Tag: Alpes

  • [C’est l’été] Observation du ciel à Château-Ville-Vieille

    [C’est l’été] Observation du ciel à Château-Ville-Vieille

    Le Fort de château Queyras ouvre ses portes pour proposer au public de découvrir le ciel à l’œil nu aux côtés de Jeff Graphy, photographe spécialisé dans les paysages nocturnes. L’occasion d’apprendre à repérer les constellations mais aussi la voie lactée.

    20 euros pour les adultes et 12 euros pour les enfants

  • [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    [C’est l’été] Sandrine Faucou, productrice de petit épeautre : « Je sais le poids de l’effort »

    « Ma famille a vécu pendant la guerre parce qu’elle avait du petit épeautre, mon père n’avait que ça à manger parce que les Allemands prélevaient tout. Mais moi aujourd’hui, j’essaie de porter la voix du petit épeautre et des produits de qualités le plus loin possible » pose en préambule Sandrine Faucou, pétillante rousse qui avoue « ne pas s’être coiffée à la sortie de la douche ce matin » quand le moment de la photo est évoqué. Elle s’était tout d’abord tournée vers des études d’italien, avec pour objectif l’enseignement. De cette partie-là de sa vie, elle lance dans un éclat de rire : « Mangiare. »

    Si dans le cadre d’une agriculture vivrière, ses grands-parents cultivaient le petit épeautre, son père Aimé, dans les années 80 avec la mise en place de la politique agricole commune (PAC) marque un tournant avec un de ses collègues néo rural. Il décide de le protéger en enclenchant une démarche d’agriculture bio loin de l’agriculture productiviste des Trente glorieuses. « Au fil des années, il obtient l’indication géographique protégée, la fameuse IGP. C’était un pionnier », lance sa fille fiérote.

    Domiciliée dans le Luberon, côté Alpes-de-Haute-Provence, Sandrine précise : « C’est une zone où se croisent les quatre départements du Vaucluse, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Drôme. » Comprendre à environ 700 m d’altitude une terre aride, qui fleure bon le ciste et la bruyère, vous y êtes ? « J’ai compris très vite en ayant grandi à la campagne, que j’avais besoin d’être libre, d’être à l’extérieur, j’ai alors réorienté mes études vers un monde où je pourrais être mon propre patron, tout en profitant des paysages », commente-t-elle. Délaissant la fac de lettres, elle bifurque vers des études agricoles avec une spécialisation agriculture biologique. Démarre alors une nouvelle vie de conseillère agricole pendant 8 ans avant de s’installer en 2009 à la prise de retraite de son père. « À sa grande surprise, d’ailleurs. Mais au fond, je pense qu’il est fier. On naît agriculteur, mon père était un passionné, toujours à mes côtés », ponctue la productrice. La réalité du métier nécessite d’être très polyvalent, des travaux des champs, du semi à la moisson, en passant par la mécanique. « Sans oublier le décorticage, la transformation en farine par exemple, et la commercialisation », complète-t-elle.

    Appelé espeouto en provençal, le Petit Épeautre, aussi connu sous le nom d’engrain est un blé très ancien vieux de près de 12 000 ans qui demande peu d’eau.

    Histoire et humilité

    Aujourd’hui il est redécouvert et apprécié pour sa grande digestibilité due à son faible taux de gluten. L’agricultrice détaille son métier : « Le petit épeautre se moissonne, mais reste dans une enveloppe protectrice. Il est stocké au fur et à mesure. Tous les mois, je décortique, je trie et j’ensache de sorte que mon produit soit au plus près du moment où il est mis sur le marché pour une fraîcheur optimale. La farine se fait aussi au dernier moment. » Avec une ferme de 50 hectares dont 7 ou 15 hectares sont dédiés au petit épeautre, c’est un métier passion qui nécessite beaucoup d’investissement. « Moi, ce que j’aime, c’est toucher mon produit, la relation charnelle avec lui. En bouche, il faut qu’il soit comme le chocolat ferme et fondant à la fois. J’essaie de faire du mieux que je peux avec la terre, pour donner le meilleur de moi-même au consommateur. C’est comme l’éducation des enfants, on les confie qu’à des gens avec qui on sait qu’ils sont en confiance. J’essaie de porter la voix du petit épeautre le plus loin possible. »

    La génération de Sandrine a créé et développé les magasins de producteurs, se regrouper a sécurisé les ventes. Mais le climat change. En Provence, on dit Eici l’aigo es d’or [ici, l’eau est d’or]. Les pluies se raréfient, et sont en même temps plus denses. « Je n’ai pas d’eau du tout. On doit rester vigilant mais aussi évoluer. Par exemple, je fais un peu de lentilles, mais si l’année s’annonce très sèche, je choisis autre chose car je sais qu’elles vont griller. On se pose des questions sur les variétés à implanter, la conduite à avoir. Il faut garder de l’humilité. »

    Et de conclure : « Je sais le poids de l’effort du producteur pour avoir un beau produit et le prix à payer pour atteindre l’excellence. C’est sans doute en ça que je rends à ma famille et au monde agricole ce que j’en retire d’un autre côté ».

    Filière indication géographique protégée (IGP)

    Ce signe officiel d’identification de la qualité et l’origine du produit est un signe Européen. Il garantit qu’au moins une étape clé de la production est réalisée d’une zone géographique délimitée. Le produit doit être ancré dans l’historique de son territoire et ses particularités sont liées à un savoir-faire traditionnel et local.

  • Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron reste « commune touristique » pour cinq ans

    Sisteron, « commune touristique » pour cinq années supplémentaires. La ville de 7 000 habitants, nichée au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, garde le statut obtenu en 2024. En effet, vendredi 3 juillet, l’arrêté préfectoral permettant à la commune de jouir du nom de « commune touristique » a été renouvelé.

    Une réussite dont se sont félicité le maire, Jean-Pierre Templier (DVD) et son conseiller délégué au tourisme Alain Angelvin. « C’est la reconnaissance de l’attractivité de Sisteron et du travail accompli par tous les acteurs du tourisme », affirme le maire dans un communiqué. Et de souligner le travail de « l’office de tourisme Sisteron Alpes Provençales et les services de la Ville » avant de poursuivre : « Cela nous encourage à poursuivre nos efforts ! »

    Ce renouvellement confirme aussi « le caractère touristique majeur de Sisteron mais aussi la solide réputation de la commune bénéficiant d’une forte notoriété internationale et qui fait aussi partie des 100 plus beaux détours de France, label très prisé et reconnu », apprécient les élus.

    Surnommée la perle de Haute-Provence, la ville a dû remplir plusieurs critères afin d’obtenir cette dénomination dont celui d’avoir un office de tourisme classé. Dans celui de Sisteron, on peut apercevoir un vestige archéologique : les fondations d’un ancien bâtiment. La commune doit également offrir une capacité d’hébergement adaptée à une population non permanente, et organisatrice des animations touristiques régulièrement.

    Une étape

    Pour autant, cette reconnaissance n’est qu’une étape, certes stratégique, vers le renouvellement du classement en station de tourisme obtenu en novembre 2014 et qui en cours d’instruction. Ce classement permet de bénéficier de droits et avantages spécifiques (urbanisme, fiscalité, promotion…) et de renforcer l’attractivité économique et l’image de la Ville.

  • [Biodiversité] L’étau se resserre sur le lièvre variable alpin

    [Biodiversité] L’étau se resserre sur le lièvre variable alpin

    Difficile d’apercevoir le lièvre variable dans les Alpes : il vit plutôt la nuit et c’est un roi du camouflage avec un pelage qui blanchit en hiver. Cela pourrait être encore plus difficile demain tant le réchauffement climatique le pousse vers les sommets, le cantonnant à des « îlots dans le ciel » (« sky islands », en anglais) desquels il peine à s’échapper. Sans compter qu’il entre en compétition avec le lièvre d’Europe, qui peuple d’ordinaire les plaines mais tend à monter en altitude. C’est ce que révèle une étude publiée dans Global Change Biology. « C’était attendu mais notre modèle offre une vision à grande échelle de la connectivité génétique des deux espèces sur les Alpes françaises », résume Jérémy Larroque, ancien chercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, aujourd’hui à l’Université de Lyon, et premier auteur de l’étude.

    Des analyses ADN sur des échantillons prélevés sur des individus chassés et des crottes ramassées sur le terrain permettent de dire où se trouvent les lièvres variables et les lièvres d’Europe et où ils sont capables de passer ou pas. Il montre aussi la compétition entre les deux qui ne peuvent parfois pas coexister. « Nous savions que cela existait car en Scandinavie, quand le lièvre d’Europe a été introduit au XIXe siècle, il a repoussé le lièvre variable vers le nord », souligne Jérôme Letty, chargé de recherche à l’Office français de la biodiversité, à Pérols, et coauteur de l’étude. La même chose se produit dans les Alpes, mais vers les sommets.

    Corridors

    Le lièvre variable pourrait-il disparaître de nos montagnes ? « Si le réchauffement climatique se poursuit, c’est une possibilité, estime Jérôme Letty. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est sans doute passé dans les Pyrénées. » Le lièvre variable y était présent lors de la dernière glaciation, au Paléolithique, avant de disparaître. « Les Alpes sont aujourd’hui la limite la plus au sud de son aire de répartition. C’est là qu’il est le plus exposé », ajoute le chercheur. De plus, l’isolement des populations en altitude renforce le risque de consanguinité et menace la pérennité de l’espèce.

    Pour l’heure, le modèle identifie des corridors à protéger à moyenne altitude afin que le lièvre variable puisse continuer à se disperser. « Nous pourrions imaginer y limiter le développement humain, glisse Jérémy Larroque. Mais la montagne reste un lieu avec des contraintes liées à l’urbanisation et au tourisme. » Les chercheurs mentionnent aussi les lâchers de lièvres d’Europe pour la chasse récréative qui pourraient favoriser l’expansion de l’espèce, au détriment du lièvre variable. « Il n’y a aucune réglementation à ce sujet en France », écrivent les auteurs. Quant à la hausse des températures qui pousse le lièvre variable en altitude, la solution pour y remédier est bien connue : limiter les émissions de gaz à effet de serre.

  • Le projet Alcotra met à contribution les collégiens

    Le projet Alcotra met à contribution les collégiens

    Plus que jamais les îlots de chaleur deviennent invivables, et les villes des Alpes, bien que temporairement plus préservées par la chaleur du fait de l’altitude, sont de plus en plus concernées. C’est pourquoi plusieurs acteurs français et italiens ont décidé de lancer ensemble le projet Alcotra Reverd, visant à repenser les espaces publics et les adapter à ce changement. Ce vendredi au centre diocésain de Gap était l’occasion de clôturer la première phase de ce partenariat transfrontalier soutenu par l’Union européenne, et mené en tandem par le conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement des hautes Alpes (CAUE) et Tauttemi, bureau d’études d’architecture basé à Coni, en Italie.

    « On s’est retrouvés ensemble parce que d’un côté comme de l’autre de la frontière on a les mêmes problématiques, explique Marc Viossat président du CAUE et vice-président départemental en charge de la transition énergétique et des mobilités alternatives. On voit très bien que c’est un sujet d’actualité, et qu’en montagne l’évolution climatique va encore plus vite qu’en plaine. On a quasiment gagné deux degrés, il y a urgence. » À ses côtés, André Marino, du bureau Tautemi, qui a piloté le projet côté italien : « Notre programme passe par deux axes. D’abord, travailler avec les écoles et sensibiliser les nouvelles générations sur la façon dont penser différemment les espaces publics, expose ce dernier. Nous avons fait le même travail avec les techniciens des petites villes et communes qui n’ont souvent pas les ressources pour de grands projets mais qui peuvent coopérer car elles sont confrontées aux mêmes problèmes. »

    L’un de ces travaux de coopération est passé par un concours entre les collèges de Briançon, de Tallard, de Guillestre et trois collèges italiens, qui consistait à repenser l’aménagement de leur collège pour l’adapter au changement climatique. La classe de 4e de Guillestre a été récompensée par le jury, avec celle du collège de Cerasca en Italie. Les collégiens guillestrois ont conçu la maquette d’une cour remaniée, avec un cours d’eau, un petit lac, une fontaine à eau, des espaces végétalisés, des jardinières et une tonnelle enherbée. Ils ont également imaginé une cour qui ne soit plus organisée autour du terrain de foot, bien souvent occupé par les garçons et reléguant les filles en périphérie. Au mois de mai, les deux collèges vainqueurs ont participé ensemble à un voyage pédagogique à Turin. « On remercie le CAUE pour les apports scientifiques et pédagogiques apportés aux élèves, et on espère pouvoir très grandement dans les années qui vont suivre pouvoir réaliser une cour qui soit agréable, vivable, pour les élèves et le personnel », a réagi E. Lagraniere, CPE du collège de Guillestre.

    Passer à la phase opérationnelle

    Cet après-midi au centre diocésain a permis de revenir sur les différentes étapes du projet et d’en clôturer cette première phase. « Pour tout vous dire, on aimerait maintenant passer au côté opérationnel, espère Marc Viossat. C’est pour ça que tous les deux, avec Andréa, nous allons présenter une candidature d’un autre projet Alcotra avec des réalisations dans les écoles notamment, côté Hautes-Alpes et côté italien. » Passée la phase d’étude et de sensibilisation, le président du CAUE souhaite désormais entamer les travaux des aménagements de végétalisation et de création d’îlots de fraîcheur dans les écoles primaires de Gap et au collège de Guillestre. « On espère être retenus pour passer à l’opérationnel dès l’année prochaine », projette-t-il. Les travaux, si le projet est retenu par l’Union européenne, seraient financés à 80% par celle-ci et 20% par le Département, avec l’objectif de débuter l’année prochaine.

  • Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Dans les Hautes-Alpes, plusieurs bassins-versants en vigilance sécheresse

    Les bassins-versants du Drac, du Buëch et de la Haute-Durance ont été placés en vigilance sécheresse. C’est la décision prise ce mardi par le comité départemental de gestion de l’eau des Hautes-Alpes. Trois bassins auxquels s’ajoute celui de la Méouge, en vigilance depuis le 25 juin. Le comité explique que les débits des cours d’eau présentent des « niveaux bas pour un début de saison estivale », en raison « des fortes chaleurs et les précipitations plutôt localisées de fin juin ont entraîné une dégradation progressive de l’humidité des sols et des débits ». Or, la situation ne devrait pas s’améliorer dans les prochains jours prévient l’organisme : « Les prévisions météorologiques pour les jours à venir annoncent un temps plutôt chaud et sec, avec possibilité d’averses orageuses ce week-end, ne permettant pas d’envisager une amélioration de la situation. »

    À ce stade, le niveau de vigilance « n’impose pas de restrictions temporaires des usages de l’eau ». Le comité invite néanmoins les usagers (particuliers, entreprises, collectivités, agriculteurs, etc.) à « limiter volontairement leurs prélèvements », et encourage « l’adoption de comportements de gestion économe de la ressource en eau » afin de « ralentir ou de réduire autant que possible la dégradation de la situation hydrologique ».

    Au bord des cours d’eau, les fédérations de pêche sont en vigilance, et scrutent le débit. « Pour l’heure, on est encore à 2m³/s de débit du Buëch à Serres, donc seulement en vigilance, rapporte Pierre Choffel, président de l’association agréée de pêche du Buëch. Le seuil d’alerte est à 1m³/s, mais je pense que cet été on va y avoir droit s’il n’y a pas de gros épisodes d’orages qui viennent arroser les prairies. » L’autre risque, explique Pierre Choffel, c’est que la température des cours d’eau se réchauffe, ce qui menace la biodiversité qui peuple les rivières. « Un cours d’eau qui dépasse les 25°C, pour la truite fario, c’est létal », prévient-il.

    De nouvelles vagues

    de chaleurs attendues

    À échelle nationale, le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré par Météo-France, la vague de chaleur, de deux jours plus courte a été plus intense que celle de l’été 2003, les 40°C ont été dépassés au moins une fois sur plus de 40% du territoire. Le déficit de précipitations atteint près de 50% sur l’ensemble du mois. En juin 2026, 16% des cours d’eau de l’Hexagone étaient à sec, contre 6% en juin 2025. La situation des cours d’eau, déjà très fragilisés, ne devrait pas s’améliorer, avec le dérèglement climatique ces épisodes sont appelés à se multiplier. Les prévisions Météo-France anticipent un été marqué par de nouvelles vagues de chaleur.

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Avec l’été, le DAL alerte sur la fraude au bail mobilité

    Pour les travailleurs saisonniers, se loger devient de plus en plus difficile en été, dans un département au marché locatif étranglé par la location touristique, les résidences secondaires et les logements vacants. Une solution pour fluidifier le marché est le recours au bail mobilité. Instauré par la loi Elan de 2018, il permet de louer un logement meublé à un locataire considéré comme temporaire (étudiant, salarié en mission temporaire, stagiaire…) de 1 à 10 mois et ne peut pas être renouvelé. Or, d’après l’association pour le Droit au logement (DAL), de plus en plus de propriétaires en font un usage détourné, louant à l’année en bail mobilité et contraignant ainsi leur locataire à quitter le logement pour l’été, pour le destiner à la location saisonnière de type Airbnb, plus lucrative.

    Peu de locataires connaissent leur droit

    « La plupart des concernés ne savent pas que c’est frauduleux, constate José Pluki, représentant du DAL 05. Le propriétaire l’annonce, vous dit que c’est comme ça, et vous, vous n’en savez rien. Et puis, il peut y avoir un effet village, si vous commencez à ruer dans les brancards contre un propriétaire, dans une petite ville ou un village, ça peut devenir difficile de trouver quelqu’un pour vous louer. » Le manque de logement créerait un rapport de force favorable aux propriétaires. « Beaucoup de gens, quand ils ont un bail mobilité à l’année, n’osent rien dire parce que c’est déjà au moins avoir un logement, poursuit José Pluki. En plus, le bail mobilité peut arranger des saisonniers qui n’arrivent pas à trouver autrement, il y a quand même des travailleurs qui passent l’été dans leur camion. »

  • Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    « Le drame de l’affaire Lyhanna nous a bousculés dans notre façon de faire et d’appréhender les violences sexistes et sexuelles. Nous avons vu la mobilisation de la population devant le tribunal et avons voulu répondre à ces questions sur comment on fonctionne et prend des décisions », a expliqué en introduction de la réunion publique le président du tribunal, Timothée de Montgolfier. Une quinzaine d’habitants s’étaient déplacés pour questionner les chefs de juridiction sur les rouages de la justice et les potentielles erreurs qui ont conduit à la mort de Lyhanna.

    « Pour Lyhanna, il n’y avait pas d’instruction. Le temps de latence très préjudiciable a permis au présumé innocent d’éventuellement commettre de nouveaux faits », a détaillé le président du tribunal. Selon lui, trois éléments ont participé au drame : le temps judiciaire, long, « d’éventuelles erreurs humaines » et le manque de moyens donnés à la justice pour traiter les affaires. « Il y a peut-être eu des fautes, des responsabilités individuelles du parquetier », a-t-il présumé. « Mais il y a aussi le fait que le parquet est saisi en permanence d’énormément de plaintes qu’il faut traiter, et dans cette masse importante, certaines ne sont pas traitées en temps et en heure », a-t-il reconnu. « Quand tout devient urgent, rien n’est urgent. »

    « Il y a un problème de moyens et d’outils pertinents pour assurer le suivi des procédures. On a des outils obsolètes. C’est à nous de mettre en place les bons circuits, on n’a pas de logiciel pour assurer le suivi de ces enquêtes », a abondé le procureur Antoine Pesme. Il faut cependant « nécessairement prioriser ce type de dossiers d’infractions sexuelles sur mineurs », a-t-il affirmé, rappelant que le ministre de la Justice en avait fait une priorité nationale.

    « Se méfier de l’effet d’annonce »

    Le président du tribunal a également rappelé que des juges pouvaient être révoqués s’ils commettaient des fautes particulièrement graves. Il a estimé le nombre de révocations à « une ou deux par an ». « On est une institution surveillée, et on doit rendre compte de notre activité tous les ans », a-t-il insisté. Concernant l’affaire Lyhanna, « pour l’instant, le garde des Sceaux a ordonné une enquête administrative pour identifier d’éventuelles fautes. Il pourra saisir le Conseil National de la Magistrature pour envisager des sanctions ». Il faut cependant « se méfier de l’effet d’annonce, prendre le temps pour comprendre. On ne peut pas juger dans l’immédiateté, sinon on se trompe », a tempéré Timothée de Montgolfier.

    Interrogé sur le milieu carcéral, le président du tribunal a regretté le fait que « la prison est criminogène, elle rend les gens encore plus dangereux à la sortie, on n’a pas trouvé de solution meilleure que d’écarter la personne de la société ».

  • Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Agression au centre social : la mairie de Gap apporte son soutien au personnel

    Pour l’heure, le centre social les pléiades, dans le Haut-Gap, est fermé, la quasi-totalité de son personnel est en arrêt de travail, suite à une agression contre l’équipe du centre survenue mi-juin. Les faits se sont déroulés un lundi après-midi, alors que le centre était fermé. Un des deux agresseurs serait venu à l’entrée du centre, « manifestant une forte hostilité », et « assenant de grands coups de pied dans la porte. » Une personne du centre lui aurait alors ouvert, l’individu serait revenu à plusieurs reprises sur les lieux, proférant des insultes et menaces de mort à l’adresse du personnel. Le deuxième individu, resté dehors, aurait lui « proféré des menaces de mort à caractère raciste visant explicitement les personnes blanches. »

    « Pas de couteau »

    Contrairement au récit de certains habitants du quartier rapporté par le Dauphiné Libéré, la mairie affirme qu’un seul individu s’est introduit dans les locaux, qu’il « n’était pas armé d’un couteau et il n’y a pas eu de menace de brûler le centre social ».

    Pour l’heure, les agents du centre sont en arrêt de travail, l’un d’eux a fait valoir son droit de retrait, rendant de facto le centre social Les Pléiades fermé pour une durée indéterminée. La Ville condamne « avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables », et fait savoir qu’elle apporte son « son plein et entier soutien à tous ses agents, profondément et légitimement affectés par ces faits ».