Tag: Alpes

  • À Forcalquier, la biscuiterie, installée dans une ancienne forge, s’agrandit

    À Forcalquier, la biscuiterie, installée dans une ancienne forge, s’agrandit

    La biscuiterie de Forcalquier, installée dans une ancienne forge du XIXe siècle, a repris les locaux de la boulangerie mitoyenne qui a fermé ses portes il y a quelques mois. Elle a ainsi pu doubler sa surface et réorganiser l’atelier, désormais ouvert au public. Elle promet à ses visiteurs une « expérience immersive au plus près du geste de nos biscuitiers, de façon à comprendre les coulisses de la fabrication », avec l’atelier de production ouvert sur la boutique, grâce à ses grandes vitres transparentes.

    L’ancienne forge avait été transformée en biscuiterie en 2014. « On a pu développer ce savoir-faire de biscuitier qui valorise de belles filières agricoles locales, comme le dernier moulin familial à Malijai, dont toutes nos farines sont issues », explique Laure Pierrisnard, directrice générale en charge des manufactures du groupe Territoire de Provence, auquel la biscuiterie appartient.

    32 tonnes de biscuits y sont fabriquées chaque année. « Des recettes très traditionnelles issues des savoir-faire provençaux, comme les macarons de Haute-Provence, les navettes, avec une recette revisitée par Pierre Hermé, les croquants, le gibassier », détaille Laure Pierrisnard.

    « Il a fallu qu’on se batte, avec le maire de Forcalquier, pour que l’on poursuive la construction de ce bâtiment, parce qu’on était à deux doigts d’arrêter le projet en 2020 », s’est rappelé Michel Dalmasso, vice-président du conseil départemental, présent à l’inauguration.

    Xavier Pannecoucke, sous-préfet de Digne-les-Bains, a salué « l’entreprise emblématique ». Le premier adjoint au maire de Forcalquier, Gérard Vasseur, était également présent.

  • Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Un nouveau magasin alimenté par les producteurs locaux à Digne-les-Bains

    Vin de Pierrevert, compotes de Volonne, œufs de Mirabeau, miel d’Entrevennes… Le nouveau magasin de producteurs, ouvert depuis vendredi sur la zone industrielle Saint-Christophe de Digne-les-Bains, propose les produits locaux d’une soixantaine de producteurs du département. Quatorze d’entre eux se sont associés et ont investi dans la société (une SAS) pour faire naître ce projet.

    « Il est difficile de se faire une place et de trouver des endroits où vendre nos produits dans le département. J’étais obligée d’aller jusqu’à Aix, tous les marchés sont déjà pris », témoigne Alessia Anciaux Bach, éleveuse de chèvres à La Robine-sur-Galabre et présidente de la SAS Producteurs du Pays dignois, à l’origine du projet du magasin, appelé La Chèvre et le Chou. L’idée est d’ailleurs venue d’un producteur qui avait sollicité la Chambre d’agriculture, car il avait besoin d’un point de vente.

    Ici, chacun à tour de rôle, une trentaine de producteurs tiennent des permanences et travaillent dans le magasin, conseillent les clients et alimentent les rayons, deux demi-journées par mois. D’autres déposent juste leurs produits sans donner de leur temps et ont alors un taux de commission légèrement plus élevé (30% au lieu de 23%).

    Pratique et accessible

    « On a mis beaucoup de temps à trouver un local. Beaucoup étaient hors de prix, ou pas libres tout de suite. On a même fait une pause d’un mois et demi tellement on était démoralisés », se rappelle la présidente de la SAS. « On voulait que ce soit dans la zone industrielle Saint-Christophe, car on est très nombreux à être sur le marché, mais certains habitants ne peuvent pas y aller », explique-t-elle.

    « On a pas mal de producteurs dans les marchés, mais encore faut-il être disponible ! Ici, c’est plus proche de chez nous », abondent Eliane et Jean-Jacques, couple de retraités venus pour l’ouverture du magasin, contents de découvrir de nouveaux producteurs. Le magasin est facilement accessible et ouvert de 9h à 19h tous les jours, sauf le dimanche. Les travailleurs des alentours peuvent ainsi facilement y faire leurs courses sur leur pause déjeuner.

    Seuls quelques produits viennent d’autres départements voisins : des agrumes, du riz de Camargue ou encore des noix d’Isère. Dans les étalages, on trouve des fromages fourrés aux marrons, des produits de cosmétique à la lavande, des infusions de plantes locales, du safran de Provence, des fruits et légumes, des yaourts, et, à chaque fois, une photo et une présentation de l’agriculteur qui a produit les aliments proposés.

    2 avenue Gutenberg, Digne.

  • Le préfet des Hautes-Alpes accueille et oriente les nouveaux maires

    Le préfet des Hautes-Alpes accueille et oriente les nouveaux maires

    Par temps calme, tout le monde veut être capitaine, mais quand viennent les crises, c’est vers vous que se tourneront nos citoyens. » Un enseignement que le préfet, Philippe Bailbé, a tenu à partager aux édiles du département, reçus à la préfecture, ce vendredi matin. Conscient de l’ampleur parfois déroutante du mandat de maire, il a souhaité à la fois les féliciter et leur présenter les différents services départementaux avec lesquels ils coopéreront et qui seront là pour les soutenir. « Trop d’élus abandonnent en cours de mandat à cause de la fatigue, du manque d’aide. Nous pensons qu’un maire heureux fait une commune heureuse », a réaffirmé le préfet, durant son discours de bienvenue, soulignant que le maire est « à la fois représentant de l’autorité de l’État et lien de proximité essentiel ».

    Dans la salle, la soixantaine d’élus présents a assisté à un rappel de leurs différentes missions et prérogatives, ainsi que des problématiques et enjeux spécifiques du territoire. Ensuite, plusieurs représentants de l’État – de la Direction des finances publiques aux archives, en passant par la Direction des politiques publiques – sont venus présenter les dispositifs d’aide et de conseil qu’ils pourront solliciter. Un exposé bienvenu pour celles et ceux qui débutent dans leurs fonctions. « On comprend mieux l’articulation entre les pouvoirs publics et surtout leur disponibilité, a apprécié Jean-Claude Favier, tout juste élu à la tête de la commune de Ventavon (540 habitants). Et puis c’est rassurant de voir qu’ils travaillent en amont pour nous accompagner. »

    « Sur les 162 communes, il y a 58 nouveaux maires, s’est réjoui le préfet Philippe Bailbé. Il y a eu un vrai renouvellement dans les Hautes-Alpes. Nous voulions leur montrer que l’État est là pour les accompagner, en tant que partenaire, dans la réussite des Hautes-Alpes. Nous sommes une équipe et elle ne peut pas fonctionner sans lien de confiance. Et pour cela, il faut se rencontrer. » Office national de la biodiversité, gendarmerie, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)… Pour faciliter la rencontre avec les différentes institutions du territoire, huit représentants de divers services départementaux de l’État tenaient un stand de conseil à destination des maires.

    Un moment précieux

    pour les élus

    « Pour les nouveaux, il y a beaucoup de lecture », s’est amusée Elsie Nicolas, les bras chargés de la documentation distribuée aux maires. élue pour la première fois à Chabottes (964 habitants), elle s’est renseignée auprès de l’Agence nationale de cohésion des territoires. Pour les élus débutants, c’est l’occasion de nouer contact avec les institutions susceptibles de les aider à monter leurs projets. « Nous souhaitons faire rénover notre base de loisirs, en faire un lieu dédié à la jeunesse, avec un volet éducatif lié à la montagne et aux réseaux d’eau », explique-t-elle. L’agence pourrait financer le projet s’il présente des vertus pédagogiques. « Tout va très vite. On vient de prendre nos fonctions et il y a déjà un budget à voter pour fin avril… Alors, si on peut se renseigner auprès des institutions, mais aussi rencontrer d’autres maires qui ont monté des projets qui nous inspirent, c’est une très bonne occasion. »

    Rémina Salerno, élue pour la première fois à 28 ans la tête de la commune de Barcillonnette (150 habitants), est diplômée d’un master en urbanisme et aménagement. Elle était jusqu’à récemment chargée de l’action cœur de ville à Montbrison, et donc déjà bien rodée aux mécanismes de l’action municipale. Pour elle, cette rencontre a surtout permis « d’identifier les interlocuteurs, de connaître les personnes plus que les institutions », mais aussi de prendre la mesure d’un engagement nouveau. « Dans mon parcours professionnel, j’ai conseillé les élus, j’ai été des deux côtés, dans le public et dans le privé. Désormais, c’est à moi de porter une vision politique. C’est très différent et il faut que je m’approprie ce rôle. »

    Au total, sur les 162 maires élus dans le département, un tiers entame son premier mandat, d’après les chiffres de la préfecture.

  • Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Le maire de Forcalquier réélu à la tête de l’intercommunalité

    Réélu avec 23 voix sur 28, le maire de Forcalquier s’est remémoré, jeudi, sa première élection, en 2020, à la tête de la communauté de communes, lors de laquelle il avait déclaré : « Nous avons l’impérieuse nécessité de faire de cette collectivité un outil de développement du territoire, sous peine de quoi elle sera condamnée. »

    à l’époque, « si ça avait été une entreprise, elle aurait été placée en redressement judiciaire, voire pire », a-t-il affirmé. Il s’est félicité d’avoir, depuis, développé les services publics avec le centre de soins non programmé, les transports à la demande et la maison France Services, « qui se déplace maintenant dans les 13 communes ».

    Deux nouveaux vice-présidents issus du conseil municipal de Forcalquier ont fait leur entrée : Thomas Cherbakow, délégué aux finances et Marjorie Hubeau, chargée de la santé. Les trois autres restent inchangés : Christian Chiapella, Patricia Paul et Maryse Blanc.

  • Un espace ouvert à tous pour découvrir les plantes locales à Forcalquier

    Un espace ouvert à tous pour découvrir les plantes locales à Forcalquier

    Ateliers pour créer son propre parfum, formation pour les savonniers, musée consacré aux plantes locales, colloques sur l’adaptation au changement climatique… La Cité des saveurs et des senteurs de Forcalquier, lancée jeudi, est pleine de projets pour faire revivre le lieu et enfin attirer le grand public et les habitants du village. « C’était devenu un lieu élitiste, aucun habitant du village ne rentrait ici », déplore Marianne Sarrailh, la cheffe de projet. à l’inverse, « nous, ce que nous souhaitons, c’est un lieu convivial, ouvert à tous, un endroit où tout le monde vient, et mettre à disposition nos ressources », explique Patrice de Laurens, le président de l’association, également ancien directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et ancien directeur régional de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) en Région Sud.

    « Le projet qui nous anime, ce sont les plantes méditerranéennes qu’on ne trouve qu’ici, valoriser et promouvoir les savoir-faire et les ressources de notre territoire, comme la lavande, et croiser culture et agriculture », précise le président. Le musée Artemisia invite à découvrir les plantes, les huiles essentielles, les distilleries et la cosmétique, en se servant de ses cinq sens. On y apprend, par exemple, à « cueillir le thym de manière responsable », et on peut y sentir des cyprès, des pivoines ou encore de la sauge.

    Les cueilleurs mis

    en avant

    Les nouveaux responsables de la Cité ont tenu à mettre en avant, pour la première fois, les cueilleurs de la région. Pour cela, l’artiste Kristi Lunde a réalisé leurs portraits, afin de les « sublimer », les « célébrer » et enfin leur donner une place au sein du musée. Parmi eux, Kelly Colonges, habitante d’Oraison, se balade régulièrement en montagne pour cueillir et vendre des tisanes, des compléments alimentaires ou encore des produits cosmétiques. Dans le département, elle dit trouver du thym, de la sarriette ou encore du romarin. « Parfois, je vais jusque dans les Hautes-Alpes pour trouver des plantes qui ne sont pas dans le département », ajoute-t-elle. Le musée raconte cette « tradition héritée du Moyen Âge » et « l’extinction et le renouveau » de la profession de cueilleur.

    La Cité a aussi pour objectif « d’initier aux activités autour des plantes et du parfum » grâce à divers ateliers. Tachka Sofer anime l’atelier cuisine. « J’avais envie de trouver une activité où l’on fasse ensemble », explique-t-elle. Elle a notamment accueilli une classe de lycéens de filière professionnelle de Martin-Bret, qui lui ont demandé un travail sur l’alimentation pendant l’Occupation.

    La Cité va également remettre en marche sa formation pour les savonniers, en partenariat avec le lycée agricole de Carmejane. « On a déjà 60 demandes de candidats à travers toute la France », se réjouit Marianne Sarrailh. Des colloques sur l’adaptation au changement climatique sont aussi prévus. La boutique de la Cité propose déjà une diversité de produits locaux, du miel, des spiritueux ou encore des tisanes, provenant tous de « moins de 30 km d’ici », assure la cheffe de projet.

    « Quand on m’a demandé de reprendre l’association, je me suis aperçu qu’on était dans une situation assez grave », explique Patrice de Laurens, qui espère réussir à récolter des subventions du Département ou encore de la Région. « On a beaucoup travaillé sur la communication, ce qui fait qu’on a aujourd’hui des appels, des retours assez incroyables de gens qui ne connaissaient pas la structure, qui ne savaient pas tout ce qu’il était possible de faire ici. On nous demande même si on pourrait faire les ateliers parfum au Festival de Cannes ! », affirme Marianne Sarrailh.

    La Cité est située dans le magnifique couvent des Cordeliers, qu’elle loue à la commune. Elle noue des partenariats avec des entreprises comme l’Occitane, et est parrainée par Alain Baraton, jardinier en chef de Versailles, qui était présent pour le lancement jeudi.

    Site web : artemisia-museum.fr

  • [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    [Entretien] Rémi Roux : « Agir pour préserver les services publics à L’Argentière »

    La Marseillaise : Maintenant que vous êtes installés, quels sont vos principaux axes de travail ?

    Rémi Roux : La première chose sera de recréer un lien de confiance avec la communauté de communes du Pays des Écrins. Les relations n’étaient pas forcément au beau fixe avec la municipalité précédente. Travailler à ce niveau-là est la priorité pour faire avancer le projet de rénovation de la friche industrielle, qui appartient justement à la communauté de communes, et la rénovation du bâtiment de la trésorerie, dans le centre-ville, qui lui appartient également pour moitié.

    Cette rénovation vise à créer davantage de logements ?

    R.R. : Notre priorité est de faire un inventaire des logements communaux afin de savoir lesquels ont un réel besoin de rénovation. Beaucoup ne sont pas occupés à cause de leur état vétuste. Il y a un besoin urgent de s’en occuper pour pouvoir y loger des familles. Rénover la trésorerie nous donnera aussi la possibilité de créer des logements. La communauté de communes a aussi acheté à la SNCF un tènement, à côté de la gare, pour un projet immobilier qu’on voudrait faire avancer. Il y a environ 3 000m2, un bel endroit où l’on pourrait faire des logements. Enfin, il y a aussi la rénovation de la maison planche, une grande bâtisse, qui appartient en partie à la commune et où on pourrait faire du logement.

    Vous avez également cité la friche industrielle, inoccupée depuis 2012. Quelle est votre idée pour ce site ?

    R.R. : Étant donné la dépollution nécessaire du site, le fait de rechercher les financements, de rénover le bâtiment qu’on veut garder, à savoir la première centrale hydroélectrique… On est sur un projet sur dix à quinze ans, donc au-delà d’un seul mandat. Déjà, il faut donner un cap à ce projet, montrer où on veut aller. Nous, en l’occurrence, nous souhaitons y regrouper des services publics qui sont dans des installations qui ne sont plus aux normes, le centre social, la bibliothèque et la crèche. Ensuite, l’installation d’entreprises. On sait que ça ne peut pas se faire du jour au lendemain. Le plus important est de se donner un horizon de long terme, sinon, on avance au jour le jour.

    L’Argentière est également confrontée à des baisses d’heures d’enseignement et à des risques de fermeture de classe. Quelles sont vos actions sur ce sujet ?

    R.R. : Notre équipe est en ce moment en discussion pour obtenir un poste de professeur des écoles pour l’école maternelle du Plan d’Ergue, afin de rouvrir une classe de petite section, qui a fonctionné pendant des années, dès la rentrée 2026. Le poste avait été gelé, l’an dernier, et nous avons fait les démarches auprès de l’académie pour avoir également la création d’un poste d’Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) et la remise en place d’un service continu de cantine. De notre côté, nous nous engageons à pérenniser cette classe pour les deux à trois ans, dès la rentrée 2026. Cela veut dire attirer et maintenir les familles et les jeunes sur le territoire. Pour cela, il faut agir pour préserver les services publics, y compris ceux qui ne sont pas du ressort de la mairie. En ce sens, nous sommes en discussion avec La Poste pour maintenir une continuité du service et le remplacement des effectifs absents, ou encore avec le rectorat concernant la baisse des dotations horaires du collège de la commune, baisse contre laquelle les enseignants ont fait grève, ce mardi. Nous voulons que ces services publics restent en état de marche. On n’a pas toutes les cartes en main, mais on veut impulser une volonté, être une municipalité pro-active en ce sens.

    Entretien réalisé par Ange Fabre

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, ils refusent une fermeture de classe en maternelle

    « On manifeste tout de suite parce qu’une fois que la décision sera prise de fermer la classe, ils ne pourront pas revenir dessus, ce sera trop tard. C’est maintenant qu’il faut nous faire entendre », explique Céline Philip, présidente de l’APE (l’association des parents d’élèves des Mées). Les instituteurs et les parents d’élèves ont appris en fin de semaine dernière la menace de fermeture d’une classe à l’école maternelle Paul-Langevin des Mées, lors d’un groupe de travail sur la carte scolaire. La décision finale doit être prise le 10 avril.

    « On a décidé de se mobiliser parce que c’est important pour nous qu’il y ait le maintien d’une toute petite section. On est quand même une commune où on a des enfants en difficulté, des familles en difficulté aussi. Et ce dispositif permet d’intégrer l’école en douceur », souligne Elodie Buslig, membre du bureau de l’APE.

    Cette toute petite section permet d’accueillir les enfants à partir de deux ans. Le dispositif est notamment destiné aux « familles qui n’ont pas les moyens financiers de payer une crèche ou une assistante maternelle », et aux « familles qui sont à l’écart socialement, pour sociabiliser l’enfant », précise Céline Philip.

    « On nous dit d’utiliser le dispositif des moins de trois ans comme une variable d’ajustement de la carte scolaire », alors qu’il permet « d’accueillir des familles très éloignées des codes de l’école, qui ont des difficultés à avoir un mode de garde payant », déplore Agnès Wolff, déléguée syndicale FSU SNUipp 04, qui soutient la mobilisation.

    « On fusille le dispositif »

    Cet accueil « très souple » permet aux parents d’être accueillis avec leurs jeunes enfants de moins de trois ans à l’école, une heure par jour, pour une période de transition. Le temps de présence dans la classe est augmenté au fur et à mesure. « Dans des milieux défavorisés comme Les Mées, ce dispositif est vraiment important », insiste Agnès Wolff. Pourtant, « en groupe de travail, on nous dit de casser le dispositif en intégrant des enfants de petite section dedans et en accueillant moins d’enfants de toute petite section », regrette la déléguée syndicale. « Ils essayent de calmer la colère, mais dans les faits, même si c’est pas affiché, on fusille le dispositif des moins de trois ans », alerte-t-elle.

    « Nous avons immédiatement saisi la Directrice académique pour demander la reconsidération de cette décision », a annoncé la mairie des Mées dans un communiqué. « Les éléments dont nous disposons aujourd’hui ne permettent pas de conclure à une baisse durable des effectifs », estiment la mairie, les parents d’élèves et les institutrices.

    Une pétition des parents d’élèves rassemble pour l’instant plus de 350 signatures. Le rendez-vous pour le rassemblement de jeudi est fixé devant l’école Pasteur. Des agriculteurs devraient venir avec leurs tracteurs pour soutenir les manifestants et ralentir la circulation sur la route départementale afin d’alerter les passants.

    Manifestation ce jeudi à partir
    de 16h30 devant l’école Pasteur.

  • Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Les arboriculteurs face à la menace du gel tardif

    Une vague de gel tardif touche une grande partie de l’hexagone et les Hautes-Alpes ne sont pas épargnées. Les températures sont tombées à -5 C° dans certaines vallées, aux heures les plus froides. Une menace qui affecte les cultures arboricoles Hautes-Alpes, où sont produites 10% des pommes et poires du pays. « Sur les échantillons que j’ai pu visiter, pour l’instant, ce n’est pas encore catastrophique, mais j’ai déjà observé des dégâts, explique Mathilde Chabot conseillère technique en arboriculture à la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes. Il y a encore des possibilités de gel jusqu’à vendredi matin. D’ici là, les arboriculteurs ne vont pas bien dormir. »

    Face à ce risque, les cultivateurs ont plusieurs techniques : asperger les vergers pour créer une couche de glace protectrice, disposer des brûlots dans les parcelles et des éoliennes pour disperser l’air froid ou encore créer des écrans de fumée par des feux de paille. La problématique n’est pas nouvelle, mais le dérèglement climatique en accentue les effets. La hausse des températures entraîne un bourgeonnement de plus en plus prématuré, qui expose alors les bourgeons des arbres fruitiers plus tôt aux gels tardifs du printemps. « Dans certaines parcelles, le bourgeonnement a un mois d’avance par rapport à il y a 25 ans, rapporte Mathilde Chabot. À part l’an dernier, qui avait été exceptionnel, c’est devenu un problème qui revient chaque année. »

    Ce gel tardif vient aussi toucher une filière déjà fragile. « L’année dernière, le puceron a fait beaucoup de dégâts. Sa toxine empêche les arbres de fleurir l’année suivante. Donc, on démarre une saison avec un potentiel de production qui est déjà faible, déplore Éric Allard, arboriculteur sur le département. En plus, en France, on ne peut plus produire et lutter contre les maladies et les ravageurs dans des conditions satisfaisantes, avec les mêmes les moyens sanitaires que les autres pays européens. »

    Peu d’agriculteurs assurés

    Sans être d’une intensité inédite, le gel peut avoir de graves conséquences pour les arboriculteurs, dont on estime qu’une majorité n’est pas assurée. En 2023, le régime des calamités agricoles a été modifié. Avant cette date, l’État indemnisait les agriculteurs en cas de catastrophe mais depuis, une indemnisation combinée de l’État et des assurances privées a été mise en place, selon le taux de perte. L’État subventionne en partie les indemnisations des assurances, mais n’indemnise directement qu’en cas de pertes estimées à plus de 70%. « Avant, on ne sortait pas d’argent et s’il y avait du gel, l’État indemnisait. Maintenant, il n’intervient pas sur des gels de petite ou moyenne ampleur, il faut donc souscrire à une assurance, c’est quand même une somme, et il y a beaucoup d’agriculteurs qui ne le font pas, explique Camille Roland, arboriculteur en bio au Monêtier-Allemont. Je ne suis pas sûr que ce soit un cercle vertueux. Pour des gels de moyenne intensité comme en ce moment, l’État ne les indemnisera pas, c’est une vraie prise de risque. » Reste encore une paire de jours à serrer les dents, les prévisions météorologiques annoncent une remontée des températures en fin de semaine.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    « Les jeunes dans la galère, l’école publique dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas ! » L’intersyndicale de l’éducation s’est réunie devant l’entrée de la Direction départementale de l’Éducation nationale, ce mardi matin, à Gap (Hautes-Alpes). Le message était clair : la baisse de la dotation horaire globale (DHG), inscrite dans le budget adopté par le gouvernement, constitue une injustice. Au lycée d’Altitude de Briançon, cette diminution entraîne la suppression de 80 heures de cours pour l’année 2026-2027, et 95 heures au lycée Aristide-Briand, à Gap. « L’option qui permettait aux élèves de pratiquer des sports adaptés à leurs difficultés médicales va être supprimée, regrette Andrée Marques, co-secrétaire de direction du lycée de Veynes. Les classes de Sciences économiques et sociales (SES), qui avaient été doublées pour mieux accompagner et qui avait permis au lycée d’avoir les meilleurs résultats régionaux en la matière, les classes en langue divisées en petits groupes… Ces dispositifs vont être supprimés, ainsi que des cours d’option. »

    Dans les Hautes-Alpes, la situation géographique complique l’adaptation à ces suppressions d’heures. « Certains lycées peuvent essayer de répartir les cours en option à cheval avec d’autres établissements, mais nous, à Briançon, nous sommes dans un lycée de montagne, très éloigné des autres, le premier est à Embrun, à plus de 50 km », s’attriste Patrick Charlier, enseignant en filière professionnelle au lycée d’Altitude. Quant à l’argument du gouvernement, qui justifie ces baisses d’heures par le déclin démographique, il convainc peu. « Les effectifs sont stables dans le département. à Briançon, on perd 20 élèves à la rentrée, cela ne va pas bouleverser les classes », rétorque Patrick Charlier.

    Le privé encore et toujours épargné

    La colère gronde aussi contre des coups de rabot qui concernent systématiquement l’enseignement public, et pas le privé. « à Manosque, le lycée public va devoir supprimer des options alors que le lycée privé va avoir deux classes de plus à la rentrée, avec des professeurs rémunérés par le rectorat, donc par l’argent public ! Sans compter qu’il reçoit plus de 1 000 euros de dotation rectorale par élève scolarisé », rapporte Andrée Marques.

  • Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    Prix des carburants : ces travailleurs témoignent

    « Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine », Jessica Torres, Aide-soignante à l’hôpital, Martigues.

    J’habite Saint-Chamas et je vais travailler au centre hospitalier de Martigues, donc je mets entre 35 et 40 minutes. J’ai la chance de faire des journées de 12 heures, donc j’ai moins de trajets à faire que quand j’étais en 7 heures, mais je pars de chez moi à 5h45, donc c’est inenvisageable de prendre un bus. Avec la hausse du prix de l’essence, si ça vient à perdurer, ça va être compliqué. Ça me coûte déjà 20 euros de plus par semaine qu’habituellement. Ça devient une pression financière. À côté de ça, ma paie n’augmente pas. On se bat déjà pour revaloriser nos salaires et avoir de meilleures conditions de travail, si on a cette contrainte-là en plus à gérer c’est compliqué. On finit par perdre de l’argent pour aller travailler. On se demande jusque quand ça va durer et si des mesures vont être prises du côté du gouvernement ou de la direction. » Propos recueillis par Alice Magar

    « Ça va devenir catastrophique », Laurent Gigay, Infirmier libéral, Gap.

    Personnellement, je parcours 150 km tous les jours, alors avec une augmentation du carburant de 1,60 euro le litre à 2,20 euros, je passe d’environ 14 euros à 20 euros par jour. On continue à assurer nos soins comme avant, on adapte nos parcours pour faire des économies, en essayant de faire le moins de kilomètres possibles… Là c’est encore jouable, mais si le prix continue de monter ça va devenir catastrophique. Notre indemnisation, les actes médicaux-infirmiers et l’indemnité forfaitaire de déplacement, n’ont pas été revalorisés depuis 2009. On n’est pas entendus, déjà que les marins et agriculteurs, encore plus impactés, n’ont eu que des miettes, nous on n’a rien. On se sent un peu abandonnés. Ça devient inquiétant pour l’avenir, j’ai les reins solides, j’ai un cabinet et une patientèle constituée depuis plusieurs années mais pour les jeunes qui s’installent, ça peut être catastrophique. » Propos recueillis par Ange Fabre

    « On va devoir revoir nos tournées », Julia Peironet-Bremond, Infirmière libérale, La Garde (Var).

    En tant qu’infirmière libérale, je suis conventionnée. On a un forfait de 2.75€ par déplacement, qui n’est jamais revalorisé. Ça a un impact direct sur nos charges. Après le matériel, nos frais, c’est l’essence. On ne peut pas arrêter de traiter des patients du jour au lendemain. Mais d’habitude, on peut arranger quelqu’un en allant le voir selon ses contraintes horaires. Là, on va devoir revoir nos tournées, regrouper selon les zones, pour faire le même nombre de patients mais avec moins de kilomètres. Je n’allais déjà plus à certains endroits, car je ne m’y retrouvais pas. Il peut arriver qu’on se bascule des patients entre infirmiers, en fonction des zones géographiques. On va peut-être le faire encore davantage. J’ai commencé en 2010, j’avais 42% de charge. Maintenant, je suis entre 52 et 55%, sans compter la hausse du prix de l’essence. » Propos recueillis par Adam Benhammouda.

    « Là, au point où on en est, on sort de l’argent », Achraf Stifine, Marin pêcheur, Marseille.

    Étant donné le prix du gasoil, et la pêche pas assez abondante en cette saison, on est obligé de calculer. De plus la météo est mauvaise ces derniers jours. Quand le poisson est moindre, on doit aller le chercher, ça veut dire qu’on va au large, on le piste, et cela peut prendre plusieurs jours avant qu’on lui tombe dessus. Je dois caler le bateau à différents endroits, me déplacer donc consommer davantage de gasoil. Et du coup… ben on n’y va pas ! Là, au point où on en est, on sort de l’argent de notre poche. J’ai un bateau de 9 mètres avec un plein de 260 litres, il faut compter le carburant, qui est passé de 0,80 cts HT à plus d’1,30 euro, mais il y a aussi l’usure des filets, du bateau… beaucoup de choses rentrent en compte. Seule une pêche miraculeuse pourrait changer la note, sinon le client paye plus cher le poisson. J’ai pas une patientèle, alors je peux me permettre de rester chez moi. Mais pas indéfiniment… » Propos recueillis par Marie-Laure Thomas

    « Nous refusons de payer pour travailler »

    Face à l’insuffisance des mesures proposées par le gouvernement, la CGT a apporté son soutien à la pétition lancée sur change.org par une syndiquée CGT, aide à domicile, Manuela Cabot Salar qui « refuse de payer pour travailler ». Mardi soir, celle-ci avait recueilli 44 687 signatures.

    Monsieur le Premier ministre, Je suis aide à domicile. Et aujourd’hui, je n’arrive plus à m’en sortir.

    Chaque jour, je parcours des kilomètres pour aller aider des personnes qui en ont besoin. Ma voiture est indispensable à mon travail.

    Pourtant, les prix du carburant explosent… et mes indemnités kilométriques, elles, n’ont pas bougé !

    Avec un salaire en dessous du Smic chaque mois, comment faire face ?

    Et comme si cela ne suffisait pas, les factures d’électricité et de chauffage ne cessent d’augmenter. Aujourd’hui, travailler ne suffit plus à vivre dignement.

    Ça ne peut plus durer

    Je ne suis pas un cas isolé. Nous sommes des millions de travailleuses et de travailleurs à dépendre de notre véhicule pour exercer notre métier. Pendant que nous comptons chaque euro pour finir le mois, les profits des grandes entreprises pétrolières explosent !

    Cette situation est injuste. Et elle doit changer.

    Pour ça, nous demandons :

    le blocage des prix du carburant et de l’énergie

    la revalorisation des salaires

    l’augmentation immédiate des indemnités kilométriques

    Travailler ne doit pas coûter de l’argent.