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  • Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    Les apprentis boulistes rayonnent par leur talent

    La Roseraie du Parc Borély a fait le plein avec 537 joueurs au coup d’envoi de ce Mondial des Jeunes. Comme l’an dernier, la chaleur était au rendez-vous. Coaches, parents et amis veillaient avec attention sur leurs protégés : glacières et boissons fraîches étaient de rigueur pour affronter cette journée caniculaire. Malgré les températures élevées, personne ne voulait manquer ce rendez-vous devenu incontournable du début de l’été marseillais.

    Commençons par les plus grands, les juniors. Ceux qui sont aux portes du très haut niveau et qui rêvent peut-être de suivre les traces de leurs glorieux aînés : Rocher, Bonetto, Lacroix, Quintais et tant d’autres, qui ont eux aussi débuté leur aventure sur ces terrains.

    L’unique tenant du titre encore en lice est Tylan Kapfer. Ses deux partenaires de l’an dernier étant désormais passés chez les seniors, il est aujourd’hui associé à Ilan Del Rio et Mathys Calderon. Un nouveau défi pour le jeune champion local, qui tentera de réaliser un magnifique doublé et de conserver une couronne chèrement acquise l’an passé.

    Entre exploits sportifs

    et convivialité

    Chez les cadets, les favoris et tenants du titre, Mylan Terryn et Loni Szczotkowski, sont toujours au rendez-vous. Seul changement dans l’équipe : Fabio Marco a laissé sa place à Liam Conti. Les trois garçons seront bien présents en huitièmes de finale avec la ferme intention de défendre leur bien et de poursuivre leur formidable aventure.

    Les minimes ont également le vent en poupe. Comme l’année dernière, Kaylon Vinterstein, Railey Lafleur et Taylor Ladam remettront leur titre en jeu avec l’ambition de conserver leur suprématie dans une catégorie particulièrement relevée. De nombreuses formations des Bouches-du-Rhône forment annuellement de petits prodiges de cette tranche d’âge.

    Tout au long de la journée, l’ambiance a été à la hauteur de l’événement. Entre les encouragements des parents, les conseils avisés des éducateurs et les applaudissements du public, la Roseraie a vibré au rythme des exploits de cette jeunesse passionnée. À l’ombre des arbres ou au bord des terrains, chacun partageait un moment de convivialité où le plaisir du jeu l’emportait sur l’enjeu.

    Car, au-delà de la compétition, le Mondial des Jeunes demeure avant tout une formidable école de vie. Respect de l’adversaire, solidarité entre partenaires, maîtrise de soi et transmission des valeurs de la pétanque provençale constituent l’ADN de cette manifestation unique. Ici se forgent les champions de demain, mais, surtout, les hommes et les femmes qui feront vivre notre sport dans les années, voire les décennies à venir.

    Rendez-vous ce samedi une nouvelle fois à la Roseraie avec, dans toutes les têtes, le même objectif : décrocher une place dans le stade d’honneur et avoir l’immense privilège d’y disputer une finale. Sous un soleil de plomb, la jeunesse de la pétanque va une nouvelle fois démontrer sa passion, son courage et son immense talent. Ils vont briller de mille feux.

  • Coup d’envoi pour le duel Tadej Pogacar-Paul Seixas

    Coup d’envoi pour le duel Tadej Pogacar-Paul Seixas

    Rarement l’excitation aura été aussi palpable à l’aube du « grand départ ».

    Au pied de la Sagrada familia, le coup d’envoi du Tour de France sera donné avec un contre-la-montre qui fait déjà saliver les amateurs. Une étape d’ouverture où seront suivis de près les porteurs des dossards 1 et 51. Le premier est celui de Tadej Pogacar. Si « Poggi » n’est plus le « Tamau »* de ses premiers pas sur la Grande Boucle, le Slovène est le favori naturel pour un cinquième cadre, qui lui permettrait d’intégrer le cercle des légendes.

    Le second a été attribué à Paul Seixas. Le tout jeune leader de la CMA CGM, dont les résultats ont marqué le peloton ces derniers mois, va porter le numéro qu’Eddy Merckx et Bernard Hinault arboraient lors de leur premier. Pour certains, la symbolique est forte. D’autant plus que le cyclisme français attend désespérément un successeur au Blaireau, dernier vainqueur du Tour, il y maintenant quarante et un ans.

    Fil rouge

    Jusqu’où peut aller la pépite, plus jeune coureur à prendre le départ depuis 89 ans ? La question agite le monde du cyclisme bien au-delà des frontières de l’Hexagone et sera l’un des fils rouges des trois prochaines semaines. Sur son talent pur, il est déjà tout en haut, prêt à jouer le podium, lui qui a été le seul à réussir à suivre Tadej Pogacar plusieurs fois au printemps.

    Reste à savoir comment le Lyonnais va encaisser une course de trois semaines, un territoire inconnu qu’il aborde par sa face nord, le Tour de France, l’épreuve la plus dure au monde où tout le monde débarque en pleine forme et motivé comme jamais.

    « C’est un immense talent. Mais il n’a que 19 ans. Si je devais le conseiller, je lui dirais : c’est génial que tu fasses le Tour cette année, mais contente-toi de ça, profite autant que possible, apprends, absorbe tout », a insisté jeudi dans un entretien à l’AFP le Britannique Chris Froome, quadruple vainqueur du Tour.

    Le grand Eddy Merckx estime lui aussi qu’il est encore bien tôt pour Seixas et que Pogacar reste le grand favori. D’autant que le leader d’UAE, qui a remporté treize victoires en seulement seize jours de course cette saison, est en pleine forme et qu’il est épaulé par une armada qui risque encore de broyer le peloton.

    Le Slovène devrait retrouver sur sa route son principal rival de juillet, Jonas Vingegaard, lui-même auteur d’un début de saison remarquable et qui vise à réaliser un rare doublé Giro-Tour, comme Pogacar en 2024. « Je me sens meilleur, plus fort et plus heureux », dit le Danois, en confirmant qu’il en avait gardé sous la pédale au Giro.

    La course pourrait mettre du temps à se décanter avec un parcours dessiné pour aller crescendo. Avec des Pyrénées qui viennent vite mais qui sont douces cette année et une dernière semaine sans doute décisive dans les Alpes.

    *Tamau Poggi, ou Petit Poggi, surnom du Slovène à ses débuts.

  • À Gardanne, le cinéma inauguré après de longues années d’attente

    À Gardanne, le cinéma inauguré après de longues années d’attente

    Ce cinéma, c’était un peu l’Arlésienne de la ville. Après une première fermeture survenue en 2012, des travaux promis pour 2022 puis retardés, le cinéma, qui a rouvert le 12 mai à l’occasion du Festival de Cannes, vient d’être inauguré par les équipes municipales. Un parking s’étend désormais derrière le bâti principal du cinéma, et plus de 300 places sont installées dans les salles obscures. « Dans les années 1980, la Ville rachète les murs du cinéma et engage une première rénovation. Des balcons disparaissent, de nouvelles salles naissent à leur place et le complexe devient ce 3 Casino, confié à l’association Gardanne Cinéma » retrace le maire, Hervé Granier (LR), face à la petite foule dans l’assistance. Avant de dérouler sur les premiers signes d’âge en 2000, du premier projet de modernisation en 2001, abandonné. « Puis vient 2013, et c’est la rupture. » Une toiture menace de s’effondrer dans la salle 1, une salle sur trois est condamnée. « Les projets se succèdent ici, ou ailleurs, mais aucun n’aboutit. Quand nous arrivons en 2020, nous faisons un choix simple et clair : le cinéma est notre priorité », se targue Hervé Granier. Et de rappeler que le projet a connu quelques « mauvaises surprises », entre son départ, retardé, en 2025, et sa fin, en mars 2026. Pour ces travaux, l’État, la Région et le Département ont participé au financement. Désormais, entre les murs, l’association Gardanne Action Cinéma retrouve son élan. Laure Gonzalez, sa présidente, rappelle que l’association, est « composée de 12 membres et gère le cinéma fin 1998. Nous sommes classés Arts et Essais mais avons 40% de notre programmation qui reste généraliste (….) On propose désormais 60 séances par semaine ». L’association porte aussi le Little festival, ce mois de juillet et organisera le Festival d’automne en octobre. E.B.-G.

  • [Congrès du PCF] Paroles de délégués du Sud de la France

    [Congrès du PCF] Paroles de délégués du Sud de la France

    Laetitia Sabatier
    Secrétaire de section
    Martigues

    « J’ai été nouvellement élue secrétaire de section et c’est la première fois que je participe à tous ces congrès, du congrès de section au congrès national. Pour moi, c’est comme une formation accélérée, c’est enrichissant de pouvoir rencontrer tous les camarades, de voir en écoutant la discussion générale qu’en tant que communistes, nous sommes tous sur la même ligne directrice. J’ai eu l’opportunité de faire une intervention en expliquant la situation de Martigues après les municipales de 2026. Cela m’a permis de partager avec tous les camarades une situation qui n’est pas unique d’un RN qui monte de plus en plus, mais face auquel nous ne lâchons rien, où nous avons pu appeler à l’unité pour faire face à ce réel danger. »

    Jennifer Willens
    Première adjointe
    Saint-Martin-de-Valgalgues

    « C’est mon premier congrès : je suis adhérente depuis 2019 et j’avais envie de m’investir un peu plus dans le parti. Avec les différents textes alternatifs, j’espère que l’on en sortira plus unis qu’au début, tout en respectant les idées de chacun. L’unification de notre parti est ce qui est le plus important à mes yeux.
    Je suis aussi très investie sur les questions de la paix, j’ai participé au 80e anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, alors j’en attends beaucoup dessus. C’est la base du PCF, pour moi, de défendre la question de la paix. Il faudrait que l’on fasse plus d’actions. »

    Rémi Dubettier
    Secrétaire de cellule
    Montpellier

    « J’aurais aimé pouvoir prendre la parole sur la structuration en cellules, j’ai à cœur d’encourager les camarades à continuer ce combat. Cela ne fait que deux ans que j’ai ma carte, mais j’ai eu la chance de le faire. Cela permet de faire émerger de nouveaux cadres et de les accompagner en leur donnant des responsabilités. Et l’on ne retrouve pas les mêmes personnes entre les initiatives en cellule et les réunions de section : c’est plus facile de militer à une échelle locale. On se sent plus légitime. Et c’est aussi un moyen de créer des liens avec le monde associatif et syndical. »

    Aloïs Eymard
    Secrétaire de section et élu
    Embrun

    « Il faut que l’on tire les leçons des deux derniers congrès et que l’on se fixe une ligne claire, sur un temps long. Il faut réfléchir sur la façon dont on peut se réimplanter, réfléchir à notre manière de militer, qui a évolué avec les nouvelles technologies. L’enjeu est aussi de faire marcher la démocratie pour arrondir les angles, que l’on sache quelle va être notre posture sur la présidentielle, comment on lutte contre l’extrême droite. Est-ce qu’on se présente pour les médias, ou pour porter une vision différente des autres forces de gauche ? Il faut mettre en avant notre programme. »

    Delphine Jordan
    Commission féministe
    Avignon

    « Sur les droits des femmes, nous attendons des avancées, qui ont déjà été engagées. Nous avons la chance d’avoir un parti qui porte des valeurs vraiment féministes, qui lutte contre la marchandisation des corps, pour l’abolition de la prostitution. Et nous avons mis en place une cellule d’écoute, c’est une mise en cohérence de nos pratiques militantes avec le projet que l’on veut porter. Cela existe depuis une dizaine d’années, mais il a vocation à se renforcer encore plus, faire un travail de prévention pour instaurer un climat sain, protecteur. On a beau être progressistes, on n’échappe pas à la société patriarcale. »

    Marion Betoul
    Trésorière de section
    Reillanne

    « Cela ne fait pas si longtemps que je milite au PCF, alors j’ai surtout envie de profiter de ce congrès pour apprendre, rencontrer d’autres communistes, pouvoir échanger, acquérir le vocabulaire militant et voir ce que chacun pense. Pour moi, la lutte pour la protection de l’enfance et le féminisme sont des thèmes très importants, qu’il faut continuer de porter, qu’il faut défendre encore plus, et des amendements ont été écrits pour l’ancrer encore plus dans le texte. Nous avons une pétition, dans le département, parce qu’ils sont en train de fermer les centres médico-psychologiques pour enfants afin de les regrouper, alors que nous sommes dans un territoire rural. On abandonne les enfants et les parents à leur sort ! »

    Nathalie Marin
    Membre du conseil départemental
    Toulon

    « Les échanges sont très enrichissants. Ce que nous voulons porter, c’est un besoin d’unité et de travailler ensemble pour faire connaître les idées communistes à destination de tous, de les faire vivre. Nous avons besoin d’échanger entre les différentes générations et les différentes fédérations, cela permet de voir les difficultés de chacun, les avancées de chacun. Nous pouvons nous enrichir mutuellement des expériences, les uns des autres. Dans notre délégation, nous avons de jeunes militants : cela leur permet de voir le mode de fonctionnement du parti pour qu’ils puissent s’investir plus encore dans son fonctionnement. Mais nous avons besoin de féminiser encore plus les instances. »

  • À Miramas, la soupe au pistou ason championnat du monde

    À Miramas, la soupe au pistou ason championnat du monde

    Bonne humeur
    et convivialité

    « L’idée de créer cet événement est née en 2011 ou 2012 alors que les équipes de l’office de tourisme étaient invitées à participer au championnat du monde de la garbure, une soupe à base de choux et typique de la cuisine du Sud-Ouest », continue-t-elle. « Après avoir goûté, ils ont trouvé que cette soupe avait un goût de Provence alors ils ont décidé de faire la même chose avec la soupe au pistou emblème de notre cuisine provençale. »

    Les différentes équipes peaufineront leur plat samedi avant la dégustation du jury de chefs en fin de journée. Les visiteurs eux pourront assister aux préparatifs, profiter d’un marché de producteurs locaux sur la place ou encore participer aux animations prévues tout au long de la journée. « Il y aura des animations musicales avec des peña qui sont des fanfanres de rue tout au long de la journée et quand les gagnants de cette édition seront donnés, les festivités se poursuivront avec un apéro, et un spectacle pour tous », souligne Manon Martinez.

    En cas de fortes chaleurs et de restrictions, le Championnat du monde ne sera pas annulé mais déplacé vers la salle des fêtes de la ville.

  • [On passe à table] Ceviche de maquereau et sa touche provençale

    [On passe à table] Ceviche de maquereau et sa touche provençale

    Un poisson bleu, de la fraîcheur, quelques touches provençales et vous obtenez un plat généreux, savoureux et idéal en été. Découvrez la recette du tout nouveau chef du restaurant de l’hôtel Villa M, Jules Girandon.

    Une sauce goûteuse

    Commencez par réaliser le leche de tigre, sauce phare du ceviche traditionnel. Pour cela déposez les ingrédients dans un blinder en les coupant grossièrement. Le blanc des cébettes, la partie basse de la ciboulette, le zeste d’un citron vert lavé et le jus de deux d’entre eux. Coupez grossièrement à la main un beau bouquet de coriandre en utilisant les feuilles puis coupez en deux chaque piment épépinez-les et coupez-les en petits morceaux. Utilisez uniquement la moitié d’un piment pour ne pas que ce soit trop fort. Si vous êtes sensible au piment préférez un piment végétarien, plus doux. Ajoutez ensuite le zeste d’un combava, deux gousses d’ail pelées puis le gingembre. Grattez la peau au couteau et râpez-le à l’aide d’une microplane ou râpe traditionnelle pour éviter le côté filandreux de la racine dans la sauce. Versez un beau filet d’huile d’olive et la moitié d’un verre d’eau. Mixez.

    Pendant ce temps, levez la membrane de vos filets de maquereau, coupez-les dans le sens de la longueur puis faites des cubes assez épais pour garder de la mâche. Déposez-les dans un cul-de-poule et ajoutez tout de suite le leche de tigre. Mélangez bien à la cuillère et laissez mariner pendant 30 minutes au frais de préférence.

    La fraîcheur à l’honneur

    Pour l’accompagnement, coupez à la mandoline quelques tranches d’oignon rouge, la moitié d’un fenouil dans le sens de la hauteur, coupez vos petits maïs en deux et la figue en six quartiers. Brûlez-les au chalumeau. Si vous n’en avez pas, une poêle chaude sans matière grasse fera très bien l’affaire. Ensuite, assaisonnez le fenouil avec de l’huile d’olive, du sel et le jus de la moitié d’un citron vert. Mélangez bien. Déposez-le en fond d’assiette puis déposez quelques belles cuillères de poisson mariné. Ajoutez l’oignon rouge, les petits maïs et trois quartiers de figue. Un filet d’huile d’olive et quelques pousses de coriandre et d’aneth. Bon appétit !

    Il vous faudra :

    – 2 filets de maquereau, des cébettes, un oignon rouge, un fenouil

    – De la ciboulette, coriandre et aneth fraîches en bouquet

    – Un combava et 3 citrons verts, 2 gousses d’ail, du sel

    – Deux petits maïs, une figue, du gingembre, 2 piments antillais, huile d’olive

  • Le 80e Festival d’Avignon ausculte les colères du monde

    Le 80e Festival d’Avignon ausculte les colères du monde

    Face aux discours politiques qui polarisent la société, « nous croyons que les arts vivants et le service public de la culture peuvent jouer un rôle positif avec la pratique joyeuse et démocratique de la découverte collective de spectacles », estime Tiago Rodrigues. « Le Festival d’Avignon est une expérience collective autour d’une pluralité de voix pour célébrer les bonnes questions que l’art peut poser au monde », explique à La Marseillaise le directeur de ce rendez-vous dont la 80e édition s’ouvre dans la Cour d’honneur avec Maldoror. Dans cette pièce de 5 heures, le metteur en scène Julien Gosselin fait dialoguer les œuvres de Roberto Bolano, écrivain chilien persécuté sous la dictature de Pinochet, et de Lautréamont, ce poète du XIXe siècle ayant guidé les surréalistes. Un croisement destiné à questionner les racines de ce que l’homme de théâtre nomme le « mal absolu ». « Pourquoi sommes-nous, à travers l’histoire, fascinés par les méchants du théâtre, par Richard III par exemple, alors qu’il est clairement le vilain ? Qu’est-ce que l’observation du mal nous enseigne ? Ce spectacle-événement, qui mélange vidéo, cinéma, littérature et les excellents acteurs de Julien Gosselin, proposera aussi au public un autre rapport à la Cour d’honneur, notamment avec des surprises et déambulations pour permettre au public de vivre un spectacle au palais des Papes de façon très inhabituelle », prévient Tiago Rodrigues.

    47 spectacles et 300 représentations jalonneront le Festival d’Avignon, parmi lesquels La parabole du seum de Rébecca Chaillon, qui se joue au Cloître des Célestins. Il y a trois ans, cette metteuse en scène et performeuse y avait subi un déferlement de haine raciste pour Carte noire nommée désir. La voici de retour dans une pièce explorant les marges et présentée comme « une parabole du venin et de la colère qui cherche à susciter le rêve, le rire, l’empathie et la révolte contre le fascisme qui vient ». Selon Tiago Rodrigues, Rébecca Chaillon « continue d’inventer des formes avec une dimension de radicalité et même de trouble. Nous sommes ravis de faire la première française de La parabole du seum et partager sa recherche sur la colère, notamment celle de personnes qui n’ont habituellement pas l’espace dans la société pour l’exprimer. Toujours avec poésie et une dimension assumée de provocation ».

    Violences

    L’Opéra Grand Avignon accueillera quant à lui Uma luz cordial, dernier volet d’une trilogie qui déploie poésie et la performance pour traiter la question du viol. « C’est une immersion dans ce qui nous rend misérables, vulnérables, colériques : l’écriture, le moment de créer, de donner une forme artistique à un cauchemar, grâce à l’écriture », résume son autrice, metteuse en scène et comédienne brésilienne Carolina Bianchi. « Son refus de la violence passe par le fait de mettre son trouble et sa colère dans ses œuvres », observe Tiago Rodrigues qui a décidé, pour cette 80e édition, de mettre également la langue coréenne à l’honneur. Le Gymnase du Lycée Aubanel abritera ainsi Island story de Kyung-Sung Lee. Une création revenant sur la répression par les autorités, en 1948, d’une manifestation qui commémorait la fin de l’occupation coloniale japonaise. « Kyung-Sung Lee parle de cet épisode tragique associé à la division de la péninsule de Corée qui a provoqué pendant longtemps beaucoup d’omerta dans la société coréenne », situe Tiago Rodrigues.

    www.festival-avignon.com

  • [Congrès] Le PCF au défi de la menace d’extrême droite

    [Congrès] Le PCF au défi de la menace d’extrême droite

    Sur la tribune du Grand Théâtre de Lille, le nordiste Fabien Roussel, presque à domicile, va droit au but. « À celles et ceux qui doutent parmi nous, à celles et ceux qui se cherchent et voudraient même repousser la décision : allons-y maintenant et ne tardons plus, appelle le secrétaire national du PCF. Chaque semaine qui passe doit être utile pour mener ce combat, pour ne pas nous retrouver dans une impasse comme en 2017 ! » Alors que s’ouvrait ce vendredi après-midi dans la capitale des Flandres le 40e congrès du Parti communiste français, la question de la présidentielle s’est largement imposée dans le débat. Avec, en toile de fond, l’ombre projetée par la menace de l’extrême droite.

    La présidentielle en vue

    Tandis que les communistes doivent se prononcer, ce week-end, sur la légitimité d’une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, sur laquelle les militants se prononceront le 6 septembre prochain, Fabien Roussel se déclare d’ores et déjà prêt à porter une nouvelle fois cette responsabilité dans une campagne. « Nous sommes les seuls à avoir une telle cohérence dans le programme, assumons-le et allons le défendre auprès des Français ! », défend-il en redisant sa volonté de « battre l’extrême droite et offrir une alternative aux Français ». En misant sur un travail auprès des abstentionnistes pour enfin renforcer les scores de la gauche.

    Face aux autres forces politiques qui à gauche en appellent encore à une primaire, il l’assure : « La primaire n’aura pas lieu. » De quoi nourrir le débat entre les partisans d’une union à gauche face au risque de l’extrême droite, avec la menace de « l’effet de souffle » d’une victoire du RN, avertit le Finistérien Ismaël Dupont, et ceux qui appuient la spécificité communiste à l’image du Nantais Aymeric Saysseau. « Quand la gauche ne parle plus du travail et se contente de discours moral, l’extrême droite peut mettre ses pantoufles », défend-il.

    Fabien Roussel, de son côté, insiste sur sa volonté de préserver l’unité du PCF. « Des orientations différentes se sont exprimées, qui ont irrigué nos débats avec plusieurs textes et des attentes auxquelles il faudra répondre », reconnaît-il. Trois ans après le congrès de Marseille, qui s’était tenu en pleine mobilisation contre la réforme des retraites, il se félicite de voir que le sujet n’a pas été lâché par les communistes, sur le terrain comme au Parlement. « Contrairement aux autres forces de gauche, nous considérons comme centrale la question du travail, de l’emploi et d’un salaire rémunérateur pour vivre dignement », insiste-t-il, en énumérant les campagnes menées en ce sens, et les 7 800 nouvelles adhésions réalisées. Une question mise en avant avec les acclamations réservées à la CGT d’ArcelorMittal, conviée sur scène. « Le Nord a énormément souffert, mais arrêtons d’être spectateurs, invitait ainsi Gaëtan Lecocq. Si Mittal veut faire de l’acier hors d’Europe, qu’il dégage et nous laisse nos outils de production ! Parce que si nous fermons, nous perdons l’ensemble de nos savoir-faire. »

    Victoires de terrain

    Le secrétaire national défend aussi face aux délégués représentant les 38 000 adhérents du PCF l’action de la direction du parti sur la solidarité internationale, la défense d’une solution à deux États en Palestine à l’inverse d’autres forces à gauche. « Cette clarté dans nos prises de position nous a permis d’être interlocuteur privilégié de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine, Ndlr.] dans cette période compliquée », appuie-t-il, en rappelant aussi les cinq containers d’aide internationale pour Cuba. Et de mettre aussi en avant le travail réalisé pour un Plan climat « historique » que défend le Rennais Amar Bellal, les travaux sur la protection de l’enfance sur lesquels « nous aurions préféré que l’actualité ne nous donne pas raison », souligne Véronique Sanchez, pour le Haute-Corse.

    Les avancées des élus au Parlement, des travaux de Fabien Gay sur les 211 milliards d’aides aux entreprises à la menace de censure de Stéphane Peu pour faire reculer le gouvernement sur la remise en question du 1er-Mai, sont aussi saluées, tout comme les victoires aux municipales. Avec la nécessité de renforcer ces positions, au milieu des écueils de l’année 2027.

    « Nous voulons battre l’extrême droite et offrir une alternative aux Français. »

  • L’internationalisme à l’honneur, de la Palestine à Cuba

    L’internationalisme à l’honneur, de la Palestine à Cuba

    La salle entière se lève pour applaudir les délégations venues du Proche-Orient ou de Cuba. Avant l’ouverture des travaux de leur 40e congrès, dans le Grand Théâtre de Lille, les communistes français ont largement mis à l’honneur la solidarité internationale, en réponse à la multiplication des conflits dans le monde. Tandis que le militant de l’Organisation de libération de la Palestine, Qassem Awad, saluait « le partenariat historique qui nous unit au Parti communiste français » ainsi que l’envoi d’une nouvelle délégation en Palestine, Fadwa Khader, du Parti du peuple palestinien, rappelait : « Pour le peuple palestinien, cette solidarité n’est pas un principe abstrait, c’est une bouée de sauvetage. » En soulignant que « la lutte pour la Palestine est indissociable de la lutte mondiale contre le colonialisme, l’oppression, l’exploitation, l’impérialisme et toutes les formes d’injustice ».

    Pour le Parti Tudeh d’Iran, Navid Shomali dénonçait pour sa part l’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël, en violation de la charte de l’ONU. Et de lancer : « L’abjecte réalité est que les véritables foyers de terrorisme et de déstabilisation au Moyen-Orient se trouvent à Tel-Aviv et à Washington. »

    Dirigeante du Parti communiste israélien, Reem Hazan partageait l’objectif de « nous débarrasser des fascistes au pouvoir », à l’approche des prochaines échéances électorales, en octobre. « Ne nous y trompons pas : c’est le système qui doit être démantelé – le système d’occupation, d’apartheid, de suprématie ethnique et d’aspirations à l’expansion impérialiste », appuie-t-elle.

    Ambassadeur de Cuba en France pour encore quelques jours, Otto Vaillant Frias a lui aussi lancé un appel à la solidarité, face aux menaces états-uniennes et à un bloc « archaïque, médiéval, qui doit arrêter ». « Nous voulons la paix, nous aimons la paix, mais nous serons prêts à défendre notre patrie à n’importe quel prix », avertit-il, sous les acclamations.

  • À Marseille, une nouvelle alerte pour la Splain et évacuations rue d’Aubagne

    À Marseille, une nouvelle alerte pour la Splain et évacuations rue d’Aubagne

    La tension est remontée jeudi soir vers 19h, rue d’Aubagne, autour du chantier de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Splain) Aix-Marseille-Provence où, devant un risque d’effondrement, les marins-pompiers ont procédé à l’évacuation de trois immeubles en vis-à-vis ou bien voisin du 16 rue d’Aubagne, de nouveau au centre de toutes les inquiétudes.

    L’évolution des fissures sur ce dernier immeuble pourtant fortement renforcé, très étayé et très surveillé depuis l’effondrement, le 18 juin, de tous les planchers et de la toiture côté Halle Delacroix, a déclenché l’ordre de retrait des ouvriers et l’arrivée d’une trentaine de marins-pompiers pour évacuer le secteur.

    Vendredi matin, la rue d’Aubagne était de nouveau coupée à hauteur des rues Rodolphe-Pollak et Vacon. Dans ce périmètre de sécurité, les marins-pompiers ont évacué en soirée, parfois par la grande échelle, les occupants des immeubles et des rez-de-chaussée des 21, 23 et 25 rue d’Aubagne, pour mener des vérifications sur le 16 rue d’Aubagne. « Par précaution, une dizaine de personnes ont été évacuées », expliquait Audrey Garino, adjointe en charge du logement. « Par mesure de précaution, un périmètre de sécurité a été établi. Toutes les équipes compétentes sont mobilisées afin d’évaluer la situation et garantir la sécurité des personnes impactées par la situation », ajoutait la Ville de Marseille sur son compte X. « Les dix personnes ont été accueillies et orientées vers des hôtels », ajoutait de son côté la maire de secteur sur X. Cinq habitants ont demandé à être relogés par la Ville.

    à l’évidence, l’effondrement du 18 juin a ébranlé l’îlot ou, à tout le moins, la parcelle sur un bâti très dégradé et remanié au cours des siècles par des surélévations pour y créer des logements supplémentaires. « Sur le plan structurel, les ouvertures de commerces ont fait l’objet de plusieurs transformations, pour s’agrandir, qui ont sensiblement modifié la composition architecturale et les descentes de charges originelles », peut-on lire dans le permis de construire.

    Un état bâtimentaire préoccupant

    Preuve que l’état bâtimentaire de cette rue reste toujours aussi préoccupant, un arrêté de mise en sécurité, procédure d’urgence, a été publié vendredi. Il concerne le 21 rue d’Aubagne et fait suite à un rapport de visite du 17 juin, suite à l’effondrement partiel du plancher bas du palier au 1er étage, avec risque imminent de chute de personnes. La forte corrosion des aciers des voûtains entraîne un risque imminent d’effondrement partiel du plancher haut, qui justifie l’interdiction d’occupation du sous-sol.

    Autre signe que l’éradication de l’habitat indigne est un combat sur le temps long, le préfet a prorogé de 5 ans la déclaration d’utilité publique de juin 2021 au bénéfice de Marseille Habitat, en vue de créer des logements sociaux au 6 rue d’Aubagne. La SEM de la Ville n’est pas parvenue, en cinq ans, à acquérir la totalité des lots.