Blog

  • Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Refus de marier : Robert Ménard risque 5 ans de prison

    Sous prétexte que le droit lui semble aller à l’encontre du « bon sens », un maire peut-il s’autoriser à ne pas appliquer la loi ?

    C’est ce que prétend Robert Ménard qui comparaît mercredi 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé, le 7 juillet 2023, de célébrer le mariage de la Française Eva Marty et de Mustapha Belkacemi (finalement mariés en Algérie le 7 juillet 2026). Alors sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), le jeune Algérien avait été arrêté 13 jours plus tard sur ordre du préfet « bulldozer » de l’époque, Hugues Moutouh, puis expulsé vers Oran.

    Un effet domino qui provoquera le dépôt d’une plainte par Eva Marty contre le maire de Béziers. Pour avoir laissé libre cours à son idéologie d’extrême droite, Robert Ménard encourt dans les textes 5 ans de prison, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Car en droit français, le mariage est un droit fondamental, consacré notamment par l’article 12 de la Convention européenne des droits de l’Homme. Une procédure d’OQTF n’interdit en rien le mariage.

    Pas un mariage blanc

    Le seul cas dans pour lequel un édile est autorisé à refuser de célébrer une union est le mariage blanc. Un maire soupçonneux doit alors saisir le procureur de la République. Ce qui a été fait, ce dernier écartant la thèse d’un mariage blanc et accordant son feu vert à l’union (le 16 juin 2023) qui devait donc être célébrée par le maire en tant qu’officier d’état civil pour le compte de l’État.

    À 7 mois de la présidentielle dans un contexte de montée des idées d’extrême droite, cette décision de justice sera scrutée de près. Se sachant dans l’illégalité pour son refus d’appliquer la loi, Robert Ménard a depuis cherché à se victimiser en politisant le dossier. Tout en revendiquant son « acte de désobéissance », il évoque une législation « aberrante » et en a même appelé au soutien du président de la République, Emmanuel Macron. Devant son refus, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, et David Lisnard (NE), président de l’Association des maires de France (AMF), sont cités à comparaître comme témoins en faveur de Ménard.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires, dont certains non encartés, ont assuré leur soutien à Robert Ménard. Si celui-ci a refusé, le 18 février 2025, lors d’une procédure de plaider-coupable, la peine (inconnue) proposée par le procureur, c’est probablement pour s’offrir une nouvelle tribune politique au tribunal.

    Toute décision perçue comme favorable au maire de Béziers créerait un précédent et aurait des répercussions sociétales avec un risque de discriminations en raison de l’origine, la religion, l’orientation sexuelle… Jusqu’ici, en l’absence de mariage blanc, la jurisprudence est constante. Aucun maire récalcitrant (Hautmont, Bourg-lès-Valence…) n’a obtenu gain de cause. Ils ont été sommés de célébrer l’union. À Chessy, Olivier Bourgeot, condamné, a démissionné. Quant à la « clause de conscience » évoquée par d’autres (à Bollène, Arcangues…) contre le mariage homosexuel, elle a toujours été rejetée par la Justice.

  • Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.

    Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.

    Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »

    Du salaire au service rendu

    Dans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »

    Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.

    « L’État organise la précarité de ses personnels »

  • À Marseille, les arts de la rue s’infiltrent dans le quotidien

    À Marseille, les arts de la rue s’infiltrent dans le quotidien

    Vous laisserez-vous surprendre ? De parcs en places, de ruelles en artères, avec quelques échapées en mer, de manière inopinée ou sur réservation, physiquement ou sur la toile, durant dix jours, des artistes français, libanais, tunisiens, égyptiens, marocains ou espagnols vont investir l’espace urbain pour interroger « l’état du monde ». Avec quelques propositions collaboratives dans le cadre de la Saison Méditerranéenne.

    Entre Vallier et Sébastopol, place du 4 septembre, aux Catalans ou au Prado, on croisera Jérôme Portier, bousier humain qui pousse une grosse boule dans laquelle s’est aggloméré tout le merdier de sa vie. À Pastré, c’est Tania El Khoury qui partage son perchoir installé à l’ombre des arbres du parc pour s’immerger, au « tweet » des oiseaux, dans un récit sur la violence politique. Il y a aussi Caroline Amoros, Alias Miss Rose et son chien Poster, qu’on apercevra en train de planter des salades sur le bitume, fêter un anniversaire, descendre de Notre Dame de la Garde, arpenter la corniche ou prendre le bateau pour le château d’If. On retrouve les formes totalement impromptues, à saisir au vol, qui ont tissé la trame de la première édition.

    Un festival protéiforme

    Et des formes plus calées sur les horaires. « L’idée du festival reste d’ouvrir la possibilité aux artistes d’intervenir dans le quotidien de la ville car il y a peu de programmation pour ça, mais les artistes qui créent ces formes ne sont pas si nombreux, explique Alexis Nys, directeur de Lieux Publics, on a laissé place à des rendez-vous plus classiques ». Au centre social Del Rio, à la Viste (15e), comme à la Plaine (5e) les quatre danseurs de la compagnie marocaine Chara embarquent le public dans une chorégraphie qui transforme les codes traditionnels en danse urbaine.

    Voire des formes à réserver, à jauge limitée. Au Parc Longchamp, le duo hispano-argentin Marcos Krivocapich et Leon Siewert-Langhoff proposent une déambulation expérimentale au cours de laquelle, guidé par la voix du PDG, chacun fait des choix qui déterminent son destin. Le Théâtre de la Joliette, en partenariat avec le théâtre de Lenche et dans le cadre du festival Nous, la lune et les voisins, accueille le collectif libanais Kahraba pour une promenade poétique et sinueuse dans les ruelles du Panier.

    Quatre artistes, en exil ou en résidence, investissent aussi l’espace numérique, « dernier refuge quand l’espace public est contraint » avec des vidéos réalisées à Marseille. « La création dans un contexte de guerre » donne lieu à un séminaire organisé par la FAI-AR à l’amphithéâtre de l’AMU à Saint-Charles. Pour la clôture, rendez-vous autour totem d’UV LAB au jardin du Pharo, avec un DJ set au soleil couchant.

    Tout le programme sur www.performerlaville.com

  • David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    David Lapendry, candidat aux présidentielles pour porter l’inclusion en politique à La-Valette-du-Var

    Il n’en est pas à son coup d’essai. Déjà candidat à la présidentielle de 2022, David Lapendry, figure bien connue de la gauche dans le bassin toulonnais, réitère l’expérience en 2027. Une idée qui avait germé en 2012. Encarté au Parti socialiste, il avait annoncé vouloir participer à la primaire. « Je pensais naïvement que ça s’adressait à tous les adhérents, alors que dans les faits, c’était seulement aux têtes d’affiche. Je me suis fait retoquer », ressasse-t-il. Il s’était alors mis en retrait du militantisme jusqu’en 2017.

    « On m’a invisibilisé »

    Il rejoint alors Génération.s Var, où il fait de la lutte contre la pauvreté son leitmotiv, notamment en ce qui concerne les personnes porteuses de handicap, étant lui-même atteint du syndrome de Little, paralysie cérébrale qui affecte ses capacités motrices. « Vivre avec une aide aux adultes handicapés (AAH) est compliqué. Le revenu universel défendu par Génération.s m’a séduit », souligne-t-il. Il fait alors part à son parti de sa volonté de se présenter à la présidentielle 2022. Mais là encore, ça ne passe pas : « N’importe qui peut se présenter à la présidentielle en théorie, mais concrètement non. Je pensais que le parti allait m’aider, mais on m’a totalement invisibilisé », dénonce-t-il. Il claque la porte, poursuit sa campagne seul, mais échoue à recueillir les signatures nécessaires à sa candidature.

    Convaincu par des membres de la section varoise de Génération.s, il y revient en 2023, et en devient le co-coordinateur fin 2024. Un an plus tard, il évoque à nouveau l’idée de se présenter pour 2027. Là encore, il n‘obtient pas le soutien du parti. « Je pensais que ça allait être différent car j’étais mieux intégré. À un certain moment, on m’a demandé de taire ma candidature. J’ai été très peu écouté au sein de la gauche du Var. J’ai trouvé cela très humiliant, c’est pour cela que je vais démissionner », annonce-t-il.

    Qu’importe : David Lapendry va poursuivre son combat, bien conscient qu’il n’a toutefois aucune chance d’être élu. « Je veux surtout montrer qu’une personne porteuse de handicap est tout aussi légitime de se présenter », affirme-t-il. Sans renier une petite part de rêve : « Soyons réalistes, demandons l’impossible ! »

  • Un tout nouveau centre social Jean-Giono à Miramas d’ici 2028

    Un tout nouveau centre social Jean-Giono à Miramas d’ici 2028

    Exit, le centre socioculturel vieillissant. D’ici le début de l’année 2027, les travaux du nouvel équipement municipal, qui abritera également la Maison du droit au premier étage, commenceront sur le chemin des Écoliers. Jeudi 24 septembre, les habitants du quartier de la Maille ont pu découvrir en avant-première le bâtiment pensé par le cabinet d’architectes nîmois HB More.

    Loin de la froideur de l’édifice actuel, construit en béton avec des barreaux aux fenêtres, Françoise Bottero et son équipe ont travaillé sur l’aspect chaleureux et lumineux du lieu. Le hall traversant, vitré des deux côtés, constitue « le cœur du projet ». Toutes les pièces seront connectées à cet « espace d’échanges, de rencontres », à savoir une salle polyvalente de 120m2 dédiée à la jeunesse et aux associations, qui pourront s’en servir le week-end, des bureaux administratifs et des espaces pensés pour les activités destinées aux familles ou aux enfants. Concomitants à chaque grande salle, trois patios offriront des espaces extérieurs aux usagers. À l’étage vient se poser la Maison du droit, pensée comme une « petite cabane dans les arbres », avec des boxes d’accueil et une grande salle de réunion. Une tisanerie et une cuisine semi-professionnelle donnant sur une terrasse complètent le niveau, qui sera entouré de bardage bois. Les temps d’ouverture des équipements différeront au cours de la journée et de la semaine.

    « Bâtiment durable »

    Brasseurs d’air, géothermie, brise-soleil orientables, panneaux photovoltaïques… « Il y a un gros volet environnemental sur ce projet, précise Françoise Bottero. Il est déjà labellisé Bâtiment durable méditerranéen argent en étude, on espère qu’il passe or en chantier. » L’appel d’offres aux entreprises sera lancé début octobre, pour un démarrage des travaux début 2027. L’équipement à 3 millions d’euros sera livré mi-2028.

    Le maire de Miramas (DVG) Frédéric Vigouroux se félicite de cette nouvelle étape de la rénovation urbaine du quartier, qui n’aura bientôt plus le même visage. Le chemin des Écoliers sera piétonnisé, l’école Jean-Giono va être entièrement repensée, et les bâtiments C7 et C8 de 13 Habitat tomberont au début de l’année 2028. Dans tout ça, le centre socioculturel sera « le cœur battant de votre quartier », affirme l’édile.

  • Le patrimoine architectural sous tous les angles s’expose à Marseille

    Le patrimoine architectural sous tous les angles s’expose à Marseille

    À l’occasion du Bicentenaire de la photographie, le réseau des maisons de l’architecture, en lien avec le ministère de la Culture, présente une exposition photographique itinérante de septembre 2026 à septembre 2027 consacrée aux édifices et ensembles bénéficiant du label Architecture contemporaine remarquable (ACR). Sur les 35 édifices sélectionnés, deux sont dans les Hautes-Alpes, un dans les Alpes-de-Haute-Provence, deux sur Marseille et deux dans le Var. Comme cet incroyable Palais bulles croisement de l’habitat troglodyte avec un vaisseau spatial, sans aucun angle situé à Théoule-Sur-Mer et réalisé en 1975 par l’architecte et habitologue d’origine hongroise Antti Lovag.

    Le label ACR valorise les réalisations les plus significatives de la production architecturale de moins de 100 ans et développe leur compréhension.

    Des visites guidées

    Composée d’une soixantaine de photographies, cette exposition invite le public à découvrir un patrimoine des XXe et XXIe siècles qui façonne notre quotidien. À l’occasion du mois de l’architecture, jusqu’au 31 octobre sa programmation sera enrichie d’une série de conférences et des visites guidées, ainsi que par la projection de films produits par Image de ville. Après Marseille, Toulon, Poitiers, Saint Denis de la Réunion et Paris accueilleront tour à tour l’exposition.

    Entrée libre et gratuite, ouvert
    au public du 1
    er octobre au 16 octobre, du lundi au vendredi, de 9h à 17h. 12 bd Théodore Thurner, 13006 Marseille

  • [Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste

    [Sénatoriales] Dans l’Hérault et le Gard, l’union de la gauche résiste

    Dans le département du Gard, alors que la liste d’union de la gauche conduite par le sortant Denis Bouad (PS) pouvait remporter le troisième siège en lice et ainsi faire élire la communiste Cathy Chaulet, elle n’arrive finalement qu’en deuxième position avec 32,16%, soit 596 voix. Elle fait moins bien qu’en 2020 et les 35,7% obtenus (663 voix) malgré la victoire de la gauche à Nîmes aux dernières élections municipales. La division aura été fatale avec notamment la candidature de la conseillère départementale Carole Bergeri (164 voix, 8,2%) et de l’insoumis Jean-Baptiste Thibaud (65 voix, 3,3%).

    C’est donc la liste d’union les Républicains avec le centre qui arrive en tête. Le sortant Laurent Burgoa (LR) totalise 601 voix (36,19%) et est réélu. In fine, la candidature dissidente à gauche de Bergeri offre le troisième siège au RN. Sylvie Josserand (RN) obtient en effet 493 voix et siégera donc au Palais du Luxembourg. Dans le département de l’Hérault, si le PS perd un siège par rapport à 2020, (là aussi à cause de la division avec les listes concurrentes de Laurence Brutus et Audrey Imbert), la liste d’union de la gauche arrive tout de même en tête avec près de 30% et le sénateur socialiste Hussein Bourgi est réélu. Sa colistière Julie Frêche va faire son entrée au Sénat. En revanche, la droite perd son unique siège avec la défaite de la liste conduite par Jean-Pierre Grand (Horizons). Ce troisième siège tombe dans l’escarcelle de l’homme d’affaires Joseph Francis. L’extrême droite RN rafle le 4e siège dans l’Hérault et sa représentante, Manon Bouquin, est élue.

  • [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud largement reconduit dans les Hautes-Alpes

    [Sénatoriales] Jean-Michel Arnaud largement reconduit dans les Hautes-Alpes

    Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) renouvèle son mandat de sénateur avec comme suppléante Christine Maximin. Élu dès le premier tour avec 77,5 % des suffrages exprimés, il a dépassé de loin ses adversaires. Jean-François Baudin, Écologiste soutenu par le PS et le PC, a recueilli 11,1% des suffrages exprimés. Jérôme Sainte-Marie (RN) a reçu 6,7% des suffrages exprimés et Michel Pons (LFI) 4,6%. « Ce soutien massif est le reflet de notre travail, a réagi le sénateur. Nous continuerons d’agir sur l’adaptation au changement climatique, la problématique des logements et la réussite des Jeux olympiques 2030 ».

  • [Sénatoriales] Les Républicains perdent un siège, le RN confirme sa montée en puissance dans le Var

    [Sénatoriales] Les Républicains perdent un siège, le RN confirme sa montée en puissance dans le Var

    C’était le scénario redouté, mais qu’il semblait pratiquement impossible d’empêcher. Renforcée par les dernières élections municipales, la liste RN menée par Frank Giletti apparaissait en mesure d’obtenir deux sièges. Seule une dispersion des voix, eu égard à la présence de deux autres listes d’extrême droite, laissait espérer une issue différente, mais il n’en fut rien. Le (désormais ex) député de la 6e circonscription du Var et Carine Leroy, adjointe de David Rachline à Fréjus, accèdent au Palais du Luxembourg.

    Un de ces deux strapontins a été obtenu au détriment des Républicains. Arrivée en tête (39,6% des suffrages, contre 30,2 pour le RN), la liste conduite par la seule sortante à se représenter, Françoise Dumont, réélue en compagnie du maire de La Crau Christian Simon, perd un siège. « C’est un très beau score. Le contexte de 2026 n’est pas celui de 2020, avec 11 listes et le RN qui a remporté des communes », relativisait la cheffe de file LR, qui refuse de voir ce nouveau succès électoral du RN comme une bascule : « Absolument pas. Je considère qu’avec plus de 900 voix, on résiste quand même pas mal. »

    La gauche trop loin

    L’autre a été pris à la gauche, qui perd son seul siège. La liste d’union (Écologistes, PP, PS) de Michel Gros arrive 4e (8% des voix). Celles d’Aurélien Lacour (LFI, 0,9%) et de Sylvie Vinceneux (PCF, 0,8%) n’obtiennent que des miettes. « Une union n’aurait servi à rien », constate cette dernière, résignée : « C’était pareil aux législatives, même si on était moins loin. Le Var vire à l’extrême droite, il faut voir comment changer ça, arriver à parler aux gens. » La secrétaire départementale du PCF regrette toutefois que des élus « désemparés, en colère », se tournent vers le RN, « responsable d’un amendement qui prive les collectivités de 6 milliards d’euros. Ils vont avoir un groupe au Sénat, on s’appuiera sur ce qu’ils font pour montrer leur vrai visage. »

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche unie en tête, l’extrême droite s’installe

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche unie en tête, l’extrême droite s’installe

    Les résultats ne sont pas encore officiellement proclamés que déjà les applaudissements éclatent dans les escaliers d’honneur de la préfecture de région. Avec 1 008 voix et 27% des suffrages, la liste d’union de la gauche est arrivée en tête des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, une première depuis 2008. Elle conserve ainsi les trois sièges des sénateurs sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV). « La gauche fait la démonstration qu’elle est le meilleur rempart contre l’extrême droite », réagit le sénateur communiste tête de liste de la gauche. Et d’insister : « Cela nous oblige pour la suite, nous devons parler à l’ensemble des maires des forces républicaines pour leur dire qu’il y a un danger réel dans ce département ». Avec en ligne de mire les prochaines échéances électorales.

    « Je veux simplement retenir une leçon : l’unité de la gauche amène à la victoire, souligne lui aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Nous sommes dans un département où la droite et l’extrême droite poussent et où la gauche résiste et gagne ». Mais il aurait fallu à peine plus d’une centaine de voix supplémentaires pour que soit remporté un quatrième siège. « Ce soir, nous aurions une sénatrice de plus si certains n’avaient pas joué aux apprentis sorciers, si certains ne s’étaient pas adonnés à leur propre égo », charge l’édile marseillais. En ligne de mire, le maire du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot (PS) et ses 249 voix (6%), qui lui-même reconnaît que ce résultat « n’est pas ce que j’attendais ». La sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve obtient, elle 168 voix (4%), la France insoumise, 77 voix (2%).

    En face, le RN célèbre bruyamment sa victoire, avec l’élection de deux sénateurs dans le département, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi. « C’est une première étape vers la présidentielle», se gargarise le député RN Franck Allisio qui annonce la constitution pour la première fois d’un groupe au Palais du Luxembourg. Les 685 voix obtenues (18%) placent même la liste d’extrême droite devant la liste d’union de la droite et du centre, de Brigitte Devésa (UDI) et Renaud Muselier (Ren.).

    Le prix des divisions

    Le président de Région a malgré tout remporté son siège, à une quarantaine de voix près. Sa liste obtient seulement 16% des suffrages (581 voix). « Le total de nos voix est clair : unis, nous remportions ce quatrième siège », déplore-t-il dans un communiqué en pointant le prix de la division à droite, « un sénateur RN de plus ». Le pari de la sénatrice sortante LR Valérie Boyer a pourtant été payant. Elle conserve son siège en obtenant 395 voix (10%), et ne cachant pas son émotion face aux félicitations envoyées par l’ancien Premier ministre François Fillon. Le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier lui n’obtient finalement que 201 voix (5%). «Il faut accepter les résultats », glisse-t-il, inquiet pour la prochaine présidentielle. Quant à Stéphane Ravier (ex-RN), il quitte le Sénat avec ses outrances xénophobes et 265 voix (7%).

    « La gauche est le meilleur rempart contre l’extrême droite »