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  • Hommage à Messagier, aux paysages et au patrimoine à Aix

    Hommage à Messagier, aux paysages et au patrimoine à Aix

    Le parcours est tout aussi patrimonial qu’artistique. Niché dans les hauteurs du Tholonet, le domaine Saint-Joseph, fondé par les Jésuites, puise son histoire dès le XVIIe siècle. En 1960, le peintre François Aubrun acquiert le domaine, s’installe pour peindre dans ce lieu même qui, aussi, a inspiré Paul Cézanne. Désormais, l’œuvre d’Aubrun continue de vivre dans chaque coin de ses vingt-cinq hectares. Ses descendants, travaillent, eux à faire du domaine un lieu de rencontre d’artistes, une résidence, une image provençale de la Villa Médicis.

    Peintre lié à la nature – c’est ainsi que le décrit Romain Pierre, l’un de ses descendants, artiste lui aussi – c’est dans cette logique que le domaine choisit d’exposer les œuvres de Jean Messagier. « Ce sont deux artistes qui ont un lien très fort au paysage, à la nature. Ce qui va être déterminant, c’est le rapport de sensibilité au paysage, à l’art, et chez Messagier, son rapport fusionnel à la nature », rappelle Romain Mathieu, commissaire de l’exposition. Messagier, Aubrun ne sont pourtant pas d’une même génération. Lorsque le premier expose à la Biennale de Venise, en 1962, le second commence à développer son œuvre. « L’exposition honore le paysage comme un fil conducteur comme l’ensemble de l’événement », insiste Romain Pierre, administrateur de l’exposition. Intégrée à la Biennale 2026, l’exposition Jean Messagier, l’été continué, s’est ouverte ce samedi et jusqu’au 15 novembre. Chaque recoin du domaine, rarement ouvert au public à l’instar de 2025, dans le cadre de la rétrospective Aubrun en pleine lumière. Dans la chapelle du domaine, sous les serres anciennes ou entre les pierres, l’exposition imprègne chaque recoin des lieux, au plus près de la nature qui a nourri le travail des deux peintres.

  • Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Pour sa 13e édition, le festival Aflam veut « réparer l’image »

    Depuis l’année 2000, l’équipe d’Aflam œuvre à la mise en valeur du travail cinématographique, ancien ou contemporain, issu des mondes arabes. Pour cette 13e édition de leur festival, l’accent est mis sur le travail autour des archives cinématographiques. Des archives souvent menacées ou abîmées, qui doivent être protégées, restaurées et transmises pour permettre à la mémoire des mondes arabes de survivre et d’être diffusée.

    Après avoir reçu de nombreuses candidatures, l’association a sélectionné un total de 52 films. Le public pourra assister, du 10 au 18 octobre, à 34 séances-événements avec notamment des temps d’échanges avec les réalisateurs ou les acteurs des films présentés.

    En dévoilant, la semaine dernière, le programme de cette édition 2026, la présidente de l’association Aflam, Brigitte Curmi, a insisté sur la conviction de l’équipe de mener ce travail sur les archives. Pour Aflam, cette mission est « d’une brûlante actualité face aux tentatives d’effacement de l’art et de l’histoire » qui concernent une grande partie du monde arabe.

    La question de la restauration de l’image, centrale dans cette édition du festival, possède ici un double sens. À la fois un sens propre : la réparation des archives est importante d’un point de vue technique afin de pouvoir construire des récits autour de différents contextes historiques et politiques. Et un sens figuré, puisque l’enjeu de la réparation intervient quant à elle dans la manière dont la construction et la diffusion de ces récits permettent de reconstruire et de transmettre une mémoire – abîmée, effacée ou menacée de disparaître.

    Plus qu’un festival

    de cinéma

    Au-delà des séances de diffusion et des rencontres, le festival organise également des séances et des ateliers de médiation qui permettront aux jeunes de travailler autour de ces thématiques. Aflam poursuit ainsi le travail mené tout au long de l’année. La pratique de la restauration d’archives est aussi à l’honneur pendant le festival avec des portes ouvertes sur les techniques de restauration images et son.

    Si le festival débute le 10 octobre, l’ouverture officielle est prévue le 12 octobre au Mucem avec la diffusion de Petits rêves de Khaled El Hagar. La clôture aura lieu aussi au Mucem, le 18 octobre à 20h, avec la diffusion de Souraya mon amour, en présence du réalisateur Nicolas Khoury et de l’actrice Souraya Baghdadi.

    Programme complet sur aflam.fr

  • Macron va passer en revue ses futures jeunes troupes

    Macron va passer en revue ses futures jeunes troupes

    Il y a bientôt un an, Emmanuel Macron annonçait le retour d’un service militaire new look, baptisé service national sur la base du volontariat. Avec dans l’esprit présidentiel, dans un contexte international brûlant, de « renforcer notre capacité de résistance collective et consolider la formation de nos jeunes ». Objectif ? 3 000 jeunes de 18-25 ans à incorporer en 2026, puis 4 000 l’année suivante pour atteindre 10 000 en 2030. Rapidement, la base aérienne 115 d’Orange, bastion de l’armée de l’air et de l’espace, a été retenue pour former un premier régiment de 300 jeunes sur 10 mois.

    C’est cette vague de premiers appelés, qui a pris ses quartiers au début du mois, qu’Emmanuel Macron va rencontrer ce mardi matin à Orange à la caserne du Geille en centre-ville. Une visite de terrain où la seule annonce attendue concerne le nom du parrain de cette première promotion. Cérémonie militaire avec allocution présidentielle, passage en revue des troupes puis visite de trois ateliers (combat au corps à corps, tir au combat et marche au pas) avant un déjeuner au restaurant des armées sont prévus. Le président repartira en début d’après-midi.

    Côté Élysée, on se félicite que ce service national n’ait pas été déserté, avec plus de candidats que de places : « Les échos qui nous remontent du ministère des Armées concernant cette phase d’incorporation sont très bons. Le niveau de sélection est satisfaisant. Les appelés sont motivés [dont 30% de femmes], viennent d’horizons sociaux et d’âges assez différents ». Une deuxième et troisième vague de recrues suivront en octobre et novembre. Avec, à l’issue, la possibilité d’entrer dans l’armée active. F.C.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Les danseurs au rendez-vous des qualifications

    [La Marseillaise Breaking Cup] Les danseurs au rendez-vous des qualifications

    Soleil reluisant, convivialité, mais également compétition. Si l’accès à l’opéra était gratuit pour le public, pour les danseurs, pouvoir y entrer avait un prix. Avant la phase finale sur la scène principale, des qualifications se tenaient dimanche matin dans les trois disciplines : breakdance, popping et hip-hop. Le parvis était l’hôte de cette première partie de la journée, avec parasols, chaises longues pour les jurés et, bien sûr, le tapis où se sont déroulés les battles.

    En tout, une trentaine de danseurs ont composté leur ticket pour intégrer le Top 16 et visiter les planches de l’opéra. Les catégories sont passées les unes après les autres, alors que le soleil frappait le lieu. Une fois la musique lancée par l’un des trois DJ présents lors de l’événement, curieux, passants ou spécialistes du genre se sont amassés autour de l’emplacement de la compétition.

    Les qualifs ouvertes à de jeunes danseurs

    B-boys et b-girls se sont échauffés dans une décontraction apparente, tout en sourire, alors que le hip-hop devait entamer ces qualifications. Aux 12 coups de midi, les premiers danseurs ont débuté leurs mouvements. Les participants avaient entre 35 et 45 secondes pour s’exprimer et montrer qu’ils avaient leur place pour les finales du dimanche après-midi. Les battles se sont enchaînées dans la bonne humeur, puisque tout le monde se connaît un peu dans un microcosme comme celui des danses urbaines. Serrages de mains, accolades, l’ambiance est bon enfant, ce dimanche matin. Les styles, qu’ils soient vestimentaire ou de danse, varient et le jury fait face à des concurrents souvent expérimentés, avec des années d’apprentissage derrière eux.

    Les qualifications suivent leur cours et durant deux heures, les danseurs passent et repassent. Autour des barrières, le public n’hésite pas à sortir son téléphone pour immortaliser le fait de voir du breakdance devant l’opéra. Les prétendants n’étaient pas âgés de 7 à 77 ans, mais les générations varient selon les danseurs. Si beaucoup ont entre 20 ans et une trentaine d’années, certains sont à peine plus haut que trois pommes. Beaucoup de filles et garçons du South Dream Crew ont pu participer à ces qualifications ouvertes à tous. Ce groupe basé à Salon-de-Provence a porté haut ses couleurs, avec plusieurs jeunes éléments envoyés sur la scène de l’opéra pour les phases finales. Une jolie récompense pour des enfants ayant déjà pris la fibre de la danse, vu leurs passages convaincants devant le jury.

    Après deux heures de spectacle, le temps des résultats est venu. Appelés un par un, les finalistes se congratulaient à chaque fois qu’un nom sortait. Seulement quelques minutes plus tard, c’était de nouveau à eux de montrer leur valeur au public, venu nombreux les observer.

  • Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Après avoir épluché les archives de la très longue histoire de l’OM, Gilles Castagno avait envie de proposer un dernier éclairage original.

    « Certains lecteurs des cinq premiers volumes me disaient que cela manquait de photos. C’était un choix de ma part, de n’utiliser les images que lorsqu’elles avaient un intérêt ». Néanmoins, lorsqu’un photographe lui a offert ses archives, négatifs et diapositives, il s’est retrouvé avec suffisamment de matière pour proposer un tome six original.

    Hormis une page d’introduction, et un additif au tome 1 sur un match oublié, ce livre est un recueil de 400 photos, sur des doubles pages détachables. « Ainsi, ceux qui le souhaitent pourront les mettre sous cadre », explique-t-il.

    Gilles Castagno n’a pas compté les heures pour identifier les clichés, choisir des images originales et les scanner afin de proposer une iconographie à la riche histoire de ce club de légende qu’est l’OM.

    Dans ce recueil, on y trouve une photo du FC Marseille, où figurent quarante personnes qui sont sûrement les fondateurs de l’OM. « Un lecteur m’a également fourni une image des Olympiens inaugurant le stade de Compiègne, entre deux matches joués dans le nord du pays. J’ai également une image de Marcel Leclerc dirigeant un entraînement. » A été retrouvé également le premier trophée glané par l’OM, le bouclier de champion du Littoral, qui dort dans une salle obscure de la Ligue de Méditerranée.

    Tiré à 250 exemplaires, plus 5 tous signés et numérotés, l’ouvrage intitulé Instantanés. Tome 6, Marseille club de légende, est disponible sur www.encyclom.com et dans les librairies de la Bourse, Arcadia et bientôt à la Fnac.

  • Titouan Droguet décroche son troisième titre Challenger à Cassis

    Titouan Droguet décroche son troisième titre Challenger à Cassis

    Le favori a été à la hauteur des attentes. Titouan Droguet, 103e mondial au classement ATP et tête de série n°1 du tournoi, a triomphé dimanche après-midi en finale du Challenger de Cassis face à l’Estonien Mark Lajal (6-4, 7-6 [7-3]). Le natif de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, s’offre ainsi son troisième titre sur le circuit Challenger, après Francavilla al Mare (en Italie) en mai 2024 et Royan (en Charente-Maritime) en juin 2025. Son sacre sur les courts cassidains lui permet de grimper à la 89e place mondiale. Depuis sa victoire en demi-finale samedi contre le Norvégien Nicolai Budkov Kjaer, il était assuré d’intégrer pour la première fois de sa carrière le fameux Top 100, à 25 ans. L’aventure provençale de Titouan Droguet s’est progressivement complexifiée. Après avoir aisément disposé de l’Aixois Maxime Chazal (6-4, 6-4) et du Néerlandais Gijs Brouwer (6-2, 7-6 [7-3]) lors des deux premiers tours, il a connu une première frayeur face à l’Estonien Daniil Glinka, finaliste de la dernière édition (4-6, 6-3, 6-2).

    Sixième vainqueur français à Cassis

    En concédant le premier set, le Francilien a dû redoubler d’efforts pour renverser la rencontre. Même scénario en demi-finale, où il a dû s’employer pour décrocher son billet pour la finale (6-7 [4-7], 6-3, 6-2). En s’imposant à Cassis, Titouan Droguet devient le sixième vainqueur français, après Enzo Couacaud, Jo-Wilfried Tsonga, Benjamin Bonzi, Hugo Grenier et Richard Gasquet.

  • Enric Mas triomphe à domicile sur la Vuelta

    Enric Mas triomphe à domicile sur la Vuelta

    Depuis 2014 avec l’immense Alberto Contador, plus aucun coureur espagnol n’avait réussi à s’imposer sur la compétition phare du pays. Mais Enric Mas a brisé la malédiction en remportant la 81e édition de la Vuelta, dimanche, au terme de la 21e et dernière étape remportée par le Norvégien Tobias Johannessen. Le grimpeur de Movistar a pris le maillot rouge de leader au soir de la 8e étape, après l’abandon sur chute du grandissime favori Tadej Pogacar, et n’a plus lâché les commandes du classement général. Il l’emporte avec 2:15 d’avance sur le Slovène Primoz Roglic et 2:44 sur l’Autrichien Felix Gall.

    Une Vuelta « unique »

    « C’est tout simplement spécial. C’est une journée mémorable, une Vuelta à part, et tout a été merveilleux », a confié Enric Mas au micro de l’organisation. « Il y a toujours une certaine tension quant à ce qui pourrait arriver, mais vous avez vu que tout s’est bien passé. Nous sommes donc ravis et nous avons savouré chaque kilomètre. L’attente a été longue et le chemin pour arriver jusqu’ici a aussi été long. Mais pour être honnête, la Vuelta a toujours quelque chose de spécial, et celle-ci, je pense, est vraiment unique. »

    Ancien grand espoir, trois fois deuxième de la Vuelta, en 2018, 2021 et 2022, encore troisième il y a trois ans, Mas était rentré dans le rang au fil d’une carrière sinusoïdale marquée par plusieurs grosses chutes, un blocage dans les descentes ou encore une thrombose veineuse nécessitant une opération. Sur cette Vuelta, il a certes profité de l’abandon de Pogacar et de l’absence des autres grands fauves.

    Le vainqueur sortant Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel, Isaac Del Toro ou Paul Seixas ont tous fait l’impasse sur le troisième grand Tour en termes d’importance. Cette 81e édition a également été marquée par les sept victoires d’étape de Visma-Lease a bike, cinq pour le Britannique Matthew Brennan et deux pour le Belge Wout Van Aert.

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Nuria, Doudou et Kaybeatz couronnés

    [La Marseillaise Breaking Cup] Nuria, Doudou et Kaybeatz couronnés

    Qui dit battle, dit forcément vainqueur. Et dans chacune des catégories au programme de la Marseillaise Breaking Cup – popping, breaking et hip-hop -, il ne pouvait, à l’issue des affrontements, en rester qu’un. Ou plutôt qu’une. Ce fut le cas de B-girl Nuria, originaire de Barcelone, qui s’est imposée dans le tableau dédié au popping, une danse urbaine fondée sur la contraction des muscles en rythme.

    « C’était incroyable, j’aime toujours les “vibes” qu’il y a dans cette ville », confie la membre du célèbre crew espagnol Boogie Tunes. Déjà venue à Marseille pour participer à d’autres compétitions, Nuria y a retrouvé « toutes les sensations et les énergies présentes dans cette communauté du popping ». Une discipline exigeante, dans laquelle il faut savoir conjuguer « la technique et le sentiment ». « Il y avait beaucoup de danseurs de qualité aujourd’hui », souligne B-girl Nuria, également impressionnée par le décor « magique » de l’Opéra de Marseille. Sur scène, elle avait l’impression d’être « tellement haute par rapport au public » lorsqu’elle exprimait son art. « C’était vraiment une atmosphère unique, avec un public très attaché aux participants. C’est rare d’avoir autant de soutien de la part de spectateurs non-initiés. Ça apporte de la crédibilité à ce que l’on fait », estime la Catalane.

    Doudou a mouillé

    le maillot

    Après la finale du popping, le jury de la catégorie breaking a sacré B-boy Doudou, l’un des artistes les plus attendus de cette cinquième édition de la Marseillaise Breaking Cup. À 36 ans, le danseur bordelais fait figure de référence dans la discipline. Il a notamment intégré la Team France Breaking en 2024, à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, où le breaking avait fait son entrée au programme comme sport additionnel. « Il y avait une bonne énergie », lance Amadou, qui ne s’attendait pourtant pas « à passer les tours les uns après les autres ». Il faut dire que le Girondin avait participé, la veille, à une autre compétition à Paris et n’avait que très peu récupéré entre les deux événements. « C’est une très bonne surprise. Je suis venu avec cet état d’esprit : il faut que je me rattrape de ce que j’ai fait hier. Et au final, ça a bien fonctionné », sourit le membre des groupes Animaniaxx et Immigrandz. Pour lui, la différence se fait notamment sur « la recherche de mouvements » et « l’originalité ». Deux critères sur lesquels les jurés – Babyson, Lil Kev et le Brésilien Sakura – n’ont rien laissé passer.

    Kaybeatz rayonne

    devant ses proches

    Sur la scène de l’Opéra, le dernier acte de ce grand spectacle a couronné B-boy Kaybeatz. Originaire de Nantes, le danseur spécialisé dans le hip-hop vit depuis plusieurs années dans la cité phocéenne. « Gagner à domicile, c’est toujours quelque chose de plus fort. Je ne sais pas si c’est plus facile, mais en tout cas, c’est plus fort », glisse Steve, invité de marque par le directeur artistique Mofak. Après un premier tour compliqué, durant lequel il a dû s’adapter aux projecteurs et à l’éloignement du public, bien différent de la proximité d’un cypher, Kaybeatz a rapidement retrouvé ses repères. Sous les yeux de ses proches, avec la pression de ne pas les décevoir, il a fait la différence par son authenticité. « Ça fait peut-être un peu cliché, mais je pense qu’il faut être 100 % soi-même quand on danse », affirme l’artiste qui s’est mis le public marseillais dans la poche.

  • [Endurance] Le premier volant Jules Bianchi est lancé

    [Endurance] Le premier volant Jules Bianchi est lancé

    Il y a douze ans, Jules Bianchi était victime d’un accident sur le circuit de Suzuka.

    Quelques semaines plus tard, il perdait la vie, après avoir lutté pendant neuf mois contre ses graves blessures. Depuis ses proches, notamment son père Philippe Bianchi, et l’ancien pilote de F1 Franck Lagorce, cherchent à faire vivre Jules par des rendez-vous liés à la course automobile.

    Après le Marathon de kart, qui va connaître sa onzième édition du 2 au 4 octobre sur le circuit Paul Ricard du Castellet, les deux hommes ont mis en route une écurie d’endurance, le Bianchi Lagorce Racing Team, engagé en Funyo spring cup. Et dans cette équipe, il y aura un espoir de la course d’endurance qui bénéficiera d’un volant, le premier Volant Jules Bianchi.

    « Nous réfléchissions depuis plusieurs pour trouver une formule qui permette de montrer que Jules est toujours parmi nous. Et quoi de mieux que permettre à un jeune talent de se lancer dans la cour des grands ? », explique Philippe BIanchi.

    Une formation complète

    L’idée est donc de permettre à des passionnés de course automobile de réaliser leur rêve. « Nous avons opté pour l’endurance, car elle offre plus d’opportunité qu’en monoplace, et l’entrée est plus abordable financièrement », poursuit le père de Jules Bianchi.

    Durant quatre jours, les trente sélectionnés vont bénéficier de conditions idéales pour tenter de décrocher le premier volant de l’histoire. « Il y aura des tours de circuit, avec du pilotage, des chronométrages, ainsi que des formations physiques, techniques, des cours d’anglais et un media training afin que chacun saisisse tout ce qui compose une activité de pilote » détaille Franck Lagorce.

    Ouverte aux jeunes de 16 à 21 ans, cette formation est aussi une belle opportunité. L’engagement est l’équivalent d’un jour de roulage sur circuit, « il n’y aura pas d’échec. Ceux qui ne seront pas retenus auront bénéficié d’une formation au top niveau, avec des acquis qu’ils pourront bonifier car ils auront appris les exigences du sport automobile et ses à-côtés » poursuit le champion de F1.

    Qui peut postuler ? « Il y a les pilotes issus de la filière du kart car c’est le tremplin idéal pour passer à la voiture de course, mais également les passionnés de jeux vidéo qui se voient offrir une occasion de faire un volant accessible », détaille Philippe Bianchi. En insistant « qu’il n’est pas nécessaire d’avoir son permis de conduire, car les quatre jours se font sur un circuit fermé ».

    En choisissant cette manière de promouvoir un espoir, letandem veut « montrer que notre expérience de la course automobile peut servir à d’autres. Faire prendre conscience qu’il est possible de gagner sa vie grâce à sa passion » insiste ce dernier. De son côté, Franck Lagorce rappelle « qu’il est possible de débuter sur le tard. C’est à 18 ans que j’ai fait mes premiers tours de piste, sans passer par le kart, car, à l’époque, il fallait avoir son permis ».

    Quant au choix de l’endurance, il s’est imposé de lui-même. « La filière en monoplace est saturée, avec un ticket d’entrée trop cher. En endurance, qui comprend les Le Mans séries et le GT World, il y a soixante autos avec des équipages à trois, ce qui offre un potentiel énorme de 180 pilotes par course » souligne Franck Lagorce.

    Le lauréat aura un an pour faire ses preuves. Utiliser ce volant Jules Bianchi pour tenter de rebondir un peu plus haut.

    Le circuit du stage sera dévoilé prochainement. Le recrutement est en cours de finalisation. www.bianchi-lagorce.com

  • Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    À l’heure où le nombre de fermes diminue partout en France, comment assurer la transmission ? La question a animé, vendredi 11, le café-transmission à Guillestre. Organisée par l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Hautes-Alpes (Adear 05), la coopérative foncière Terres en Guil et le Parc naturel régional du Queyras, la rencontre s’est concentrée sur le territoire du Guillestrois-Queyras.

    « Pour nous, un territoire qui vit, c’est un territoire avec beaucoup de paysans », a introduit Fanny, agricultrice et bénévole à l’Adear. Autour de la table, plus d’une vingtaine de personnes ont pu échanger. Parmi elles, des exploitants agricoles encore en activité, une paysanne ayant récemment transmis sa ferme à son fils, mais surtout beaucoup de jeunes, encore en formation où à la recherche d’une ferme à reprendre.

    107 agriculteurs actifs

    La rencontre a débuté par une présentation de Tiphaine Combaz, étudiante en master 2 de géographie et aménagement de la montagne, qui a réalisé un stage de six mois à l’Adear. Au cours de sa mission elle a réalisé un repérage des futurs cédants agricoles du territoire, et identifié les potentiels freins à la transmission. « En France, 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les 10 prochaines années. Sans repreneurs, le nombre d’exploitations agricoles continuera de diminuer », plante la jeune femme. La communauté de communes du Guillestrois-Queyras n’est pas épargnée.

    L’étudiante y a recensé 107 agriculteurs actifs, dont 54 « futurs cédants ». Elle a pu rencontrer 36 d’entre eux, dont plusieurs n’avaient pas pensé à l’avenir de leur ferme. Elle a distingué trois freins principaux à la transmission. À commencer par un frein économique : « Le coût de rachat est généralement trop important pour une personne seule, explique-t-elle. Il y a aussi souvent une surévaluation financière de l’exploitation agricole, nourrie par l’attachement émotionnel du cédant et par la volonté de sécuriser sa retraite ». Viennent ensuite des freins administratifs, mais aussi des freins sociaux et émotionnels. « Il y a souvent une proximité directe entre la ferme et le logement, et ce n’est pas simple de trouver où se loger dans le coin », dit Tiphaine Combaz. Une porteuse de projet, tout juste sortie de formation, qui prévoit de s’installer à plusieurs, confirme : « Comment on se loge, à cinq, en ne gagnant même pas le Smic ? » Il y a aussi une difficulté à se projeter dans un futur à la retraite ou d’arrêter un métier-passion. « Certains attendent qu’un membre de la famille puisse reprendre, car transmettre la ferme est pour eux un devoir mémoriel », poursuit l’étudiante. D’autres ne vont pas forcément avoir confiance en un repreneur non issu du milieu agricole ou du milieu familial. Quoi qu’il en soit, un processus de transmission est relativement long, entre trois et six ans, le temps d’échanger, de définir son projet et de le concrétiser. Au total, elle a estimé à 25 le nombre de fermes sans repreneurs dans les 20 ans à venir dans le Guillestrois-Queyras.

    Les participants ont ensuite pu partager leurs questionnements et leurs témoignages. « Moi, je n’ai pas eu de problème à tourner la page », assure une ancienne paysanne qui avait pu notamment anticiper la question du logement. « C’est aussi notre rôle, en tant qu’élus, de sécuriser l’agriculture de demain, estime Jean-François Baudin, conseiller municipal à Guillestre, pour aller vers une autonomie alimentaire sur le territoire ». « Et assurer une alimentation de qualité », conclut un maraîcher.