Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Un festival pour sensibiliser à la fragilité de la biodiversité

    Après l’été qu’on vient de passer à cause de la chaleur et de la sécheresse, on s’aperçoit qu’il y a des biens qui sont indispensables à notre survie : l’eau et la biodiversité » : à travers la première édition de son festival Durance Nature, qui commence lundi, l’association la Cistude alerte sur la fragilité de la biodiversité de la vallée de la Durance. L’association environnementale née il y a 18 ans lance cette année ce rendez-vous, voué à se reproduire tous les deux ans.

    « On ne peut que se battre pour essayer de préserver » cette vallée de la Durance, lance Daniel Madeleine, le fondateur de la Cistude, qui travaillait pour la réserve naturelle géologique de Haute-Provence avant de prendre sa retraite et de laisser la main à l’actuel président de l’association, Marc Linares. « Depuis très longtemps, je suis convaincu que la nature et la biodiversité sont des atouts incontournables pour ce département », poursuit le fondateur.

    Au programme du festival, qui se poursuit jusqu’à dimanche, des sorties en nature à la découverte des castors, des conférences d’experts de l’environnement, des projections de films sur la biodiversité, ou encore des ateliers proposés à de très nombreux enfants qui seront accueillis, accompagnés de leurs professeurs.

    « Pas le poids face aux intérêts économiques »

    La cohabitation entre touristes et biodiversité est « de plus en plus difficile » pour les espèces animales et végétales, qui « ne font pas le poids face aux intérêts économiques », déplore Daniel Madeleine. Son association se bat depuis 18 ans pour « obtenir un classement en réserve naturelle régionale, pour impliquer la région et avoir des financements conséquents ». « Jusqu’à présent, on n’y est pas arrivé, parce qu’il y a des intérêts divergents là-dessus et que, malheureusement, on ne fait pas le poids », regrette le fondateur.

    « Le festival, c’est notre manière d’essayer de faire passer le message qu’on est face à un trésor qui devient incontournable pour le bien de l’humanité », explique Daniel Madeleine. « Est-ce qu’il vaut mieux avoir de l’eau et de la biodiversité, ou des pédalos et des chalets ? », lance-t-il, faisant référence à un projet de la municipalité
    de Château-Arnoux-Saint-Auban auquel l’association s’oppose. Ce projet prévoit l’installation de 160 chalets pour accueillir 900 touristes le long de la Durance, et constitue pour la Cistude l’une des menaces qui pèsent sur la biodiversité de la Durance. « Il y a des projets de développement écotouristique qui au fur et à mesure gagnent du terrain et qui, par la suite, vont être encore beaucoup plus destructeurs », avance le président de l’association, Marc Linares, qui espère être « associé » au projet d’implantation de chalets à Château-Arnoux-Saint-Auban.

  • Le sénateur sortant Jean-Yves Roux réélu dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Le sénateur sortant Jean-Yves Roux réélu dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Stéphanie Colombero, la candidate DVD issue de LR soutenue par la présidente du département Eliane Barreille (DVD) et le maire de Manosque Camille Galtier (DVD), a elle obtenu 122 voix, soit 21,9% des suffrages exprimés. En troisième place, Fabrice Durnerin (UDR-RN) a obtenu 46 voix, soit 8,26% des votes. Marianne Mougey, la candidate LFI, a elle récolté 37 votes, soit 6,64%. Finalement, l’ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen, Stéphane Durbec, a obtenu seulement 18 voix, soit 3,23%. Il y a eu trois abstentions sur les 565 grands électeurs appelés aux urnes.

    L’enjeu était important pour la gauche, alors que c’était le seul siège qu’il leur restait dans le département, où les deux députés sont d’extrême droite.

  • [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la gauche part divisée, l’issue incertaine

    [Sénatoriales] Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la gauche part divisée, l’issue incertaine

    Si le bilan du sénateur sortant Jean-Yves Roux est salué par de nombreux grands électeurs de tous les bords politiques, il pourrait être sérieusement menacé par Stéphanie Colombero, qui est soutenue par d’importantes figures du département, comme sa présidente Eliane Barreille (DVD), Camille Galtier (DVD), le maire de Manosque, ville la plus peuplée du département, mais aussi le président du Sénat Gérard Larcher (LR). Depuis l’annonce de sa candidature, la candidate issue de LR tente d’occuper le terrain et se fait voir dans tous les événements.

    La gauche est partie divisée pour ce scrutin, entre la candidate LFI Marianne Mougey, qui reconnaît avoir très peu de chances de remporter l’élection, et le sénateur sortant apparenté PRG. LFI et le PCF lui reprochent son vote pour la loi Duplomb ou encore son positionnement concernant les retraites. Les communistes ont décidé de ne présenter aucun candidat « ne voulant pas ajouter de la division à la division », et ne soutiennent pas non plus la candidate LFI, dont la candidature s’inscrit selon eux « dans une stratégie nationale de volonté hégémonique à gauche avec comme seul horizon l’élection présidentielle, loin des enjeux de ce scrutin et des intérêts directs des collectivités de notre territoire ». L’enjeu pour la gauche est important, alors que ce siège de sénateur est le seul qu’il leur reste dans le département, dont les deux députés sont d’extrême droite. « La perte de ce siège constituerait un recul pour notre territoire comme pour le pays », conclut le PCF 04. Deux candidats d’extrême droite, Fabrice Durnerin (UDR-RN) et Stéphane Durbec, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen, se présentent également, mais ont peu de chances de l’emporter face à Jean-Yves Roux et Stéphanie Colombero. Un seul siège est à pourvoir dans le département, où 565 grands électeurs sont appelés aux urnes dimanche.

    Pour qu’un candidat soit élu dès le 1er tour, il doit obtenir la majorité des suffrages exprimés, ainsi qu’un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits, soit 142. Si second tour il y a, les cinq candidats peuvent se maintenir, peu importe le nombre de voix récoltées.

  • [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    [Entretien] Kamar-Eddine Ben Abdallah : « C’était très difficile de devenir un sans-papiers »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

    Kamar-Eddine Ben Abdallah : Je viens des Comores. Après des études en Guinée, je suis retourné au pays avec cette ambition d’être un grand politicien, avec des objectifs, des principes concrets, moi qui ai lu Mandela, qui ai suivi les histoires de Patrice Lumumba, Thomas Sankara, des révolutionnaires progressistes. Je me suis nourri de ces principes. Je me suis engagé dans le syndicalisme et la politique. Je suis allé jusqu’au bout, on s’est disputés jusqu’à aller aux élections, mais il y avait un climat insupportable au village. J’ai été recruté pour enseigner dans un collège, où j’ai eu une formation syndicale et j’ai été élu délégué des professeurs. Le syndicat CTTC (Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Comores) m’a proposé un poste de président du comité des jeunes syndicalistes, qui venait d’être créé. Je voulais réaliser des projets concrets pour le développement du pays.

    Comment avez-vous vécu
    votre arrivée en France en 2017
     ?

    K.-E.B. : Quand j’ai entendu ce que vivaient les Comoriens, les étrangers, les Arabes, les Africains en France, dans la rue, partout, je me suis dit qu’il fallait défendre cette cause. Moi qui étais président au syndicat, professeur de français, c’était très difficile d’arriver en France et de devenir un sans-papiers, d’être comme un enfant parce que je ne sors pas, je suis clandestin. En 2019, je me suis installé dans le 3e arrondissement de Marseille, où j’ai eu ma petite case, un studio de 18 m2. C’est là où j’ai commencé à m’intégrer petit à petit. Pendant le Covid, un collectif d’entraide a été monté. Ils ont frappé à ma porte, deux jeunes femmes m’ont donné un colis alimentaire. J’étais ému, ce geste m’a beaucoup plu. On m’a tendu la main, j’ai voulu réciproquer. Moi aussi, j’avais envie de manifester ma gentillesse, d’être reconnaissant. Je leur ai demandé de les rejoindre et de faire comme elles. Elles ont dit « avec plaisir », et depuis, j’ai intégré ce collectif d’entraide entre habitants du 3e arrondissement. Je les aide à faire de la traduction quand il y a besoin. J’ai bénéficié d’ateliers d’une compagnie de théâtre, et j’ai eu l’idée d’écrire une pièce pour parler de ma vie et des injustices, des problèmes existant ici. Mon metteur en scène m’a demandé de trouver un titre, et on a choisi ensemble Moi, sans papiers, dans le canapé.

  • « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    « Catastrophe » à l’hôpital de Digne, retour du train : le maire fait le point

    Le maire de Digne a organisé vendredi matin sa première conférence de presse de rentrée, pendant laquelle il a balayé toutes les problématiques touchant la ville préfecture, enclavée sans autoroute ni train, et dont le centre-ville est de plus en plus déserté. Il a tiré le bilan de ses premiers mois de mandat, évoquant ses promesses de campagne et les projets à venir.

    Julien Di Benedetto a notamment abordé « la situation financière catastrophique » de l’hôpital, essentiel dans ce département rural, très étendu et déserté par les médecins. Les conclusions du rapport réalisé par l’Anap (Agence Nationale d’Appui à la Performance des établissements de santé et médico-sociaux) pour identifier de potentielles mesures d’économies et d’efficience lui ont été présentées en juillet, en tant que président du conseil de surveillance. Cela a été pour lui « un électrochoc ». « Quand on touche le fond, on ne peut que remonter », a lancé l’édile. « Le principal problème, c’est le fait que 54% des Dignois ne vont pas se faire soigner à l’hôpital de Digne », a-t-il estimé, notamment à cause du fait que « des spécialistes n’aient pas été remplacés, soient partis à la retraite, que des services ont été fermés. Donc, automatiquement, on pousse les gens à aller se faire soigner ailleurs ». L’ARS a fait appel « à une solidarité régionale unique, exceptionnelle, pour la première fois, auprès d’autres établissements de santé, pour mobiliser des médecins pour venir pratiquer à Digne et pallier les carences de certaines spécialités », ce qui permettrait aux habitants de ne plus avoir à se déplacer à Aix ou Gap pour se faire soigner.

    Le maire a néanmoins affirmé voir « des signes encourageants » et déclaré que « la pente est en train d’être doucement remontée », notamment avec le recrutement de nouveaux chirurgiens, même si « cela va être difficile, on part de très loin ». « On est en train d’inverser la tendance », a-t-il martelé. Selon lui, augmenter les actes est la clé pour sortir l’hôpital de son gouffre financier.

    Plan JO : Macron « étonné »

    que Digne soit exclue

    L’édile a évoqué un autre service public très important et inexistant à Digne : le train. Celui des Pignes, en travaux et interrompu depuis 2019 entre Saint-André-les-Alpes et la ville préfecture, devrait fonctionner à nouveau l’an prochain. La ligne SNCF est, elle, neutralisée depuis 1991, alors même que Digne n’est pas desservie par l’autoroute, se retrouvant ainsi complètement enclavée. « On a fait le constat que l’autoroute n’arrivera jamais à Digne, ce n’est plus dans l’air du temps, et le coche a été raté il y a 30 ans », a regretté Julien Di Benedetto. « Donc on a fait le choix de prendre position pour le train, et on va aller démarcher toutes les autres collectivités avec nous pour ce projet », a-t-il avancé.

    « J’ai interpellé l’État en premier, et j’ai eu la chance de pouvoir en parler au Président de la République, qui était très étonné de savoir que Digne n’était pas prévue dans le plan d’aménagement des JO 2030. Et c’est vrai, ce n’était pas la priorité, alors même qu’en parallèle, la région investit 150 millions d’euros sur le train des Pignes », a par ailleurs déploré l’édile. Digne sera ainsi connectée à Nice l’an prochain, et le Val de Durance bénéficiera des travaux sur la ligne Marseille – Briançon dans le cadre des JO 2030, mais « les 22 petits kilomètres entre les deux au cœur du département, non, ce n’était pas prévu », a regretté Julien Di Benedetto. « Nous, on refuse ce choix, on refuse cette fatalité, et on veut vraiment alerter tous les partenaires sur ce sujet, surtout dans un contexte où le prix du carburant atteint des sommets », a-t-il campé. « Digne est l’une des deux seules préfectures de France à ne pas avoir accès au réseau SNCF, alors que les voies existent », a rappelé le maire.

  • Des militants s’opposent au projet de centrale photovoltaïque au conseil municipal d’Oraison

    Des militants s’opposent au projet de centrale photovoltaïque au conseil municipal d’Oraison

    Ils protestaient contre la modification du plan local d’urbanisme votée pour pouvoir construire une centrale photovoltaïque sur la commune. Une partie d’entre eux a dû quitter la salle au début du conseil à la demande du maire (Ren.) Benoît Gauvan, la jauge n’étant pas respectée, alors que des personnes étaient assises par terre ou se tenaient debout. La séance a été suspendue en raison des allées et venues des manifestants, le maire rappelant que le conseil n’est pas « une salle de spectacle ».

  • L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    « À l’époque, personne ne savait encore que la bombe continuerait son œuvre en silence pendant des années, à l’intérieur des corps » : la présidente du Mouvement de la paix 04, Estelle Suner, a raconté jeudi l’histoire de Sadako Sasaki, fillette morte d’une leucémie liée à Hiroshima, en marge du festival littéraire. « Rien ne laissait deviner ce que la bombe avait déposé 11 ans plus tôt dans son sang », a-t-elle regretté en animant un théâtre japonais, faisant défiler des images devant une dizaine de personnes venues à cette présentation, au programme du OFF des Correspondances. Sadako Sasaki est « morte, à 12 ans, d’une maladie provoquée par une arme conçue par des adultes dans une guerre décidée par des adultes », a lancé la présidente du Mouvement de la paix.

    Des survivants pour raconter

    Estelle Suner a également évoqué le tabou et la discrimination subie par les survivants d’Hiroshima, qui « cachent leur histoire par peur du rejet ».

    « Aujourd’hui, 1 500 survivants et descendants de survivants de la bombe atomique témoignent encore, chaque année », a rappelé la militante. Trois d’entre eux sont venus raconter leur histoire à Château-Arnoux-Saint-Auban l’année dernière, et ont offert au Mouvement de la paix des photographies d’archive d’Hiroshima, qui étaient exposées pendant la présentation de jeudi.

    La présentation était inspirée du livre L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues, également exposé pour les visiteurs jeudi. Un atelier d’origami a permis au public de réaliser des grues en papier, comme l’avait fait Sadako Sasaki avant sa disparition, inspirée de la légende selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé. Le Mouvement de la paix avait également préparé un diaporama de photographies d’Hiroshima, mais a préféré ne pas le montrer devant l’émotion déjà importante des spectateurs après la lecture-théâtre.

    Le Mouvement de la paix réitérera l’expérience, samedi à 15h30 à la salle annexe du café du coin.

  • À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    Le public n’a pu questionner ou faire dédicacer ses livres, comme il en est d’ordinaire coutume au festival littéraire des Correspondances de Manosque, lors de la rencontre organisée avec l’auteur Thélyson Orélien, en plein cœur d’une polémique, accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle et d’avoir plagié d’autres textes. Cela a été le premier sujet abordé et expédié par la modératrice, Maya Michalon : « Toute l’équipe du festival est informée de la polémique qui agite les médias concernant le livre de Thélyson Orélien et l’IA. On va mettre cette polémique dans un sac plastique, la laisser sur le côté, et parler de littérature avec notre intelligence naturelle », a-t-elle annoncé d’office. À sa sortie de scène, l’écrivain a été très rapidement exfiltré, refusant toute dédicace ou discussion avec les lecteurs pour éviter toute polémique, malgré l’insistance et la déception des spectateurs. Son équipe faisait signe aux journalistes de ne pas le prendre en photo à son arrivée.

    De nouvelles accusations de plagiat

    Jeudi, avant de monter sur scène, Thélyson Orélien a dénoncé auprès de l’AFP une « volonté de le faire taire ». Il est apparu très fatigué et affecté par le scandale, « dévasté » face à « une telle violence », selon le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson. « Il n’a pas réussi à prononcer un mot pendant un quart d’heure en arrivant. Il était sur le point d’annuler et de rentrer car il n’avait plus la force », relate-t-il. En réaction aux nouvelles accusations de plagiat visant l’écrivain depuis mercredi soir, le codirecteur a dénoncé un « amalgame facile ». « Peut-être a-t-il déconné quand il était jeune en faisant des emprunts », a-t-il supposé. Mais, « si c’était quand il avait 24 ans, cela mérite d’être pardonné ».

    Ces allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans se sont ajoutées mercredi soir aux accusations d’utilisation de l’IA. Le quotidien québécois La Presse a indiqué avoir constaté qu’une des chroniques de Thélyson Orélien publiée en 2013 était dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star. Avec le groupe audiovisuel public Radio-Canada, ils évoquent aussi d’autres textes contenant des passages plagiés, publiés par l’écrivain notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs. Radio-Canada indique par ailleurs qu’une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.

    Concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle, Olivier Chaudenson maintient son « envie de penser que c’est faux ». « Peut-être a-t-il utilisé l’IA comme outil », mais « je ne crois pas que le livre soit une production globale de l’IA », a-t-il avancé.

    Auteur de l’un des best-sellers de la rentrée, le romancier de 38 ans a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt. « Par rapport à tout ce qui se passe dans l’actualité, je suis prêt à m’exprimer quand tout sera calme », a-t-il expliqué à l’AFP avant de monter sur scène, dénonçant une « volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire ». « Je préfère donc prendre un peu de recul et attendre que tout se calme », a-t-il conclu. Mardi, auprès de Libération, il avait rejeté les accusations et indiqué être « en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu’il a écrit l’ouvrage de sa main.

  • Vent debout contre l’élevage industriel de poules

    Vent debout contre l’élevage industriel de poules

    Alors que les premiers travaux de terrassement du projet d’élevage industriel de poules pondeuses ont commencé mardi à Saint-Jurs, et qu’un permis a été accordé pour un projet similaire à Roumoules, plusieurs associations ont déploré mercredi lors d’une conférence de presse la multiplication de ces installations sur le plateau de Valensole, qu’elles estiment « illégales ». Elles souhaitent déposer « dans les prochaines semaines » « un référé suspension » et « une plainte » concernant le projet de Saint-Jurs, a annoncé l’avocat et ancien adjoint marseillais Sébastien Barles, dénonçant des atteintes à la biodiversité et aux nappes phréatiques. Hervé Garcin, président de cette nouvelle association de protection de l’environnement du plateau de Valensole, a expliqué « mener la lutte » contre cette « épidémie de poulaillers industriels ». L’ancien député LFI Léo Walter et de nombreuses associations étaient à ses côtés mercredi pour dénoncer ces projets, alors qu’une réunion publique était organisée à Saint-Jurs.

    « Je ne comprends pas cette mobilisation, parce qu’on est sur des élevages qui sont relativement petits, et qui n’ont aucune nuisance sur l’environnement », a réagi Stéphane Monmagnon, gérant de la Compagnie générale d’agriculture, en charge des deux projets d’installation de poulaillers. Il affirme que les animaux y seront « dans des conditions confortables, à l’extérieur » et que ces projets garantissent des « revenus pour l’agriculteur entre 2 500 et 3 000 euros net par mois ». « On a suivi le parcours que nous impose la loi, y compris les instances de protection de la nature, personne n’a eu à redire », affirme-t-il. Contactée, la mairie de Saint-Jurs n’a pu être jointe dans l’immédiat.

  • Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Mercredi, au moment de l’inauguration du festival littéraire des Correspondances de Manosque, l’opinion et le public étaient divisés entre choc et doutes concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle visant Thélyson Orélien, auteur invité qui présentera son roman au public lors d’une rencontre ce jeudi. L’écrivain est accusé par un compte X d’avoir écrit cet ouvrage à l’aide de l’intelligence artificielle. Alors que le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) évoquait cette polémique dans son discours inaugural mercredi soir, des voix s’exclamaient : « C’est faux ! » dans le public. Après s’être prêté à un exercice littéraire d’imagination du futur de la ville de Manosque et avoir évoqué la libération de l’écrivain Boualem Sansal, l’édile a lancé : « Cette histoire, je ne l’ai pas inventée, je n’ai pas eu besoin de l’intelligence artificielle. A priori, cela pose quelques soucis dans l’attribution des Prix Goncourt de cette année. » « Ce n’est pas totalement étonnant, puisque tout le monde utilise l’intelligence artificielle. Chacun sera à même de préférer l’imagination et la créativité humaine plutôt que l’intelligence d’un ordinateur », a-t-il estimé, interrogé après son discours.

    Le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson, s’est lui gardé d’évoquer cette polémique liée à l’usage de l’intelligence artificielle pendant sa prise de parole sur scène. « C’est très difficile, parce que j’ai envie de croire que c’est Thélyson Orélien qui a écrit son livre, et je n’ai aucun moyen d’avoir un avis personnel et technique qui dirait le contraire. Je me mets à sa place : cela doit être quand même terriblement difficile de répondre à des accusations pareilles. Je suis triste qu’il ait à subir cela », a-t-il déclaré à La Marseillaise. « Soit on lui a fait un mauvais procès, et c’est triste et injuste ; soit il y a quelque chose et là ce serait vertigineux, parce que pour la première fois, l’IA aurait réussi à créer un bon texte de littérature lu comme tel par les lecteurs et les professionnels », a-t-il ajouté.

    « La campagne en ligne lancée contre Thélyson Orélien commence à prendre l’allure d’une chasse aux sorcières », s’apparentant à du « harcèlement », a défendu sur Facebook Dorcy Rugamba, metteur en scène qui sera sur scène aux côtés de l’auteur, ce jeudi lors de la rencontre organisée dans le cadre des Correspondances de Manosque.

    Un public « partagé »

    Dans le public, mercredi soir, Jeanne, retraitée venue d’Avignon pour le festival littéraire, se dit « choquée » par ces accusations, alors qu’elle a vu Thélyson Orélien à la Grande Librairie quelques jours auparavant. Selon elle, ces imputations pourraient s’apparenter à du « racisme ». « J’en ai marre d’entendre parler que de ça ! », lance de son côté Brigitte Dauberte, venue assister au festival, interrogée sur ces débats sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il ne faut pas que l’on se fasse complètement assister par l’IA, on n’a plus aucun esprit d’analyse », regrette-t-elle.

    Françoise, une animatrice d’ateliers d’écriture, se dit tiraillée par ces questions d’actualité. « J’ai été confrontée à cela : je suis dans des commissions où on me demande si je veux être formée pour apprendre à faire des comptes rendus générés par l’IA. Cela m’indispose beaucoup, cela crée des biais », a confié celle qui organise le Labo de l’édition, qui invite les lycéens à débattre autour de manuscrits dans le cadre des Correspondances. « Je suis très partagée, parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cet auteur. »

    L’éditeur avec lequel elle travaille pour organiser ce Labo de l’édition, Benoît Verhille, se pose lui aussi des questions concernant ces accusations, dénonçant « une sale polémique ». « Il y a un vrai questionnement concernant l’utilisation de l’IA dans la création », constate-t-il, évoquant « une campagne de destruction massive » par l’intelligence artificielle dans la musique et le cinéma.

    « L’accès à la culture ne doit jamais dépendre de l’endroit où l’on habite. Les Correspondances répondent parfaitement à cette ambition », a par ailleurs lancé pendant son discours inaugural Alain Delsaux, conseiller départemental délégué à la culture.