Tag: artistes

  • Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Le Terrier ramène le spectacle en ville à La Seyne-sur-Mer

    Après 27 années de bons et loyaux services, le café-théâtre de la 7e Vague tire sa révérence, sans pour autant disparaître. L’association continue d’exister en tant que régie artistique, mais cède ses murs au Terrier. Un changement qui s’opère dans la continuité, puisque ce nouveau café-théâtre associatif a été créé par Benjamin Lull, ancien de la 7e Vague, dont il avait pris la direction en 2022 avant de cofonder le Terrier, en compagnie de huit compagnons artistes.

    « On en avait besoin, et il était temps pour moi de prendre mon envol, explique ce jeune comédien de 28 ans. On a changé le nom, le bureau, une nouvelle équipe artistique et j’ai pris le projet à bras-le-corps. La 7e Vague m’a suivi, et on a gardé leur ligne de base. »

    Pour un lieu « populaire »

    Cette ligne, c’est celle d’un « laboratoire artistique. Le but est d’avoir une offre hétéroclite, avec de la musique, du théâtre, du clown… On va rajouter des drag show, des spectacles de marionnettes et on va faire des spectacles enfants dans l’année », détaille le président du lieu, nommé le Terrier car « j’ai connu le théâtre avec le Roman de Renart. Le Terrier, c’est le lieu où les renards mettent bas. C’est symbolique du fait que c’est ici que les artistes pondent leurs projets ».

    Son terrier, Benjamin Lull le veut ouvert, au carrefour de son passé et de son avenir : « On souhaite faire en sorte que les artistes qui se produisaient à la 7e Vague ait encore leur place, tout en ouvrant le lieu à de nouvelles personnes, à de jeunes artistes. D’ailleurs, quand les spectacles sont un peu fragiles, on leur donne le statut de spectacle à venir. » Avec l’objectif d’en briser les murs : « On veut créer pour le lieu et pour en sortir, avec des spectacles de rue, et pourquoi pas se produire dans d’autres théâtres. »

    Ce samedi marque donc le début d’une nouvelle aventure. De 18h à 20h, les visiteurs pourront venir découvrir le lieu, désormais doté d’une seconde entrée, avant un concert de tango du quatuor Anthéa à partir de 20h30. L’entrée est libre, et le concert à 10 euros. « On est le seul café-théâtre de la ville. On se veut populaire, l’entrée la plus chère est à 10 euros, il y aura des entrées à 5 euros et au chapeau. On veut donner accès à tout le monde. Le centre-ville est une zone prioritaire, on vient tous de la classe moyenne prolétaire, donc on veut offrir des spectacles pour cette catégorie-là. On veut que les gens cessent de penser que le théâtre est un lieu bourgeois », soutient Benjamin Lull.

    Infos et réservation sur leterrier.assoconnect.com

  • La der de Achdé au festival de la BD

    La der de Achdé au festival de la BD

    Lucky Luke et Jolly Jumper quittent le Far West pour la Cité des Papes ce week-end à l’occasion de la 7e édition du Festival de la bande dessinée d’Avignon.

    « Vingt-cinq illustrateurs et auteurs de BD seront dans l’hôtel de ville avec pas moins de 10 000 visiteurs attendus ces samedi 29 et dimanche 30 novembre, de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h. Avec la volonté d’une édition apothéose », comme le confie la première magistrate (PS) d’Avignon, Cécile Helle. Parmi les artistes présents ce week-end, Achdé, illustrateur de Lucky Luke de 2004 à 2024, pour qui ce sera le dernier festival d’après les organisateurs. Ou encore Enrico Marini, qui signera exceptionnellement une trentaine d’œuvres pour l’événement, et Marc Bourgne, dessinateur de Michel Vaillant. « On a voulu mélanger tous les genres avec des auteurs qui ont permis à la BD d’exploser. Souvent, les gens ne connaissent pas directement les artistes mais connaissent les personnages », précise Frédéric Ranchin, président du Festival, qui se réjouit de l’entrée de l’événement dans les cinq plus gros rendez-vous du 9e art dans l’Hexagone. « Demandez au concierge de la mairie. Dès cinq heures du matin, les férus de BD, qu’on connaît tous au fil des éditions, sonnent pour être les premiers », sourit l’organisateur, qui attend entre 10 000 et 12 000 visiteurs tout au long du week-end.

    Taille humaine

    La taille et l’aspect plus humain et familial du Festival sont également mis en avant, avec « le choix de bien accueillir les dessinateurs et auteurs, qui est devenu notre marque de fabrique et c’est une satisfaction. Notamment avec le débat actuel autour du Festival d’Angoulême », lance Cécile Helle. « On avait beaucoup de demandes et on a dû faire des choix sur les auteurs car on n’a ni le budget, ni les structures pour pouvoir en accueillir plus. Cela montre bien qu’Avignon compte dans le milieu », poursuit Frédéric Ranchin. Et cela permet aussi aux librairies locales, qui tiendront aussi des stands, de faire le plein.

    L’entrée est gratuite lors des deux jours. Plus d’informations sur avignon.fr.

  • Le Magic circus show pour rêver en famille

    Le Magic circus show pour rêver en famille

    C’est un spectacle rempli de couleurs, d’émotions et d’évasion grâce à la troupe de jeunes artistes de la compagnie HAP. En tant que parrain de la Maison de Nina, c’est avec un grand plaisir que je partage la scène avec eux. C’est un vent de fraîcheur », détaille Norbert Ferré. Marseillais d’origine, médaillé de la ville, habitué des tournées internationales dans des styles très différents comme le Crazy Horse ou encore les Folies Bergères, sans oublier ses participations au Plus grand cabaret du monde, présenté par Patrick Sébastien.

    Pour le Magic circus show, il est Monsieur Loyal et il réalise aussi quelques numéros de magie, notamment avec son compère Patrick Dessi. Ce dernier est aussi Marseillais et a fait la connaissance de Nobert au club de magie local, alors que ce dernier n’a que 14 ans. Une longue histoire… Sa motivation est pourtant toujours intacte pour « faire prendre conscience au public de l’importance du spectacle vivant. Apporter du plaisir en proposant des numéros de grandes qualités de cirque et de magie », confie ce dernier.

    « Une véritable
    histoire humaine »

    Et de poursuivre : « À Marseille, ce n’est pas très courant. Alors, quand j’ai découvert la compagnie Hap, lors de son dernier spectacle, j’ai été emballé. C’est la rencontre de plusieurs générations. Une véritable histoirehumaine. »

    La compagnie Hap signe avec le Magic circus show, son 3e spectacle. D’une vitalité sans pareille, Hap, c’est l’histoire de neuf artistes de 11 à 18 ans passionnés de cirque, tous élèves de la Maison de Nina, à Marseille. « Je les forme pour certains depuis tout petits, dès l’âge de 3 ans. Je les vois grandir, se muscler, se perfectionner. En 2023, j’ai alors créé la compagnie Hap, sur les conseils d’Aurélia Cats, consultante artistique de la Maison de Nina et artiste circassienne de renommée internationale. L’occasion pour les élèves de vivre leur rêve, celui d’être sur scène », détaille Sophie Ortiz, directrice de la Maison de Nina.

    Jonglerie, trapèze, mats pendulaires, anneaux, danse, voltige, magie, mais aussi mentalisme, durant deux fois 45 mn avec un entracte de 20 mn, c’est un véritable show que propose la compagnie HAP.

    Le cabaret l’Étoile bleue, 107bis, boulevard Jeanne d’Arc, 13005 Marseille.
    Complet tout le week-end.

  • [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    La Marseillaise : Qui était Ziem ?

    Céline Laudin : Félix Ziem est un peintre du XIXe siècle qui est né en Bourgogne, à Beaune, et qui est mort à Paris à l’âge de 90 ans. Il est plutôt autodidacte. Il fait des études d’architecture aux Beaux-Arts de Dijon où il est très doué. Il doit partir ensuite à Paris avec l’obtention d’une Bourse mais un problème au niveau de son comportement fait qu’il ne peut pas s’y rendre. Il décide de partir rejoindre un membre de sa famille qui travaille alors dans les abords de Marseille à la construction de l’aqueduc de Roquefavour. Il arrive sur ce chantier, et il commence à faire des croquis en plein air de la campagne environnante. Le duc d’Orléans arrive, voit ses croquis et lui achète. Et l’histoire commence ainsi.

    Pour quelles raisons est-il qualifié de peintre voyageur ?

    C.L. : Son rêve, c’est d’aller en Italie comme tous les artistes du XIXe siècle, sur cette idée de faire le grand tour, de voir les monuments à Rome, à Florence, à Venise. Félix Ziem est un peintre paysagiste. Ce qu’il aime, c’est la lumière et le rapport de l’eau et des paysages. C’est pour ça qu’il apprécie particulièrement Venise et qu’il choisit aussi plutôt Martigues que Marseille pour s’installer sur les bords du chenal de Caronte. Il ouvrira quatre ateliers : à Paris, à Venise, à Nice et à Martigues. C’est un artiste voyageur par excellence il fait énormément de voyages, en Italie, mais pas que. Il va beaucoup en Afrique du Nord. Il va aller aussi à Constantinople. Il va faire un grand voyage en Orient. Il va aller en Algérie. Mais il va aller jusqu’en Russie, en Angleterre, aux Pays-Bas. Il est tout le temps en mouvement.

    Était-il reconnu de son vivant ?

    C.L. : Dans son journal, on sent qu’il est assez insatisfait de ses peintures parce qu’il n’a jamais vraiment appris cet art. Malgré cette frustration, il va très vite exposer au Salon, qui est vraiment l’organe officiel où il faut que tous les peintres aillent à Paris, et il commence à vendre ses tableaux. Il est très malin. Il s’entoure de marchands, il fait monter les prix. Ses œuvres prennent de la valeur et c’est l’un des artistes les plus riches du XIXe siècle. Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection. Il est reconnu dans le métier, Théophile Gautier l’encense. C’est quelqu’un d’assez mondain, il va aux soirées des frères Goncourt, il est très bien installé et reconnu de son vivant.

    Ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

    C.L. : Il produisait énormément, et c’est ça qui l’a peut-être un peu desservi. Il faisait dans ses peintures ce que les amateurs d’art aimaient et attendaient, donc, on a pu le taxer ensuite de faire un peu tout le temps la même chose : un horizon bas, trois quarts de la toile consacrée au ciel… À Venise, une gondole, à Constantinople, à Martigues, une tartane. Ce côté un peu répétitif a pu être critiqué. Il a aussi longtemps été taxé d’orientaliste parce qu’il représentait l’Orient. Mais pour moi, ce n’est pas un orientaliste car il est vraiment allé dans ces pays, il ne représente pas un Orient fantasmé qu’il aurait pu lire dans les livres, il peint ce qu’il a vu, les danseuses, les petits métiers, les musiciens… Il est plutôt inclassable en fait et l’histoire de l’art n’aime pas trop les gens inclassables, il faut appartenir à une école à un mouvement, on aime bien les cases en histoire de l’art.

    Comment, à travers les expositions proposées au musée, tentez-vous de lui rendre sa place ?

    C.L. : La chance que nous avons eue au musée Ziem, c’est d’avoir reçu en legs de sa petite-fille tout son fond d’atelier. Et donc, on a, dans la collection, des œuvres qu’il n’a jamais vendues mais qu’il conservait. C’est très intéressant, parce qu’il a par exemple conservé toute sa vie son autoportrait qu’il a peint dans les années 1860-1865, où il s’est représenté en bleu, en mettant de la craie sur son tableau, ce qui est quelque chose d’extrêmement moderne mais qu’il n’a jamais montré. De même, il a gardé avec lui ses pochades, une sorte carnet de croquis mais sur du bois, qu’il prenait avec lui quand il allait voyager, ses aquarelles… Ce sont des œuvres beaucoup plus spontanées et modernes que ce qu’il commercialisait. Au musée, on valorise ce fond d’atelier qui est vraiment d’une très grande richesse. C’est formidable parce qu’on rentre aussi dans l’intimité de l’artiste où on voit son processus créatif. C’est comme si on était presque avec lui sur les bords du Bosphore ou sur les canaux de Venise.

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.

  • [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    Le saccage a commencé à Saint-Charles en 2023, il s’est poursuivi à la Joliette en 2024, puis à Noailles et Estrangin-Préfecture cette année. Sous couvert de « modernisation », le coûteux programme « Rénov’ Stations » de la RTM et de la métropole Aix-Marseille-Provence efface peu à peu les œuvres qui ornaient depuis près d’un demi-siècle les stations du métro : mosaïques, tôles émaillées et décors originaux cèdent la place à des revêtements uniformes, salissants et sans âme.

    Réalisées entre 1977 et 1986 par des tandems artistes-architectes, les stations du métro de Marseille possédaient une identité forte et colorée, avec des œuvres liées à l’identité et à l’histoire des quartiers desservis. Le plan « Rénov’ Stations », censé « améliorer le confort et la sécurité » des usagers, transforme aujourd’hui ces espaces en lieux aseptisés, interchangeables, où tout se ressemble. Les nouveaux aménagements, mal conçus et fragiles, produisent des espaces illisibles aux ambiances d’hôpital et brouillent les repères des voyageurs.

    Pourtant, ces décors relèvent du patrimoine architectural et artistique du XXᵉ siècle, protégés par le droit français (Code du patrimoine et Code de la propriété intellectuelle), ainsi que par la Convention de Faro, qui reconnaît le droit des citoyens à participer à la valorisation de leur patrimoine. Leur destruction sans concertation bafoue ce double statut et efface une mémoire collective. Certaines œuvres ont purement disparu, comme Les Ports d’Albert Jaubert à la Joliette, évoquant le passé ouvrier et portuaire, remplacée par une photographie du quartier Euroméditerranée, représentant une image lisse et marchandable de la ville.

    Ce chantier illustre la fragilité du regard porté sur le patrimoine marseillais. Dans la plus vieille ville de France, il est dommage que le patrimoine soit si peu considéré et perpétuellement détruit. Alors que les stations Castellane et Désirée-Clary s’apprêtent à subir le même sort, il est urgent d’ouvrir un débat public sur notre métro. Dénonçons collectivement cette modernité rétrograde, et retrouvons l’enthousiasme et l’avant-garde qui faisaient l’essence du métro de Marseille à son inauguration. Le temps est venu de nous rassembler pour construire la suite de l’histoire de notre métro !

    Par Liam McCORLEY et Sandro PISCOPO de l’Université HLM (hors les murs) de marseillologie

    Cosignataires : François AVEROUS (architecte), Alain BARLATIER (documentariste), Pascale BARTOLI (architecte), Joël BARTOLOMEO (artiste), Arthur BATTESTI (architecte), Mariam BENBAKKAR (artiste), Claire BENIT-GBAFFOU (urbaniste), Jean-Daniel BERCLAZ (artiste), Aurore BIZE (artiste), Julien BLAINE (poète), René BORRUEY (historien), Jean-Noël BRET (historien de l’art), Christine BRETON (conservatrice du patrimoine), Guillaume CALAS (architecte), Roland CARTA (architecte), Clément CHAFFAIE (architecte), Jean-Marc CHANCEL (architecte), Julie DE MUER (guide urbaine), Sylvie DENOIX (historienne), Anke DOBERAUER (artiste), Paul DOMELA (curateur), Elisabeth DORIER (géographe), Thierry DUROUSSEAU (architecte), Mary FITZGERALD (journaliste), Anne-Valérie GASC (artiste), Teodoro GILABERT (écrivain), Milan GIRAUD (artiste), Benoît GUILLAUME (illustrateur), Stéphane HERPIN (architecte), Pierre-Alain HUBERT (artiste), Albert JAUBERT (artiste), André JOLLIVET (architecte), Baptiste LANASPEZE (éditeur), Carole LENOBLE (architecte), Sylvain MAESTRAGGI (auteur), Éric MAILLET (artiste), Nicolas MAISETTI (sociologue), Nicolas MÉMAIN (urbaniste), André MÉRIAN (photographe), Gilbert ORSONI (juriste), Matthieu POITEVIN (architecte), Garance POUPON JOYEUX (artiste), Justine PRUVOT (cheffe), Tilman REICHERT (architecte), Rudy RICCIOTTI (architecte), Suzel ROCHE (réalisatrice), Jean RODET (architecte), Sandrine ROLENGO (Déléguée Sites & Monuments Paca), Ana RUBIO (architecte), Jacques SBRIGLIO (architecte), Oliver SALWAY (artiste), Loévan SICARD (architecte), Alexis STEINMAN (journaliste), André STERN (architecte), Bernard TARAZZI (architecte), Paul-Elias TOURNÉ (architecte), Stephan ZAUBITZER (photographe)

    Pour signer la pétition « Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille ! », c’est ici.

  • Le losange Renault revisité à la Vasarely

    Le losange Renault revisité à la Vasarely

    Le losange métallique a traversé des générations. Cent ans après sa création, le logo Renault inspire l’exposition « Dialogues avec le losange », hébergée par la Fondation Vasarely jusqu’au 15 février. Modernisé au fil des générations, le logo Renault, floqué sur toutes les carrosseries de ses voitures, est devenu emblème de l’industrie française.

    C’est en 1972 que la marque adopte le dessin du plasticien et artiste Victor Vasarely. S’inspirant du travail du plasticien qui explore la géométrie et joue sur l’optique, trois artistes, Olivier Swiz, Arthur Dorval et Sébastien Preschoux proposent une exposition « en trio, développée autour d’un protocole commun ». Sur proposition du Fonds Renault pour l’art et la culture et la Fondation Vasarely, sous la production de David Bloch, les artistes ont travaillé à développer un « protocole commun », dont la béquille reste l’angle à 62,5 degrés, spécifique au losange dessiné par Vasarely.

    « On a dû trouver un terrain d’entente avec un ordre de commencement (…) C’est une déconstruction du losange, un travail mixte et riche. C’est un travail symétrique et géométrique par nature », résume Arthur Dorval. « Initialement, on devait seulement intervenir dans le bureau de Vasarely, qui n’a jamais été ouvert au public, retrace Olivier Swiz. C’était le point de départ de l’exposition, qui devait créer un nouvel accès à cet espace. » Ce lieu de développement de projets de Vasarely est désormais métamorphosé : travail géométrique sur les sols, les murs, mais aussi à travers l’espace occupent désormais la pièce. « Assez rapidement, poursuit Olivier Swiz, la salle 14H, immense salle d’exposition, a rapidement été investie par une œuvre commune. Pour faire écho au travail de Vasarely, on a développé un protocole commun de création. »

    Trois immenses œuvres de quatre mètres par deux mètres, travaillées à six mains, présentent 24 unités plastiques autour desquelles le processus de création a permis un « vrai dialogue pour concevoir une installation composée de toutes nos œuvres », rapportent les artistes.

    Ces créations seront ensuite remises au Fonds Renault. Une projection vidéo installée en parallèle des tableaux présente des milliers de combinaisons possibles autour de la forme des travaux et résume l’amplitude du travail de réflexion.

  • Déambulation photographique à Béziers

    Déambulation photographique à Béziers

    « Il y a bien sûr une ambition artistique, mais également une ambition de convivialité et d’animation de la ville », explique Thomas Langlois, président de l’association Hors cadre, par ailleurs patron des Ostals, l’un des nombreux lieux participants.

    La première édition, en 2024, a rassemblé 25 photographes dans
    17 lieux de Béziers et attiré près de 10 000 visiteurs. Pour cette deuxième édition, « la manifestation s’étoffe et se structure », souligne Thomas Langlois. Outre une déambulation dans 18 lieux très différents (les Ostals, la Colonie espagnole, l’Hôtel de la prison, le Cirdoc, la Gorge fraîche, l’IUT de Béziers, la médiathèque Malraux…) à la découverte des univers photographiques qu’ils auront choisis d’exposer, une nouvelle proposition artistique baptisée Focus sera présentée au 26 Riquet, sur les allées du même nom (du jeudi au samedi, 15h-19h.) Le travail de 3 photographes professionnels, sélectionnés parmi une vingtaine de candidatures par un jury indépendant (constitué des directeurs de l’association Visa pour l’image à Perpignan, du Musée régional d’art contemporain (Mrac) situé à Sérignan
    et de la déléguée générale de Mécènes du sud, une association privée de collectionneurs), y sera exposé. Les lauréates sont trois femmes : Elsa Beaumont (Gard), Caroline Peyronel (Lot) et Sonia Reveyaz (Hérault).

    À découvrir également cette année, les images de 20 photographes amateurs sélectionnés parmi une cinquantaine, qui investiront le Korrigan (9, rue Paul-Riquet, du jeudi au dimanche à partir de 15h). Les visiteurs pourront voter pour leur artiste préféré(e) (remise des prix les 24 et 30 octobre) !

    A.G.

    horscadrebeziers.fr

  • L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    L’œuvre douce-amère de Katia Bourdarel à Marseille

    « Aux frontières du rêve et du réel, l’univers de Katia Bourdarel mêle le corps et la nature dans un voyage entre lumière et ombre, fragilité et puissance, douceur et chaos », affiche un panneau au rez-de-chaussée du Musée Regards de Provence, qui accueille jusqu’au 15 mars 2026 l’exposition de cette Marseillaise, « De fiel, de miel et de sel ». A priori, une exposition aux saveurs fades. Jusqu’à ce que notre rétine, ne s’accommode difficilement d’une série de toiles qui paraissent être des photographies au réalisme invraisemblable. Mais quelques pas en avant, permettent de voir le détail de ces peintures, parmi lesquelles Damnatio memoriae #9 et Rebelle #1. En vis-à-vis, une statue masquée par des feuillages, et le même item entièrement drapé de blanc. Presque envie de soulever ce voile tant il paraît concret. Entre le fiel et le miel, elle est peut-être là, la pincée de sel.

    « Noirceurs et soleils »

    « Inspirée par des figures mythologiques ainsi que par des textes classiques de Platon et Ovide à Apulée », indique la commissaire de l’exposition, Amélie Adamo, « l’œuvre de Katia Bourdarel nous plonge dans une exploration intime et collective de la métamorphose. Elle résonne avec nos noirceurs et nos soleils, de l’amour à la mort ». Différentes Narcisse et odalisques sont encore bluffantes de détails, tout au long d’un parcours où les nus sont légion, dévoilant chaque pli des corps et du visage. Plus l’exposition se dévoile, plus la clarté laisse place à la noirceur, comme le suggère une nuée de corbeaux suspendus en l’air. Le chemin tout tracé vers les Nocturnes métamorphoses de Katia Bourdarel qui, au son d’une musique crépusculaire, dévoilent des beautés douces-amères, assaisonnées d’un sel qui nous comprime le cœur et les artères.

  • À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    À la Friche Belle de Mai, fusée d’œuvres à trois étages

    Au 3e étage de la tour Panorama de la Friche Belle de Mai, une sculpture mécanisée, lunaire et colorée aimante les regards. Fruit de l’art et de l’imagination de Loïc Pantaly, une « sonde destinée à projeter des arcs-en-ciel dans l’espace ». L’une des seize œuvres de l’exposition « La vie de l’espace », lancée ce week-end et produite par l’Observatoire de l’Espace du Cnes, le Centre national d’études spatiales. De la Mythologie lunaire de Johan Decaix à la sculpture en gélatine argentique de Sylvie Bonnot, Aéroplis, des pièces reflétant « le voyage des artistes dans le milieu extraterrestre ». Des augures spatiaux pour les trois expositions automnales de la Friche Belle de Mai.

    Subliminal et direct

    Gravir les étages de sa tour, c’est décoller d’univers en univers. Changement d’ambiance au 4e niveau, avec M.A.D (Model autophagy disorder). Un espace envahi par des artistes du collectif Le Dernier cri qui « travaillent sur des images générées par l’intelligence artificielle. Un outil comme un autre. Le seul intérêt de l’art, c’est de pervertir », assure son fondateur, Pakito Bolino, devant une forêt d’« images ambiguës » suspendues au son d’une musique infernale. « De loin, tu vois des têtes de mort », pointe-t-il, devant un triptyque duquel plus on s’approche, plus notre rétine y laisse apparaître membres et viscères. Autres temps, autres mœurs au cinquième étage de la tour, avec Veillée ardente, exposition de 17 artistes du festival « numérique et poétique », les Instants vidéo. « Un cri face à la noirceur du monde pour ne plus détourner le regard et prendre soin de ce qui nous entoure », résume sa co-directrice Naïk M’Sili. Au début du parcours, défilent des images d’ouvriers de la coopérative Scop-Ti qui « réactivent en danse » des « grèves par obstruction et par la lenteur » ayant pu marquer l’histoire sociale depuis celle des « cheminots italiens de 1905 », indique son créateur Paul Heintz. En quelque sorte, se souvenir pour mieux voir la réalité en face, comme peut aussi l’illustrer La condition et l’impossible de Nabil Aniss, triple écran témoignant des « rituels de danse et transe d’esclaves au Maroc » remontant aux XIVe et XVe siècle, « pour se libérer de l’oppression ».

    41 rue Jobin, Marseille 3e, les après-midi du mercredi au dimanche