Tag: Arles

  • Une fête très politique à la ferrade du PCF

    Une fête très politique à la ferrade du PCF

    « Je crois que le débat avec un oncologue et un syndicaliste de la sécu est vraiment d’actualité. » Le secrétaire de la section du PCF de Port-Saint-Louis-du-Rhône Gaël Zaafour exulte à l’approche de la traditionnelle ferrade organisée avec les communistes d’Arles.

    Car au menu de ce samedi 30 mai ne figure pas que la gardiane de taureau. Le débat de 15h annoncé par le responsable Saint-Louisien portera sur l’accès aux soins, les déserts médicaux et la sécurité sociale, avec le secrétaire général CGT de la CPAM et Anthony Gonçalves, oncologue et adjoint (PCF) au maire de Marseille en charge de la santé. « Ce sont deux points d’attaque du capital : tuer la sécu et imposer le libéralisme dans la santé et le médicament », juge Gaël Zaafour.

    Solidarité internationale et associative

    La solidarité internationale est aussi à l’honneur. « Nous allons symboliquement remettre un chèque à Cubacoopération », indique Jean-Frédéric Déjean, du PCF Arlésien, en même temps que sera rappelé le soutien à la Palestine et au peuple cubain.

    Plusieurs stands d’associations du territoire seront présents, dont Femmes solidaires, Osez le féminisme, la Ligue des droits de l’Homme, l’Union des familles laïques, le Secours populaire français ainsi que celui de La cuvée de camarades.

    En pleine période de congrès, les deux communistes s’accordent sur l’enjeu d’un parti uni. « Le monde n’a jamais eu autant besoin d’un parti communiste fort. À nous de nous unir plus que jamais pour rester combatifs », estime Gaël Zaafour du PCF Saint-louisien. « Les communistes doivent chercher les moyens d’être les plus utiles pour tourner la page du macronisme », complète Jean-Frédéric Déjean, du PCF d’Arles.

    Rendez-vous samedi 30 mai à partir de 10h à la Manade des Chanoines, située au 796 RD 113A, à Arles. Le marquage des veaux est prévu à 11h, les prises de parole politiques à 12h et les vachettes seront dans les arènes à 15h30 après le débat.

  • La CGT se penche sur la situation sociale à Transdev

    La CGT se penche sur la situation sociale à Transdev

    La CGT Transports urbains d’Arles tire la sonnette d’alarme. Ce mercredi 20 mai, le syndicat a organisé un rassemblement sur le parking du dépôt Transdev, délégataire de service public de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Le but : se rapprocher des salariés pour prendre le pouls de la situation sociale, que Patrick Rispal, délégué national du transport urbain, qualifie de « délétère » face aux chiffres de l’absentéisme qui aurait avoisiné les 30%. « Ce n’est pas normal, il y a une raison à ça. »

    Samir Bentayeb, délégué syndical arlésien, explique : « Lors des réunions, la direction nous dit qu’elle va traquer les faux malades, mais nous, on n’est pas médecins pour savoir si les travailleurs sont malades ou pas. On veut bien essayer d’améliorer la situation, mais en aucun cas, on veut une pression. »

    La CGT dénonce également des licenciements abusifs. « Il y en a eu huit en un an, c’est leur manière de faire baisser l’absentéisme », qui serait depuis redescendu à 22%. Le délégué du personnel Ali Ben Midoune s’agace : « C’est pas rassurant, c’est pas des conditions de travail sereines, c’est là que les gens vont se mettre en arrêt. »

    En pleine négociation annuelle obligatoire, le syndicat demande aussi des hausses de salaire. « Ils nous donnent rien, pas même une revalorisation du salaire de base, alors que le Smic augmente en juin, sous prétexte qu’on est en déficit », déplore Samir Bentayeb. La CGT a distribué un questionnaire anonyme aux salariés. « Ça va suivre son cours et on va envoyer les résultats au délégué national », affirme l’élu. Patrick Rispal assure : « Comme c’est le groupe Transdev, on va alerter au niveau national et local et rester attentif au respect du dialogue social. »

  • Trois Provençaux en piste aux qualifs de Roland-Garros

    Trois Provençaux en piste aux qualifs de Roland-Garros

    C’est l’histoire d’un Arlésien, d’un Aixois et d’un Toulonnais qui rêvent depuis leur plus jeune âge de participer à Roland-Garros.

    Clément Chidekh (24 ans, 177e mondial), Sascha Gueymard-Wayenburg (22 ans, 265e) et Sean Cuenin (22 ans, 381e) vont tenter dès lundi d’accéder au tableau principal du Grand Chelem français. Pour cela, ils devront remporter trois matches consécutifs pour obtenir le précieux ticket qualificatif pour la semaine suivante. « D’habitude, je n’aborde pas un tournoi différemment d’un autre. Mais en termes de plaisir, c’est sûr que Roland-Garros est un événement à part, surtout quand on est Français », souligne Chidekh.

    L’Arlésien, licencié au TC Marignanais, débarque à la Porte d’Auteuil dans la forme de sa vie. Il est d’ailleurs le seul des trois Provençaux en lice dans ces qualifications à avoir le classement nécessaire pour être intégré directement dans le tableau, sans avoir besoin d’une wild-card de l’organisation ou de la Fédération. « J’ai su assez tôt dans la saison que j’allais pouvoir être éligible pour les qualifs de Roland-Garros », indique l’ancien universitaire américain. Ce dernier va se présenter pour la deuxième fois de sa carrière au 1er tour des qualifications de Roland-Garros, après sa défaite à ce stade de la compétition face au Belge Zizou Bergs en 2024.

    La surprise Cuenin ?

    En prolongeant sa partie de saison sur dur avec une tournée en Asie, Clément Chidekh s’est offert une préparation écourtée sur terre battue : un petit tour au Challenger d’Aix-en-Provence pour s’échauffer, puis un court déplacement à Francavilla, en Italie, pour être en jambes. « Je ne mets pas trop de pression sur la semaine et je l’aborde comme une autre opportunité de faire progresser mon jeu », confie le nouveau protégé de Julien Gillet, dans une académie à la Grande-Motte. Contrairement à l’Arlésien, Sascha Gueymard-Wayenburg et Sean Cuenin ont, eux, décidé de se consacrer plus longuement à leur préparation sur la surface lente.

    Depuis le mois de mars, les deux pépites de la génération 2003-2004 écument les Challenger aux quatre coins du monde pour trouver leurs marques. Si l’Aixois est plus habitué du circuit secondaire, le Toulonnais, lui, n’a connu qu’une seule victoire. Mais entre-temps, Cuenin a remporté deux titres en M25 à Marrakech et à Santiago. Deux belles performances qui récompensent les efforts qu’il a produits sur terre battue, notamment en 2025 où il est monté en puissance avec trois titres et un bilan de 32 victoires pour 9 défaites. Une progression de près de 150 places au classement ATP qui n’a pas échappé au radar de la Fédération et de l’organisation de Roland-Garros.

    De son côté, Sascha Gueymard-Wayenburg a eu un peu plus de réussite sur le circuit Challenger : une demi-finale à Split en Croatie, puis une sortie de qualification chez lui, à Aix-en-Provence, où il a bataillé au premier tour face à Roberto Bautista Agut, grand spécialiste de la terre battue.

    Tirage des qualifications :

    C. Chidekh vs J. Schwaerzler (AUT)

    S. Gueymard-Wayenburg vs B. Gojo (CRO)

    S. Cuenin vs H. Dellien (BOL, 21)

  • Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Ligne THT : l’État accélère malgré les oppositions

    Les opposants au projet s’indignent d’un passage en force. Le 13 mai, l’État a annoncé avoir engagé l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP), déposée par le gestionnaire du transport d’électricité RTE le 3 avril, relative au projet de ligne aérienne très haute tension de 400 000 volts entre Fos-sur-Mer et Jonquières-Saint-Vincent (Gard).

    « La situation géopolitique souligne plus que jamais la nécessité d’accélérer l’électrification de nos usages pour mettre fin, à terme, aux dépendances de notre pays aux énergies fossiles importées », justifie le ministère chargé de l’Énergie, qui appuie sur « l’importance stratégique de cette infrastructure pour l’avenir et la résilience énergétique de la zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos – étang de Berre ». Les pouvoirs publics et les industriels y projettent de 16,9 à 19,9 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030. Avec, à la clé, la création potentielle de 10 000 emplois.

    « Décision descendante »

    Cette instruction marque une nouvelle étape décisive pour ce projet, pourtant largement décrié lors de la concertation publique préalable qui s’était déroulée du 12 février au 7 avril 2024. Si l’État affirme rester attentif à l’organisation du dialogue local avec la nomination de deux tiers facilitateurs d’ici fin mai, les opposants s’insurgent d’un choix politique brutal.

    Le Collectif THT 13/30, qui rassemble 36 associations, dénonce une décision « unilatérale » qui « confirme une orientation politique déjà arrêtée depuis plusieurs mois, au détriment d’un examen réellement objectif solutions alternatives ». Pour rappel, il avait présenté une option enterrée de 2GW continu passant sur les bords du Rhône puis sur les digues, sur des terrains exclusivement publics. Cette possibilité, plus coûteuse et moins rapide à mettre en œuvre que le projet porté par RTE (estimé à 300 millions d’euros lors de la concertation préalable), n’a « jamais été sérieusement écartée par des arguments techniques probants ». Pour le porte-parole du collectif Jean-Laurent Lucchesi, le délai est « un faux argument. Les délais industriels passent, les seuls qui sont prêts c’est Marcegaglia. Ce sont les échéances politiques qui dictent le calendrier. »

    La maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra plaide également pour des « solutions alternatives », et déplore que des « espaces reconnus, protégés au niveau national et international » tels que le Parc naturel régional de Camargue et la Réserve naturelle des Coussouls de Crau soient « menacés par une décision descendante, technocratique et hors-sol ».

    Le Collectif THT 13/30 affirme qu’il ne « renoncera pas » et qu’il renforcera « les actions militantes ». Il assure disposer de moyens financiers suffisamment conséquents pour « poursuivre et engager les actions juridiques nécessaires ». La majorité de Saint-Martin-de-Crau va, lors du prochain conseil municipal, mettre au vote une délibération pour lui accorder une « enveloppe » en ce sens.

    « Le président de notre communauté d’agglomérations envisage de faire appel à un conseil juridique pour défendre notre territoire », précise Séverine Dellanegra. Une réunion avec l’ensemble des acteurs concernés devrait avoir lieu la semaine prochaine pour envisager la mobilisation à venir. Les élus du territoire finalisent également un courrier à l’adresse de la ministre Maud Bregeon. « On appelle tous de nos vœux la sécurisation électrique de la zone, mais pas en sacrifiant notre territoire », résume la maire de Saint-Martin-de-Crau.

  • Laurent Godin, galeriste dans Arles depuis l’été 2025

    Laurent Godin, galeriste dans Arles depuis l’été 2025

    Un souvenir qui ne s’oublie pas, raconté par Gérard Traquandi. Années 1990, cours Julien, le soir venu. Élégance et discrétion, trois silhouettes grandes et longilignes, un couple qui s’éloigne. En bout de laisse devant eux, un lévrier. Laurent Godin vient d’achever ses études aux Beaux-Arts de Lyon, il a 25 ans. La jeune femme qui l’accompagne est mannequin à Paris chez Yves Saint-Laurent. Elle s’appelle Violeta Sanchez. Les meilleurs photographes -entre autres, Helmut Newton, lors d’une image-culte du Moma- l’ont portraiturée. La seconde image-souvenir est moins intimidante. Château de Servières, boulevard Boisson, plusieurs participations au Salon Pareidolie, le stand de Laurent Godin : le savoir-vivre, les qualités d’un galeriste, principalement tenace, courtois et réservé, sont évidentes. L’an dernier, c’était la surprise d’un peintre-dessinateur issu de l’École de Photo d’Arles, Matt Frenot. Auparavant en 2019 ou 2024, on découvrait des binômes ou des accrochages collectifs, des noms à la fois branchés et confirmés de l’art d’aujourd’hui, Alain Séchas, Marc Couturier et Claude Clossky.

    Depuis ses apprentissages chez Roger Pailhas dont il fut l’assistant-régisseur à Marseille et Paris, Laurent Godin a gravi des échelons de première importance. Entre 2000 et 2005, place Bellecour à Lyon, pendant les mandats de Raymond Barre et Gérard Collomb, il dirige un centre d’art contemporain, « le Rectangle ». Parmi les moments fastes de cette institution,

    Marseille se souvient fortement d’une exposition majeure de Gérard Traquandi en janvier 2002. Les textes du catalogue étaient signés par Didier Semin et Frédéric Valabrègue, Laurent avait rédigé la préface.

    Deux alliés, Traquandi et Frédéric Pajak

    Après cette expérience menée dans le service public dont il aurait pu devenir un protagoniste confirmé, Laurent Godin fonde sa propre galerie. Une aventure longue à raconter, beaucoup plus risquée, à la fois heureuse et anxiogène, d’abord menée dans le Marais dans un espace autrefois occupé par Yvon Lambert, débute en 2005. Ensuite de 2015 à 2024, avec le handicap d’un grand éloignement par rapport au centre de Paris, ce natif de Bourg-en-Bresse dont le père issu de la CFDT fut député et maire, ouvre dans le XIIIe arrondissement un espace de 400 mètres carrés qui accueille des grands noms internationaux comme Wang Du, Ham Steinbach, Peter Buggenhout et Eugène Leroy. Cette entrée dans le marché de l’art de haut niveau aura conduit la galerie à la Fiac et chez Art- Basel, dans de grandes foires implantées à New York, Bruxelles, Genève, Monte-Carlo, Pékin et Miami.

    Voici deux étés, puisque ses résultats financiers ou bien symboliques se trouvaient confrontés avec toutes sortes de crises, Laurent Godin a transformé radicalement ses formats et ses modes d’intervention. La décroissance a de fortes vertus, son cube blanc du XIIIe arrondissement est définitivement fermé, la base de repliement qu’il partage avec son épouse Violeta se situe dans une bastide de la campagne d’Arles, ses participations à de grandes foires internationales se sont interrompues. Proche du pont de Trinquetaille, sa galerie permanente occupe à présent une superficie beaucoup plus modeste. Pour autant ses activités et son impact sont conséquents.

    En 2025 et 2026, le Festival du Dessin d’Arles accueillait des artistes souvent exposés dans sa galerie, Alain Vega et Gérard Traquandi. Mentionné plus haut chez Pareidolie, un artiste émergent, Matt Frérot vient de bénéficier d’une Résidence et du Prix de la Fondation des Oseraies, animée par Sylvie et Didier Grumbach. Laurent Godin le constate tous les jours, grâce au travail mené par des institutions anciennes ou bien récentes (le musée Réattu, les Rencontres de Photographies, l’Espace Méjan d’Actes-Sud, la Fondation Van Gogh, la Tour Luma de Maja Hoffman) Arles offre une densité de propositions rigoureusement unique : c’est à présent le meilleur endroit de nos provinces pour approfondir l’art d’aujourd’hui, les collectionneurs du monde entier qui surviennent prennent le temps de regarder et ne sont pas pressés de repartir.

    Pendant les prochaines semaines avant l’exposition d’été qui permettra de découvrir des récentes sculptures de Peter Buggenhout, une double présentation des aquarelles et dessins de Gérard Traquandi est programmée. Place de l’Hôtel de Ville, palais de l’Archevêché, Frédéric Pajak a sélectionné des moments d’affleurement, des arbres et des paysages. Près du pont de Trinquetaille, le choix s’élargit du côté de travaux et de sensations qui peuvent évoquer Cimabue et Giotto.

    Arles, Festival du Dessin jusqu’au 17 mai. Chez Laurent Godin, exposition Traquandi jusqu’au 26 juin.

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • La Vénus d’Arles, le passage d’une icône

    La Vénus d’Arles, le passage d’une icône

    Elle a l’aura des chefs-d’œuvre majeurs de la sculpture antique et cette séduction qu’exerce la Vénus de Milo ou la Victoire de Samothrace.

    La Vénus d’Arles est de retour chez elle, parmi les siens. La statue de marbre du Ier siècle avant J.-C., découverte en 1651 à deux mètres sous terre dans les ruines du théâtre antique, est arrivée par convoi exceptionnel en provenance du Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Musée du Louvre. La déesse trône depuis vendredi au Musée départemental Arles antique pour l’exposition « Le Passage de Vénus » et pourra être admirée du public jusqu’au 31 octobre.

    Les Arlésiens qui se consolaient avec une copie plâtre, avaient revu leur Vénus en 2013, en chair et en marbre du mont Hymette, pour l’exposition « Rodin la mémoire de l’antique » à l’occasion de Marseille, capitale de la culture.

    Du génie grec

    au classicisme français

    L’histoire de la Vénus d’Arles est exceptionnelle car ce trésor du Louvre, saisie révolutionnaire de 1798, est la rencontre de deux périodes : d’une part le génie grec du IVe siècle av. J.-C. puisqu’il s’agirait d’une réplique de l’« Aphrodite de Thespies », une œuvre disparue du grand sculpteur athénien Praxitèle, vers 360 av. J.-C., dont le déhanchement et le traitement fabuleux du drapé seraient la signature, d’autre part le classicisme français, puisque kidnappée par Louis XIV pour trôner à Versailles dans la Galerie des Glaces, la statue de 2,20 m a subi une douloureuse restauration entre 1683 et 1685. Le sculpteur François Girardon l’a « retravaillée » à sa façon, lui flanquant deux bras, une pomme et un miroir tout en lui rabotant les hanches afin d’entrer dans les standards de l’époque ! Cette restauration a nourri des débats et des polémiques sur cette œuvre si iconique. Est-on si sûr, d’ailleurs, qu’il s’agisse d’une Vénus ? N’est-ce pas plutôt sa réinterprétation par le sculpteur du roi Soleil avec ses bras, sa pomme qui vont en faire une Aphrodite ?

    Mais revenons à sa découverte, le 6 juin 1651, par des ouvriers qui percent une citerne dans le jardin de l’abbé Jean Brun. Le buste se trouve à l’emplacement de la scène du Théâtre antique, près des deux colonnes surnommées par les Arlésiens les deux veuves. Le buste est brisé en quatre fragments. Le bras droit, l’avant-bras gauche, la base du cou manquent. Le visage est quasi intact, sauf le bout du nez, un miracle après un millénaire sous terre. La Vénus sans bras est exposée pendant 30 ans à l’hôtel de ville, les consuls d’Arles l’ayant rachetée à l’abbé avant de devoir l’offrir à Louis XIV qui la réclame.

    Et si c’était une Diane ?

    L’archéologue et historien de l’art allemand, Adolf Furtwängler (1853-1907), l’a auscultée sous toutes ses coutures pour percer ses secrets sous les rajouts de Girardon qui a refait les bras, le nez, le cou, retravaillé le buste et les plis, complété les éclats à l’oreille gauche et sur l’épaule gauche. Après l’avoir comparée aux autres répliques romaines de statues de Praxitèle, le scientifique soutient, en 1895, qu’elle a les traits Artémis, ou Diane chasseresse, à défaut d’en avoir les attributs, l’arc et les flèches. Une petite entaille sur l’épaule droite suggère la trace d’un carquois.

    Le repositionnement des bras opéré par Girardon est un mensonge historique, selon le scientifique allemand, qui a identifié en outre un rabotage des hanches et dans le dos. La tête elle-même a été repositionnée pour donner à la statue un port plus royal et moins divin. L’helléniste Charles Picard propose que la statue semi-dénudée soit un premier élan de Praxitèle avant d’oser plus tard le nu intégral pour sa Vénus de Cnide. Diane ou Vénus, sa beauté subjugue toujours.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • Marin Karmitz, une collection pour questionner

    Marin Karmitz, une collection pour questionner

    Pour construire des jeux d’échos et des transitions dans les espaces de son exposition, échafauder ce qui ressemble à un film expérimental avec un parcours, un début et une fin, Marin Karmitz a longuement dialogué avec cet autre collectionneur qui l’a précédé en 2025 en la chapelle Sainte-Anne, Antoine de Galbert. Ce dernier, voici quelques années, programmait à Paris d’autres expositions dans un lieu aujourd’hui fermé, la Maison Rouge. Karmitz a cherché en sa compagnie des solutions à propos des éclairages et du mobilier. Pour transformer le dispositif d’ordinaire ingrat de cette chapelle, Arthur Toqué, le scénographe qui œuvrait autrefois pour la Maison Rouge, a su inventer des ouvertures et des cadrages qui servent admirablement ses intuitions et son récit.

    Liberté grande

    Une fois qu’on a compris qu’à côté de quelques dessins d’Ingres, Corot et Géricault, d’une poignée de Valloton et de gravures issues des Désastres de la Guerre de Goya, il s’agissait majoritairement de pièces créées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la liberté d’interprétation devient évidente. Ici, les dessins apparaissent sans chronologie. Ce qui prime, ce sont les jeux de connivence et les rapprochements, les écarts et les ricochets qui s’enclenchent. On ne se confronte pas aux survols d’une histoire de l’art plus ou moins officielle, les idées reçues s’effacent au profit d’un champ émotionnel. Certes, on rencontre de grands noms -Jean Fautrier, André Masson, Annette Messager, George Grosz, Otto Dix et Andy Warhol. Cependant on trouve aussi un presque inconnu comme Damien Dufresne ainsi que d’improbables graphismes et photos du cinéaste Chris Marker.

    Et la vie continue !

    Rien d’ostentatoire, pas de surlignage ni d’affichage intempestifs, point de gêne ni d’opulence. Par exemple on pressent intensément comment Alberto Giacometti pouvait s’emparer de ce qu’il apprenait au Louvre et à Rome. Dans ce parcours des choses à peine révolues, pour partie déconcertantes et décalées murmurent des rudes vérités ou bien de l’inconnu. à côté des surprises de plusieurs points culminants qui traduisent les souffrances du corps -un nu très sexualisé et très passionnel de Louise Bourgeois, le visage anxieux de Léon Spilliaert, la détresse et les cruautés qui traversent les scènes de Taddeus Kantor- l’humour et la désinvolture refont surface dans une composition d’Arnulf Rainer ou bien dans une révolte de Rist.

    Pendant l’inauguration et la visite de presse de cette exposition, Marin Karmitz est apparu comme un personnage discret, jamais totalement solitaire, vivant fortement avec ses proches, le plus souvent silencieusement, ses plus intimes convictions, les fragilités et les moments additionnels que procurent les trouvailles d’une collection. Certes, il faut de l’argent, de l’énergie et de la vigilance pour acquérir des pièces de grande qualité ; on ne fut pour autant jamais convié pour songer à la spéculation et s’extasier sur les prix atteints lors d’une vente aux enchères.

    Grand lecteur du Talmud, autrefois ami de Samuel Beckett, producteur de Godard, Chabrol, Resnais et Abbas Kiarostami, personnage multiple et contrasté, à la fois dur en affaires et généreux, capable de deals et de rupture avec Nicolas Sarkozy, Marin Karmitz est à présent un homme de 93 ans, profondément marqué par la Shoah, les exils et les guerres du XXe. On n’oublie pas les expositions de plusieurs facettes de sa collection à Strasbourg et à la Maison Rouge, « Corps à corps », sa confrontation réussie en 2023 avec les photographies du Centre Pompidou. Dans la préface de son catalogue, il évoque « la dialectique de la vie et de la mort » : « Cet arbre est prêt à se rompre, mais il tient. »

    Jusqu’au 17 mai, programme complet sur site www.festivaldessin.fr.

  • Divines beautés en dialogue au Musée départemental Arles antique

    Divines beautés en dialogue au Musée départemental Arles antique

    On lui donnerait le bon Dieu sans confession, à cette statue qui défie le temps. Une greco-classiciste qui se déhanche et présente sa pomme, gracieuse comme le marbre. De retour à bon port (voir papier ci-contre), la Vénus d’Arles devient « l’épicentre », le temps d’une exposition et de son prêt par le Louvre jusqu’au 31 octobre, du Musée départemental Arles antique. Elle aimante à coup sûr les yeux du public, venu en nombre en ce vendredi d’ouverture de l’exposition « Le passage de Vénus ». Une déesse qui semble même charmer la Vénus de Botticelli détournée en 1984 par Andy Warhol, qui laisse planer son regard enamouré sur son antique beauté.

    Métamorphoses

    Sismographe s’il en est, la Vénus d’Arles a provoqué de nombreuses secousses artistiques dans le monde des arts à travers les époques, comme l’évoque « un cortège de chefs-d’œuvre, d’antiques Aphrodites ou de plus modernes, peintes par Gustave Moreau ou photographiées par Man Ray, illustrant le prestige persistant de Vénus et les pouvoirs qu’elle continue d’incarner », indique ce parcours, dont le commissariat a été confié à Romy Wiche, directrice du Musée départemental Arles antique, Ludovic Laugier, conservateur en chef du patrimoine au département des antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre, ainsi que Jean de Loisy, directeur artistique de la Fondation Van Gogh Arles. Tout au long de ce dialogue dense entre la Vénus d’Arles et 80 œuvres « dont 33 choisies parmi les collections du Louvre », le syndrome de Stendhal est assuré.

    Aphrodite chez les Grecs, Vénus chez les Romains… Peu importe son nom, la beauté de la déesse fascine et inspire à travers tous les âges. Encore jusqu’à aujourd’hui, atteste par ailleurs une série d’œuvres disséminées dans les collections permanentes du Musée départemental Arles antique, parmi lesquelles La toilette de Venus après Velazquez sculptée en 2022 par Ali Cherri. Du culte du corps nu jusqu’à la déconstruction de certains canons de beauté, comme en font montre une Vénus de Nikki de Saint Phalle ou même une installation vidéo de Chantal Akerman. Avant que la petite ascension vers le 1er étage du Musée ne parachève le voyage des visiteurs en nous plongeant dans l’histoire de cette icône qui ne cessera jamais de nous fasciner.