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  • Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    Gard : une triangulaire à Pont-Saint-Esprit

    À Pont-Saint-Esprit, le premier tour des municipales a livré un double message : la prime au sortant et le rejet net de l’extrême droite. Dimanche 15 mars, le maire Valère Segal (Réussir le Pont de demain) arrive largement en tête avec 41,16 % des suffrages. Derrière, la bataille est plus ouverte : Olivier Esquer (Pont en action) obtient 18,40%, suivi de Benjamin Desbrun (Rassembler pour agir, 16,45%) et Morad Hourfane (Le Pont que nous voulons, 13,22%). La participation atteint 56,58%, laissant encore une abstention lourde (43,42%) : un réservoir décisif pour le second tour.

    Dans l’entre-deux tours, le paysage s’est rapidement clarifié. Troisième, Desbrun a annoncé son retrait, appelant à « faire barrage au maire sortant », qu’il accuse d’enfumer les Spiripontains sur plusieurs dossiers, du futur collège aux projets autour de l’Hôtel-Dieu. Sa sortie de route révèle un scrutin polarisé : davantage qu’un débat de fond, cette campagne a été un affrontement de personnes et de récits.

    L’extrême droite humiliée

    La séquence la plus marquante reste l’échec cuisant d’Aurélie Delwarte. La candidate d’Identité Libertés, alliée au RN, termine dernière avec 10,77%. Un score qui actera son retrait du second tour, malgré sa qualification. Elle justifie ce désistement au nom de « l’intérêt de Pont-Saint-Esprit », tout en dressant un tableau anxiogène (insécurité, narcotrafic, fiscalité) et, sans le dire, en orientant ses électeurs vers la liste Esquer. Un revers politique pour une candidature déjà plombée par ses proximités idéologiques et ses controverses : à Pont-Saint-Esprit, la tentative de banalisation de l’extrême droite n’a pas pris.

    Résultat : une triangulaire dimanche 22 mars entre Segal, Esquer et Hourfane. Le maire sortant refuse toute fusion et joue la carte de la stabilité. Olivier Esquer appelle à la mobilisation, martelant que « 58% » des votants n’ont pas choisi Segal. Morad Hourfane, lui, persiste « sans ralliement », et tente de fédérer tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la majorité sortante.

  • Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Rassembler Nîmes pour s’opposer au RN

    Mardi 18 mars, Nîmes a retenu son souffle. Sur l’Esplanade Charles de Gaulle, plus de 2 000 personnes ont répondu à l’appel de Vincent Bouget et de « Nîmes en Commun », ont fait masse, serrées dans l’émotion, portées par une même urgence : empêcher la ville de basculer. Les discours se sont enchaînés, les visages de la gauche locale -Françoise Laurent-Perrigot, Patrick Malavieille, Alain Clary- sont venus donner chair à ce moment, avant que, le lendemain matin, le soutien de Carole Delga ne vienne enfoncer le clou. À quatre jours du second tour, la gauche n’a pas seulement tenu meeting : elle a posé une scène, celle d’une ville qui se relève et refuse la résignation.

    Car l’addition est brutale : il a suffi de 163 voix pour que Nîmes se retrouve, au soir du 15 mars, au bord d’un précipice politique. Il aura fallu attendre les derniers bulletins pour mesurer l’ampleur du choc. Le premier tour des municipales a livré un verdict aussi serré que lourd de sens : 163 voix seulement séparent le candidat du Rassemblement national Julien Sanchez (30,39%) de Vincent Bouget (30,05%), à la tête de l’union de la gauche. Derrière, la droite municipale, fracturée et affaiblie, s’effondre : Franck Proust (LR-Horizons) plafonne à 19,55%, Julien Plantier (DVD) à 15,55%. Pascal Dupretz (LFI) est éliminé avec ses 4,46%. Une photographie brutale d’une ville à la croisée des chemins.

    Le soir même, au bar du Prolé, Vincent Bouget n’a pas joué les commentateurs : devant ses soutiens rassemblés en nombre, il a appelé à la bataille, à la mobilisation totale, en martelant que « pas une voix ne doit manquer ». Un appel adressé aux électeurs de gauche, évidemment, mais surtout à toutes celles et ceux qui refusent de livrer la ville à un projet de tri social et de discriminations.

    Le RN Julien Sanchez admirateur de Trump

    Le danger est d’autant plus grand qu’il avance masqué. Julien Sanchez, figure RN du Gard, a été parachuté par le parti en janvier pour tenter le « coup » dans la préfecture : présence minimale sur le terrain, campagne atone, et programme lacunaire. Beaucoup de slogans, peu de réponses concrètes aux urgences du quotidien. Cette stratégie est connue : nationaliser le scrutin, surfer sur les peurs, faire croire qu’un bulletin RN serait un « coup de balai », alors qu’il prépare surtout une mairie au service d’une idéologie d’exclusion.

    Le RN veut faire de Nîmes un trophée. Une ville vitrine. Une ville test. Et, dans cette dernière semaine, Sanchez tentera de siphonner l’électorat de droite en jouant la comédie du vote utile, tout en insultant au passage ceux qu’il courtise. Sa sortie au lendemain du scrutin sur « l’orchestre du Titanic qui empêche les électeurs de voir l’iceberg communiste » visant le tandem Proust-Plantier n’est pas une blague : c’est une stratégie froide, tuer la droite pour régner sur ses décombres. Quitte à assumer, au passage, une boussole politique très claire : l’homme qui veut diriger Nîmes a une nouvelle fois revendiqué son admiration pour Donald Trump, son « action », ses décisions à coups d’arrêtés, et lâche sans détour au micro de Midi Libre : « Si j’étais Américain, je voterais pour Donald Trump, c’est sûr ! » Sa présence a Washington lors de l’investiture de l’autocrate le confirme. Voilà leur modèle : la brutalité érigée en efficacité, le mépris en méthode, l’autoritarisme en promesse, la ségrégation et la guerre en prime.

    À droite, le prix des ego

    En même temps, il est difficile de ne pas commenter le spectacle politique offert par le duo de la droite sortante. Pendant des mois, Franck Proust et Julien Plantier, héritiers proclamés de Jean-Paul Fournier, ont joué les frères ennemis. Guerre d’ambitions, guerre de places, guerre de succession, avec, au final, une droite coupée en deux, incapable d’assumer un bilan de 25 ans autrement que par des postures et du lavage de linge sale en public. Résultat : l’électorat se disperse, la majorité sortante s’effondre, et le RN se faufile.

    Et voilà qu’au lendemain de la claque, la droite découvre soudain les vertus du rassemblement. Fusion express, tractations nocturnes, et une nouvelle liste : « Nîmes par-dessus tout ». Une union née non pas d’un projet clair, mais de la peur de perdre le pouvoir. Le manège a assez duré : quand on n’a pas réussi à se parler pendant des mois, on ne fabrique pas une dynamique en 48 heures à coups de calculs d’appareil.

    Nîmes n’est pas seulement une « dernière grande ville LR ». C’est une ville travaillée par les fractures sociales, par l’abandon de quartiers entiers, par la crise du logement, par la santé qui recule, par les services publics qui s’étiolent : une ville où l’on demande aux habitants de tenir bon pendant qu’en haut on s’organise la succession. Une ville marquée par une droite qui préfère gérer la commune comme un patrimoine et une vitrine, multiplier les opérations de communication et les grands projets, plutôt que réparer le quotidien, et qui, dans la bataille d’héritage, s’est surtout donnée en spectacle. Et c’est précisément là que prospère l’extrême droite : sur les colères réelles, qu’elle détourne vers les boucs émissaires, la stigmatisation, la division.

    La gauche rassemblée

    en dynamique

    Du côté des listes de gauche, le cadre légal est clair : pas de fusion possible entre la liste LFI, restée sous la barre des 5%, avec celle de la gauche unie « Nîmes en commun ». Mais la réalité politique l’est tout autant : chaque voix comptera, l’enjeu dépasse les logos, et Pascal Dupretz a officiellement appelé à battre « l’extrême droite et la droite extrême ». La semaine qui s’ouvre n’est pas celle des susceptibilités : c’est celle de la responsabilité. D’autant que la participation n’a été que de 51,05% : l’autre réservoir, immense, côté chiffres, c’est l’abstention. Dans plusieurs quartiers populaires, la gauche est nettement devant… mais sur une participation très basse. Exemple parlant : le bureau 405 (école Henri-Wallon) situé dans le quartier Saint-Césaire. La participation y est seulement de 22,05%. Bouget monte à 46,36%, Sanchez à 4,60%, et le score LFI est particulièrement élevé avec 11,88% : un électorat social et contestataire existe, mais il faut le faire sortir.

    À l’aube du premier tour, un sondage Ifop-Fiducial pour La Gazette testait plusieurs scénarios. Dans celui de la triangulaire qui attend les électeurs ce dimanche (Bouget-Proust-Sanchez), l’étude donnait Bouget à 41%, Proust à 31 % et Sanchez à 28%. Ces chiffres ne votent pas à la place des Nîmois. Mais ils disent une chose : la victoire est possible, à condition de construire un barrage populaire, pas un barrage de salon. Un barrage fait de porte-à-porte, de discussions, d’écoute, d’un discours clair : Nîmes n’a pas besoin de peur, elle a besoin de dignité. Vincent Bouget, en clôture de la réunion publique du 18 mars, a résumé l’enjeu : « Ce n’est pas le projet d’un clan, ce n’est pas un projet de division, c’est un projet pour tous les Nîmoises et les Nîmois, résolument tourné vers l’avenir. C’est cette nouvelle page que je vous propose d’ouvrir ensemble dès dimanche soir. » Dimanche 22 mars, Nîmes choisira.

  • JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    JO d’hiver 2030 : après des mois de crise, le comité d’organisation veut repartir de l’avant

    Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même monté au créneau fin février : « Tout le monde à son poste de combat et tirons tous (…) dans le même sens pour y arriver en 2030 », avait-il lancé depuis Albertville, où était fêtée la délégation tricolore après ses succès aux JO de Milan-Cortina. Car – très mauvais point pour l’image – c’est en pleins jeux d’hiver italiens que les organisateurs des JO-2030 dans les Alpes françaises avaient fait part de « désaccords insurmontables » entre Edgar Grospiron, président du comité d’organisation, et son directeur général Cyril Linette. Ce dernier a quitté le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) fin février, quatrième départ d’une série noire entamée avec la démission en décembre de la directrice des opérations, Anne Murac, suivie de celle du directeur de la communication Arthur Richer, puis du président du comité des rémunérations Bertrand Méheut, ancien président du groupe Canal+.

    « Après la phase critique que nous avons connue », le bureau exécutif de jeudi doit permettre aux parties prenantes – gouvernement, régions hôtes, comités olympique et paralympique – « d’acter » un certain nombre de décisions sur l’organigramme et l’organisation du Cojop, avait résumé la ministre des Sports Marina Ferrari au sortir de la précédente réunion, évoquant « un nouveau Meccano ».

  • Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    Les derniers tests de Didier Deschamps avant le Mondial

    C’est un avant-goût de Mondial qui attendra les Bleus durant la prochaine trêve internationale.

    Pendant que les derniers billets pour la phase finale seront distribués à l’occasion des barrages, l’équipe de France sera déjà aux États-Unis pour y disputer deux rencontres amicales, contre le Brésil, puis face à la Colombie. Deux confrontations de prestige qui vont permettre à Didier Deschamps d’effectuer ses derniers tests, avant de dévoiler la liste définitive, le 13 mai.

    Mbappé retrouve sa place

    Kylian Mbappé, qui a refait son apparition sur une pelouse mardi, en Ligue des champions, avec le Real Madrid en entrant en fin de match face à Manchester City (2-1) est présent.

    L’absence de Bradley Barcola, indisponible plusieurs semaines pour une entorse de la cheville, profite elle à Randal Kolo Muani, buteur avec Tottenham en 8e de finale retour de Ligue des champions. Le Monégasque Maghnes Akliouche, déjà présent en novembre, est également appelé.

    En défense, Deschamps a pallié le forfait de Jules Koundé sur le côté droit en convoquant le joueur de la Juventus Turin Pierre Kalulu, qui a connu son unique sélection face à l’Espagne en demi-finales de la Ligue des nations en 2025 (défaite 5-4).

    Côté gardiens de but, Lucas Chevalier, malgré la perte de son statut de titulaire avec le PSG, accompagnera Mike Maignan et le Rennais Brice Samba.

    Le groupe

    Gardiens : Lucas Chevalier (PSG), Mike Maignan (AC Milan), Brice Samba (Rennes).

    Défenseurs : Lucas Digne (Aston Villa), Malo Gusto (Chelsea), Lucas Hernandez (PSG), Théo Hernandez (Al-Hilal), Pierre Kalulu (Juventus), Ibrahima Konaté (Liverpool), William Saliba (Arsenal), Dayot Upamecano (Bayern Munich).

    Milieux de terrain : Eduardo Camavinga (Real Madrid), N’Golo Kanté (Fenerbahçe), Manu Koné (AS Rome), Adrien Rabiot (AC Milan), Aurélien Tchouameni (Real Madrid), Warren Zaïre-Emery (PSG)

    Attaquants : Maghnes Akliouche (Monaco), Rayan Cherki (Manchester City), Ousmane Dembélé (PSG), Désiré Doué (PSG), Hugo Ekitike (Liverpool), Randal Kolo Muani (Tottenham), Kylian Mbappé (Real Madrid), Michael Olise (Bayern Munich), Marcus Thuram (Inter Milan).

  • Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Handball : les Bleus battent l’Espagne, Desblancs fête son entrée

    Soir de premières pour les Bleus du handball. Deux, précisément. Lors de ce France – Espagne, au Mans, les fans en tribunes ont pu découvrir Talant Dujshebaev, nouveau sélectionneur. Joueur puis entraîneur de légende, l’hispano-kirghize effectuait sa première rencontre sur le banc des sextuples champions du monde. Un jeune aixois a également fait ses débuts en équipe de France. Du haut de ses 21 ans, Eliott Desblancs commençait son aventure en bleu, après avoir connu toutes les catégories de jeunes.

    Le demi-centre du Pauc a rapidement été aperçu sur le parquet. Après un quart d’heure réussi de la France (9-5), Dujshebaev a changé tous ses joueurs et Desblancs a fait son entrée. Il était aux côtés de Melvyn Richardson et Elohim Prandi sur la base arrière. Rien que ça. Le numéro 20 a surtout réalisé des combinaisons pour ses deux partenaires et a joué les engagements rapides à chaque fois. C’est lui qui est allé chercher un jet de 7 mètres, à cinq secondes de la mi-temps, pour conserver une longueur d’avance. Et permettre aux Bleus de mener 16-15.

    Second France – Espagne dimanche

    Eliott Desblancs n’a ensuite plus été vu sur le terrain. Il faudra encore attendre pour voir le premier but de l’Aixois sous le maillot de l’équipe de France A. Avec des gardiens performants et des ailiers qui ont rempli leur rôle de finisseurs, les Bleus ont dominé cette partie. Ils ont aussi pu compter sur leurs hommes forts – Nedim Remili, Thibaud Briet, Elohim Prandi -, pour matraquer le secteur central espagnol. Résultat, une victoire 29-26 à l’Antares Arena. Revanche prévue ce dimanche, à 13h30, entre ces deux nations fortes du handball.

  • Sochaux débarque à Aubagne pour un choc de National

    Sochaux débarque à Aubagne pour un choc de National

    Briser une série négative et s’imposer face à un cador du championnat et du football français. Tel est l’objectif du SCAAB, ce vendredi soir (19h30). Aubagne accueille le FC Sochaux Montbéliard, actuel 3e de National. L’ancien grand club français est en train de redorer son blason avec une belle saison, qui en fait un candidat sérieux à la montée en Ligue 2. Le retour de Peugeot, historique partenaire du FCSM, a aussi, récemment, amené une dynamique positive au sein du club doubiste.

    Ce n’est pas pour autant que le coach bucco-rhodanien Gabriel Santos part défaitiste avant cette rencontre. « On connaît la difficulté, parce que Sochaux, ils ont une très bonne équipe, qui joue dans le même système depuis longtemps. Je pense aussi que ça va se jouer dans l’état d’esprit. On est capable de les battre », appuie le technicien portugais. Les Aubagnais restent donc sur quatre défaites en championnat et, pourtant, la qualité de jeu est loin d’être mauvaise. Ces dernières semaines, les matches n’ont pas tourné en leur faveur, à l’image de cette confrontation contre le leader dijonnais. Un revers 2-1, à cause de deux penalties, alors qu’un joueur de champ a tenu la cage durant 45 minutes. Un scénario que produit parfois le National.

    Objectif haut de tableau

    Gabriel Santos est heureux de l’intensité produite par ses joueurs à l’entraînement et sait que la réussite peut tourner rapidement. Il met en avant « une rigueur tactique, offensive et défensive. » « Franchement, on travaille bien. Tous les joueurs sont concernés et on sent qu’au bout d’un moment, ça va tourner en notre faveur, parce qu’on travaille bien, on travaille avec l’intensité. Personne ne veut poursuivre cette dynamique. Les joueurs savent très bien que pour sortir de là, il n’y a qu’un seul chemin », assure-t-il.

    Le plus petit budget de National reste ambitieux et souhaite finir dans la première partie de tableau. Le but est affiché, la 10e place actuelle est correcte, mais aller chercher un top 8 en mai prochain ravirait du terrain aux bureaux du club. Le calendrier est difficile dans les prochaines semaines, avec plusieurs moments clés où il va falloir faire le plein de points (Châteauroux, Valenciennes), entre deux confrontations face à des candidats à la promotion. Le SCAAB reçoit le FCSM en étant au top de ses capacités. Pour retrouver le chemin de la victoire, 35 jours après.

    AUBAGNE – SOCHAUX

    26e journée de National

    Stade de Lattre-de-Tassigny (19h30)

    Aubagne : Gil, Nehari, Chibani, Mimb Baheng, Ndiaye, Diaby, El Kaddouri, Bentoumi, Mayilla, Chaban, Berrabha, Daou, M’Dahoma.

    Sochaux : Jeannin, Youssouf, Vitelli, Peybernes, Tavares, Mexique, Masson, Boutoutaou, Baghdadi, Gomel, Djoco, Fofana, Gomis, Mendes.

  • Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Un duo défensif pour stabiliser la défense de l’OM

    Benjamin Pavard et CJ Egan-Riley avaient une carte à jouer lors des deux derniers matches de l’OM.

    Le champion du Monde français et l’Anglais avaient disparu des écrans depuis quelques matches. Ils ont bénéficié de la blessure de longue durée de Nayef f Aguerd et de la rechute de Leo Balerdi pour retrouver une place dans le onze de départ. Avec des résultats différents.

    Benjamin Pavard a pris part aux deux derniers matches de son équipe. Au Stadium, sa prestation a été à la hauteur de ce que l’on attendait d’un joueur de son calibre lorsqu’il a débarqué à la Commanderie, prêté avec option d’achat par l’Inter.

    Néanmoins, le Ch’ti est un peu devenu le métronome de la santé collective phocéenne. Il a plongé en même temps que l’équipe. Douté et fait douter les plus fervents supporters.

    À tel point que celui qui était venu à Marseille dans l’optique de relancer sa carrière, et retrouver une place en équipe de France, s’est retrouvé à la croisée des chemins. Toutefois, l’arrivée de Habib Beye a semble-t-il eu un effet de catalyseur. Ayant retrouvé la confiance de l’entraîneur, il a lui même retrouvé la sienne.

    Cela s’est traduit par deux prestations de très bon niveau contre Toulouse et Auxerre. Avec à la clé deux clean shits. Ce que l’OM n’avait plus réussi depuis les 1e et 8 novembre, déjà contre Auxerre puis Brest. Benjamin Pavard était déjà titulaire lors de cette série. Comme il l’était à l’occasion des deux réalisées consécutivement contre Lorient et le PSG, en début de saison.

    Benjamin Pavard qui était aussi au cœur de la défense olympienne lors du succès à Metz, 3-0, également ponctuée d’une clean shit. Faut-il voir un lien de cause à effet ? Toujours est-il que sur les sept rencontres où l’OM n’a pas encaissé de but en Ligue 1 cette saison, l’ancien joueur du Bayern était titulaire.

    Egan-Riley à revoir

    L’autre retour en grâce, lors de la réception d’Auxerre, a connu une reprise plus contrastée. CJ Egan-Riley a bénéficié de la blessure de Leo Balerdi pour débuter la rencontre. L’Anglais n’avait plus joué depuis le 13 janvier, et la facile qualification en coupe de France contre Bayeux à Caen. Il était entré en début de seconde période, à la place de Facundo Medina. Et avait pris part au festival marseillais en inscrivant le septième but.

    Face aux Auxerrois, il n’est resté qu’une heure sur le terrain. Et a montré qu’il était dans le dur. Habib Beye a pris sa défense. « Il faut qu’on arrive à le faire monter sur l’aspect athlétique afin de pouvoir le faire jouer sur 90 minutes » a-t-il précisé à son sujet après la victoire contre les Bourguignons.

    L’entraîneur marseillais apprécie sa polyvalence, qui lui permet d’évoluer aussi bien à droite ou à gauche de l’axe. Ce qui pourrait lui offrir de nouvelles perspectives d’ici la fin de la saison. Sachant que le retour de Nayef Aguerd n’est pas certain. Et que Leo Balerdi reste fragile.

    Les choix de Habib Beye pour la réception de Lille, dimanche, seront un élément concernant les chances de CJ Egan-Riley.

    Un maillot symbolique dans le derby contre Nice

    Le week-end du 26 avril, l’OM recevra Nice au stade Vélodrome.

    À cette occasion, le club va effectuer une opération symbolique, qui rendra hommage à ses supporters les plus fervents. Placée dans le cadre de l’opération « Peuple Bleu&Blanc », la rencontre verra les Olympiens porter des maillots particuliers. Au lieu de porter leur nom dans le dos, ils arboreront celui d’un supporter, dont le patronyme aura été tiré au sort.

    Au-delà du marketing, le club met en avant la diversité et la passion de sa communauté, fidèle malgré les turbulences sportives récentes. Cette initiative vise à renforcer la proximité entre l’équipe et ses fans, en leur offrant une place symbolique.

  • Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    Isam Elias, synthétiseur d’influences à Marseille

    « Je qualifierais ma musique d’électro-afro-orientale. Elle prend en compte tous les éléments de ma vie », résume Isam Elias. Autant d’inspirations et d’influences proclamées par ses synthétiseurs, dopés par une énergie lointaine. Bercé par la musique traditionnelle arabe, puis ayant fait ses gammes avec les compositeurs classiques, il se lance dans l’électro à son arrivée en France en 2022, dans le cadre d’une « résidence à la Cité internationale des arts », rappelle ce natif de Bethléem, qui se produit à Marseille vendredi 20 mars, vers 1h du matin.

    Festif à plein « Tubes »

    Isam Elias est l’auteur d’une musique festive, entraînante. Et aussi engagée ? « Rien que le fait que je sois un artiste palestinien sur scène, et que les gens puissent écouter ma musique, est déjà quelque chose de politique », estime celui qui est à l’origine d’un EP réjouissant intitulé Tubes. L’occasion de le faire découvrir aux Marseillais, auxquels il a déjà pu se frotter par le passé. Selon lui, « le meilleur public. Ici, les gens sont toujours chauds. Ils semblent plus libres et fiers de leurs histoires personnelles qu’ailleurs ».

  • Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    « Est-ce que celles qui voudraient faire de la course d’arête peuvent s’avancer ? » Ce mercredi soir au Café des Familles, comme tous les 18 du mois, le collectif des grimpeuses et montagnardes de Gap se réunit. Créé par plusieurs grimpeuses du Club Alpin Français (CAF), il permet à toute femme intéressée, de Gap ou du coin, d’organiser ensemble des sorties en montagne. « L’idée ce n’est pas d’interdire aux hommes d’y participer mais on veut que l’initiative vienne de nous », explique Pauline, l’une des créatrices du collectif.

    Se sentir capables

    Une volonté qui vient d’expériences partagées dans les sports de montagne, où le leadership est souvent pris par les hommes. « Dans un sport comme l’escalade de falaise, dans un binôme, il y en a toujours un devant qui prend plus de responsabilité pour ouvrir la voie, explique Elodie, venue pour la premier fois ce mercredi soir. Ce sont très souvent les hommes qui le font. Organiser l’escalade entre femmes permet d’être moins chapeautées par les présences masculines et se sentir capable et légitime de le faire. Bien souvent on est capables et pourtant ce sont les hommes qui font. » Après l’organisation des sorties, s’ouvre le repas partagé autour d’un moment de musique. Le but est aussi de créer du lien et de la solidarité. « Ce samedi, j’ai demandé aux filles de m’apporter des gâteaux à mon stand au marché de Gap. J’y récolte de l’argent pour aider une grimpeuse népalaise qui vient d’arriver, à se former comme guide de montagne », explique Pauline. Après la soirée, les activités sont organisées sur le groupe Whatsapp. À vos agendas !

    Pour tout renseignement : page Facebook dédiée ou écrire à grimpeuses.gap@gmail.com

  • [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    [Entretien] Rebecca Roger Cruz : « Mon album est un voyage de métamorphoses »

    La Marseillaise : Quelle est la signification de « Rio Abajo » ?

    Rebecca Roger Cruz : Ça veut dire en aval de la rivière. C’est une phrase qui revient souvent dans la poésie latino-américaine, où il y a toujours ce contact avec la force de la nature. On peut le voir comme une métamorphose. Comme si on entrait par une porte en étant une personne, et comme si on sortait par une autre en étant changé par ce voyage.

    Tout au long de l’album, votre voix se met au diapason de cette image en se métamorphosant elle aussi…

    R.R.C. : J’aime beaucoup m’amuser avec ma voix, l’utiliser avec plusieurs techniques. Moi qui suis née au Venezuela, je suis influencée par la musique de mon pays, et latino-américaine en général, mais aussi par les musiques classique, baroque ou encore la pop expérimentale. Tout ce mélange se traduit dans ma voix.

    Du premier titre « Abreme la puerta Juana », qui convoque les éléments du vivant, au dernier, « Esteros » qui symbolise votre identité aux carrefours de plusieurs cultures, votre album commence en larve pour finir sa course en papillon…

    R.R.C. : Je n’y avais pas pensé en faisant l’album mais c’est une image qui me parle. Le premier morceau, je l’avais pensé comme une cérémonie. Abreme la puerta Juana, c’est le chant traditionnel qui ouvre en juin la fête de Saint-Jean-Baptiste. Il y a quelque chose en rapport avec la transe, les racines. Et à partir de ça, je dévoile ce voyage de métamorphoses petit à petit.

    Votre opus transcende beaucoup de styles et époques, du flamenco au baroque en passant par le rock et le répertoire traditionnel vénézuélien. Est-ce que vous voulez aussi transcender les âmes ?

    R.R.C. : Oui, vraiment. Cet album est un outil de guérison pour moi. Je trouve qu’en ce moment, on a besoin de se reconnecter avec quelque chose de plus profond et spirituel, et pas forcément de religieux. Ce qui me donne cette force, c’est la nature et la musique. J’ai voulu retranscrire cela dans l’album à travers toutes mes influences : pas forcément en passant d’un style à l’autre, mais en brisant des ponts qu’on peut retrouver entre la musique dite classique, le flamenco, la musique traditionnelle et la pop. au contraire. C’est en fait une rencontre, un espace où on se pose moins la question des étiquettes.

    Vous avez quitté le Venezuela pour la France il y a plus de 10 ans. L’album est aussi traversé par la question de l’exil avec le titre « Alcaravan », du nom d’un oiseau migrateur de votre pays natal…

    R.R.C. : On trouve cet oiseau migrateur dans la plaine vénézuélienne mais aussi colombienne. C’est un oiseau très présent dans la poésie et musique du Venezuela, surtout dans la région de la plaine. Tout le monde le connaît, et pourtant, on le voit peu. On entend que son cri, qui annonce le moment où il faut partir. Cette chanson, je l’ai écrite pour mon pays. En tant que membre de la diaspora, cela me tenait à cœur de parler de cet exil, de ce que je ressens ici. La diaspora vénézuélienne est énorme et compte presque 9 millions de personnes. Cela représente un tiers du pays et l’une des diasporas les plus grandes au monde. Plus je chante cette chanson, plus je me rends compte qu’elle est aussi d’actualité pour beaucoup d’autres peuples et pays. C’est aussi un moyen de renvoyer un message de paix.

    Lors de l’enlèvement de Maduro par les États-Unis début 2026, beaucoup de membres de la diaspora ne voulaient pas choisir entre la main de fer du régime actuel et l’impérialisme américain. Qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

    R.R.C. : C’était un moment bouleversant. Pour nous qui vivons les choses de loin, c’est très angoissant car nous pensons aux gens sur place. Je ne vais pas vous mentir : le Venezuela est un régime dictatorial. Mais c’est quelque chose que beaucoup de gens au pays ne peuvent pas exprimer car on assiste à un contrôle des médias, des téléphones… Et en effet, il y a un sentiment de dualité : d’un côté, il y a la joie et le soulagement qu’on peut ressentir quand on se dit qu’on arrive peut-être au bout de ce régime dictatorial, et que cette personne mérite réellement d’être en prison. Et de l’autre côté, personne n’aime que son pays soit bombardé, qu’il soit envahi et contrôlé par les États-Unis, surtout au regard du rapport colonial que ce pays entretient avec l’Amérique latine. C’est un rapport perpétué par beaucoup d’actions infantilisantes, comme si on avait besoin de leur aide alors que ce n’est pas le cas.

    La France a été un refuge pour vous il y a plus de dix ans. Une terre d’accueil de plus en plus menacée par l’arrivée de l’extrême droite à différents endroits du pouvoir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    R.R.C. : Il y a la peur que les contrôles migratoires se durcissent, mais aussi l’invisibilisation d’autres cultures qui peut arriver. Avec l’extrême droite au pouvoir, on pourrait arriver à une sélection de certaines choses sur les scènes musicales et culturelles en général. C’est quelque chose d’angoissant pour toutes les personnes étrangères dans le pays, mais aussi pour les Français. Pourtant, la France est un pays multiculturel qui tient sa force et sa beauté de son mélange.