Tag: artistes

  • Arles et le dessin, l’aventure continue

    Arles et le dessin, l’aventure continue

    Des mal connus, des oubliés et de grandes signatures – Giacometti, Goya, Pasolini, Piranèse et Richier côtoient Louise Michel, Desmazières, Palézieux et Ceija Stojka – une dizaine de lieux dans la ville, du renouvellement et des inattendus, plus de mille dessins proposent des découvertes merveilleusement imprévisibles.

    Plus de 159 000 entrées l’an dernier ! Rester curieux et désirant, accepter « les marges et l’inquiétude » ce seront les dangers et les bonheurs à quoi s’exposeront les visiteurs de ce quatrième Festival. Commencer l’itinéraire par la place de l’Hôtel de ville avec la Chapelle Sainte-Anne et l’Archevêché ensuite marcher par les ruelles vers les musées petits ou grands chez Réattu et Lee Uffan ou bien au Méjean près d’Actes-Sud, aller jusqu’en bordure de boulevard Emile-Combes pour retrouver la fraîcheur sous les voûtes de Saint-Blaise : les joies et les défis seront permanents.

    À la faveur d’un portrait d’un grand cinéaste-producteur, pour paraître en magazine samedi 25 avril on reviendra sur le point culminant de cette manifestation, une émouvante sélection opérée dans la collection de Martin Karmitz, en dialogue avec Antoine de Galbert. Ces découvreurs se sont finement associés au trio inspirateur du Festival Julie Bouvard, Vera Michalski et Frédéric Pajak qui poursuivent une irréductible et précieuse aventure parallèle, commencée en 2002, les éditions des Cahiers Dessinés.

    Aller vers ce qui « ne va pas de soi »

    Parce qu’on craindrait d’énumérer des listes de noms prestigieux ou bien inconnus, on désignera trois coups de cœur dans ce très riche programme : la vitalité et l’humour d’Armand Avril, l’assembleur de Cotignac décédé en novembre 2025, les vérités terrifiantes des encres de Louis Soutter ainsi que les inédits de Steinlen, ses sauvages Danses macabres jamais encore montrées. Ces noms choisis parmi les multiples propositions de l’équipe (une centaine de personnes passionnées et compétentes) de Frédéric Pajak pointent son inflexible ligne de conduite : fureter et glaner par-delà la tendresse, la sensualité ou la violence, entrevoir et puis aimer ce qui « ne va pas de soi ».

    En ligne sur le site du Festival d’autres séquences et rendez-vous, jusqu’au 17 mai. En off, deux Marseillais, Gérard Traquandi dans la galerie Laurent Godin établie depuis un an près du Pont Trinquetaille et l’écrivaine Liliane Giraudon chez Corinne Dumas, place Voltaire.

    Festival du dessin d’Arles, jusqu’au 17 mai en centre-ville. Programme complet sur le site de la Ville ou festivaldudessin.fr

  • À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    À la Plaine, la danse comme plaidoyer d’hospitalité

    Mêlant performances artistiques, ateliers danse et plaidoyer pour l’accueil des personnes exilées, ce festival militant, porté par Swag (Share what art gives) studio souffle un air frais dans un contexte marqué par le repli et les discours réactionnaires. « C’est un événement qui fait exister la danse comme un outil politique », résume Pauline Terestchenko, cofondatrice de Swag Studio et coorganisatrice du festival. Sur scène danseurs et artistes sont professeurs du Swag studio. Ils viennent du Mali, de Guinée, d’Ukraine, de Russie, du Mexique, du Brésil…

    « Changer le narratif autour de la migration »

    « L’idée de l’événement est d’être au centre de l’espace public pour leur donner l’occasion de montrer leur talent en public et de changer le narratif autour de la migration. On y porte aussi une parole de plaidoyer par des acteurs engagés sur les thématiques d’accueil, des militants associatifs ou des artistes qui livrent eux-mêmes un témoignage d’exil », poursuit Pauline Terestchenko au moment où Sidibé, venu de Guinée, livre un récit rappé de son parcours.

    Autour de la scène, un village rassemble une douzaine de structures engagées pour l’accueil et la lutte contre le racisme : SOS Med, Sol en Si, Le Refuge, Singa, Réseau Hospitalité, The Baobab Project ou l’Auberge marseillaise. « Hébergement citoyen, accès aux droits, loisirs, culture… Les formes d’engagement sont multiples », explique l’organisatrice pointant un immense totem où le public peut se porter volontaire pour une mission bénévole pour ces assos en glissant celle de son choix dans une urne. Une manière de transformer l’émotion artistique en mobilisation citoyenne. « C’est en ça que cet événement fait de la danse un levier d’engagement sur les questions d’accueil », conclut Pauline Terestchenko.

  • Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Troisième saison culturelle en vue pour La Citadelle, qui a accueilli 185 000 visiteurs l’an passé, aussi bien venus « pour un coucher de soleil, une programmation culturelle ou un atelier », rappelle Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de l’association éponyme qui a la gestion de cet espace implanté sur la partie haute du Fort Saint-Nicolas. Sa mission, depuis la signature avec la Ville en 2021 d’un bail emphytéotique de 40 ans : « Restaurer et ouvrir au public » ce fort classé Monument historique en 1969 qui fut édifié dès 1660 sur ordre de Louis XIV pour « punir les Marseillais de leur trop grande passion pour la liberté ». Rien d’anodin à ce que la saison 2026 de La Citadelle soit placée sous le signe des « Résistances », comme pourra l’illustrer dès le 16 mai l’exposition et résidence croisée entre la France et la Tunisie, « Résistances et désobéissances ». Accueilli dans le cadre de la saison Méditerranée initiée par l’Institut français, un parcours faisant « dialoguer artistes, historiens et société civile » autour de l’incarcération, en ces lieux entre 1940 et 1942 du « futur président Habib Bourguiba et de sa garde rapprochée », résume Mathilde Rubinstein. Démantelé pendant le Révolution, transformé en prison et garnison au XIXe siècle, lieu de détention d’opposants au régime de Vichy comme Jean Zay ou Simone Weil, la Citadelle est un endroit « commun à plusieurs figures de la Résistance nationale et internationale, mais aussi un lieu de convivialité qui aide à la résistance à l’isolement et au repli sur soi », place-t-elle tandis que des ouvriers de chantiers d’insertion (« 42 nationalités représentées ») s’affairent à la restauration d’un patrimoine exceptionnel. « L’aménagement du bastion Vendôme et sa transformation en salle polyvalente » ou celle du « bastion Saint-Victor pour y installer un amphithéâtre extérieur de 250 places » sont attendus à l’horizon 2030.

    Musiques et patrimoine

    La saison culturelle de la Citadelle sera lancée le 18 avril avec « Faire fort !, journée populaire et festive » où « les artistes vont faire vibrer les remparts ». Parmi les propositions, des acrobaties aériennes du Centre international des arts en mouvement, un « dancefoor spécial minots » animé par le festival Basses fréquences, ou encore un « solo de guitare augmentée » de Benjamin Dupé, « en résidence avec sa compagnie pour au moins deux ans », précise Mathilde Rubinstein. La musique occupera une place centrale dans la saison avec « une date off de Marsatac » le 2 mai, une fête de la musique à l’esprit choral, local et mondial le 21 juin, ainsi que trois soirées assurées par la salle de concert du Makeda en juillet. Le week-end d’ouverture de la saison Méditerranée, les 16 et 17 mai, sera aussi l’occasion de voir le projet porté par la fondation Camargo, « Mondes marins », pour comprendre « comment l’art peut approfondir notre compréhension des mutations qui transforment la Méditerranée et les sociétés qui en dépendent ».

  • Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    L’écume forme de petits moutons blancs sur un étang de Berre agité. Ce jeudi, les bourrasques sont tellement violentes qu’Émilien Urbach préfère ne pas prendre la mer. « Ce serait inconscient », glisse-t-il. La météo lui accorde quelques jours supplémentaires pour travailler sur son voilier de 1977, l’Hétérotope. Arrivé le 23 mars au port Maritima de Martigues, le skipper doit finaliser des réparations avant de rejoindre l’Estaque puis de prendre le large avec la Global Sumud Flotilla le 4 avril avec une centaine d’autres embarcations.

    « Pour naviguer avec eux, il y a un tas de normes de préparation des bateaux, notamment en termes d’autonomie électrique, et vu qu’il faut qu’on installe des caméras, qui sont notre seule protection pendant la délégation, il y a plein de petits aménagements à faire, détaille-t-il. Plus des révisions avant de parcourir les 2 000 miles qui nous séparent de Gaza. »

    D’autant que l’Hétérotope aura le retour à faire immédiatement. « Notre but est de ne pas nous faire attraper, de récupérer les productions des autres bateaux avant d’atteindre la ligne rouge », explicite Émilien Urbach. Le voilier a en fait la vocation d’être un centre culturel flottant, et pour ça, « on va distribuer un sachet de conservation avec des blocs-notes et des appareils photo jetables à chaque équipage ».

    De la création d’œuvres pendant la navigation

    Cette idée a germé à la suite de la précédente Flottille, qui a eu lieu en automne 2025. Émilien Urbach y avait participé en tant que journaliste pour L’Humanité. Il explique : « Quand on s’est fait intercepter, il a fallu balancer tous nos carnets de notes, il y a des camarades qui ont avalé leur carte SD pour garder les images. Donc on s’est dit : la mémoire est très fragile, il faut travailler là-dessus. » Une fois de retour à terre, des artistes se pencheront sur la matière issue des sachets de conservation « pour lui donner un écho et créer un patrimoine culturel du mouvement ».

    Des artistes, à l’instar du dessinateur Edmond Baudoin ou du photographe Saif Fradj, embarqueront à bord de la Flottille « pour créer des œuvres autour de ce qui se passe pendant la navigation mais aussi autour d’un dialogue avec des artistes palestiniens », poursuit Émilien Urbach.

    La mission de l’Hétérotope au sein de la Global Sumud Flotilla s’inscrit dans la droite ligne de son histoire récente. Le voilier a été acquis par la compagnie de théâtre C’est la goutte d’eau, fondée par le journaliste (par ailleurs metteur en scène et auteur) et sa compagne, pour sensibiliser le public aux enjeux migratoires en présentant un spectacle imaginé à bord de l’Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée lors d’une tournée tout autour de la Méditerranée en 2018-2019. Sept ans plus tard, le bateau-théâtre se transforme en centre culturel embarqué.

  • L’Union pour Arles veut des états généraux de la culture

    L’Union pour Arles veut des états généraux de la culture

    « La mise en place d’États généraux de la culture garantira une gouvernance démocratique et participative », clame l’Union pour Arles dans son programme culturel, présenté à la presse le 3 mars dernier. Ces propositions sont « le fruit d’un travail programmatique co-construit avec l’Appel d’Arles et les neuf partis partenaires », dans le respect des différentes cultures présentes à Arles.

    La liste d’union de la gauche hors LFI, conduite par Nicolas Koukas (PCF), promet ainsi une « concertation permanente avec les acteurs culturels et les habitants, l’évaluation publique, ajustable et pensé sur des critères co-construits, la transparence des critères d’attribution de locaux, de subventions et de moyens municipaux », « l’accès à la culture et la liberté artistique et associative », mais aussi « l’équité territoriale en favorisant les échanges avec les acteurs déployés sur le territoire » comme socle de sa politique culturelle.

    Elle affiche aussi une volonté de désaisonnaliser l’offre culturelle. « Nous soutiendrons les temps forts hivernaux comme Drôles de Noël, supprimés par la mandature actuelle (…), et les festivals hors saison comme Arles se Livre, festival de la BD, ou Octobre numérique », dans l’idée que la culture soit présente « toute l’année ».

    Une ambition territoriale

    Dans la plus vaste commune de France, l’Union pour Arles affirme que « la diffusion, la sensibilisation et la pratique culturelle doivent être consolidées sur l’ensemble du territoire », une « ambition » reposant sur « le renforcement des équipements existants comme les médiathèques, centres sociaux, musée et théâtre, la circulation des œuvres et des artistes dans tous les quartiers et villages, le soutien aux initiatives mobiles et itinérantes et le développement d’actions culturelles pérennes ou temporaires en milieu rural ».

    In fine, l’objectif de l’Union pour Arles est de « garantir un véritable maillage culturel et une égalité d’accès pour tous ». Pour cela, la formation compte donner comme moyen « la création de Maisons communes dans les quartiers et les villages, fruit du groupe de travail culture et sport des ateliers de l’Appel d’Arles ».

    Pour étendre cet accès, « un Pass culture pour les jeunes arlésiens » figure également au programme, tout comme la volonté de « renforcer les moyens à la transmission et sensibilisation au patrimoine », dans le cadre d’un programme co-construit avec le corps enseignant.

  • Les femmes ont aussi droit à un buste dans l’espace public

    Les femmes ont aussi droit à un buste dans l’espace public

    « Un jour, en 2019, j’étais dans le bureau d’un collègue. Il y avait quatre bustes d’hommes sur un meuble. Je lui ai dit qu’il fallait aussi en mettre de femmes, mais il m’a répondu que ça n’existait pas. Je me suis dit : alors si ça n’existe pas, il faut le faire ! », raconte cette quadragénaire. La graine était semée. Presque cinq ans plus tard, elle germe sous la forme de SoBuste. « Un peu d’argent de côté » a suffi pour se lancer, fin 2024, dans la création de son entreprise pour réaliser des sculptures de bustes de femmes, en complément de son activité principale.

    « Le but est de promouvoir le travail des femmes, les rendre visibles », affirme-t-elle. Pour son étude de marché, elle contacte plusieurs villes. « Toutes me disent que c’est une bonne idée », relève Sophie Dievart, en particulier quand il s’agit de Simone Veil, Marie Curie ou Louise Michel, au milieu d’une « longue liste d’écrivaines, artistes et scientifiques », parmi lesquelles Frida Kahlo, Joséphine Baker, Angela Davis, Hedy Lamarr ou encore Colette. « Ce sont des femmes trop peu visibles, alors que leurs parcours sont incroyables », souligne l’entrepreneure.

    Une partie des ventes dédiée à la cause

    D’emblée, l’initiatrice de SoBuste annonce que, une fois son investissement remboursé, « un pourcentage des ventes sera dédié aux associations féministes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles », comme la Fondation des femmes, qui redistribue elle-même à d’autres structures, l’AVFT ou au CIDFF.

    Les bustes sont actuellement réalisés en plâtre par une sculptrice partenaire basée en France. « Tout est fabriqué à la main. D’abord en argile, puis on fait un moule en silicone qui sert ensuite à façonner le plâtre », détaille Sophie Dievart. Les pièces mesurent une cinquantaine de centimètres de haut, soit « quasiment la taille qui est utilisée par les institutions », précise-t-elle.

    La Martégale envisage d’installer prochainement son atelier à Martigues, afin de produire des modèles plus petits, « pour mettre au bureau ou chez soi », avec l’idée, à terme, « pourquoi pas d’en faire mon activité principale ». Elle insiste sur un principe essentiel. « Je veux absolument que le buste soit taillé en V, ni accessoirisé, ni embelli, conforme à la réalité », sans poitrine pour « désexualiser le corps de la femme ». Elle imagine déjà la suite : « Et pourquoi pas du bronze ou du marbre, à l’avenir ? », sourit celle qui se voit rester à Martigues, convaincue que « c’est une ville qui offre beaucoup en matière de culture et d’art ».

    Si la collectivité a choisi de féminiser ses rues, Sophie Dievart propose, en somme, de passer à l’étape suivante. L’espace Simone-Veil aura-t-il droit à son buste ?

  • La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La tribune publiée en novembre dernier dans La Marseillaise par l’Université Hors les Murs de Marseillologie (UHLMM) appelant à la sauvegarde des décors historiques du métro, suivie d’une pétition en ligne de près de 900 signataires, a suscité une rencontre d’artistes avec des cadres de la RTM et de la Métropole et débouché sur un accord.

    La rénovation sans concertation des stations de métro en cours s’est accompagnée de la dépose d’œuvres conçues entre 1977 et 1986 par des équipes associant architectes et artistes pour décorer les stations du métro de Marseille. La RTM n’avait pas pris soin de contacter les auteurs qui conservent les droits moraux sur leurs œuvres et l’intégrité de celles-ci.

    C’est à l’occasion des visites patrimoniales des Marseillogues dans le métro que ces artistes ont appris fortuitement le retrait de leurs créations. L’artiste John Pendray a découvert que ses œuvres émaillées représentant un TGV et une locomotive avaient disparu de la station Saint-Charles. La RTM lui a écrit pour lui apprendre qu’elles avaient été remises à l’association des Amis du rail et du Tramway de Marseille pour être mise à disposition du « musée provençal des transports » à Fuveau. Quant à son œuvre dans la station Rond-Point du Prado, la RTM se proposait de voir avec lui les solutions envisageables après études. La RTM l’a rassuré sur ses décors et fresques réalisés sur les voies de Noailles et dans le tunnel du tramway qui n’ont pas vocation à être déposés.

    Quant aux œuvres des stations Joliette et Castellane, deux auteurs ont mis en demeure la RTM par voie d’avocat. La régie métropolitaine a alors initié une rencontre en février. Il leur a été dit que l’absence de présentation du projet ne devait pas être interprétée comme du mépris de leurs œuvres, qu’au contraire, celles-ci avaient été conservées en parfait état avec vérification régulière par les équipes RTM. Pour la station Castellane remaniée pour le nouveau métro Neomma, la RTM a accepté la demande de l’architecte Roland Carta que son œuvre graphique sur la thématique des platanes soit repositionnée plus tard dans la station. Pour la station Joliette, Les Ports, l’œuvre d’Albert Jaubert qui évoque le passé ouvrier et portuaire de la cité, ne pourra être replacée pour des contraintes techniques, la RTM lui a assuré que celle-ci serait reprise dans le cadre du projet Imertium et exposée dans la Halle J1.

    « C’est une bonne nouvelle, comme quoi la mobilisation paye », se réjouit Sandro Piscopo de l’UHLMM, qui reste critique sur « une rénovation sans concertation citoyenne qui cède bien trop la place à des revêtements uniformes, aseptisés, sans âme ».

  • Fraise, le lieu où la création se nourrit des autres à Montpellier

    Fraise, le lieu où la création se nourrit des autres à Montpellier

    À l’origine, Philippe-André Dayan, ancien consultant en acquisition d’entreprises raconte ne plus se reconnaître dans un univers « où ça manquait de sens et de cœur ». Il tâtonne, crée un fonds de dotation, expérimente. Puis l’idée d’un lieu s’impose. L’hôtel est acheté en fonds propres en 2021. Le projet prend le nom de Fraise, Fonds pour le rayonnement artistique, l’intégration sociale et l’emploi. Le principe est de produire des œuvres tout en accompagnant jusqu’à 50 professionnels porteurs de projets culturels. Pour ce faire, des studios, une structuration juridique, des conseils artistiques, de la mise en réseau. « L’objectif, c’est de permettre aux artistes d’avancer vite, avec les bons outils. » La gouvernance est pensée comme un garde-fou avec commissions collégiales, audit externe, transparence statutaire. « On veut inscrire les projets dans une réalité commerciale sans que la logique marchande interfère dans le processus de création. Si on veut réussir, il faut trouver des terrains de collaboration. »

    La recherche comme terrain

    Au-delà de la production, Fraise revendique un ancrage intellectuel avec des universités telles que Yale ou encore l’Université Paul-Valéry, à travers le laboratoire Leyris. Vincenzo Susca, professeur de sociologie, accompagne le projet. « Il y a aujourd’hui un besoin aigu de laisser s’exprimer des désirs de création en dehors d’un cadre capitaliste basé sur la concurrence. » Il y voit l’émergence de tiers-lieux où « les individus cherchent des formes d’identification liées à l’art, à l’esthétique et à la communauté. »

    Le partenariat prévoit des bourses pour des doctorants travaillant dans les jeux vidéo, le cinéma entre autres. Certes Fraise n’a pas encore ouvert ses portes, mais le chantier est déjà habité de projets. Entre ces murs se dessine une tentative d’organiser la création sans l’industrialiser et collaborer plutôt que concurrencer. Reste à savoir si ce pari trouvera son rythme à l’ouverture au printemps et au-delà.

  • Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    Les travailleurs de la culture mettent la pression au Medef

    La banderole qui trône habituellement devant les locaux de l’Union pour les entreprises 13 (UPE13), déclinaison locale du Medef, « Plus que jamais les entreprises ont besoin de nous » a été remplacée par « le Medef tue la culture » lors d’une action coup de poing, ce mercredi matin à Marseille.

    Cette dernière a été menée par plusieurs syndicats et collectifs de travailleurs du monde de la culture et intermittents du spectacle, réunis sous la bannière de « l’assemblée générale culture 13 », qui ont momentanément occupé « la place des entreprises ». Une manière de mettre la pression sur les organisations patronales pour le dernier round de négociations autour de l’assurance chômage qui se déroulait au même moment à Paris au siège de l’Unédic, l’organisme en charge de ladite assurance. Des négociations durant lesquelles Medef, CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et U2P (Union des entreprises de proximité) ont fait une proposition qui ne passe vraiment pas pour les petites mains de la culture : « L’augmentation de 50 heures par an du nombre d’heures minimum pour ouvrir le droit à l’indemnisation au titre de l’intermittence », comme le résume Maria, comédienne de théâtre à Marseille. Concrètement, ils devront travailler plus pour une indemnisation similaire : « C’est déjà compliqué d’en faire 507, alors 557 n’en parlons pas… »

    Débrayage à Plus belle la vie

    Si d’autres mesures de durcissement de l’assurance chômage pour l’ensemble des salariés sont discutées ce jour, la proposition patronale a des conséquences concrètes pour le monde de la culture : « On parle de 10 000 à 30 000 intermittents sur le carreau. En rehaussant ce seuil, de facto cela va exclure des personnes. D’autant qu’on fait déjà face à une baisse des subventions du ministère de la culture, des collectivités territoriales et donc du volume de l’emploi », explique Léo, pour le syndicat français des artistes CGT. Plus qu’un symbole, « l’ensemble de l’équipe technique, des figurants et quelques comédiens » du tournage de la série Plus belle la vie étaient aussi présents et « ont débrayé une heure ».

  • Une mise en lumière de la peinture provençale

    Une mise en lumière de la peinture provençale

    On veut mettre en avant nos grands maîtres provençaux », explique Éloïse Massot, membre du service culturel de Sisteron, à l’initiative de cet événement en partenariat avec Arsud. Une sélection de 25 peintures de grandes figures de l’école provençale, telles qu’Émile Loubon, Paul Guigou ou Adolphe Monticelli, permet de mettre à l’honneur cette période, de 1840 à 1950, très riche en peinture pour la région. Le président de l’établissement public Arsud, ainsi que l’élu à la culture de la ville de Sisteron, seront présents sur place pour le vernissage.

    « Un élan de mise en valeur de leur territoire »

    L’école provençale est un mouvement artistique régional regroupant des peintres unis par leur attachement à la à notre région. Elle représentait, par la peinture, les paysages et la lumière du Sud. « Ils peignaient autant la terre que la mer », explique Éloïse Massot, d’où le nom de l’exposition. « Ces artistes, se sont attachés à peindre leur terre avec sincérité, avec un élan de mise en valeur de leur territoire », détaille le peintre George Coulomb sur son site internet. Émile Loubon, figure majeure de ce mouvement, excellait dans la peinture de paysages champêtres et de scènes de vie rurale.

    Espace d’Ornano du musée gallo-romain – entrée gratuite
    Vernissage ce vendredi à 18h.