Tag: ARS

  • Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Devenu invité permanent de nos jardins ou de nos balcons, le moustique tigre reste surtout un vecteur important de maladies, transmettant aux humains les virus de la dengue, du zika et du chikungunya, rappelle l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), qui a officiellement ouvert la saison de surveillance de la bestiole le 1er mai.

    Avec plus de 97% de la population de la région qui vit au contact de cet insecte, un nombre inédit de cas autochtones a été enregistré en 2025 en Paca. Entre début juin et début novembre, 450 cas de chikungunya et 16 cas de dengue ont été recensés, « répartis en 35 épisodes distincts de transmission, essentiellement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône », précise l’ARS.

    Un suivi précis des cas

    Ce qui fait de Paca la région la plus touchée, avec près de 60% des cas identifiés en France. Un niveau important comme « jamais elle n’en avait connu », commente l’ARS, même si la tendance est à l’augmentation, depuis 2022.

    Raison pour laquelle la mobilisation des professionnels de santé, des collectivités et de la population demeure essentielle, « pour prévenir la transmission et limiter la prolifération de l’insecte ». D’autant que, suite à la hausse des températures et à l’allongement des journées, les larves sont actuellement en plein développement après avoir passé l’hiver sous la forme d’œufs. Et vont rapidement devenir des moustiques tigres adultes, capables de piquer.

    Pour lutter contre ce fléau, l’ARS recommande d’éliminer les petites réserves d’eau une fois par semaine, notamment les coupelles de plantes, de bâcher ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d’eau, de ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut en contenir, et de nettoyer les gouttières ainsi que de ramasser les déchets verts.

    Grillages et moustiquaires, vêtements couvrants et amples, répulsifs et ventilateurs à fond peuvent aussi permettre de profiter de son extérieur. En cas de symptômes, tels que la fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires, des maux de tête et une éruption cutanée, l’ARS recommande de consulter sans attendre son médecin traitant. Chaque cas de dengue, chikungunya ou zika confirmé devant être déclaré pour identifier les lieux de contamination éventuels.

  • Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    « Nous voulons rappeler à toute la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur que la vaccination est l’une des plus grandes avancées en termes de santé publique. » Alors que la semaine européenne de la vaccination a débuté lundi, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Paca, Yann Bubian, a rappelé ce mardi lors d’une conférence de presse l’importance des campagnes de vaccination.

    Dans la région, comme dans le reste du territoire, la confiance envers la vaccination est élevée avec 78% des 18-79 ans qui se déclarent très ou plutôt favorables aux vaccins, contre 80% en France. Pourtant, les Provençaux se vaccinent moins que le reste des Français, notamment contre le papillomavirus ou la rougeole. En Paca, moins deux filles sur cinq de 15 ans sont vaccinées contre trois sur cinq au niveau national, par exemple. « Alors que notre région est l’une des mieux desservies en termes de professionnels de santé, nous sommes l’une des pires en termes de couverture vaccinale », se désole le directeur général de l’ARS Paca. La région a toutefois connu des améliorations sur la vaccination contre la bronchiolite chez les nourrissons et la grippe chez les adultes.

    Hésitation vaccinale

    Des retards pour la région s’expliqueraient en partie
    par l’hésitation vaccinale. « Certaines personnes ont envie de se vacciner, mais ne sont pas sûres. Il faut donc un moment avec des professionnels de la santé qui les rassurent », explique Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale à l’ARS Paca.

    Des hésitations en partie dues à la circulation de fausses informations au sujet des vaccins. Face à ces réticences, l’ARS souhaite mieux former les professionnels de santé, avec le développement d’un pacte anti désinformation. Cet outil permettra aux soignants de connaître les différentes théories qui existent pour mieux y répondre. La vaccination est également rendue difficile par l’éloignement de certaines populations du système de santé. Face à cette réalité, l’ARS mène donc des initiatives d’aller vers, où ce sont les acteurs de la santé qui vont à la rencontre des populations et non l’inverse.

    Des campagnes de vaccinations ont également été déployées dans plus de 400 collèges de la région, afin d’augmenter la couverture vaccinale contre le papillomavirus notamment, responsable de certains cancers. « Bien que les résultats restent en deçà de nos attentes, ces initiatives ont permis d’augmenter le nombre de filles et de garçons vaccinés », insiste Lauriane Ramalli, épidémiologiste chez Santé publique France. « Il faut donc que l’on continue à mobiliser pour faire mieux », conclut Olivier Reilhes.

  • IA : Une technologie pleine de ressources

    IA : Une technologie pleine de ressources

    Professionnels hospitaliers et acteurs du monde libéral et industriel se sont retrouvés pour une journée rythmée par de nombreux débats. Autour de diverses thématiques abordées au fil des tables rondes : l’urgence médicale mais aussi l’oncologie, ou l’aide à la décision. Comment faire confiance à l’intelligence artificielle ? Qui porte les responsabilités en cas d’erreurs médicales ? Des questions transversales lors de cette journée.

    Parmi les projets débattus, l’échographe assisté par l’IA. Un programme qui « dispose d’une aide au positionnement et améliore la qualité des images pour que les non-experts puissent s’en servir », explique Carine Capdeville, directrice commerciale de Thales services numériques. Elle poursuit : « L’échographie est un acte technique, mais répandu dans la sphère médicale car elle nécessite une utilisation régulière. » Avec plus de 27 millions d’actes par an, l’échographie limite les risques de cancer et reste peu coûteuse. Pour la directrice commerciale, cette nouvelle technologie « faciliterait son usage et la rendrait plus accessible ».

    Former les professionnels de santé

    Assise dans le public, Marie-Aleth Guillemin, médecin coordinateur en Ehpad saisit le micro. « Nous avons des professionnels qui délaissent des nouveaux outils technologiques car ils ne savent pas s’en servir par manque de formation. Comment comptez-vous préparer les hôpitaux à leur arrivée ? », demande-t-elle. Marc-Olivier Gauci, chirurgien orthopédiste et traumatologue répond : « Nous devons débloquer les moyens nécessaires pour financer leur apprentissage. » Son confrère Alexis Jacquier, chef de service radiologie poursuit : « Nous pourrions introduire dans les cabinets des ingénieurs qui accompagneraient les médecins et faciliteraient la compréhension de ces machines. » De nouveaux programmes qui nécessitent donc une attention particulière à la formation du personnel destiné à les utiliser, et des moyens financiers en conséquence… Le professeur Ouladsine Mustapha, vice-président de l’université d’Aix-Marseille, partenaire de ces rencontres régionales, reste malgré tout optimiste : « Dans les hôpitaux, nous devons davantage accompagner les médecins vers cette transition numérique. Nous trouverons les fonds nécessaires », espère-t-il. « Le territoire est suffisamment actif. Nous avons récolté plus de 3 000 euros pour nos recherches », annonce-t-il fièrement.

    Un modèle économique

    Le directeur de cabinet de l’ARS Thibault Courgeon est de cet avis. Installé derrière son pupitre, il vient clore de débat et en profite pour saluer le soutien de la région. « En Paca nous bénéficions d’un système à l’écoute avec de nombreux projets de la Recherche hospitalo-universitaires (RHU) et un soutien financier de la Région Sud. Nous nous engageons à réunir l’écosystème du territoire. » Avec la volonté, donc, de créer un maillage entre les différences instances de santé et de numérique dans la région. L’objectif est de créer un modèle économique « fiable » et prospère. Vaste programme.

    CHIFFRES

    10

    C’est le nombre de minutes économisées, en moyenne, pendant un appel d’urgence lorsque « Highwind » analyse l’importance du problème via photos et des vidéos pour prioriser les urgences vitales.

    70%

    C’est le pourcentage de chances de guérison d’un cancer du poumon si le diagnostic est réalisé à un stade précoce, notamment grâce au « RHU Luca-PI » qui prévient les cas de cancer via l’imagerie. Un projet mené par l’AP-HM.

    30%

    de risques de complications à la suite d’une chirurgie traumatologique pourrait être évités selon « la planification préopératoire » effectuée. C’est le but de « ReBone » qui permet une simulation de l’opération à réaliser en amont pour le chirurgien. Le projet est développé au CHU de Nice.

  • Cas de gastroentérite : des analyses de l’eau sont en cours

    Cas de gastroentérite : des analyses de l’eau sont en cours

    L’alerte a été publiée par la Ville de Rousset sur ses réseaux sociaux, mardi après-midi : « L’Agence régionale de santé (ARS) a été alertée ce jour d’une augmentation des cas de gastroentérites aiguës sur la commune. À ce stade, plusieurs cas ont été recensés. Les symptômes observés sont similaires (vomissements, diarrhées rapidement résolutives) », précise-t-elle. Et d’indiquer que « tous les cas concernent des habitants raccordés au réseau public d’eau potable. Une origine liée à l’eau ne peut donc pas être exclue ».

    L’eau potable est distribuée au Rousset par la Société des Eaux de Marseille (SEM), délégataire de ce service public de la Métropole. Elle serait redevenue consommable mardi soir, indique ce mercredi la municipalité. Dans un communiqué paru ce mercredi matin, celle-ci se voulait rassurante, indiquant que « les analyses rapides effectuées hier [mardi] soir et ce matin ne révèlent plus de défaut ». Dans le village de Rousset, les villageois confirment : « Il n’y a plus de problème ! », indique Gisèle, qui sort du foyer pour seniors, entourées d’un groupe d’amis. « Beaucoup ont été malades, voire hospitalisés », glisse une autre habitante, près du parvis de l’Hôtel de Ville.

    Des réponses à venir

    « C’est un scandale sanitaire, une négligence flagrante de la santé publique ! Nous sommes cloués au lit depuis dimanche », s’emporte un habitant sur les réseaux sociaux. Contacté, le maire Philippe Pignon, également pharmacien sur la commune, explique avoir, mardi matin, « eu une conversation avec le médecin généraliste de Rousset sur la survenue d’une épidémie de gastroentérite dans notre village depuis quelques jours », avant de signaler à l’ARS « des cas sévères de gastroentérite, et assez nombreux ». Il poursuit : « En fin d‘après-midi, l’ARS est revenue vers moi, disant avoir sollicité la SEM de façon à ce qu’ils contrôlent leur réseau d’adduction à l’eau potable. Quand la SEM l’a vérifié, ils ont constaté un dysfonctionnement dans la chloration de l’eau (…). Hier [mardi] soir, à 19h, la SEM nous disait avoir corrigé le dysfonctionnement et purgé l’ensemble des réseaux de la Ville. » Toujours selon le maire, des prélèvements ont été effectués par la SEM, pour infirmer ou confirmer que l’eau est bien à l’origine de cette épidémie. La Société des eaux confirme que les contrôles indiquent une eau « parfaitement potable » et poursuit ses analyses.

    Sollicitée, l’ARS devrait communiquer sur le sujet dans les prochains jours, une fois le résultat des analyses connues.

  • Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    Les salariés d’Oxance veulent le maintien de l’offre de soins

    On voulait interpeller politiquement l’Agence de régionale de santé, qui est garante de la santé sur la région. » Devant le siège de l’ARS à Marseille, les personnels d’Oxance, groupement mutualiste et ses plus de 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, dont une partie issue de l’ex-Grand conseil de la mutualité, haussent le ton.

    En procédure de sauvegarde, les syndicats s’inquiètent de l’avenir de leurs centres de santé et autres structures de soins. « Il y a plein de scénarios : ventes de structures, concentration de l’offre, arrêt de filières… On est dans le flou et on ne sait pas où l’on va », explique Pauline Jean, pour la CGT Oxance. D’où l’interpellation à l’adresse de l’ARS, qui les a reçus. « Les représentants de l’ARS ont rappelé qu’ils étaient attachés à l’offre de soins d’Oxance. Ils avaient l’air à l’écoute mais il faudra voir les actes. Sur Marseille, ils ont quand même dit qu’une transformation de l’offre était possible… », développe Pauline Jean.

    Alerte pour les usagers

    Avant de marteler : « On a rappelé la nécessité de maintenir une offre de soins à but non lucratif. » Car c’est là tout l’enjeu de la bataille des salariés : continuer à faire vivre un modèle où la santé des patients prime avant les bénéfices.

    « On rend service à la population, on n’a pas d’actionnaire, les autres font du business sur la santé, donc on a les reins moins solides », explique Stéphane, salarié du centre de santé de Bonnefon, dans le 2e arrondissement de Marseille. On comprend mieux pourquoi l’intersyndicale d’Oxance (CGT, FO, CFE-CGC) pointe « le sous-financement chronique des établissements mutualistes par l’Assurance maladie et les pouvoirs publics ». Une situation avec un impact potentiel sur les usagers. « On s’inquiète pour l’accueil du public du centre de Bonnefon qui reçoit des patients sans avance de frais. Vu la précarité d’une grande partie du 3e arrondissement, mais aussi du 2e, ils seront en rupture de soins parce qu’ils ne pourront pas faire d’avance », déplore Henry Ansaldi, pour le bureau de l’Union locale CGT Joliette, venu soutenir la mobilisation. En clair, son maintien est « un enjeu de santé publique pour la population ».

    Reste que les salariés ont plusieurs dates importantes pour y voir plus clair sur l’avenir du groupe. Dont une « audience intermédiaire au tribunal de commerce de Lyon, le 11 mars pour un inventaire des créances ». Et surtout un Comité social et économique, le 26 mars, durant lequel seront « présentées des mesures pour un plan de redressement ». Contactée, la direction d’Oxance se veut rassurante : « La procédure de sauvegarde engagée devant le tribunal vise à préserver les emplois et à assurer la continuité des soins pendant la période d’observation. » Si elle explique que rien n’est arrêté concernant les mesures à venir, elle « demeure pleinement mobilisée pour défendre la pérennité du modèle mutualiste et maintenir l’accès aux soins dans les territoires où elle est implantée si toutes les conditions sont réunies ». « En fonction de ce qui sera présenté, on déclinera une stratégie syndicale et des actions », conclut Marianne Dupont, déléguée syndicale FO.

  • Un label pour concrétiser le travail de proximité d’une Maison de Santé

    Un label pour concrétiser le travail de proximité d’une Maison de Santé

    La graine du projet avait été plantée en 2008, avant de germer. En 2026, la Maison de Santé pluriprofessionnelle, installée au nord d’Aix-en-Provence, dans le quartier de Beisson, est désormais labellisée France Santé. Un cachet déposé si l’établissement répond aux critères : « D’accès à des soins pluridisciplinaires (…) un accès en secteur (…) un accueil sept jours sur sept a minima, et la possibilité de travailler avec les SAS centre 15. Cela veut dire répondre à la possibilité d’une consultation de médecine générale en moins de 48h », résume Yan Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé Paca. Alors, si cette matinée de labellisation a d’abord été institutionnelle, en présence d’Isabelle Epaillard, préfète à l’Égalité des Chances, de Sophie Joissains, maire (UDI) sortante, de Mathieu Gatineau, sous-préfet d’Aix, le moment a été choisi, par le docteur Maurice Ngambé, cofondateur de cette MPS, de rappeler les priorités de l’établissement : « Concrètement chaque jour, nous travaillons pour l’accès aux soins, accompagner des patients atteints de maladie chronique, lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé et prendre en charge les patients les plus vulnérables. »

    Pour cause, la Maison est installée au cœur d’un « quartier, ou les besoins en santé sont importants, parfois complexes, et ou l’accès aux soins est un véritable parcours, poursuit Maurice Ngambé. En tant que médecin, cette reconnaissance a un sens particulier : elle confirme que le choix du travail en équipe était le bon. » Sur place, dans cet espace médical de 240 mètres carrés, ce sont en effet cinq médecins permanents qui se relaient, dont un remplaçant régulier, intégrés à un maillage de partenaires allant de l’Hôpital, de la Croix-Rouge, en passant par le Relais des Possibles. Il ne manquerait plus qu’une médiatrice en santé et une assistante médicale, selon le Docteur Maurice Ngambé. Difficile aussi, de chiffrer le flux quotidien de patients, car « tous les jours ne se ressemblent pas », estime ce dernier, qui évalue « à la louche, que 70% des patients » viennent d’un pourtour proche. « Le fait de cette proximité sur le territoire est une réelle plus value pour le bien-être [des habitants], estime Rachid Sabbouri, directeur du Centre Social la Rose des Vents. De notre côté on oriente. Les habitants du territoire se sentent pris en charge de manière convenable, avec une réponse adaptée à leur difficulté. On ressent le bénéfice. » À ce jour, l’ARS avec les Préfectures et l’Assurance maladie, labellise 96 Maisons France santé en Paca.

  • Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Usagers et soignants débattent du nouvel hôpital

    Le béton c’est bien mais les soignants c’est mieux. L’hôpital public doit pouvoir soigner toutes les pathologies », déclare, jeudi à la fin de la réunion publique, Alain Dallest, président du Cercle républicain bédoulen.

    Alors qu’une enquête publique sur le projet de nouvel hôpital est en cours, et s’achèvera vendredi 20 février*, Karine Meysson, infirmière à l’hôpital d’Aubagne, a rappelé aux personnes présentes : « Plus il y aura d’avis, mieux il y aura de poids, car l’hôpital, c’est pour tout le monde… » Un peu avant, le Dr Yves Perrin-Toinin, qui a animé la réunion et le débat, a indiqué l’objet de l’enquête en cours : « On demande au public s’il est d’accord sur l’implantation du nouvel hôpital. » L’enquête publique, énonce l’hôpital Edmond-Garcin, maître d’ouvrage du projet, « porte sur l’utilité publique de l’opération projetée et le parcellaire en vue de délimiter exactement les immeubles nécessaires à cette opération ». Le futur équipement devrait voir le jour dans la zone économique Est d’Aubagne, zone des Gargues. D’une superficie de 28 544 mètres carrés, « soit une augmentation de 42% par rapport à l’existant, pour un coût total estimé à 144 millions d’euros », précise Edmond-Garcin, sa livraison est prévue en 2032.

    Un service des urgences insuffisant

    « Même si ce n’est pas le sujet de l’enquête publique, il est important qu’un maximum de gens s’expriment sur le capacitaire, sachant que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va fortement augmenter selon l’Agence régionale de santé (ARS). Or le nouvel hôpital n’aura qu’une vingtaine de lits supplémentaires par rapport à aujourd’hui, les urgences demeureront telles quelles, le labo sera toujours à la Timone… En fait ils reconduisent l’hôpital actuel, si ce n’est que sa surface pourra être augmentée à + 20%», constate le Dr Perrin-Toinin. Dans un communiqué daté du 20 janvier, la direction d’Edmond-Garcin précisait : « La capacité d’accueil du nouvel hôpital passera de 155 lits et 19 places à 176 lits et 22 places, avec un renforcement significatif des soins critiques et un bloc opératoire porté à 7 salles, dont 1 en réserve. » Karine Meysson, si elle voit d’un bon œil la construction d’un nouvel hôpital, « Edmond-Garcin étant vieillissant », regrette « que les soignants n’aient pas été consultés sur le projet ». Alors qu’aujourd’hui, « des patients, souvent âgés, attendent parfois plus de huit heures avant d’être pris en charge par les urgences, on nous annonce qu’elles demeureront ainsi à l’avenir… C’est dommage. » Elle constate : « L’ARS veut garder les plateaux techniques sur l’hôpital la Timone à Marseille, et faire en sorte que les hôpitaux périphériques fassent de la bobologie. » Durant la réunion, beaucoup regrettent que certaines spécialités ne soient pas présentes à l’hôpital public, contraignant les patients à se faire soigner, beaucoup plus cher, dans le privé, par exemple à la clinique de la Casamance à Aubagne. « Dans le nouvel hôpital, il y aura plus de lits, des patients aux pathologies plus lourdes et le projet prévoit de supprimer 54 postes d’agents », observe également Karine Meysson. Cherchez l’erreur.

    * Voir site internet de l’hôpital.

  • Salindres : l’alerte sanitaire qui dure depuis 40 ans

    Salindres : l’alerte sanitaire qui dure depuis 40 ans

    Autour de Salindres et dans plusieurs communes riveraines du Gardon, la pollution aux PFAS ne relève plus de la simple inquiétude environnementale. Elle s’inscrit désormais comme un enjeu majeur de santé publique.

    Depuis le début des années 1980, des rejets industriels liés à l’usine chimique Solvay auraient contaminé durablement les eaux de surface, les nappes phréatiques et l’eau potable, principalement par l’acide trifluoroacétique (TFA), l’un des PFAS les plus répandus et toxiques.

    Selon plusieurs analyses rendues publiques ces dernières années, des traces importantes de TFA ont été retrouvées jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres en aval du site industriel. Une situation locale qui s’inscrit dans un contexte national alarmant : d’après l’Anses, 92% des prélèvements d’eau potable en France contiennent aujourd’hui du TFA.

    Un appel sans réponse

    À Salindres, cette contamination chronique nourrit une inquiétude grandissante chez les habitants et les salariés du site industriel. Dans une lettre adressée aux ministères de la Santé et de la Transition écologique, ainsi qu’à l’ARS et à la DREAL Occitanie, les signataires demandent la mise en place d’une biosurveillance des populations exposées, conformément au plan interministériel sur les PFAS publié en avril 2024. Un plan qui recommande explicitement de suivre les populations « particulièrement exposées ».

    Parmi eux, Laurent Emorine, ancien directeur de recherche au CNRS, installé près de Salindres, alerte depuis plusieurs années sur les risques sanitaires. « Le problème des PFAS, c’est qu’une fois qu’ils sont rentrés dans le corps, ils vont rester un certain temps, parfois plusieurs années », explique-t-il. Les effets potentiels sont nombreux : troubles thyroïdiens, atteintes hépatiques, cancers, impacts sur le développement embryonnaire. La situation locale inquiète d’autant plus que le TFA est encore très peu étudié. « Beaucoup de travaux scientifiques montrent que le TFA les mêmes effets sur la santé que d’autres PFAS », insiste Laurent Emorine, qui plaide pour une interdiction progressive de ces substances. Faute de réponse des autorités, les signataires ont décidé d’élargir la diffusion de leur appel aux élus locaux, aux communes, aux députés.

  • À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    À l’hôpital d’Aubagne, le dialogue social se fige comme la glace

    « C’est un plan social », lâche Christel Migliaccio, secrétaire générale de la CFDT à Edmond-Garcin. Après avoir découvert le 19 janvier que la direction de l’hôpital, qui emploie 800 agents, avait signé un « contrat d’efficience » avec l’Agence régionale de santé Paca, les syndicats se sont vus adresser par la direction « un nouveau contrat pour avis ».

    L’intersyndicale (CFDT, Unsa, FAFHP, FO, CGT) y a découvert que l’ARS s’engage à verser 3 millions d’euros d’aides en exploitation par an entre 2026 et 2030. En contrepartie, « l’hôpital doit faire un gain de 11 millions d’euros, dont 70% de dépenses en moins, et 30% de gain d’activité », cite Rachide Hadjali (FO) « Déjà, il est paradoxal d’augmenter l’activité, en faisant des économies sur le personnel », observe Christel Migliaccio. « D’autant plus que pas mal de services sont déjà en souffrance », assure Houria (CFDT). L’intersyndicale n’accepte pas de donner un avis sur un document qui ne détaille pas quelles seront les répercussions concrètes de ces économies à faire « sur les effectifs, les organisations de travail et conditions de travail ». Le rapport avance notamment la suppression de 54 équivalents temps plein. Sollicitée mardi, la direction a répondu : « Ce chiffre ne correspond pas à la réalité. Il est exact qu’un effort est attendu sur les dépenses de personnel, qui représentent plus de 60% des charges de l’établissement. Toutefois, il s’agit d’un objectif financier et non d’un nombre cible de suppressions de postes. Cet effort pourra se traduire par des réorganisations de travail, la limitation de certains remplacements, une meilleure maîtrise des heures supplémentaires, une optimisation des organisations existantes. »

  • Le centre dentaire Santéa autorisé à rouvrir

    Le centre dentaire Santéa autorisé à rouvrir

    La suspension totale de l’activité du centre de santé dentaire Santéa à Avignon a été levée par l’Agence régionale de santé (ARS) de Paca ce jeudi 22 janvier, après plus de trois mois d’arrêt.

    Dans l’arrêté portant sur cette réouverture, l’ARS estime qu’après une visite de contrôle effectuée le mardi 23 décembre dernier dans l’établissement par deux inspecteurs de santé publique et de l’action sanitaire et sociale, et des documents complémentaires fournis le 31 décembre, « les divers manquements portant atteinte à la qualité et à la sécurité des patients ont totalement cessé ». La suspension avait été maintenue une première fois le 17 novembre dernier par le directeur général de l’ARS Paca.

    Une décision qui peut faire l’objet d’un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de sa notification.

    Graves manquements

    La fermeture du site faisait suite à une inspection menée le 23 septembre dernier par des agents de l’ARS. Dans l’arrêté publié alors par l’organisme de santé, on faisait état d’une « absence de respect des règles de bonnes pratiques de stérilisation des dispositifs médicaux critiques et semi-critiques », ainsi que d’une « absence de respect des règles d’hygiène élémentaires lors des soins dentaires ». Dans le détail, étaient évoqués des porte-instruments rotatifs « susceptibles d’engendrer des contaminations croisées entre deux patients », l’absence « de preuve de maintenance interne et externe des équipements de la salle de stérilisation » et une « salle de stérilisation inadaptée à l’activité de préparation des dispositifs stériles du fait de sa configuration et de ses équipements ». Ce qui expose la patientèle à « un risque de contamination bactérienne et virale (VHC, VHB, VIH) ».