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  • En danger à Grabels, René Revol croit en une remontada

    En danger à Grabels, René Revol croit en une remontada

    René Revol, le seul maire LFI de l’Hérault, peut-il conserver sa mairie de Grabels, dimanche 22 mars ? Au vu des résultats du 1er tour où il est arrivé en seconde position (34,65%) derrière son opposant historique Pascal Heymes qui a frôlé le hold-up au premier tour (49,4%), René Revol semble en ballottage défavorable.

    Mais le maire qui mène une liste d’union de la gauche et citoyenne croit dur comme fer en une « remontada ». « Depuis lundi, il se passe quelque chose d’extraordinaire : des gens m’appellent, les jeunes se bougent, même les enfants m’écrivent ! », raconte René Revol qui dit avoir recensé un millier d’abstentionnistes qui le soutiennent. « Ce n’est pas gagné mais c’est jouable. La remontada est en cours ! », positive-t-il sans penser que le retrait du centriste Régis Morvan, troisième avec 15,95% lui sera défavorable au 2nd tour, le 22 mars.

    Au-delà d’un électorat démobilisé au 1er tour (41,14% d’abstention contre 31,58% en 2014), le maire a connu diverses embûches. En raison d’une infection qui l’a conduit à 3 semaines de convalescence, il n’a pu mener campagne comme il aurait souhaité. D’autre part, il déplore la propagande anti-LFI menée par Pascal Heymes, l’ancien mandataire de François Fillon en 2017, qui a refusé jeudi 19 mars un ultime débat public que Midi Libre voulait organiser.

    Les opposants ont aussi joué sur la confusion et les amalgames avec le Hamas qui ont suivi le déploiement sur le fronton de la mairie de Grabels du drapeau de la Palestine en solidarité au peuple gazaoui massacré.

  • Dimitri Estimbre en bonne position à Bédarieux

    Dimitri Estimbre en bonne position à Bédarieux

    Nous avons montré que nous sommes capables de rassembler, d’innover et de proposer des solutions concrètes pour améliorer notre quotidien. » Dimitri Estrimbre va-t-il transformer l’essai dimanche 22 mars ? Au soir du premier tour, le jeune candidat de la gauche unie, tête de liste de « Bédarieux la dynamique citoyenne » a viré en tête avec un score de 42,36% des suffrages exprimés. Il supplante le maire sortant Francis Barsse qui pointe à 37,54% tandis que le candidat de l’extrême droite, Alexandre Gesp, réalise 20,10%. Cette triangulaire pourrait voir se confirmer la dynamique d’une liste tournée vers l’avenir de la cité héraultaise de 6 000 habitants et se présente aussi comme le meilleur rempart face aux idées néfastes de l’extrême droite. Dimitri Estimbre en appelle aux habitants : « Nous avons besoin de votre confiance pour concrétiser ce projet. » À savoir une ville qui garantisse « l’accès aux services publics et aux soins garantis pour tous »« l’environnement est protégé et la transition écologique une priorité »« la culture et l’éducation sont des leviers de cohésion sociale », où « la parité n’est pas une simple alternance de femmes et d’hommes sur une liste mais se traduit dans les faits ».

    La mobilisation, clé du succès

    L’équipe de « Bédarieux la dynamique citoyenne » assure également que « chaque habitant a sa place et sa voix dans les décisions ». Le jeune tête de liste, postier de métier, insiste : « Nous sommes prêts à travailler avec tous ceux qui partagent ces valeurs, sans exclusive. Nous sommes convaincus que notre ville peut être un exemple de solidarité, de créativité et de démocratie. »

    Le 15 mars, 500 électeurs sur 835 inscrits sur les listes électorales de Bédarieux ont voté, un taux de participation de 59,88% qui pourrait augmenter au second tour au regard de l’enjeu de cette triangulaire. La mobilisation est la clé du succès pour Dimitri Estimbre.

  • [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    Marseille n’est pas une ville comme une autre. Son histoire, depuis plus de 2600 ans, est basée sur l’immigration et la vie en société de femmes et d’hommes venant d’abord du bassin méditerranéen puis de contrées plus lointaines.

    Le vivre ensemble est un fait qui définit Marseille. Cette ville fait du bruit, crie, s’engueule, mais a une unité qui en fait sa spécificité mais aussi son attractivité. Et elle a l’OM qui fédère toutes et tous, marseillaises et marseillais d’ici et d’ailleurs. Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième « communauté » Juive de France. Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif.

    De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’état d’Israël après le 7 octobre.

    Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite.

    Ces personnes du siècle passé ont sur les mains au moins symboliquement par leurs actions, en ces temps sombres, le sang d’un nombre incalculable de juifs déportés pendant la deuxième guerre mondiale. Le RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille.

    Le repentir ou retour en hébreu se dit Techouva : la Techouva ne peut être réalisée que si 6 actions sont faites : Reconnaître ses fautes, Regretter ses fautes, Abandonner ses fautes, Se confesser verbalement, Promettre de ne pas recommencer, Réparer. Ce ne sont pas des larmes de crocodile coulées à Jérusalem qui suffiront à faire ce repentir.

    En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite.

    L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France.

  • Municipales à Nîmes : des acteurs du monde taurin soutiennent Vincent Bouget

    Municipales à Nîmes : des acteurs du monde taurin soutiennent Vincent Bouget

    « Pour nous, la tauromachie est un art, une culture populaire et un humanisme dont les valeurs n’ont rien à voir avec celles du Rassemblement National. Nous ne pouvons nous résoudre à voir l’aficion instrumentalisé par une idéologie fasciste ou des contre-vérités déshonorantes. Nîmes en Commun apparaît comme la seule liste en mesure de gagner contre l’extrême droite à Nîmes, et c’est pourquoi nous soutenons Vincent Bouget. » Ces lignes sont signées Frédéric Pascal, Alain Bonijol, Thomas Joubert, Marc Reynaud, Jacques Durand et Jean-Michel Mariou. Ces personnalités du monde taurin, dont trois toreros – Frédéric Pascal, fondateur du syndicat des toreros français, Alain Bonijol et Thomas Joubert – et les écrivains Jacques Durand et Jean-Michel Mariou, ont tenu à rendre cette tribune publique après la prise de position d’une autre personnalité du monde taurin, Simon Casas, en faveur de l’extrême droite.

    « Une imposture historique » dénonce Jean-Paul Boré
  • Les communes vauclusiennes où l’extrême droite est très menaçante

    Les communes vauclusiennes où l’extrême droite est très menaçante

    Fusion de l’extrême droite à Carpentras

    Arrivé en tête au premier tour avec 26,71% des voix, la liste du député RN Hervé de Lépinau a fusionné avec celles de Bertrand de la Chesnais (14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (8,50%). Cette union des listes d’extrême droite fait craindre le pire pour Carpentras. Car pendant ce temps, la gauche part divisée. Serge Andrieu, le maire DVG sortant arrivé deuxième du scrutin avec 25,17% des suffrages réclame le retrait de son prédécesseur Francis Adolphe qui a recueilli 24,29% des voix. Un appel également relayé par la fédération PS de Vaucluse.

    Orange pourrait rester brune

    À Orange, c’est sans grande surprise deux listes d’extrême droite qui font la course en tête, celle de Jacques Bompard (Ligue du sud, 32,87%) talonné par le lepéniste Jean-Dominique Artaud (28,15%). Antoine Boudet (DVG, 11,52%) s’est retiré sans accepter la fusion avec Carole Normani (DVC, 17,89%).

    À Cavaillon, un maintien décrié

    Malgré une demande de retrait émanant de son propre parti, le socialiste Patrick Blanès se maintient dans la course des municipales à Cavaillon. Le candidat de la gauche unie est arrivé en troisième position dimanche avec 17,97% des voix. Culminant en tête, la députée RN Bénédicte Auzanot est en ballotage favorable (43,91%) face au maire DVD sortant Gérard Daudet (38,16%), pour lequel PS, LFI et G.s, appellent à voter.

    Un duel droite/extrême droite à Bédarrides

    C’est un duel très serré qui opposera dimanche le représentant du RN Guillaume Taddio à Joël Sérafini (DVD). Seules 67 voix ont séparé les deux candidats au premier tour des élections municipales à Bédarrides avec respectivement 38,17% et 35,92% des suffrages. Le retrait de Jean-Claude Ruscelli (DVD), laisse espérer un report des voix en faveur du candidat républicain.

    Triangulaire à Monteux

    Pour faire barrage au frontiste Patrice de Camaret, en tête au premier tour (47,42%), Carine Blanc (DVC) s’est retirée au profit de Christophe Mourgeon (DVC), arrivé second (21,62%). Le candidat de gauche Michel Mus a fait le choix de se maintenir.

  • Le Secours populaire héraultais recrute des familles d’accueil

    Le Secours populaire héraultais recrute des familles d’accueil

    Offrir un peu de vacances à des enfants cet été, c’est le projet du Secours populaire français (SPF) de l’Hérault. Cette année encore, l’organisation appelle à se mobiliser ceux ou celles qui souhaiteraient aider des enfants de 6 à 10 ans en situation précaire à partir en vacances du 13 au 27 juillet et du 27 juillet au 10 août. L’année dernière, 18 familles du département avaient adhéré au dispositif. Une « bonne nouvelle », pour Anne-Marie Petit, coordinatrice des projets vacances de la fédération du SPF 34, qui espère bien cette année refaire encore mieux.

    Initié dans les années 1960, le projet « Familles de vacances » est un des piliers fondateurs de l’association. « Le programme d’aide aux enfants à partir en vacances est le plus vieux du Secours populaire », explique Anne-Marie Petit. Un projet d’aide remis en place par le Secours populaire de l’Hérault il y a une « quinzaine d’années ».

    « On cherche à offrir parfois ne serait-ce qu’une journée de pause à des enfants en difficulté. Pour la plupart, ils viennent de milieux précaires et de grandes zones urbaines. Dans l’Hérault, nous accueillons des enfants de divers horizons, on est en contact avec les fédérations de région parisienne, des Yvelines et de Strasbourg », témoigne la responsable. Une parenthèse souvent déterminante pour ces jeunes, pour lesquels les vacances restent un luxe inaccessible alors « qu’un enfant sur trois n’a pas la possibilité de partir », selon les chiffres du SPF.

    Devenir famille d’accueil

    Cette démarche d’accueil d’enfants en situation de précarité est assez facile, assure Anne-Marie Petit. « Pour devenir famille d’accueil, le principe est simple : correspondre à nos valeurs : accueil, partage et entraide. » Un modèle bien rodé pour les enfants et les familles, qui sont accompagnées dans cette action. « Nous suivons les familles qui s’engagent dans ce projet, on les rencontre, on s’assure que tout se passe bien pour les enfants et pour elles, c’est un projet conjoint », explique la représentante du SPF 34. Sorties, activités, moments en famille ou simples instants de repos loin de leur environnement habituel, la coordinatrice le certifie : « Cela change vraiment les choses pour ces enfants de 6 à 10 ans, changer d’air ça aide. »

    Cette année, 10 des 18 familles qui ont participé l’été dernier sont à nouveau au rendez-vous. Pour cette édition, le Secours populaire de l’Hérault espère bien inciter davantage de personnes à rejoindre « Familles de vacances ». « On aimerait avoir 7 familles de plus que l’an dernier, pour atteindre 25 familles », confie Anne-Marie Petit.

    * Si vous êtes intéressé vous pouvez contacter
    l’association à cette adresse
     : famillesdevacances@spf34.org ou ce numéro : 07.77.31.44.14.

  • À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    À Lodève, pas de fusion mais une gauche rassemblée

    Si les deux listes de gauche n’ont pas réussi à fusionner, les discussions ont néanmoins abouti au retrait de Sébastien Rome, qui voit certaines de ces propositions reprises par Fadilha Benammar-Koly. En ligne point de mire, la menace d’une victoire de la droite. En effet, au lendemain du premier tour, Claude Laateb (DVD) récolte 39,20% des suffrages, loin devant la représentante socialiste Fadilha Benammar-Koly (28,82%) et l’insoumis Sébastien Rome (21,48%). « Ce premier tour a montré que la gauche est bien implantée à Lodève. Nos deux listes ont une courte avance mais nous sommes devant », soutient Fadilha Benammar-Koly. Une courte avance certes, mais qui implique une union des suffrages si à gauche veut conserver la mairie. D’autant que Jean-Michel Salvador (divers) arrivé quatrième avec 10,49%, s’est retiré donnant des voix potentielles à Claude Laateb.

    « Nous avons beaucoup de points communs »

    Les discussions ont donc commencé le 16 mars. Mais celles-ci semblaient patiner. Si bien que Le 17 mars, socialistes et insoumis semblaient partir chacun de leur côté. Mais la raison l’a finalement emporté. « Les 21,48% des votes pour Sébastien Rome représentent une partie importante de la population, on ne pouvait faire comme si elle n’existait pas. De plus, nous avons beaucoup de points communs dans notre programme, ce qui est une bonne nouvelle », poursuit la candidate. Les négociations se sont poursuivies jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé. « L’ensemble des conditions techniques pour l’union étaient présentes. Toutefois, le temps nécessaire pour organiser un réel travail commun n’ont pas été réunies. C’est pourquoi, en responsabilité face à la menace d’une droite trumpiste, nous avons décidé nous retirer du deuxième tour », écrit l’équipe de Sébastien Rome dans un communiqué. La socialiste s’est engagée à reprendre plusieurs mesures du programme du leader LFI l’insoumis, notamment la gratuité des fournitures scolaires, la création d’une foncière municipale et une politique environnementale plus ambitieuse. « Ce qui est important, ce n’est pas les étiquettes des partis mais l’amélioration du quotidien des Lodévois, défendre les services publics », souligne Fadilha Benammar-Koly. Aux Lodévois de trancher.

  • Agde en passe d’être submergée par la marée noire

    Agde en passe d’être submergée par la marée noire

    Douze ans après Béziers, la quatrième ville de l’Hérault va-t-elle basculer à l’extrême droite ? Le scénario n’a plus rien d’une science-fiction. Longtemps endigué par la droite aux municipales, le vote RN est désormais décomplexé en Agde, où Aurélien Lopez-Liguori s’était offert un spectaculaire bain de foule aux côtés de Jordan Bardella début février.

    L’image avait choqué les progressistes et ne s’est pas démentie dans les urnes. Depuis dimanche 15 mars, c’est bien le député RN qui caracole en tête avec 38,44% et 6 381 voix. Soit 2 840 de plus que son premier et seul challenger Thierry Nadal. En obtenant 21,33% des suffrages, le candidat divers droite réalise un moindre pourcentage qu’en 2020 (28,39%) mais cumule 286 bulletins de plus grâce à une meilleure participation (62,61%).

    S. Frey paye les pots cassés de l’ancien maire G. d’Ettore

    Surtout, il devance le maire sortant Sébastien Frey, dont le score catastrophique (20,74% pour 3 442 voix) l’a conduit à se retirer du jeu mardi 17 mars. Ce n’est pas que cet édile LR était plus mauvais qu’un autre bétonneur, mais d’une part il a pâti de la déconfiture de son camp siphonné au plan national par le RN. D’autre part et surtout, il paye très cher les casseroles de son prédécesseur Gilles d’Ettore (LR). Pris dans les filets de la voyante ventriloque Sophia Martinez,
    G. d’Ettore, qui avait été contraint à la démission le 31 mai 2024, est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ».

    Dimanche 22 mars, il ne restera donc que deux listes pour en découdre, puisque les deux candidats divers droite Jean-Marc Bentajou (5,52%) et Didier Irailles (0,78%) ne sont en capacité de se maintenir. Pas plus que le jeune Arthur Labatut (PRG) dont la liste divers gauche (qui avait refusé de rejoindre l’écologiste Bertrand de Pontual) est éliminé avec 6,52% (1 082 voix). Dans une ville où l’abstention n’a pas été énorme (37,39%) et où A. Lopez-Liguori pourrait récupérer quelques voix de la dissidente d’extrême droite Fabienne Varesano (6,67%), c’est dire si le sursaut des progressistes agathois relève désormais de l’exploit.

  • [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    [Entretien] Vincent Bouget : « Dimanche, il faut un sursaut démocratique »

    La Marseillaise : Dimanche soir, dans quel état êtes-vous à l’annonce des résultats ?

    Vincent Bouget : On réalise deux choses à la fois. D’abord qu’on fait le score important qu’on espérait : passer la barre des 30%. À Nîmes, au premier tour des municipales, c’est quand même formidable. Et en même temps, on prend en pleine figure la progression de l’extrême droite, accélérée sur la dernière semaine. Symboliquement, les voir passer devant, ça fait mal. Donc oui : une bonne nouvelle… un peu éclipsée par le risque RN. Et on comprend qu’on est entrés dans un moment grave et crucial. Il faut remobiliser, tout de suite, parce que beaucoup de nos électeurs ont eu du mal à avaler le truc.

    Qu’est-ce que ce premier tour dit de Nîmes, selon vous ?

    V.B. : Ça dit que Nîmes est abîmée. On a fait campagne sur le lien social, sur des gens qui se sentent isolés. Et le vote d’extrême droite, c’est une conséquence de l’affaiblissement du lien social, des difficultés à s’en sortir, des tensions. Et puis Nîmes n’est pas isolée : la montée de l’extrême droite, elle est partout. Enfin, ça dit aussi l’état dans lequel la droite laisse la ville. La droite a joué, même politiquement, comme tremplin à cette ascension.

    Julien Sanchez a mené une campagne peu visible. Comment expliquer qu’il soit en tête ?

    V.B. : Justement : ils n’ont pas besoin. Le vote d’extrême droite, c’est comme la fièvre. Quand un corps est malade, il réagit avec de la fièvre. Ils font deux, trois trucs un peu efficaces et ça suffit. Mais ça révèle surtout le vide : quelqu’un qui ne connaît pas la ville, pas ses habitants, pas son histoire. Et derrière, rien : ni projet, ni programme, ni vision, ni connaissance des dossiers… c’est le néant total.

    Dans les quartiers populaires, vous êtes haut, mais la participation est très faible…

    V.B. : La fracture démocratique qu’on dénonce est réelle, et ce n’est pas une campagne qui la répare. Il faut du temps. Dans ces quartiers, le sentiment que voter ne sert à rien est très fort, et les préoccupations immédiates écrasent le reste. Mais cette semaine, on sent davantage de mobilisation : le choix est plus clair. La possibilité que la gauche l’emporte, et le risque, en face, que l’extrême droite gagne, peuvent et doivent provoquer un sursaut supplémentaire. On va continuer à tout faire pour. Et moi, je pense que ça va pousser fort dimanche. C’est ce que nous renvoie le terrain.

    Quel message envoyez-vous aux électeurs LFI et à ceux qui hésitent ?

    V.B. : D’abord, à gauche, on peut avoir des choix différents, mais on peut se retrouver sur l’essentiel, d’autant que le risque de l’extrême droite est tel qu’il ne faut pas hésiter. Les électeurs LFI se sont mobilisés sur la colère sociale, le pouvoir d’achat, la lutte contre les discriminations : je partage ces combats-là. Et à ceux qui ne veulent ni RN ni gauche, je dis : on vit une inversion des valeurs, une forme de post-vérité. Des mots qui ne veulent plus rien dire, des mensonges. Moi, je m’adresse à l’intelligence et au discernement. Et surtout : ce que porte Julien Sanchez, ce sont des valeurs, des modèles – Jean-Marie Le Pen et Donald Trump – qui n’ont rien à voir avec un projet municipal sérieux pour Nîmes.

  • La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    La prime au sortant mais un petit vent de dégagisme dans l’Hérault

    Comme une lettre à la Poste. Cette année encore, de nombreux maires sortants, qu’ils soient de gauche ou de droite, ont été reconduits sans encombre dans l’Hérault. C’est ce qu’on appelle la prime au sortant qui donne un avantage naturel aux yeux de l’électeur, à l’édile en poste. « Les sortants sont connus et en général leur action est appréciée. On trouve souvent que la mairie a bien fait son travail », résume le politologue Michel Crespy. Qui précise aussitôt. « Ce n’est pas le cas des dirigeants nationaux qui échouent à régler les problèmes des gens ».

    Dans l’Hérault, le 1er tour des municipales n’a pas échappé à la règle. Quand ils se représentaient, une grande majorité des maires ont été réélus directement. À droite, Frédéric Lacas a nettement remporté son duel (62,26%) à Sérignan. Christian Jeanjean est en ballottage très favorable (48,21%) dans son fief de Palavas où il a la main depuis 1989 ! Et que dire du score hégémonique (85,1%) de son voisin des Républicains, Stéphan Rossignol à la Grande-Motte. Autour de Montpellier, Jean-François Audrin est repassé aisément (68,72%) à Saint-Georges d’Orques comme Jean-Pierre Rico (57,01%) à Pérols. À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a lui aussi été triomphalement réélu au 1er tour (65,6%) comme en 2020 en dépit d’une liste du RN de Julien Gabarron (8,97%).

    Des sortants plébiscités

    La prime au sortant a aussi souvent fonctionné à gauche. Le meilleur exemple est Frontignan. Dans cette ville du bassin de Thau où l’on redoutait une vague brune eu égard aux scores du RN aux scrutins nationaux, Michel Arrouy
    l’a brillamment emporté. Cumulant 51,16% des voix, le socialiste a mis hors-jeu l’extrême droite de Cédric Delapierre (35,87%). Dans la plaine à Pézenas, un autre socialiste a été réélu nettement dès le 1er tour. Avec sa liste d’union de la gauche, Armand Rivière qui fait briller sa commune culturellement (festival Molière) a su écarter un retour de la droite incarnée par l’ancien député macroniste Philippe Huppé (28,96%). À Gignac, le maire socialiste Jean-François Soto (71,22%) a balayé la menace RN. Dans la Métropole de Montpellier, aucune embûche à Jacou pour Renaud Calvat (74,39%) ni à Clapiers pour Eric Penso (59,7%). Quant à Michaël Delafosse à Montpellier, il est en ballottage favorable (33,41%) avec sa liste d’union de la gauche et ses promesses tenues sur le tramway.

    Pour d’autres, la magie attendue n’a pas opéré. Et ce, quelle que soit leur couleur politique. À chaque fois, on observe un contexte bien spécifique qui a pénalisé le sortant. C’est d’autant plus vrai quand sa majorité était divisée. C’est le cas pour la droite agathoise minée par la mise en examen de Gilles d’Ettore au point que Sébastien Frey (3e avec 20,74%) laisse le champ libre à Thierry Nadal (21,33%) face au danger RN (Lopez-Liguori 38,44%). À Castelnau-le-Lez, le maire LR Frédéric Lafforgue (21,1%) qui a obtenu le prix du plus gros bétonneur, devrait être battu par son ex-adjoint Julien Miro (39,65%). Du côté de Sète, Hervé Marquès (DVD) peut encore l’emporter malgré la démission forcée de François Commeinhes mais la gauche de Laura Seguin (20,55%) a des espoirs avec le retrait du socialiste Sébastien Denaja (13,7%). À Lunel, Paulette Gougeon (DVD, 28,07%) n’a pas davantage de marge, 9 mois après le décès de Pierre Soujol.

    Pas de grosse poussée

    du RN hormis Agde

    La gauche a aussi connu son lot de déconvenues. La désunion qui a conduit au retrait de l’Insoumis Sébastien Rome (21,48%) risque de coûter la mairie de Lodève au PS de Fadilha Benammar-Koly (28,82%), distancée par le très à droite Claude Laateb (39,2%). À Mauguio, le retrait du maire DVG Yvon Bourrel a sonné le glas de la gauche. À Saint-Jean-de-Védas, le décès soudain du maire François Rio fin décembre a accentué l’éclatement du conseil municipal qui pourrait virer à droite. À Grabels, René Revol en grande difficulté (34,65% derrière le DVD Pascal Heymes 49,4%) est peut-être victime d’une certaine usure du pouvoir. À moins que le seul maire Insoumis de l’Hérault ait pâti d’avoir hissé le drapeau palestinien en solidarité avec le peuple gazaoui massacré. Ce serait un comble. À Villeneuve-lès-Maguelone en revanche, difficile de dire ce qui place Véronique Négret en position délicate (34%) face à la liste du DVD Olivier Noguès (40,68%).

    À noter enfin qu’à l’exception notable d’Agde qui pourrait basculer, le RN et l’UDR n’ont pas, à la différence du national, réalisé de poussée particulière dans l’Hérault. S’ils restent en embuscade à
    Sète (Pacull 20,77%), Lunel (Belin 21,7%) ou Mauguio (Parmentier 19,38%), ses candidats ont été sèchement battus à Montpellier (Jamet 7,26%), Béziers (Gabarron 8,97%), Mèze (Armentier 19,2%) ou Gignac (Drevet 28,72%). Et dans une moindre mesure à Frontignan (Delapierre 35,87%). Malheureusement cet échec est davantage dû à un manque d’ancrage local du RN qu’annonciateur d’un reflux de l’extrême droite. Laquelle reste tout aussi menaçante en vue de la Présidentielle 2027.