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  • Après l’échec à Rennes, l’OM doit revoir ses ambitions à la baisse

    Après l’échec à Rennes, l’OM doit revoir ses ambitions à la baisse

    Pour Bruno Genesio, le retour au Roazhon Park n’a pas donné lieu au scénario qu’il espérait.

    Car, même s’ils n’ont pas démérité, ses Olympiens se sont à nouveau inclinés (0 – 1). Les progrès par rapport au voyage à Monaco n’ont pas été suffisants pour éviter une nouvelle déconvenue. « Bien sûr que mon équipe progresse, y compris la semaine dernière [défaite face au Paris FC au Vélodrome, ndlr] même s’il nous a manqué beaucoup de choses pour faire un résultat. Mais il faut beaucoup de temps pour progresser et concurrencer ce genre d’équipes », reconnaît l’entraîneur marseillais. Tout en relevant qu’à Rennes, « cela reste une défaite, et qu’il n’y a pas de défaite encourageante ! »

    Dans le constat général d’une nouvelle soirée compliquée, il souligne quelques aspects qui alimentent l’espoir de jours meilleurs. « Nous avons fait une bonne première mi-temps dans l’animation défensive, dans l’animation offensive. Nous avons réussi à presser assez haut, à nous créer des occasions, malheureusement nous n’avons pas réussi à les concrétiser », a-t-il soupiré en conférence de presse au Roazhon Park. Constatant que « nous ne sommes pas parvenus à maintenir le même niveau d’engagement ensuite, et Rennes a été plus dangereux avec l’entrée d’Al-Tamari qui nous a fait beaucoup de mal ».

    Un nouvel appel

    Le constat est là. Rennes a su faire la différence grâce à ses joueurs sortis du banc de touche. Alors que l’OM a petit à petit perdu le fil, plongeant physiquement et avec des finisseurs ne faisant pas le poids. Un problème qui n’incite pas à l’optimisme, avec trois défaites face à des adversaires qui sont censés boxer dans la même catégorie que les Marseillais.

    « La question est de savoir avec qui va-t-on rivaliser ? », s’interroge Bruno Genesio. Admettant qu’avec ses moyens actuels, « je ne suis pas capable de le dire. Et ce n’est pas à moi de le dire. Nous avons la capacité pour rivaliser, je pense, avec des équipes comme Monaco ou le Paris FC, mais pas encore suffisamment pour gagner ces matches. Il y a des raisons à tout cela, vous le savez aussi bien que moi ».

    Le stratège a ainsi lancé un nouvel appel à ses dirigeants, le président olympien Stéphane Richard était au Roazhon Park vendredi, rappelant leurs responsabilités dans ce que vit son équipe en ce début de saison. Un début de saison qui rappelle ceux des saisons 2007/2008, 2011/2012 ou encore 2015/2016.

    L’OM s’était retrouvé avec trois points après quatre matches, tout en n’ayant concédé qu’une défaite. Sur ces trois entames, seul Didier Deschamps avait réussi à passer l’écueil. Albert Emon avait été remplacé par Erik Gerets en 2007, alors que Marcelo Bielsa avait démissionné au soir de la défaite inaugurale au Vélodrome face à Caen donnant le top départ d’une saison à trois changements d’entraîneurs (Franck Passi, Michel, puis à nouveau Franck Passi).

    Alors que se profile l’entrée en Ligue Europa, jeudi face à Besiktas, et la réception du PSG au Vélodrome trois jours plus tard, la question de quels sont les adversaires avec qui l’OM est capable de rivaliser cette saison se pose. « Il faut peut-être expliquer les choses plus clairement. Et ce n’est pas à moi de le faire », estime Bruno Genesio.

    Le groupe tel qu’il est actuellement ne peut pas prétendre jouer dans la même cour que celles qui visent la Ligue des Champions. Ce qui signifie revoir à la baisse les ambitions sportives, et viser la huitième place. « Il faut peut-être le dire pour que les gens le comprennent. Les supporters, qui sont des connaisseurs, s’en doutent je crois » s’interroge-t-il. Avant de saluer au passage l’attitude de ces mêmes supporters. Ils étaient plus d’un millier à Rennes, vendredi, et n’ont jamais baissé l’intensité de leur soutien. Ils ont même bravé l’interdiction de déplacement à Monaco, pour manifester leur amour du club. « Ils nous encouragent même après les défaites, ils ne nous lâchent pas », a rappelé Bruno Genesio.

    Il reste deux matches très difficiles, qui sont autant de risques de nouvelle défaite, avant qu’il ne puisse souffler et lancer une nouvelle réflexion sur la gestion de la pénurie et un nouveau schéma de jeu.

  • La viticulture provençale au défi du climat

    La viticulture provençale au défi du climat

    « Les vendanges avancent d’année en année. En 2026, on a commencé le 19 août, du jamais vu. Si je regarde bien en deux ans, on a avancé d’une semaine la récolte » détaille Didier Pauriol, président du vignoble du Roy René, une des plus grosses caves de la Provence viticole. Avec des vendanges qui s’étalent sur 5 semaines, tout le personnel s’active dans la cave qui emploie 18 salariés. « Nous produisons environ 70 000 hectolitres de vins par an, avec une centaine de coopérateurs pour 900 hectares de vignes » poursuit le responsable. Un vin labellisé en appellation d’origine contrôlée (AOP) et indication géographique protégée (IGP) dont 90% de la commercialisation se fait en rosé. Les rouges et blancs se partagent les 10% du marché restant. La coopérative est dynamique et n’a pas hésité à investir 5 millions d’euros dans un nouveau chai de 700 m² dédié à la vinification pour rentrer le plus vite possible une récolte de plus en plus précoce. « Parce que notre production est essentiellement rosé avec un degré d’alcool inférieur à 13 degrés. Il nous faut rentrer un raisin pas trop chargé en sucre, c’est une contrainte supplémentaire. Avec la chaleur qui dure, les cépages mûrissent plus vite, heureusement nous avons un terroir hétérogène qui étale un peu les arrivées » explique Didier Pauriol qui a inauguré le nouveau bâtiment en juin 2025. Autre bonne nouvelle, la cave était vide, soit la récolte dernière vendue « grâce à un directeur et une équipe commerciale dynamique ».

    Cette récolte s’annonce bonne qualitativement et quantitativement. « Des pluies au bon moment cet hiver, une floraison rapide en mai grâce à une période chaude, et pas d’attaque sévère de mildiou ou d’oïdium » résume le président. Le vignoble bénéficie d’un avantage de poids, l’eau du canal de Provence qui permet l’irrigation des vignes au goutte-à-goutte.

    Faire face à la grêle, plus fréquente hors saison hivernale est aussi un fait nouveau. Là encore, le vignoble du Roy René a su s’adapter. « L’association Prévigrêle nous informe des jours à risques. Et nous avons des générateurs que nous activons pour l’éviter ou diminuer la taille des grêlons » expose le président. Il poursuit : « Prouvé ou pas, depuis que nous avons les générateurs, nous n’avons pas eu de souci. Nous mettons en place des outils pour lutter contre ».

    Marchés en chute

    Au vu du dérèglement climatique, le raisonnement voudrait que des cépages nouveaux plus résistants soient plantés. Le président répond spontanément : « La vigne, c’est pas des carottes, on s’adapte pas d’une année sur l’autre ». À ses côtés Raphaël Steff, viticulteur coopérateur, membre du conseil d’administration de la cave, explicite : « Quand on plante une vigne, c’est pour 25 ou 30 ans. Ce sont des investissements qui sont lourds. Le rendement n’est pas immédiat ». Mais la plus grosse inquiétude demeure l’état du marché. Leur vin est vendu principalement en vrac à l’export, pour 50% aux États-Unis et Grande Bretagne, mais aussi Allemagne, Belgique, Suède, Brésil, Australie… « Comme toute la Provence, nous avons perdu des marchés sur le rosé à cause des hausses des taxes. En trois ans, on a perdu un tiers des volumes sur les États-Unis » ne cache pas le président. À cela s’ajoute une tendance générale de baisse de la consommation. « Le vin fait partie intégrante de la culture française. On n’est pas beaucoup aidé comme produit de terroir. Les politiques ne parlent jamais de nous de façon positive » soupire Didier Pauriol. Et de lâcher : « Nos coopérateurs sont à la limite des coûts de production. Ils n’arrivent pas, en sus, à s’investir toujours davantage pour faire de l’œnotourisme ». Il réfléchit et ajoute : « On est mis en concurrence avec des voitures, ou des avions. C’était le cas pour la première taxe Trump en retour d’une taxe sur l’aéronautique, et c’est nous qui avons trinqué. On joue le rôle du fusible, ça nous fait énormément de mal ».

    Perte de 50% du chiffre d’affaires

    Les deux viticulteurs échangent des regards et tombent d’accord. « Il faut que les politiques nous aident, pas forcément financièrement mais par des choix qui ne viennent pas s’opposer à notre production. » Raphaël Steff témoigne à titre personnel : « On a tout vendu à la cave, mais il a fallu faire des concessions. J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires en trois ans. Si on a des crédits, on y arrive plus. À la fin des vendanges, j’arrête mon exploitation pour aller vers une autre activité… qui n’a rien à voir avec l’agriculture ». Implacable.

  • In vino veritas

    In vino veritas

    « L’exceptionnel est devenu la norme », explique l’historien du climat Thomas Labbé auteur d’une étude unique au monde, basée sur sept siècles de vendanges en Bourgogne qui « prouve que le dérèglement climatique a entraîné une “explosion“, des années”extrêmes“ ».

    À l’instar des climatologues du GIEC qui alertent depuis des décennies sur le dérèglement climatique et ses causes (les émissions de gaz à effet de serre produites par l’activité humaine via l’exploitation des énergies fossiles), l’historien décrit sur le temps long les effets du climat sur la vigne. Un exemple édifiant de l’accélération du phénomène.

    Le tournant de l’année 1988

    Explications : De 1354 à 1719, les années extrêmes de chaleur, et donc de précocité des vendanges, « intervenaient tous les 17 ans », explique Thomas Labbé. « De 1720 à 1987, tous les 53 ans. Mais, depuis 1988, tous les cinq ans. Et, depuis le début du XXIe siècle, on a déjà dix années extrêmes, soit environ une tous les deux ans et demi ». Il insiste sur le tournant que fut l’année 1988. À partir de là « on a clairement une mutation et surtout depuis le XXIe siècle. Sur les dix années les plus chaudes depuis 1354, quatre ont eu lieu au XXIe siècle : 2003, 2018, 2020 et 2025 ». L’année 2026 va s’ajouter à ce palmarès.

    Sauver la vigne et, plus largement l’agriculture, lourdement frappée par le changement climatique, nécessite une tout autre politique. Il est désormais indispensable de viser la neutralité carbone dans les 25 prochaines années.

    Or atteindre cette neutralité d’ici 2050 sera impossible sans une rupture avec le système économique dominant, le capitalisme et sa nature prédatrice.

  • Le RC Toulon craque une nouvelle fois sur le fil

    Le RC Toulon craque une nouvelle fois sur le fil

    Ce n’était clairement pas le début de saison escompté par les Toulonnais. Défaits d’un point à Bayonne la semaine passée, les hommes de Franck Azéma se sont une nouvelle fois inclinés d’un petit point seulement, mais cette fois-ci à domicile, face à La Rochelle (20-21), samedi. « On est bien évidemment tous très déçus. Ce n’est pas ce qu’on aurait voulu », a réagi le directeur du rugby Pierre Mignoni, en saluant la prestation de leurs adversaires du soir. « C’était une rencontre très intense. Ce que l’on peut regretter, c’est que dès qu’on a mis des points, et ils étaient difficiles à marquer, on en a repris à zéro passe derrière notamment sur les renvois. On n’a pas été dans le confort de ressortir. On est restés sous pression. On a fait des erreurs, des ballons rendus. C’est dommage, car il y a eu des mouvements intéressants », poursuit-il. Les Maritimes se sont montrés plus combatifs et réalistes sur le carré vert, malgré le long bras de fer qui s’est produit entre les deux formations jusqu’à l’heure de jeu.

    Dominés au sol

    Même si le score s’avère très serré, la différence s’est faite sur le jeu au sol. « Ils nous ont mis de la pression. On les connaît et on le savait que La Rochelle serait présente dans ce secteur. C’est une défense qui t’enferme, qui te met la pression. Si tu ne gagnes pas la ligne, tu t’isoles. Ils ont été solides sur les contests. On l’a payé cash », reconnaît Mignoni, conscient que ce défaut a déjà été révélé au grand jour lors du dernier match à Bayonne. Mais contrairement au week-end dernier, les Rouge et Noir n’ont pas pu compter sur l’efficacité au pied de Melvyn Jaminet. L’arrière tricolore a laissé échapper deux transformations et une pénalité, soit sept points, face aux perches, samedi à Mayol. Cette première à domicile a été également compliquée pour le capitaine Gaël Fickou. L’international français, formé à Toulon, n’a pas réussi à peser dans les débats. « C’est un leader, c’est évident. Je suis heureux qu’il puisse jouer chez lui, dans sa ville de naissance. C’est un grand leader, on aurait aimé lui donner un peu plus de ballons qualitatifs. Il en a aussi trié, et heureusement. C’est une première, malheureusement, qui n’est pas aboutie avec ce résultat », souligne le directeur du rugby, déjà focalisé sur la troisième journée de Top 14.

    Les Toulonnais se déplaceront samedi 19 septembre (à 14h30) sur la pelouse du Castres Olympique avec « 23 joueurs qui ont faim ». « Il faut y aller avec de l’envie, et rien ne sera facile. Encore moins à Castres, mais on doit s’accrocher », ajoute Pierre Mignoni, déçu mais loin d’être abattu.

  • Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Fabien Roussel appelle à descendre dans la rue « sans attendre les urnes »

    Devant 40 000 spectateurs selon les organisateurs, Fabien Roussel lance, depuis la grande scène de la Fête de l’Humanité, samedi, un appel à ne pas attendre l’élection présidentielle pour obtenir des avancées en matière de justice sociale à l’heure où le prix des carburants flambe et où le débat sur le budget de la nation s’ouvre. « Je dis une chose : il faut que la tonte change de camp ! Prenons le pouvoir ! Unissons-nous dans la rue dès maintenant ! J’appelle les Français à redresser la tête et à s’unir, à marcher comme un seul peuple contre ces oligarques qui nous privent de notre dignité, de nos richesses, de notre pouvoir de vivre de notre travail ! »

    Le secrétaire national du PCF refuse de « céder au déclinisme ambiant ». « Portons cette ambition de redevenir une grande nation, de redevenir une grande nation agricole, une grande nation industrielle, une grande nation en matière de santé et d’éducation ! », lance-t-il.

    Tolérance zéro sur le racisme et l’antisémitisme

    « Depuis que la France ne peut plus se financer elle-même, car elle a décidé en 1979 d’emprunter auprès des banques, la France a dû payer 1 350 milliards d’euros d’intérêts auprès banques ! La dette, c’est une énorme machine pour faire taire les peuples et pour enrichir les actionnaires », dénonce le candidat communiste.

    Fabien Roussel propose ensuite, afin de faire cesser la déconnexion des élus, une « parité sociale ». « 50% des candidats devront être ouvriers ou employés », avance-t-il.

    Déterminé à mettre à distance les sujets identitaires portés par l’extrême droite dans le débat public, il lance : « Dans l’espace public, ce n’est pas le voile qui pose problème, c’est le racisme et l’antisémitisme qui grandissent ». Il promet de ne laisser aucun acte ou parole raciste, antisémite ou homophobe passer dans une France où ils sont en augmentation.

    Partisan de la paix et de la résolution des conflits par la diplomatie et le droit international, Fabien Roussel refuse l’idée d’une France qui devienne le « 51e État américain avec leur président d’extrême droite, raciste, et belliciste ». « Il n’y aura pas de progrès social si la France continue d’investir dans l’armement et de s’aligner derrière l’OTAN, d’investir dans les bombes plutôt que dans nos écoles ! Préparer la guerre plutôt que de faire grandir nos services publics ! Nous voulons moins d’obus et plus de Sécu ! Nous voulons la paix pour les peuples d’Ukraine et de Russie, pour cette jeunesse qui souffre et se voit forcer de prendre les armes », insiste Fabien Roussel.

    « Nous voulons aussi que la France s’engage pour le droit des peuples à vivre librement, libre de leurs choix, en toute indépendance ! Nous voulons la liberté et l’indépendance pour le peuple palestinien et pour l’État de Palestine ! », poursuit le candidat communiste. Sur Cuba, il lance : « la dictature est du côté des États-Unis pas du côté d’un peuple qui malgré le blocus, a envoyé en France des dizaines de médecins cubains pour nous aider en plein Covid ! Viva Cuba ! »

    « Comptons les portes

    que nous aurons ouvertes »

    Déterminé à mener campagne sans commenter les faits et gestes des autres candidats il invite à laisser « les petits épiciers commenter les sondages et compter les candidats. Moi, je vous propose dans ces prochains mois que nous comptions tout autre chose. Comptons les portes que nous aurons ouvertes et les échanges que nous aurons. Comptons les salariés que nous aurons convaincus. Comptons les luttes que nous aurons renforcées et les victoires que nous aurons obtenues. Et, surtout, – surtout ! – comptons les millions de Français qui auront retrouvé l’envie d’agir et de transformer la société ».

    Convaincu que dans la période, les Français peuvent reprendre leur destin en main, il conclut : « Cette campagne présidentielle peut rendre à notre peuple, sa fierté, sa dignité et son envie de participer et de décider ! C’est la plus belle des boussoles que nous pouvons nous donner. Allons-y pour cette belle campagne, populaire, fière et révolutionnaire ! Pour le peuple et pour la France ! Pour Vivre ! Enfin ! »

  • Les bibliothécaires exigent plus de moyens à Marseille

    Les bibliothécaires exigent plus de moyens à Marseille

    Ce samedi, pas d’ouverture pour les bibliothèques d’Alcazar (1er), Salim-Hatubou (15e), Merlan (14e), la Grognarde (11e) le Panier (2e) et Cinq Avenues (4e).À l’appel du collectif CGT bibliothèques, de nombreux agents se sont mis en grève pour dénoncer la baisse de budget, réclamer de nouvelles embauches et la rénovation du bâti. « Depuis le mois d’août, on ne peut plus rien acheter [pour les collections des bibliothèques] », se désole Christiane* syndiquée à la CGT. Devant l’Alcazar, ils sont une trentaine à exiger plus de moyens pour le réseau des bibliothèques de Marseille. « Sans nouveaux documents, moins de nouveautés, moins de choix, moins de diversité », précise le tract distribué à tous les badauds. Une baisse de budget que reconnait à demi-mot Gwénaël Richerolle, adjoint au maire (les Ecologistes) en charge des équipements culturels. « Il y a eu des arbitrages au niveau du budget culturel mais nous allons veiller, sur le budget 2027, à financer les acquisitions d’ouvrages et la programmation », affirme l’élu.

    Une crainte des agents qui s’étend aux embauches. Louis*, employé à l’Alcazar s’inquiète du manque de recrutement et du non-remplacement des départs à la retraite. « Car si on veut vraiment étendre les horaires, il va falloir plus de personnel ». L’élu en charge des bibliothèques affirme cependant qu’il y aura des recrutements pour la nouvelle bibliothèque Loubon et que pour celles existantes, «il faudra faire quartier par quartier pour connaitre les besoins spécifiques».

    L’état du bâti des bibliothèques inquiète aussi après un été compliqué : panne d’ascenseur à Cinq Avenue, problème de climatiseurs au Merlan et à Bonneveine ou encore insalubrité à Salim-Hatubou. Sur ce point, Gwénaël Richerolle affirme que des rénovations sont prévues pour le Merlan et qu’une « étude est en cours » sans pour autant donner de date précise. Des réponses municipales déjà entendues par les syndicats lors d’une réunion avec l’élu la semaine dernière, mais qui n’ont pas convaincu. Le collectif CGT bibliothèques appelle à une nouvelle grève, samedi 19 septembre.

  • Avignon : Olivier Galzi en porte-voix des élus de la France d’en bas

    Avignon : Olivier Galzi en porte-voix des élus de la France d’en bas

    Des « Olivier, Olivier » qui fusent, quelques huées lorsque le nom du député (LFI) Raphaël Arnault est évoqué, même musique d’entrée que lors des municipales… Il soufflait comme un air de campagne, ce jeudi soir, à la Scala. Ce théâtre du centre-ville déjà investi par Olivier Galzi, fin janvier, pour présenter son programme. Élu maire (DVD) depuis, l’ex-journaliste officialise le lancement de son mouvement « Le bon sens des territoires », vendu comme un modèle duplicable de sa campagne avignonnaise.

    Avec déjà une échéance électorale imminente, les sénatoriales du 27 septembre, où Anaïs Hausmann, sa compagne et adjointe, portera la liste. Olivier Galzi, tenu par la règle des comptes de campagne, n’en dira que quelques mots. Mais lourds de sens. « Ses colistiers [ceux d’Anaïs Hausmann] ont eu le courage de braver les pressions et de ne pas céder aux menaces », souligne le maire, en déplorant « des chantages à la subvention ». Si, plus tard devant la presse, Olivier Galzi niera toute allusion à la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR) et de la présidente du Département Dominique Santoni, difficile de ne pas faire le lien. « Je ne suis pas là pour donner des leçons et ne suis en guerre avec personne », assure-t-il.

    Son propos serait donc bien plus large, visant « un système dont plus personne ne veut et qui a cessé depuis longtemps de servir l’intérêt général ». Il verse aussi dans l’anaphore « J’accuse » pour vitupérer contre la loi sur le non-cumul des mandats, « qui a participé au déclin de nos territoires ». Comme lors des municipales, son mouvement, « qui dérange un ordre bien établi », entend dépasser les clivages et étiquettes pour mettre au cœur du réacteur les maires et élus locaux.

    Un discours aux atours des débuts macronistes, où le président de la République entendait balayer « le vieux monde ». Mais en version inversée cette fois, où le salut viendrait du bas plutôt que de Jupiter. Olivier Galzi jure que « Le bon sens des territoires » s’investira partout aux législatives – il jure qu’il ne sera pas, lui, candidat -, départementales et régionales. Dans la salle, des élus d’une « quarantaine » de communes, huit départements et cinq régions, dont les maires des Angles, Pujaut, Vedène et Caumont. Mais aussi Danielle Milon, maire (DVD) de Cassis. « Je connais Olivier depuis 25 ans, je l’avais même marié », nous indique-t-elle. La vice-présidente du Département des Bouches-du-Rhône se retrouve pleinement « dans les valeurs, un homme de terrain, qui ne fait pas de politique politicarde et ne magouille pas pour écraser les autres ».

  • À 20 ans, le Nîmes Métropole Jazz n’a pas fini d’improviser

    À 20 ans, le Nîmes Métropole Jazz n’a pas fini d’improviser

    Les premières notes sont tombées dès jeudi 10 septembre avec le Off et les Bonbons Swingueurs au Pablo Croco Bar. Mais le grand départ sera donné vendredi 11, devant le temple de Diane, dans les Jardins de la Fontaine. Concert debout, gratuit, et une basse qui ne devrait pas laisser grand monde immobile : l’Américaine Nik West ouvrira les 20 ans avec son mélange de funk, rock et jazz. Une manière de rappeler, dès l’entrée, que le genre ne se réduit ni aux clubs feutrés ni aux initiés.

    Le week-end poursuivra le voyage à ciel ouvert. Samedi 12, le château de Nages, à Caissargues, prendra des airs de Caraïbes avec le trompettiste Franck Nicolas, puis le pianiste cubain Roberto Fonseca associé au violoncelliste Vincent Ségal. Dimanche 13, direction le château de Campuget, à Manduel, pour les couleurs blues et soul de Justine Blue puis la flûte vagabonde de Jî Drû, entouré notamment de Sandra Nkaké. Deux châteaux, trois communes, des esthétiques qui débordent les cases : le décor résume bien l’esprit de la maison.

    La découverte en fil rouge

    Car le NMJF s’est construit loin du modèle du grand festival concentré derrière une enceinte. À Langlade, Rodilhan, Garons, La Calmette, Cabrières ou Milhaud, des salles des fêtes et foyers socioculturels deviennent, le temps d’un soir, des clubs de jazz. « Dans les villages, c’est les yeux dans les yeux », résume son directeur artistique Stéphane Kochoyan. Une proximité parfois compliquée à organiser, mais qui a permis en 20 éditions de faire passer de grandes pointures internationales dans des lieux où elles ne se seraient probablement jamais arrêtées autrement.

    La suite, du 29 septembre au 17 octobre, ressemble à une traversée des frontières musicales. Le Tremplin Jazz 70 ouvrira la reprise au théâtre Christian-Liger, en donnant la scène à trois groupes émergents de la région. Thomas Enhco fera dialoguer Mozart et l’improvisation à Saint-Gilles. À Marguerittes, Paolo Fresu, Omar Sosa et Trilok Gurtu formeront un trio de haut vol, précédé par François Mardirossian autour du mythique Köln Concert de Keith Jarrett. Puis viendront Lakecia Benjamin à Rodilhan, China Moses à Garons ou encore Kyle Eastwood à La Calmette.

    Le 11 octobre, Paloma fera sauter une autre frontière avec Abd Al Malik et Odeza pour une soirée « From jazz to hop ». Deux jours plus tard, Langlade virera cubaine avec Las Panteras et El Comité. Et pour refermer la boucle, le festival replongera dans l’ombre tutélaire de Miles Davis : Jowee Omicil et le Trio Zéphyr lui feront écho à Cabrières le 16 octobre, avant Kenny Garrett à Milhaud le lendemain. Le saxophoniste, qui joua avec Miles Davis dans les arènes de Nîmes en 1986, avait déjà clôturé la toute première édition du festival 20 ans plus tôt.

    Ce retour des anciens ne doit pas masquer l’autre fil rouge de l’événement : la découverte. Le Off, les concerts gratuits et le tremplin régional prolongent une idée simple : le jazz peut être exigeant sans être réservé à quelques-uns. À Nîmes, où cette histoire musicale remonte au moins à 1946, le festival en fournit depuis deux décennies une démonstration concrète. Pour souffler ses 20 bougies, il n’a finalement rien trouvé de mieux que de continuer à ouvrir les portes.

  • [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    [Breaking Cup] À Port-de-Bouc, les joies et valeurs du hip-hop se transmettent aux jeunes

    Il faut les voir tous ces minots se déhancher sur de la funk et du hip-hop d’un autre temps en ce samedi 12 septembre. Tandis que Dj Selma fait cracher du Chaka Khan, George Clinton et autres Busta Rhymes ou Bouga sur les enceintes, Eden et Nelya, fratrie d’à peine quelques années au compteur, ne se laissent pas inhiber par ce groove envahissant en se déhanchant en toute assurance sur le Cours Landrivon. « Quand je me mets à danser, je vois que tous les gens sont gentils autour de moi », explique la jeune fille. « Peace, love, unity and having fun », théorisait dans les années 1980 l’un des pionniers de la culture hip-hop, Afrika Bambaataa. Une bienveillance propre à l’esprit hip-hop que propage jusqu’à nos jours La Marseillaise Breaking Cup, de passage à Port-de-Bouc ce jour-là.

    L’amour du partage

    « Une mesure, c’est une phrase dans une œuvre. Un couplet, c’est 16 mesures et ensuite, il y a le refrain », dispense Salim à des dizaines d’adolescents captivés par son atelier d’écriture rap. Pour ce bénévole de l’association Dar Yumi [« la maison de ma mère » en arabe, ndlr], « le hip-hop, c’est avant tout le partage ». Une animation qui fait des émules auprès d’enfants encore bien plus jeunes, venus eux du centre social Mandela, quartier Tassy-Bellevue. « Le hip-hop, ça vient de la rue et c’est notre identité. Ça permet de véhiculer la solidarité, l’entraide, l’amour et la passion », rappelle quant à elle Amel Ben Messaoud, fondatrice de cette association valorisant « les mémoires populaires » de Port-de-Bouc.

    Le graff aussi

    L’effusion de cette culture semble contaminer tout le Cours. Un peu plus loin, la discipline du graff est elle aussi prodiguée, avec le fruit du travail des passants exposé sur une banderole affichant fièrement « Port-de-Bouc 13110 ». Un beau décor pour le Melt’in Crew, collectif de jeunes danseuses, qui fait le show. En toile de fond, une péniche navigue sur le Rhône. Comme le symbole de l’évasion et des possibilités émancipatrices offertes par la culture hip-hop.

  • [Regard sur l’Italie] Le général avance et l’Italie retourne en arrière

    [Regard sur l’Italie] Le général avance et l’Italie retourne en arrière

    Son auteur est un général – ou plutôt « le » général – qui, en l’espace de quelques jours, parvient à placer l’ouvrage chez un petit éditeur et frôle le cap des 700 000 exemplaires vendus, générant pour lui, en tant qu’auteur, des revenus supérieurs à 800 000 euros.

    Mais que contient ce texte devenu l’Évangile de tant d’Italiens ? Il mondo al contrario (Le monde à l’envers) de Roberto Vannacci se veut l’éloge d’un certain bon sens populaire à travers l’analyse de plusieurs thèmes. L’ouvrage commence par contester les mouvements progressistes, féministes et de défense des minorités, que le général accuse d’imposer une pensée unique au mépris de la majorité. Viennent ensuite la réaffirmation de l’identité italienne – avec un refus catégorique de l’immigration et du multiculturalisme – et la défense de la famille traditionnelle : il y attaque la normalisation des modèles non traditionnels, qualifiant les homosexuels d’« anormaux ». Enfin, il aborde la question de la sécurité, prônant une justice plus sévère et le renforcement du droit à la légitime défense.

    Fort de ce succès, le général publie un second livre, autobiographique cette fois, où il se dépeint comme un homme d’une droiture absolue et exalte la valeur d’une discipline de fer, tout en relatant ses missions.

    Comme on pouvait s’y attendre, il se lance en politique sous les couleurs de la Ligue de Matteo Salvini. Il est élu député européen en tant qu’indépendant. Parallèlement, il élargit son champ d’intervention à d’autres sujets, notamment le handicap. Il propose ainsi de créer des classes séparées pour les élèves en situation de handicap, accusés de ralentir l’apprentissage des élèves « sains ».

    Une déclaration qui a suscité l’indignation non seulement des associations œuvrant dans le domaine du handicap, mais aussi de la Conférence épiscopale italienne et du Vatican. Mais le général poursuit sur sa lancée ; mieux encore, Matteo Salvini le nomme secrétaire adjoint de la Ligue. Toutefois, « Roberto le Grand » ne s’en contente pas. Il lâche Salvini en février 2026 pour fonder son propre parti : Futuro Nazionale. Il se dote d’un manifeste programmatique dans lequel il s’en prend aux mouvements progressistes, à l’idéologie du genre et aux droits LGBTQ+, tout en réclamant des restrictions concernant la présence de certains sujets dans les médias et à la télévision publique. Et bien entendu, cela va sans dire, il prône l’expulsion de tous les immigrés qui ne s’assimilent pas à l’identité italienne.

    Une épine dans le pied pour Giorgia Meloni et son entourage. Car Vannacci ne fait qu’exposer les principes fondamentaux de Fratelli d’Italia tels qu’ils sont réellement, sans le vernis démocratique que Meloni tente de leur donner. On imagine aisément la colère de Salvini et de la coalition, malgré le silence de Meloni.

    Mais qui est Vannacci ? Walter Di Munzio, psychiatre et journaliste, tente de l’expliquer dans un article publié par L’Ora della sera : « Les informations concernant Vannacci sont étranges, à commencer par celles de Wikipédia. Alors qu’il était encore inconnu, sa biographie a été modifiée avec une précision chirurgicale, dans le but de créer un récit viral. L’auteur de ces modifications est un certain Hockler73, qui ne dispose d’aucune page de discussion active : il apparaît, modifie le contenu et disparaît. En l’espace de 24 heures, on a enregistré quelque 100 000 recherches Google et une véritable ruée sur le livre. Une trajectoire aussi parfaite ne peut être que l’œuvre d’une organisation puissante. »

    Selon les derniers sondages, le général est d’ores et déjà crédité de 8% des intentions de vote, s’imposant ainsi comme la quatrième force politique nationale. Pauvre Italie !

    Journaliste et romancière, Stefania Nardini vit entre Naples et Rome