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  • Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Bruno Ely, 45 années au service du musée Granet

    Émotion et gratitude, des témoignages, une plus claire perception du chemin parcouru entre 1980 et aujourd’hui, la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains et une foule d’amis ont salué depuis la salle des États Généraux le départ à la retraite de Bruno Ely.

    Avant que la médaille de la ville d’Aix lui soit remise, « sa base arrière » la plus essentielle, ses enfants Marie et Paul (28 et 25 ans) et son épouse Valérie ont pris la parole pour dire à quel point ils ont préservé à ses côtés un univers de grande liberté. L’engagement au quotidien d’une famille hantée par la photographie, la magie et la discrétion des métiers voués aux images restent merveilleusement contagieux : la fille aînée de Bruno, Marie Ely a passé avec bonheur et succès le concours de conservatrice du musée du Mans.

    Sophie Joissains, l’adjointe à la culture Marie-Pierre Sicard ainsi que son directeur d’autrefois Denis Coutagne ont retracé les étapes de la carrière d’un porteur de projets et d’une équipe remarquablement soucieux de convaincre par de multiples conférences et visites guidées le public de son époque. En 1990, pendant l’exposition Cezanne réalisée après l’incendie de la Sainte-Victoire il s’agissait de redonner une place de première importance au musée Granet; 40 ans plus tard, des accrochages et des expositions de niveau international, des dépôts et des acquisitions ont fait taire ceux qui estimaient qu’Aix avait longtemps ignoré « le père de l’art moderne ». À la tête du Pavillon Vendôme et du musée des Tapisseries pendant 18 ans, avant de devenir en 2008 le conservateur du musée Granet, Bruno Ely aura réalisé dans Aix plus de 180 expositions qui relèvent de l’archéologie, du grand XVIIe aixois, du Festival d’art lyrique autant que de la modernité, Alechinsky, Fabienne Verdier et Bernard Plossu peuvent en témoigner. Un prochain portrait du journal complétera cet hommage.

  • Une micro-crèche fermée à Marseille pour « attitude inadaptée du personnel »

    Une micro-crèche fermée à Marseille pour « attitude inadaptée du personnel »

    Une de plus. Le 11 février dernier, la micro-crèche privée Zola, dans le quartier de Mazargues, avait été fermée en raison d’une présence importante d’humidité et de moisissures (lire notre édition du 17/02). Cette fois, c’est la micro-crèche des Petits Petons, dans le quartier des Caillols (12e), qui a été fermée pour une durée de quatre mois, à compter du 19 février.

    L’entreprise gestionnaire, Les petits petons, possède deux micro-crèches. La seconde se trouve à Auriol. L’arrêté du conseil départemental des Bouches-du-Rhône signale des « règles d’hygiène élémentaires non respectées et une attitude des professionnels envers les enfants inadaptée ».

    Une accumulation de fautes

    L’arrêté départemental s’appuie sur une visite de contrôle effectuée le 13 janvier 2026, qui n’aurait pas permis « de constater la présence de référente technique selon les quotités de travail prévues ». La présence d’une référente technique, censée accompagner et coordonner les personnes chargées de l’encadrement des enfants, est obligatoire dans une micro-crèche, selon l’article R2324-36-1 du Code de la santé publique.

    Les problèmes structurels signalés par l’arrêté s’additionnent : « Le turn-over de personnel ne permet pas d’assurer la sécurité et l’épanouissement des enfants. » Le Département évoque « l’impossibilité d’assurer le respect du taux d’encadrement », qui est d’un adulte pour huit enfants qui marchent et d’un adulte pour cinq enfants qui ne marchent pas.

    Est également citée « une absence de contrôle de l’attestation d’honorabilité en amont du recrutement », un document qui garantit qu’un adulte n’a pas de condamnation l’empêchant d’intervenir auprès de mineurs. Il est obligatoire depuis le 1er octobre 2025. L’arrêté dénonce « des inquiétudes sur le bien-être des enfants et des attitudes maltraitantes, ainsi qu’une non-prise en considération des besoins de l’enfant », précisant qu’il n’y a pas « de surveillance constante des enfants, notamment au moment de l’endormissement ». Le Département affirme que « les faits évoqués et l’urgence sont de nature à justifier la fermeture immédiate et provisoire de l’établissement ».

    Contactée, la direction de l’entreprise n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • [Entretien] Pierre Daum : « Travailler sur ce passé colonial indochinois est un devoir »

    [Entretien] Pierre Daum : « Travailler sur ce passé colonial indochinois est un devoir »

    La Marseillaise : Vous êtes spécialiste du passé colonial de la France. L’histoire de ces travailleurs indochinois exploités, est-elle exposée pour la première fois de manière aussi détaillée ?

    Pierre Daum : Oui. Pour ce deuxième ouvrage, Colonisés, déplacés, exploités, je suis allé beaucoup plus en profondeur sur le sujet. Mon premier ouvrage, Immigrés de force, publié en 2009, traitait l’histoire des 20 000 paysans vietnamiens recrutés de force en 1939, par la France. Envoyés par bateaux vers la métropole. Arrivés à Marseille et immédiatement conduits à la prison des Baumettes. Puis envoyés dans une quinzaine de départements.

    Pour ce premier ouvrage, qui a révélé cette page cachée du passé colonial de la France, j’avais recueilli les témoignages des derniers travailleurs indochinois encore en vie, et travaillé avec les archives départementales. À ce moment-là, les archives de la Direction des travailleurs indochinois (DTI) aux Archives nationales de la France d’Outre-mer (ANOM) étaient considérées comme disparues.

    Quinze ans plus tard, il s’est passé une chose extraordinaire. J’ai reçu un mail de Jacques Dion, le responsable des archives de l’Indochine aux ANOM, qui me disait : « Cher Pierre, j’ai retrouvé les archives de la DTI. » Aujourd’hui, le fonds de la DTI, c’est 280 cartons d’archives. Un trésor d’histoire coloniale.

    C’est de là que viennent les photos d’archives ?

    P.D. : Pas seulement. Ce qui a aussi donné naissance à mon nouveau livre, c’est la rencontre avec un certain Michel Lecat. Quand son grand-père Robert Bondier, photographe à Bergerac, est décédé, Michel a retrouvé 150 000 photos dans sa cave, dont un millier qui concerne les Indochinois de Bergerac. Entre 1940 et 1948, 4 000 travailleurs indochinois de la Seconde Guerre mondiale sont passés par la poudrerie et le camp d’internement de Bergerac.

    C’est là où je réponds très directement à votre première question : grâce à la découverte des archives de la DTI et la découverte des photos de Robert Bondier, mon second ouvrage est beaucoup plus précis, beaucoup plus approfondi que le précédent. Il concerne spécifiquement les 4 000 travailleurs indochinois passés par la Dordogne.

    En quoi est-ce important d’en reparler aujourd’hui ?

    P.D. : Je précise tout de suite que je n’ai aucun lien familial avec le Vietnam. En revanche, je suis intimement convaincu que la société française de 2026 est en grande souffrance de son passé colonial. De très nombreux travaux existent, sur les horreurs et les crimes commis par les différents gouvernements français successifs, au nom de la France. Mais depuis la fin de la colonisation, nos gouvernants contemporains n’ont jamais officiellement reconnu ces crimes, ni pris de décision pour mettre la diffusion de l’histoire coloniale au centre de leur politique. L’argent public n’a jamais été suffisamment donné à la production cinématographique, à la production éditoriale, à la diffusion de la connaissance du passé colonial. Aujourd’hui, le racisme qui gangrène la société française tire ses racines dans les crimes coloniaux, et ce passé colonial. Travailler sur ce passé colonial est un devoir pour la santé de la société française. Et c’est aussi pour les familles de ces 20 000 hommes. Depuis 20 ans, je rencontre sans cesse des enfants ou des petits-enfants de travailleurs indochinois qui veulent connaître l’histoire de leur père ou de leur grand-père. Beaucoup sont venus me voir pour me dire : « J’ai découvert l’histoire de mon père dans votre livre. »

    Qu’allez-vous présenter lors de cette conférence ?

    P.D. : Je ne raconte pas mon livre. Je raconte tout mon travail d’historien que je mène depuis 20 ans pour exhumer cette page du passé colonial qui a été enfouie depuis 80 ans. La conférence s’accompagne de la projection de très nombreuses photos d’archives. En effet, une conférence comme celle-là fait partie de ce travail de diffusion de la connaissance sur le passé colonial.

    Salle des Rotatives de La Marseillaise 18h30.

  • L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    Le sort de l’association Entraide des Bouches-du-Rhône a été scellé, lundi 2 mars, devant le tribunal des activités économiques de Marseille, qui a validé l’offre d’Habitat et Humanisme Soin et ordonné la cession de l’intégralité des établissements exploités, à ce jour, à cette association lyonnaise. Les six Ehpad et quatre résidences autonomie sont cédés pour 7,48 millions d’euros, dont 6,8 millions d’actifs immobiliers. La valeur très théorique du parc immobilier était estimée à 33 millions d’euros.

    Ce choix d’une « offre viable » venue de l’économie solidaire « permet de préserver 448 emplois et de maintenir 725 personnes âgées dans leur lieu de vie actuel, et d’entrevoir des perspectives positives de renouveau avec les différents investissements prévus, notamment pour les travaux de rénovation et de réhabilitation », expose le tribunal dans son jugement de 23 pages.

    Le scénario catastrophe redouté est évité

    La résidence du Roy d’Espagne (dans le 8e à Marseille) ne pouvait être dans le deal puisque fermée en juillet 2024 et préemptée par la Ville de Marseille pour y créer une « résidence autonomie de nouvelle génération », qui sera confiée au CCAS. L’Ehpad du Clos Saint-Martin, à Pélissanne, n’est pas non plus concerné, ayant été fermé par l’ARS en septembre 2025 après le constat de graves dysfonctionnements.

    Malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2024, la situation de l’Entraide 13 n’avait cessé de se dégrader avec un résultat négatif de 4 millions d’euros, qui rendait impossible tout plan de continuation. Huit candidats s’étaient manifestés. Trois offres sérieuses ont été déposées in fine, mais une seule exposée à la barre du tribunal. Le sérieux de l’offre de l’association lyonnaise a convaincu les magistrats. Habitat et Humanisme Soin assure déjà la gestion d’un réseau de 59 établissements d’accueil et de soins de seniors dans 20 départements, soit près de 4 900 lits et emploie environ 2 000 salariés.

    L’Agence régionale de santé et le conseil départemental avaient émis un avis très favorable à cette reprise, qui « n’implique aucune fermeture de site et préserve au mieux les intérêts des résidents et de leurs familles et des salariés ». En effet, 448 des 468 emplois sont sauvés « avec leurs droits acquis », soit 96% des emplois. Les 20 salariés du siège social d’Entraide ne sont pas repris, ce qui doit conduire à 18 licenciements. L’administratrice judiciaire de l’Entraide a été entendue, elle qui soulignait qu’un effort devrait être fait par le repreneur « pour apaiser le climat social concernant les droits acquis des salariés repris ».

    La somme totale déclarée au passif, au jour de l’audience du 17 février, est de 59 millions d’euros, dont 22 millions contestés, soit une somme finale qui avoisine les 40 millions d’euros tout de même, composée à 80% de dettes bancaires et 20% de prestataires. Le Département reste garant de certains prêts bancaires à hauteur de 12 millions d’euros. Si le tribunal se dit conscient de « l’impact économique » de cette cession pour les contrats non transférés, il retient « l’effort financier manifestement réel, même s’il ne permettra pas un apurement direct du passif ».

    Si le prix de cession fixé à 7,48 millions d’euros est « décorrélé de la réalité du passif », le tribunal considère que le coût total de la reprise est en réalité de 32 millions d’euros en tenant compte des congés payés, des départs à la retraite, de l’hypothèque de l’Ehpad La Marylise (dans le 11e à Marseille), des dépôts de garanties et des fonds de roulement à reconstituer, des travaux de réhabilitation et de remise aux normes estimés à 12,5 millions d’euros sur un parc assez vétuste.

    Une trentaine de contrats sont repris. Pas celui de la restauration collective conclu en 2024 avec la société marseillaise Ascent pour 5 ans, ce qui est « de nature à inquiéter tant ses prestations sont essentielles à la poursuite de l’activité », énonce le tribunal, qui prend acte toutefois d’échanges en cours entre les parties. L’ARS et le Départemental se sont engagés à procéder au transfert effectif des autorisations d’exploitation nécessaires au repreneur dans les 48 heures. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 22 juillet 2026.

    Un « heureux dénouement » pour le CD 13

    « Je dirais ouf et enfin ! » réagit Jean-Marc Perrin (DVD), conseiller départemental, l’autorité de tutelle. « Nous sommes heureux et soulagés de ce dénouement. C’est la fin d’un long processus judiciaire qui évite une casse sociale terrible et la perte d’une capacité d’un millier de lits en grande majorité habilités à l’aide sociale », salue l’adjoint au bel âge, à l’archéologie et la paléontologie. « Nous avons travaillé main dans la main avec l’ARS pour éviter une catastrophe. Habitat et Humanisme sont de vrais pros compétents qui gèrent déjà 60 établissements, qui ont la fibre des bailleurs sociaux et de l’habitat inclusif. Quand j’entends que les anciens dirigeants de l’Entraide essayent de trouver des responsabilités chez les autres, je rappelle qu’en sortie du Covid et en plein scandale Orpea, et alors qu’ils commençaient à être dans le rouge, deux dirigeants se sont augmentés de presque 30% en 4 ans, alors, qu’ils balayent devant leur porte ! »

  • La CGT veut contrer la répression syndicale

    La CGT veut contrer la répression syndicale

    Une quinzaine de personnes sont assises autour des tables de la Bourse du travail de Marseille ce mardi 3 mars. L’ambiance n’est pas à la fête. L’union départementale (UD) des Bouches-du-Rhône de la CGT s’inquiète de la multiplication des pressions visant ses militantes et militants syndicaux. « On constate une recrudescence de signalements de la part des salariés syndiqués, surtout depuis le mouvement contre la réforme des retraites », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Au point que l’organisation a décidé de monter un groupe de travail pour prendre le problème à bras le corps. Depuis plusieurs mois, « le syndicat a commencé à répertorier tous les actes de répression syndicale, dans tout le département et tous secteurs confondus », continue Marc Pietrosino. L’objectif ? « Réfléchir à comment lutter contre ce système mis en place par le patronat », termine le secrétaire général de l’UD avant de laisser la parole aux militants syndicaux venus témoigner à ses côtés.

    Des stratégies antisyndicales bien rodées

    Le tour de table laisse entrevoir tout un répertoire de stratégies visant à neutraliser, réprimer voire même criminaliser l’action syndicale par les directions patronales. Nadia Lacheter et Sabrina Mahfoud, coordinatrice et animatrice famille depuis plus de quinze années au sein de la Ligue de l’enseignement 13, racontent « subir des discriminations sur leur poste avec un blocage de toute évolution professionnelle » du fait de leur mandat syndical. Elles constatent « un traitement différencié par rapport à d’autres salariés à des postes équivalents, pourtant moins diplômés ou avec moins d’ancienneté ». Sabrina Mahfoud a même appris le 7 février dans l’ordre du jour d’une réunion du CSE l’existence d’un plan social qui la concernerait. Les deux femmes soupçonnent une stratégie de mise sous pression par la direction en vue des élections du personnel en 2027.

    À La Poste, Stella Estaque, secrétaire générale de la CGT Activités Postales 13, et Karim Bouzana, délégué CGT AP 13, témoignent de « blâmes » systématiques pour les salariés dont « le seul tort est d’informer les autres de leurs droits ». Valérie Lambrechts de l’union locale CGT Berre-l’Étang retrace la sanction immédiate qui s’est abattue sur les salariés du groupe Pomona en décembre dernier lorsque, pour s’organiser, ceux-ci se sont affiliés à la CGT. Résultat : deux licenciements. Même chose chez les énergéticiens de Marseille : le secrétaire général de la CGT Énergie 13 Renaud Henry raconte que « les pressions subies par les salariés syndiqués ont pour but de donner l’exemple pour décourager les autres à rejoindre la délégation ».

    Note

  • À Peyruis, le maire sortant candidat face au RN

    À Peyruis, le maire sortant candidat face au RN

    Élu municipal depuis 2008 et maire depuis 2014, Patrick Vivos est candidat à sa réélection, face à la candidate RN Aurélie Abeille et l’élue d’opposition Lila Desjardins. Il se présente avec une liste renouvelée à 80%, avec la volonté de « finaliser des projets structurants pour la commune » : un parking devant la salle des fêtes, un réseau de chaleur géothermique pour alimenter les deux écoles, la rénovation de l’école élémentaire et le réaménagement de la place Fauchier pour créer « une poche commerciale », des logements sociaux et une place végétalisée, alors que le village manque cruellement de commerces.

    « Un porteur privé s’est déjà positionné et a eu une lettre d’engagement de l’enseigne U et d’un bailleur social, et un particulier est intéressé pour ouvrir un bar-tabac », affirme le maire sortant. Il souhaite par ailleurs créer un pôle culturel avec une bibliothèque et une salle d’exposition, ainsi qu’un pôle sportif.

    « Je serai toujours face au RN »

    Peyruis fait partie des rares communes du département où le RN a investi un candidat, alors que 55% des votes étaient pour le parti d’extrême droite au second tour des législatives de 2024 dans le village. « Je serai toujours face au RN et je combattrai toujours les idées du RN », promet Patrick Vivos. Ancien militant communiste, le candidat garde « une sensibilité de gauche bien marquée ». Sa liste est elle sans étiquette.

    Âgé de 62 ans, ancien cadre commercial dans l’agroalimentaire, le maire sortant prévient : s’il est réélu, ce sera son dernier mandat. Ce mandat a été « très compliqué », explique-t-il, entre les inondations, le Covid, l’explosion des coûts suite à la guerre en Ukraine et les changements de gouvernement successifs.

  • La gauche briançonnaise en mission à Milan-Cortina

    La gauche briançonnaise en mission à Milan-Cortina

    « Nous voulions comprendre concrètement ce que ça veut dire d’avoir les JO sur son territoire », explique Johanna Jelensperger. Avec la tête de liste, Stéphane Regnier, ils se sont rendus à Cortina, Milan et dans la région alentour du 18 au 21 février. Habitants, commerçants, élus locaux, jeunes, chefs d’entreprise, chercheurs… Au total, ils ont collecté une quarantaine de témoignages.

    Leur rapport relève le positif, comme la « magie des Jeux » qui a bien opéré dans les rues de Cortina, en ébullition pendant la compétition. « Mais les travaux comme la tenue des Jeux ont globalement fait fuir les touristes et ont été négatifs pour les commerçants locaux », selon eux. Les habitants rencontrés regrettaient surtout des projets onéreux, sans rapport avec les besoins du territoire. « On nous a parlé d’une piste de bobsleigh à 120 millions d’euros à Cortina, alors qu’ils n’ont même pas de piscine publique, rapporte la délégation. Les habitants déploraient de ne pas avoir été informés ni consultés sur les Jeux, ils s’en sont sentis dépossédés », raconte Johanna Jelensperger.

    « On peut organiser des événements joyeux »

    Un manque de concertation qu’ils ne veulent pas reproduire à Briançon lors de la prochaine édition de 2030. « Il y a un vrai espoir de faire différemment, on sollicite la concertation mais la Solideo, [la société de livraison des ouvrages olympiques, Ndlr] et le Comité d’organisation des Jeux sont des mastodontes avec qui on ne dialogue pas facilement », prévient la tête de liste. Pour les deux colistiers, certains chantiers, comme la promesse d’améliorer le réseau de train entre Briançon et Marseille, peuvent être bénéfiques pour le territoire. « Mais les projets hors-sol, comme le village olympique au Fort des têtes, à très fort impact environnemental et au coût exorbitant pour les collectivités, sont en décalage par rapport aux besoins locaux », s’alarme Stéphane Régnier.

    Si elles ont pu voir les risques d’une arrivée des Jeux, les deux élus restent positifs. « On peut organiser des événements joyeux qui impliquent les habitants, comme c’est le cas avec le mondial d’escalade ou le Freeride World tour », rappelle Johanna Jelensperger. La liste de gauche promet de promouvoir et d’organiser la consultation sur le sujet avec les habitants.

  • À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À Vedène, un candidat PCF agressé par un militant RN

    À chaque campagne, c’est souvent le jeu du chat et de la souris entre militants, à celui qui collera le plus pour son candidat. Ce dimanche à Vedène, ce jeu a pris une tournure bien plus violente. Militant PCF et candidat sur la liste de l’actuelle élue (PCF) d’opposition Fabienne Vera, Thierry Ménard accuse un militant RN de l’avoir menacé de mort. « En début d’après-midi, dans le quartier Orsan, après avoir collé six affiches du parti sur le candidat RN, je vois arriver une voiture grise qui me bloque la route au stop après avoir pris à contresens un rond-point », témoigne Thierry Ménard.

    Là, devant plusieurs passants ou automobilistes également bloqués, le militant RN « s’approche à 5 cm de moi et me menace par trois fois en me disant si tu continues à coller sur nos affiches, tu es mort », s’indigne le colistier, ensuite bousculé au moment de sortir son portable, tombé au sol. Dans la foulée, il ira porter plainte à la gendarmerie de Saint-Saturnin, où est mentionné le type de véhicule et sa plaque d’immatriculation. « Cela prouve la corrélation entre le fond d’un parti politique et son attitude sur le terrain », déplore Thierry Ménard, pas prêt à se laisser intimider.

    « C’est vraiment décevant d’en arriver là, je donne pour consigne de respecter l’affichage libre et de rester diplomate », réagit Fabienne Vera, qui reconnaît ne « pas vouloir laisser l’espace public » saturé par l’extrême droite. Contacté, le candidat RN Geoffrey Fallami a préféré écourter l’appel, promettant « peut-être » de nous rappeler. On attend toujours.

  • La Vague mandréenne déferle sur la presqu’île

    La Vague mandréenne déferle sur la presqu’île

    Il rappelle qu’en mars 2020, dans le contexte si particulier de la pandémie, La Vague a recueilli 36.31% des suffrages alors qu’elle était inconnue 3 mois plus tôt.

    Son ambition pour la commune : restaurer un véritable échange démocratique à Saint-Mandrier. Avec comme points forts programmatiques, la création d’une Maison de santé communale et la révision du Plan local d’urbanisme « pour l’ériger en bouclier contre l’urbanisation excessive issue d’une vision d’un autre temps qui menace aujourd’hui l’âme même de notre territoire ».

  • La maire sortante de Toulon Josée Massi à l’offensive

    La maire sortante de Toulon Josée Massi à l’offensive

    « Quand je regarde cette salle, je pense à notre devise : Concordia Parva Crescunt. Par la concorde, les petites choses deviennent grandes », commence la maire sortante de Toulon Josée Massi devant un public qui s’est déplacé en masse pour assister à son dernier meeting de campagne d’avant le 1e tour.

    Et de poursuivre : « Si nous sommes réunis ce soir, à une semaine et demie d’une élection décisive pour l’avenir de notre ville, c’est précisément parce que nous avons tenu ensemble. Parce que malgré les embûches, les tempêtes, les moments d’incertitude, nous avons choisi la concorde plutôt que la division. »

    L’ex-prof de maths mesure en effet le chemin parcouru depuis notamment l’été dernier où son prédécesseur Hubert Falco, après l’avoir désignée pour lui succéder, l’a brusquement lâchée parce que pas suffisamment docile à son goût.

    Ce qui l’a aidée à tenir face à l’adversité explique-t-elle, ce sont « ces poignées de main, ces “tenez bon, Madame le Maire, ne nous lâchez pas” ». « Ça donne une force immense. Et une responsabilité », insiste la chef de file de « Toulon, mon parti ».

    Et de rappeler que son engagement au service de la ville pendant 30 ans, dans le monde associatif, a précédé son entrée en politique.

    La concorde plutôt que la division

    « Tous mes choix sont guidés par l’envie et le souci de servir », reprend Josée Massi. Et « non pas par une ambition personnelle, ou un agenda national », glissera-t-elle plus tard. Contrairement à la candidate d’extrême droite Laure Lavalette suggère-t-elle ainsi sans la nommer, pour l’instant. Tout comme lorsqu’elle rappelle un peu plus tard son ancrage dans la cité : « Je n’ai pas appris Toulon sur le tard. Toulon, j’y ai grandi », lance-t-elle avec un sourire malicieux. Et de préciser : « À Bon Rencontre, dans un HLM où j’ai été très heureuse. Où l’on vivait bien, ensemble. »

    Pour continuer à gérer la ville, Josée Massi explique vouloir, comme elle l’a fait pendant trois ans, écouter. Et pour cela « ne pas se contenter de réunions formelles, mais aller sur le terrain, accepter la contradiction, entendre la colère parfois, comprendre les attentes profondes ». Et cela avant d’agir c’est-à-dire « arbitrer entre des intérêts contradictoires, quand il faut prioriser un chantier plutôt qu’un autre, quand il faut tenir un cap malgré les critiques ». Et de poursuivre avec encore un petit tacle bien senti en direction de la candidate RN, reine des plateaux et des réseaux sociaux : « Gérer Toulon, ce n’est pas gérer un fil d’actualité ou répondre à des commentaires en ligne, c’est piloter près de 400 millions d’euros de budget, encadrer plus de 2 500 agents municipaux, engager la responsabilité de la ville pour des décennies. »

    Et de préciser : « J’ai hâte de transformer l’essai et de concrétiser nos engagements avec un programme financé (…) Ensemble, nous allons continuer à bâtir une ville apaisée. Une ville sereine. »

    Et de balancer à l’occasion qu’« on ne gouverne pas en excitant les peurs. Et en désignant des boucs émissaires ». Et pour être plus claire encore : « Soyez-en sûrs : si Laure Lavalette prend Toulon, la ville sera divisée, fragmentée. » La maire sortante affirme qu’elle se battra au contraire pour rassembler. Puis de remuer un sentiment que nous sommes beaucoup dans la salle à avoir hélas éprouvé, elle lance : « Je ne veux pas, comme en 95, qu’on ait honte de dire : j’habite Toulon. »

    Des frémissements qui secouent comme un électrochoc pour ceux qui ont vécu le traumatisme du FN à la tête de la ville.