Mars 2026, l’Institut d’études politiques (IEP) d’Aix-en-Provence célèbre ses 70 ans. Et pour ouvrir l’année universitaire, Alessia Lefébure, qui entame sa première année à la tête de l’institution, présente ce lundi la ligne de conduite de Sciences Po Aix pour l’année à venir. Année au cours de laquelle l’établissement s’attache à renforcer son engagement en termes de « développement durable, de la responsabilité sociétale et de l’engagement collectif ». À ses côtés, pour une conférence face aux étudiants, Marine Braud, fondatrice de la société de conseil Alameda, autrice du livre Qui aurait pu prédire ? et ancienne conseillère écologie au cabinet d’Élisabeth Borne, alors au ministère de la Transition écologique. « Sciences Po en général, a pour mission principale de former à partir de la recherche en sciences humaines et sociales des gens qui vont prendre des postes à responsabilité dans tous les secteurs d’activité qu’ils soient privés ou publics, contextualise Alessia Lefébure, d’ailleurs première femme à la tête de Sciences Po. On considère que l’enjeu de la transition écologique est un enjeu majeur et transversal. Au moment de cet anniversaire, au moment où je prends mon poste, on l’inscrit de façon encore plus lisible, plus volontariste, plus affirmée, comme ligne de fond qui va orienter tout ce que l’on fait, dans la formation, dans la recherche et dans la gestion de l’établissement. » Les « festivités », de ce 70e anniversaire, vont durer 12 mois, jalonnés de rendez-vous, d’invitations de « figures inspirantes », et une demande d’adhésion au label DD and RS. Entre autres. « J’étais sur ces bancs il y a 20 ans, les décideurs publics et privés que je rencontre aujourd’hui ont le même logiciel, dans lequel la transition écologique rentre difficilement. Un logiciel de croissance, où les symboles de réussite ne sont pas forcément bons pour la planète, explique Marine Braud. Je trouve ça très bien que mon école se pose ces questions-là, jusque dans la question des enseignements. » En toile de fond donc, former « différemment » les prochains décideurs. « En invitant des personnes [comme Marine Braud], on contre-attaque en montrant qu’on peut être quelqu’un qui réussit, en adoptant un mode de vie différent. On propose des alternatives, ce sera à eux de choisir », estime Alessia Lefébure.
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À Aix, la configuration du second tour se dessine
Au lendemain du premier tour, Sophie Joissains, maire sortante (DVD), est placée largement en tête pour le second tour avec 39,41%. Derrière elle, Marc Pena, à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes obtient 20,15% des voix. « Notre score est celui auquel on pouvait s’attendre », rapportait ce dernier, qui maintenait dans la foulée, n’envisager aucune fusion, (le parti Rev, menée par Mounir Ben Ammar n’ayant pas passé la barre des 5%) mais rencontrait les représentants de la France insoumise (8%), pour expliquer son positionnement. « Les conditions que (LFI) posent est un accord technique », justifiait le candidat. Mais, « l’électorat va se retrouver orphelin de ces listes mais il faut qu’on soit dans une dynamique pour attirer, faire en sorte que cet électorat puisse trouver dans cette liste ce qu’il a trouvé dans ce premier tour », détaillait Marc Pena. Ce lundi matin, la France insoumise informait avoir rencontré Marc Pena pour réaffirmer sa « disponibilité à la conclusion d’un accord technique pour le second tour ». « À leur demande, précise Marc Pena. On a discuté d’autres alternatives mais je leur ai expliqué qu’il était impossible que l’on accepte leur proposition, surtout dans une quadrangulaire où le nombre d’élus d’opposition serait moins important et en se retrouvant divisés avec deux élus un peu partout ».
Joissains « constante »Cette même journée, dans l’après-midi, l’équipe de campagne de Sophie Joissains indiquait « que la liste Passionnément aixois vient d’être déposée pour le second tour. Il n’y a pas de nouveauté, il y a de la constance. Il y a une équipe qu’elle a su à la fois renouveler, conserver et construite comme elle l’a souhaité (…) ». La maire sortante estimait, à l’issue de l’annonce des résultats, que « l’intérêt de la droite et du centre serait sûrement que (Philippe Klein) se retire, en effet ». Toujours à droite de l’échiquier, les listes de Jean-Louis Geiger (RN), atteint 15,91%, tandis que celle de Philippe Klein, investit par Horizons, se maintenait elle aussi au second tour, avec un score de 11,80%. « Ces 12% que je représente sont 30% de ceux qui ont voté Joissains, ce n’est pas rien, rapporte Philippe Klein. J’ai toujours été un homme d’union, je suis toujours resté ouvert, à cette heure, j’ai une réunion avec des militants (ce lundi soir), pour savoir quoi faire, je n’ai pas eu de sollicitation concrète, ni eu de démarche concrète. Il y a des petits messages qui viennent de part et d’autre, mais qui ne sont pas entamés, non officiels », confie Philippe Klein, sans plus de détails. Il affirme, à ce stade, ne pas envisager de se retirer.
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![[Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/2feb851e70c7bf218bb9c4526f74092d.jpg)
[Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue
Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».
Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.
Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.
Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).
Un grand critiqueSes cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.
Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.
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à Aix, Sophie Joissains devance Marc Pena
Cent-un bureaux de vote à dépouiller et une tension palpable dans la Salle des États de Provence. à Aix-en-Provence, six listes s’affrontent lors de ce premier tour. Candidate pour la première fois en son nom, puisque désignée en 2021 pour prendre le relais de sa mère Maryse Joissains, Sophie Joissains (UDI), maire sortante de la capitale de Provence, mène une liste divers droite. Elle se retrouve, pour ce premier tour, en concurrence proche avec Marc Pena. Le député PS et conseiller d’opposition mène une liste née d’une union des forces de gauche et écologistes. Un match aux enjeux bien différents du scrutin de 2020, ou Maryse Joissains se retrouvait, dès le premier tour, en lice face à Anne-Laurence Petel, alors députée (LREM).
Dès les cinquante premiers bureaux dépouillés, aux alentours de 21h15, la tendance affichait Sophie Joissains en tête, avec plus de 38% des votes, suivie de Marc Pena qui se maintenait à un peu plus de 20%.
Possible quadrangulaireToujours sur ce même temps de soirée se positionne Jean-Louis Geiger, candidat RN avec plus de 16%des voix, Philippe Klein, candidat investit par Horizons, avec une tendance à plus de 12%, Julie Boronad, tête de liste LFI avec plus de 8% et Mounir Ben Ammar, à la tête de la liste Révolution écologique pour le vivant (REV, DVG), avec plus de 4%. Aux alentours de 22h, le taux d’abstention sur l’ensemble des bureaux de vote était estimé à 51,46%. Au fil d’un long dépouillement, la tendance aura suivi une courbe stable. Un peu après 22h, les résultats affichés sur grand écran évoluaient à peine, hormis pour Jean-Louis Geiger, dont le score atteignait les 15,99%. Dans la Salle des États de Provence, la maire sortante s’affiche entourée des soutiens, Jean-Marc Perrin, conseiller départemental (LR), et son père, Alain Joissains, maire de la commune entre 1978 et 1983. Les autres colistiers ont pour la plupart attendu les résultats dans leurs locaux de campagne. Ni Marc Pena (PS), ni Sophie Joissains (UDI) n’ont souhaité s’exprimer avant les résultats finaux. Il aura fallu attendre 22h30 passés pour que Sophie Joissains, face à une salle comble, annonce les résultats finaux : Julie Boronad à 8% (3 833 voix), Jean-Louis Geiger à 15,91% (7 620 voix), Philippe Klein à 11,80% (5 652 voix), Marc Pena à 20,15% (9 649 voix), Mounir Ben Ammar à 4,72%(2 259 voix), et Sophie Joissains à 39,41% (18 871 voix). Jean-Louis Geiger (RN) et Philippe Klein (Horizons) peuvent donc aussi se maintenir au second tour, avec Sophie Joissains et Marc Pena.
Des applaudissements nourris ont alors éclaté dans la salle à l’annonce des résultats. « Merci du fond du cœur, ce soir, je suis très émue », a déclaré Sophie Joissains, avant de répondre aux questions de la presse. Au total, 97 593 inscrits ont été recensés à Aix-en-Provence, pour 48 629 votants, soit une participation qui s’élève à 49,83% pour ce premier tour. « C’est une analyse qui n’a pas encore la précision, mais qui néanmoins montre que cela [ce résultat] vient de l’ensemble de la ville d’Aix-en-Provence. Je dois dire que la politique qui a été menée, je l’ai souhaitée dans le sens de l’intérêt général, dans le sens d’une exigence d’excellence qui puisse concerner tout un chacun et ne laisser personne au bord du chemin », déclare Sophie Joissains.
Nous n’avons pas pu recueillir les déclarations de tous les candidats à l’heure de notre bouclage.
« Merci du fond du cœur,
ce soir, je suis très émue » -
![[Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/5ad2ba77ad170b3bef4a44ac276100d0.jpg)
[Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans
Ce parfait érudit – Bruno est aujourd’hui la personne qui connaît le mieux, dans toutes ses dimensions, l’histoire de sa ville – avait abandonné ses études de droit pour se consacrer rue Gaston de Saporta à l’histoire de l’art. Les enseignants qu’il appréciait c’étaient les médiévistes Gabrielle d’Archimbault (1929 – 2017) et Jacques Paul ainsi qu’André Bourde qui dirigea sa maîtrise à propos des Oratoires d’Aix. Avec Jean Ely, Bruno eut le bonheur d’assister aux générales du Festival d’Art lyrique dont il fut pendant deux étés un jeune machiniste et dont il a suivi toutes les éditions.
Cezanne mon beau souci
On ajoutera très évidemment qu’il aura toute sa vie médité la trajectoire de Cezanne. La maison où il a vécu avec son épouse Valérie et ses enfants Marie et Paul se situe route de Vauvenargues, près des Bonfillons : chaque matin quand il ouvre ses volets, il aperçoit la Sainte-Victoire. Grâce à Françoise Cachin, directrice des musées de France, il assistait en 1984 au dépôt de huit œuvres de Cezanne chez Granet. 1990, lendemain de l’incendie de la montagne, avec le maire Jean-François Picheral, l’historien John Rewald et Denis Coutagne il participa à l’exposition Cezanne / Sainte-Victoire. Après quoi Bruno Ely œuvra pour toutes les expositions Cezanne et fut le commissaire principal de Picasso/Cezanne (2009, 371 000 visiteurs) ainsi que du récent Cezanne / Jas de Bouffant pour lequel il sollicita le concours de Denis Coutagne. En tant que commissaire libre, on souhaite qu’il réalise son ultime désir, une confrontation Cezanne et la sculpture qui se conclurait avec des œuvres de Moore et Giacometti. La nouvelle salle de Granet aménagée pour Cezanne, ses récentes négociations avec de grands décideurs des musées français comme Xavier Rey, Laurent Le Bon et Christophe Leribault et son dernier livre consacré au Grand Salon du Jas de Bouffan sont de solides arguments.
Modernité oblige
On n’oubliera pas ses conférences et ses initiatives du côté de l’art contemporain, pas uniquement chez Granet mais aussi au Pavillon de Vendôme et au musée des Tapisseries dont il assuma les directions de 1990 à 2008. Chez Vendôme dont il fit scrupuleusement restaurer les décors avec Monique Pomey, il accueillit Brihat, Fontcuberta, Mezzapelle et Surian. Aux Tapisseries il travailla avec Adami, Ben Lisa, Bioulès, Buraglio, Pagès, Gao Xingjan, Sorgue et Traquandi. Rue Cardinale, il œuvra pour Alechinsky, Cueco, Favier, David Hockney, Tal-Coat et Fabienne Verdier. Avec le photographe Bernard Plossu, pour la Montagne blanche et l’Italie il a noué un vrai dialogue.
Toute médaille a ses revers : on regrette vivement que la Ville d’Aix n’ait pas saisi les propositions de Catherine Hutin pour le château de Vauvenargues et le musée Picasso de la place des Prêcheurs. De même après le congé abrupt signifié à la Fondation Jean Planque, aucune compensation n’est offerte du côté de la chapelle des Pénitents Blancs : l’espoir d’une arrivée de la fondation Pearlman s’est envolé, on parle de tractations avec le Centre Pompidou. Du côté de Granet, on regrettera que des projets avec Nicolas de Staël, Alain Fleischer, Jean-Pierre Blanche et Marcel Arnaud n’aient pas abouti.
Reste tout de même un bilan positif grâce aux 180 expositions conduites en 45 ans par Bruno Ely, son successeur sera désigné cet automne. Pour l’heure, avec Denis Coutagne qu’il continue de vouvoyer, Bruno travaille aux projets du Jas de Bouffan ainsi qu’au catalogue raisonné de Cezanne. Lors de la remise par Sophie Joissains de la médaille de la ville d’Aix, Bruno Ely était discrètement heureux : pendant sa brève prise de parole, sa fille Marie Ely qui est depuis peu conservatrice de musée a salué publiquement « l’attention et la tendresse » de son père qui sa vie durant, « a transmis aux générations futures le respect des objets du passé ».
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A Aix, un étudiant piégé par la montée des eaux attaque son bailleur
Kilian, 19 ans, veut oublier ce meublé de 15 m² en sous-sol d’une résidence, 28 avenue Robert-Schuman, en face de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence. Ses parents dans le Vaucluse le lui avaient trouvé in extremis pour démarrer ses études en licence de psychologie. « C’était le 20 septembre, le jour de ma rentrée. Il pleuvait. En une heure, l’eau est montée du sol. J’ai passé la nuit à éponger », raconte Killian.
Un mois plus tard, nouvelle pluie, le sous-sol subit une très forte montée des eaux. L’étudiant en situation de handicap pour des difficultés de motricité et de repérage spatiotemporel, panique. « Je pataugeais dans 20 cm d’eaux chargées de terre et de choses immondes. J’étais dépassé, mes parents sont vite venus. »
Un rapport d’insalubrité mais pas d’arrêtéLes pompiers interviennent. Sa mère comprend alors pourquoi elle a trouvé la vaisselle moisie lors de l’état des lieux et que le bas de tous les meubles en bois était rongé. Ce local en sous-sol à 517 euros par mois paraît tout simplement impropre à l’habitation. D’autant que le voisinage leur raconte le calvaire vécu par l’ancien locataire qui subissait des inondations répétées. Mais pour l’agence IGC qui n’a pas répondu à notre appel, ce n’est qu’un simple dégât des eaux et le propriétaire âgé à Six-Fours-les-Plages ne serait « pas enclin pour l’instant » à remplacer quoi que ce soit.
L’inspecteur de salubrité s’est rendu sur les lieux et a dressé constat d’infraction le 23 octobre. Son « rapport d’insalubrité » du 5 novembre 2025 décrit « 20 cm d’eau dans la pièce principale », « constate de la terre dans le bac à douche, de l’humidité à 100% sur les murs, les meubles imbibés d’eau qui commencent à moisir ». « Compte tenu de l’humidité des murs et du mobilier, l’air est devenu irrespirable. Il est nécessaire d’héberger le locataire pendant les travaux », souligne-t-il. Kilian est relogé une semaine dans un hôtel grâce à son assurance. « L’agence n’assumant rien, on a dû payer 1 290 euros pour 3 semaines supplémentaires d’hôtel tout en continuant à payer son loyer. Et après qu’on a résilié le bail pour trouble de jouissance totale, ils refusent de rendre la caution et nous demandent même 200 euros ! », dénonce Christelle Payrau, la maman indignée.
Le 25 novembre 2025, le Service communal d’hygiène et de santé a mis en demeure le propriétaire de rechercher les causes des infiltrations car « ce phénomène se produit à chaque gros orage », « de sécher les murs, d’enlever les traces de salpêtre du carrelage, de changer le mobilier moisi, de procéder au curage du réseau tous les 6 mois ». L’Agence régionale de santé (ARS) a renoncé à prendre un arrêté d’insalubrité, semblant se satisfaire de l’engagement du propriétaire à mettre aux normes ses deux caves-logements.
« Nous irons jusqu’au bout »Cela choque Me Aurélien Leroux, l’avocat de la famille. « C’est très problématique que l’ARS oublie que le Code de la santé publique oblige à protéger la personne occupante, qui plus est vulnérable, dans une situation d’indignité. Si Kilian n’avait pas ses parents, il se serait retrouvé sans solution de relogement. »
Les parents de Kilian ont porté plainte contre l’agence pour mise en danger. Leur avocat prépare une assignation. « Nous irons jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise pas. Je ne veux pas qu’un autre étudiant se retrouve piégé. On veut que cela protège les autres petits étudiants qui ne doivent pas vivre cela. L’ancien locataire que nous avons retrouvé témoigne qu’il a vécu un cauchemar », ajoute la mère. Kilian habite désormais à la résidence Estudine Mirabeau où le personnel est très attentionné pour lui. « Cela nous coûte beaucoup plus cher, 729 euros par mois, mais il est bien et en sécurité. »
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Nicolas Guillou, aux remises des prix d’étudiants méritants
À chaque remise de prix aux étudiants méritants, son invité d’honneur. Ce vendredi, sur la scène de l’amphithéâtre Portalis de la faculté de droit et sciences politiques, Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale, visé par de lourdes sanctions émises par l’administration Trump pour avoir notamment émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahu, se tenait face à une centaine d’élèves méritants. Il a appelé, au cours d’un long discours, les étudiants à rester « rigoureux, créatifs, courageux ». Et à travailler par leur serment. « Il nous oblige, même quand cela peut avoir des conséquences importantes sur notre vie personnelle. Nous, sommes onze juges et procureurs de la Cour pénale internationale à avoir été mis sous sanctions par les États-Unis, rappelle Nicolas Guillou. Ces sanctions visent à remettre en cause les incroyables progrès que nous avons faits depuis plus d’un siècle vers plus de paix, vers plus d’égalité, vers plus de justice. » Dans un contexte international, comme national, bouleversé, Jean-Baptiste Perrier, doyen de la faculté, rappelait : « Vous entrez dans ce monde juridique et politique à un moment ou les fondements de notre démocratie sont mis à l’épreuve (…) C’est le contexte dans lequel demain vous allez entrer en profession. (…) Face à ce contexte, vous n’êtes pas désarmés, loin de là. »
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« Le Roi et l’Oiseau » déploie ses ailes à Aix-en-Provence
Toute une génération garde en mémoire Le roi et l’oiseau, pièce maîtresse de l’animation en France réalisée à la fin des années 1970 par Paul Grimault. Mais ce film tire aussi une grande partie de sa puissance du scénario de Jacques Prévert, adaptation du conte d’Andersen La bergère et le ramoneur. Autant de bijoux artistiques, mais pas que, ayant inspiré Emilie Lalande pour ce spectacle clair-obscur qui investit le Grand Théâtre de Provence, samedi.
« Chaque période de l’histoire a connu son lot de dictateurs et la nôtre ne fait pas exception. J’ai souhaité aborder les thèmes de liberté, d’amour mais aussi d’oppression, en m’appuyant sur différentes sources d’inspiration, Jacques Prévert bien sûr, mais aussi Charlie Chaplin, William Shakespeare et bien d’autres », explique la chorégraphe et metteur en scène.
« Fable antitotalitaire »Sur le plateau, six interprètes développent des gestes graciles, fidèles à la poésie de Jacques Prévert et au message du Roi et l’oiseau, dont les atours merveilleux propulsent pourtant un message politique, pour ne pas dire révolutionnaire. Face au roi tyrannique, l’oiseau veut s’émanciper. « Je cherche à retranscrire à travers le corps des danseurs la musicalité et l’esprit de Prévert. Une gestuelle plus saccadée et millimétrée est utilisée pour décrire le roi et son univers dictatorial », détaille Emilie Lalande qui cerne le corps « comme messager d’une fable antitotalitaire ».
P.A.Le 14 mars à 15h, puis 20h.
Entre 10 et 24 euros -
![[Théâtre] Un nouveau biopic pour raconter Simone Veil](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/03/b37c19e89ee2c91be7e0bc9790876990.jpg)
[Théâtre] Un nouveau biopic pour raconter Simone Veil
Avec Il y a en elle comme un secret – Biopic de Simone Veil, dont la première se tient samedi 7 mars à Aix-en-Provence, la compagnie aixoise la Tête dans les nuages propose bien plus qu’un portrait chronologique. Le spectacle invite à un pas de côté : raconter Simone Veil à travers le regard de son amie, la cinéaste et écrivaine Marceline Loridan-Ivens. L’objectif ? « Pouvoir découvrir des aspects de la vie de Simone Veil de manière originale, à partir de l’histoire de deux femmes très différentes mais qui ont un parcours de vie les ayant rendues très intimes », explique Magali Zucco, metteur en scène et comédienne dans la pièce.
La nuit du 30 juin 2017 sert de point de départ. Ce soir-là, Marceline reçoit un appel. Jean Veil lui demande d’écrire le discours d’adieu de sa mère, qui vient de les quitter. Alors, au fil des mots, les souvenirs affluent : leur rencontre lors de leur déportation à Auschwitz à quinze et seize ans, l’amitié forgée dans l’indicible puis dans l’impossible retour, les chemins de vie qui ont continué à se croiser. Ce choix narratif donne au spectacle une vibration particulière : la mémoire n’est pas figée, elle émerge de plusieurs voix, se reconstruit et se transmet. De cette façon, « la pièce laisse entrevoir une Simone Veil très humaine », continue Magali Zucco.
Une vie de luttes
En filigrane, les combats de Simone Veil apparaissent avec d’autant plus de force. La loi sur l’avortement bien sûr, mais aussi sa bataille pour la parité et l’égalité salariale au travail, l’amélioration des conditions de détention ou encore la protection des malades du Sida. Pour Magali Zucco, le spectacle vise à « faire passer par le texte, par les corps, par l’image et par le son l’expérience d’une femme qui a fait de la dignité humaine le fer de lance de ses luttes ». À partir d’un long travail documentaire, les quatre comédiennes jouent avec les formes et les styles – théâtre, danse, chant, musique, vidéo et ombres chinoises – pour construire la pièce. Un hommage délicat et politique, qui interroge ce qu’il faut continuer à défendre et ce qu’il reste à gagner aujourd’hui.
Samedi 7 mars, 20h. Repère Jeunesse d’Aix. 8€/12€

