La Marseillaise : Quels axes de votre campagne ont suscité l’adhésion ?
Maurice Brun : Les deux thèmes principaux de notre projet, c’est d’un côté la proximité et, de l’autre, la solidarité. Pour moi, la proximité, c’est de rendre des services à la population. Les Laragnaises et les Laragnais doivent primer avant tout. Ensuite, la solidarité, c’est tendre la main vers son prochain, vers ceux qui sont en difficulté, ceux qui sont seuls, qui sont isolés, et les personnes à mobilité réduite. Ces deux principes forment le socle numéro un. Le numéro deux, c’est la rénovation complète de notre ville. Laragne a mal vieilli. Tous les villages à 360 degrés autour ont été refaits à neuf, sauf notre commune. Nous avons annoncé une programmation pour rénover l’ensemble de la ville, avec la propreté et la sécurité que cela implique.
Vous avez plusieurs expériences de direction sur le territoire. Cela a-t-il pu convaincre ?
M.B. : J’ai été président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Paca et de la chambre départementale, tout en étant à la tête d’une TPE (très petite entreprise). Ce qui est assez original. Je pense ne pas avoir été le plus mauvais. Le plus important, c’est d’être sérieux sans se prendre au sérieux. Sans prétention, je crois que ces expériences m’ont aidé à gagner la confiance des Laragnais et à bâtir ma méthode. Un exemple : j’ai été élu maire avec l’équipe, vendredi soir. Eh bien hier soir [lundi], à la salle des fêtes de Laragne, j’ai réuni au complet l’ensemble des élus et du personnel pour se présenter. C’est l’expérience qui m’a appris à être comme ça. Élus vendredi soir, nous nous présentons dès le lundi aux salariés pour dire que nous les soutenons et nous les respectons. Ça a vraiment été une belle soirée, conviviale, où le personnel, qui n’était pas tranquille, pas serein, parce qu’il y a eu un changement de gouvernance, a été rassuré. Et je leur ai expliqué ce qu’on attendait dans l’audit financier et dans l’audit social de manière très positive. Je suis convaincu que cette méthode vient de mon expérience de trente ans de gestion d’un établissement public dans les chambres de commerce.
De quelle manière votre méthode va-t-elle se traduire dans l’action municipale ?
M.B. : Je pense que le terme proximité a beaucoup plu aux Laragnaises et aux Laragnais. On ne fera pas des projets inconsidérés pour faire voyant et plaire. On va gérer au jour le jour pour rendre des services concrets à notre population. C’est pour ça que j’ai nommé un adjoint à la proximité, poste qui n’existait pas avant, qui sera en charge de faire remonter les besoins des habitants. L’équipe précédente a totalement délaissé la population. Aucune réunion de quartier, peu de rencontres avec les citoyens, ni de projets présentés au comité des fêtes. Le manque de considération de la municipalité envers la population, en six ans, a affecté les Laragnais.
Quels seront les principaux chantiers à venir ?
M.B. : On souhaite développer un secteur très important : l’intergénérationnel. Nous allons créer des parcs pour les tout-petits. Pour ceux un peu plus grands aussi, avec la création d’un parc des sports autour du stade Pierre-Bini, rénovation de la piscine, création d’un pump track et d’un parcours de santé. Mais aussi un parc intergénérationnel, que l’on le fera en bas de la résidence Autonomie Soleil, à la fois pour les tout-petits et pour que les seniors puissent aller sur des bancs, à l’ombre, et voir ce qu’il se passe avec les petits. Ce que j’appelle de l’intergénérationnel. Et, bien sûr, nous mettrons en route cette rénovation de l’ensemble de la commune, avec un gros chantier : la rénovation des écoles. Tout a été délaissé petit à petit, donc il y a tout à faire. D’abord, nous ferons un audit financier et un audit social, ensuite nous reconstruirons. Nous mettrons le temps qu’il faut pour repartir sur des bases saines.