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  • Yamal, le digne successeur du grand Messi

    Yamal, le digne successeur du grand Messi

    On ne peut pas en être encore sûr, mais Lamine Yamal marche sur les pas de Leo Messi. Talent précoce comme la Pulga, le jeune catalan de 19 ans impressionne par sa vitesse d’exécution, sa technicité et sa pointe de vitesse. « Il fait la fierté de La Masia », a déclaré Laporta à la radio espagnole RAC1. « Messi, c’est le passé et le présent, tandis que Lamine, c’est le présent et l’avenir. Nous sommes très heureux de disposer de ce qui constitue le véritable style de jeu du Barça. En tant que président, je suis fier d’avoir formé ces deux joueurs chez nous, et si l’on ajoute Joan Garcia, Eric Garcia, [Pau] Cubarsi, qui réalise une Coupe du monde spectaculaire, [Dani] Olmo, Gavi, Pedri, Ferran [Torres]… C’est spectaculaire », ajoute-t-il. D’ailleurs, 25 des 52 joueurs qui fouleront la pelouse avant le coup d’envoi de la finale sont sous contrat avec un club de Liga. Deuxième plus représenté, le Barça comptera huit joueurs – tous espagnols – dans cet ultime match.

    Incertain à cause d’une blessure

    Comme son compatriote Pedro Porro, Lamine Yamal a manqué l’entraînement et a été aperçu avec un bandage autour de la cuisse. L’attaquant du FC Barcelone avait déjà été touché à cet endroit en avril dernier, alimentant les interrogations à quelques jours de la finale. Sa présence face à l’Argentine ne semble toutefois pas remise en cause à ce stade, même si son état physique sera suivi de près par le staff.

  • Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Des jeunes gèrent leur propre entreprise cet été à Manosque

    Déménagements, entretien de jardin, soin des animaux… Douze jeunes manosquins lancent cet été leur propre entreprise et proposent leurs services aux habitants de Manosque et de ses alentours, accompagnés par le centre social.

    « Les jeunes envoient leurs devis, puis leurs factures. Ils travaillent environ 20 heures par semaine, puis se partagent les bénéfices de l’entreprise après avoir payé leurs charges, en plus de la bourse au permis de 700 euros », explique la directrice du centre social de Manosque, Emmanuelle Evin.

    « Ce sont des jeunes de tous horizons qui collaborent pour ce projet pendant lequel ils vont prendre confiance en eux, se constituer un réseau, rencontrer des entreprises et des particuliers. Cela leur permet de passer d’adolescents à jeunes adultes, avec la possibilité de valoriser cette expérience sur Parcoursup » avance Malik Saadane, conseiller municipal de Manosque en charge de cette coopérative jeunesse de services.

    Neuf des douze jeunes participants sont issus des quartiers prioritaires de la Ville cette année, ce qui permet de garantir « l’égalité des chances », selon Malik Saadane.

    « Certaines années, ils ne gagnent pas grand-chose après avoir divisé les bénéfices par douze. C’est pour cela qu’on a ajouté la bourse au permis, ce qui a largement augmenté le nombre de candidats », explique Nesrine Rahou Guerfi, adjointe au maire de Manosque en charge du centre social. Ils étaient 81 à postuler cette année.

    « C’est une action qui revient cher, car il faut encadrer les jeunes pendant tout un été pour s’assurer qu’ils soient dans la légalité et la sécurité », avance Emmanuelle Evin. Le centre social peut ainsi compter sur les financements de l’État, de la CAF, de la communauté d’agglomération DLVA et de la mairie de Manosque. Le projet est également parrainé par la mission locale et par la coopérative d’activité et d’entrepreneurs Mosaïque.

    Une entreprise collaborative

    La coopérative fonctionne comme une vraie entreprise, avec un comité ressources humaines, un comité finances et un comité marketing. Les partenaires du projet confient d’ores et déjà des missions aux jeunes, comme des distributions de flyers ou des animations de jeux en bois. Chaque année, de nombreux habitants font appel à leurs services de lavage de voiture ou encore de jardinage. « C’est bénéfique pour vous et pour nous », a souligné l’un des jeunes participants vendredi, lors du lancement de la coopérative, active du 13 juillet au 21 août.

    « Je suis ravie du groupe, ils se sont vite intégrés et sont très motivés » s’est réjouie Aya, l’une des deux accompagnatrices, qui avait elle-même participé à la première coopérative jeunesse de services (CJS).

    Initiées au Québec il y a 30 ans, les CJS ont été expérimentées pour la première fois en France en 2013. Il en existe quatre sur la Région Sud, dont celle de Manosque et celle d’Oraison, pour la première année.

  • Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Le Grand bain à Pierre-Reyne, ce n’est pas pour demain. Fermée pour travaux depuis avril 2025, la piscine du centre-ville devrait être prête à la fin août. Mais on imagine mal Olivier Galzi, maire (DVD) et Cécile Helle (PS), qui l’a précédé et a initié le chantier, se lancer dans un ballet aquatique commun le jour de la réouverture. Une date encore inconnue à ce stade. « Les crédits nécessaires à son fonctionnement (personnel, entretien, énergie, etc.) n’ont pas été inscrits au budget par l’ancienne équipe municipale », nous répond, à nouveau, la Ville. En précisant que « le rejet du compte administratif par le conseil municipal empêche, pour l’instant, l’adoption d’un budget supplémentaire qui permettrait de couvrir ces besoins ».

    Ce budget supplémentaire pourrait se faire au mieux lors du prochain conseil municipal fixé le 24 septembre. Resterait ensuite à faire fonctionner cette piscine, dont la fréquence est soumise au bon vouloir de la majorité et des marges de manœuvre financières qu’elle souhaite y donner. Car, bien malgré elle, la piscine Pierre-Reyne est devenue, aux yeux d’Olivier Galzi, un des symboles d’une « gestion absolument irresponsable ». Le bassin mitoyen de la cité scolaire Mistral a été cité plusieurs fois par le maire dans son chapelet d’exemples pour taper fort sur l’état des finances laissé par la précédente majorité : « On a mis 3,4 millions d’euros pour la réhabiliter, très bien, pas de problème. Mais qu’est-ce qui est prévu en fonctionnement ? Zéro. On n’a pas un sou pour payer l’électricité, l’eau, le chauffage, un mec pour surveiller le bassin. »

    Une accusation dont s’est dédouanée l’ancienne maire, Cécile Helle, dans nos colonnes. « On avait bien précisé que le budget primitif présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations, rappelait-elle. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. » L’ex-édile précisait alors que plusieurs scénarios de fonctionnement global des bassins municipaux étaient établis et budgétés avec des versions a minima et a maxima. Libre ensuite au maire de trancher.

    Des budgets toujours malléables sur l’année

    En février, lors d’une visite de chantier, Cécile Helle livrait d’ailleurs un message prophétique, en valorisant son bilan sur les piscines qui ont toutes fait l’objet d’une vaste réhabilitation, de même que le stade nautique : « J’espère que l’équipe qui arrivera sera dans la même gestion que nous, même si cela nécessitera un haut fonctionnement soutenable. » Entre les fortes accusations d’Olivier Galzi et les démentis apportés par Cécile Helle, la réalité est bien moins binaire. Et ce à la lecture des deux derniers budgets annexes des activités aquatiques. Ces outils donnent une somme globale, ventilée sur plusieurs postes de dépenses, mais ne fixent pas au centime près une ligne dédiée au coût de chaque maître-nageur dans telle ou telle piscine.

    Si l’on reprend le budget 2025 de fonctionnement, 2,51 millions d’euros étaient prévus au titre de la gestion des 4 piscines (hors stade nautique). « Ces dépenses intègrent les frais courants et récurrents indispensables aux activités aquatiques (eau, énergie, personnel) », précise la Ville. Un an plus tard, pour le budget 2026, cette somme est quasi similaire à 2,59 millions d’euros. Dans le détail, on constate toutefois une forte baisse sur le volet énergie/électricité, qui passe de 1 million d’euros à 426 000 euros. Sur une autre ligne, les charges de personnels progressent un peu, en un an, de 3,26 à 3,37 millions d’euros.

    Il faut préciser que ces budgets sont votés en décembre sur la base de prévisions et font l’objet de plusieurs ajustements classiques, comme le suggérait Cécile Helle. Par exemple, sur le million d’euros finalement budgété pour l’énergie/électricité, seuls 706 000 euros avaient initialement été provisionnés. Le budget d’une Ville, c’est un peu comme celui d’un ménage : prévisions, gestion d’imprévus et surtout choix politiques.

  • Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Dans le Var, la ministre de la Mer Catherine Chabaud appelle à cohabiter avec la faune marine

    Si elle confesse volontiers avoir apprécié ces trois jours « dans (son) élément », Catherine Chabaud n’était pas en vacances dans le Var. La ministre déléguée en charge de la Mer et de la Pêche, ancienne navigatrice – elle fut la première femme à terminer un tour du monde à la voile, en 1996-1997, sur le Vendée Globe – est arrivée mercredi dans le département, pour l’inauguration de la plateforme scientifique de l’institut océanographique Paul Ricard, sur l’île des Embiez. Cet outil, dédié à la recherche dans différents domaines (aquaculture innovante, sécurité alimentaire, conservation d’espèces menacées…) avec l’objectif de sensibiliser les décideurs politiques, a particulièrement plu à la ministre : « On a besoin de vision, et Patricia Ricard [présidente de l’institut, ndlr] fait partie des visionnaires. Cette plateforme permet de faire de la recherche et d’identifier les sujets d’urgence comme le fait de développer une aquaculture plus durable, et de les expérimenter », dans un esprit de « mobilisation collective des entreprises, des scientifiques et des ONG » qui lui est cher.

    Jeudi, elle a embarqué à bord du catamaran We Explore de son confrère navigateur Roland Jourdain, double vainqueur de la Route du Rhum, fabriqué à 50 % en fibre de lin. Ils y ont repéré un cachalot blessé par une hélice de bateau aux abords du Parc national de Port-Cros. Un sujet qu’a abordé le navigateur vendredi, lors d’une série d’échanges consacrés à la protection de la mégafaune marine vendredi au Fort du Pradeau, à Hyères.

    « Nous sommes colocataires de la planète »

    « On raconte les histoires des courses, des quarts de seconde décisifs, mais la victoire peut se faire à vitesse réduite. Il faut inventer le modèle de demain », milite-t-il. Car la vitesse demeure un véritable sujet, sur lequel une forme de législation existe par endroits, notamment dans le cadre de la Zone maritime particulièrement vulnérable (ZMPV) établie entre la France et l’Espagne en 2023, avec une réduction entre 10 et 13 nœuds dans certains espaces sensibles. « Il faut trouver le bon curseur, la mer ce n’est pas la route », temporise Catherine Chabaud, qui reconnaît toutefois « d’autres enjeux comme la réduction des émissions de CO2 et une opportunité à mieux connaître le milieu marin ».

    Et à « cohabiter ». « Il faut se rendre compte que nous sommes colocataires de cette planète », clame, avec véhémence, l’océanologue François Sarano en conclusion des échanges de vendredi, au cours desquels la cohabitation a pris une large place. D’abord, à travers des discussions sur les conséquences des bruits anthropiques sur la megafaune, qui peuvent entraver, entre autres, la chasse pour les animaux marins. Ensuite, sur les effets des sports nautiques, même ceux qui ne polluent pas ou peu directement (wingfoil, voile). Enfin, sur le rôle des collectivités, engagées dans des démarches collectives comme le sanctuaire Pelagos, espace maritime de 87 500 km² établi entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection de la biodiversité marine, et le programme Caret, mené par le Parc National de Port-Cros, visant à protéger et restaurer les écosystèmes littoraux sableux, pour favoriser la reproduction de la tortue caouanne.

    Une approche qui doit, selon la ministre, permettre de sensibiliser les individus : « La problématique, c’est la capacité des citoyens à changer de comportement. On est en train de rentrer dans la partie exponentielle des courbes du GIEC ». Et pour cela « il faut aussi des décisions politiques fermes ». À l’opposé de la loi Duplomb ou de la loi d’urgence agricole dont le texte, assoupli en commission mixte paritaire jeudi sur le volet de la réintroduction de pesticides interdits et du stockage d’eau, doit être présenté au Sénat et à l’Assemblée nationale lundi et mardi.

  • Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Fraîchement inauguré en cette matinée du samedi 18 juillet, le marché d’été à la céramique et aux santons présente sa 59e édition dans le bas du cours Foch, en plein centre-ville aubagnais. Porté par l’Association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et coorganisé avec la Ville et l’office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, le marché est devenu un rendez-vous annuel pour les touristes et les habitants.

    Depuis sa création en 1968, le marché à la céramique et aux santons a l’habitude d’occuper la partie haute du cours Foch. Face aux températures caniculaires, l’événement s’est réfugié de l’autre côté de la place, à l’ombre fraîche des platanes qui bordent la fontaine. « C’est un véritable petit village d’artisans » dépeint Florence Amy, présidente de l’association organisatrice. « On ne ferme les portes à personne, l’idée c’est de représenter tout ce qui se fait dans la région », explique-t-elle. Les cinq prochaines semaines, neuf artisans locaux d’horizons et de métiers différents exposeront dans les barnums, ces « magasins à ciel ouvert » comme les appelle la présidente. À travers les allées, les visiteurs pourront découvrir et se procurer des objets divers, qui illustrent la richesse des professions de la filière de l’argile. Céramiques utilitaires ou décoratives, faïences traditionnelles, bijoux, santons et crèches provençales : les étalages sont déjà prêts et bien garnis.

    Célébrer et transmettre un héritage artistique local

    Les créations colorées reflètent la patte artistique de leur créateur. Elles laissent entrevoir un aperçu de la création contemporaine, construite à partir de techniques qui se transmettent depuis des générations chez les artisans.

    L’art de façonner l’argile occupe une place centrale à Aubagne. Récemment sacrée capitale européenne de la céramique, la commune reçoit tous les deux ans Argilla, le festival international de la céramique, et a récupéré la gestion de la filière argileuse des mains de la Métropole en janvier 2025. Un savoir-faire qui n’est donc plus à prouver et que les artisans ont à cœur de transmettre. « C’est l’ADN de la ville, c’est ce qui fait notre force », appuie Florence Amy qui s’engage toute l’année pour faire découvrir la tradition du travail de l’argile aux touristes via son association : « Le travail des santons reste un héritage très familial, c’est important de faire connaître ce métier. » Et pour cela, quoi de mieux que la pratique ? Ouvert jusqu’à 21h le vendredi soir, le marché fait sa nocturne. Il y proposera des ateliers participatifs* menés directement par les exposants, les vendredis 24 et 31 juillet et les 7, 14 et 21 août. Ces animations constitueront des moments de partage et de transmission autour de l’artisanat de l’argile, dont les participants pourront repartir avec leur propre production. « Les gens se découvrent avec un pinceau, en mettant les mains dans la terre », s’amuse la présidente qui observe un public familial lors des activités. « Ce sont de formidables échanges » ajoute-t-elle, ravie de partager ce patrimoine dans lequel elle baigne depuis l’enfance au sein de la mythique faïencerie Louis-Sicard, inventrice des cigales en céramique.

    *Inscriptions auprès de l’office de tourisme, au tarif de 3 € par personne et par atelier

  • Nocturnes au Camp des Milles, une expérience « personnelle »

    Nocturnes au Camp des Milles, une expérience « personnelle »

    Plusieurs facteurs ont poussé au lancement des visites nocturnes du site mémorial. à commencer par la canicule. « Il fait très chaud en journée, on se dit que les vacanciers qui viennent dans la région ont envie de faire des activités ailleurs qu’à la plage en fin de journée », commence Léna Casiez, responsable du pôle culture et éducation de la Fondation Camp des Milles. Sur le fond, des visites nocturnes « c’est une autre ambiance, plus intimiste, plus propice à la réflexion, aux émotions, quand on est à l’intérieur du bâtiment. C’est l’occasion de proposer une expérience plus personnelle », précise Léna Casiez. Pour la première fois, le Camp des Milles propose chaque jeudi soir, dès 19h, des visites nocturnes de cette ancienne tuilerie qui porte encore les traces de prisonniers politiques et de français juifs enfermés ici avant leur déportation. Le programme se décline autour de quatre thématiques proposées en alternance chaque jeudi : Créer pour résister, les 9 juillet et 27 août, Musique et témoignages, les 16 juillet et 6 août, À la recherche du mot précieux, session qui cible les familles, les 23 juillet et 20 août, et Memory Beyond Borders, proposée en anglais et en allemand, les 30 juillet et 13 août.

    Pour réfléchir ensemble

    En parallèle des visites thématisées et guidées, les visites libres du Camp des Milles et de son wagon des souvenirs sont maintenues avec une dernière entrée prévue pour 20h30. Si cette initiative est une première, le Camp des Milles avait déjà testé les visites de nuit, en participant tous les ans notamment aux Nuits Européennes des Musées, en organisant des visites à la bougie ou à la lampe torche. « Sur les murs (du Camp des Milles) il y a beaucoup de traces, de dessins et de peintures datées des périodes d’internement et avant les déportations, précise Léna Casiez, faisant allusion à l’ancienne salle des gardiens du camp. Dans ce sens, on a aussi une visite spécifiquement familiale le mercredi, autour des mystères de la salle des peintures autour de l’art, la résistance, la liberté d’expression. » Toute la programmation estivale du Camp des Milles a été pensée pour une visite en famille. Et s’inscrit dans un travail de réflexion contre les haines et discriminations porté par le long terme par la Fondation du Camp des Milles. « On va donc penser des actions de sensibilisation qui permettent à chacun de réfléchir par lui-même d’être vigilant face aux indicateurs qu’il va voir dans la société actuelle (…) et toutes les activités vont être liées à ces questions », conclut Léna Casiez. Toutes les informations sont à retrouver sur le site du Camp des Milles.

  • Arles, la CGT ne lâchera pas ses locaux de la Bourse du travail

    Arles, la CGT ne lâchera pas ses locaux de la Bourse du travail

    Le bras de fer entre la municipalité arlésienne et l’Union locale de la CGT d’Arles n’en a pas fini. « La CGT ne se laissera pas expulser de la Bourse du travail d’Arles ! », défend la confédération nationale ce jeudi dans un communiqué de presse, alors que le tribunal administratif de Marseille a rendu sa décision dans le litige le 9 juillet.

    L’institution judiciaire confirme dans sa décision la légalité de l’action de la municipalité et exige que l’union locale de la CGT libère les locaux. Le litige débute en 2023, lorsque le maire (Horizons) de la ville, Patrick de Carolis fait savoir au syndicat sa volonté de ne pas renouveler la convention d’occupation qui prenait fin 2024. L’objectif de l’édile est d’y implanter un nouvel office de tourisme dans ce bâtiment public.

    L’activité syndicale serait maintenue dans les locaux, mais limitée à « deux salles sans fenêtres de 11 m2 » alors qu’ils ont actuellement « sept bureaux pleinement occupés », indique leur communiqué. Le syndicat dénonce une volonté du maire d’« invisibiliser et réduire le rôle et le rayonnement de la CGT sur la localité », alors que l’organisation occupe la Bourse du travail depuis 126 ans.

    Pour la CGT, la décision du tribunal administratif « si elle est maintenue en appel aurait de lourdes conséquences, pour le syndicat mais aussi pour les salariés et les Arlésiens », indique-t-elle dans son communiqué de presse.

    Sur Facebook, Patrick de Carolis se félicite, lui, de cet arbitrage. « Cette décision permet enfin à la Ville d’Arles de poursuivre sereinement son projet de requalification de la Bourse du travail, avec l’installation du futur office de tourisme. Je prends acte du verdict avec satisfaction et veillerai à la bonne exécution de ces décisions de justice. »

    Sanctuariser

    les Bourses du travail

    De son côté l’opposition municipale « Union pour Arles » ayant pour chef de file Nicolas Koukas (PCF), rappelle que le tribunal n’a statué que sur le litige, et affirme « que le débat politique demeure entier ». Ils affirment que le choix de la Bourse du travail comme nouveau lieu pour l’office de touriste constitue un choix politique « assumé, poursuivi et revendiqué ». Elle rappelle que ce lieu est chargé de « l’histoire ouvrière, de dialogue social et de conquêtes démocratiques. […] Patrick de Carolis a choisi d’effacer cette dimension historique pour imposer sa propre vision ».

    Un cas de moins en moins isolé en France. à Carcassonne, dans l’Aude, le maire (RN) Christophe Barthès a également annoncé le retrait de l’usage des locaux municipaux à quatre organisations de salariés dont la CGT.

    à quelques mois de la présidentielle où le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, l’organisation syndicale alerte sur ces manœuvres et exige « une sanctuarisation des Bourses du travail et la sécurisation des locaux ».

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »

  • Marseille, ces habitants militent pour une meilleure accessibilité des bus

    Marseille, ces habitants militent pour une meilleure accessibilité des bus

    Si je ne hausse pas la voix, je ne monte pas dans le bus. » Atteinte d’une poliomyélite, Rachida se déplace en fauteuil électrique. Chaque jour, prendre le bus à Marseille relève pour elle du parcours du combattant. Seuls « 31% des arrêts sont accessibles aux PMR », selon la Régie des Transports Métropolitains (RTM). « Mon handicap commence vraiment quand je suis confrontée à cet espace public qui ne m’est pas adapté », souligne Rachida.

    Cette Marseillaise fait partie du Collectif des habitants organisés du 3e arrondissement (CHO3). Pour rendre visible cette injustice, ses membres ont lancé une pétition en ligne intitulée « Droit au bus ». Publiée en mai, elle a déjà recueilli plus de 1 300 signatures, sur les 2 500 espérées par les habitants.

    Concrètement, le collectif demande des rampes d’accès fonctionnelles dans tous les bus et une formation spécifique des chauffeurs. « Car les rampes sont souvent hors d’usage et les chauffeurs ne savent pas toujours comment les sortir. Parfois, ils ne connaissent même pas l’existence de la rampe », témoigne Rachida en montrant une vidéo d’un incident à ses camarades.

    Pourtant, la RTM assure que « les conducteurs suivent une formation sur l’accessibilité, qu’ils doivent renouveler tous les 5 ans ». Au sujet des rampes, le réseau de transports soutient que « 100% des bus du réseau sont équipés de rampes d’accès », mais seuls « 92,2% d’entre elles sont disponibles, à cause des opérations de réparation ou de remplacement ».

    Une société validiste

    Après l’envoi de nombreux recommandés à la présidente de la Métropole (DVD), Martine Vassal, le collectif a décroché une réunion avec plusieurs techniciens et responsables de la RTM, en juin dernier. « Nous ne demandons pas de la sensibilisation, mais un réel changement de politique », rappelle Gaël, un autre membre du collectif. Et d’ajouter que « malgré des comportements parfois validistes, les chauffeurs ne sont pas nos adversaires, mais de potentiels alliés ».

    Le collectif appuie ses revendications sur la loi Handicap de 2005. Une loi loin d’être pleinement appliquée à Marseille, selon les membres. « Notre liberté de mobilité n’est pas respectée, alors qu’on est dans la deuxième ville de France, s’indigne Rachida. La RTM dit qu’elle va aménager 100 arrêts par an. À ce rythme, on en a pour au moins 16 ans. »

    Le plus dur reste de mobiliser les PMR directement concernées car, selon Gaël, « elles ont d’autres combats à mener, le bus passe au second plan ». « Mais on ne lâchera pas », assure fermement Rachida. En attendant d’atteindre les 2 500 signatures de la pétition, le collectif continue de faire appel aux responsables telles que Samia Ghali, présidente de la RTM. Contactée par La Marseillaise, elle déclare à propos de l’accessibilité des bus : « Je suis pleinement consciente que nous devons encore aller plus loin. Notre objectif est d’agir de manière plus efficace, en priorisant les arrêts les plus fréquentés. »

  • Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Depuis trois semaines, la situation financière de la Ville fait l’objet de tous les commentaires depuis que la nouvelle majorité s’est émue du « champ de ruines » laissé, selon elle, par Cécile Helle (PS). Un sujet qui a fortement animé le dernier conseil municipal, à la lumière du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), poussant même l’ex-maire à sortir de sa réserve.

    En refusant d’adopter le compte administratif, la majorité avait ouvert la voie à une prise en main par les services de l’État sans aller jusqu’à la mise sous tutelle. À la place, la Ville vient d’être placée en réseau d’alerte des communes en difficulté financière. Le préfet en a informé le maire dans un courrier du 16 juillet, suite à deux réunions il y a près de dix jours.

    Un dispositif qui, en soit n’a rien d’exceptionnel, où chaque année des Villes, agglo ou départements y entrent et sortent. Reposant sur 4 critères (autofinancement, endettement ou potentiel fiscal), ce réseau, créé en 1993, est « un instrument interne à l’administration, destiné à améliorer la prévention des difficultés de certaines collectivités ». Il démontre toutefois une santé financière souffreteuse. « Depuis plusieurs mois, de nombreux indices d’une dégradation de la situation financière de la commune d’Avignon sont apparus. Le rétablissement des comptes ne pourra être atteint sans le renforcement de la maîtrise des process comptables et financiers (notamment en matière de dépense) et par la régularisation des opérations comptables », indique la préfecture dans une note co-signée avec la direction des finances publiques, et que la municipalité a fait part à la presse.

    Selon les services de l’État, « la commune doit contenir ses charges de fonctionnement, en particulier ses charges de personnel et ses charges financières pour retrouver un autofinancement qui doit être consacré au remboursement de la dette, qui reste le problème majeur et prioritaire ». En tenant compte des budgets annexes, elle s’élève à 216 millions d’euros. Autre écueil aux yeux des finances publiques, la chute de trésorerie (-57 % en deux ans), « générant des relations compliquées avec les fournisseurs en attente de paiement ». Enfin, un point apporte de l’eau au moulin de la majorité qui avait dénoncé les nombreuses charges de 2025 qui se retrouvaient sur le budget 2026, « un montant qui ne semble pas correspondre à un niveau sincère des engagements existants de la part d’une commune de cette taille ». Tout en pondérant que « seule la commune peut connaître le montant des rattachements à effectuer en raison du service fait dont le comptable public, n’a pas, par principe, connaissance ».

    Dans ce contexte, préfecture et direction des finances publiques sont aux côtés de la Ville pour mettre en place « un plan de redressement ». Dans un communiqué, la municipalité se targue d’avoir eu « raison de refuser de cautionner les comptes de l’ancienne gestion » lors du conseil municipal le 30 juin. Sur un ton moins vindicatif que précédemment, la majorité Galzi assure que « la transparence totale sur l’état réel des finances de la ville est et restera la règle, les Avignonnais ne doivent pas payer les errements et la mauvaise gestion de la municipalité précédente ». Qui ne devrait pas manquer de réagir.