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  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Dans le parc des Calanques, l’agave d’Amérique

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Dans le parc des Calanques, l’agave d’Amérique

    Originaire d’Amérique du sud, l’agave (Agave americana) a été introduit par l’homme comme plante d’ornement. Très compétitive, elle s’est échappée des jardins pour coloniser les espaces naturels où elle entre en concurrence avec les espèces locales. L’agave d’Amérique est une succulente de couleur vert bleuté. La sève de l’agave est irritante et peut provoquer des rougeurs et des cloques. Irritation, en partie, causée par l’oxalate de calcium qui provoque des dégâts vasculaires sur la peau, et peut resurgir après un an.

  • Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Le Domaine du Rayol doublement récompensé

    Il est l’un des diamants les mieux protégés du littoral méditerranéen, que la France entière envie au Var. Propriété du Conservatoire du Littoral, le Domaine du Rayol est un espace naturel protégé de 20 hectares de jardins paysagers composés de la flore de régions du monde biologiquement semblables à la sienne, et de 14 hectares maritimes, ouvert tous les jours de l’année. Jonché sur la corniche des Maures, au Rayol-Canadel-sur-Mer, entre le Lavandou et Saint-Tropez, en face des Îles d’Hyères, il est une nouvelle fois primé pour son engagement en faveur de la nature et du territoire, à travers ses actions de sensibilisation, de recherche et de conservation autour de la biodiversité méditerranéenne

    Le 9 avril dernier, il s’est vu remettre le Trophée « Esprit du Golfe » par l’Union patronale du Var (UPV) lors des 8e rencontres de l’économie du Golfe de Saint-Tropez. Un prix qui vient consacrer le Domaine en tant que « joyau touristique dans un espace naturel protégé, terrestre et maritime inscrit dans son territoire depuis 35 ans », et qui vient saluer l’engagement de ses équipes, sous la coupe de sa directrice Sybille Bernard, dans la préservation et le partage de ce site d’exception, qui revendique quelque 100 000 visiteurs chaque année.

    Un appel à financement pour le projet Bastidon

    La seconde distinction a été remise le 5 mai par le conseil départemental du Var à l’occasion de la 2e édition des Prix de l’innovation du département. Le Domaine du Rayol s’est vu remettre le Prix thématique « Valoriser notre terroir », pour sa pépinière d’acclimatation. Celle-ci a été conçue pour anticiper les effets du réchauffement climatique sur les paysages méditerranéens et viser une gestion durable de l’eau, en développant des essences végétales en provenance du monde entier, et reconnues pour leur résistance au stress hydrique. Ce projet permet de réduire l’irrigation des aménagements paysagers, avec pour ambition d’offrir aux professionnels, aux collectivités et aux particuliers des solutions scientifiquement éprouvées afin d’adapter leurs espaces verts. Ces deux prix viennent renforcer le développement du projet phare du domaine : la transformation du Bastidon, demeure construire au début du XXe siècle, dans laquelle résidait le chef jardinier, en galerie botanique immersive. Son ouverture est prévue pour 2028. Conçue autour de scénographies innovantes et de dispositifs sensoriels pédagogiques, elle visera à offrir aux visiteurs une plongée immersive au cœur de la biodiversité méditerranéenne.

    Une réalisation unique en Europe, qui bénéficie déjà du soutien de plusieurs partenaires nationaux et locaux : la Région Sud, le Département du Var, la Fondation du patrimoine, la Mission Stéphane Bern et Loto du patrimoine (130 000 € attribués en décembre 2025)… Et pour réaliser son ambition, elle lance désormais un appel aux entreprises et acteurs économiques du Var et de la région Sud, qui pourront, en tant que mécènes locaux, bénéficier du rayonnement d’un acteur économique et environnemental majeur. Mais surtout, œuvrer à la protection et à la mise en valeur de notre bien commun.

  • Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »

    La Marseillaise : Début 2026, vous avez décroché une bourse du Conseil européen de la recherche pour mener le projet BioValidR. De quoi s’agit-il ?

    Cécile Albert : C’est une suite du projet Scaled qui s’achève cette année. Nous avons montré à quel point le nombre d’habitats et leur accessibilité étaient importants pour la biodiversité à différentes échelles, mais dans des conditions assez simples. Nous testerons la même chose dans des conditions plus proches du réel pour aboutir à des résultats plus concrets permettant d’aider à bien choisir où restaurer les habitats naturels. Pour cela, nous adopterons une approche inédite : tester des aménagements avec des modèles vivants sur une maquette inspirée d’un vrai territoire.

    Lequel ?

    C.A. : Celui de Plaine Commune Grand Paris (Seine-Saint-Denis). Le paysage sera construit en se calquant sur la carte du territoire, en mettant les zones favorables là où eux ont des parcs ou des zones boisées et les zones défavorables là où eux ont des autoroutes, des lignes ferroviaires… Nous pourrons tester différentes stratégies d’aménagement et évaluer comment cela modifie la dynamique des populations de collemboles qui évolueront dans ces maquettes.

    Il y a une demande de la part de ce territoire ?

    C.A. : Oui et cela ne vient pas de nulle part. C’est aussi la suite d’un autre projet (FAR) qui est en cours et qui vise à créer des scénarios de renaturation du territoire avec les habitants dans une démarche à la fois scientifique et artistique. Nous utiliserons ces scénarios pour les tester dans BioValidR.

  • Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie

    Folsomia candida aime vivre au milieu des feuilles d’arbres en décomposition. Et pour cause, ce petit arthropode se nourrit des champignons qui y poussent. À l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Marseille), Cécile Albert en a placés dans des petits récipients avec tout ce qu’il leur faut. Avec sa doctorante, la chercheuse CNRS voulait observer s’ils parvenaient à atteindre d’autres petites poches d’habitat favorable à quelques centimètres. Mais pour cela, il leur fallait arpenter un milieu plus ou moins hostile : du tissu bien lisse où il est facile de se déplacer, de la toile de cerf-volant avec de l’électricité statique ou encore de la feutrine avec des fibres dans tous les sens. « L’accessibilité des habitats favorables -qui dépend de la distance à parcourir et de la perméabilité du milieu- est un facteur clé de la survie des populations », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article paru dans Ecography.

    L’étude s’inscrit dans le projet européen Scaled qui vise à clore une controverse en écologie sur l’impact de la fragmentation des habitats sur la biodiversité. « Deux camps s’affrontent », assure Cécile Albert. Pour favoriser la biodiversité, certains pensent que seule la quantité d’habitats naturels compte, qu’il faut en restaurer et ne pas en perdre. D’autres pensent que les pertes en quantité peuvent être compensées en connectant mieux les habitats fragmentés qui subsistent.

    Visions différentes

    « Nos résultats indiquent que les deux importent », souligne Cécile Albert. Car si l’expérience en laboratoire montre que l’accessibilité des habitats favorise la survie des populations, une autre expérience à plus grande échelle a montré autre chose. Il s’agissait d’observer des araignées et autres scarabées dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône). L’arrangement spatial de l’habitat n’a eu aucun effet. « Mais la quantité jouait un rôle important », pointe la chercheuse. Une dernière partie du projet sur l’écureuil roux tend à montrer qu’il existe probablement une interaction entre quantité d’habitats et fragmentation. Les résultats sont en cours d’analyse.

    « La vraie question ne serait donc pas de savoir ce qui est le plus important mais dans quelles conditions favoriser l’un ou l’autre », résume la chercheuse pour qui la controverse viendrait du point de départ et de la vision de chacun des camps. « Ceux qui donnent de l’importance à la connectivité ont une approche théorique qui se focalise sur les flux d’individus entre habitats, pointe-t-elle. Ceux qui pensent avant tout à la quantité d’habitats viennent de l’écologie des paysages et ont une approche plus empirique. La notion d’accessibilité des habitats pourrait faire le pont entre les deux points de vue. » Le projet Scaled prend fin cette année. Et peut-être avec lui une controverse qui dure depuis les années 1970.

  • [La recette du Vieux-Port] Ceviche de Sar

    [La recette du Vieux-Port] Ceviche de Sar

    Cette semaine, c’est un plat estival de poisson cru qui est sur la table. Le sar extra-frais, présent sur le Vieux-Port, a donné l’idée à Nino et Anna de proposer cette recette de Nouvelle-Zélande. « Après avoir découpé le poisson en filet, il suffit de le faire mariner une bonne heure, dans du lait de coco, avec des feuilles de citron kaffir, de la coriandre fraîche, un peu de jus de citron vert, et une pincée de piment oiseau ou de Cayenne », détaille Nino. Noailles est une véritable caverne d’Ali Baba pour les autres ingrédients. Un peu de sauce poisson façon Vietnamienne et c’est tout bon !

  • La barre de céréales « diététique » façon Portos

    La barre de céréales « diététique » façon Portos

    Au bout d’un labyrinthe souterrain dans les sous-sols de la Villa M, avoisinant le célèbre parc Borély, des petites mains s’activent en cuisine pour donner « un petit plaisir » aux futurs participants de la première édition de la Villa M Run Santé.

    À la tête de la petite brigade, Michel Portos, cuisinier aux deux étoiles Michelin sur le torse, enchaîne les plaques confectionnées pour l’occasion. En quelques heures seulement, le chef marseillais a réalisé près de 600 barres de céréales dites « diététiques ». « C’est une barre maison, avec des produits sains, voire bio pour l’essentiel », indique le cofondateur et associé du restaurant bistronomique Les Jardins du Cloître, dans le 13e arrondissement. « L’idée est de partir sur une recette très simple que tout un chacun peut réaliser chez soi. Si on commence à faire quelque chose de très technique, les gens vont nous dire “c’est super, mais comment le refaire ?” », raconte-t-il, en insistant sur le fait que le but de la cuisine est de « partager une recette ».

    Pour cette préparation de barres de céréales, il n’y a pas besoin d’être un as des fourneaux pour la réaliser : du miel, du beurre de cacahuètes, que l’on vient mélanger avec des flocons d’avoine, des cranberries, des raisins secs, des abricots, du chocolat et des graines de lin. « On fait d’abord chauffer le miel avec le beurre de cacahuètes. On verse ça sur la préparation, on mélange, puis on met ça sur une plaque au four, agrémenté de quelques pépites de chocolats. Enfin, on cuit ça au four 20 minutes à 170 degrés. Et le tour est joué. Il n’y a ni conservateurs, ni colorants, ça ne peut pas être plus sain. C’est le meilleur moyen pour se ravitailler après la course », souligne Michel Portos, conscient qu’une barre de céréales va pouvoir compenser l’énergie que l’on a dépensée lors d’un effort physique. Le sucre naturel, notamment apporté par le miel, permet de reconstituer notre réserve de glycogène (partie du corps qui stocke le sucre nécessaire à l’organisme).

    En moins d’une heure chrono

    Mais attention : trop de sucre tue le sucre, surtout dans les produits industriels. « J’en ai mangé comme tout le monde, mais il y a quatre fois plus de sucre dans ces barres que dans celles que je viens de faire », indique le chef cuisinier soucieux depuis près de 20 ans de cuisiner des plats « sans beurre et sans crème ». « Il n’y a rien de dingue, mais faut s’y atteler un peu », prévient le chef Portos, qui estime entre 30 et 45 minutes la confection de ses barres de céréales.

    Ces dernières peuvent tenir 48 à 72 heures, avant qu’elles ne perdent en croustillant et en texture. « Si le gars court tous les dimanches, il faut qu’il fasse ça le samedi. Ça lui prend moins d’une heure de temps et il a une barre énergétique prête à emploi », ajoute le Marseillais, qui conseille de laisser d’abord reposer la plaque au réfrigérateur avant de couper la préparation en barres. Ainsi, Michel Portos prouve que l’on peut associer la gourmandise à la bonne santé.

  • Erri de Luca : « Nous sommes d’abord des gens de Méditerranée »

    Erri de Luca : « Nous sommes d’abord des gens de Méditerranée »

    La Marseillaise : Dans votre dernier essai en date, « L’âge expérimental », vous parlez de la vieillesse, non pas comme de la fin de quelque chose, mais plutôt comme le début d’une nouvelle et dernière aventure, d’un nouveau territoire à explorer. De quelle manière ?

    Erri De Luca : Je suis davantage prêt à m’émerveiller, à réagir avec stupeur face aux détails. Je reconnais l’immense force d’une fleur sur une paroi de rocher. Je m’aperçois qu’il ne faut pas gaspiller une seule minute de la journée.

    Ces nouvelles découvertes de la vieillesse vous procurent-elles de l’exaltation ou une certaine nostalgie ?

    E.D.L. : Je manque physiquement du sentiment de nostalgie, tout comme celui de l’ennui. Mais j’entraîne davantage mon corps parce que cet âge demande plus de discipline.

    Si vous êtes aujourd’hui dans la fleur de l’âge, permettez-nous un retour dans votre jeunesse. Vous êtes né et avez grandi à Naples, personnage majeur de certains de vos écrits. Une ville que les gens comparent souvent avec à Marseille, aussi bien du côté positif que négatif…

    E.D.L. : J’aime les villes qui se situent au bord de la mer. Mais je ne les compare pas car elles sont fières et uniques. Naples a son volcan comme maître cauchemar, ses tremblements qui lui ont appris le bal de la « tarentelle ». Naples a sa propre langue qui n’a rien à voir avec l’Italien.

    Dans « Montedidio », roman publié il y a 25 ans, l’un de vos personnages disait : « Nous vivons en Italie mais nous ne sommes pas Italiens. » Un sentiment qui transpire aussi chez beaucoup d’habitants de Marseille qui affirment être Marseillais avant d’être Français. Est-ce selon vous une revendication propre aux villes portuaires de Méditerranée ?

    E.D.L. : Oui, nous sommes d’abord des gens de la Méditerranée, qui réunit trois continents, Asie, Afrique et Europe, qui avons notre sang mêlé au maximum de mères différentes.

    Un autre auteur napolitain, Roberto Saviano, déclarait à « La Marseillaise », au sujet de la violence générée par les trafiquants et de leur collusion avec les sphères politiques : « Ce qu’il se passe à Marseille, nous l’avons observé et étudié depuis longtemps à Naples et en Italie. Mais j’espère que vous avez les outils pour y faire face. » Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    E.D.L. : Il y a une dose de violence et de criminalité dans tous les ports du monde. Rien de spécifique, sauf les noms qui identifient le phénomène local. Un lieu légendaire comme Naples est toujours un mélange de magnifique et d’atroce.

    Vous êtes issu d’une famille bourgeoise qui a perdu toute
    sa fortune au moment de la guerre. Avec le recul, diriez-vous que ce déclassement social vous a donné les clefs pour une meilleure compréhension du monde ?

    E.D.L. : J’ai connu dans mon enfance les différences : j’avais des chaussures, et les autres enfants, non. J’allais à l’école, et les autres enfants, au travail. J’étais nourri. Les différences m’ont transmis le sentiment de la honte, que je considère comme un sentiment politique parce qu’il nous pousse à réagir, à inventer une réponse. C’est sur cette base que s’est installée l’adhésion aux luttes révolutionnaires en Italie dans les années 1970.

    Adolescent, puis jeune adulte, vous vous êtes engagé dans le communisme, puis le mouvement Lotta continua, jusqu’à votre départ pour la France, suite au vote des « lois spéciales » en Italie. Deux pays où la social-démocratie a toujours favorisé la montée de l’extrême droite. Quelles solutions pour ces deux pays, aujourd’hui gangrenés par les nationalismes et replis identitaires ?

    E.D.L. : Je fais confiance à l’Europe, le continent le plus belliqueux de l’histoire humaine, qui a su inventer une formule capable de bannir la guerre parmi les États membres. Je considère les nationalismes comme un ballast du XXe siècle. On ne reviendra pas aux États séparés. Même la Grande Bretagne regrette sa sécession. Mais les nationalismes ralentissent le progrès vers la Fédération européenne, qui est la prochaine étape. L’invasion de l’Ukraine a favorisé davantage la cohésion, avec les démissions de l’administration américaine à être un partenaire occidental.

    Lors de votre participation au festival « Oh les beaux jours ! », vous devriez évoquer des auteurs et artistes comme Paolo Roversi, Roberto Murolo ou Izet Sarajlic. Que symbolisent-ils à vos yeux ?

    E.D.L. : Avec ses photos de femmes, Paolo Roversi m’a appris un regard visionnaire, qui les rend aussi intouchables. C’est un charme supplémentaire. Roberto Murolo m’a, lui, appris que la chanson napolitaine n’est pas faite pour les ténors mais pour les voix susurrantes, pour une guitare et non pour un orchestre. Et Izet Sarajlic, qui est un poète de Sarajevo que j’ai connu pendant les années de siège de cette ville, m’a appris l’exemple de la fraternité.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem.

    Samedi 30 mai à 11h à la Criée. Gratuit. www.ohlsbeauxjours.fr

  • [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    [Le coin BD] Les animaux malades de la peste… et des humains aujourd’hui

    Un procès, celui d’animaux qui viennent à la barre, qui seraient responsables des pandémies, l’occasion de questionner notre rapport aux autres espèces et la propre responsabilité des hommes dans les zoonoses… Alors que le souvenir du Covid 19 est toujours vivace, la question des maladies transmissibles de l’animal à l’homme comme la rage, la tuberculose ou la grippe aviaire est d’une actualité brûlante. L’anthropologue et philosophe du CNRS Frédéric Keck et l’illustratrice Héloïse Chochois font, à travers de nombreux exemples dans ce procès fictif, un récit de vulgarisation qui invite à repenser notre place parmi les autres espèces. Avec dans le box vison, chauve-souris, pangolin, singe ou poulet, les deux auteurs racontent de manière scientifique la transmission des virus d’une espèce à l’autre. Et surtout montrent comment le capitalisme qui a transformé les espèces vivantes en marchandise, entre élevage en batterie, urbanisation galopante, changement climatique et chute de la biodiversité, est l’un des principaux responsables, si ce n’est « le » responsable de ces zoonoses. Ce que démontre dans l’album le scientifique américain marxiste Mike Davis qui a largement travaillé sur ces questions et dont la pensée éclaire ce problème majeur. Avec une vraie question : foncer dans le mur avec une multiplication à venir des épidémies ou bifurquer ?

    Saint-Exupéry

    Et l’origine du Petit Prince… Cette intégrale de Pierre-Roland Saint-Dizier et Cédric Fernandez célèbre les 80 ans de la parution en France du plus célèbre livre de l’écrivain aviateur. À travers ces trois albums, ils reviennent sur la biographie d’Antoine de Saint-Exupéry depuis son début à l’Aéropostale en Afrique et en Amérique du Sud jusqu’à son crash mortel au-dessus des calanques de Marseille le 30 juillet 1944. C’est lors de son exil aux États-Unis qu’il écrira ce conte pour enfants immortel publié dans l’hexagone à titre posthume.

    Chez Glénat, 16€

    Le goût du métal

    Bruno Duhamel livre un très beau roman graphique situé dans le milieu agricole de la vallée du Beuvron sur le thème original des chercheurs de trésor flanqués de leurs détecteurs de métaux dont la quête de l’Eldorado détruit le patrimoine local. À travers le personnage de Léo, un garçon inadapté qui vit chez sa sœur, de son voisin éleveur ainsi que celui de Gabriel, un défenseur de ce patrimoine qui devient progressivement fou, il tresse un passionnant drame rural dans un milieu habituellement très peu traité. Une réussite !

    Chez Grand Angle, 15,90€

    La belle histoire des jardins

    De l’enclos néolithique aux jardins du Mucem de Marseille ou de la fondation Luma à Arles, en passant par ceux de Versailles et tous les autres, Catherine Delvaux et Simon Hureau proposent une plongée passionnante et érudite dans l’histoire des jardins qui charmera autant les amateurs que les néophytes. Au fil de 15 chapitres, le lecteur en apprendra autant sur les plantes et leur histoire que sur les styles qui ont conduit à leur agencement à travers le monde et les civilisations. Une somme incroyable et facile à lire.

    Chez Les Arènes BD, 26€

    Français langue étrangère

    Éric Salch propose une BD sur un sujet pas vraiment drôle, l’accueil des réfugiés hommes et femmes qui ont fui guerres et misères et les cours de « français langue étrangère » qui leur sont dispensés par Marie, une professeure spécialisée. Avec justesse et sans pathos, il décrit le choc culturel de ces exilés et leur volonté d’apprendre pour s’en sortir. Un album qui va bien au-delà des clichés et sert sa cause sans en cacher les difficultés en privilégiant l’humain dans un mélange de réalisme et d’humour qui est la marque de fabrique de l’auteur.

    Chez Dargaud, 23,95€

    Dortmunder

    Dans la collection « Aire noire », Doug Headine et Jesus Alonso Iglesias adaptent en BD l’un des principaux personnages de Donald E. Westlake, John Dortmunder, cambrioleur et braqueur poursuivi par la poisse. Dans ce tome un, « Bank shot », il va tenter non de braquer une banque installée dans un mobile home mais de la mettre sur roue pour la subtiliser. Un plan brillant qui doit être servi par une équipe compétente et efficace, mais rien ne fonctionnera comme prévu dans une ambiance polar noir comme on les aime.

    M.B.

    Chez Dupuis, 21€

    Cécile la Shérif

    Au XIXe siècle, au cœur de la France, Cécile a un rêve : devenir la première magistrate du pays ! Rêve impossible, ce qui la conduira à traverser l’Atlantique en compagnie d’un musicien-poète-aventurier… C’est dans le Far West qu’elle pourra assouvir sa vocation pour le respect de la loi en devenant shérif. Walter Guissard et Victor Coutard livrent un récit de western enlevé et burlesque servi par un graphisme vif et coloré pour un album extrêmement original et plaisant entre Orléans et la Nouvelle Orléans.

    Chez Casterman, 24€

  • [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    [Travailleur de demain] Lola Brochot, ou l’art du carrelage

    Multiplier les cordes de son arc pour assurer la pérennité de sa future entreprise. C’est la stratégie que Lola Brochot, 22 ans, a choisi de suivre. Et la jeune fille a visiblement été inspirée car c’est à son tempérament prudent qu’elle doit la découverte de sa « véritable voie ». Héritière d’un certain goût pour le manuel, avec une marraine carreleuse, un oncle menuisier et un beau-père maçon, Lola l’a su « dès la 6e », elle est faite pour travailler avec ses mains. C’est suivant cette première intuition qu’elle s’engage, en arrivant au lycée, en bac pro menuiserie. Elle poursuit cette voie après le secondaire, d’abord avec un CAP menuiserie, puis un second, en ébénisterie à la Chambre des métiers d’Avignon. Alors âgée de 19 ans, elle sait ce qu’elle vise : créer sa propre enseigne. « Je n’aime pas vraiment recevoir des ordres et j’ai beaucoup de mal quand je dois travailler avec des gens que je juge pas assez organisés, martèle-t-elle. Je veux que s’il y a quelque chose dans ma journée qui ne va pas, si le travail n’avance pas , je ne puisse m’en prendre qu’à moi-même. » Et d’ajouter : « Bon et c’est vrai qu’au niveau financier, c’est plus intéressant ! ». Mais Lola sent qu’il lui manque un peu d’expérience. « Je me suis dit que c’était bien d’engranger encore quelques compétences, retrace-t-elle. Donc je suis partie en CAP carrelage, je me disais qu’au pire, ce n’était qu’un an. Et finalement, ça m’a énormément plu ! ». De quoi se lancer dans un brevet professionnel (BP), dont elle s’apprête à valider la première année, en parallèle de son alternance chez E.M carrelage, à Ménerbes (84), dans l’entreprise de… sa marraine.

    Sociable et créative

    Ce qui lui plaît dans son travail : réussir à mener jusqu’au bout un projet porteur de sa propre esthétique. « C’est de l’art, en soi ! », s’émerveille la jeune fille. « On fait des trucs tellement magnifiques. C’est différent de la menuiserie, c’est un travail vraiment précis », poursuit-elle, enthousiaste. Au quotidien, elle travaille avec des architectes, « ce qui est chouette car ils portent souvent de beaux projets mais ils n’ont pas toujours conscience de la faisabilité pratique », note-t-elle. Mais aussi directement avec les clients. « Je crois que c’est ce que je préfère, car j’aime bien avoir un lien direct avec les personnes. D’autant que les gens sont souvent très contents de ce qu’on fait, ils adorent notre travail et c’est toujours bien d’entendre leur retour », détaille-t-elle.

    Sa fibre créative, Lola l’exprime au travail donc, mais aussi et surtout à son Centre de formation d’apprentis (CFA), où ses professeurs lui laissent beaucoup de liberté. « Avec l’autre fille de ma formation tous les autres sont des garçons , on est vraiment très motivées et mon prof l’a vu, donc il nous laisse faire un peu ce qu’on veut », se réjouit-elle. « La dernière fois, on s’amusait, on a fait le Mont Ventoux en carrelage, se souvient-elle. Là, il nous a demandé de reproduire sa voiture, c’est vraiment de l’art ! » Encore un an d’alternance et Lola devrait se jeter à l’eau, avec sa propre activité de carrelage-menuiserie.