Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • À Digne, un tribunal renouvelé mais qui manque de moyens

    À Digne, un tribunal renouvelé mais qui manque de moyens

    Le tribunal judiciaire de Digne a présenté, lundi, une nouvelle promotion 100% féminine d’arrivantes, qui fait suite à une « vague de départs » : six magistrats ont quitté la juridiction cet été, soit plus d’un tiers des effectifs, et certains postes demeurent vacants. Un tiers des magistrats du siège est absent. « C’est un important renouvellement. Il n’est pas fréquent de voir 6 magistrats sur 15 partir », a relevé le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme. Une deuxième juge des enfants a été affectée, ce qui permet au tribunal d’augmenter ses effectifs. Une nouvelle directrice du greffe a également été nommée, et a déjà entrepris « des réorganisations », a expliqué le procureur. Il a rappelé l’importance de prendre en compte les « moyens restreints » dont dispose le tribunal.

    La nouvelle présidente du tribunal, Alexandra Mattioli, a évoqué les « nombreuses contraintes avec lesquelles composer ». « Il faut prioriser, s’adapter aux moyens disponibles, on ne peut pas tout faire », a-t-elle constaté. « Le recrutement est plus difficile en milieu rural, et les vacances de postes pèsent sur ceux qui restent », a regretté la présidente. Les locaux du tribunal de Digne sont « devenus bien trop exigus pour accueillir l’ensemble de notre activité », et un chantier achevé fin août a divisé le tribunal en deux sites distincts.

  • Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    Un village mobilisé face à la destruction de sa forêt

    « Notre bois s’est transformé en cimetière, en clairière, toute la forêt a disparu » : les habitants de Revest-Saint-Martin, petit village de 88 habitants situé au nord de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, essayent de se mobiliser face aux coupes illégales de centaines d’arbres qui détruisent leur forêt.

    Des coupes qui ont eu lieu sans le consentement des propriétaires des parcelles en question. « Il est en train de créer une catastrophe écologique monstrueuse. C’est du vol manifeste, il se sert chez nous », regrette l’une des propriétaires concernées, qui n’a jamais porté plainte de peur que l’homme coupant illégalement ses arbres s’en prenne à sa mère, selon elle. « Il a tout coupé chez lui, il n’a plus rien à couper chez lui, maintenant, il se sert chez les autres », avance-t-elle, dénonçant « un saccage » avec des « dégâts irréversibles ».

    Du bois de chauffage

    Les habitants du village parlent sous couvert d’anonymat et craignent de confronter l’homme, qu’ils décrivent comme « dangereux » et « menaçant ». « Tout le monde a toujours reculé devant lui et devant ses menaces », explique l’une des propriétaires. Ils essayent tout de même de se mobiliser et de lutter. Ils ont créé un groupe Whatsapp « pour se sentir plus fort » et réfléchir à de potentielles actions. Quatre habitantes se sont rendues en mairie, la semaine dernière, pour protester et signaler la découverte de nombreuses nouvelles coupes.

    Une enquête avait été ouverte suite à une plainte déposée par la maire pour des coupes illégales de 64 arbres sur une parcelle communale, mais elle a été classée sans suite, les habitants n’ayant pas encore réussi à prendre en photo l’homme en flagrant délit.

    Une réunion avait également été organisée en sous-préfecture à ce sujet, avec des membres de l’OFB (Office français de la biodiversité) et de l’ONF (Office national des forêts), à la demande de la sous-préfète. « Cela n’a rien donné, et les coupes d’arbres ont toujours continué », regrette la maire du village, Nadine Curnier.

    Des forêts « décimées »

    L’homme, déjà vu en train de couper des arbres sur une parcelle qui ne lui appartient pas par une habitante du village, revend le bois pour en faire du bois de chauffage. Il embaucherait plusieurs hommes pour l’aider à couper les arbres, selon les habitants, les propriétaires de parcelles et la maire du village.

    De nombreux propriétaires des parcelles où l’homme a coupé des centaines d’arbres n’ont pas porté plainte par peur des représailles, ce que déplore la maire. « C’est aux propriétaires privés de porter plainte, je ne peux pas me substituer à eux », avance-t-elle, regrettant de voir les forêts de son village « décimées ». L’une des propriétaires d’une parcelle, où l’homme a coupé de nombreux arbres, a fait faire un constat d’huissier.

    La coupe d’arbres dans une forêt appartenant à autrui constitue un délit. Le Code forestier vise notamment les arbres présentant au moins 20 centimètres de circonférence et prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    Des revendications lycéennes identiques à celles de la FSU

    La FSU, la CGT et Solidaires appellent, ce mardi, à manifester en soutien aux lycéens mobilisés à Manosque et à Digne-les-Bains. « On appelle à rejoindre cette mobilisation des lycéens le plus massivement possible, parce qu’au fond, les revendications des lycéens sont les mêmes que celles de tous les syndicats de salariés depuis des années, c’est-à-dire en finir avec une politique dramatique à tous les points de vue, et qui n’a comme seule réponse que la répression et le passage en force à chaque fois », explique Gweltaz Broudic, cosecrétaire de la FSU 04.

    « On a une réponse qui est délirante, aussi bien d’un point de vue policier qu’à l’éducation nationale. Vendredi, on avait la police dans le lycée des Iscles, à Manosque. Aujourd’hui, il y avait les gendarmes dans le collège de Château-Arnoux », regrette le cosecrétaire de la FSU.

    Des revendications noyées

    par les images de feux de poubelle

    Le syndicat continue à demander le désarmement des forces de l’ordre pendant ces manifestations lycéennes « plus que jamais, puisqu’on a encore un lycéen qui a été blessé ce lundi par une grenade de désencerclement ». La FSU espère aider à faire entendre les revendications des lycéens « qui sont noyées par les images de feux de poubelle qui tournent en boucle ».

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.

  • Clubs de sports : le grand coup de pompe des bénévoles

    Clubs de sports : le grand coup de pompe des bénévoles

    La scène est immuable. Un dimanche matin, alors que le jour pointe, débute le va-et-vient des voitures sur le parking d’un stade ou d’un gymnase.

    Ces ballets où parents et bénévoles de clubs se rencontrent, pour organiser les déplacements des jeunes aux quatre coins d’un département, voire plus loin, est mis à mal par l’inflation galopante du prix des carburants. « Nous avons un budget qui tourne autour de 90 000 euros, dont le tiers pour les frais de déplacement. Avec un gasoil qui a augmenté de 40%, forcément, cela complique tout. » Loïc Pons voit désormais dans chaque week-end un nouveau sujet d’inquiétude. Car le club de rugby qu’il préside est situé à Briançon. « Pour nous, chaque équipe qui doit jouer hors de la ville signifie des dépenses de plus en plus lourdes à supporter. »

    Même si son club a recours à des minibus pour assurer le transport de ses équipes, « avec pour la sortie la plus proche au moins trois-quart d’heure de voyage », précise le dirigeant, « nos transporteurs subissent eux aussi la hausse des prix du carburant ».

    La situation est la même du côté de Digne-les-Bains. Car, même si le club de rugby local a investi dans sept véhicules, « afin de ne pas solliciter les parents pour nos déplacements », les factures ne cessent de grimper pour Jérémy Teyssier. Le président du club, organisateur de la Coupe du monde de rugby amateur, a déjà convoqué une réunion de crise avec ses dirigeants. « Nous avons comme priorité de ne pas sacrifier les gamins. C’est pourquoi nous faisons le dos rond en maintenant les déplacements coûte que coûte. » Néanmoins, il a conscience que son club risque d’accuser un fort déficit. « Si rien n’évolue, nous organiserons une réunion avec les parents, pour voir dans quelle mesure ils pourraient nous aider. » La décision de la Fédération de football, qui a annoncé ce week-end une aide d’un million d’euros pour les clubs amateurs, sous forme de bons, devrait apporter un peu de répit. Du côté de Briançon, Loïc Pons ne veut pas solliciter les parents. « Il ne faut surtout pas que le chien se morde la queue et éviter de pénaliser les familles. » C’est pourquoi il a proposé à d’autres clubs de la ville « de mutualiser nos déplacements, quand cela est possible ».

    Si le rugby résiste, du côté de l’Olympique rovenain, on commence à tirer sur la corde. « Certains parents ne peuvent plus accompagner leurs enfants », soupire Christophe Rouzault. Le club de football qu’il préside est un des plus dynamique en matière de formation. Ce qui signifie des équipes de jeunes qui se déplacent dans tout le pays. « Nous allons sur Bordeaux, Saint-Etienne, voire en Corse. Nous avons deux minibus, mais chaque voyage, ce sont des pleins qui dépassent désormais les 160 euros par véhicule. Et je dois reconnaître que cela commence à taper dur ! »

    Octobre, un mois crucial

    S’il n’en est pas encore à renoncer à certains déplacements, comme c’est le cas dans certaines régions, il reconnaît que la situation « devient de plus en plus tendue. Et nous aurons à faire des choix à la fin du mois d’octobre si rien ne change ».

    À Aix-en-Provence, le club phare de l’escrime français a déjà enregistré des forfaits. « Si nous pouvons encore financer nos sorties, certains parents ont déjà jeté l’éponge, y compris pour les entraînements », déplore Frédéric Negroni. Le vice-président du club d’Escrime du Pays d’Aix organise des covoiturages, « afin que les familles qui le peuvent encore puissent continuer à accompagner les jeunes. Cela fonctionne sur les petites destinations », note-t-il.

    Le covoiturage, c’est également devenu la norme au Smuc. Le club marseillais incite les familles à cette pratique. « Et nous avons aussi des minibus pour les soulager. » Mais, le président de la section rugby, Stéphane Tollet s’attend « à des lendemains de plus en plus compliqués ». Les dirigeants interrogés ont aussi conscience que leurs clubs sont pris dans un étau infernal, qui écrase tout. « Nos partenaires sont aussi à bout de souffle », explique Loïc Pons. « Certains nous suivent encore, mais jusqu’à quand ? », s’interroge-t-il. « D’autant plus que les aides institutionnelles se réduisent », déplore Christophe Rouzault.

  • Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Les entreprises de Forcalquier formées à l’autoconsommation

    Des entreprises de la zone d’activité des Chalus ont été formées lors d’un atelier, vendredi, à l’autoconsommation, une gestion de l’énergie « citoyenne et collective » : des producteurs et des consommateurs d’énergie s’unissent au sein d’un collectif pour gérer et partager entre eux l’énergie produite. Les membres définissent ensemble les règles de répartition de l’énergie.

    Frank Van de Velde, des Centrales villageoises, une coopérative qui promeut l’énergie renouvelable, a présenté ce dispositif aux adhérents de l’association d’entreprises. Sa coopérative promet de n’utiliser que des zones anthropisées, déjà artificialisées, comme des friches, des toitures ou des parkings. Elle a déjà un projet sur une ancienne décharge polluée à Banon, qui pourrait alimenter 100 foyers. « On va dispatcher et vendre cette énergie aux plus proches, c’est-à-dire aux habitants, aux entreprises de la commune de Banon et ses alentours », explique Frank Van de Velde. Cette consommation locale évite d’avoir des pertes dues au transport, avance-t-il. La coopérative promet « un prix compétitif » et une baisse de la facture des utilisateurs de cette énergie renouvelable.

    « On a à peu près 70 opérations d’autoconsommation collective qui fonctionnent sur la région », a précisé Joël Viard d’Enedis. « Quand est-ce qu’on lance un projet ici ? » se sont réjouis les participants, tous adhérents de l’association des entreprises de la zone d’activité des Chalus, à la fin de la présentation.

    Pour de meilleures conditions de travail

    Justine Cannelle, de la Chambre des métiers et de l’artisanat, a ensuite présenté le nouveau dispositif « mon parcours économie d’énergie », qui vise à « sensibiliser à la rénovation énergétique des locaux professionnels ».

    Justine Cannelle aide les entreprises à trouver des subventions ou des aides auxquelles elles sont éligibles pour de la rénovation énergétique. Elle se déplace également dans des locaux pour des prédiagnostics, identifier les sources de déperdition de chaleur et préconiser des actions à mettre en place. « L’objectif, c’est que vous fassiez des économies d’énergie, mais aussi, de travailler sur le confort au travail, notamment si vous avez des salariés. Quand on travaille dans une boulangerie, que d’année en année, on a de plus en plus chaud, et qu’on a un local orienté sud, c’est intéressant de se projeter sur les années futures et de se dire que les conditions de travail vont être de plus en plus difficiles si on n’agit pas maintenant sur le bâtiment », a-t-elle avancé.

    Joël Viard d’Enedis a finalement sensibilisé les entreprises à la consommation responsable : « Il y a des moments de la journée où l’on produit plus que ce qu’on consomme. La surproduction peut détériorer des équipements sensibles. Cela amène de la surtension et du survoltage », a-t-il expliqué. Il a par exemple conseillé de recharger son véhicule électrique, d’utiliser son ballon d’eau chaude ou de faire ses lessives « pendant la cloche solaire », le pic de production, plutôt que la nuit, où il n’y a pas de production.

  • Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Le CIDFF des Alpes de Haute Provence poursuit son action pour les femmes étrangères

    Dans le cadre de la semaine de l’intégration, organisée de lundi à vendredi par la préfecture et le ministère de l’Intérieur, le CIDFF espère donner de la visibilité à ses actions pour les femmes étrangères, peu identifiées par leur public cible. « Le CIDFF n’est pas forcément identifié sur ce public-là. On nous identifie souvent sur le droit des femmes, mais on accompagne aussi les personnes primo-arrivantes ou étrangères », explique Wided Halaoua, directrice du CIDFF 04.

    Le CIDFF tient par exemple une permanence juridique en droit des étrangers pour les victimes de violences, et accompagne les femmes primo-arrivantes pour leur insertion professionnelle. « On a un dispositif qui s’appelle Opération’elles, qui soutient les femmes étrangères et primo-arrivantes à travers des journées d’ateliers collectifs qui permettent de travailler la confiance en soi, la connaissance des droits en France, la valorisation des compétences, l’interculturalité, la déconstruction des stéréotypes de genre… Donc c’est accompagner les femmes vers l’emploi, mais plus généralement, lever les freins qu’elles peuvent rencontrer », précise la directrice. Le CIDFF intervient également au Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada).

    Les femmes primo-arrivantes ont souvent quitté leur pays à cause de violences, ou en ont subi pendant leur parcours migratoire. Le CIDFF 04 est ainsi amené à accompagner des situations dans lesquelles les violences peuvent être directement liées au parcours ou au contexte d’origine : mariage forcé, excision, violences subies au cours du parcours migratoire…

  • [Nucléaire] Renforcer l’accès à l’emploi

    [Nucléaire] Renforcer l’accès à l’emploi

    Technicatome, qui conçoit et développe les réacteurs nucléaires compacts et dont une partie de l’activité est basée à Aix-en-Provence, vient de signer une convention de partenariat avec le lycée professionnel les Iscles, basé, lui, à Manosque. Objectif de cet accord : renforcer « des liens entre l’entreprise et le monde étudiant pour faciliter l’intégration professionnelle », estime Technicatome, alors que l’établissement propose « plusieurs formations intéressantes » pour ses activités dont, depuis peu, un BTS Environnement Nucléaire. Dans le même principe, Technicatome avait signé, en 2025, un accord-cadre avec l’Université d’Aix-Marseille (AMU). Cette signature veut aussi marquer « l’engagement territorial » du groupe. « L’implication dans le tissu local (…) est une volonté forte de l’entreprise », poursuit Technicatome. « Nous travaillons depuis plusieurs années avec le lycée professionnel Les Iscles qui représente une source importante de recrutement de techniciens d’exploitation pour notre site de Cadarache. Nous allons aujourd’hui un cran plus loin dans nos relations école-entreprise », déclarait de son côté Marie Perrot, directrice des ressources humaines de Technicatome.

  • Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    Les Hautes-Alpes au soutien de BFM Dici

    « On vivait un ascenseur émotionnel depuis des mois, souffle un salarié de BFM Dici, qui souhaite garder l’anonymat. La décision a été une vraie surprise. » Mercredi 30 septembre, le groupe CMA Media a annoncé aux salariés de BFMTV qu’il renonçait à la vente des neuf chaînes locales, faute de repreneur. Mais deux d’entre elles, dont BFM Dici qui est en charge des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence, vont devoir fermer d’ici la fin de l’année. Pourtant, « les signaux étaient encourageants », assure le salarié de la chaîne, sidéré.

    Dans les Hautes-Alpes, les réactions de soutien sont nombreuses. Jean-Marie Bernard (LR), président du Département, s’est dit « attristé » pour les treize salariés, mais aussi pour les Haut-Alpins, qui « méritent largement cette fenêtre lumineuse sur leur quotidien, qui méritent de la pluralité et de la diversité pour leur information ». « Dans un territoire rural et montagnard comme le nôtre, l’information locale n’est pas accessoire, a réagi la députée Marie-José Allemand (PS). Elle participe directement à la vitalité démocratique, à la connaissance de ce qui se passe dans nos vallées et à la mise en lumière de celles et ceux qui font vivre les Alpes du Sud. »

    Le préfet Philippe Bailbé s’est dit prêt à « appuyer les initiatives permettant de concourir, dans le respect des responsabilités et des prérogatives de chacun, à la recherche d’une issue et de préserver un média local important pour les Hautes-Alpes et les emplois qui y sont associés ».

    Le Parti communiste français du département s’inquiète également de cette fermeture : « La démocratie ne peut s’exprimer qu’avec une pluralité de voix libres », a relevé la secrétaire départementale Sophie Delfino. Pour Jean-Marc Passeron, le créateur de DICI TV, chaîne locale devenue propriété de BFM, « une fermeture serait à ce stade un gâchis ». Il espère qu’une initiative émergera rapidement pour contredire la direction prise.

    Agathe Di Lenardo

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »