Tag: artistes

  • Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Quand le soleil s’éclipse, la tournée d’été prend la scène

    Double spectacle, pour les touristes et habitants de Carro. Ce mercredi, les familles, couples et groupes d’amis commencent à installer leurs chaises et serviettes le long de la mer dès 18h. À 19h30, la côte est bondée. Impossible de distinguer la roche sous les installations colorées. La luminosité va commencer à baisser pour atteindre l’éclipse quasi totale autour de 20h20. Les spectateurs sont prêts.

    Juste derrière, sur le parking des Ragues, les artistes de la tournée de La Marseillaise se préparent à monter sur scène pour continuer d’enchanter la foule. Le show débute avec le groupe de reprises Sabotaaaage, se poursuit avec un Tribute Queen par MagicQueen avant de s’achever avec DJ Bobzilla.

    Marine et ses amis sont venus profiter de cette soirée d’exception. « Le spot est trop bien : la vue est dégagée, le soleil se couche sur la mer, y’a de quoi se baigner et on a de la musique live en prime, se réjouit-elle. En plus on connaît le groupe [Sabotaaaage, ndlr], on soutient l’association du coin qui tient la buvette et les artistes locaux ! Et puis on se plaint toujours qu’il se passe rien dans le coin, alors quand il y a un concert gratuit on peut pas se permettre de le louper ! » De son côté, Robb, le chanteur du groupe Sabotaaaage, a peur que sa prestation soit éclipsée par le spectacle de la lune et du soleil. « C’est la première et dernière fois qu’on joue pendant une éclipse, donc c’est stylé, mais un show c’est un échange avec le public et là les gens risquent d’être dos à nous… » Pourtant, le band du sud a une histoire particulière avec le phénomène astral : « On fait des mash-ups et on a fait un clip à partir de Lose yourself d’Eminem où une éclipse rend les gens fous ».

    Ce soir, elle aura laissé les gens sans voix, et c’est bien Sabotaaaage qui aura semé un grain de folie dans le public.

  • Les remparts d’Aigues-Mortes aux premières loges d’un festival

    Les remparts d’Aigues-Mortes aux premières loges d’un festival

    « Ouverture et métissage ». Ce sont les mots qui, selon Nadim Garfi, directeur artistique, caractérisent au mieux le festival Les Nuits des remparts, qui va se tenir les 13, 14 et 15 août, à Aigues-Mortes. Des textes très poétiques, chantés en arabe littéral par l’artiste ENEL, aux classiques réinterprétés par le quintette du Hot club de France, le tout en passant par les sonorités proposées par le Mario Calonge Trio, la programmation se veut éclectique. Musique du monde et jazz seront donc à l’honneur, au sein d’un morceau du patrimoine camarguais.

    Interrogé sur le choix de ce lieu, Nadim Garfi répond : « C’est un lieu tellement magnifique ». Violoniste de formation, le directeur artistique se souvient d’ailleurs de ses propres représentations dans la ville fortifiée, entre vestiges médiévaux et patrimoine local.

    « Je garde un très bon souvenir de l’acoustique et de l’ambiance générale, qui se prête vraiment à ce type d’événements », sourit le directeur artistique, à l’évocation d’un concert qu’il a lui-même donné à la lumière des bougies dans le cadre des représentations Candlelight.

    « Un cadre très stimulant »

    Dans un souci d’adaptation au lieu emblématique que constituent les remparts et la tour de Constance, l’organisation du festival a tenu à coopérer avec le Centre des monuments nationaux, leur permettant d’aller « chercher des lieux originaux, plutôt que d’aller dans un théâtre ». Une décision qui casse volontairement les codes.

    À l’occasion de cette première édition du festival, près de 550 places ont été mises en vente pour chacune des soirées. « On a imaginé un public assis », décrit le directeur artistique, créant une réelle proximité entre les artistes et leur auditoire. « C’est un cadre très stimulant », ajoute Nadim Garfi.

    Avec une programmation issue de divers horizons, l’organisation espère que le public le sera tout autant. « L’objectif, c’est d’attirer Monsieur Tout-le-monde », lance le directeur artistique du festival, comptant également sur la présence de nombreux mélomanes. « J’espère, par le choix des spectacles, réussir cette édition », conclut-il.

    Les Nuits des remparts, place Anatole-France, à Aigues-Mortes. Du 13 au 15 août 2026. Tarifs entre 25 € et 37 €.

  • L’artisanat à l’honneur sur le marché des créateurs à Marseille

    L’artisanat à l’honneur sur le marché des créateurs à Marseille

    La place Général de Gaulle (1er) devient une vitrine de la création ce week-end. Samedi 15 et dimanche 16 août, de 10h à 19h, 45 exposants sont attendus pour le marché de créateurs organisé par l’association Marquage.

    Créée en 1994, l’association organise depuis plusieurs décennies de tels marchés à Marseille. Un rendez-vous important pour les artisans. « Ça leur permet de rencontrer leur clientèle donc de pérenniser leur activité. C’est aussi l’occasion de rencontrer leurs pairs et de créer une bonne émulation », explique Age, artiste et fondateur de Marquage.

    Du textile à la céramique

    Côté stands, l’offre est pléthorique : « Il y a aussi bien des créations contemporaines autour du textile, des bijoux que des créations plus traditionnelles avec des savons, des bougies et de la céramique », souligne Age. Les matériaux travaillés sont, eux aussi, variés, « du bois au verre, en passant le métal ».

    Les créateurs viennent de Marseille et de la région, mais aussi de plus loin : un artiste italien et un allemand seront présents. L’association sélectionne les exposants en privilégiant « la direction personnelle et l’originalité » des créations.

    Les prix se veulent, eux aussi, accessibles. « On choisit volontairement les artistes exposés pour que toutes les bourses y trouvent leur compte », précise Age.

    De 10h à 19h, place Général de Gaulle (Marseille 1er)

  • [C’est l’été] Une série d’énigmes sensibilise les enfants à l’écologie à Marseille

    [C’est l’été] Une série d’énigmes sensibilise les enfants à l’écologie à Marseille

    « Je suis venue parce que c’était à côté de chez nous, je pensais pas rester longtemps mais mon fils s’éclate », rigole Pauline, dont le fils de 7 ans participe à un atelier. Les enfants, projetés en 2050, voient leur monde en danger, ils doivent libérer le gardien du parc en répondant à des énigmes. Cette activité, proposée par L’été marseillais dans différents parcs de la ville, sensibilise les enfants aux enjeux écologiques.

    « Le but était de reprendre les grands classiques de l’enfance et de demander à des collectifs d’artistes locaux de s’emparer du jeu de piste, et de le réviser à une sauce créative et accessible pour le public », explique Manon Bernard, chargée de production. Les enfants, répartis en groupes, vont d’ateliers en ateliers proposés par quatre artistes de la collective Panthera, guidés par un robot.

    Le premier atelier est tenu par Juliette, les enfants cherchent à identifier des odeurs ou à composer des formes avec du slime. Clara incarne un cafard qui a survécu à la destruction de la planète et s’amuse en tenant une kermesse avec ce qu’il a pu récupérer. Au bout du pont, Nicol, incarne « une fleur ». « Il y a un jeu de mémoire sur les aliments et les plantes, et pour les petits, ils recomposent une fleur à partir des couleurs ». « Ces activités ludiques permettent aux enfants d’avoir un rapport concret à la nature », ajoute Nicol.

    Équilibrer l’écosystème

    du parc

    Une fois les ateliers réalisés, les équipes récupèrent une clé USB pour avoir le dernier indice donné par le robot. « Il faut récupérer une carte au trésor », crie une petite fille en courant vers les buissons. Cette carte mène à un coffre dans lequel se cachent les éléments pour reconstituer le gardien du parc. « À quels éléments de la nature cela vous fait-il penser ? », demande le robot. « Au feu ! », « À l’eau ! », « À l’air ! », chaque enfant crie une réponse, ravi. Petit à petit, chaque équipe reconstitue le squelette du gardien. « Vous avez réussi ! », tonne le robot, la musique est lancée, les enfants hurlent de joie : ils ont libéré le gardien qui pourra équilibrer l’écosystème du parc.

    Gabrielle Cartellier

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • À l’Estaque, le public chauffé par la Tournée d’été La Marseillaise

    À l’Estaque, le public chauffé par la Tournée d’été La Marseillaise

    Jusqu’à minuit ils ont chanté et dansé le temps d’un concert gratuit face à la mer, ponctué de morceaux mythiques des 80’s. Venus en famille, entre amis, avec ou sans les transats et la canne à pêche, ils étaient une centaine à avoir participé à la fête ce lundi.

    Des cadeaux à gagner en imitant la cigale ou en répondant à un quiz. Zora et Akima n’ont pas hésité à lâcher leur pizza pour s’amuser. C’était comme une petite prolongation de l’été marseillais qui s’est jouée à l’Estaque.

    Festive et populaire

    « Ravis » d’accueillir les équipes et les artistes de la tournée, le maire du secteur, Jean-Marc Coppola ( PCF) et quelques-unes de ses élues étaient également de la partie. Il a salué « un événement gratuit pour le quartier et tous ceux qui ne partent pas en vacances. Cela montre que l’on peut être un journal d’informations sérieux et savoir divertir ».

    La Tournée d’été La Marseillaise poursuit son périple au mois d’août. Nouvelle halte à Martigues, le 12 août, pour faire place à Sabotaaage, MagicQueen, et DJ Bobzilla. C’est au Parc de Font Obscure à Marseille le 28 août qu’elle soufflera ses dernières parenthèses musicales et festives avec sur scène cette fois, Sabotaaage, Get the Beatles Back qui propose un tribute des tubes des quatre garçons dans le vent, et DJ Bobzilla pour une clôture tout en mix et allégresse.

  • [C’est l’été] Arty Colors Festival à Briançon

    [C’est l’été] Arty Colors Festival à Briançon

    Le premier rendez-vous est gratuit ce mardi soir mais les places sont limitées.

    Ouverture dès 10h jusqu’au 7 août.

  • Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Marseille, l’annulation du festival Hip-Hop Non-Stop fait polémique

    Ils disent vouloir reconnaître l’importance des cultures urbaines dans l’identité marseillaise, là, c’est tout le contraire. » Selon Cédric Claquin, coordinateur du festival Hip-Hop Non-Stop, une réunion organisée au mois de mai avait confirmé le soutien financier de la ville de Marseille et des mairies de secteur pour l’édition 2026 du festival. Coup de théâtre la semaine dernière, lorsqu’il apprend que finalement, les subventions n’ont pas été votées lors du dernier conseil municipal.

    « Une logique

    de renouvellement »

    « C’est très peu respectueux du travail qu’on fait depuis cinq ans, ou même depuis quatre mois, de nous le dire moins de deux mois avant le festival, tout en nous ayant donné des signaux positifs avant », déplore-t-il. « J’ai demandé un rendez-vous début juillet pour avoir des explications, personne ne m’a répondu. Je suis énervé, parce que dans ce silence, il y a du mépris », poursuit le coordinateur du festival, également directeur adjoint de l’association Urban Prod, qui, à la demande de la municipalité, organise la fête depuis sa création en 2021. « On arrivait à super bien travailler, il y avait une confiance réciproque », regrette-il.

    Dans un communiqué, la Ville explique que cette décision s’inscrit dans « une volonté de réorienter les politiques en faveur des cultures urbaines », avec « des formats plus diversifiés, mieux répartis sur le territoire et davantage en phase avec les attentes des artistes, des habitants et des acteurs culturels », détaille-t-elle.

    Pour sa part, Cédric Claquin « ne croit pas à cette réponse », il reproche à la Ville de « prétendre connaître ces besoins sans avoir fait aucune étude ». À ce sujet, il répond : « Nous, on avait fait une étude en 2021 avec les acteurs du graf, de la danse et du rap pour se renseigner sur leurs besoins. On est connectés à 35 collectifs, on a des milliers de personnes qui nous répondent ». Le coordinateur du festival tente de comprendre : « Qu’est-ce qui ne plaît pas à la mairie ? Le fait qu’on fasse de l’émergence artistique de talents en devenir, qu’on travaille sur la place des femmes et des minorités de genres, qu’on aille dans les quartiers ? On ne serait pas assez territorialement diversifiés mais on va déjà dans 4 ou 5 secteurs de la ville différents », liste-t-il.

    Le budget consacré à la culture n’ayant pas été réduit, Cédric Claquin estime que la décision de la municipalité « n’est clairement pas un problème de moyens, mais un vrai problème de choix ». De son côté, la Ville de Marseille précise s’être « engagée à prendre en charge les dépenses déjà engagées dans le cadre de la préparation de cette édition, afin de ne pas pénaliser financièrement la structure ». La Ville « demeure pleinement engagée en faveur des cultures urbaines dont elle reconnait le rôle essentiel dans le dynamisme culturel de Marseille », conclut-elle.

    Un coup dur, mais pas fatal

    Malgré l’annulation du festival cette année, Cédric Claquin et ses partenaires ne se laissent pas abattre. « Sur les réseaux sociaux, on reçoit énormément de marques de soutien, on n’a jamais eu autant de commentaires. Ça nous donne juste envie de préparer 2027 avec un nouveau format, d’élargir encore plus nos collaborations, ça nous donne envie de ne rien lâcher ».

  • [C’est l’été] Spectacle à Manosque

    [C’est l’été] Spectacle à Manosque

    Ce jeudi, découvrez les circassiens de la compagnie Morpose avec leur spectacle « Carbonescences »

    De 20h30 à 21h30.

    Gratuit.

  • La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    La Ville de Marseille dégaine l’astreinte contre un kiosque en tôle

    Un kiosque alimentaire installé sur la nouvelle place Castellane rénovée n’est pas conforme à la déclaration préalable autorisée en 2024. L’installation commandée par le commerçant Michel Sultan est de style radicalement moderne, de la tôle métallique jugée sans allure aux yeux de certains.

    Il y a plus d’un an, un procès-verbal avait dressé un constat d’infraction. « Le kiosque mis en place ne s’harmonise pas avec les kiosques de style haussmannien présents sur la place Castellane reconnue comme un lieu emblématique par le Site patrimonial remarquable et dont la fontaine est inscrite au titre des Monuments historiques », énonce l’arrêté municipal de mise en demeure du 25 juin 2026, qui exige sa remise en conformité dans un délai de six mois sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Un montant lourd qui doit suffire à convaincre de s’exécuter. Le respect du Site patrimonial remarquable est en réalité une problématique forte à Marseille, en particulier sur les places publiques à fort enjeu patrimonial.

    « Je me suis fait avoir », explique à La Marseillaise Michel Sultan, le gérant, qui assure de sa bonne foi. Plutôt que de louer un kiosque à la Métropole pour environ 400 euros par mois, il a préféré être propriétaire du sien. « Pour faire simple, j’ai pris un ferronnier marseillais, mais il ne m’a pas fait la frise et le dôme haussmanniens. Ça m’a coûté 56 000 euros quand même. En vrai, il n’y a qu’un seul ferronnier d’art, dans le nord de la France, qui fait le kiosque haussmannien. Il faut dire qu’il a déposé le brevet », nous dit-il.

    Depuis quelques jours les mesures ont été prises et la commande passée. Le commerçant nous assure de sa volonté de se mettre en règle. Il dit aussi comprendre les autorités : « C’est logique, ils veulent faire un bel endroit vu l’argent qu’ils ont mis pour rénover la place ».

    « Tendance bobo végé »

    Pour l’heure, la Ville a édité une autorisation provisoire d’occupation du domaine public pour le kiosque. L’emplacement n’est pas donné. Il dit s’acquitter de 3 800 euros tous les six mois de redevance d’occupation à la Métropole pour poser ses tables et ses chaises. « Avant, j’étais de l’autre côté de la place. Quand je me suis déplacé ici, je voulais faire quelque chose dans la tendance bobo végé et en harmonie avec la place. Pas un kebab quoi. Je m’attendais à ce que ça marche mieux, mais ça va prendre, j’en suis sûr. »

    La requalification de la place Castellane a magnifié l’espace public piétonnisé. La fontaine Cantini a été remise en eau et inscrite, en novembre 2023, au titre des Monuments historiques. L’espace entre le bassin et les grilles a été végétalisé et l’ensemble est mis en lumière. Actuellement, la fontaine est cerclée d’une clôture girondine en bois, les grilles et les vases étant partis à la restauration. Les groupes sculpturaux réalisés par les meilleurs artistes marseillais de l’époque sont en triste état. Rien n’est programmé pour eux.