Blog

  • [La guerre d’Espagne 1/3] Du « Frente Popular » à « No Pasaran ! »

    [La guerre d’Espagne 1/3] Du « Frente Popular » à « No Pasaran ! »

    16 février 1936, il y a 90 ans, le Front populaire triomphe en Espagne, six mois plus tard, le 18 juillet, le général Franco aidé par Hitler et Mussolini tentent de renverser la République. Le fascisme dans une sorte de répétition générale fera de cette guerre le sanglant prologue de la seconde guerre mondiale. La République chutera le 31 mars 1939 après trois années d’une résistance héroïque du peuple.

    Le 12 avril 1931, les élections municipales qui font suite à la démission du président du conseil le général Primo de Rivera, donnent la victoire aux listes républicaines, Alfonse XIII, qui comptait sur la victoire des monarchistes, s’enfuira et ira se réfugier en France. La République est proclamée le 14 avril. Après deux années ponctuées de nombreuses avancées sociales de 1931 à 1933, l’arrivée au gouvernement de forces réactionnaires avec Alejandro Lerroux qui réprimera violemment les grèves des mineurs des Asturies, va faire monter la volonté d’union des forces de gauche et des syndicats. Le Frente Popular va triompher le 16 février 1936, aux élections législatives, grâce à la coalition des forces politiques de gauche (PCE – PSOE et partis républicains).

    Le Frente Popular, pendant les cinq mois qui vont précéder le coup d’État, prendra plusieurs mesures parmi lesquelles : la libération de milliers de prisonniers politiques suite à la Révolution des Asturies qui fut réprimée violemment par la droite en 1934 ; le Parlement va destituer le président Niceto Alcala-Zamora le 7 avril 1936. Manuel Azaña deviendra alors Président de la République ; la Generalitat de Catalogne, suspendue après les événements de 1934, sera rétablie avec retour de son autonomie ; relance des processus d’autonomie pour le Pays Basque et la Galice ; sur le plan social et économique, réactivation des politiques sociales du premier gouvernement républicain (1931 -1933). Les grèves et occupations des terres vont s’étendre avec accélération de mise en place de coopérative et processus de collectivisation dans les campagnes et dans les usines. Enfin, le gouvernement va réaffirmer le programme de 1931 avec la défense des libertés publiques et une politique clairement antifasciste.

    Minutieusement préparé plusieurs semaines en amont par les militaires factieux en liaison avec l’Allemagne nazie, le coup d’État du 18 juillet 1936 va mettre un coup d’arrêt à la mise en œuvre des réformes sociales et économiques.

    Franco pensait prendre le pouvoir en quelques jours, assuré de l’aide massive des fascistes italiens et des nazis en hommes et en armement, mais la guerre dura près de trois ans grâce à la résistance héroïque du peuple espagnol, aidé par les volontaires internationaux venus de 53 pays.

    Dès les premiers jours de la rébellion des généraux, des massacres sont perpétrés en Andalousie. Le 18 juillet le général Gonzalo Queipo de Llano va s’emparer de Séville et malgré la résistance des quartiers populaires, les franquistes appuyés par la Guardia civil et la Phalange procèdent à des fusillades massives contre les militants ouvriers et la population.

    Le 19 juillet, face à la tentative de coup d’État, la député communiste Dolorès Ibarruri « La Pasionaria » prononcera à Madrid un discours radiodiffusé historique : « Travailleurs, antifascistes, peuple laborieux ! Tous debout ! Soyez prêts à défendre la République, la liberté et les conquêtes démocratiques du peuple ! (…) Le fascisme ne passera pas (No Pasaran !), les communistes, les socialistes, les anarchistes et les républicains, les soldats et toutes les forces restées fidèles à la volonté du peuple écraseront les rebelles félons (…) Le pays tout entier est bouleversé par les actes de ces scélérats. Ils veulent, par le fer et par le feu, transformer l’Espagne démocratique et populaire en un enfer de terreur et de tortures. Mais ils ne passeront pas ! …. » Ils sont finalement passés, et quelques mois plus tard la France payait au prix fort sa politique de non-intervention et fausse neutralité de ses gouvernements depuis 1936, la seconde guerre mondiale débutait.

  • [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    Au début des années 2000, Yoël Forterre rencontre la dionée. Son chef d’équipe vient de se voir offrir cette plante carnivore qui referme son piège en une fraction de seconde sur tout insecte qui a le malheur de s’y aventurer. « J’étais fasciné, se remémore aujourd’hui le chercheur CNRS à l’Institut universitaire des systèmes thermiques industriels, à Marseille. Les mouvements des plantes sont généralement lents. Comment pouvait-elle produire un mouvement si rapide ? » Il est aujourd’hui en mesure de le décrire dans un article paru dans Science : pour se fermer en un claquement de doigts, la dionée modifie très rapidement la rigidité de sa paroi externe. « Cela n’avait encore jamais été observé et remet en question une hypothèse admise de longue date », assure-t-il.

    Robots mous

    Jusqu’alors, on pensait que ce mouvement était dû à un phénomène appelé « osmose » par lequel les plantes font gonfler la pression dans leurs cellules par transfert d’eau. Seulement, les mesures en laboratoire montrent que l’osmose ne peut être à l’origine du mouvement rapide : le transfert d’eau par ce biais pour traverser le piège est trop lent. « Cela prend entre 30 et 90 secondes, alors que le piège se ferme en une seconde environ », précise Yoël Forterre. En revanche, grâce à de délicates manipulations, le chercheur et la post-doctorante Jeongeun Ryu ont mesuré une baisse de la rigidité très rapide de la paroi externe du piège. « De l’ordre de la seconde », assure-t-il. Cela va dans le sens d’une hypothèse émise par deux chercheurs allemands dans les années 1980. « Ils avaient des résultats suggérant ce mécanisme mais n’avaient pas de preuve directe », souligne le chercheur.

    Pour expliquer comment la dionée modifie la rigidité d’une de ses parois aussi rapidement, il n’y a pour l’instant que des hypothèses. La principale ? La rupture des liaisons entre les fibres de cellulose de la paroi grâce à une modification de l’acidité du milieu. « C’est un mécanisme connu à des échelles plus lentes lors de la croissance de la plante, précise Yoël Forterre. Au déclenchement du piège, un signal électrique pourrait changer l’acidité de la paroi. C’est pour l’instant très spéculatif. » Il faudra l’étudier avec des biologistes.

    Pour l’heure, le mécanisme ultra-rapide de modification de la rigidité d’une plante pourrait bien attirer l’attention des ingénieurs ou autres chimistes. « Il pourrait y avoir des applications dans les matériaux ou la robotique molle, qui est un domaine en plein essor, souligne Yoël Forterre. Cela pourrait faire émerger des idées inspirées du vivant pour développer de nouveaux matériaux. » L’intérêt du chercheur, lui, est plus fondamental : « Nous aimerions étudier si ce mécanisme est présent chez d’autres plantes », glisse-t-il. Pour l’instant, la dionée est un cas unique. Mais le mécanisme est peut-être plus répandu qu’on ne le croit.

  • [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    Accueil mitigé pour La Flûte enchantée au Théâtre de l’Archevêché jeudi soir. L’objet du dissensus ? La mise en scène très cérébrale de Clément Cogitore. Quant au consensus, il se fait sur la direction élégante de Leonardo García-Alarcón et sa Cappella Mediterranea, plateau de voix jeunes et l’excellent Chœur de chambre de Namur. Les vidéos de Clément Cogitore et son scénographe Alban Ho Van nous plongent dans l’Allemagne année zéro de 1945. Tamino est un enfant des ruines vivant d’expédients. Les trois dames sont ces « femmes des décombres » ayant nettoyé Berlin bombardé. Papageno, fusil à l’épaule, trafique la nourriture braconnée. L’initiation des héros est double : de l’enfance à l’âge adulte, ils sont aussi guidés vers les temps modernes de l’américanisation. Si le monde de la Reine de la Nuit est celui de la survie, celui de Sarastro, aveugle, très PDG de multinationale, file vers la société de consommation. Le théâtre de Clément Cogitore est fait d’ombre et de lumières mais dessine un univers désenchanté aux teintes grises, loin de la fantaisie naïve du dernier chef-d’œuvre mozartien.

    Plateau mozartien

    Côté Mozart, on goûte la lecture fluide de Leonardo García-Alarcón. Il mène la Cappella Mediterranea avec délicatesse. Ying Fang est la révélation de ce plateau. Sa Pamina séduit par sa ligne de chant souple et ses aigus filés. De même, le Papageno de Sean Michael Plumb habite la scène avec sa bonhomie naïve et un baryton sans défaut. Si le Tamino de Mauro Peter est scéniquement en retrait -il double l’enfant et l’adolescent qui le jouent sur scène- son ténor mozartien en fait un prince de qualité. Sabine Devieilhe est une grande Reine de la Nuit. Plus plaintive et mater dolorosa que furie vindicative, elle offre à ses vocalises le plaisir d’un jeu dramatique fouillé. Brindley Sherratt est Sarastro à la basse profonde et son autorité vocale est saupoudrée d’humour. Rodolphe Briand (Monostatos) joue les sbires bouffon façon « bad cop » lubrique avec gourmandise. Emma Fekete est une fort jolie Papagena. Les trois enfants sont issus du Knabenchor der Chorakademie Dortmund. Edwin Crossley-Mercer (Der Sprecher), les deux prêtres déguisés en pompiers new-yorkais, Damien Pass et Jonghyun Park ainsi que les trois dames, Alix Le Saux, Ashley Dixon et le beau contralto de Adriana Bignagni Lesca complètent ce plateau mozartien.

  • 16ème de finale Grand Prix Féminin PAPREC

    16ème de finale Grand Prix Féminin PAPREC

    :

    COULANGE Marie France bat MATTEI Corinne 13-9

    RATTANAWONG Kanittha bat BEN HOCINE Muriel 13-10

    MAILLARD Anna bat MIZONY Adeline 13-4

    PICARD Camille bat DUCROIS Lolita 13-9

    MORDENTI Mélissa bat NIOULON Liviana 13-5

    MARSILLE Mélissa bat SARHAN Marie France 13-7

    BERTRAND Maelle bat DIERCKX Chloé 13-8

    MAHE Manon bat TANIDI Sophie 13-6

    JULLIEN Mélanie bat BERDOYES Fabienne 13-11

    GUITKI Joscya bat SIEBER Ludivine 13-4

    VICTOOR-DEMETER Kaylie bat MANNIA Corinne 13-12

    ROMUALD Amélie bat BAILLY Virginie 13-5

    CARATINI Coralie bat AGOUNI Nadia 13-11

    TRINCI Eliane bat STUDER Annette 13-9

    FARA Sabine bat ESTEVE Elodie 13-4

    LOVET Ludivine bat RAHELISON Lanja 13-2

    8ème de finale Grand Prix Féminin PAPREC:

    LOVET Ludivine bat MAHE Manon 13-5

    COULANGE Marie France bat RATTANAWONG Kanittha 13-9

    FARA Sabine bat MARSILLE Mélissa 13-5

    MAILLARD Anna bat CARATINI Coralie 13-3

    JULLIEN Mélanie bat GUITKI Joscya 13-6

    ROMUALD Amélie bat TRINCI Eliane 13-8

    MORDENTI Mélissa bat BERTRAND Maelle 13-8

    PICARD Camille bat VICTOOR-DEMETER Kaylie 13-10

    Tirage 1/4 de finale Grand Prix Féminin PAPREC

    ROMUALD Amélie contre LOVET Ludivine

    JULLIEN Mélanie contre MAILLARD Anna

    MORDENTI Mélissa contre COULANGE Marie France

    FARA Sabine contre PICARD Camille

  • [Mondial La Marseillaise] Les finalistes du Crédit Mutuel des jeunes sont connus

    [Mondial La Marseillaise] Les finalistes du Crédit Mutuel des jeunes sont connus

    Les Minimes

    La finale se jouera entre Callu-Hedin Robin dans l’Hérault qui joue contre Llinares Vincent de la boule Batarelloise à Marseille.

    Les Cadets

    Cortes Ezekiel (NEH) joue contre Mylan Perryn de la boule aixoise.

    Les Juniors

    Delattre Sasha (NEH) contre Guntran Mathys (NEH)

  • [Tribune] L’alerte de 28 structures culturelles publiques sur le financement

    [Tribune] L’alerte de 28 structures culturelles publiques sur le financement

    Au 2 juillet 2026, les 28 théâtres, opéras et institutions culturelles que nous dirigeons sur l’ensemble du territoire national se trouvent dans une situation d’incertitude sans précédent. À ce jour, les subventions de l’État pour l’année en cours n’ont été versées que partiellement, sans aucune garantie quant au versement du solde. Cette situation est, à elle seule, inacceptable pour des établissements publics auxquels l’État demande simultanément d’assumer pleinement leurs missions.

    Nous apprenons désormais que de nouvelles coupes budgétaires pourraient intervenir sur l’exercice 2026. Si elles étaient confirmées, elles ne constitueraient pas un simple ajustement budgétaire : elles reviendraient à rompre unilatéralement les engagements de l’État alors même que nos saisons sont engagées, nos contrats signés, nos artistes recrutés et nos dépenses déjà réalisées.

    Nos établissements construisent leurs programmations dix-huit à vingt-quatre mois à l’avance, parfois davantage. Depuis plusieurs années, nous absorbons seuls les effets de l’inflation, de la hausse des coûts de l’énergie, de l’augmentation des salaires et de l’ensemble des charges de fonctionnement, sans que nos subventions suivent cette évolution. Nous avons réduit nos marges, différé nos investissements, comprimé nos dépenses et rationalisé nos organisations. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune réserve. Nous sommes arrivés au point de rupture.

    Toute nouvelle diminution des crédits aurait des conséquences immédiates et irréversibles. Plusieurs établissements seraient placés en procédure d’alerte. Certains seraient contraints d’annuler une partie de leur saison avant même son ouverture. D’autres ne pourraient tout simplement plus ouvrir leurs portes. Les contrats conclus avec les artistes et les producteurs ne pourraient être honorés. Les remboursements de billetterie se multiplieraient. Le recours au chômage partiel deviendrait inévitable. L’État déplacerait alors une dépense qu’il prétend économiser, tout en provoquant une désorganisation profonde de l’ensemble de la filière.

    Mais les conséquences dépasseraient largement nos seules institutions. Elles frapperaient les compagnies indépendantes, les ensembles, les artistes, les techniciens, les prestataires, les entreprises culturelles, les associations, les établissements scolaires et universitaires, les collectivités partenaires, ainsi que les centaines de milliers de citoyens qui fréquentent nos lieux. C’est toute une économie, tout un écosystème et une mission de service public qui seraient déstabilisés.

    Nous refusons que les établissements culturels deviennent la variable d’ajustement des finances publiques. La culture ne peut être célébrée dans les discours et sacrifiée dans les arbitrages budgétaires. Une telle décision porterait gravement atteinte à la crédibilité de la parole de l’État et remettrait en cause des décennies de politique culturelle fondée sur la confiance, la continuité des engagements et la responsabilité partagée.

    Comme l’écrivait Victor Hugo, il ne faut pas consentir « de bien maigres économies pour de bien grands dégâts ». Chaque euro investi dans nos établissements produit de l’emploi, de l’activité économique, de l’attractivité territoriale, de la cohésion sociale et de l’émancipation citoyenne. Les économies envisagées seraient dérisoires au regard des dommages humains, artistiques, économiques et symboliques qu’elles provoqueraient.

    Nous demandons solennellement la confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026, le versement sans délai des subventions restant dues et l’ouverture d’une concertation urgente sur les perspectives budgétaires pour 2027.

    Il y va désormais de la survie de nombreuses institutions culturelles. Plus largement, il y va de la crédibilité de l’engagement de l’État envers le service public de la culture.

    Les signataires :
    Hortense Archambault, directrice, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis ; Frédéric Bélier Garcia, directeur, La Commune, Aubervilliers ; Jean Bellorini, directeur, TNP Villeurbanne ; Pierre Brouchoud, directeur général, Orchestre national d’Île-de-France ; Richard Brunel, directeur général et artistique, Opéra de Lyon ; Émilie Capliez et Matthieu Cruciani, codirecteurs, Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie ; Valérie Chevalier, directrice générale, Opéra Orchestre National Montpellier ; Chloé Dabert, directrice, Comédie de Reims ; Fanny de Chaillé, directrice, TNBA – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine ; Laurence de Magalhaes, directrice, Théâtre du Rond-Point, Paris ; Nicolas Droin, directeur général, Orchestre national de Lyon ; Chrysoline Dupont, directrice générale, Opéra national du Rhin ; Matthieu Dussouillez, directeur général et artistique, Opéra national de Nancy-Lorraine ; Aurore Fattier, directrice, Comédie de Caen ; Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, codirecteurs, Théâtre des 13 Vents – CDN Montpellier ; Jean-Baptiste Henriat, directeur général, Orchestre national de Lille ; Emmanuel Hondré, directeur général, Opéra National de Bordeaux ; Loïc Lachenal, directeur général, Opéra Orchestre Normandie Rouen ; Guillaume Lamas, directeur général, Orchestre national des Pays de la Loire ; Benoît Lambert, directeur, Comédie de Saint-Étienne ; Isabelle Melmoux, directrice par intérim, Théâtre Gérard-Philipe, CDN de Saint-Denis ; Arnaud Meunier, directeur, MC2 Grenoble ; Arthur Nauzyciel, directeur, Théâtre national de Bretagne ; Olivier Poubelle, directeur, L’Athénée ; Christophe Rauck, directeur, Théâtre Nanterre-Amandiers ; Claire Roserot de Melin, directrice générale, Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national ; Robin Renucci, directeur, La Criée – CDN, Marseille ; Julie Sanerot, directrice, MAC – Maison des Arts de Créteil, Scène nationale.

  • Un week-end de spectacles en plein air à Montpellier

    Un week-end de spectacles en plein air à Montpellier

    « En réunissant danse contemporaine, musique symphonique et musiques actuelles sur l’espace public, la Ville propose des rendez-vous culturels qui témoignent de la richesse et de la diversité de la création à Montpellier », fait valoir la collectivité.

    – Vendredi 3 juillet à 20h, Montpellier Danse investira la place de l’Europe avec un extrait de « Rave Lucid », de la compagnie MazelFreten. Porté par dix interprètes, le spectacle raconte l’univers de la fête, l’hypnose, le lâcher-prise jusqu’à la transe. Inspiré par l’univers des battles, il entend rendre un bel hommage à la communauté électro. Cette performance sera suivie d’un DJ set, qui invite à libérer l’esprit et remuer le corps.

    * Gratuit, dans la limite des capacités d‘accueil.

    – Dimanche 5 juillet à 21h, place de l’Europe, l’Orchestre national de Montpellier Occitanie ouvrira, comme chaque année, le festival Radio France Occitanie Montpellier avec un grand concert symphonique consacré aux musiques de film. Sous la direction de Chloé Dufresne, le programme mettra à l’honneur les œuvres de compositeurs incontournables tels que Max Steiner, John Williams, James Horner ou Ennio Morricone, ainsi que de grands maîtres du répertoire classique.

    * Gratuit, dans la limite des capacités d‘accueil.

    – Vendredi 3 et samedi 4 juillet à partir de 17h, la deuxième édition du « Club Peyrou », un rendez-vous autour des musiques électroniques porté par le Rockstore et le collectif My Life is a week-end, se tiendra sur la place royale du Peyrou. Le public pourra profiter de deux scènes à ciel ouvert réunissant plusieurs artistes majeurs de la scène actuelle dont The Blaze, Worakls, Kompromat, NTO, Kazy Lambist ou encore Cebb.

    * Payant, dans la limite des places disponibles.

    « À travers cette programmation, la Ville de Montpellier affirme sa volonté de rendre la culture accessible au plus grand nombre tout en valorisant des sites patrimoniaux emblématiques »,
    se félicite la collectivité.

    LM

  • À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    À Montpellier, des associations réclament des mesures pour les personnes sans-abri

    Être à la rue, ça peut tuer. C’est vrai aussi en été », alerte une pancarte. Mardi 30 juin, à la mi-journée, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées sous un soleil de plomb devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, pour interpeller les pouvoirs publics sur la situation des personnes sans-abri durant les périodes de chaleur intense, mais aussi pour pointer les défaillances structurelles de l’État en matière d’hébergement d’urgence, alors que le nombre de personnes sans logement explose.

    « En 2002, l’Insee recensait 120 000 personnes à la rue en France. 20 ans plus tard, ce nombre a pratiquement triplé, puisque la Fondation pour le logement dénombrait 350 000 personnes sans logement en 2025 », illustre Cécile, de l’association Droit au logement (DAL) Montpellier. « C’est le résultat de choix politiques faits depuis des années, qui précipitent une fraction croissante de la population dans la rue. La crise du sans-abrisme est liée à celle du logement. » Selon les associations mobilisées, « au moins 1 000 personnes » seraient actuellement sans-abri à Montpellier et 34 seraient mortes dans la rue l’année dernière. « Ça fait une personne tous les 11 jours ! », insiste la militante du DAL. « En France, l’espérance de vie de quelqu’un qui a connu la rue est de 49 ans. C’est dérisoire », renchérit Gilles, du collectif contre le sans-abrisme.

    Pas plus qu’en hiver, la vie dans la rue n’est soutenable en été, par des températures de plus en plus caniculaires et régulières. « Pour une personne sans-abri, une vague de chaleur n’est pas un simple inconfort, c’est un danger : déshydratation, épuisement, aggravation des pathologies et, dans les cas les plus graves, décès », liste Gilles.

    « Combien faudra-t-il encore de morts ? »

    « Il y a quelques jours, je faisais la manche vers le centre commercial du Polygone, et j’ai un fait un malaise », témoigne Alex, sans-abri montpelliérain présent au rassemblement. « Quand on fait la manche, on est en plein cagnard. Mais on n’a pas le choix, il faut qu’on mange le soir… Parfois on se fait virer par la police, qui nous dit d’aller ailleurs. Alors on essaie de se mettre à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire encore… C’est épuisant. J’ai 35 ans, j’en fais 50… »

    « Le sujet de la canicule et des sans-abri n’est pas très médiatique, hélas. Il ne faut surtout pas qu’il y ait trop de personnes âgées qui meurent, car en 2003 ça a fait du grabuge, mais on ne se préoccupe pas vraiment des morts sans-abri. Il n’y a aucune statistique là-dessus  », dénonce Gilles. « On va attendre une vigilance orange voire rouge pour agir, parce qu’on ne sait mettre en place que de la gestion de crise. On attend qu’il y ait des catastrophes pour éventuellement trouver des solutions. Combien faudra-t-il encore de morts pour que les pouvoirs publics prennent la mesure de l’urgence ? », interroge-t-il. « Un nouvel épisode caniculaire est prévu dans les jours qui viennent. On exige des pouvoirs publics qu’ils prévoient des lieux d’hébergement de jour comme de nuit.  »

    Des mesures immédiates pour parer à l’urgence qui, insistent les associations mobilisées, ne doivent pas masquer le problème plus global des réponses apportées à la crise du sans-abrisme. « On rappelle que l’État a une obligation légale d’hébergement d’urgence inconditionnel. Or le dispositif d’hébergement d’urgence est notoirement insuffisant depuis des années. Mais au lieu de créer des places, leur nombre baisse, au contraire  », relate Cécile, qui dénonce « une politique de cruauté sociale. Aujourd’hui, on souhaite visibiliser les conséquences de ces décisions. On est venu demander des comptes à la préfecture, qui n’a pas donné suite à notre demande d’audience », déplore la représentante du DAL. Les associations mobilisées ont également envoyé une lettre ouverte au maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse pour l’inciter à prendre, lui aussi, des « mesures d’urgence », comme ce fut le cas cet hiver avec l’ouverture, durant quelques jours, du gymnase Gambardella. Elles l’invitent également, fort de sa « compétence supplétive », à s’« attaquer de manière structurelle à cette situation en lançant un plan massif de mises à l’abri ».

    Amélie Goursaud

    « On essaie
    de se mettre
    à l’ombre dans des parkings, mais la police nous vire… »

  • La famille Nicollin garde la main

    La famille Nicollin garde la main

    Ils ont fixé un rendez-vous au mardi 7 juillet. Laurent et Olivier Nicollin, respectivement président du Montpellier Hérault et patron de l’entreprise éponyme de nettoiement, s’expliqueront sur l’avenir du club et la vente avortée.

    Les deux successeurs de Louis Nicollin, président-fondateur de la Paillade, restent pour l’heure aux commandes d’un club dont ils ont ouvert le capital en mars 2025 afin de s’en séparer pour tout ou partie.

    Lundi 29 juin, quelques jours après la reprise de l’entraînement, ils ont éclairci leur position auprès du staff sportif, des joueurs et de l’environnement du club pour prolonger leur bail à la tête du MHSC, entamé en 1974. « Après des mois de réflexion, une conviction s’est imposée à nous. Notre histoire avec le MHSC n’était pas terminée », ont-ils indiqué dans un long communiqué. « Depuis cinquante-deux ans, le MHSC est bien plus qu’un club de football pour notre famille. C’est une histoire de travail, d’engagement et de responsabilité commencée en 1974 par notre père, Louis Nicollin », ont-ils poursuivi.

    La famille Nicollin n’a pas abouti dans les négociations de vente avec un fonds d’investissement anglais, GSS, qui avait comme figure de proue l’ancien international allemand : Ilkay Gündogan. Depuis septembre, elle avait accéléré dans son processus de vente en confiant ce projet à une banque d’affaires. Trois ou quatre repreneurs étrangers avaient alors fait part de leur intérêt pour racheter le club héraultais classé à la 8e place de la Ligue 2 et finaliste de la Coupe Gambardella.

    Est-ce un échec dans le processus de vente ? Ou est-ce seulement une suspension actée à l’aube de la reprise de la saison afin de rassurer les divers acteurs sportifs ? Leur possible retrait, qui a provoqué un réel émoi, a-t-il généré une prise de conscience à Montpellier et la région ? Tout est possible au regard de leur réflexion. « Nous croyons profondément que l’identité du MHSC est indissociable de celle de notre Ville. C’est cette conviction qui nous conduit aujourd’hui à poursuivre notre engagement. Nous savons les efforts que cette décision exigera. Nous connaissons les défis qui nous attendent. Nous les assumons avec lucidité et détermination », estiment-ils.

    « Cette ambition ne pourra se construire qu’en rassemblant. Le football moderne impose de savoir fédérer des compétences, des énergies et des partenaires autour d’un projet commun. Le moment venu, nous serons ouverts à accueillir à nos côtés des femmes et des hommes qui partageront notre vision, nos valeurs et notre attachement au territoire, dans le respect de l’identité du MHSC », précisent-ils, laissant la porte ouverte à l’ouverture du capital de leur club.

    Mardi 7 juillet, le patron du sportif et celui de l’entreprise seront en mesure de lever certaines ambiguïtés. Ou pas. L’entraîneur Zoumana Camara, qui désire disposer « d’une équipe compétitive » en Ligue 2, sera attentif aux mots des deux frangins.

  • Fermeture de la maternité privée de Sète : les salariées prises en étau

    Fermeture de la maternité privée de Sète : les salariées prises en étau

    Avec un nombre de naissances insuffisant pour assurer la rentabilité du service, la fermeture de la maternité privée de la polyclinique Sainte-Thérèse, à Sète, avait été annoncée dès le début de l’année 2026. Ce mercredi 1er juillet, la maternité a donc définitivement baissé le rideau. Seulement, contrairement à ce qui avait été annoncé par la direction de l’établissement, aucune fusion n’est encore actée avec les hôpitaux du bassin de Thau. C’est ainsi que huit salariées (quatre aides-soignantes et quatre sages-femmes) se retrouvent dans l’incapacité de travailler alors que leur contrat de travail n’est pas encore officiellement rompu.

    « C’est une situation ubuesque juridiquement et dramatique humainement », assène Me Fabien Bartelli, avocat au barreau de Montpellier et représentant des huit salariées. « Mes clientes sont otages d’une situation qui les dépasse complètement, tandis que la clinique, l’hôpital et l’ARS se renvoient la responsabilité concernant cette rupture abusive de contrat. » Alors que la polyclinique Sainte-Thérèse avait initialement annoncé une fusion avec les hôpitaux du bassin de Thau, l’ARS a tenu à réaffirmer dans un communiqué du 26 juin qu’elle « n’a jamais validé le principe d’un transfert d’activité ». Selon l’organisme, les discussions entamées ces derniers mois « visaient à anticiper cette décision privée et à garantir la continuité de l’activité obstétricale dans le département, mais ne constituent en rien un accord implicite de “transfert”, à proprement parler, de l’activité obstétricale ».

    Assumer la charge financière des salariées

    Le jour même, la polyclinique Sainte-Thérèse répondait à l’ARS par son propre communiqué, affirmant regretter « que les échanges engagés depuis plusieurs mois soient aujourd’hui présentés d’une manière qui ne correspond pas à la réalité des travaux menés conjointement ».

    François Mengin Lecreulx, directeur général de l’ARS Occitanie, se dit très préoccupé par la situation. « Ce n’est pas au contribuable de payer pour le plan social d’une entreprise privée, affirme-t-il. La clinique voudrait qu’on transfère toutes les salariées vers les hôpitaux du bassin de Thau, mais ce n’est malheureusement pas possible. Nous avions entamé des discussions depuis un peu plus de deux semaines pour trouver des solutions, quand nous avons appris par la presse que la maternité comptait sur une fusion dès sa fermeture le 1er juillet, alors qu’aucun accord n’a été signé. » Il pourrait s’agir, selon lui, d’une « incompréhension » de la part de la clinique.

    Sébastien Mazel, lui, est secrétaire départemental du syndicat Force ouvrière Santé (FO) dans l’Hérault. « Au fur et à mesure que le dossier avançait, nous nous sommes aperçus que les hôpitaux du bassin de Thau n’étaient pas en capacité d’absorber tout le personnel de la maternité privée, explique-t-il. La clinique a donc souhaité procéder à une fusion, remettant ainsi à la charge des hôpitaux d’assumer les potentielles radiations de cadres ou les démissions. »

    Contactée, la clinique Sainte-Thérèse n’a pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, Me Bartelli affirme que sur le bulletin de salaire du mois de juin de ses clientes figure une date de sortie au 30 juin 2026. « Cela correspond à l’argumentaire de la clinique qui prévoyait une fusion au 1er juillet. Seulement, de fait, mes clientes n’ont pas rompu leur contrat et elles n’ont été replacées ni à l’hôpital, ni à la clinique. »

    L’ultimatum est lancé : « Nous allons laisser quelques jours à tout le monde pour proposer une solution juridique et humaine. Si rien n’est fait dans une quinzaine de jours, je saisirai les juridictions compétentes. »