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  • Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    Un tournoi de foot inter-foyers aux Saints-Anges à Marseille pour les enfants placés

    L’opération de cette journée où sont attendus près de 200 enfants placés dans des foyers par décision de justice vise deux objectifs : « offrir une parenthèse de joie, de partage et de convivialité, loin du quotidien parfois difficile qu’ils traversent », explique Corinne Aïache une des responsables de Sourire et partage. La journée sera par ailleurs dédiée à une jeune fille atteinte d’une maladie rare.

    Fondée il y a trois ans par des anciens enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) devenus des éducateurs ou des professionnels engagés, l’association œuvre à l’amélioration du quotidien de ces minots et organise des collectes de dons pour organiser des fêtes et des repas de Noël. Ce printemps c’est autour d’un ballon rond que les enfants seront réunis. Avec une invitée d’honneur : « cette édition aura également une dimension particulière puisque la jeune Eva, âgée de 11 ans, donnera le coup d’envoi du tournoi, précise la secrétaire de Sourire et partage, nous accompagnons Eva et sa maman dans leur combat contre la maladie de Blount, une maladie génétique extrêmement rare qui touche seulement quelques dizaines de personnes en France ».

    Au programme : matches de foot, animations, tombola, buvette, surprises et la présence de personnalités venues soutenir discrètement cette initiative solidaire et partager un moment privilégié avec les enfants. Parmi eux, Joshua Guilavogui, joueur international et parrain de l’association.

  • Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Marseille : danser pour lisser les différences à l’école primaire

    Au théâtre de la Sucrière, ce vendredi après-midi, les gradins se remplissent d’enfants. Dans les coulisses, l’excitation et le stress commencent à monter. Les jeunes danseurs de l’école de la Visitation s’apprêtent à donner leur première représentation publique, devant toute leur école. Parmi eux, cinq enfants atteints de handicap mental. Ce spectacle marque la fin d’un programme intense de six mois, porté par Nadège Béglé et Ombline d’Avezac de la fondation « Culture pour l’enfance ». « Notre mission est d’amener la culture dans les milieux prioritaires », explique Nadège Béglé, déléguée générale de la fondation, basée à Paris. « Pour la première édition de ce programme, nous voulions que les enfants de la classe Ulis et les élèves de CM2 travaillent ensemble autour de la pratique de la danse. Le travail corporel permet de lisser les différences. »

    Il est temps pour les minots de se lancer sur scène et le stress laisse vite place à l’énergie collective. Sur le plateau, trois danseurs de la Cie. Shonen, qui ont accompagné les élèves durant les six derniers mois, les guident sans trahir leur spontanéité.

    Un moment émouvant pour Cynthia, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH). Elle suit au quotidien le jeune Adam, atteint d’autisme. « La danse a vraiment aidé Adam a s’épanouir. Voir son sourire aujourd’hui, c’est la plus belle des récompenses », lance-t-elle.

    L’art pour se libérer

    Pour les danseurs de la Cie. Shonen, qui travaille régulièrement avec des jeunes publics, cette représentation marque la fin d’un processus. « Trois fois par mois, on a dansé avec les enfants, forcément on a créé des liens forts », explique Pauline, danseuse professionnelle. « On a vu des enfants se déployer. » Jean-Marc Coppola, nouveau maire communiste des 15-16 et ancien adjoint à la culture de la mairie de Marseille se réjouit d’avoir accueilli ce spectacle. « Cet événement est dans la continuité du programme d’éducation artistique et culturelle que j’ai mené pendant six ans à la mairie. L’art donne aux enfants les premiers atouts pour être libre », explique l’édile. Un programme similaire, de théâtre, est en cours avec une classe de la Viste. Une représentation publique aura lieu le jeudi 4 juin au théâtre de la Criée à 18h30.

  • Sylvie Orsoni : « Les Résistants se sont battus pour un monde plus juste »

    Sylvie Orsoni : « Les Résistants se sont battus pour un monde plus juste »

    Historienne et présidente du musée virtuel de la Résistance Paca (Murel), Sylvie Orsoni revient pour La Marseillaise sur l’œuvre de Robert Mencherini.

    La Marseillaise : En quoi cet historien a été important pour les Bouches-du-Rhône ?

    Sylvie Orsini : Parce que son œuvre porte sur l’histoire de la Résistance dans les Bouches-du-Rhône et en particulier à Marseille. C’est le meilleur spécialiste de cette période dans le département. Il a publié quatre livres sur ces Marseillais qui ont résisté. Il a décliné toute leur histoire de 1939 à la libération, en fouillant toutes les archives. Il n’y a pas une archive qu’il n’a pas vue. Son projet était de montrer combien la Résistance avait été importante dans la ville. Parce qu’avant, les historiens parisiens ignoraient totalement ce qui s’était passé à Marseille. Alors que la Résistance a été très importante dans la cité phocéenne. ça lui tenait à cœur de montrer combien il y a eu de résistance ici.

    Un historien qui était très ancré localement…

    S.O. : Oui, il voulait que cette histoire soit inscrite dans la ville. Il a travaillé pour qu’il y ait un square Berty Albrecht [grande figure de la Résistance marseillaise]. Il voulait que ça soit dans le territoire, que ça se voit. Il a aussi beaucoup participé, avec la mairie, aux différentes grandes commémorations des rafles de 1943, de la libération de 1944. Au sein du musée d’histoire de la Ville de Marseille, il a également aidé à la pièce consacrée à Berty Albrecht.

    Pourquoi c’était important pour lui ?

    S.O. : C’est d’abord pour rendre justice aux Résistants, pour montrer les valeurs que certains Marseillais ont défendues. Robert Mencherini, dans sa jeunesse, a été aux jeunesses communistes révolutionnaires. Les valeurs qu’il a portées restent donc présentes dans son œuvre de façon très objective. Et s’il voyait ce qu’il se passe actuellement, avec la montée de l’extrême droite, il se désolerait. Car il a aussi beaucoup étudié le régime de Vichy et l’occupation à Marseille. Et dire les choses telles qu’elles se sont passées, à quoi les Résistants s’étaient confrontés et qu’est-ce qu’ils avaient combattu, c’est essentiel. ça évite aussi de croire la désinformation, comme ceux qui racontent que le Général Pétain a protégé les Juifs. C’est important de savoir ce qui s’est passé. Le devoir de mémoire, ça n’existe pas, mais le devoir de vérité, ça c’est une obligation : dire ce qu’a été le gouvernement de Vichy, quelles étaient ses valeurs et ce qu’a été le nazisme. C’est aussi une façon de rappeler à quel type de société ceux qui réhabilitent Pétain veulent aboutir. Rappeler ce que ça donne : des génocides, des tortures et la dictature. Une société dont Robert Mencherini ne voulait pas.

    Il est donc nécessaire de rappeler les valeurs de la Résistance ?

    S.O. : Oui, parce que politiquement elles sont toujours actuelles. Les Résistants se sont battus contre, mais aussi pour un monde plus juste avec le programme du Conseil national de la Résistance. Ces valeurs-là restent à défendre et sont tellement menacées. Dès 1944-1945, les nostalgiques de Vichy sont repartis à la manœuvre un peu plus discrètement et maintenant de façon extrêmement ouverte.

    Plus d’information sur le colloque sur le site : telemme.mmsh.fr

  • Les ambassadeurs scolaires de Martigues contre le cyberharcèlement récompensés

    Les ambassadeurs scolaires de Martigues contre le cyberharcèlement récompensés

    « Le monde est connecté aujourd’hui, mais faut pas abuser et utiliser les réseaux sociaux de la bonne manière », affirme Méline Cortès. La lycéenne et ses camarades la terminale 4 du lycée Lurçat ont remporté le concours citoyenneté du Pays de Martigues ex æquo avec la terminale 3, lors de l’annonce des résultats vendredi après-midi à l’hôtel de Ville.

    Le thème de cette année était le respect dans un monde connecté. Chaque classe participante a dû y aller de son imagination. « On a fait une intervention à l’école primaire pour présenter les dangers des réseaux sociaux avec des jeux de memory et de pendu », restitue Mona Bertand, de Tle 3, constatant qu’« aujourd’hui tout le monde a un téléphone en primaire ». Leurs homologues de terminale technologique au lycée Lurçat ont fini 3e, mais peu importe, pour leur professeure de mathématiques Béatrice Babel. « Ça nous sort de l’habituel, le sujet les a tout de suite fédérés autour d’une vidéo. À aucun moment je n’ai dû faire de la discipline, ils ont vraiment donné le meilleur d’eux-mêmes, ce sont maintenant de vrais ambassadeurs contre le cyberharcèlement », insiste l’enseignante.

    Onze établissements

    Ce ne sont pas moins de 13 projets qui ont été présentés par onze établissements, collèges et lycées de Martigues, Port-de-Bouc, Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts, de la sixième à la terminale. Les finalistes de chaque catégorie sont récompensés par une somme dédiée à une sortie pédagogique, de 600 et 400 euros pour les premiers et seconds.

  • Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    « Patron, un employé municipal a découvert un corps ce matin sur le site de Tholon, entre le lycée Langevin et le centre des impôts. Tu sais Lopez ça n’a rien d’insolite que l’on exhume un corps ou ce qu’il en reste sur un site archéologique. » La réplique de l’inspecteur-narrateur de Fortune Barbare fait sourire, juste avant de plonger dans le noir du premier polar de Vladimir Biaggi, rencontré mardi 19 mai. L’écrivain martégal, connu pour sa carrière de professeur de philosophie au lycée Langevin et ses nombreux autres écrits, sert ici une soupe de doigts écrasés et d’oreilles coupées, en entrée d’un menu comprenant une folle quête aux lingots d’or et autres sources de richesses, saupoudrés de bonne chère.

    L’auteur s’est emprunt à dépeindre une Venise provençale dans ce qu’elle pourrait montrer de pire, décrivant parfois des actes sordides. « Depuis toujours le monde a été cruel violent et sanglant, c’est commun » selon Vladimir Biaggi, « dans une page un mec est égorgé et la suivante le commissaire est au resto avec ses potes pour manger un plat vénitien », illustre-t-il. « C’est un jouisseur » reprend l’auteur quant à son personnage, et dans la réalité comme dans la fiction, ce sont les plaisirs de la vie qui « atténuent ce monde ce monde de crimes, de sang et de cris ».

    Une ode au goût de la vie

    Il y a du vécu dans cette vision. Comment garder goût à la vie, de nourrir des espoirs, même dans le malheur ? Vladimir Biaggi va à l’essentiel. « J’ai des emmerdes de santé, j’ai fait un AVC, mais j’ai des raisons d’être heureux. J’aime voir des films, lire des romans, écouter de la musique, mes amis et ma famille sont fidèles et tout ça me donne des raisons solides de garder espoir », développe l’auteur.

    C’est à une main qu’a été écrit Fortune Barbare. Le nom est inspiré d’un groupe de polyphonie Corse, Barbara Furtuna, ou Cruelle destinée. Une évocation du « destin du peuple corse qui n’a connu que misère, famine, et invasions… Et ils ont mis tout le monde à la flotte ! » fait remarquer l’auteur, Corse du côté paternel. Le titre du roman est à prendre « dans le sens de l’or qui rend fou, qui fait tuer, c’est l’appât et l’accumulation de la fortune qui rend barbare ».

    Le fond de l’affaire est assumé. « Les riches de ce monde sont des barbares, Bolloré et sa troupe le sont à l’état pur », ose l’auteur, affirmant que « la barbarie, on peut en sortir : ça s’appelle résister ». Résister au « projet névrotique » de « la classe dominante », en bon marxiste de conviction.

    Comme un mode d’emploi de la vie.

    Fortune Barbare, de Vladimir Biaggi, édition Dandelion 2026, 12 €, disponible à l’Alinéa.

  • La plaine sportive de Rousset enrichie de deux nouveaux terrains de padel couverts

    La plaine sportive de Rousset enrichie de deux nouveaux terrains de padel couverts

    «Être maire est un engagement de chaque instant », a estimé Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, lors de l’inauguration des deux nouveaux équipements sportifs sur l’avenue Robert-Bienvenu, en présence du maire, Philipe Pignon (LDVC). Une cérémonie marquant l’engagement de la collectivité « aux côtés des élus de proximité pour les accompagner dans leurs projets au service des habitants de leur commune ».

    « Transition écologique, amélioration du cadre de vie… Le Département des Bouches-du-Rhône est, plus que jamais, le partenaire de confiance des maires au quotidien », a insisté la présidente, rappelant que la collectivité a contribué à hauteur de 300 000 euros à ce projet. Depuis 2015, plus de 2,2 millions d’euros ont ainsi été investis pour soutenir le développement du padel en Provence.

    Plus globalement, ces 11 millions d’euros ont été engagés par la collectivité depuis le début du mandat de Martine Vassal, pour soutenir la commune de Rousset. Modernisation de la cantine scolaire, construction d’une nouvelle usine de filtration d’eau potable, réalisation du complexe sportif communal… Le Département des Bouches-du-Rhône accompagne Rousset dans la mise en œuvre de projets structurants.

    Une dynamique amenée à se poursuivre

    Une dynamique qui doit se poursuivre, annonce le Département, « avec de nouveaux financements dédiés à la restauration d’équipement municipaux, à des opérations de sécurité routière et de transition écologique, ainsi qu’à l’acquisition d’équipements pour la police municipale ». Martine Vassal entend ainsi conforter la place du Département comme « premier partenaire des communes ». Malgré les contraintes budgétaires imposées par l’État, le Département maintient « son cap », avec près de 100 millions d’euros mobilisés chaque année pour accompagner les projets de proximité portés par les maires des Bouches-du-Rhône.

    À l’approche des élections départementales en 2028, cet engagement revêt également une dimension politique. Après avoir perdu la confiance d’une partie des électeurs marseillais lors des dernières municipales, avec environ 5% des voix au 2d tour, ainsi que la présidence de la Métropole, Martine Vassal entend conforter sa position à la tête du conseil départemental.

  • Gérard Darmon persona non grata festival du Berceau du cinéma de La Ciotat

    Gérard Darmon persona non grata festival du Berceau du cinéma de La Ciotat

    « Le festival de La Ciotat prend acte de la décision de Gérard Darmon de renoncer à la présidence du jury de cette édition afin de préserver la sérénité de la manifestation », indique, de manière très laconique, les responsables du Berceau du cinéma, dont le festival doit se tenir du 10 au 14 juin, dans la mythique salle de l’Eden théâtre.

    Depuis plusieurs semaines, la polémique n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur suite notamment à une enquête très détaillée du magazine Politis, appuyée par des témoignages directs de plusieurs professionnelles disant avoir subi des agressions sur des tournages de la part de l’acteur. Agressions que Gérard Darmon a toujours niées en bloc.

    Le collectif féministe de La Ciotat était récemment monté au créneau par le biais d’une lettre ouverte. Il indiquait dans celle-ci refuser « la mise à l’honneur » d’un « agresseur sexuel présumé » et de pointer la « responsabilité des organisateurs et partenaires de l’événement », invités « à mesurer l’impact symbolique et concret de cette mise à l’honneur ».

    Après un temps de malaise et de tergiversations diverses, la seule décision possible a été prise, tout en préservant « l’honneur » de l’acteur en question… « Le réalisateur Jean-Pierre Améris a accepté de prendre la présidence du jury », indique le Berceau du cinéma. Un tout autre tempérament.

  • Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    Anne Claudius-Petit : « On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en détail la synthèse
    de Regard sur la Nature
     ?

    Anne Claudius-Petit : Cette synthèse, on la constitue grâce à des observations qui ont lieu toute l’année et qui sont collectées dans un observatoire régional de la biodiversité qui est mené par la Région Sud, la DREAL et l’Office français de la biodiversité au sein de notre agence. Pour avoir une idée de l’efficacité des politiques publiques, on a certains indicateurs présents depuis longtemps et qui nous permettent d’avoir un bilan, sur tout ce qui a été mis en place pour protéger certaines espèces, pour en revenir ou pour poursuivre ces actions.

    Publier votre bilan à l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité vous permet-il de toucher beaucoup de personnes ?

    A.C-P : Évidemment, on calcule pour que ça tombe à cette date du 22 mai. C’est le moment parfait où l’on peut capter l’attention des médias. On a tout autour de nous un réseau de structures, de collectivités locales engagées et qui sont sensibles à la question. Mais là l’idée c’est d’aller un peu plus loin qu’une journée mondiale de la biodiversité, on veut essayer de parler à un maximum de personnes de la biodiversité de notre région, de notre territoire qui est touché par le réchauffement climatique. Donc on veut à tout prix sensibiliser les habitants de la région à travers cette journée et ce bilan et leur faire comprendre que la biodiversité fait partie de notre quotidien.

    En quoi cette initiative vous permet d’aller au-delà de la simple interpellation des habitants ?

    A.C-P : On veut également toucher les collectivités locales, les institutions, et les entreprises qui s’engagent. On veut faire découvrir que, lorsque l’on a une stratégie qu’on partage, on peut commencer à avoir des résultats. Le maire peut être un vrai atout pour nous, on veut lui donner des éléments et faire comprendre que quand on a les moyens de mettre en place des stratégies, des actions ciblées sur les problématiques qui sont à l’échelle d’un village ou d’une ville, de voir des résultats au cours du mandat, c’est un message politique intéressant pour lui et pour nous. C’est assez rare de pouvoir avoir des leviers d’action qui sont visibles par la population au cours d’un mandat.

    Une stratégie régionale 2025-2035 a été mise en place, mais comment voyez-vous la biodiversité dans notre région dans 9 ans ?

    A.C-P : On se doute et on sait que le réchauffement climatique va continuer à faire ses effets, donc nécessairement, on se doute que la biodiversité va évoluer. Je pense que la biodiversité dépend de l’altitude. Donc effectivement la biodiversité va changer, il faudra surtout veiller à accompagner ces changements. Par contre sur toutes les autres pressions, on peut agir et tout ce qu’on a déjà commencé fait déjà effet, ça réduit au moins une partie des pressions sur la biodiversité. Ça serait un bel exploit d’arriver à préserver la biodiversité qui est endémique, c’est-à-dire vraiment spécifique de notre biodiversité méditerranéenne. On a des richesses de biodiversité qu’il faut absolument conserver.

    Entretien réalisé par Noa Armony

  • Une forêt protégée des Hautes-Alpes dévoilée au public

    Une forêt protégée des Hautes-Alpes dévoilée au public

    « Cest une forêt mise sous cloche. » À l’occasion de la Fête de la biodiversité, ce week-end, Simon Brochiet, agent de l’ONF (Office national des forêts), guidera une dizaine de participantes et participants tirés au sort sur les sentiers du Bois du Chapitre, exceptionnellement ouverts au public. Laissé intact et interdit aux visites toute l’année, le Bois du Chapitre est une forêt de 300 hectares sillonnée de vallons et nichée entre le Petit Buëch et le pic Melette, sur les hauteurs du massif du Dévoluy.

    L’ONF en a fait une réserve biologique intégrale en 1990 et le bois est également inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2021. « La première raison historique de sa préservation, c’est qu’il s’agissait d’une propriété religieuse, ce qui a permis de le protéger sans qu’il ait le même statut qu’aujourd’hui, retrace Simon Brochiet. L’autre raison, c’est qu’elle est très difficile d’accès, donc difficile à exploiter. C’est une vieille forêt qu’on a préféré laisser tranquille. »

    On y trouve une biodiversité riche. À titre d’exemple, 92 espèces d’oiseaux y vivent d’après les recensements Natura 2000. Mais l’intérêt particulier de la réserve intégrale, c’est qu’on y retrouve en grande quantité des espèces devenues rares ou pratiquement disparues dans d’autres milieux, comme l’aspérule de Turin, fleur protégée au niveau national, ou encore le Peltis grossa, un coléoptère qui vit sous l’écorce des sapins morts ou mourants. Un insecte qui ne peut s’épanouir dans les forêts où les arbres dépérissants sont abattus.

    Étudier l’impact du dérèglement climatique

    Les forêts publiques, domaniales et communales, peuvent être protégées selon deux niveaux : la réserve dirigée, qui permet des actions de gestion, et la réserve biologique intégrale, où le milieu est préservé de toute intervention humaine. « Il y a plusieurs objectifs dans ces réserves biologiques intégrales. D’abord, c’est de laisser la forêt aller jusqu’au bout de son cycle. Il y a donc une grosse quantité d’arbres morts ou mourants sur le point de tomber, ce qu’on ne voit pas dans une forêt gérée où l’on exploite le bois avant, explique Simon Brochiet. Le deuxième objectif d’une réserve comme celle-ci, c’est de dynamiser la recherche. C’est un laboratoire à ciel ouvert pour les recherches de l’ONF ou des universitaires. Le troisième objectif est ce qui va se faire durant la randonnée découverte, de porter la connaissance aux gens, montrer ce qu’on fait et l’intérêt que ça a. Ça reste des milieux interdits à la visite, donc il faut en faire peu. »

    Ces 370 hectares protégés représentent une réserve de faune et de flore exceptionnelle, qui en font un terrain d’étude précieux pour la recherche scientifique. « Depuis le classement à l’Unesco, cela a remis en lumière cette forêt, moins étudiée depuis les années 2010. Ça attire spontanément des projets de recherche, jusqu’au niveau européen », rappelle Simon Brochiet.

    Le bois est notamment étudié pour comprendre l’impact du dérèglement climatique sur les forêts françaises, qui souffrent de la hausse des températures. « Étudier ce bois permet de faire la comparaison entre les forêts en évolution libre et les milieux gérés. Ici, il y a beaucoup de sapins qui dépérissent, car c’est un arbre très sensible au réchauffement des températures, constate l’agent ONF. On va observer si la sapinière se régénère naturellement. Ce sont des projets de recherche pour aider la gestion des forêts, afin de savoir si on va laisser la sapinière évoluer ou s’il va falloir qu’on anticipe et implante d’autres essences. »

  • Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Porté par les Départements du Var et des Alpes-Maritimes, le projet de création du géoparc du Socle de la Provence et d’obtention du label mondial « Géopark Unesco », à cheval sur les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, continue de se construire, à quelques mois du dépôt de candidature, prévu pour début 2027. « Zone géographique unifiée où des sites et des paysages d’importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d’éducation et de développement durable », selon la définition donnée par l’institution, il s’étend sur 1 600 m², entre le Var et les Alpes-Maritimes, du Cap Sicié jusqu’au plateau de Vallauris, constituant la « Provence Varisque ».

    Ce vendredi a été inaugurée la salle scientifique de la Maison départementale de la nature du Plan, à La Garde, ainsi que son exposition permanente. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il fait partie intégrante du projet de géoparc, dont il sera l’un des points d’entrée. Il constituera ainsi l’un des 18 sites informatifs, en complément des 63 géosites qui composeront le géoparc. L’exposition a pour but de présenter ses aspects géologiques à travers plusieurs outils : vidéoprojection, panneaux explicatifs, modélisations, cartes, microscopes…

    Un lieu essentiel pour obtenir le label « Géoparck », comme l’explique Jean-Marc Lardeaux, docteur en géologie, l’un des porteurs du projet : « L’Unesco veut que la valeur scientifique du territoire soit de niveau international, mais aussi que les habitants s’approprient cette connaissance et comprennent comment la ressource géologique a permis le développement des sociétés. » Dans cette optique, « la vulgarisation est capitale. Il ne faut pas se perdre dans des vocabulaires trop précis, tout en restant rigoureux. » Car, finalement, « le projet du géoparc doit incarner la simplicité, la mise à disposition, mais aussi la rigueur scientifique. »