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  • Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    L’effervescence née de l’urgence du moment a disparu. Seul le fort mistral rappelle qu’il y a pile sept mois, l’exploitation d’Alexandre Arnoux débordait de monde. Début septembre à Orange, dans la plaine Saint-Bardon, un fatras d’arceaux tordus et de bâches en plastique arrachées occupait une quarantaine de personnes. La veille, une tempête avec des vents à près de 150 km/h avait balayé le territoire, causant des dégâts « jamais vus » chez ce jeune producteur de fraises.

    À l’heure où ce beau fruit rouge de saison arrive sur les étals, l’occasion était toute trouvée, ce jeudi, pour retourner voir le site. Qui ne porte plus aucun stigmate. Maryse, la maman d’Alexandre, est toujours là. Cette fois pas en réconfort avec du café et viennoiseries, mais pour tenir le point de vente* de saison. Désormais un lourd conteneur aménagé plutôt qu’une frêle cabane. Outre les fraises, s’ajoutent des asperges, de l’huile d’olive, « fabriquée par la belle-sœur » et du miel, « du grand-père », précise Alexandre Arnoux, devenu aussi jeune papa. Une coopération familiale, pilier d’entraide. « Sans la solidarité professionnelle, familiale, amicale, je ne m’en serais pas sorti », constate Alexandre Arnoux.

    Le jour de la tempête, 40% de la production de fraises avait été mise en terre 48 heures plus tôt. « On a réussi à tout sauver grâce à l’aide de 40 personnes pendant une semaine, remercie celui qui est aussi engagé chez les Jeunes agriculteurs, président du canton d’Orange. On a retiré les arceaux, le plastique, toute l’infrastructure qui était morte, et réparé en bricolant avec ce que j’avais déjà sur place ou du matériel donné. » Un hectare de serres neuves, sans encore de fraises en devenir dessous, avait aussi été installé dix jours avant. « 100% des serres étaient par terre », se souvient-il.

    Un crédit pour compenser la quasi-absence d’aides

    Désormais, deux nouvelles grandes serres plus solides sont sorties de terre en novembre – « elles m’ont coûté une blinde » – en plus de la dizaine reconstituée. « J’ai différentes variétés de fraises, on a pu planter début décembre et on est en train de les ramasser », détaille Alexandre Arnoux qui écoule 22 tonnes de fraises entre mars et fin juin, principalement par la grande distribution. « J’ai réalisé un crédit de 120 000 euros », chiffre-t-il. L’assurance ? « Zéro », se désole-t-il. Histoire de multirisques pas couvert à 100%… « J’attends une aide de la Région et de l’État », livre-t-il, sans trop savoir quand et de combien. « La MSA [mutuelle sociale agricole], qu’on critique dans le milieu agricole a pour le coup été très réactive, avec de l’aide pour les nouvelles serres et des reports d’annuité », tient à souligner l’agriculteur.

    L’occasion pour le militant syndical d’élargir la focale. « On parle de souveraineté alimentaire mais on est un pays musée qui veut faire la guerre à tout le monde alors qu’on importe 60% de ce qu’on mange, c’est un cercle vicieux », déplore Alexandre Arnoux. « Y’a du pognon pour construire des sous-marins nucléaires mais pour manger, y’a plus de sous », lâche-t-il, sans parler du « gasoil à 2 euros ». « Comment est-ce possible que des fraises espagnoles soient vendues 4 euros le kilo chez Grand Frais [certains lots ont d’ailleurs été rappelés début mars pour dépassement du seuil de pesticides] quand moi je suis à 10 euros sur place ? », questionne Alexandre Arnoux.

    Heureusement, la passion demeure. « On adore être dehors, on adore nos terres et ce qu’on fait », conclut-il.

    * 768-1154 Chemin de Martignan, horaires sur facebook.com/p/Arnoux-fils

  • Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    À une semaine de l’élection du président du Grand Avignon, la seule certitude qui se dessine, c’est que son nom commencera par G et tiendra en 4 ou 5 lettres. Les 73 nouveaux élus communautaires ont rendez-vous le mercredi 8 avril (9h30) pour désigner un successeur à Joël Guin, président sortant. Le maire (DVD) de Vedène, après avoir annoncé qu’il ne se représenterait pas, pourrait toutefois concourir à nouveau. Il s’opposerait alors à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon, qui rêve d’un doublé et, depuis une semaine, y consacre une majeure partie de son temps.

    Au sein des 16 communes, le panorama issu des municipales est quasiment inchangé, à l’exception notable d’Avignon, ville-centre, passé de gauche à droite. Les 12 maires qui se représentaient ont tous été réélus. À Saint-Saturnin, Entraigues et Jonquerettes, les édiles ayant passé la main ont été remplacés par des élus issus de leur majorité. Avec 11 élus, le RN reste stable et peut s’afficher en point d’appui, quand la gauche est, forcément, en net repli. En dehors des maires d’Entraigues (William Bouquet), de Sauveterre (Jacques Demanse) et de Velleron (Philippe Armengol), probablement amenés à rester dans l’exécutif avec des vice-présidences, la gauche avignonnaise compte 7 élus.

    « Ce sera serré »,

    RN et gauche en arbitres

    Le Grand Avignon dispose d’une majorité divers droite. Qui pour l’incarner ? Un temps évoquée, l’hypothèse Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, a été écartée, jeudi dernier, par l’intéressée. « Je fais l’objet de rumeurs et d’interrogations au sujet d’une éventuelle intention de me présenter à la présidence du Grand Avignon. Je suis honorée, cependant, je ne suis pas candidate », a-t-elle clarifié sans afficher de préférence. Parmi les maires, seul Paul Mély (Les Angles) s’est déjà positionné en faveur de son homologue avignonnais. On se dirige donc vers un duel entre Olivier Galzi et Joël Guin. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une semaine. « Ça s’est très bien passé », nous confiait Olivier Galzi dans une litote. La présence de Joël Guin au dernier meeting de campagne du 1er tour de David Fournier (PS), à Avignon, étant loin d’être passée inaperçue. Le sujet a pu être abordé entre les candidats putatifs, sans que l’abcès ne soit vraiment crevé.

    S’il n’est pas officiellement candidat, Joël Guin y réfléchit sérieusement. Il a reçu les maires sortants et d’autres échanges sont encore prévus d’ici à la fin de semaine. Sollicité, son entourage n’a pas donné suite quant au cheminement actuel de sa candidature. « S’il y va, ce sera très serré », prédit Philippe Armengol. Un temps sondé pour la présidence, le maire de Velleron a décliné. « Cela ne m’a pas laissé insensible, mais je ne me présenterai pas », soutient-il, assurant ne pas avoir arrêté son choix de vote. « En tant que vice-président à la transition écologique, j’ai eu des services compétents et un soutien continu logistique et financier pour Velleron, mais il y a du boulot sur les projets structurants », décrit Philippe Armengol, se refusant à opposer ville-centre et reste de l’agglo.

    Vice-président sortant, Jean-Firmin Bardisa (DVD) avait accédé à l’exécutif grâce à un rejet du maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard. Toujours élu d’opposition, Jean-Firmin Bardisa compte bien se représenter à la vice-présidence, mais n’a eu « aucun contact » avec Joël Guin ou Olivier Galzi. Même schéma pour Annick Dubois (PS), vice-présidente, battue à Morières par le maire (RN) sortant, Grégoire Souque. « Je compte me représenter », glisse-t-elle. En ce sens, l’extrême droite pourrait jouer les faiseurs de rois. Soutiens de Joël Guin au début du mandat, ses élus sont devenus progressivement ses opposants (gestion du délégataire des déchets, affaire Tecelys) à mesure que la gauche avignonnaise se rapprochait du président pour finir par voter les derniers budgets.

    « Je ne pense pas qu’on présentera un candidat », fait part Mouloud Rezouali, élu Écologiste d’Avignon. Son vote pourrait échoir au candidat opposé à Olivier Galzi si le RN soutient le maire d’Avignon. « On jouerait les arbitres, je suis préoccupé par une éventuelle alliance des droites, Olivier Galzi a déjà fait appel aux électeurs RN, là, s’il s’allie aux élus, ce serait gravissime », prévient-il. Olivier Galzi tente de rallier à sa cause les maires, « sans hégémonie » avec un discours de « respect, de parité et de solidarité, quelle que soit leur couleur politique ». S’il y parvient, il pourra se dispenser des voix du RN. Sinon…

  • La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    Depuis plusieurs séances plénières, la CGT a désormais pris l’habitude d’organiser un rassemblement devant l’entrée de l’hôtel du Département. Ce lundi, deux pans majeurs de la politique sociale étaient visés : la gestion du RSA et les délais d’attente à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées, lire aussi notre édition du 17 février). « Des dossiers s’accumulent, parfois jusqu’à 8 mois d’attente », s’irrite Amandine Laugier, secrétaire CGT des personnels du Département, faisant redouter que la MDPH « devienne un service qui fabrique de l’exclusion ». Le syndicat réclame « des renforts pérennes ». Une préoccupation relayée dans l’hémicycle par Rémy Blanc (PCF) à laquelle a répondu Suzanne Bouchet, vice-présidente, en charge des solidarités et du handicap. « La numérisation des dossiers fait qu’on a pris de retard mais in fine on gagnera du temps, justifie l’élue. On a embauché des contractuels, tout n’est pas encore résorbé mais énormément de progrès ont été faits. »

    Le sujet du RSA (notre édition de lundi) n’a en revanche pas été abordé dans l’hémicycle. Interrogée à l’issue de la séance, Dominique Santoni, reste droite dans ses bottes : « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », défend la présidente sur ce sujet au long cours. D’ici à cet été, la collectivité prévoit une large communication dessus. En attendant, « la situation est inacceptable », selon Amandine Laugier qui relève une « multiplication de décisions arbitraires ». « J’ai été contrôlée 14 fois en un an et demi », n’en revient pas Nina *, 46 ans, qui a depuis retrouvé un travail mais a été confrontée à une suspension indue de droits.

    * Le prénom a été modifié

  • Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Le parfum des municipales flottait, ce lundi matin, dans l’hémicycle départemental. Comme indiqué dans notre édition de lundi, seuls 7 conseillers départementaux sur 34 n’étaient pas concernés par le scrutin des 15 et 22 mars. La plupart avaient sûrement encore la tête à cette élection ayant plongé les élus dans la torpeur, tant la séance et ses 36 rapports techniques n’ont donné lieu à aucun débat, s’achevant en 50 minutes.

    Sur les 151 maires vauclusiens, 9 d’entre eux siègent au Département, dont 4 nouveaux. Après les « félicitations » de rigueur adressées aux nouveaux élus, Dominique Santoni a tenu à refaire le match du scrutin dans un propos liminaire. Non sur un pur plan de recomposition politique, mais sur le climat de ces élections. La présidente, elle-même réélue à Apt et nommée adjointe, n’a pas du tout vécu une campagne sereine, le dénonçant avec force dans une vidéo la veille du premier tour. « Le débat local, jusqu’ici relativement épargné, devient un ring à ciel ouvert : la confrontation des idées a laissé place à des tensions, des attaques personnelles ou des formes de radicalisation », déplore-t-elle.

    Ce serait ainsi la conséquence « du spectacle affligeant du débat national », où « tout se confond dans une confiscation du débat local » alors que ce qui doit primer est « la compétence du maire, ses projets pour sa commune ». Et de citer en exemple « des SMS qui arrivent sur les téléphones des électeurs, leur expliquant que la victoire à la présidentielle passe par la victoire de leur candidat aux municipales en 2026, conditionnant ainsi le choix de leur maire à des enjeux nationaux ou idéologiques ».

    Sans l’évoquer nommément, Dominique Santoni considère l’alliance PS-LFI à Avignon au second tour comme une « schizophrénie électorale ». Interrogée post séance, Dominique Santoni parle d’un climat « totalement délétère, je n’avais jamais connu ça ». Un peu comme David Fournier, candidat PS, à Avignon battu par Olivier Galzi (DVD). « Il incarne un renouveau », salue-t-elle à propos de ce dernier, tout en se gardant bien de répondre si le nouveau maire a participé à cette lourde ambiance.

    Les « actes » plutôt que « les cris » pour avancer

    Depuis sa fragile élection à la présidence du Département en 2021, Dominique Santoni s’évertue à ne surtout pas polariser le débat au national, hormis pour dénoncer les affres de l’État, et mettre en avant les institutions locales comme des « pôles de stabilité ». « Avec mes collègues de la majorité départementale, nous assumons une ligne claire : rassembler plutôt que diviser, agir plutôt que commenter », martèle-t-elle. L’ex-maire d’Apt exhorte les élus locaux à désormais « avancer, apaiser, recréer du lien car à la fin, ce ne sont pas les cris qui font avancer un territoire…ce sont les actes », conclut-elle, sans que personne ne rebondisse dans l’assemblée. Au global, les municipales ont vu un maintien de la droite – parfois d’un cheveu à Apt et Cavaillon –, un effondrement de la gauche et une progression du RN. Y voit-elle des enseignements en vue des départementales de 2028 ? « Pas encore, mais nous allons nous y mettre », évacue-t-elle, alors que l’extrême droite, qui n’a encore jamais dirigé de département, rêve de Vaucluse.

  • À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    Ceint de son écharpe tricolore, Olivier Galzi sent « un poids immense », partagé entre « responsabilité et humilité » au moment de s’asseoir dans le fauteuil de maire, ce samedi midi. Sans surprise, l’ex-candidat DVD a été élu premier magistrat avec 36 voix, contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN), 10 blancs -la gauche n’avait pas présenté de candidat- et 2 nuls. En attendant, dès ce lundi, de se plonger dans les finances et lancer « immédiatement un audit », Olivier Galzi a souhaité tourner la page de la campagne.

    Rappelant son triptyque de priorités, sécurité-propreté-circulation, Olivier Galzi fait déjà peser un air de « rigueur » sur la dépense publique, même si ses adjoints sont augmentés (lire ci-contre). « Nous sortons d’une séquence éprouvante. Le bruit et la fureur que certains appellent de leurs vœux au niveau national ont été rejetés par les Avignonnais. La campagne est terminée, place à la ville », veut-il avancer, remerciant « Cécile Helle [maire sortante] pour son attitude républicaine exemplaire ». « J’espère que l’opposition saura s’en inspirer. Je lui tends la main pour participer, dans la sérénité, à l’œuvre de redressement », poursuit-il.

    Mais il faudra plus que cette tonalité de promesses pour tisser une relation de confiance dans l’assemblée. Car l’opposition de gauche avait besoin de faire un solde de tout compte de cette campagne. S’il « félicite » Olivier Galzi, David Fournier (PS), arrivé second, tient à « revenir sur cette campagne qui a été rude, inélégante et diffamatoire », estime-t-il, sous quelques huées de l’assistance. Accusation de sang sur les mains, d’être antisémite, photo sur les réseaux sociaux d’un homme urinant sur son affiche, maison dégradée par deux fois… David Fournier se livre à un exercice cathartique. L’ex-adjoint évoque aussi son triptyque, solidarité-services publics-écologie. « Nous
    serons vigilants à la place
    que vous accorderez aux 11
     000 Avignonnais qui ont soutenu Ensemble et solidaires », prévient-il.

    « Porosité et vote utile »

    Mathilde Louvain (LFI), dont la liste avait fusionné avec celle de David Fournier, est déjà entrée de plain-pied dans le mandat. « Comptez sur notre attention permanente et nos valeurs humanistes », assure-t-elle, « heureuse d’avoir entendu que vous tourniez la page de la division ». Et d’inciter fortement Olivier Galzi « à s’engager dans le combat pour défendre les écoles publiques où une dizaine de classes sont menacées de fermeture ». Mouloud Rezouali (les Écologistes) a remis sur le métier sa marotte de la gratuité des transports et dénonce « la porosité avec un grave transfert de suffrages » lors du second tour.

    Allusion à la très forte progression de voix d’Olivier Galzi quand l’extrême droite en perdait 800. Si le nouveau maire parle « probablement de beaucoup d’électeurs socialistes », Anne-Sophie Rigault (RN) dément. « Vous avez été élu par un vote utile, pas d’adhésion qui vous appelle à la plus grande humilité », met en garde celle qui entame un 3e mandat d’opposante.

    Bien plus douce qu’à l’accoutumée, Anne-Sophie Rigault s’attribue une partie de la victoire, reprenant à son compte le terme « d’alliance de la honte [LFI-PS] » brandi par Olivier Galzi dans l’entre-deux tours. « Avignon a échappé au pire, vous avez identifié les mêmes priorités que nous depuis longtemps », remercie presque l’élue RN. Ce qui fait dire à un élu de gauche à l’issue de la séance : « Anne-Sophie Rigault s’est installée en 2e majorité. »

    L’indemnité des élus fait tiquer la gauche

    Ultime délibération, la fixation des indemnités des élus a fait tiquer Fabrice Tocabens (PS), ex-adjoint de la majorité précédente. « Certains adjoints ont une augmentation de 35%, même si vous baissez de 14% votre indemnité de maire, la hausse globale est de 25%, soit 11 000 euros par mois l’équivalent de 2 policiers municipaux », note-t-il en dénonçant « un choix cinglant quand tant de Français ont du mal à boucler leurs fins de mois ». Là où les adjoints percevaient environ 1 200 euros bruts, ce sera désormais 1 726 euros bruts. Le maire est à 5 631 euros bruts, les élus avec délégation 904 euros et ceux d’opposition, à 246 euros. Un choix assumé par Olivier Galzi : « Beaucoup ont pris un engagement pour réduire leur activité professionnelle, il me semblait juste de leur envoyer un signal face à l’exigence qui est énorme. » La gauche a voté contre, le RN pour. F.C.

  • Fortunes diverses pour les élus candidats aux municipales

    Fortunes diverses pour les élus candidats aux municipales

    Plus de trois mois après la dernière séance départementale, consacrée au budget, les élus vauclusiens se retrouvent ce lundi pour une plénière post municipales. En décembre, la présidente LR Dominique Santoni, avait prévenu que cette séance serait plus tardive qu’à l’ordinaire. Et pour cause, sur les 34 élus départementaux seuls 7, selon notre décompte, n’étaient pas candidats sur des listes les 15 et 22 mars derniers : les vice-présidents Christelle Castanier, Suzanne Bouchet et Jean-Baptiste Blanc, les élus RN Danielle Brun et Nicolas Humbert, mais aussi Noëlle Trinquier (DVG) et Léa Louard (EELV). Notons que Yann Bompard, maire (Ligue du sud) déchu d’Orange par la justice mais aussi de son poste de conseiller départemental, n’est pas pris en compte mais son successeur, qui sera intronisé aujourd’hui, oui : Jonathan D’Argenson, présent sur la liste de Jacques Bompard et désormais élu d’opposition.

    Dans l’ensemble, les conseillers départementaux qui postulaient au poste de maire ont été récompensés. Le Département compte 9 maires dans ses rangs, dont 4 nouveaux : le vice-président Patrick Merle est élu à Ménerbes, tout comme Jean-François Lovisolo (DVG) qui retrouve son fauteuil à la Tour d’Aigues après l’avoir laissé en 2022 pour cause de députation. Pierre Gonzalvez (DVD) à L’Isle-sur-la-Sorgue, Anthony Zilio (SE) à Bollène, Alexandre Roux (DVG) à Entrechaux, Max Raspail (DVG) à Blauvac et Thierry Lagneau (LR) à Sorgues ont été réélus. L’extrême droite vient compléter le tableau avec Hervé de Lépinau, nouveau maire de Carpentras, tout comme sa binôme, Marie Thomas de Maleville, vainqueure à Aubignan. Maire sortant de Cheval-Blanc, Christian Mounier (LR) ne se représentait mais figurait en position symbolique sur la liste de son successeur, Fabrice Liberato.

    À l’inverse, d’autres élus têtes de liste n’ont pas réussi à devenir maires : Sophie Rigaut (PS) à Vaison, Annick Dubois (PS) à Morières, Myriam Silem (DVC) à Saint-Didier ou Christine Lanthelme (SE) à Uchaux. À gauche, outre Alexandre Roux et les deux élues socialistes évoquées, les autres se sont faire élire au mieux dans l’opposition à Avignon (Rémy Blanc, Fabrice Tocabens) ou n’ont pu l’être dans la même ville-centre (Laurence Lefèvre, Samir Allel). Enfin, Dominique Santoni, qui était seconde de liste à Apt du Premier adjoint Jean Aillaud, a réussi à conserver la ville à droite de justesse (16 voix).

  • Qui sont les nouveaux adjoints d’Olivier Galzi ?

    Qui sont les nouveaux adjoints d’Olivier Galzi ?

    Leurs délégations ne seront connues qu’a priori en fin de semaine prochaine, même si pour la plupart ils savent quels seront leurs champs d’action. Dans la foulée de l’élection du maire, la liste des adjoints a également été votée. Ils seront 20, comme sous Cécile Helle, à accompagner au plus près Olivier Galzi dans la gestion municipale. Les 14 premiers sont les 14 premiers issus de l’ordre de sa liste : Corinne Chatriot, Jean-Luc Queyla, Emmanuelle Roux-Panis, Michel Adam, Laëtitia Dosne, Laurent Rochut, Violeta Lukic, Nicolas Donadille, Simone Vidal, Xavier Bourgue, Nezha Moummed, Philippe Bruey, Anaïs Hausmann, Florian Borba Da Costa. Parmi les proches suivants de liste, seul Eric Peytié, 16e adjoint, est rescapé. Djamila Bouras (15e), Isabelle Altayrac, Bertrand Dessaud-Delaye, Michèle Nesme et Matteo Boso complètent la liste.

    Lors de la présentation de sa liste, Olivier Galzi vantait « un changement des visages et de méthode ». Parmi les adjoints, on retrouve toutefois deux d’entre eux qui ont occupé cette fonction : Isabelle Altayrac, en charge de l’éducation lors du dernier mandat de Marie-Josée Roig (UMP), et Florian Borba Da Costa, qui s’est notamment occupé du commerce lors du premier mandat de Cécile Helle (PS). Quelques délégations sont toutefois pressenties, Olivier Galzi en ayant aussi dévoilé quelques potentialités début mars : Corinne Chatriot, 1ère adjointe, commerçante et ancienne élue à la CCI, pourrait s’occuper de l’attractivité quand Jean-Luc Queyla, ancien chef des pompiers d’Avignon, se chargerait de la sécurité.

    Les transports pourraient revenir à Nicolas Donadille et le sport à Xavier Bourgue. Laurent Rochut, directeur de théâtre et ex-vice-président du Festival Off d’Avignon, aurait des délégations autour des arts vivants, quand la culture pourrait échoir à Violeta Lukic, ancienne journaliste culture chez nos confrères de Vaucluse matin. On ignore encore de quel portefeuille héritera Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi, décrite comme « conseil spécialiste en innovation ».

  • À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    La tête à la construction du mandat d’opposition mais l’esprit certainement encore un peu à la défaite de dimanche dernier. Ce samedi, les nouveaux élus de gauche d’opposition vont entrer dans une nouvelle ère, presque une semaine après avoir vu leur liste fusionnée portée par David Fournier (PS) être devancée de 760 voix (40,62%/38,01%) par Olivier Galzi (DVD). Les dix élus (PS, LFI, PCF, EELV ou l’Après sont représentés comme partis) ne devraient pas présenter de candidat et laisser seul le futur maire être élu en s’abstenant. David Fournier et Mathilde Louvain (LFI) prévoient de prendre la parole.

    Si les groupes ne seront pas officialisés dès ce samedi, la gauche devrait, à terme, parler à deux voix avec d’un côté les 6 élus issus de la liste initiale de David Fournier et, de l’autre, les 4 venus de Mathilde Louvain (LFI). La gauche est expérimentée puisque 6 élus sur 10 étaient déjà conseillers municipaux sortants. On peut aussi souligner que Maryline Croyet (PS) était élue lors du mandat précédent (2014-2020) et que Rémy Blanc (PCF) est conseiller départemental.

    « Avoir deux groupes permet d’instaurer une présence et une reconnaissance de nos marqueurs politiques », fait valoir Mathilde Louvain, qui entend bien « garder le lien permanent avec les habitants, on fera un travail pédagogique sur ce qu’il se passe en séance et le choix de nos votes ». La « défense des services publics » sera le fil rouge de la mandature. Même tonalité chez David Fournier : « Ensemble et solidaires [nom de la liste] va continuer, on a un devoir par rapport au plus de 11 000 voix qui se sont portées sur nous, nous devons répondre à l’urgence sociale et climatique », estimait-il, dès dimanche soir, promettant une « vigilance sur les services publics et la lutte contre le clientélisme ».

  • [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    Même s’il n’est pas encore maire, ce qui sera chose faite ce samedi lors d’une séance d’installation à l’Hôtel de ville, Olivier Galzi a déjà eu une première semaine chargée avec une prise de connaissance des rouages municipaux et de multiples rencontres. Pour La Marseillaise, l’ex-journaliste TV livre quelques projections (lire page 3 les premières mesures).

    La Marseillaise : Près d’une semaine après votre victoire (40,62%) face à la gauche, quel est votre état d’esprit à l’heure d’être officiellement installé maire ?

    Olivier Galzi : On se prépare à la tâche immense qui nous attend. On en mesure l’ampleur et l’importance. Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur les finances. On va passer par un audit, parce que c’est le nerf de la guerre (lire aussi page 3). On met tout en œuvre pour pouvoir être en position d’agir le plus rapidement possible. Sur la cérémonie en elle-même, je n’ai pas encore eu le temps d’y penser, de l’appréhender tellement les dossiers sont nombreux. Et notamment, ce qu’on appelle le troisième tour, c’est-à-dire l’élection à la présidence de l’agglomération [le conseil communautaire devrait se tenir le 8 avril] qui me prend beaucoup de temps.

    Est-ce que vous préparez votre premier conseil municipal comme votre premier journal télévisé ?

    O.G. : (Sourires) Non, pas du tout, ce n’est pas le même exercice. À la télé, vous êtes tout seul face à une caméra et vous parlez à des millions de personnes. Là, il n’y a plus le filtre de la caméra : on est en démocratie directe, pas seul, mais avec une équipe. Les enjeux du journal télévisé, c’est d’essayer d’expliquer les problèmes. Les enjeux du maire, c’est d’essayer de les résoudre. Donc, l’exercice est résolument très différent. Il est nouveau, mais ce n’est pas pour autant qu’il me fait peur. En revanche, je mesure la responsabilité que nous avons désormais avec une attente qui a été assez forte. À savoir un désir de changement, qui sera dans la cohérence de notre discours de campagne. Nos priorités seront et sont toujours la sécurité, la question de la propriété et la circulation. Très clairement, on n’arrive pas ici pour faire comme avant.

    Propreté, circulation sont des compétences liées au Grand Avignon, le 3e tour vous occupe déjà beaucoup. Confirmez-vous que vous souhaitez prendre la présidence et comment y parvenir alors que pendant les deux derniers mandats, ce ne fut pas le cas pour la ville-centre ?

    O.G. : Je rencontre déjà mes pairs de l’agglo pour leur expliquer ma vision du bassin de vie. Je confirme que je serai candidat. Pour d’autres éventuels candidats, Mme Bories [maire LR de Villeneuve] a clarifié en disant qu’elle ne serait pas candidate, mais il y a des positions qui me semblent un peu moins claires. Je connais certains maires [Paul Mély, réélu aux Angles a clairement affiché son soutien], pas tous, d’autres attendaient de voir si j’allais être élu pour commencer une discussion, ce qui est normal. J’ai rencontré Joël Guin [maire de Vedène et président sortant, aperçu à un meeting de David Fournier], ça s’est très bien passé (sourires). À l’époque où la ville-centre dirigeait l’agglomération [sous Marie-Josée Roig], peut-être s’est-elle comportée de manière un peu hégémonique. Il y a de grandes communes, des petites mais il n’y a pas des petits maires et des grands maires. Tous doivent donc pouvoir fonctionner dans un respect, dans un système de parité et aussi dans une solidarité, quelle que soit leur couleur politique. Si je suis élu à la tête de l’agglomération, je ne serai pas un président hégémonique, qui écraserait les communes alentour, sinon ce serait ne rien avoir compris à la force d’un collectif. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de porter une voie qui va peser encore plus que celle d’Avignon. Afin d’actionner les leviers notamment de financement d’un certain nombre de projets qui seront à la fois utiles pour Avignon et pour l’ensemble de l’agglomération.

    Vous avez rencontré mercredi Cécile Helle, avez-vous seulement parlé du fonctionnement de la mairie ou aussi de la campagne ?

    O.G. : Non, on n’a pas parlé de la campagne, mais des dossiers. C’était un exercice très républicain, respectueux des deux côtés, factuel, dans une logique de transmission pour l’intérêt général. Je la remercie d’ailleurs de m’avoir déjà mis à disposition un bureau. Après, elle a ses idées, j’ai les miennes. Mais il n’y aura pas ici de départ sous les huées, contrairement à d’autres endroits où l’extrême gauche a pris le pouvoir.

    Dans votre discours dimanche soir, vous vous posiez en rassembleur, en maire de tous les Avignonnais. Ce n’est pas un peu facile après une vive campagne où la gauche dit qu’elle a été
    «
     violente et dégueulasse » et où même le RN dit que vous avez
    «
     joué sur les peurs » ?

    O.G. : Il y a eu effectivement une grande violence, très facile à comprendre. C’est celle faite aux électeurs socialistes qui se sont retrouvés les cocus au second tour d’une fusion qu’on ne leur avait pas annoncé au premier. Ils ont été obligés de constater que leur candidat était prêt à brader un certain nombre de valeurs qui étaient les leurs. C’est la seule violence que j’ai pu constater.

    Il y a une grève en cours au sein de la cantine scolaire. C’est quoi le bon sens pour y mettre fin ?

    O.G. : Le bon sens pour sortir d’une grève, c’est d’écouter ce que les représentants du personnel ont à dire et qu’on n’a, semble-t-il, pas envie d’entendre. Je suis encore à l’extérieur du dossier, j’ai une vision probablement très partielle. Dans ce dossier sensible, sordide et scandaleux puisqu’on parle quand même des vols de viande destinés aux enfants de nos écoles, il faut très clairement établir toutes les responsabilités et sanctionner. Et je n’ai pas le sentiment à ce stade que ceux qui font grève soient ceux qui ont envie d’étouffer l’affaire. Bien au contraire. Donc, si c’est ça, on devrait pouvoir trouver des solutions rapidement.

    Les cantines ont été municipalisées il y a plus de 10 ans, une des plus grandes fiertés de Cécile Helle. Est-ce que vous comptez garder ce service en régie ?

    O.G. : D’un point de vue extérieur, ça a l’air de fonctionner et apparaît comme une réalisation intéressante de la majorité précédente. Cela a été une bonne chose pour l’accès à une nourriture de qualité dans des circuits courts pour des populations qui n’ont pas forcément énormément de moyens, avec un tarif intéressant pour elles. À partir de là, ça me paraît aller dans le bon sens. Maintenant, le bon sens, c’est aussi, une fois qu’on est à l’intérieur, de voir ce qu’on ne voyait pas à l’extérieur. Mais très clairement, le dossier de la cantine scolaire, en dehors de cette affaire de viande volée, ne me paraît pas faire partie des priorités de chantier pour la mairie.

    « La cantine municipale apparaît comme une réalisation intéressante »

  • La ville d’Avignon ne « manque pas d’attractivité touristique »

    La ville d’Avignon ne « manque pas d’attractivité touristique »

    Avec le pont d’Avignon et le palais des Papes en arrière-plan, le site est une carte postale idéale pour tout support touristique. En bord du Rhône sur l’île de la Barthelasse, le restaurant le Bercail se prêtait parfaitement, ce jeudi midi, au lancement de la saison touristique avec remise des nouvelles brochures à l’ensemble des professionnels du tourisme.

    Si le printemps reste la saison encore ancrée pour ouvrir l’année touristique, Avignon est toutefois une destination prisée toute l’année. « Elle se visite de plus en plus en fin de saison, grâce notamment au tourisme d’affaires que l’on veut développer l’hiver », souligne Cécile Wiertlewski, directrice de l’Office de tourisme d’Avignon, insistant sur la « belle synergie des acteurs ». À commencer par son homologue au Grand Avignon, Claire Prost, qui gère la promotion des 15 autres communes de l’agglo. « On agit en complémentarité pour aller dénicher des pépites du territoire à faire connaître et, plus largement, faire en sorte que le Grand Avignon soit un camp de base pour les touristes dans un rayon de 50 km », fait-elle valoir.

    Le nombre de visiteurs sur le pont augmente de 12%

    En 2025, on assiste toutefois à un léger repli de fréquentation en Vaucluse (-4%). « Des résultats à relativiser car 2024 fut une année exceptionnelle notamment au printemps, 2025 enregistre ainsi pratiquement le même volume de nuitées qu’en 2019, avant la crise sanitaire », tempère l’office de tourisme. Côté monuments emblématiques, le Palais des papes enregistre un nombre de visiteurs quasi similaire (-0,85%) avec 778 551 entrées. En revanche, le pont d’Avignon voit sa fréquentation bondir de 12,13%, avec 606 607 visiteurs. « Nous avons mené une grosse campagne de communication sur ce monument, le fait aussi que l’exposition Othoniel parcourt le Pont a boosté les visites », se satisfait Cécile Wiertlewski. Parmi les touristes internationaux, Américains, Canadiens, mais aussi Sud-Coréens et Chinois, qui font leur retour post-Covid, sont à noter.

    Rappelons que le Palais des papes et le pont sont gérés par Avignon tourisme, une société paramunicipale, qui pilote aussi le centre de congrès, le parc des expositions et trois parkings souterrains. Une structure en difficulté financière chronique, que certains candidats aux municipales n’ont pas manqué de souligner. Comme le futur maire, Olivier Galzi (DVD). « On entend souvent en ce moment qu’il faut redonner de l’attractivité à Avignon, mais on n’en manque pas d’un point de vue touristique », assure Cécile Wiertlewski, qui dirige le pôle développement touristique au sein d’Avignon tourisme. Comme d’autres, elle est pour l’heure dans l’expectative quant aux futures orientations municipales, aussi bien pour attirer du monde que dans la gestion pure d’Avignon tourisme.