Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    En un an, cette maison est devenue exactement ce que nous avions rêvé qu’elle soit : un refuge, un repère, un tremplin. » Les différents acteurs qui ont participé à la création de la maison des femmes de Manosque, le CIDFF, la mairie, l’hôpital, la Région et le Département, se sont félicités de son bilan pour son premier anniversaire jeudi. « Un grand merci aux femmes qui franchissent la porte de cette maison. Leur confiance nous rappelle chaque jour pourquoi elle existe », a déclaré Laetitia Serena-Bidalot, directrice du CIDFF 04 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

    « Ce lieu a été placé sous l’égide de Simone-Veil. Porter son nom pour une maison des femmes et de l’égalité n’est pas qu’un symbole. C’est une boussole », a lancé Lila Desjardins, présidente du CIDFF 04. « En ouvrant nos portes il y a un an, nous lui avons fait une promesse : celle de ne jamais reculer, de ne jamais détourner les regards face aux violences, aux inégalités et au silence qui étouffent encore trop de parcours de vie », a-t-elle ajouté.

    En un an, la maison des femmes a accompagné « plus de 340 femmes, dont 65% de victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexistes ou sexuelles », s’est réjouie la directrice sortante du CIDFF. Dans ce lieu d’accueil, d’écoute, d’entraide et de relaxation, les femmes peuvent « fuir les violences, venir chercher un conseil juridique, un soutien psychologique ou simplement briser l’isolement et trouver un espace bienveillant », a rappelé Lila Desjardins.

    « Nommer ce qui fait mal »

    « Il faut un courage immense pour demander de l’aide, nommer ce qui fait mal et oser revendiquer ses droits. À chacune d’entre vous, votre résilience force mon admiration », a salué la présidente du CIDFF 04 en s’adressant aux femmes accompagnées par la maison Simone-Veil.

    Le président du groupement hospitalier territorial, regroupant notamment les hôpitaux de Digne-les-Bains et de Manosque, a rappelé que la maison des femmes avait ouvert ses portes « avec une conviction simple mais essentielle : aucune femme ne doit rester seule face aux violences ». « Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les distances et l’isolement rendent l’accès aux dispositifs plus difficile », a regretté Gilles Duffour. En un an, 153 patientes âgées de 15 à 79 ans ont été accueillies pour des consultations médicales au sein de la maison Simone-Veil. Elles ont pu y rencontrer une assistante sociale, une psychologue ou encore une sage-femme.

    Hausse des violences

    Le maire sortant de Manosque Camille Galtier s’est réjoui d’avoir apporté avec cette maison des femmes « un nouveau service public à la population ». Il a fait le vœu de pouvoir la fermer, espérant que « les violences, les inégalités et les discriminations disparaissent ». Il a regretté que « les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre familial » aient « augmenté » dans la ville de Manosque.

    « Protéger une femme, c’est aussi très souvent protéger un enfant. Une mère sécurisée, c’est un enfant que l’on préserve de l’ombre des violences », a rappelé Stéphanie Colombero, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires sociales et des solidarités.

    La directricedu CIDFF 04 s’est vue remettre la médaille de la ville par le maire sortant, « symbolisant son engagement pour la maison Simone-Veil ».

  • Le maire sortant de Forcalquier fait salle comble

    Le maire sortant de Forcalquier fait salle comble

    Création de logements, nouvelle maison de santé, écoles, pôle des arts et de la culture, pôle aqualudique… Le maire sortant DVD de Forcalquier, candidat à sa réélection, a présenté les projets « structurants » de son programme aux habitants lors d’une réunion publique jeudi soir, à trois jours du premier tour.

    Le candidat s’est félicité à plusieurs reprises d’avoir le soutien de Renaud Muselier, le président Renaissance de la Région Sud, venu la semaine précédente visiter plusieurs établissements financés par sa collectivité, parmi lesquels l’hôpital de Manosque et le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier. Une occasion de marquer son soutien aux deux maires sortants DVD candidats à leur réélection de ces deux villes, Camille Galtier et David Gehant. Lors de ce déplacement, Renaud Muselier avait promis de participer au financement de la nouvelle maison de santé de Forcalquier, prévue dans le programme du maire sortant. C’est l’un des cinq points sur lesquels il a insisté jeudi soir, devant une foule de quelques centaines d’habitants venus l’écouter.

    Attirer des médecins

    « On ne veut surtout pas perdre l’opportunité de pouvoir attirer des médecins, donc on va créer une nouvelle maison de santé. On en a discuté avec les soignants au mois de novembre dernier, et on a validé cette option », a expliqué le maire sortant. Ce projet devrait permettre selon lui « d’aller encore plus loin » et d’attirer « de nouveaux spécialistes qui manquent localement », comme des kinésithérapeutes, des dentistes, des dermatologues ou encore des ophtalmologues. Le candidat a estimé le coût de cette maison de santé à « à peu près 1,8 million » d’euros. Il a rappelé la situation du centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, qui a déjà accueilli « 22 000 patients ». « On est les seuls du département à avoir accès à des médecins 7 jours sur 7 », a-t-il affirmé.

    Côté éducation, David Gehant s’est engagé à « faire le choix entre la réhabilitation de nos écoles actuelles ou la création d’un nouveau groupe scolaire » en concertation avec les enseignants, les élèves et les parents, et à appliquer l’une de ces deux solutions d’ici la fin de son potentiel prochain mandat en 2032. À la fin de sa réunion publique, le candidat a affirmé avoir mis en œuvre « 96% du projet » pour lequel il a été élu.

    David Gehant avait quitté le parti Les Républicains en décembre 2022, suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti. Il se présente désormais comme candidat divers droite, tout en affirmant que 93% de sa liste n’a aucune appartenance politique.

  • [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi êtes-vous devenue marraine de la maison des femmes à Manosque ?

    Karen Sadlier : La maison des femmes de Manosque m’a invitée à être marraine, et j’étais très contente de le devenir parce que je trouve que toutes les maisons des femmes sont extrêmement importantes pour le suivi, l’accompagnement et la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’ils m’ont connue parce que je donne beaucoup de conférences et j’écris des livres sur le sujet, surtout sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants. L’agresseur peut utiliser son autorité parentale et son droit de visite pour continuer à exercer les violences.

    Pourquoi le sujet de la conférence, l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, est-il important pour vous ?

    K.S. : C’est un sujet très important parce que les enfants sont co-victimes des violences dans le couple. Les violences continuent après la séparation et s’exercent dans la parentalité. 80% des enfants sont témoins oculaires ou auditifs des violences au sein du couple. 50% sont aussi victimes de maltraitances physiques de la part de l’auteur. 60% de ces enfants ont présenté des troubles post-traumatiques en lien avec les violences dans le couple. En France, pendant longtemps, on avait l’idée que l’enfant restait indemne, alors que les enfants sont en grande souffrance par rapport à ces violences et doivent être vus comme des victimes.

    De quoi allez-vous parler à la conférence ?

    K.S. : Je vais parler de comment la violence au sein du couple va s’exercer dans la parentalité. L’idée « ça peut être un mauvais conjoint, mais un bon parent », on a des centaines d’études qui montrent le contraire. Ils sont en difficulté sur la parentalité.

  • La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    Créer du lien et permettre à tous d’accéder à une alimentation saine à prix abordable, en fonction de ses moyens : tels sont les objectifs de l’association Chiche, qui a organisé mercredi sa première cantine solidaire à Digne. « Pour l’instant, on a essentiellement des personnes qui ne sont pas en précarité », regrettent les organisatrices. La cantine est ouverte à ceux qui ont les moyens, essentiels pour l’équilibre économique. « Pour que le modèle économique fonctionne, il faut toujours un tiers des repas réservé pour les personnes en précarité », explique Gitanjali Picovschi, l’une des trois fondatrices de Chiche. Les sommes plus importantes données par les personnes qui ont les moyens permettent de financer les repas de celles qui sont dans le besoin, les ingrédients et les locaux. « Si une personne ne paye pas, il faut derrière qu’une personne paye », précise Gitanjali Picovschi. « Si on a que des personnes qui ont les moyens, ça devient un entre-soi, un restaurant, ce n’est pas l’intérêt », ajoute-t-elle.

    L’association Chiche a été créée en juillet 2024 avec l’objectif d’ouvrir la première cantine solidaire de Digne. « Pendant un an et demi, en attendant d’avoir nos locaux, on a participé à des actions culturelles, fait des buffets et structuré un réseau de bénévoles », explique Fanny Lorgeron, une autre des trois femmes à l’initiative du projet. « Depuis des mois, on travaille et rencontre les services sociaux du département, les associations locales », pour faire connaître la cantine et ramener un public précaire.

    À la recherche d’un local

    Six travailleurs du CADA sont d’ailleurs venus tester la première cantine mercredi midi, pour ensuite la faire découvrir aux demandeurs d’asile bénéficiaires. Chiche loue un local partagé à l’association étudiante Pan’IUT et cherche à en acquérir un nouveau, toujours dans le quartier prioritaire de la ville du centre ancien. Au menu pour ce premier jour : au choix, boulettes de viande ou steak de butternut, houmous, salade composée et moelleux au citron avec sa sauce à la lavande. Ce jeudi, pour le deuxième, ce sera tarte aux poireaux, avec une version aux lardons, velouté de courge et crème au chocolat. En cuisine, plusieurs bénévoles, parmi lesquels « un monsieur qu’on a croisé tout à l’heure dans la rue », lance Gitanjali Picovschi. « N’importe qui peut venir cuisiner » et bénéficier d’un repas gratuit pour le remercier de son aide. « On a même des personnes précaires qui viennent cuisiner, voir du monde, mais ne mangent pas car elles ont besoin de collectif plus que de repas », explique Fanny Lorgeron. L’idée est aussi de « permettre à tout le monde d’apprendre de nouvelles choses et partager des nouvelles recettes ». Des demandeurs d’asile maliens ont déjà réalisé des recettes de leur pays lors de l’inauguration de l’ancien local de Chiche, que l’association n’a finalement pas pu garder. « Au début, on avait peur de pas avoir suffisamment de monde, mais en fait on a été complet en trois jours ! », se réjouit Fanny Lorgeron.

  • À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto dans la mêlée

    À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto dans la mêlée

    « Il n’y a pas de liste de gauche à Digne sur cette élection, mais pour un électorat de gauche, qui est quand même important, je pense qu’ils se retrouveront sur notre liste, même sans étiquette, par rapport aux autres listes qui sont toutes clairement estampillées droite. » Face au boulevard laissé par l’absence de la gauche à Digne, Julien Di Benedetto espère capter ses électeurs. « Certains utilisent le sans étiquette comme une façade alors que leur liste est de droite », mais, « nous, c’est une conviction », assure le candidat.

    Les deux tiers de sa liste sont issus de la société civile, le reste étant issu de la gauche et de la droite. Parmi les colistiers de gauche, le communiste Gérard Esmiol et l’élue d’opposition Geneviève Primiterra, ancienne tête de la liste d’union de la gauche de Digne en 2021. Face à eux, Jean-Luc Brochier (DVD) se présente avec des colistiers notamment issus de Reconquête et du RN. Les socialistes ont quitté la liste du candidat Francis Kuhn après le ralliement de membres des Républicains. Les deux candidats restants sont eux aussi ancrés à droite.

    S’il était élu, Julien Di Benedetto promet de siéger au conseil de surveillance de l’hôpital pour « s’assurer du contrôle et de la gestion et faire valoir les intérêts de la ville », alors qu’un plan d’efficience prévoit de supprimer 29 postes. Il a par ailleurs pour projet de « sortir la prison, insalubre, installée dans un ancien château médiéval, de l’hypercentre, pour en faire un musée d’art, d’histoire et de la lavande ». Concernant la sécurité, il mise sur la prévention plutôt qu’un « mode sécuritaire répressif ». Ses adversaires lui reprochent de ne pas travailler à Digne, mais il revendique être le seul candidat à y être né et promet qu’il quittera ses fonctions en Seine-et-Marne s’il est élu.

  • Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Une candidate pour redynamiser Pra Loup

    Plus de transparence, développer les infrastructures estivales, investir dans des projets d’avenir… Telles sont les propositions de la jeune candidate de 35 ans Clémentine Marinier à Uvernet-Fours, commune où se trouve la station de ski de Pra Loup. Commerçante à Pra Loup pendant 13 ans, elle s’est entourée d’une équipe de 10 colistiers : une agricultrice, une restauratrice, un charpentier ou encore une enseignante.

    Le maire sortant, « un ancien militaire » à la tête de la commune depuis 2014, « préférait faire des économies plutôt que d’investir sur du long terme », selon Clémentine Marinier. « En 15 ans, j’ai vu Pra Loup stagner, quand les autres stations autour de nous évoluaient et se modernisaient », déplore-t-elle.

    Une liaison entre Pra Loup et la Foux d’Allos

    La candidate regrette notamment que la mairie n’ait « pas son mot à dire », « pas le droit de donner son avis » concernant le projet à 43 millions d’euros de liaison à ski reliant la Foux d’Allos à Pra Loup. Elle souhaite « redynamiser, revaloriser le patrimoine, avoir des emplacements plus verts ».

    Concertation citoyenne vendredi à 8h à l’office de tourisme.

  • Le Regain Manosquin présente son programme en collectif

    Le Regain Manosquin présente son programme en collectif

    Social, santé, environnement, logement, culture… Les différents colistiers de la liste manosquine d’union de la gauche ont présenté leur programme pour la commune mardi soir à l’occasion d’une réunion publique. Pour commencer, ils ont clairement revendiqué et assumé leur ancrage à gauche et les valeurs qui vont avec : « solidarité, justice sociale, environnement et démocratie participative ». « Contrairement à d’autres, nous n’avons pas la gauche honteuse », a lancé Guillaume Bertolina, l’un des colistiers, en introduction. La liste se présente comme « un contrepoids » à la gestion « autoritaire et centralisée » de la commune par son maire sortant DVD Camille Galtier.

    En matière de démocratie participative, les candidats proposent notamment « des conseils municipaux décentralisés » et « la reconversion de l’ancien tribunal en un grand lieu de vie collective ». La colistière Emilie Benaïcha-Lauvergeon a insisté sur la solidarité et la défense de la justice sociale. « La condition des uns détermine la condition de tous », a-t-elle affirmé. Les candidats veulent « dédier un adjoint à la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences ». Ils proposent « une tarification sociale de la cantine jusqu’à la gratuité pour les familles les plus fragiles », un « fonds d’urgence municipale pour protéger les plus fragiles » et « une mutuelle communale solidaire ».

    Un bus santé pour tous

    Concernant la santé, la liste souhaite notamment créer « un bus santé qui parcourrait la ville pour des campagnes de prévention ». « La santé est un droit universel et pas un moyen de faire de l’argent pour certains secteurs privés », a revendiqué le colistier Justin Collin. Il a déploré la démission du maire sortant du conseil d’administration de l’hôpital, « un renoncement politique et une grande déchirure », et a apporté son soutien aux « salariés précarisés par les politiques d’austérité de l’hôpital ». « Il faut qu’on répare ce lien avec le personnel », a-t-il affirmé.

    Les habitants ont questionné les candidats sur la potentielle fermeture du centre de santé Oxance et sur celle des urgences. « Soigner les gens a un coût, mais nous sommes prêts à l’assumer », ont-ils répondu, souhaitant « un centre de santé avec des médecins salariés sans dépassements d’honoraires ». Concernant la sécurité, les colistiers ont dit vouloir s’attaquer aux « causes profondes » et à « l’insécurité sociale » pour éviter que les jeunes soient « en déshérence » et « basculent dans la violence ». « Nous refusons de voir Manosque s’enfoncer dans la libéralisation », a conclu Patrick Rousset, la tête de liste. « Manosque mérite mieux. Nous, nous avons choisi de défendre les services publics. »

  • Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    « Habituellement, je dois faire 30 km pour aller voir ma sage-femme. Là, c’est elle qui se déplace pour me voir. » Partiellement en invalidité, Marie Grégoire doit d’habitude monter au fin fond de la vallée du Haut Verdon, en prenant une route difficile à pratiquer, gelée l’hiver, pour aller voir sa praticienne et faire sa rééducation du périnée. Mais lundi, c’est sa sage-femme, Nelly Vial, qui est venue à elle à Saint-André-les-Alpes à bord du tout nouveau bus santé, qui permet aux habitants de villages isolés de consulter des professionnels de santé.

    Trois jours par semaine, le bus santé, lancé lundi, fait sa tournée et dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon. À son bord, un praticien différent à chaque passage. L’équipe médicale est pour l’instant composée de trois médecins généralistes, une infirmière en pratique avancée, deux orthophonistes, une opticienne, un kinésithérapeute et une sage-femme volontaires.

    « On doit prendre une demi-journée à chaque fois qu’on va voir le médecin », déplore Béatrice Sindres, heureuse de découvrir le bus santé, elle aussi venue consulter la sage-femme. « Pour voir un cardiologue, il faut faire 1 heure de route », ajoute-t-elle. « Je dois prendre un jour à chaque fois pour aller à Manosque pour le suivi de ma thyroïde », abonde Céline Tissier, secrétaire du bus santé et habitante de Castellane. Dans cette commune, les délais sont généralement de quatre semaines pour voir un médecin généraliste. « L’été, c’est encore pire avec tous les vacanciers, la population passe de 1 500 à 25 000 habitants », ajoute la secrétaire. Marie Tani, autre patiente du bus santé, a elle dû aller à Nice pour se faire opérer la main. Lundi, pour la première tournée du bus, une patiente est même venue de Digne-les-Bains, à 45 minutes de route, ayant du mal à trouver des médecins même dans le chef-lieu du département.

    « On en a besoin, c’est bien de venir aux gens et de ne pas avoir des délais excessifs », se réjouit Karine, habitante de Castellane qui doit aller jusqu’à Draguignan, à plus d’une heure de route, pour consulter. Le bus permet notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite, qui ne sont plus en capacité de se déplacer, de consulter. Lundi matin, une patiente de 85 ans a pu consulter la sage-femme, sans rendez-vous, voyant le bus garé devant chez elle à Allons. « Bravo, c’est bien ! », lance une travailleuse du centre médico-social voisin, venue se renseigner sur la manière dont les personnes qu’elle suit peuvent prendre rendez-vous.

    Premier du département

    « Le bus santé est en phase d’expérimentation pour trois ans. Les communes desservies, majoritairement sur la communauté de communes Alpes Provence Verdon, ont été sélectionnées selon un diagnostic prenant en compte l’offre de soins locale », explique Vincent Kaskarian, coordonnateur du bus. Pour mener le projet a bien, l’association CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé) a eu des financements importants de la Région, de l’ARS, du programme européen Leader, de l’Assurance maladie, de la MSA et de la communauté de communes Alpes Provence Verdon. « L’objectif est que le bus puisse passer un ou deux jours de plus par semaine », ajoute le coordonnateur.

    Jeudi 12 mars, infirmière en pratique avancée à Rougon et à Trigance. Précisions, autres dates et prise de rendez-vous en ligne ou au 03.10.45.63.66.

  • Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    La présidente du département Eliane Barreille a ouvert l’assemblée départementale en saluant les médailles gagnées au Salon de l’agriculture et le classement du département comme troisième préféré des Français, avant d’évoquer « le chantier du siècle », les travaux du Pas de la Rochaille, qui devraient coûter plus de 60 millions d’euros, contre les 30 millions initialement prévus. Cette route près de Barcelonnette « est fréquentée par de nombreux camions italiens », a expliqué Eliane Barreille, avançant comprendre que le projet soit difficile à accepter pour les habitants de l’Ubaye puisqu’il y aura « des coupures de circulation pendant cinq ans ».

    La présidente du département a ensuite fait voter le renouvellement d’une augmentation des frais de déplacement des élus, proposant notamment un remboursement des repas à hauteur de 30 euros au lieu de 20, ce à quoi la conseillère départementale d’opposition de gauche Geneviève Primiterra s’est opposée. « Il est légal, mais pas moral que des élus profitent de ces remboursements », a défendu l’élue. Eliane Barreille a dénoncé un « dérapage complet », niant le terme de « profiter ». Les conseillers départementaux ont voté pour le renouvellement de l’augmentation, avec un vote contre et une abstention.

    Nouvelles aides pour les internes

    Les élus ont également voté pour une nouvelle aide financière aux internes en médecine générale venant exercer dans le département. « Le nombre d’internes a doublé sur le département » depuis le renforcement de ces subventions en 2022, a salué la présidente du département. Ils sont actuellement au nombre de 46, dont 27 dans les hôpitaux, a-t-elle précisé. Le département espère qu’ils s’installent durablement dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin de leur internat. Cinq étudiants en médecine ont sollicité cette aide pour ce semestre.

    Les élus ont aussi voté un appel à projet de 10 000 euros ouvert aux 14 collèges « pour soutenir des initiatives en lien avec l’alimentation saine et durable et sensibiliser au gaspillage », ainsi que pour « promouvoir des produits bio et locaux ». L’élue d’opposition Genevière Primiterra a regretté une enveloppe trop faible. « Vous ne mettez pas les moyens », a-t-elle affirmé.

    Eliane Barreille a tenu à organiser une conférence de presse en soutien au maire sortant de Manosque, candidat à sa réélection et conseiller départemental Camille Galtier, à la fin de l’assemblée départementale, en présence des élus des cantons de Manosque. « Certains propos méritent des éclaircissements », a avancé la présidente du département, insistant sur les projets de contournement routier proposés par les différents candidats aux élections municipales. « Certaines propositions » pour désenclaver et désengorger Manosque « utilisent des terres agricoles en zone agricole protégée (ZAP) », a-t-elle déploré. « Il est impératif de ne pas pénaliser les agriculteurs », « Je m’y opposerai de toutes mes forces », a martelé la présidente.

    Elle a défendu le projet de contournement du maire sortant de Manosque, « non consommateur d’espaces agricoles » et qui pourra être soutenu par le département. Camille Galtier, candidat à sa réélection, a défendu « la plus grande zone agricole protégée de la région » et « l’une des trois plus grandes de France ». « On est heureux d’avoir du dynamisme et des bouchons, ça veut dire qu’on est attractifs », a-t-il soutenu, décrivant Manosque comme « la locomotive du département ». Il a dénoncé une potentielle « catastrophe écologique et environnementale » dans les projets de ses adversaires « parachutés à un mois de l’élection », faisant référence au candidat RN-UDR déclaré le dernier jour de dépôt des candidatures. « Depuis la fin du cumul des mandats de député et d’élu local, des gens de Paris se présentent en local alors qu’ils sont déconnectés », a-t-il affirmé.

  • À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    Syndicalistes, associatifs, maires, députés de gauche et habitants se sont réunis vendredi, à Sisteron, pour soutenir la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron lors de son meeting de fin de campagne. Les colistiers ont insisté sur « la défense des services publics à Sisteron», la santé et l’idée de «dépersonnifier le pouvoir politique». Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04, a évoqué la lutte pour la réouverture des urgences à Sisteron. «La lutte paye quand on a des relais locaux progressistes», a-t-il affirmé. «Tous les hôpitaux tiennent sur un fil, ils sont tellement à flux tendu qu’il suffit qu’un médecin parte à la retraite pour que le service soit menacé de fermeture», a déploré le syndicaliste.

    Michèle Bizot-Gastaldi, maire communiste d’un petit village de 350 habitants, La Palud-sur-Verdon, est également intervenue au meeting. «Il n’y a pas d’élections apolitiques, les listes sans étiquette n’existent pas. Une liste qui rassemble l’ensemble des forces de la gauche dans le département, c’est rare, je salue cette initiative», a-t-elle déclaré. «Tous les services publics sont fondamentaux», a-t-elle ajouté, félicitant les propositions de la liste Demain Sisteron.

    Recruter des médecins salariés

    Olivier Jourdan, deuxième sur la liste, a insisté sur leur proposition phare: recruter des médecins salariés. « Notre collectif s’est fondé sur un gros consensus : mettre les valeurs et le programme avant les noms et les visages », a-t-il martelé. « Nous voulons faire en sorte que chaque Sisteronais et Sisteronaise puisse avoir un médecin traitant, avec l’objectif d’un généraliste pour 1000 habitants », a-t-il expliqué. « Le salariat permet d’attirer médecins plus jeunes », a affirmé Olivier Jourdan.

    Véronique Verdié, secrétaire du collectif Solidarité Réfugiés Sisteron, dont plusieurs membres de la liste font partie, est également intervenue. Elle a insisté sur l’importance d’intégrer les réfugiés et d’avoir une ville accueillante. Claude Mikaelian, colisitier communiste et militant syndicaliste, a évoqué l’importance des «luttes pour le maintien de l’emploi» et a salué la proposition de créer «un lieu de refuge immédiat et sécurisé pour les femmes victimes de violences par un conjoint ou un ex-conjoint». Il a souhaité que Sisteron intègre «l’association internationale des communes pour la paix». L’ancien député Nupes Léo Walter a affirmé : « si on multiplie les communes de gauche dans le département, ça donnera de la force à nos luttes ». «Avoir une commune tenue par la gauche antifasciste est essentiel », a-t-il défendu. La salle était pleine à son comble.