Ce mercredi, l’atelier créatif proposé est consacré à la peinture sur verre.
De 15h à 16h.
2 euros pour les adultes. Inscription au 09.83.69.31.63
![[C’est l’été] Atelier pour enfants à Puget-sur-Argens](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/369f2e2def7b983c89c47bff40224238.jpg)
Ce mercredi, l’atelier créatif proposé est consacré à la peinture sur verre.
De 15h à 16h.
2 euros pour les adultes. Inscription au 09.83.69.31.63
![[C’est l’été] La jeunesse au sommet pour le dernier soir du Festival d’Aix](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/726d264627a43b5c704c867fb8110d1d.jpg)
C’est une dernière ovation debout qui a clos, lundi soir au Grand Théâtre de Provence, le Festival d’Aix 2026. Ultime soirée illuminée par la fougue et l’enthousiasme de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, dirigé par sa cheffe Sora Elisabeth Lee. Le public goûte toujours avec le même engouement ce rendez-vous traditionnel. Tous ces jeunes interprètes venus des rives proches et lointaines de Mare Nostrum offrent chaque saison le meilleur de ce qu’un orchestre, même parmi les plus aguerris, est capable de délivrer.
Il est acquis que la valeur n’attend pas le nombre des années, et ces jeunes musiciens, épaulés par des mentors du London Symphony Orchestra, ne démentent pas le sage propos de Corneille. Le programme, centré autour d’une composition collective de l’orchestre, emmenait l’auditeur vers une Europe orientale, hongroise avec Kodály et Dohnányi, puis russe avec Moussorgski.
La composition collective est toujours très attendue, car elle est synonyme d’émotion pure. Toujours encadrée par le compositeur Fabrizio Cassol, elle met cette année en avant un quintette particulièrement divers : les voix d’Amena El Bad et de Saber Radhouni pour des mélopées proche-orientales, le oud virtuose d’Akram Ben Romdhane, le trombone non moins agile de Jules Regard et le piano d’Elrini Alisa. Entre grands élans orchestraux et couleurs plus intimes, c’est tout le destin de notre planète, toute la fragilité de l’humanité que l’orchestre a voulu exprimer.
Ce que l’on retient de cette session, c’est à la fois le sérieux professionnel de l’orchestre et la qualité expressive de chaque pupitre. Sora Elisabeth Lee est une cheffe rigoureuse dans la battue et parfaite architecte de compositions dont la complexité pourrait effrayer. Les Danses de Galánta, de Zoltán Kodály, sont propices à la démonstration de ces traits d’orchestre (un cor solo magnifique) qui signent une phalange de qualité. Les Variationen über ein Kinderlied d’Ernö Dohnányi, composée en 1914, sont un jeu de contraste amusant entre un orchestre à l’épaisseur post romantique, très « lisztienne », et de variations ébouriffantes au piano autour de « Ah ! vous dirais-je maman », dont Mozart s’était déjà amusé. Aris Alexander Blettenberg s’en amuse tout autant avec un humour virtuose.
S’il y a une œuvre orchestrale propre à mettre en valeur les talents réunis de chaque section, ce sont bien les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, orchestré par Maurice Ravel. La visite de l’exposition du peintre Viktor Hartmann est une promenade sonore qui conduit aux fastes de la Grande porte de Kiev. Les teintes apposées par Ravel sur le piano du russe méritent de bons coloristes.
Le solo de saxophone évoquant Le Vieux Château, le cor mélancolique de Bydlo et sa mélodie déchirante, les bois en folie qui piaillent dans le Ballet des poussins dans leurs coques, les cuivres qui descendent aux catacombes et surtout, très exposée, la trompette piccolo qui assume magistralement le son geignard, acide et incisif de Schmuÿle dans sa conversation avec Samuel Goldenberg.
Tout explose au final. La grande section des percussions est à la fête. On en redemande de cette jeunesse toute proche, qui prouve que la musique est un art vivant et qu’un concert symphonique est aussi un spectacle et une de ces hautes marques de civilisation qui honore l’humanité.

Acid Arab, Trinix, le DJ Mosimann… des dizaines d’artistes de la scène électronique et associations annulent leur venue au Delta Festival deux jours avant le début de l’événement. En cause, une enquête de Marsactu, publiée vendredi, dévoilant que le président et cofondateur du Delta Festival, Olivier Ledot, est accusé de violences sexuelles par des salariées, bénévoles ou stagiaires qui travaillent, ou qui ont travaillé pour le festival. Aucune plainte n’a cependant encore été enregistrée par le Parquet de Marseille.
Le collectif marseillais de musique house Say Less a été le premier à se retirer du festival en annonçant leur déprogrammation dans une story Instagram : « Cette décision fait suite à des informations portées à notre connaissance, auxquelles nous ne pouvons pas nous associer. »
De son côté, Olivier Ledot s’est retiré de la direction de l’événement. Présumé innocent, il nie les faits qui lui sont reprochés. « Je mesure la gravité de ces sujets et je respecte le droit de chacun à être entendu. Je conteste toutefois formellement avoir exercé une quelconque violence sexuelle, une contrainte ou adopté un comportement non consenti », s’est exprimé le président du festival, dans un droit de réponse publié par ICI Provence. Sur son compte Instagram, le festival déclare avoir lancé « une enquête interne indépendante ».
Le Delta Festival a annoncé, dans un communiqué publié mardi après-midi, se maintenir. Avant la crise, 150 000 personnes étaient attendues pendant trois jours, avec six scènes et quelque 200 artistes invités.
![[C’est l’été] Récital de piano à Marseille](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/99a880372c86984f0c99515fbedd2db2.jpg)
Les deux artistes se retrouveront ensuite pour un programme à quatre mains avec les Danses hongroises n°1 et n°5 de Brahms, ainsi que la Danse du Renard-Rókatánc du compositeur hongrois Leo Weiner.
À partir de 20h30. Entre 20 et 25 euros la place.
![[C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/cba8bf3a8a556a90a7c06fb1e2170e4f.jpg)
Une vague aux couleurs criardes sort de la moka, cette cafetière italienne emblématique, pour répandre ses notes, couleurs et la culture de la Botte sur Marseille. Symbolisé sur l’affiche de sa 6e édition, l’ADN de Ciao Moka, ce festival qui, « comme une marée montante, apporte les saveurs, rythmes et histoires d’une Italie vivante, généreuse et toujours en mouvement ». Selon Sonia Nisi, sa fondatrice et directrice, une édition « encore plus pluridisciplinaire » lancée à l’Alcazar jeudi 16 juillet à 17h30 par une rencontre avec Arianna Cecconi, « anthropologue, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille et chercheuse dans le domaine des rêves et du sommeil qui viendra présenter son deuxième roman La ronde des insomniaques ».
Le lendemain, place aux arts vivants pour Ciao Moka, qui investira le Parc Longchamp dès 19h avec Yaraka. Originaire des Pouilles, un groupe qui « chante dans le dialecte de Tarento, tout en fusionnant les rythmes du sud de l’Italie et de la Méditerranée en général. Ils explorent aussi les musiques africaines et amazoniennes dans une idée de transe », décrit la directrice de ce festival qui poursuivra la soirée pour les amateurs de danse avec des ateliers de pizzica, tarentelle venue du sud de l’Italie, mais aussi de cinéma. Dans le cadre de l’été marseillais et du Ciné plein air, Nous nous sommes tant aimés sera projeté. Un chef-d’œuvre d’Ettore Scola (1974) qui « retrace 30 ans d’histoire italienne après-guerre et les changements de la société. Avec des acteurs phares du cinéma italien (Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, ndlr). Et c’est aussi un hommage au cinéma italien, on voit même Federico Fellini dans le film en train de jouer son propre rôle et de tourner La dolce Vita », développe avec plaisir Sonia Nisi.
Ciao Moka fera son retour à l’Alcazar le samedi 18 juillet à 16h, où le maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille Stéphane Mourlan « va raconter l’histoire de l’immigration italienne à Marseille aux XIXe et XXe siècles », avant une visite guidée sur les traces qu’elle a laissées dans la ville. Cap ensuite, dès 19h30, sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai avec une triple performance : la danseuse et DJ de house italienne Betty Wesh, la rappeuse et chorégraphe originaire de Vénétie Adriana et le groupe de Valentino Vivace, « nouvelle figure montante de l’italo-disco ». Clap de fin de cette 6e édition de Ciao Moka, dimanche à 17h30 avec une visite guidée de la Belle de Mai autour de l’histoire de ce quartier ouvrier irrigué par l’immigration italienne au siècle dernier. à 19h, la Friche accueillera Niente panico, spectacle de cascades et jonglages imaginé par le circassien florentin Giuliano Garufi, avant un karaoké géant basé sur le répertoire des chansons populaires transalpines.

La fondation Vasarely organise une conférence ce jeudi à 19h sur le mouvement du Bauhaus, raconté par le photographe et graphiste Peter Knapp qui a été élève d’un de ses fondateurs. L’événement, organisé par la fondation, est le fruit d’un partenariat avec le festival des nuits photographiques de Pierrevert, qui se déroulera dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin du mois de juillet.
La conférence permettra de découvrir l’école du Bauhaus, fondée en 1919, à travers les yeux de Peter Knapp qui fut l’élève de Johannes Itten, professeur du Bauhaus. « À 95 ans, il est un des derniers témoins qui peut en parler », insiste Stéphane Kossmann, président des nuits photographiques de Pierrevert. Car avant de désigner un courant artistique, le Bauhaus était avant tout une école d’architecture et d’arts appliqués créée par Walter Gropius à Weimar. Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Johannes Itten y ont d’ailleurs été professeurs. Cette école portait l’ambition de rassembler l’enseignement de toutes les matières artistiques telles que l’architecture, la peinture ou art plastique. Une institution régie par le manifeste du Bauhaus, rédigé par son directeur, qui affirme notamment qu’« il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan ».
Menacés par le nazisme, car considérée comme une école apprenant « l’art dégénéré », beaucoup de professeurs se sont exilés. Comme Johannes Itten qui est parti à Zurich, où il a continué d’être professeur et où Peter Knapp est devenu son élève. La conférence sera également l’occasion de découvrir le travail de ce photographe et designer qui a notamment travaillé dans la mode. Au début de la conférence, un petit film retracera son œuvre.
Conférence sur le Bauhaus
par Peter Knapp, jeudi 19h,
à la fondation Vasarely

Un havre de paix, poumon vert du quartier de la Belle de Mai (3e), sur lequel habitants et collectifs socioculturels locaux espèrent bien garder le contrôle. Le Couvent Levat, couvrant presque deux hectares de terres entretenues pendant plus de 150 ans par les Sœurs Victimes du Sacré-Cœur de Jésus, est depuis 2017 la propriété de la Ville de Marseille. Sa gestion, d’abord confiée exclusivement à l’association Juxtapoz, est aujourd’hui également assurée par l’association l’Hydre, responsable des jardins. Or, la convention liant la municipalité aux structures qui occupent les lieux doit prendre fin en décembre 2026. Inquiets face aux « incertitudes quant au devenir de ce lieu exceptionnel et essentiel pour le quartier », 18 organisations socioculturelles et collectifs ainsi qu’une centaine d’habitants de la Belle de Mai se sont organisés, dès janvier 2025, pour imaginer collectivement le futur des lieux. Ils créent, en décembre 2025, l’association Levat, porteuse du projet d’exploitation. Mais voilà qu’après plusieurs mois de concertations, diagnostics et discussions, la Ville annonce lancer prochainement un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour renouveler les modalités d’occupation. De quoi mettre en rogne les militants surmobilisés depuis plusieurs semaines. « Nous avons invité toutes les parties prenantes à se joindre à nos réunions : l’association Juxtapoz, les artistes résidents [dans le couvent, devenu une résidence d’artistes sous l’impulsion de Juxtapoz, Ndlr] mais aussi la mairie. Nous avons ensemble travaillé à l’écriture d’une proposition et ce travail a été encouragé par la municipalité, retrace Cécile Kohen, bénévole de Levat, présente lors d’un rassemblement festif organisé dans le jardin du site samedi. Et nous apprenons maintenant que, suivant une logique néolibérale, elle veut nous mettre en concurrence avec d’autres organisations pour confier la gestion de ce site. Ce n’est pas acceptable. »
De son côté, la Ville de Marseille, qui reconnaît avoir régulièrement échangé avec Levat, assure avoir fait expertiser la demande d’occupation de l’association de gré à gré, autrement dit sans mise en concurrence. Elle indique que ladite demande « n’a pas été retenue sur le plan juridique, la dominialité [caractère de ce qui appartient au domaine public, Ndlr] du jardin impliquant un AMI ». La municipalité annonce par ailleurs vouloir créer un jardin public sur le site du Levat, qui jouissait jusqu’alors du statut de propriété privée de la personne publique. Dans une lettre communiquée aux élus et en s’appuyant sur le Code général de la propriété des personnes publiques, l’association, qui compte dans ses rangs plusieurs juristes, défend que des dérogations pourraient s’appliquer à la mise en concurrence.
« Nous avons une légitimité, en tant qu’habitants et acteurs associatifs locaux qui avons la connaissance et l’expérience du lieu, et qui avons travaillé à l’élaboration d’un projet adapté aux usagers, à hériter de cette gestion », clame Pamela Pantoja, militante de Levat.

La maison du patron ne manque pas d’éloquence », pose le guide « Architectures à Marseille 1900-2013 » à propos de cet édifice marseillais mythique, signé Gaston Castel, un architecte majeur de l’entre-deux-guerres. L’édifice singulier saisit depuis 1924 le passant à l’angle de la rue Croix-de-Régnier et du cours Franklin-Roosevelt.
Gaston Castel, né à Pertuis le 1er août 1886 et mort à Marseille le 9 février 1971, est un architecte marseillais de premier plan. L’opéra de Marseille, le monument aux morts de l’armée d’Orient, la prison des Baumettes, l’annexe Art déco du palais de justice, le siège de la Compagnie générale transatlantique ou encore les portiques du tunnel du Rove sont quelques-unes des plus belles réalisations de celui qui fut architecte en chef du département, chef d’orchestre de la commande publique pour d’innombrables groupes HLM, comme le souligne l’ouvrage des éditions Parenthèses Les Castel, une agence d’architecture au XXe siècle. En 1942, Vichy le destitue pour avoir caché deux résistants dans sa villa à La Rose. La production de l’Agence Castel est riche de 270 bâtiments construits. Donné pour mort en 1915, il était revenu défiguré du premier conflit mondial. Il a enseigné à l’école d’architecture de Marseille, de 1922 à 1952, et livré ses idées dans les Cahiers du Sud.
C’est au rez-de-chaussée du 2 rue Croix-de-Régnier qu’il a fondé, en 1921, son agence et signé les plans de sa demeure familiale, là où il vécut jusqu’à sa mort, en 1971. Il avait acheté cette parcelle bancale occupée par un bistrot. Sa configuration trapézoïdale en proue avec des oculus de bateau rappelle la Maison Puget à l’angle des rues de Rome et de la Palud. Pierre Puget (1620-1694), le grand sculpteur baroque, avait bâti sa demeure personnelle comme les proues des navires royaux qu’il sculptait aussi.
« L’esprit de l’architecture est celui du style Art déco qui triomphe à l’exposition internationale des arts décoratifs de Paris en 1925 », écrit l’historien de l’architecture Jean-Lucien Bonillo. « Le jeu plastique des volumes est habilement traité par l’architecte sur la façade d’angle, comme une série de retraits successifs qui expriment les principales fonctions et les espaces correspondants. Il est servi par le répertoire décoratif classique : soulignement des modénatures, ferronneries ouvragées, sculptures en bas-reliefs, treilles, jarres, traités ici avec discrétion. »
Des décors dispersés
aux enchères
Toujours soucieux d’associer des artistes à ses réalisations, Gaston Castel a fait aménager et décorer les intérieurs par un menuisier d’art suisse, Albert Held. Le ferronnier d’art le plus fameux du style Art-déco, Edgar Brandt, a réalisé le mobilier et le décor de la salle à manger principale. Dans les années 50, l’architecte remanie les espaces et décide de recouvrir la terrasse du second étage. Il fait disparaître la pergola et rehausse la demeure d’un troisième étage. Dix ans après sa mort, l’atelier-maison est inscrit au titre des monuments historiques. La protection s’étend aux façades et toitures, au salon et à la salle à manger, au premier étage, « avec leur décor ».
« Décor », mot très imprécis, va être la cause d’un contentieux perdu, expliqué dans la Revue Marseille n°242. à la mort de son fils Elio en 1989, la hoirie met en vente la maison et décide de disperser le mobilier lors d’enchères à Avignon. Le commissaire-priseur est informé par la DRAC que les décors sont des objets « incorporés à perpétuelle demeure et ne doivent en aucun cas être enlevés de leur contexte ». Un référé va échouer à empêcher la vente. Du fait de cette notion vague de « décor » et faute d’inventaire précis produit à l’instance, l’état est débouté et la vente a lieu.
La demeure sera ensuite livrée à l’abandon et au squat jusqu’à son rachat en 1996. Les nouveaux propriétaires récupèrent une maison saccagée. Aujourd’hui, la demeure privée réhabilitée à l’identique n’est malheureusement pas ouverte à la visite. En mars 2021, le label « Patrimoine XXe » est décerné au monument.
Une partie du fonds conservée dans une villa, à La Rose, fut sauvée d’une destruction et donnée au musée d’Histoire de Marseille. Le fonds resté rue Croix-de-Régnier a été déposé aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.
![[Tribune] Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/eb07c105bf68d197fe778d7899265311.jpg)
Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent
le président de la République
Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.
Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.
C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.
Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?
De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.
Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?
C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.
Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.
Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.
Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.
Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.
Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre
Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole
Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte
Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France
Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires
Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires
Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir
Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon
Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux
Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole
Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille
Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels
Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair
Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon
Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires
Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris
Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon
Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture
Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg
Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole
Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune
Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole
Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy
Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble
Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie
Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole
Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen
Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen
Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille
Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie
Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon
Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO
Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims
Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole
Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble
Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture
Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture
Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie
Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis
Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne
Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne
Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national