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  • Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    Grève maintenue à la cuisine centrale d’Avignon malgré des discussions

    « Ça a chauffé », glisse Etienne Raoul, secrétaire départemental Force ouvrière, en sortant d’une réunion avec des représentants des services de la mairie d’Avignon, des représentants syndicaux et des employés de la cuisine centrale ce jeudi 19 mars. Celle-ci traitait de l’enquête administrative sur une affaire de soupçons de vol de plusieurs centaines de kilos de viande de bœuf au sein même du service par certains employés.

    Et « on reste en grève », confirme un salarié. Un préavis a été déposé jusqu’au 31 mars par les syndicats, à savoir la CGT et FO. Cette enquête a été lancée, d’après plusieurs d’entre eux, en décembre dernier, après un premier signalement en novembre. Des entretiens ont été mis en place avec chaque salarié, à la production comme pour les chauffeurs-livreurs qui amènent les repas dans les cantines des écoles ou encore du CCAS d’Avignon. « Chacun d’entre eux devait en théorie répondre à 17 questions identiques. Mais on s’est rendu compte que c’était faux, avec notamment des questions à charge sur les lanceurs d’alerte et très peu sur le vol en lui-même », explique en sortie de réunion Nicolas Garcia, secrétaire général FO des territoriaux d’Avignon.

    Il ajoute aussi, ce que confirme également Dalida Djoudi, secrétaire CGT des territoriaux avignonnais, qu’il n’a pas été écouté par ceux qui menaient cette enquête. Et ce, alors que tous deux assurent avoir « reçu des aveux écrits » des supposés coupables. Un dossier aurait été déposé par les responsables syndicaux auprès de la procureure d’Avignon pour que la justice se saisisse de l’affaire.

    Quelques minutes plus tard, ce sont les lanceurs d’alerte, chauffeurs-livreurs et employés de production, qui sortent. Ceux-ci regrettent que les négociations « ne vont pas dans le bon sens » et en appellent à la mairie d’Avignon, Cécile Helle (PS).

    « Pas dans le bon sens »

    « On a parlé pour ne pas être accusés et c’est l’inverse qui se passe. C’est une question de dignité. Il faut respecter les agents. Quand on sait que c’est de la nourriture destinée aux enfants, c’est un geste absolument répugnant », clame l’un d’eux. Ceux-ci assurent maintenir un service minimum, notamment en livrant toujours le CCAS. Quelques minutes plus tôt, c’étaient les représentants des services municipaux qui sortaient du bâtiment de production, situé au MIN d’Avignon, sans répondre aux questions des quelques journalistes sur place. « Il faut solliciter les services de communication », balaye l’un d’eux. Contactée par La Marseillaise, la municipalité assure dans un communqiué que « cette enquête, portée par l’Administration, de manière objective et impartiale, va s’achever prochainement. Elle donnera lieu à l’audition des organisations syndicales qui le souhaitent » et que « les conclusions définitives seront présentées au prochain maire puis à l’encadrement de la cuisine centrale, aux organisations syndicales et aux agents de la cuisine centrale ».

  • Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Les formateurs des futurs travailleurs sociaux en colère

    Appel à la grève coordonnée sur les différents établissements de l’Institut méditerranéen de formation (IMF), ce jeudi.

    Un collectif de salariés des trois sites de l’IMF appelait à une grève et un rassemblement, notamment suivi sur Marseille, sur fond de « refus de la dégradation des conditions de travail » pour cet institut qui forme au travail social : futurs éducateurs spécialisés, assistants de service social ou moniteurs éducateurs… Le collectif dénonce notamment « une surcharge de travail devenue insoutenable […] et une dégradation de la pédagogie ». Le tout, sur fond de baisse de moyens.

    Pour rappel, il y avait déjà eu un premier mouvement social, de la part des étudiants cette fois, début février (lire notre article du 11/02), dénonçant « des restrictions budgétaires qui dégradent la qualité de l’enseignement ». D’où « l’inquiétude réelle de la pérennité de notre outil de travail » de la part du collectif qui a établi un cahier revendicatif de plus d’une page. À Marseille, la mobilisation a duré une partie de la matinée.

  • Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    « Notre directrice est peut-être fatiguée, mais nous, on est épuisées. » Jeanne* parle pour ses quatre autres camarades, toutes aides-soignantes à l’Ehpad des Magnolias de Port-Saint-Louis, en conférence de presse jeudi à l’Union locale CGT.

    Les cinq sont en arrêt de travail. Les cinq pointent dans les mêmes termes le conflit social qui les oppose à leur direction d’établissement depuis sa prise de fonction il y a un an. Après une table ronde, une distribution de tracts à la population et même un rassemblement en fin d’année 2025, le climat est celui de « la rupture » selon Mathias Raoux, de l’Union locale CGT. « Après un an de main tendue ce n’est plus possible », abonde Gaël Zaafour.

    Car les cinq agentes parlent du même « management toxique », des mêmes « humiliations » parfois publiques et des « propos dévalorisants » de leur directrice d’établissement. Exemple pris de la proposition des agentes d’une nouvelle organisation de travail, approuvée par leur cadre de santé, mais refusée par leur directrice. « Elle nous a dit : vous venez de là, restez-y » illustre Julie*, la main au ras du sol.

    « Les résidents en danger »

    Conséquence directe : des arrêts maladie, des personnels manquants, qui entraînent épuisement et autres arrêts dans un cercle vicieux. La prise en charge des résidents, mise en péril faute d’infirmières. Les aides-soignantes sont contraintes de donner les médicaments aux résidents en plus de leurs missions.

    « J’ai une photo du médicament mais pas le nom ni la posologie », illustre Jeanne, contrainte de solliciter l’astreinte « qui ne répond pas, ou alors c’est un autre Ehpad qui nous connaît pas », explique Valérie*. Cette mission en plus décale tout le planning : « Les patients attendent dans leur lit au lieu d’aller au petit-déj’ » détaille Jeanne, et le soir venu, « on les change aux WC pour surveiller le salon car on est seules », complète Valérie.

    « Accueillir le double de résidents dans ces conditions, c’est mettre en danger leur santé et celle des agents », tranche Gaël Zaafour, alors que le nouvel établissement doit ouvrir en juin. « Le directeur de l’hôpital de Martigues doit prendre ses responsabilités », affirme Julie. Contacté, le CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Bains, coupes et épilations pour nos amis les chiens à La Ciotat

    Bains, coupes et épilations pour nos amis les chiens à La Ciotat

    L’objectif de la journée était de transmettre le savoir-faire des experts du toilettage aux jeunes apprentis. Magalie Delaye, toiletteuse professionnelle et grande championne Ciseaux d’or (compétition internationale de toilettage) en 2006, était présente pour partager son expertise, mais aussi pour enseigner aux apprentis l’épilation exigeante du Cairn Terrier. Le métier de toiletteur est ardu puisqu’il doit suivre les standards de coupe établis par les clubs de race et, dans un travail d’équilibriste, le goût de ses clients.

  • Une journée de fête pour sociabiliser les étudiants à Aix-en-Provence

    Une journée de fête pour sociabiliser les étudiants à Aix-en-Provence

    En début de matinée, la fête n’a pas encore commencé. Les tables commencent juste à être installées, des dizaines de stands associatifs et d’activités commencent à être montés et à s’animer, petit à petit, sur le Campus Robert-Schuman. Ce jeudi, la seconde édition du « Campus d’Aix en Fête », lui-même intégré dans le dispositif CAP Étudiant, a été lancé. La première, s’étant tenue en octobre dernier. Deux finalités, à ce rendez-vous. « Que ce soit, d’abord, un moment festif, convivial, un moment de rencontre entre différents étudiants, via différentes animations, déroule Nicolas Mascret, vice-président d’Aix-Marseille Université (AMU), délégué à la vie étudiante. Second objectif, que les étudiants puissent prendre connaissance de tout ce qu’AMU leur propose en termes d’aide, de sport, de culture… Tout cela, via le festif. » Sur l’ensemble des sites d’Aix-Marseille Université (AMU), 162 associations existent, le campus aixois étant l’un des plus dynamiques, sur le volet. Mais « il faut faire connaître les services et ce qui existe aux étudiants, souligne Quentin Acquatella, vice-président étudiant AMU. Il y a beaucoup de choses à l’université, il faut aller plusieurs fois vers l’étudiant, ne pas attendre qu’il se mette à faire des recherches tout seul. D’ailleurs, l’événement est précédé de deux ou trois semaines de tournées des services sur le campus ». D’où ce second événement.

    Des services à connaître

    L’objectif de cet événement, selon les organisateurs, reste surtout de « rompre l’isolement social ». « Une des problématiques [chez les plus jeunes, Ndlr] est celle de la santé mentale, souvent liée à l’isolement, poursuit Nicolas Mascret. L’idée est à la fois que les étudiants puissent vivre un moment collectif, ne pas se sentir isolés, grâce aux concerts, aux animations, mais aussi se rendre compte qu’à l’université, nous avons des centres de santé universitaires, ou l’on peut consulter des médecins, des psychologues, qu’on peut faire du sport, avoir des activités culturelles. L’idée, est de se rendre compte que l’on n’est pas seul. » L’événement, qui prévoit d’accueillir des milliers d’étudiants au cours de la journée, est en partie financé par la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), versée chaque année par les étudiants non-boursiers, mais aussi par le programme Ideal, spécifique à AMU. « Une façon de montrer aux étudiants ce qui peut être fait avec leur contribution », précise Nicolas Mascret. Pour cet événement, « il y a 120 personnels d’Aix-Marseille Université, du sport de la culture, des services de santé… », mobilisés, rappelle Nicolas Mascret.

  • Non à la justice expéditive, non aux procès criminels en un jour

    Non à la justice expéditive, non aux procès criminels en un jour

    Le Syndicat des Avocat.e.s de France dénonce avec la plus grande fermeté les consignes récemment diffusées par la Chancellerie aux procureu.re.s et aux président.e.s de tribunaux, leur demandant d’audiencer, sur une journée, les affaires jugées devant les Cours Criminelles Départementales (CCD) dans le cadre d’un « plan national de soutien à l’audiencement criminel ».

    Ce document, daté du 27 février et révélé par l’Humanité, s’inscrit dans une logique purement gestionnaire : « recalibrer l’audiencement criminel » dans un contexte d’« engorgement persistant », en limitant la citation de témoins et d’experts aux seules dépositions jugées « strictement nécessaires » et en visant, « chaque fois que le cas d’espèce le permet », une unique journée d’audience, y compris pour les cours criminelles départementales qui jugent massivement des affaires de viol.

    Le SAF, rappelle que seul le temps du débat judiciaire permet de débattre contradictoirement et oralement des preuves apportées par l’accusation. Il s’agit là de la garantie essentielle d’une justice rendue dignement qui permette la défense des droits des accusé.es et la réparation des victimes.

    Le viol n’est pas un sous-crime qui peut se juger en une audience calibrée à la journée.

    Faire croire qu’on répond à l’attente des victimes et à l’engorgement des juridictions par des audiences TGV visant à supprimer la citation des experts et témoins au procès c’est masquer l’absence d’une véritable politique de moyens et préparer, dans le même mouvement, d’autres régressions comme l’extension de la justice négociée en matière criminelle.

    Le SAF exige l’abandon immédiat de cette consigne et la fin des politiques de casse du service public de la justice.

    À défaut, le SAF appellera à toutes les mobilisations nécessaires, aux côtés de celles et ceux qui refusent de voir les procès criminels transformés en justice expéditive au mépris des droits fondamentaux et de la dignité des personnes.

    Par le SAF

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  • Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    Les lycéens marseillais poursuivent leurs actions de blocage

    À Marseille, les lycées Périer (8e), Montgrand (6e) et Nelson Mandela (12e) faisaient partie des établissements bloqués. Au lycée Saint-Charles (1er). Dans celui-ci, « ce sont 77h qui vont être supprimées, on veut les récupérer ! On voit le budget de l’armée multiplié, alors que celui de l’éducation est totalement délaissé ! », lance Adèle, élève de premier qui participe aux actions depuis deux semaines.

    Les élèves dénoncent notamment la suppression de l’aide aux devoirs, des demi-groupes et de certaines options.

    Aux abords du lycée Victor Hugo (3e), l’inquiétude est double avec non seulement la baisse des moyens et l’interpellation lundi de trois élèves après un blocus. « On est là pour s’assurer que les élèves vont bien », explique les professeurs présents sur place tandis que la CGT des Bouches-du-Rhône « condamne les violences policières » et demande la levée des gardes à vue.

    « De mauvaises décisions »

    Côté lycéens, la colère est palpable : « On va nous enlever des sorties, des options, les seules choses qui nous motivent à venir, on les enlève », déplore Mowgli, élève au lycée Victor Hugo. « On veut qu’ils arrêtent de prendre des mauvaises décisions. On part déjà avec un désavantage, et là on va nous en rajouter », ajoute Mounir-Mohamed, élève de première.

  • La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    La municipalité ferme la Salle Gueule pour raison de sécurité

    Des pogos et de la bière dans un sous-sol à deux pas de la préfecture de région. Au 8, rue d’Italie, la Salle Gueule est une salle emblématique de la scène punk rock marseillaise depuis près de 14 ans, portée sous forme associative par un collectif largement informel. Mais la municipalité a mis le holà sur les décibels, au moins temporairement, en ordonnant ce vendredi 13 mars sa fermeture, jusqu’à ce que des travaux soient réalisés.

    Accompagnement promis

    En cause, un avis défavorable de la commission communale de sécurité émis ce même vendredi. « L’établissement ne répond pas aux normes de sécurité en vigueur, et présente de ce fait un danger pour la sécurité des personnes », pointe l’arrêté de fermeture. En cause, la présence d’une seule issue de secours et d’un seul escalier pour évacuer l’étroite salle en sous-sol. « La carence en dégagements compromet gravement, en cas de sinistre, l’évacuation du public reçu dans l’établissement », est-il expliqué. S’y ajoutent l’absence complète d’alarme incendie, d’éléments sur le comportement au feu des matériaux utilisés, et l’absence même d’autorisation administrative. Une gestion punk qui n’a pas plus aux services de la Ville, trois mois après le drame de Crans Montana. Ceux-ci déplorent ainsi « la négligence manifeste de l’exploitant qui n’a pris aucune mesure pour réduire les risques identifiés ». Et conditionnent la réouverture des locaux à un dépôt d’un dossier d’autorisations de travaux ainsi qu’une visite de réception des aménagements et la délivrance d’une autorisation municipale. En cas de refus de fermeture, l’exploitant s’expose à une amende de 10 000 euros.

    « Puisqu’il nous est donné la possibilité de nous mettre en conformité avec les normes attendues pour l’accueil du public, nous avons pris la décision d’aller dans cette direction, afin que la Salle Gueule puisse continuer d’exister comme toujours », réagit le collectif dans un communiqué ce lundi, regrettant que « ce qui était ignoré ou toléré jusqu’à présent, semble désormais ne plus l’être ». L’association demande à être reléguée de catégorie d’établissement recevant du public « pour les travaux et la collecte de soutiens à l’intérieur de notre local ». Un appel aux dons est ainsi lancé pour ce chantier, et notamment un appel aux compétences en électricité, plomberie, conformités de sécurité… En remerciant les lieux qui ont accepté d’accueillir les concerts prévus au milieu de la programmation. Avec une promesse : « Nous pensons que la Salle Gueule remplit plus que jamais un besoin, et que celui-ci vaille la peine de s’imposer un nouvel assortiment de contraintes.»

    La municipalité indique de son côté que le président sera contacté dans les prochains jours, « afin d’accompagner au mieux l’association dans son souhait annoncé de régularisation, et de préserver ce lieu historique de la scène musicale alternative à Marseille ». En saluant au passage son « attitude responsable ».

  • Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    Le lycée Jean-Perrin rejoint la mobilisation

    « Nous voulons que la mobilisation devienne nationale pour les jeunes », revendique Patrick Moreno, professeur d’anglais depuis 2003 et responsable FO au lycée Jean-Perrin (10e). Des professeurs réunis avec les sections syndicales, Snes-FSU, CGT Educ’Action et SNFOLC du lycée qui étaient en grève, jeudi 19 mars.

    Ils ont été prévenus en février de la suppression de 121 heures de la dotation globale horaire (DGH) allouée par le Rectorat de l’académie d’Aix-Marseille pour la rentrée prochaine. Ce jeudi matin, devant les grilles de l’établissement, une quarantaine d’entre eux tractaient et ont pris la parole à destination des élèves. « Cette journée a été mobilisatrice », se satisfait Patrick Moreno. « Les étudiants commencent à s’intéresser à la mobilisation et à avoir les informations », s’enthousiasme une professeure d’anglais.

    « Le ministère n’est pas à l’écoute »

    Teresa et Christell, représentantes des parents d’élèves du Mouvement départemental des parents d’élèves de l’enseignement public des Bouches-du-Rhône (MPE13) s’inquiètent de l’impact de cette baisse de moyens sur leurs enfants, leurs apprentissages et leur futur : « Ce qui en découle, ce sont des classes surchargées ou même des suppressions de classes et de professeurs », soulignent-elles. Alors que chaque année, le lycée accueille une centaine d’élèves en plus. Elles se désolent de voir que « le ministère n’est pas à l’écoute, l’Éducation nationale s’affaiblit » et les « élèves ne sont pas mis au centre de la table ».

    Des enseignants du lycée et les syndicats exigent auprès du Rectorat, le maintien de toutes les heures supprimées, le maintien de toutes les classes, tous les dédoublements et le maintien ou l’augmentation des moyens horaires à hauteur des besoins des élèves.

    Rassemblés en assemblée générale, les syndicats, représentants des parents d’élèves, représentants des lycéens et enseignants grévistes ont voté unanimement pour être reçus par l’administration de l’établissement sur ces suppressions d’heures. Un conseil d’administration du lycée devrait d’ailleurs avoir lieu le 30 mars sur la répartition des moyens pour la rentrée 2026.

    Une demande d’audience auprès des services du Rectorat avait été déposée pour ce jeudi 19 mars, et a été « relayée à trois reprises » selon Patrick Moreno. À l’heure où nous écrivons ces lignes, ils n’ont pas obtenu de retour. Contacté, le Rectorat n’a pas souhaité se prononcer en raison de la période de réserve électorale.

    La suppression de 3 256 postes annoncée, dans le projet de loi de finances 2026, du personnel enseignant de l’Éducation nationale à la rentrée prochaine impacte directement les établissements et les élèves. Jean-Michel, professeur en génie mécanique à la Section d’enseignement professionnel (SEP) et syndicaliste à la CGT Educ’Action, affirme que le retard de vote du budget pour 2026 a « un effet boule de neige » sur les décisions et les moyens alloués.

    « Situation de pourrissement »

    « Solidaire » avec ses collègues, c’est ce que souhaite montrer Bastien, professeur de lettres et histoire en SEP. Même si cette section n’est pas concernée par les baisses, il déplore tout de même « le manque de moyens mis en œuvre » pour répondre aux besoins particuliers des élèves en situation de handicap. « Avec une classe de 30 élèves, nous sommes censés être en demi-groupe, mais nous sommes en classe entière et il y a un manque de matériel pédagogique », explique-t-il.

    « Le budget pour l’économie de guerre augmente, mais les coupes sont drastiques pour les hôpitaux et l’éducation », s’indigne Patrick Moreno. « La jeunesse a raison de se mobiliser, c’est une situation de pourrissement », conclut-il. Il aimerait que les lycéens de Jean-Perrin s’organisent pour faire entendre leur voix dans ce mouvement.

    La mobilisation se poursuit dans le département. L’intersyndicale éducation des Bouches-du-Rhône appelle à la grève le jeudi 26 mars avec un rassemblement à 11h aux Réformés, suivi par une manifestation jusqu’à la Direction des services départementaux de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN) et à 14h une assemblée générale des personnels en lutte à la Bourse du Travail pour décider des suites.

  • [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    La Marseillaise : Quel bilan faites-vous de cette campagne ?

    Roger Didier : Il faut tout d’abord remercier les 7 114 électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Nous avons obtenu un score considérable avec 14 points d’avance sur la deuxième liste. Liste qui a fusionné avec la troisième, aboutissant à une liste de compromis et de compromission. Pour moi, c’est une alliance de la carpe et du lapin. Parmi leurs électeurs, il y a des personnes qui doivent se sentir trahies. Ils se sont opposés, et j’en suis témoin, pendant des années au conseil municipal, avec des démissions et des créations de groupes. Ce rassemblement de circonstances est-il sérieux et pérenne ? Dans l’équipe que j’ai l’honneur de présider, il n’y a jamais eu de démission. Mais ce rapprochement ne conduira pas une addition arithmétique. Aux élections, un plus un ne fait pas deux. Nous, nous sommes droits dans nos bottes et n’avons fait aucune compromission avec le RN, dont les électeurs doivent comprendre qu’en votant pour son candidat, ils permettent à la gauche de prendre les rênes de la ville.

    Pourquoi une entrée en campagne tardive ?

    R.D. : On me le reproche alors que j’ai été élu pour mon dernier mandat le 15 mars 2020, à la veille du premier confinement. En termes d’efficacité municipale, l’année 2020 a quasiment été gommée. Nous voulions donc vivre notre mandat de maire jusqu’au bout. Nous avons commencé notre campagne le jour de son ouverture officielle, le 1er mars. Aurait-on trouvé normal que je m’agite sur mon siège comme un candidat un an et demi à l’avance alors que j’ai un mandat de maire à mener ?

    Pensez-vous que votre bilan joue en votre faveur ?

    R.D. : On peut au moins reconnaître que nous avons transformé la ville, nous l’avons embellie, et avons apporté de la sécurité et du confort. Nous avons géré la ville comme une entreprise et je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose. Quand je suis devenu maire en 2007, l’endettement de la commune représentait 18 années de désendettement. Cette durée a été ramenée à deux ans. En même temps, nous avons continué d’investir, à hauteur de 110 millions d’euros entre 2020 et 2025. Nous avons préservé la qualité du centre-ville. Il ne se paupérise pas et la délinquance ne s’y installe pas. C’est pourquoi j’appelle les Gapençaises et les Gapençais à se mobiliser pour ne pas perdre ce à quoi nous sommes attachés, cette qualité de vivre et ce dynamisme qui sont reconnus par tous.