Tag: ARS

  • Syndicalistes et élus veulent encore plus pour l’hôpital

    Syndicalistes et élus veulent encore plus pour l’hôpital

    L’hôpital va mal et ceux qui le font vivre aussi », dénonce Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital de Martigues à la table ronde organisée par l’union locale jeudi soir. Le plan immobilier de 60 millions d’euros bouclé par l’Agence régionale de santé (ARS) et l’établissement mercredi matin (voir notre édition du jeudi 22) ne suffit pas aux syndicalistes, associations et élus regroupés depuis 3 ans dans la campagne pour le renforcement de l’hôpital.

    Car ce projet immobilier s’accompagne d’un plan d’efficience budgétaire. Laure Privat affirme que ce plan est synonyme de « 90 postes en moins à horizon 2030 », contrairement à ce qu’affirmait le directeur de l’établissement mercredi en parlant de « mettre en perspective » les personnels avec l’agrandissement du bâti. « Ils justifient ce plan d’efficience sur 10 ans par le retour à l’équilibre budgétaire pour permettre le projet immobilier de se faire », détaille Nathan, infirmier délégué du personnel CGT et représentant au conseil de surveillance de l’hôpital.

    Un avis majoritaire

    Manifestement, le plan ne fait pas l’unanimité au-delà de la CGT. « Pour la première fois le conseil de surveillance a émis un avis défavorable à majorité » sur le plan d’efficience d’après le délégué du personnel, en plus des « réserves de la commission médicale d’établissement » composée des médecins. « Ça prouve l’éveil des consciences quand 90 personnes vont être mises au chômage », conclut-il.

    C’est aussi en ce sens que Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues parle d’une « bonne nouvelle » quant au projet immobilier, mais « qui incite à ne pas lâcher le combat » quand « la mutation du territoire va augmenter les besoins », avec 170 000 habitants dans l’aire de l’hôpital. « On va ouvrir dès demain d’autres sujets avec l’ARS car la cardiologie est en train de mourir à l’hôpital », tance l’édile, de même à propos « des souffrances dans les Ehpad de notre territoire ».

    Pour Laure Privat, la solution est simple : « On revendique 90 postes statutaires, pas précaires, et 170 millions d’euros d’investissement. C’est ensemble avec les travailleurs, les usagers et la population qu’on imposera nos conditions. »

  • L’hôpital de Martigues va s’agrandir d’un nouveau bâtiment d’ici 2032

    L’hôpital de Martigues va s’agrandir d’un nouveau bâtiment d’ici 2032

    L’hôpital de Martigues va grandement se transformer d’ici à 2032. Mercredi matin à l’hôpital, l’Agence régionale de santé (ARS), Région, Métropole et Ville de Martigues ont exposé le projet immobilier décidé pour le Centre hospitalier de Martigues, s’étalant jusqu’en 2032.

    Le projet consiste principalement en la reconstruction et l’extension des urgences et d’un nouveau pôle médicotechnique, soit presque 6 800m² neufs sur trois niveaux et 3 000m² remodelés. « Nous allons restructurer l’hôpital autour du bloc opératoire », explique le directeur Loïc Mondoloni, qui comprendra six salles de chirurgie et deux d’endoscopies. L’unité de chirurgie ambulatoire y sera accolée pour faciliter l’accès aux patients, de même que la maternité.

    L’autre gros versant du projet est celui « des urgences sous-dimensionnées » d’après le directeur, qui illustre le problème par « l’attente sur des brancards » et « le manque d’intimité » avec près de 52 000 passages aux urgences par an, dans un service conçu pour 35 000. Le projet prévoit le quasi doublement de cette capacité pour la porter à 60 000 passages par an.

    L’enjeu est aussi à « la mise aux normes en termes de soins critiques », selon le directeur, passant de 12 à 16 lits pour « être au rendez-vous d’une zone d’activité industrielle avec des risques ». Cette facette est la résultante de la sollicitation des élus durant l’étude du projet pour « intégrer les 10 000 salariés et familles envisagés au projet, qui aurait rendu l’aménagement initial sous-dimensionné dès 2035 », détaille Loïc Mondoloni.

    60 millions d’euros

    Ce projet est financé à 55% par l’État dans le cadre du Ségur de la santé de 2021, soit 32,3 millions d’euros pour un total de 60 millions. « Normalement, nous finançons entre 30 et 40% », retrace Yann Bubien, directeur de l’ARS Paca. « Nous avons fait un effort supplémentaire car le projet est nécessaire pour la population de Martigues et de l’ouest de l’étang de Berre », abonde l’administrateur, insistant sur « le financement important des collectivités territoriales pour la santé, ce qui est rare ». À raison de 4 millions d’euros par la Métropole, 2 millions de la Région et 500 000 euros de la Ville de Martigues.

    « Ce projet nous tient à cœur », souligne Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues. « Nous avons besoin de notre hôpital public, structurant pour le territoire de tout l’ouest du département. Avec plus d’une dizaine d’usines Seveso, notre équipement doit posséder tout ce qu’il faut sur le plan immobilier financier matériel et surtout les femmes et les hommes qui le font vivre. »

    Le directeur de l’hôpital indique à ce propos que « le redimensionnement à la hausse des urgences et de la chirurgie », implique de « mettre en perspective les personnels », particulièrement en soins critiques, un « secteur normé » où augmenter les lits oblige à faire de même pour les agents. « Le projet a été validé à l’unanimité par les partenaires sociaux », rappelle Loïc Mondoloni.

    Ces questions sociales seront à l’ordre du jour de la table ronde organisée par l’Union locale CGT et le syndicat de l’hôpital, en présence de Gaby Charroux, jeudi 22 janvier à 18h en la salle Raoul Duffy (espace Simone Veil).

  • Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Chez Perrier, dans la tourmente depuis 2024, l’accalmie aura été de courte durée. Deux semaines après la décision de justice qui, suite à un recours en référé de l’UFC que choisir, autorisait le 18 novembre la filiale de Nestlé Waters à continuer à commercialiser son eau en bouteille sous l’appellation « eau minérale naturelle », une nouvelle bombe assomme l’entreprise historique de Vergèze.

    Mercredi 3 décembre, la cellule investigation de Radio France a révélé que de nouvelles contaminations ont récemment perturbé le site gardois. Lequel attend toujours fébrilement la décision du préfet du Gard qui doit décider si Perrier peut encore afficher son label d’eau minérale naturelle.

    Selon l’enquête de nos confrères, l’exploitation des deux derniers puits du site de Vergèze aurait été suspendue par la direction plusieurs jours entre le 23 et le 28 novembre. Près de 4 millions de bouteilles seraient ainsi bloquées. En cause, la découverte de deux nouvelles sources de pollution bactérienne. Interrogée, Nestlé Waters confirme avoir détecté « une anomalie » lors d’une analyse du premier puits arrêté « dans l’attente d’analyses complémentaires ». Concernant le second forage, il s’agirait d’un simple souci technique lié à une « panne de courant ». La multinationale continue à affirmer que « les eaux de Perrier peuvent être bues en toute sécurité ».

    Pourtant, les signaux d’alerte qui créent du doute se multiplient ces derniers mois. En 2024, Nestlé avait dû détruire 3 millions de bouteilles contaminées par des bactéries à base de germes fécaux. En mai 2025, un rapport sénatorial évoquant de nombreuses « défaillances » recensées depuis 2020 avait conduit la préfecture du Gard à contraindre la firme de changer ses microfiltres non réglementaires à 0,2 micron destinés à filtrer les bactéries. En 6 mois, pas moins de 27 incidents de non conformité – dont certains restent en cours d’analyse – en lien avec la présence de pollutions bactériologiques auraient été signalés.

    Quelle décision du préfet ?

    Ce nouveau couac intervient au moment où Didier Jaffre, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, est censé remettre au préfet son rapport. Lequel pourrait être « favorable sous réserves », selon Radio France. Cette révélation peut-elle changer la donne ? Dans tous les cas, ce sera au préfet du Gard, Jérôme Bonet, de trancher d’ici la fin de l’année. Le principe de précaution prévaut-il ? Des solutions techniques peuvent-elles encore être trouvées par l’exploitant pour garantir au consommateur une eau de Perrier de la qualité qui, par le passé, a fait sa renommée ? Ce qui est sûr, c’est que dans le Gard, plus d’un millier d’emplois sont en jeu.

  • Les médecins solidaires débarquent dans le Gard

    Les médecins solidaires débarquent dans le Gard

    Depuis le mois d’octobre, des médecins volontaires assurent des consultations dans des zones des Hautes-Pyrénées, du Gers, du Tarn-et-Garonne et de l’Hérault où l’accès aux soins laisse à désirer.

    Baptisé « médecins solidaires », ce dispositif porté par l’Agence régionale de santé (ARS) s’inscrit dans le cadre du Pacte de lutte contre les déserts médicaux, « en complément de leviers déjà existants comme les aides à l’installation ou l’appui à l’exercice coordonné (maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé) proposés aux professionnels de santé », indique Céline Saintin, responsable du pôle soins primaires à la direction du premier recours de l’ARS. « Ce dispositif vise un besoin d’urgence pour les populations de 28 zones prioritaires identifiées en Occitanie, qui attendent un médecin », poursuit-elle. « On essaie d’anticiper l’augmentation de la demande de soins et le départ à la retraite des généralistes. D’où cette action forte, dont l’organisation sera adaptée au fil de l’évolution des besoins », détaille la représentante de l’ARS.

    Les médecins volontaires pour intervenir ponctuellement dans ces zones prioritaires s’inscrivent sur une plateforme nationale dédiée. « On est parti sur une base moyenne de deux jours par mois mais certains médecins viennent une semaine. Chaque journée de consultation solidaire est indemnisée forfaitairement à hauteur de 200 euros en plus des honoraires perçus pour les consultations et des mesures de remplacement sont mises en place pour garantir la continuité de l’activité habituelle du médecin volontaire », explique Céline Saintin. En amont, l’ARS travaille avec les collectivités sur l’appui logistique (locaux, équipements…) afin d’identifier des lieux de consultation qui offrent des conditions d’exercice optimales.

    Bientôt des renforts

    De leur côté, les habitants peuvent prendre rendez-vous en ligne sur le site de l’ARS, qui propose un accès direct aux plannings des consultations solidaires déjà opérationnelles*. « Ils sont également informés, une fois que toutes les formalités sont en place, via un flyer diffusé dans les pharmacies, les maisons de santé, les collectivités territoriales, etc. Cela se déroule comme une consultation médicale classique : ils viennent avec leur carte Vitale, il n’y a pas de dépassement d’honoraires », précise la représentante de l’ARS. « Depuis le lancement de ces consultations, certains patients ont trouvé un médecin traitant, le médecin volontaire pouvant le devenir », insiste-t-elle.

    « On a actuellement un vivier de 30 professionnels validés dans le cadre de la procédure », poursuit Céline Saintin. Des médecins qui viennent en priorité de la région, mais pas uniquement, le dispositif étant national. À partir de mi-novembre, des consultations solidaires seront également assurées dans le Gard, à la Maison de santé du Vigan notamment, où cinq médecins sont attendus. Deux autres se sont portés volontaires pour un renfort au centre de santé Filieris de Saint-Ambroix et au pôle de santé de Lasalle. Dans l’Hérault, le dispositif a été testé dès cet été à La Salvetat « et d’autres lieux de rendez-vous sont à venir. »

    *https://www.occitanie.ars.sante.fr/un-medecin-pres-de-chez-vous-0

  • [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    [Exclusif] L’administratrice du Clos Saint-Martin jette l’éponge

    Y a-t-il quelque chose de pourri au Clos Saint-Martin ? Pas même un mois après avoir été nommée par une décision conjointe de l’Agence régionale de santé (ARS) et du conseil d’administration pour fermer le site après les graves manquements constatés, l’administratrice provisoire de l’Ehpad géré par le groupe Entraide a décidé de rendre son tablier, estimant être entravée dans son travail par le comité de direction de l’établissement.

    Le 12 septembre dernier, les deux autorités de tutelle avaient annoncé, dans un communiqué de presse conjoint, la suspension en urgence de l’autorisation de fonctionnement de cet Ehpad, situé à Pélissanne, « pour garantir la sécurité des résidents ». Une décision prise suite à une visite inopinée, le 27 août dernier, qui avait révélé « de graves défaillances », décrivaient l’ARS et le conseil département .

    Trois décès évitables

    C’est que les alertes se multipliaient depuis longtemps déjà. Après un signalement collectif des salariés le 17 avril 2024, qui dénonçaient le harcèlement moral dont ils étaient victimes ainsi que les mauvaises conditions de prise en charge des résidents, un premier contrôle avait été mené, à la fin du mois de mai. Deux mois plus tard, les soignants alertaient de nouveau face l’absence de gouvernance et le manque de personnel. Après une nouvelle inspection, l’ARS et le conseil départemental avaient décidé, le 8 août 2024, de suspendre temporairement toute nouvelle admission « jusqu’à la mise en place d’une gouvernance et d’un effectif suffisant pour assurer la prise en charge de 80 résidents ». Des restrictions levées le 23 octobre suivant.

    Mais, le 14 août dernier, c’est la gendarmerie, cette fois, qui alerte l’ARS suite à un décès, suivie le lendemain par une « déclaration d’évènement indésirable grave liée aux soins » du directeur par intérim de l’Ehpad. Quelques jours auparavant, un autre résident était décédé après une fugue, « des circonstances mettant en cause la surveillance l’établissement ».

    L’inspection inopinée réalisée deux semaines plus tard ne pouvait que constater le nombre trop élevé de chutes graves, sans mesures correctives suffisantes dans des locaux « inadaptés, vétustes, mal entretenus, indignes ». Avec en plus un accompagnement RH défaillant, l’absence d’un trio de gouvernance avec directeur, médecin coordinateur et infirmier coordinateur, l’absence complète d’aides-soignants certaines nuits, ainsi que lors de moments clés, alors que les trois-quarts d’entre-eux ne justifiaient pas d’un diplôme… Le manque d’effectifs est tel que le jour de l’inspection, seules la moitié des personnes prévues au planning étaient présentes. De quoi pousser à bout les soignants sur place. « Une situation d’abandon des 73 résidents présents », résument l’ARS et le Département. Jusqu’au tragique. « Trois évènements conduisant à des décès potentiellement évitables avaient été déclarés depuis le début du mois de juillet », mentionnent les deux autorités. Ciblant les risques de fugue, déglutition et suicide.

    Mission à 52 500 euros HT

    De quoi justifier amplement la décision de fermer l’établissement, prise le 11 septembre dernier. L’administratrice provisoire nommée, une ancienne directrice d’Ehpad à Marseille aujourd’hui à la retraite, avait ainsi pour charge d’assurer la continuité de la prise en charge des résidents et leur transfert vers d’autres établissements. Mais, après trois semaines, elle dresse un constat d’impuissance. Dans un courrier recommandé daté du 8 octobre, elle demande à mettre fin à sa mission face à « une volonté manifeste de rétention d’information de la part du gestionnaire ». Et de déplorer le manque de coopération des équipes, en particulier du comité de direction, pour obtenir les dossiers médicaux nécessaires au transfert des résidents. Jusqu’au refus de lui mettre à sa disposition un bureau « décent ».

    Sollicitée par La Marseillaise, l’ARS se borne à confirmer le souhait de l’administratrice provisoire de « se retirer de cette mission », indiquant qu’un nouvel administrateur a été nommé, « qui prend ces fonctions ce jour ». Selon nos informations, c’est au cabinet Philogeris investissements conseils, un gestionnaire d’Ehpad, qu’échoie aujourd’hui cette tâche. Moyennant une indemnité de quelque 52 500 euros hors taxe, sans compter les frais pour toute la mission. « L’entité juridique gestionnaire de l’établissement ne peut interférer dans les fonctions de l’administrateur provisoire, ni entraver sa mission », avertissent d’ores et déjà ARS et Département, auxquels il devra rendre des comptes tous les 15 jours. L’Ehpad devra également prendre en charge une assurance pour couvrir les conséquences financières de sa responsabilité.

    « Pour assurer une prise en charge digne des résidents, un nouveau directeur et un infirmier diplômé d’État coordinateur viennent d’être recrutés », annonce aussi le conseil départemental, indiquant qu’il reste à ce jour 64 résidents au sein de l’Ehpad. Soit seulement neuf transferts depuis la fermeture décrétée. Quand au reclassement des salariés, « cela relève des compétences de l’association ».

    Contactés, ni le groupe Entraide, ni l’Ehpad du Clos Saint-Martin, n’ont donné suite.

  • Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Officiellement, la décision de l’Agence régionale de santé (ARS) n’est pas encore tombée, mais dans les couloirs de l’hôpital d’Avignon, il semble bien acquis que Pierre Pinzelli poursuive sa mission de directeur. « Votre sollicitation est trop précoce, la décision ne pourra être prise que pour la toute fin de cette année ou le début de l’année prochaine, la période des vœux sera sans doute plus adaptée pour évoquer cette décision », nous répond l’intéressé, âgé de 61 ans, en poste depuis janvier 2022 et dont le mandat de 4 ans s’achève à la fin de l’année. Selon les informations de La Marseillaise, sa demande de renouvellement pour un second et dernier mandat est en cours de validation.

    Si pour des ouvertures de postes avec candidatures – comme cela vient d’être le cas avec l’arrivée prochaine d’un directeur à l’hôpital d’Orange –, le processus relève du centre national de gestion [organisme qui gère les carrières de directeurs d’hôpitaux], dans le cadre d’un renouvellement, seule une décision de l’ARS suffit. « On a donné un avis très favorable, le directeur est renouvelé », ne fait pas mystère Loïc Souriau, directeur de l’ARS de Vaucluse. « En attendant, je poursuis mon action avec la grande détermination qui me caractérise et qui anime mon quotidien depuis toujours, préfère temporiser Pierre Pinzelli. En ma qualité de directeur d’hôpital depuis de nombreuses années, je suis avant tout au service de l’hôpital public. »

    S’il a le soutien de l’autorité de tutelle, le directeur est loin de faire consensus. « Quel patron fait l’unanimité ? Je n’ai pas encore trouvé », répond Loïc Souriau. En juin, l’ARS a pourtant été destinataire d’un courrier d’alerte de la commission médicale d’établissement (CME), instance représentant le personnel médical de l’hôpital. Les chefs de pôle dénonçaient notamment une manière de diriger « contre-productive qui conduit à un point de rupture en raison du manque d’objectivité et de l’entêtement » du directeur. Ce dernier, répondait alors à Ici Vaucluse, qu’il n’y avait pas de « crise », jugeant même la lettre « accessoire ». « Certains signataires sont très remontés depuis qu’ils savent que le directeur reste », nous confie une salariée de l’hôpital, désabusée par le management de Pierre Pinzelli.

    Cécile Helle reste silencieuse

    À noter qu’une nouvelle CME sera élue le mois prochain. Sollicitée, Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon et présidente du conseil d’administration, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce renouvellement. Alors que beaucoup, syndicats en tête comme la CGT, aimeraient que la maire pousse pour un départ du directeur. Son avis n’est toutefois pas décisionnaire.

    Tout le monde a encore en mémoire les révélations, en mars, du Canard enchaîné (notre édition du 27 mars) accusant le directeur de favoritisme après les embauches de sa compagne, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet. Des faits que Pierre Pinzelli réfutait en bloc. À la tête d’un hôpital de plus de 3 300 agents et près de 1 000 lits, le directeur concentre aussi un large pouvoir dans la santé publique du département, en gérant aussi l’hôpital de Cavaillon et, par intérim depuis deux ans, celui de Carpentras. Il préside également le groupement hospitalier de territoire de Vaucluse.

    Si au cours de son mandat, un vaste projet de modernisation (156 millions d’euros) a été acté, l’hôpital a perdu sa certification, début 2024, délivrée par la Haute autorité de santé (HAS). Une décision inédite qui, si elle n’empêche pas le centre hospitalier de fonctionner, fait désordre. La HAS doit d’ailleurs revenir en mai 2026 pour une inspection. Il y a trois ans le directeur a aussi mis fin à la gratuité du parking de l’hôpital – une proposition de loi devrait être étudiée fin novembre contre le principe de stationnement payant à l’hôpital public – et a connu, en novembre dernier, un mouvement de grève de 20 jours au bloc opératoire.

  • Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Les débuts « timides » des médecins volontaires

    Ausculter dans un désert médical reste encore une donnée rare en Vaucluse, malgré la mise en place du dispositif « Un médecin près de chez vous » (notre édition du 24-09). Il y a un mois, l’Agence régionale de santé (ARS) instaurait une mission de solidarité en incitant les praticiens libéraux à consulter dans les zones les plus tendues, moyennant une indemnité de 200 euros par jour (ou 100 euros la demi-journée). « Ces créneaux viendront compléter l’offre de soins locale et alléger la pression sur les médecins déjà installés », assure l’ARS dans un communiqué. Cinq territoires ont été retenus dans toute la région, dont trois en Vaucluse.

    Dans la région, « vingt médecins généralistes libéraux se sont d’ores et déjà engagés et des premiers patients ont pu les consulter et bénéficier ainsi du dispositif », indique l’ARS. Mais dans le détail, le Vaucluse est le moins bien loti. Car, sur les trois zones concernées – le plateau de Sault, l’enclave des Papes et Rhône-Lez-Provence (Bollène) -, un seul médecin est venu consulter la semaine dernière à Sault, sur une journée. « Il a reçu une dizaine de patients », précise à La Marseillaise Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84. Installé à Pertuis, le médecin est venu sur une journée de repos habituel. « J’ai beaucoup de travail à Pertuis, j’essuie les plâtres, mais ça se passe bien, a confié le Dr François Faure. Les gens sont contents de voir un nouveau médecin. » Mais, à date, aucun nouveau créneau de consultation n’a été ouvert par ses soins ou un autre praticien.

    Un logement gratuit proposé

    « On a d’autres médecins volontaires en cours d’inscription [dans le processus, en lien avec l’ordre des médecins et l’assurance maladie], mais ça reste timide », concède Loïc Souriau, qui « espère un engouement un peu plus important pour les semaines à venir ». Les trois cabinets médicaux identifiés sont donc à Sault (quartier Mougne), Lapalud (place Fernand-Morel) et Valréas (cours Tivoli). L’ARS relance « un appel au volontariat auprès des médecins généralistes libéraux de la région pour renforcer cette initiative de solidarité territoriale ».

    Ce démarrage poussif, Loïc Souriau l’explique par « la nouveauté ». « On met tout en œuvre pour vraiment apporter des conditions d’accueil, de confort, il y a tout le matériel nécessaire à disposition dans les cabinets, la commune de Lapalud propose un logement gratuit pour un médecin qui souhaiterait venir plusieurs jours », développe le directeur de l’ARS 84. Bien qu’expérimental, le dispositif n’a pas de durée limitée pour l’heure. En Vaucluse, 44% des médecins devraient être à la retraite dans moins de 4 ans.

  • La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    La justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    Apt : la justice rejette deux recours contre la fermeture du bloc

    « Ce n’est pas perdu, mais ce n’est pas gagné », résume, déçu, mais pas résigné, le collectif Apt à faire bloc à la lecture de la décision de justice rendue le 14 octobre par le tribunal administratif de Marseille. La justice vient de rejeter deux recours qui visaient à suspendre la décision, prise en juin, par l’Agence régionale de santé (ARS) de fermer le service de chirurgie et endoscopie du centre hospitalier d’Apt. Un choix contre lequel est vent debout l’ensemble de la population, élus de tous bords et personnels médical ou non de l’hôpital.

    Les deux recours sont des référés suspensions, qui se prononcent sur l’urgence de la situation et permettent d’avoir une première décision rapide, quand le recours sur le fond n’est étudié que dans de lointains délais, incompatibles ici avec la décision de l’ARS prenant effet au 31 décembre. La municipalité d’Apt, ainsi que le comité des usagers pour le soutien et la défense de l’hôpital, avaient donc saisi la justice au début du mois. En vain, pour le moment. Dans l’ordonnance concernant le référé du comité des usagers, consultée par La Marseillaise, la juge motive sa décision en estimant que le requérant « n’apporte aucun élément permettant d’établir que les risques [pour la santé des patients, Ndlr] seraient avérés et que les autres établissements autorisés à exercer la chirurgie ne seraient pas en capacité de prendre en charge l’ensemble des patients ».

    En outre, la justice, conteste « la notion d’urgence caractérisée » en se fondant sur des données (activité, part d’Aptésiens se faisant déjà opérer ailleurs…) issues d’un communiqué de presse de l’ARS de juin dernier… « Des chiffres erronés », soupire Dominique Thévenieau, président du comité des usagers, conforté par l’équipe médicale du centre hospitalier qui, tableaux de rapports d’activité de l’hôpital, dément les calculs de l’ARS.

    Une action devant l’ARS le 6 novembre

    Pas question de se laisser abattre, le président réfléchissait à déposer un nouveau recours et fonde des espoirs sur un second référé de la Ville, déposé cette fois à Nîmes, portant « sur la rupture du groupement de coopération sanitaire qui est en cours ». Côté syndicat aussi, un recours en urgence est à l’étude. « Rien n’est encore ficelé, mais on étudie un autre angle d’attaque [que ceux rejetés] », confie Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT de Vaucluse, qui porte aussi un recours sur le fond « sur la mise en danger de la population avec 15 témoignages qui disent que sans ce service, ils seraient morts ou gravement handicapés ».

    En attendant, la mobilisation se poursuit. Après une manifestation le 9 octobre dernier à Apt, cette fois, une grande action aura lieu le 6 novembre (15h30) à Avignon, devant le siège de l’ARS.

  • La tuberculose refait surface dans les écoles de Nîmes

    La tuberculose refait surface dans les écoles de Nîmes

    L’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confirmé plusieurs cas de tuberculose dans deux établissements d’enseignement de Nîmes : le lycée et l’institut supérieur d’Alzon. Ces cas, sans lien entre eux, ont conduit à la mise en place d’un dépistage préventif d’envergure, coordonné par le Centre de lutte antituberculeuse (Clat) du CHU de Nîmes.

    Le premier cas a été diagnostiqué en juin 2025 chez un étudiant du supérieur. Trois autres cas ont ensuite été détectés, dont deux formes contagieuses. Fin septembre, un nouveau cas a été identifié chez un lycéen, cette fois sans lien avec les premiers. L’origine serait « importée », à la suite de voyages dans des zones où la maladie reste endémique.

    « La maladie n’a jamais disparu »

    Pour prévenir toute propagation, plus de 1 000 personnes (élèves, enseignants et personnels) vont être dépistées dans les prochains jours directement au sein des établissements. Radiographies et tests sanguins seront proposés. « Les établissements ont déployé toutes les mesures nécessaires », assure l’ARS, tandis que la direction d’Alzon salue « la grande efficacité du CHU ».

    Pour la docteure Myriam Chiaruzzi, du Clat du CHU de Nîmes, ces cas rappellent que la tuberculose, « loin d’être éradiquée, circule encore  ». La maladie, transmise par voie aérienne lorsqu’une personne infectée tousse, « nécessite des contacts prolongés pour être contagieuse ». Les symptômes peuvent passer inaperçus : toux persistante, fatigue, perte d’appétit ou sueurs nocturnes. Malgré sa réputation inquiétante, la tuberculose reste aujourd’hui bien maîtrisée. « On en meurt très rarement en France, à condition qu’elle soit diagnostiquée à temps et correctement traitée », souligne la médecin.