’est pas vrai parce qu’il y a des gens qui venaient de loin et qui logeaient et mangeaient à Vauvert », explique l’élue d’opposition Magali Nissard, qui constate également que « la droite soutient Nicolas Meizonnet aussi car ils n’ont pas supporté que nous ayons modifié ce festival où nous avions ajouté un concert dans chaque école et des animations gratuites dans la ville ». Face à cette censure, le festival jazz à Vauvert sera accueilli par la commune de Vergèze les 26 et 27 juin.
Les associations bientôt visées ?Nicolas Meizonnet tente en effet de justifier cette politique en s’appuyant sur les finances de la ville qui serait « quasiment ruinée ». Sauf que beaucoup y voient plutôt la volonté d’écarter tout ce qui ne convient pas au RN qui préfère axer sa politique culturelle sur la défense des traditions taurines et camarguaises.
Après ces annulations, la municipalité cherche en effet à couper dans les subventions aux associations, notamment culturelles. Elle aurait trois associations dans le collimateur puisque le RN a toujours fustigé lorsqu’il était dans l’opposition Jazz à Junas (qui portait le festival Jazz à Vauvert), l’association Les avocats du Diable et Atout philo. Benjamin Rouvière, son fondateur, a été convoqué par le maire mais n’a pas souhaité se rendre au rendez-vous : « On m’impose l’heure et le jour et on ne me donne pas le motif donc je n’y suis pas allé. Mais j’ose imaginer ce qu’on allait me dire, c’est-à-dire ce qu’ils disaient lorsqu’ils étaient dans l’opposition, à savoir que notre subvention était trop élevée alors qu’on fait des petits concerts l’été et qu’on mobilise des auteurs, des philosophes, des sociologues, le reste de l’année. Cela fait six ans que nous existons et nous proposons en moyenne une manifestation par mois. » Atout philo touchait en moyenne 2 000 euros par an de la part de la mairie mais Benjamin Rouvière ne « serait pas surpris si elle était sucrée cette année ».
Le dessinateur Eddie Pons, président de l’association littéraire Les avocats du Diable, a, de son côté, honoré sa convocation lundi 4 mai où le maire lui a annoncé que la subvention serait baissée de 30%, soit une coupe de 1 000 euros. « On n’a pas encore pris de décision mais on s’interroge sur notre engagement vis-à-vis de la ville de Vauvert », confirme-t-il.
« Pour l’instant, le maire ne nous a pas donné le détail du budget 2026 mais il faut lire entre les lignes et on voit que pour les subventions aux associations, une baisse de 93 000 euros est prévue. Une association culturelle m’a contacté et ils lui ont annoncé une baisse de 30% de la subvention. Dans les 93 000 euros, il y a les 63 000 euros de Jazz à Junas mais il en manque donc d’autres associations vont être touchées », prévient Magali Nissard qui remarque qu’aucune baisse de budget ne concerne, par contre, les festivités.
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![[Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/ea3557788d67e3cf7a87511dd4c5b70e.jpg)
[Entretien] Philippe Oddou : « 90% de nos jeunes sont actuellement en activité »
La Marseillaise : Pouvez-vous décrire la mission de votre association Sport dans la ville ?
Philippe Oddou : Nous sommes une association d’intérêt général qui existe depuis 1998 et dont la mission est de venir en soutien à des jeunes qui habitent dans des quartiers prioritaires. On va accompagner par deux biais. À la fois en leur proposant du sport au pied des immeubles sur les terrains de sport qu’on construit et qu’on anime, et puis en leur proposant quand ils grandissent, de les emmener. C’est vraiment la finalité de notre action, de les accompagner vers un projet d’emploi en entreprise où pour celles et ceux qui ont la capacité, on les aide même à créer leur entreprise.
Comment accompagnez-vous ces jeunes au quotidien ?
P.O. : Il y a plusieurs objectifs. D’abord, il a pour premier objectif de transmettre du plaisir aux jeunes, parce que quand on est enfant ou même un peu plus âgé, la pratique du sport, c’est d’abord du plaisir. C’est aussi permettre aux jeunes d’avoir un accès régulier à la pratique sportive, parce qu’on propose des séances tous les mercredis et les samedis. Ça fait trois heures d’animation gratuite, puisque toutes les animations sportives qu’on propose sont encadrées par des coaches professionnels qui sont salariés de l’association, mais les jeunes participent à ces animations de manière gratuite. Nos éducateurs sportifs sont là pour offrir un contenu sportif, mais ils sont là aussi pour transmettre des valeurs, de savoir-être aux jeunes qui vont leur être utiles dans la perspective d’accès à l’emploi.
Quelles sont les marges de développement de votre association ?
P.O. : Pour répondre à votre question, nous, on a envie d’aider plus de jeunes. Aider plus de jeunes, ça veut dire accueillir plus de jeunes dans les centres qui existent, ça veut dire ouvrir de nouveaux centres sportifs. En région marseillaise, on a cinq centres en activité dans les quartiers nord et à Aubagne. Je pense que dans les deux ou trois années à venir, nous allons ouvrir quatre nouveaux centres dans la région marseillaise. Aujourd’hui, tous les deux ans, on mesure l’impact de nos actions pour voir ce que sont devenus les jeunes qui ont suivi nos programmes sportifs et nos programmes d’accès à l’emploi. On a entre 85 et 90% des jeunes qui sont passés par nos programmes qui sont en activité. Soit ils ont un CDI dans une entreprise partenaire de l’association, soit ils poursuivent leurs études. On intervient dans des quartiers prioritaires où le chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. La moyenne nationale, elle est aux alentours de 15%.
Quels seront les prochains événements de l’association autour de Marseille ?
P.O. : À Marseille, on va organiser un tournoi de football solidaire. Depuis plusieurs années, on est soutenu par l’OM Fondation, qui nous apporte un soutien formidable, notamment dans nos programmes d’accès à l’emploi. Depuis quatre, on a été accueillis sur l’OM Campus, au mois de juin, pour organiser un grand tournoi de football solidaire, qui rassemble des entreprises de territoire. Cette année, il ne sera pas là-bas, mais à l’entrée des calanques sur le site de Luminy, le 28 juin.
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Le 5, rue des frères Perez à Marseille, un ex « hôtel social » à vau-l’eau
Depuis quatre mois, une famille vit dans une chambre d’hôtel relogée en urgence à la suite de menaces. Le couple dénonce depuis plusieurs années l’indignité de leur logement suite à des fuites actives d’eaux qui ont entrainé des interventions des marins-pompiers, des fissurations des murs, des infestations de souris et de punaises, des courts-circuits et des surtensions qui détruisent l’électroménager, une ventilation insuffisante, un manque d’entretien générale des parties communes, une dégradation importante de la cage d’escaliers.
La veille, le 5 février 2026, trois inconnus s’étaient présentés à leur domicile pour une expulsion sauvage. « Tu as jusqu’à lundi pour quitter les lieux sinon on met le feu à ton appartement et on te tue avec ta famille » consigne le dépôt de plainte. Le matin même, une audience s’était tenue devant le tribunal de proximité avec leur bailleur pour dénoncer l’indignité du logement.
Après avoir déjà connu la difficile copropriété du Gyptis, la famille emménage en février 2014 dans un studio au 4e étage du 5 rue des frères Perez (3e) un immeuble ancien et dégradé en contrebas de la tour Bel Horizon, cette copropriété privée de grande hauteur dont un réseau de drogue a investi des parties communes. Le 5, rue Pérez compte 24 studios issus de division d’appartements sur 5 étages dont une grande partie sont à présent squattés. A noter que depuis janvier 2025, le « permis de louer » s’applique dans le secteur Hoche-Versailles.
« Depuis trois ans, les problèmes se sont aggravés. J’avais monté un dossier à l’ADIL et porté plainte contre l’ancien propriétaire qui a fait ensuite des travaux mais de camouflage » raconte Djamila, la mère. « Le 6 février au soir, deux types armés et un troisième qui se tenait en bas sont venus frapper à la porte. Je vais te butter, je sais où ta fille va à l’école. Je leur ai répondu que je n’avais pas peur. Les policiers qui sont venus m’ont répondu « on n’est pas payé pour vous protéger ». La mère qui milite à la France insoumise, obtient l’intervention des députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard. La préfecture le trouve un refuge d’urgence. « On était en danger. C’est trop de peur. J’avais préparé de quoi partir rapidement. Mais même à l’hôtel, on n’est pas tranquille. Un gars en trottinette est venu il y a trois semaines à la laverie me menacer. On n’est pas en Colombie pourtant… »
Leur immeuble appartenait jusqu’en juillet dernier à Louis Dalbert, 89 ans, qui l’a revendu à la société I.A 2022 dirigée par le marchand de biens Chouki Hedhiri pour la somme de 326 000 euros. Les baux et quittance de loyer étaient tamponnés par une obscure association dénommée « Un abri pour tous » que gérait l’octogénaire. Un montage singulier qui explique que huit locataires soient titulaires de baux de sous-location de six mois à un an pour un loyer mensuel, charges comprises, de 450 euros, que trois studios sans loués sans bail, le restant étant squatté.
Suite à cette vente, la SPLA-IN a visité l’immeuble et repéré des « désordres extrêmement importants » dans cet immeuble aux « logements très dégradés » et procédé à un signalement immédiat à la Ville, laquelle a déclenché des visites les 10, 15 octobre et 20 novembre et engagé une procédure contradictoire avant mise en sécurité, faute de travaux. Le document a été un temps affiché à la porte de l’immeuble.
La semaine dernière, la situation s’est accélérée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, un commando d’une quinzaine d’individus cagoulés aurait fait irruption à 1h50 du matin dans l’immeuble, terrorisant les occupants, brisant les serrures pour les pousser au départ. « Ils étaient très nombreux. Ils ont cassé les serrures des logements. Mon appart est squatté alors qu’on a encore le bail. Ils ont frappé une personne » raconte Djamila sur la foi de contact gardé sur place. Une patrouille de policiers aurait alors interpellé 4 individus dont un jeune de 18 ans, les autres prenant la fuite vers la tour Bel Horizon Trois interventions policières ont eu lieu dans l’immeuble vendredi et dimanche pour des tentatives de squat. Contactés, ni le propriétaire, ni le syndic D’Agostino n’ont donné suite à nos requêtes.
David Coquille
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Solange Mercier : « Je me suis dit ces jeunes-là, on va les transformer en seigneurs »
La Marseillaise : Qu’est‑ce qui a poussé l’enseignante à s’engager totalement au service de cette cause ?
Solange Mercier : Je suis, entre guillemets, tombée dans le handicap de façon, on va dire, complètement inattendue, parce que le handicap, je ne connaissais pas. Je n’étais pas forcément sensibilisée, parce que quand on n’est pas touché personnellement, on le regarde, mais bon, c’est une vie parallèle, on va dire.
Ma fille Solène, qui a aujourd’hui 20 ans, est née porteuse de trisomie 21, avec de multiples handicaps associés. Et dans ces cas‑là, le monde ordinaire reste assez hermétique.
Vous avez fondé une des premières Unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis) en lycée ?
S.M. : Oui, lorsque je suis revenue à Toulon, la directrice du lycée Marie-France, où j’enseignais, m’a dit : « Tu connais tout ce qui est handicap, est-ce que tu veux bien monter une Ulis lycée ? »
Donc, je me suis vraiment formée et j’ai ouvert l’une des premières Ulis lycées. C’était passionnant parce qu’en fait, en tant que pédagogue, on se rend compte qu’on ne sait pas faire. C’est une remise en cause incroyable. Et du coup, ça nous oblige à déconstruire tout ce que l’on sait, et à essayer de trouver des clés. Je l’ai portée pendant des années. Puis, j’ai passé le flambeau.
C’est à ce moment que « Quoi 2 neuf ? » voit le jour…
S.M. : Quand vous avez un enfant qui est porteur de handicap, vous pensez à son avenir et vous vous dites : qu’est‑ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’on fait ?
Je me suis dit qu’elle avait eu la chance, via la loi 2005, d’avoir été intégrée à l’école malgré tous ces handicaps lourds, elle a appris à lire, à écrire… Et il me paraissait du coup inconcevable de ne pas poursuivre ce chemin.
Je suis donc allée voir mon ancien chef d’établissement de l’époque, en lui expliquant que je désirerais ouvrir une association pour des jeunes comme Solène. Et comme je connais ce lycée en long, en large et en travers, et ses recoins, j’avais repéré un petit local qui servait à quelques profs qui corrigeaient leur copie tranquillement. Et ça a commencé comme ça.
Quel est le concept de ce type d’accueil ?
S.M. : On met le jeune au cœur du système. On part du principe que ce n’est pas au jeune à s’adapter au système. C’est-à-dire qu’on n’impose rien.
Nous, on est ouverts lundi, mardi, jeudi et vendredi et les jeunes peuvent venir un, deux jours, quatre jours. Ou même tous les quinze jours. C’est eux qui construisent leur projet.
Nous permettons à ces jeunes de 20 à 35 ans de continuer à acquérir des connaissances et des compétences. Mais aussi de s’émerveiller et de croire en eux.
On est là également pour les aider à trouver des alternatives.
Dans le monde du travail également ?
S.M : Oui, et il y a plein de belles expériences mais ce n’est pas toujours facile. J’avais par exemple formé un jeune au service. Il était à Hippopotamus et le gars qui l’avait pris en charge, il y croyait.
Jimmy arrivait, il portait l’eau et le pain aux tables et vérifiait s’il ne manquait rien. Un jour, deux mecs s’assoient. Jimmy arrive, ils le regardent et disent « Tu dégages ». Le directeur est allé à la table et leur a dit : « Ce monsieur, qui s’appelle Jimmy, fait partie du service. Si ça ne vous convient pas, vous partez messieurs. » Ils sont partis. Ça prouve qu’il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire.
Mais là, je parle des jeunes qui peuvent s’intégrer facilement. Mais il reste tous les autres dont le monde ordinaire leur reste fermé. Donc je me suis dit ces jeunes-là, on va les transformer en seigneurs. Parce que si on revient bien en arrière, les seigneurs qu’est-ce qu’ils faisaient, eux ? Ils lisaient, ils se cultivaient. Ils faisaient du sport. Et ils vivaient. Ils ne se préoccupaient pas des injonctions de la société qui pèsent sur nos épaules.
Reste à changer les regards ?
S.M. : Cette année, un jeune au lycée a eu une altercation avec un autre et lui a lancé : « Va te faire foutre toi et ton fauteuil roulant ! » Pour qu’il prenne conscience de ce qu’il avait dit, la CPE l’a envoyé passer un peu de temps avec nous. À la fin de la journée il m’a demandé s’il pouvait revenir et m’a dit : « Vous voyez madame, je croyais qu’ils n’avaient pas d’âme, et en fait, je me suis régalé. » Je ne sais pas ce qu’il mettait derrière ces mots mais il pensait certainement qu’ils n’avaient pas vraiment une existence réelle avec des envies, des rêves. On l’a éclairé, il les voit aujourd’hui comme des personnes et respecte maintenant leur altérité, leur différence. Ça encourage à continuer.
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L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets
Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.
Projet Retrace ! : une collecte à but scientifiqueC’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.
Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.
Infos sur retrace.surfrider.eu


![[Mort au travail] Venelles : un appel lancé pour réagir](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/04/4560c11a5c86e32362069470e7b15c7c.jpg)