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  • Une déflagration politique pour la Métropole

    Une déflagration politique pour la Métropole

    Les résultats ne sont pas encore proclamés dans l’hémicycle métropolitain, que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan lance à la cantonade : « ça s’appelle à la honte et le déshonneur ! » Ce jeudi après-midi, il n’a fallu qu’une seule voix pour que la minorité de blocage fasse échouer les coupes prévues dans la dotation de solidarité communautaire. La délibération à l’ordre du jour pour modifier le budget arrêté par le préfet nécessitait en effet une majorité des deux tiers pour retirer 53 millions d’euros – dont 36 millions pour la seule ville de Marseille – dans ces fonds versés aux communes depuis l’accord de 2022. Les services de l’État avaient eux préconisé de les retirer dans les attributions de compensations versées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, dont bénéficient surtout les communes industrielles. Mais au moment où les résultats du scrutin à bulletins secrets tombent, le verdict est sans appel : face aux 79 voix contre et 2 abstentions, les 156 suffrages qui se prononcent en faveur de la délibération n’ont pu être obtenus qu’avec le soutien de l’extrême droite. Sans que cela ne suffise.

    « Pas en danger »

    Cette même extrême droite assurait que jamais elle ne soutiendrait les délibérations budgétaires quand la Métropole s’apprête à augmenter la cotisation foncière des entreprises pour 2027. « Nous avons pris nos responsabilités pour les Provençaux et les Marseillais », justifiait le député RN Franck Allisio, satisfait de voir « un exécutif prêt à travailler avec nous ». Le président de son groupe Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) nie tout lien avec les sénatoriales. « Nous sommes bien au-delà de tout ça », balaie-t-il.

    En plein hémicycle, alors que se prolongeait le débat sur la révision du pacte fiscal et financier métropolitain, Nicolas Isnard partageait son envie de tourner la page de l’année écoulée pour traiter le budget de l’année à venir. « Écoutons toutes les propositions, celles du RN, celles de Sophie Joissains, de Jean-Pascal Gournès, de Georges Cristiani », énumérait-il. « En ce qui me concerne, les convictions sont moins malléables que l’adoption ou non d’un budget », lance Benoît Payan en réponse.

    Mais avec l’échec du vote sur la dotation de solidarité, c’est tout le château de cartes de la modification du budget qui menace de s’effondrer. Sans les 53 millions de coupes prévues, « nous sommes en train de présenter un budget insincère », alerte Benoît Payan. « Si nous ne votons pas aujourd’hui, nous ne rajoutons pas les crédits dont nous avons besoin », répond le vice-président (LR) aux finances, David Ytier. Reconnaissant « un doute juridique ». Bravache, Nicolas Isnard veut prendre le risque, et l’hémicycle, sans le vote de la gauche métropolitaine, accepte de modifier un budget qu’il sait insincère.

    Pour les maires, la calculatrice tourne dans les esprits, qui comptent combien ils peuvent perdre dans les attributions de compensations qui leur sont versées. « J’avais proposé d’actionner le levier fiscal dès le mois d’avril », déplore le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, pointant le pari « pas gagnant » d’avoir confié le budget à la chambre régionale des comptes et refusant de répéter l’opération. « Notre Métropole ne peut se construire ni contre les communes, ni sans elles, et particulièrement contre Marseille. Mais l’addition des intérêts communaux ne fait pas à elle seule l’intérêt métropolitain », avertit-il face aux enjeux du territoire.

    « Je suis en train de regarder mon budget communal, j’ai un trou de 2,4 millions dans ma section de fonctionnement, cette logique m’empêche de réfléchir à chaud », réagit les nerfs à vif le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, au milieu du débat juridique qui se lance sur les conséquences des votes successifs. De quoi exprimer l’émotion de nombreux maires. « L’avenir de la Métropole n’est pas en danger », se rassure Nicolas Isnard à l’issue des échanges en se vantant d’avoir le soutien « massif » de près de deux tiers de l’hémicycle. Qui n’a pas suffi ce jeudi. « Il n’y avait rien à négocier », assure-t-il face au soutien de l’extrême droite dont il refusait les voix pour son élection. Seul compte le fait de n’avoir pas augmenté cette année les impôts, peu importe la fracture dans son exécutif. « Ce n’est pas ma préoccupation », lâche-t-il. « J’ai toujours considéré que les communes n’avaient pas à faire les frais des turpitudes métropolitaines », défendait pour sa part Benoît Payan à la sortie de l’hémicycle.

  • L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    L’affaire des violences d’ultra droite à Montpellier dépolitisée

    Six à 8 mois de prison avec sursis, interdiction de porter ou détenir une arme pendant 5 ans ainsi qu’un stage de citoyenneté à exécuter dans les prochains mois à leurs frais.

    Voilà pour les condamnations* pour « violences commises en réunion » prononcées ce jeudi 10 septembre par le tribunal judiciaire de Montpellier, à l’encontre de 6 jeunes dont seuls 4 ont jugé utile de venir à l’audience. Des peines qui correspondent aux réquisitions du Parquet ainsi qu’aux requêtes des deux parties civiles qui ont obtenu des dédommagements de frais de justice (1 000 euros), des dommages et intérêts (1 500 euros) et/ou une provision (2 000 euros) pour l’une des deux victimes (Sébastien P.), lui-même condamné à 500 euros d’amende dont 150 avec sursis pour avoir porté un coup de pied à un individu mystère, qui n’avait visiblement pas intérêt à se faire connaître de la Justice.

    Du profil et des motivations qui ont poussé, sur une terrasse des Beaux-Arts, la bande à rouer de coups de poings et de pieds au visage ou au dos, Pierre P. puis Sébastien P. venu lui porter secours d’un café voisin, au point de causer 3 jours d’ITT au premier et 15 au second, on n’en saura pas beaucoup plus. Si ce n’est que les 4 jeunes (Raphaël P., Zakarya O., Enzo A. et Yann B.) âgés de 21-22 ans vivent chez leurs parents, en activité, au RSA ou en quête d’un emploi.

    Personne à l’audience n’a jugé pertinent de creuser leur profil politique, leur mouvance idéologique qui semble proche de l’extrême droite. Étonnant quand l’affaire a fait grand bruit et que des vidéos amateurs, en plus des images de vidéosurveillance de la Ville, attestent au préalable leur participation autour de la place de la Comédie, à une virée chaotique au sein d’un groupuscule identitaire d’ultra droite provocateur, sécurisé puis exfiltré par la police, en marge d’une manifestation intersyndicale.

    « On veut pas de facho, ici ! »

    Or, s’avère à l’audience que c’est la remarque inopportune de Pierre P., attablé au bar Le Manchester – « On ne veut pas de facho ici ! » – qui déclenche la bagarre. En deux temps, les coups pleuvent, les chaises volent. Pierre P. finit le visage ensanglanté, chemise déchirée. Tabassé à terre, Sébastien P. perd connaissance. 12 jours plus tard, il sera opéré d’un œil. Il souffre depuis de séquelles.

    A l’audience, le procureur Audrey Galaud réprimande mais balaie le contexte idéologique. « Tout le monde a le droit de penser ce qu’il veut mais les insultes (« facho ») sont interdites. Après, on ne va pas partir sur un débat politique »…

    La présidente est tout de même intriguée par les tenues claires des 4 à la barre. « Pourtant vous nous aviez dit que vous étiez toujours habillés en noir (ndlr : tenue avec cache-cou utilisée par l’ultra droite)…»

    Me Leblond, l’avocate des deux parties civiles, refuse de parler d’une « rixe entre deux bandes à armes égales » et fait elle aussi le choix de plaider sur les violences physiques reconnues. « Je crois qu’on n’avait pas intérêt à faire de ce procès une caisse de résonance politique. On aurait pu aussi évoquer les injures racistes contre John A. (hors procédure), mais le tribunal n’était pas saisi de cela. On n’exclut pas de déposer une autre plainte… »

    Contre toute attente, c’est la défense qui met les pieds dans le plat. « Je n’ai pas l’impression de défendre un facho », lance Me Chabert dont le client (Hugo M.) est en Australie. Puis il « s’étonne » des signalements de députés (PS, LFI) et du « compte rendu surréaliste des faits » du maire PS suite à la rixe. « M. Delafosse est à moitié aveugle, sous le prisme de l’ultra gauche ». Vu la consonance du nom de son client (Zakarya O.), Me Pons estime « qu’il n’a pas la bonne casquette pour être traité de facho ». Enfin, Me Paul, conseil de Enzo A. (le seul avec un casier judiciaire), s’interroge. « Ces notions de méchants/gentils, fachos/ultra gauche. Est-ce que ça valait 4 heures d’audience ? »

    La substitut du procureur dépeint des violences dont les conséquences auraient pu être dramatiques. « Aucun de ces hommes n’a su se maîtriser. Tout le monde a essayé d’échapper à sa responsabilité, puis avec les images de minimiser ». A tour de rôle, les prévenus feront des excuses. Eux seuls en connaissent le degré de sincérité.

    * Dix jours pour faire appel.

    « Pas intérêt à une caisse de résonance politique »

  • Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Partir de l’Estaque pour aller se balader à la Pointe Rouge en tram ? Un RER direct reliant Aix-en-Provence et Toulon en passant par le nord de Marseille ? Heddy Aouad, un Marseillais de 37 ans travaillant dans les relations publiques a lancé un projet qui vise à révolutionner le réseau des transports actuel mis en place par la métropole. Marseille Mobilité 2040 représente un livre blanc de 113 pages, accessible en ligne, qui explore en long et en large une vision futuriste et, selon son créateur « réaliste », de ce à quoi pourrait ressembler le paysage urbain autour et au cœur de la cité phocéenne.

    « Le but c’est de lancer une réflexion collective et de mettre les élus face à leurs responsabilités pour qu’ils comprennent que Marseille n’est pas condamnée », explique l’auteur de ce livre blanc. « On ne peut pas laisser la 2e ville de France gérée par des gens incompétents qui font n’importe quoi de l’argent public. »

    Une vision qui a pour but de restructurer les transports métropolitains tout en dénonçant un certain laxisme. Et de promouvoir un fort développement du réseau du métro et du tramway. Avec, par exemple, le prolongement de la ligne M1 en passant par La Valentine, Les Olives et La Croix-Rouge. Concernant la M2, elle serait également prolongée jusqu’à Saint-Antoine. Pour les tramways, le plan vise l’extension des lignes T1 et T3. De plus 3 lignes seraient ajoutées dont la « T6 », reliant la gare de l’Estaque à la Pointe Rouge. Pour le réseau ferroviaire, trois lignes de RER feraient leur apparition. Elles ne nécessiteraient aucune construction d’infrastructure. Une fiction qui pourrait peut-être donner des idées à la métropole.

  • À Saint-Jean de Védas, la rentrée s’ouvre sur un « Festin de rue »

    À Saint-Jean de Védas, la rentrée s’ouvre sur un « Festin de rue »

    Comme chaque année depuis bientôt 20 ans, Saint-Jean-de-Védas met du baume au cœur de la rentrée avec son Festin de rue, festival des arts de rue entièrement gratuit porté par la Ville.

    Les 12 et 13 septembre, le temps du week-end, le cœur de la commune (rues, places, collège…) se transformera en vaste scène à ciel ouvert. « On fait en sorte de proposer des spectacles pluridisciplinaires et variés : danse, cirque, théâtre, acrobatie… Il y a aussi des déambulations, de la pyrotechnie, des spectacles à destination des enfants, d’autres qui proposent des réflexions sur la société », détaille Inès Niederlaender, chargée de la programmation de la manifestation, également directrice du théâtre municipal Chai du Terral.

    20 compagnies « sélectionnées en me rendant sur différents festivals des arts de la rue en France », composent la programmation « in » du festival. 10 autres, retenues sur candidatures (« cette année on a reçu plus de 60 propositions »), constituent la sélection « off ». « Ces compagnies ne sont ni rémunérées ni défrayées, par contre on prend en charge l’ensemble des repas, on cherche des solutions d’hébergement auprès des habitants et à la fin de la représentation, elles peuvent faire tourner le chapeau », explique Inès Niederlaender. « Dans la programmation, on prête une attention particulière aux compagnies domiciliées dans la métropole, et plus largement dans la région Occitanie. Mais nous avons également convié des compagnies d’autres régions », précise la programmatrice.

    Deux concerts en fin de journée les 12 et 13

    Impossible de lister de façon exhaustive la trentaine de spectacles. Mais un petit aperçu permettra, à la façon d’une mise en bouche, d’en mesurer la diversité et la richesse. On retiendra par exemple ADN, spectacle sur le harcèlement scolaire proposé par la compagnie montpelliéraine La Barak. La représentation se déroulera au sein du collège de la commune, « pour essayer de toucher notamment les élèves confrontés à cette problématique ». Le collège Louis-Germain accueillera également une proposition de la compagnie 800 Litres de paille qui adapte, « de façon très moderne, avec beaucoup d’humour », Le Mariage forcé, un classique de Molière.

    Avec Dark, la Bruital compagnie revisite, de son côté, l’histoire de Jeanne d’Arc dans un spectacle très original tout en mime, bruitage et synchronisation labiale. À ne pas manquer également, le spectacle Les cœurs rouges, de la compagnie Carna, où trois hommes s’emparent de la pole dance, souvent associée à un imaginaire érotique et traditionnellement perçue comme une pratique réservée aux femmes. « Avec cette performance décalée, c’est la masculinité qui va être remise en question. Une voix off féminine accompagne ces chorégraphies et se fait, avec humour, la narratrice du récit sociologique des rapports hommes-femmes. »

    On peut encore citer La Françoise des Jeux, de La compagnie la Gazinière, qui revisite de façon humoristique le fameux loto de la Française des jeux en faisant participer les spectateurs ; ou encore Vent d’ouest, sorte de western aérien porté par la compagnie Les P’tits Bras : « dans ce rêve américain à la sauce Tex Avery, cinq artistes fusionnent voltige aérienne, rodéo audacieux et prouesses de cirque autour de la figure du cow-boy ».

    Enfin, moment clé du festival : la grande déambulation du samedi soir (22h) avec percussions et pyrotechnie, proposée par des artistes du Pays basque (compagnie Deabru Beltzak), s’inspirera d’un carnaval ancestral de cette région. « Une célébration chargée de mystère et de traditions » qui se terminera en musique à 23h avec un concert de l’artiste montpelliérain Yog. Le lendemain à 21h, ce sont Les Barbeaux qui cloront, également en musique, ce cru 2026 de Festin de rue.

  • À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    Mille quatre cents élèves et cent trente agents. Jeudi 10 septembre, quelques jours après la rentrée des classes, le lycée de Cournonterral a été inauguré en présence de la philosophe et essayiste Elisabeth Badinter, dont l’établissement porte le nom ainsi que celui de son défunt époux. Il s’agit bien sûr du célèbre garde des Sceaux, Robert Badinter, dont l’engagement humaniste avait conduit à l’abolition de la peine de mort en 1981, puis à la dépénalisation de l’homosexualité en 1982.

    Dans l’ouest de Montpellier soumis à la pression démographique, ce nouveau lycée est un soulagement pour les familles de nombreuses communes dont les enfants étaient contraints aux longs trajets en cars jusqu’à Montpellier. Pourtant, rien ne fut facile. Faire sortir de terre le 11e lycée (le second dans l’Hérault après celui de Gignac en 2020) depuis 2016 que Carole Delga est à la tête de la Région Occitanie, a eu des airs de parcours du combattant sur le plan juridique et administratif. « Ça a été un lourd combat avec 2 ans de retard et 6 millions d’euros de surcoût en raison de normes environnementales (coût total : 52 millions d’euros) », regrette Carole Delga qui a fini par hausser le ton auprès du préfet de Région. « Je lui ai rappelé l’essentiel : que le diplôme est le meilleur moyen de lutter contre l’isolement et le chômage. »

    « Un lourd combat »

    À l’instar de tous les nouveaux lycées, celui de Cournonterral est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à un système de géothermie et de panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 17 200 m² sur un site de 6 hectares dont 60% d’espaces verts (un millier d’arbres ont été plantés), le lycée est doté d’un plateau sportif de 4 000 m², d’un internat (50 places) et d’une maison des lycéens. L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique. Des métiers d’avenir à l’heure de l’intelligence artificielle.

  • Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    Grève le 15 septembre : la CGT énergie se joint à la santé

    La situation dans la santé, à l’hôpital ou en Ehpad, ne fait plus la une de l’actualité. Pourtant, la situation reste critique dans ces structures. Encore plus après l’été que les agents ont enduré, devant faire face à un afflux de patients à cause des canicules à répétition. « Il y a une journée où on a dépassé les 230 passages aux urgences, ce qui n’était jamais arrivé », confirme Romain Sabran, le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes.

    Mardi 15 septembre, il accompagnera une délégation d’Alès et des alentours à Montpellier pour manifester devant la préfecture. « On a toujours un absentéisme élevé, notamment dans les maisons de retraite. On est à 15-16% d’absentéisme, ce qui est bien au-dessus de la moyenne nationale. Quelques structures ont fonctionné tout l’été en sous-effectifs. Des lits ont été fermés durant l’été, notamment des lits d’ambulatoire et d’hospitalisation de jour. Des lits en pédopsychiatrie ont aussi été fermés temporairement », décrit Romain Sabran.

    Face à cette situation loin d’être isolée, la CGT appelle à se rassembler devant la préfecture entre 12h et 14h. Une délégation doit d’ailleurs être reçue par la préfète. Les agents souhaitent ainsi continuer d’alerter sur leur situation mais aussi peser dans le débat à venir sur le financement du budget de la sécurité sociale. « On a besoin d’un renfort de personnel. On demande aussi des hausses de salaires car avec le tassement des grilles, des agents se retrouvent aujourd’hui en dessous du Smic et reçoivent donc une indemnité compensatrice. Il y a aussi la question de la formation du personnel car on emploie de plus en plus de gens non qualifiés, notamment dans les Ehpad. On demande aussi l’abrogation de la fameuse taxe sur les salaires, qui est en grande partie responsable des difficultés financières des hôpitaux », liste Romain Sabran.

    Les énergéticiens

    en colère

    Les acteurs de la santé ne seront pas les seuls en grève mardi 15 septembre. Quatre organisations syndicales de l’énergie, dont la CGT, appellent également à la mobilisation. C’est un rapport de la Cour des comptes préconisant de revenir sur le tarif agent qui a mis le feu aux poudres. « Le tarif agent permet de payer 10% de l’électricité », explique la secrétaire générale de la CGT Énergie du Gard, Élodie Constantin. « Mais en contrepartie, on a des salaires qui sont inférieurs au salaire du commun des mortels. C’est un droit hérité de la création du statut de 1946. »

    Les agents sont donc appelés à se rassembler devant les préfectures. 300 d’entre eux sont ainsi attendus devant la préfecture du Gard à Nîmes. « Il y a de la colère parce qu’il n’y a pas que le tarif agent. Ils remettent aussi en question les heures supplémentaires et les astreintes alors qu’on ne peut pas s’en passer car on n’a pas assez d’agents. Si on veut supprimer les heures supplémentaires, il faut doubler les effectifs. Il y a aussi un problème de formation. On demande aussi le retour à un prix garanti car l’énergie est un bien commun », détaille Élodie Constantin.

    Une situation d’autant plus compliquée que les agents de l’énergie ont également été particulièrement sollicités face aux canicules et aux incendies. « Déjà en décembre, il y avait eu une tempête puis en janvier des inondations. Avec les canicules, nos ouvrages souffrent et il faut des agents sur le terrain. En ville, des agents vont travailler en soute et quand il fait 40 degrés dehors, il fait 60 dans la soute », conclut Élodie Constantin.

  • Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Stopper le fléau du protoxyde d’azote

    Utilisé pour des usages légaux, notamment dans l’industrie et la médecine, le protoxyde d’azote est massivement détourné pour un usage dit « récréatif » mais qui n’a plus rien d’hilarant. Il suffit d’une petite cartouche de protoxyde, ou désormais d’une bonbonne jetable, d’un banal ballon gonflable pour se droguer à moindres frais. Sauf que depuis une dizaine d’années, le « proto » est devenu une des substances les plus populaires chez les jeunes, entraînant accidents et handicaps à vie.

    Peu nombreux sont les usagers de cette drogue à mesurer qu’ils sont les victimes d’un trafic très lucratif à échelle européenne et mondiale. Exemple : en 2023 à Nîmes un vaste réseau de vente illicite de bonbonnes de protoxyde d’azote a été démantelé. Les chiffres sont énormes : entre « 200 000 et 500 000 bonbonnes » auraient été achetées puis revendues par le principal suspect « via plusieurs sociétés. Un trafic estimé entre 2,7 et 6,7 millions d’euros » relatait à l’époque France 3 Occitanie. Deux ans plus tard, en avril 2025, le tribunal correctionnel de Nîmes avait lourdement condamné les trois prévenus : « 3 750 euros d’amende pour la vente des crackers (dispositif d’extraction) ; 1 an avec sursis et 60 000 euros ; 4 ans de prison, 250 000 euros et confiscation de 3 immeubles pour l’organisateur » avait résumé sur les réseaux sociaux la procureure de Nîmes, Cécile Gensac.

    La Ville de Montpellier fait usage de fermeté, sans trembler, depuis septembre 2024 en interdisant la vente au détail et en procédant à des fermetures administratives d’épiceries de nuit. Selon la police municipale deux cents de ces établissements vendaient des bonbonnes. L’arrêté municipal signé par le maire socialiste Michaël Delafosse (PS), justifie ces mesures par la dangerosité du produit. « La consommation de cette substance entraîne des risques graves pour la santé : troubles moteurs, altération de la perception, convulsions, troubles neurologiques », précise l’arrêté municipal. Elles « ont été sources d’accidents parfois mortels et de refus d’obtempérer ».

    Dès 2021 la loi sanctionne la détention et le transport par un particulier de protoxyde d’azote au-delà d’une certaine quantité. La législation s’est encore musclée en 2026 : la loi fourre-tout, Ripost, promulguée le 18 août prévoit qu’à partir du « 1er février 2027, la vente de protoxyde d’azote aux particuliers sera purement et simplement interdite. En outre, un délit d’inhalation détournée de protoxyde d’azote hors cadre médical est créé ». L’amende sera de 500 euros. La répression donc.

    Mais pour Yann Bisiou, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université Paul Valéry de Montpellier, spécialiste des politiques publiques sur la drogue, la réponse apportée par la loi Ripost « ne sera pas efficace ».

    Mais face à l’ampleur du trafic, c’est la loi du bâton qui domine. Début septembre, le préfet de police de Paris a révélé que 26 tonnes de bonbonnes de protoxyde d’azote ont été saisies dans l’agglomération parisienne au cours des 8 premiers mois de l’année, soit déjà dix fois plus que sur l’ensemble de l’année 2025. le protoxyde d’azote « est un problème sanitaire et un problème d’ordre public », résume Patrice Faure. Mais il mise sur la loi Ripost pour « apporter des réponses beaucoup plus fermes et visibles ».

    Les professionnels de santé souhaiteraient de véritables campagnes préventives à l’échelle nationale comme l’explique à La Marseillaise la professeure Hélène Donnadieu-Rigole, responsable du service addictologie du CHU de Montpellier. Pour l’heure, les villes sont en première ligne et mènent leur propre campagne de prévention tout en devant gérer la terrible pollution générée par ces bonbonnes.

    EN CHIFFRES

    12%

    des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme gaz hilarant contre 6% il y a quatre ans, selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026. L’Occitanie est l’une des régions les plus touchées.

    27%

    des consommateurs de protoxyde d’azote déclarent avoir des pensées suicidaires selon la même étude Ipsos.

    25%

    des consommateurs réguliers déclarent avoir eu un accident de la route après avoir inhalé du protoxyde d’azote. En tête des consommations chez les jeunes : l’alcool, suivi du tabac puis du cannabis.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « L’Espagne est très en avance sur nous »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que vous retenez de votre visite en Espagne ?

    Serge Ragazzacci : On a visité un chantier et un entrepôt, nous avons discuté avec la ministre du Travail espagnole, nos homologues d’autres syndicats espagnols… Et le constat est clair : Ils sont en avance, voire très en avance, sur la réglementation et la prise en compte de la santé des travailleurs dans le cadre d’événements climatiques anormaux. Leur gouvernement est ouvertement engagé sur le sujet, il sait prendre ses responsabilités pour obtenir de vrais résultats. Plus globalement, les commissions ouvrières espagnoles travaillent depuis près de 15 ans sur ce type d’événements. Par exemple, il y a un système d’alerte pour les phénomènes météorologiques avec des plans d’actions dans les entreprises. Ces plans sont négociés dans les entreprises et dans les conventions collectives. L’inspection du travail joue un rôle de prévention… Cet été, quand la CGT a demandé des mesures sur les fortes chaleurs, le patronat, certains politiques et une certaine presse, l’ont pris à la rigolade. Mais dès lors qu’il y a eu des morts, ça a commencé à être pris au sérieux. En France, on dénombre 7 000 morts sur cette période, alors qu’on en recense 5 000 en Espagne et qu’ils ont des zones où il fait beaucoup plus chaud que nous.

    Concrètement, quelles différences entre l’Espagne et la France sur cette prise en compte ?

    S.R. : Par exemple, sur la prévention, ils distinguent travail extérieur et intérieur, travail physique ou léger, selon les conventions collectives et les saisons. À l’entrepôt que nous avons visité, ils avaient un niveau de prévention qui allait jusqu’aux salariés qui avaient des problèmes de santé et susceptibles de souffrir de la chaleur. Autre exemple parlant : À partir de 27 degrés dans les bureaux, ils ne travaillent plus. Si un endroit dans l’entreprise dépasse ces degrés, ils ont des appareils pour refroidir la zone et les salariés travaillent dans un autre endroit, mieux tempéré. Pour le travail en extérieur, il y a plus de pauses, un système de récupération, mise en place de points d’eau… Cela va même jusqu’à la prise en compte du degré d’humidité. En clair, ils ont un cadre national fort et un travail de prévention et d’organisation qui est fait dans les conventions collectives et les entreprises. Dernier exemple très concret : partout où nous sommes allés, les mesures se discutaient en comité d’hygiène et sécurité… Qui a été supprimé en France !

  • Des cahiers de doléances pour les postiers alpins

    Des cahiers de doléances pour les postiers alpins

    « Tout est parti d’un constat, explique Alexandra Pourroy de la CGT FAPT 05 (Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications). Celui d’une très mauvaise gestion, par La Poste entre autres, du travail en période de canicule. »

    Cet été, le syndicat a relayé une enquête lancée par la CGT au niveau national sur l’impact réel des fortes chaleurs sur les conditions de travail. 11 000 travailleurs y ont répondu. « Les résultats sont sans appel, précise la CGT. Les mesures prises par les employeurs sont restées largement insuffisantes. »

    À la Poste, les facteurs étaient particulièrement impactés : « Le parc automobile est vieillissant, les véhicules ne sont pas forcément climatisés, regrette Alexandra Pourroy. Certains sont à vélo pendant les heures les plus chaudes, et les agents n’avaient pas partout de l’eau à disposition ».

    La CGT FAPT 05 a décidé « d’agir concrètement plutôt que d’attendre des annonces qui tardent toujours à venir ». Elle a mis à disposition dans les bureaux de poste du département des cahiers pour que les postiers puissent s’exprimer librement sur la manière dont ils souhaiteraient organiser leur travail pendant les vagues de chaleur.

    « Sur le terrain, nous constatons que les mesures prises par les employeurs sont décidées sans les salariés concernés, et parfois à leur détriment, précise un communiqué du syndicat. Plutôt que d’adapter l’organisation du travail, on renvoie aux travailleurs la charge de s’adapter eux-mêmes à des conditions toujours plus difficiles. »

    La CGT FAPT 05 invite par ailleurs tous les salariés à participer à l’enquête « canicule ».

    Agathe Di Lenardo

  • Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Une poubelle en feu mais pas de panique, ce sont les pompiers eux-mêmes qui l’ont allumée ce jeudi 10 septembre devant le Sdis d’Avignon pour illustrer leur colère. Rentrée sociale oblige avec une réunion des syndicats avec la direction du Sdis 84 dans un contexte tendu.

    Une centaine de soldats du feu se sont ainsi réunis devant le centre. Le passage des gardes de 24  heures à 12 heures est notamment demandé. « En 24 heures, seules 18 sont payées. Et des études prouvent que c’est mauvais pour la santé et on le ressent », pousse Christophe Vacher du syndicat SPP-Pats de Vaucluse.

    Plan pluriannuel

    Le syndicat concède que pour cela, il faut des recrues et donc des moyens supplémentaires. Le Colonel Hors Classe Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, confirme de son côté qu’un « plan pluriannuel » est engagé par le gouvernement afin de passer le système en 12 heures.