Tag: Aix-en-Provence

  • [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    [Entretien] Éric Borghini : « Le football n’est jamais qu’un microcosme de la société »

    La Marseillaise : Cette assemblée générale était l’occasion pour vous de rassembler les cinq Districts qui composent votre Ligue. Sentez-vous un groupe uni derrière vous ?

    Éric Borghini : C’est la première saison de ma dernière mandature, qui dure quatre ans, jusqu’en 2028, où nous avions, pendant la campagne électorale, fait un certain nombre de propositions qui ont été acceptées avec ma réélection. Et c’est ce qu’on a commencé à mettre en œuvre avec beaucoup de bonheur, puisque l’un des points principaux était de resserrer les liens au niveau de la gouvernance entre la Ligue et les Districts. C’est ce qui a été fait. Les présidents de Districts font partie intégrante du bureau exécutif de la Ligue, c’est-à-dire qu’ils participent à sa marche quotidienne. Je crois que c’était très important dans l’aboutissement de la démocratie pour le fonctionnement de la Ligue avec les instances de proximité que sont les Districts.

    Quel bilan dressez-vous
    de la saison 2024/2025 qui s’est achevée il y a quelques mois ?

    E.B. : Ce fut une saison magnifique, surtout au niveau du nombre de licenciés. Depuis l’année dernière, on dépasse la barre historique des 135 000 licenciés. C’est une très grande source de satisfaction. Et puis, sur le plan financier, on termine l’exercice avec un excédent de 70 000 euros. C’est positif parce que, la marche de la Ligue est comme toutes les organisations. On est une petite PME [petite et moyenne entreprise, Ndlr] de 47 employés. On compte sous et centimes d’euros. Mais on a réussi à mener toutes nos actions et je crois surtout, à diversifier les sources de revenus parce qu’on ne peut plus, comme par le passé, vivre uniquement des subventions. Même si la Région, l’État et surtout la Fédération ont fait des efforts. Le président Diallo fait ruisseler un peu cette manne extraordinaire, que représentent les contrats avec Nike, jusque dans les Ligues et dans les Districts.

    On constate une évolution de la féminisation très inférieure par rapport aux saisons précédentes. Comment l’expliquez-vous ?

    E.B. : Sur la féminisation, nous avons, ici, en Méditerranée, je pense, un problème spécifique, qui est celui des équipements. Le prix du terrain au mètre carré en Méditerranée n’est absolument pas comparable avec le prix du mètre carré dans la Creuse, dans d’autres départements ruraux. Les mairies ne peuvent pas construire des terrains de football, autant qu’on en aurait besoin. Il y a des clubs qui voudraient ouvrir des sections féminines, mais qui ne le peuvent pas, qui sont obligés de refuser les petites, parce qu’ils n’ont pas de créneaux pour s’entraîner. Il ne faut pas oublier non plus la baisse de la natalité. C’est une catastrophe qu’on a découverte il n’y a pas longtemps. Les chiffres de la natalité en France se sont effondrés, et naturellement, on a subi les conséquences. Ça explique, en partie, la baisse du nombre de licenciés.

    Le plus grand combat du football moderne reste la lutte contre la violence. Un fléau de plus en plus présent dans les stades, surtout dans le monde amateur…

    E.B. : La recrudescence de ce phénomène de violence s’explique, à mon avis, par l’état de la société française actuelle. Nous vivons dans une France qui est fracturée, désenchantée et complètement la tête à l’envers. Comme d’ailleurs en témoigne la politique aujourd’hui, où on voit de la violence partout, à commencer à l’Assemblée nationale. Il n’y a plus de débat, c’est des injures, des invectives, des violences physiques entre députés. Donc, derrière, il faut bien comprendre que le football n’est jamais qu’un microcosme de la société française. Donc, que faire ? Alors, bien sûr, on renforce l’appareil répressif. Moi-même, dès la première assemblée générale qui a suivi mon élection, j’ai fait voter le principe de la radiation à vie de n’importe quel acteur du football qui provoquerait des blessures volontaires entraînant une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours. Fort heureusement, on n’a pas eu besoin d’en arriver là. Après, il y a le volet pédagogique. Si la répression permettait de régler tous les problèmes, ça fait longtemps qu’on aurait trouvé la solution. Des formations en gestion des conflits pour les dirigeants vis-à-vis des parents, des réunions où on réunit tous les capitaines, sans oublier les dispositifs de la Fédération, comme le carton blanc ou le dispositif de la pause apaisement, sont aujourd’hui les outils qu’on invite à utiliser pour lutter contre ce fléau qui nuit à notre sport.

  • Provence Rugby veut passer la cinquième à Agen

    Provence Rugby veut passer la cinquième à Agen

    Deux équipes avec un même but, ayant une dynamique diamétralement opposée. C’est à Armandie que Provence Rugby se déplace, ce vendredi à 21h, pour y affronter Agen. Avant cette 13e journée de Pro D2, le SUA n’arrive plus à mettre un pied devant l’autre. Philippe Saint-André l’a constaté en conférence de presse, leurs adversaires de la semaine ont réalisé « un excellent début de saison ». Mais depuis, l’orage est arrivé dans le Lot-et-Garonne. Trois défaites de suite dont une à domicile contre Oyonnax. Malgré cela, leur position en championnat est toujours la sixième. Les retrouvailles de Mauricio Reggiardo avec les Provençaux risquent d’être stressantes, pour éviter de s’incliner une quatrième fois.

    Les Aixois débarquent donc à Agen avec la jauge de confiance à 100%. « PSA » énumère les derniers accomplissements de son équipe. « Nous sommes à quatre victoires d’affilée, il y en a sept sur les huit derniers matches, la dynamique est très bonne. Les deux victoires à l’extérieur à Colomiers et Aurillac ont fait du bien, nous avons renversé la table sur ces rencontres. » Les pensionnaires du Stade Maurice-David pointent au 3e rang de Pro D2 alors qu’il ne reste plus que trois matches avant Noël.

    Une météo incertaine

    Une place s’expliquant aussi par des points supplémentaires grattés par-ci, par-là. Le fameux classement britannique permet de compter le nombre de bonus obtenus durant une saison et Provence Rugby est également 3e avec 15 points. À égalité avec Valence-Romans, comme dans le classement total. « On est 2e ex æquo avec le VRDR, alors qu’ils ont une victoire de plus que nous. Cela veut dire qu’on obtient des résultats bonifiés. Il y a 4 bonus offensifs à domicile, on prend des points à Oyonnax ou Angoulême, ce qui veut dire que nous sommes réguliers dans la performance et j’espère que nous le serons vendredi soir », explique le manager.

    Une dernière donnée à prendre en compte, le Lot-et-Garonne a subi les foudres de la météo ces derniers jours et ce sera aussi le cas avant le match. De la pluie, beaucoup, mais les Aixois ont pu se tester mercredi, à l’entraînement, dans ces conditions. Un déplacement humide pour une formation souhaitant conserver son humilité et jouer pleinement sa chance à Agen.

    AGEN – PROVENCE

    13e journée de Pro D2

    Stade Alfred-Armandie (21h)

    AGEN : Jean – Martins, Muscarditz, Garrigues, Etcheverry – Willis, Maunder – Gayraud, Fineanganofo, Lebian – Madigan, Olmstead – Burin, Socino, Guion

    PROVENCE : Portela – Tui, Colombet, Finau, Bituniyata – Salles, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Zafra – Francis, Latterrade, Taofifenua

  • Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Robert Redford devant la caméra de Pollack à Aix

    Pour les cinéphiles, Robert Redford, qui s’est éteint le 16 septembre, c’est avant toute chose l’acteur fétiche du réalisateur Sydney Pollack, « avec lequel il a tourné sept films, signe de la cohérence et de l’exigence d’une œuvre qui, si elle ne s’y limite pas, a fortement marqué le cinéma américain des années 1970 », indique l’Institut de l’image qui délocalise une mini-rétrospective dédiée au « Kid » à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence jusqu’au 30 décembre. Parmi ceux qui y seront projetés, Propriété interdite, drame d’après un récit du romancier Tennessee Williams, ou encore le western Jeremiah Johnson, duquel Robert Redford dira à l’époque : « Je ne voulais pas faire un film sur un tueur d’Indiens : la violence est ailleurs aussi, dans les arbres, dans l’inconnu. »

    Un condor et une arnaque

    Au total, cinq des films de Sydney Pollack avec Robert Redford au casting seront diffusés à Aix. Les spectateurs pourront assister dans ce cadre à Nos plus belles années, retrouvailles amoureuses mettant aux prises un certain Hubbell Gardiner, « charmeur désinvolte, riche et doté d’un don pour l’écriture », aux côtés de Barbra Streisand, qui interprète pour sa part celui de Katie Morosky, « étudiante issue d’un milieu modeste et ardente militante communiste ». Sans oublier Les trois jours du condor et le cultissime Out of Africa. S’ils n’ont pas été réalisés par Sydney Pollack, L’arnaque et Gatsby le magnifique seront aussi à l’affiche.

    www.institut-image.org

  • Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Ils sont une dizaine à astiquer quotidiennement les couloirs, escaliers, et salles de classe du campus Schuman. Pourtant depuis ce jeudi 4 décembre, les agents d’entretien de l’Université d’Aix-Marseille ont arrêté net. « On ne reprendra pas le travail tant qu’on n’aura pas eu gain de cause », prévient Nadia, déléguée syndicale CGT. Voilà plusieurs semaines que ces salariés dénoncent l’absence de visibilité au sujet de l’avenir de leurs postes, depuis que la société Derichebourg a repris la prestation des salariés du campus, le 1er octobre. Sur le campus, entouré d’étudiants venus soutenir leur mobilisation, une poignée d’entre eux raconte les conditions de travail auxquelles ils sont confrontés chaque jour, mais surtout l’avenir incertain quant à leurs contrats. Rien d’écrit, ni posé sur le papier, précise Nadia, mais des « paroles » et des « conversations » qui inquiètent.

    Des engagements écrits

    « On nous parle de réduire le personnel de moitié, sans le remplacer, ou de mutations forcées », explique Nadia, qui insiste sur des conditions de travail déjà compliquées : opérations chirurgicales subies par de nombreux salariés, fatigue… L’équipe d’agents qui l’entoure abonde : « C’est comme si nous, les travailleurs de l’ombre, on n’existait pas, (parce que) les travailleurs de l’ombre, on fait d’eux ce que l’on veut. On ne demande même pas une augmentation de salaire, on demande à garder nos conditions de travail et nos contrats actuels, nos positions aussi. Certains salariés travaillent depuis vingt ans sur les lieux », ajoute Nadia. À cela s’ajoutent des témoignages de dialogue social tendu entre agents et responsables. « Sans eux, nos conditions d’études seraient déplorables », rapporte Hector, soutien des salariés et syndiqué de la Fédération syndicale étudiante (FSE). De son côté, l’Université d’Aix-Marseille (AMU) explique bénéficier de ce marché de nettoyage passé par l’Union des groupements d’achats publics (Ugap). « Suite à leur consultation, c’est la société Derichebourg qui assure avec efficacité le nettoyage de nos 165 bâtiments, indique l’université, qui ne fera pas de commentaire sur cette situation entre la direction de Derichebourg et ses salariés. Toutefois, nous espérons un retour la normale rapide et durable aux profits de nos usagers. » Sollicitée, la société Derichebourg n’a pas pu nous répondre dans les délais avant bouclage.

  • À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    À Aix-en-Provence, les robes noires défendent le droit d’appel

    Chez les robes noires, le projet ne passe pas et ne sera pas digéré. Récemment le projet de décret « Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience » (Rivage), proposé en octobre par le garde des Sceaux a été soumis à consultation à différentes instances. S’il est adopté, le projet pourrait empêcher bon nombre de justiciables d’accéder aux instances d’appel et ses propositions « constituent une remise en cause frontale du droit d’appel tel qu’il existe en France », préviennent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel d’Aix. Suivant un mouvement d’ampleur nationale et alors que Gérald Darmanin rencontre ce jour Julie Couturier, présidente du Conseil national des Barreaux, une délégation s’est rassemblée ce jeudi, sur les marches du Palais Verdun pour réaffirmer leur « ferme opposition au projet de décret ». « Pour rappel, ce décret, visant à réformer les voies d’appel prévoit de relever le seuil pour pouvoir interjeter appel d’une décision de première instance de 5 000 à 10 000 euros. Cela signifie que les décisions dont l’enjeu financier est inférieur à 10 000 euros ne seront plus susceptibles de contestation, le justiciable pouvant uniquement saisir la Cour de Cassation et ce sans aucune considération pour la complexité juridique de leur affaire », détaillent, d’une même voix, bâtonniers et vice-bâtonniers présents.

    Une « double peine »

    C’est une « double peine » pour les justiciables les plus modestes. Le texte prévoit entre autres et en plus, « de supprimer purement et simplement le droit d’appel dans certaines matières (…) une atteinte fondamentale au double degré de juridiction » et « d’instaurer un filtrage des appels au profit des présidents de chambre des cours d’appel (…) un magistrat unique pourrait désormais rejeter un appel sans débat contradictoire complet », indiquent les bâtonniers et vice-bâtonniers. La colère est d’autant plus grande chez les robes noires dans un contexte « criant » de manque de moyens : le décret est davantage perçu par la profession comme une « politique de gestion de la pénurie et une véritable confiscation du droit d’accès au juge (…) la justice ne doit pas devenir un simple instrument de réduction budgétaire. Il est au contraire nécessaire que soit fait un investissement à la fois financier et humain, avec plus de magistrats et plus de greffiers », rappellent les avocats des barreaux du ressort de la cour d’appel aixoise. « On se retrouve toujours avec des délais qui sont, à la cour d’appel d’Aix, de l’ordre de 3 ans. Dans ce décret, aucune réponse ne nous est apportée sur cette question que nous, bâtonniers du ressort rappelons systématiquement », rappelle Me Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau de Marseille.

    Plus de moyens réclamés

    « On a un manque de moyens criant de la justice. Répondre en supprimant le droit d’appel, c’est inadmissible », ajoute Jean-Michel Ollier, son vice-bâtonnier. « Ce sont les litiges en matière civile, commerciale et prud’homale qui pourraient être concernés par ce projet fait dans un but de gestion des flux et non dans un but d’instaurer l’accès à un juge pour tous, pourtant fondamental », insiste Me Monika Mahy-Ma-Somga, bâtonnière du barreau d’Aix-en-Provence, qui le rappelle : « Lors de la rentrée solennelle du barreau de Paris, le garde des Sceaux, présent a indiqué qu’il ne signerait rien sans l’accord des avocats (…) nous avons rendez-vous le 10 décembre avec le Premier président et nous lui réaffirmerons notre opposition totale à ce projet de décret », assure la bâtonnière.

  • Mauricio Reggiardo et le plaisir de retrouver Provence

    Mauricio Reggiardo et le plaisir de retrouver Provence

    C’est un visage bien connu que va retrouver Provence Rugby à l’occasion de l’antépénultième match de l’année 2025. Mauricio Reggiardo a passé quatre années et demi « incroyables » à Aix-en-Provence, mais, cette semaine, il est dans le camp d’en face. Les Provençaux sont à Armandie, vendredi, pour affronter Agen, dont l’Argentin de 55 ans est désormais le coach. L’ancien pilier aux 50 sélections avec les Pumas, massif bonhomme d’un mètre 90 pour près de 120 kg, a accepté de se replonger dans ses souvenirs aixois. C’est la première fois qu’il va jouer son ex-équipe, depuis son départ durant l’été.

    Premier de Pro D2 et beaucoup de liens tissés

    « C’était une aventure superbe, humainement et professionnellement. J’étais dans un projet incroyable, ambitieux, ça m’a aussi permis de grandir », dit-il avec cet accent hispanique qui ne le quitte pas. Des années majeures pour lui et une stabilité trouvée dans les Bouches-du-Rhône, là où il est resté le plus longtemps dans sa carrière d’entraîneur. Les souvenirs ne manquent pas pour celui qui a pris le train en route, lors de la saison 2020-2021. Un maintien « dans la douleur » lors de ses premiers mois et une évolution positive, par la suite. Une progression qui a amené son équipe jusqu’à la première place de la saison régulière, en 2023-2024. Même si la montée n’a pas été acquise à l’issue des play-offs, une marche en avant a été enclenchée. « C’est un club qui franchit les paliers et qui a un chemin tout tracé vers le Top 14. Je suis content de leur évolution et je suis toujours leurs résultats », raconte l’ancien joueur d’une voix sincère.

    Mauricio Reggiardo est toujours en lien avec certains joueurs, le staff mais également le président Denis Philippon. Il a pu partager des moments forts avec beaucoup de ces personnes et a hâte de les affronter. « Je sais que, vendredi, je vais retrouver des personnes avec qui j’ai partagé des émotions. Ca fait toujours plaisir de les retrouver car je suis parti en très bons termes avec le club. » Sportivement parlant, l’enjeu sera fort pour les deux formations. Les dynamiques sont opposées avec trois défaites consécutives pour Agen et quatre victoires de suite pour Provence Rugby. Le coach, parti après une demi-finale perdue, un crève-cœur, est ambitieux pour ces retrouvailles. « L’objectif est de gagner face à une équipe en confiance et qui maîtrise son rugby. Nous avons envie de casser cette spirale négative et de gagner à domicile. » Le rendez-vous est pris, pour cette rencontre en prime-time, vendredi soir, devant les caméras de Canal+.

  • Chantier d’ampleur sur les rails du viaduc de l’Arc

    Chantier d’ampleur sur les rails du viaduc de l’Arc

    L’architecture est bien connue des locaux, s’immisce jusque dans les tableaux de Cezanne mais surtout, supporte jusqu’à 84 passages de trains quotidiens sur sa ligne qui relie Marseille à Lyon Perrache. Depuis septembre, entre 9h30 et 15h30 et jusqu’à fin décembre sur le haut du viaduc, des silhouettes orange fluo s’affairent sur des travaux de « confortement de sécurisation de l’ouvrage du viaduc ». D’ici janvier, le chantier s’animera de nuit. Ce, jusqu’en juillet 2026, date de fin du chantier. Pour cause, à l’occasion de tournées d’inspection sur la voirie, diverses « avaries » ont été repérées : sur les tympans, les plinthes, fissurées, effritées, mais aussi au pieds des garde-corps, rouillés ou entourés de pierres éclatées, phénomène du à l’infiltration d’eau et au gel. « On a 38 arches (…) 37 piles avec des largeurs de 12 mètres d’ouverture et des longueurs variables entre 8 et 12 mètres. La longueur totale de l’ouvrage : 563 mètres, qu’on multiplie par deux puisqu’on change les plinthes et garde corps des deux côtés », décrit Andreea Guilleminot, pilote d’opération SNCF Réseaux. Particularité du projet, un immense équipage mobile, « l’outil », glissé chaque jour sur les rails qui permet aux ouvriers d’intervenir depuis le haut de l’ouvrage, à environ 20 mètres du sol pour rénover les façades du viaduc. Sans l’abîmer, à contrario d’échafaudages. Ce lundi, Thomas Lebailly, ingénieur en charge des travaux pour Demathieu Bard, concepteur de « l’outil » explique : On le rehausse, pour qu’il soit libéré de la remorque. Ce qui permet de faire l’aller retour en remorque pour chercher les quatre plinthes qu’on pose aujourd’hui ». Aux travailleurs ensuite de se glisser harnachés sur les plateformes, disposées au dessus du vide. « C’est un des 40 chantiers sur la région qui est important. La complexité est réelle, on est en ville, au dessus d’une autoroute, on a effectivement un chantier d’une taille importante, mais c’est un exceptionnel parmi d’autres », pointe Thierry Jacquinod, directeur territorial adjoint SNCF Réseaux. Coût du chantier : 5,6 millions d’euros sur fonds propres de la SNCF.

  • [Entretien] Louis Bertignac: « Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir »

    [Entretien] Louis Bertignac: « Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir »

    La Marseillaise : Diriez-vous que votre dernier album solo en date, « Dans le film de ma vie », sonne comme un autoportrait rock ?

    Louis Bertignac : À part la chanson éponyme Dans le film de ma vie, pas tant que cela. Après, cet album raconte des choses que je vis, que je côtoie. Mais comme d’habitude et pas plus que mes albums précédents.

    L’album est en tout cas nourri
    par vos observations
     : dans le titre « Allez vite », vous déplorez qu’« aux infos, à la télé,
    la peur tourne en boucle
     ».
    Dans ce monde-là, est-ce que Ginette Kolinka, mère de Richard, le batteur de Téléphone, qui a accueilli dans sa cave les premières répétitions du groupe, fait figure de boussole pour vous
     ?

    L.B. : Pas vraiment, parce que j’ai été au courant des aventures, si on peut dire, de Ginette Kolinka [survivante du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, Ndlr.], beaucoup plus tard. À l’époque de Téléphone, elle ne nous en parlait jamais et Richard non plus. En revanche, longtemps après la fin du groupe, j’ai entendu Richard me parler de sa mère. J’étais complètement scié, car je n’étais absolument pas au courant de cette histoire. Après, c’est sûr qu’elle ne la criait pas sur les toits. Elle était étonnamment joyeuse tout le temps. Et elle l’est toujours. Car sa deuxième vie, elle a décidé de la vivre dans le bonheur tellement elle a souffert dans la première partie. Aujourd’hui, vu qu’elle a choisi comme mission d’en parler, et surtout aux jeunes pour ne pas qu’ils oublient, forcément, on est tous au courant. Mais même à son fils, avant un certain âge, je pense qu’elle ne lui en avait pas parlé.

    Dans « Jamais », vous regrettez que « chacun ne pense qu’à son petit moi, ici-bas ». Dans cette époque de replis, d’où peut surgir la lumière, selon vous ?

    L.B. : De temps en temps, je me dit que la musique est une bonne chose. L’amour et l’amitié aussi. Mais, à part cela, je ne sais pas trop.

    Le rock a-t-il été une bouée de sauvetage pour vous ?

    L.B. : Clairement. Je ne savais pas quoi faire à l’époque. Vers 14-15 ans, je suis tombé amoureux de cette musique. C’est grâce à des albums comme Let it be ou Abbey road [des Beatles], puis Who’s next et ceux de Led Zeppelin et Jimi Hendrix que j’ai décidé, ensuite, de faire de la musique. Par moi même, puis avec d’autres musiciens. Le rock est un langage qui m’a plu, on ne peut pas mentir en musique. Aujourd’hui, je pense encore que c’est ce genre de sentiments qui peuvent sauver le monde.

    Dans « Ne crack pas », vous évoquez aussi les dangers et mirages des drogues dures, dont vous avez été une victime. Là aussi, le rock vous a aidé ?

    L.B. : À l’époque de Téléphone, où tous ces problèmes sont arrivés, cela m’a aidé car, dès qu’on partait en tournée, j’arrêtais tout. Partir faire des concerts et quitter Paris, la ville où je connaissais des gens qui se défonçaient, me faisait un bien de dingue. Mais, comme un con, en rentrant chez moi, je retombais dedans. Une petite ligne et c’était reparti. Ça a duré 10 ans. Mais, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le rock qui m’a plongé dedans. Au contraire, ça m’a permis de m’en sortir de temps en temps. Le rock me donnait de l’air.

    Une bouffée d’air que vous avez symbolisé dans « Vas-y guitare », sorti en 1993…

    L.B. : Je me suis rendu compte qu’à certains moments, surtout dans les mauvais, c’est la musique qui me procure le plus de bien-être. Je prends la guitare et je me mets à rêver en jouant. C’est un peu l’histoire de Vas-y guitare : le mec se fait larguer, il prend sa guitare et ça va mieux. Il se fait virer de son boulot, il prend sa guitare. Et ça va mieux aussi.

    Si certains des titres de votre dernier album jettent un coup d’œil dans le rétroviseur, préparez-vous toujours de nouveaux projets ?

    L.B. : J’ai écrit Dans le film de ma vie en même temps que mon autobiographie. Je me suis donc retourné sur moi-même. Je me suis plongé dans mon passé pour retrouver des souvenirs. En ce qui concerne mes projets, c’est de continuer à faire des tournées. En 2026, on va faire des concerts dans le monde entier. Et j’ai aussi un album, un peu opéra, en préparation. ça va parler de la vie d’un jeune garçon qui me ressemble.

  • « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    « Tous Courts », le grand écran des films miniatures

    Il s’est imposé comme l’un des rendez-vous incontournables des cinéphiles. Pour sa 42e édition, le Festival Tous Courts, porté par l’Association des Rencontres Cinématographiques d’Aix-en-Provence, propose une programmation aussi dense que pluridisciplinaire, du 2 au 6 décembre.

    « International », riche de productions issues des quatre coins du monde, le festival « se déploie sur cinq jours et se tient dans cinq lieux : les cinémas aixois – Mazarin et Cézanne – l’Institut de l’image à l’École supérieure d’Art d’Aix-en-Provence, mais également à la Manufacture et au Onepoint », indiquent les organisateurs.

    L’ouverture des festivités, « porte d’entrée » du festival, est d’ailleurs prévue ce mardi. Les projections seront lancées dès 19h30 avec Timoura de Azedine Kasri, mais aussi An Irish Goodbye de Tom Berkeley et Ross White, ou Clean with Me (After Dark) de Gabrielle Stemmer, en présence des réalisateurs.

    Au total, 75 courts-métrages seront présentés : expérimentaux, internationaux, animés, documentaires et fictions. L’équipe met en avant trois grands axes. à commencer par une programmation « riche, variée et exigeante », jalonnée par deux compétitions, dont une internationale, des séquences cartes blanche, « coups de cœur », jeunes publics ou films en région. Deuxième priorité, la promotion européenne et la contribution à la « vitalité » du court-métrage par l’ouverture de « perspectives d’achat, de distribution et de diffusion pour les films inscrits en compétition ». Enfin, le dernier, et pas des moindres, la volonté d’une diffusion élargie, avec des séances dans le milieu scolaire et un panel d’actions tournées vers le public dit éloigné de la culture.

    Les réservations, sont à retrouver sur le site du festival. E.B.-G.

  • FSU et CGT rejoignent la mobilisation du 2 décembre

    FSU et CGT rejoignent la mobilisation du 2 décembre

    Pas de mobilisation prévue dans la capitale de Provence, mais l’union locale CGT et la FSU se joindront au cortège marseillais (au départ des Réformés, à partir de 10h30) ce mardi 2 décembre, pour battre le pavé contre l’austérité budgétaire. Lors des mobilisations de septembre et octobre derniers, les syndicats avaient défilé dans les rues aixoises ; cette fois, la stratégie de l’unité a été privilégiée pour cette nouvelle action.

    à Aix, « l’appel de la CGT est unitaire avec celui de la FSU », précise François Canu, secrétaire de l’union locale CGT. Le syndicat SUD Solidaire, qui rejoint l’appel à la grève, se rallie à l’appel de son Union départementale. « Gel des salaires dans la fonction publique, blocage des pensions des retraites, hausse des franchises médicales, coupes dans les services publics… Le budget Lecornu maintient le cap de l’austérité », pointe, dans un tract, l’union locale CGT. Des remarques que la FSU partage.

    « On continue de bosser en intersyndicale, même si, pour cette mobilisation, elle est restreinte », précise Céline Peccini, co-secrétaire départementale de la SNUIPP-FSU pour les Bouches-du-Rhône. Les étudiants, largement présents lors des dernières manifestations aixoises, n’ont pas non plus contacté la CGT, ni la FSU.

    Hospitaliers, enseignants, travailleurs du social et autres travailleurs de la fonction publique, comme du privé, seront donc mobilisés pour de meilleurs salaires et conditions de vies. « Les revendications restent les mêmes tant que le gouvernement ne lâchera pas son projet de budget actuel. S’y ajoutent la dénonciation de l’épuisement professionnel ou les injonctions hiérarchiques. Et on se battra aussi pour la réforme des retraites, poursuit Céline Peccini. On sait que ce combat n’est pas terminé. On attend toujours l’abrogation de la loi retraite. »