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  • [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    [Théâtre] « Le misanthrope » pas insensible au genre humain

    Dur de s’attaquer à un classique tel que Le misanthrope, adapté et décliné à l’infini par quiconque se dit homme ou femme de théâtre. Un défi relevé avec une ardente rigueur par le metteur en scène Georges Lavaudant, comme pourront le constater les nombreux spectateurs aixois ayant déjà répondu présent, entre le mardi 18 et le samedi 29 novembre, sur la scène du Jeu de Paume. Dans son costume noir cintré, Eric Elmosnino campe le personnage d’Alceste avec flamboyance pour en extraire tout son registre tragi-comique. Il en faut pour se soustraire à des mondanités qui l’obligent malgré tout, face aux courtisans de sa Célimène dont il sonde les sentiments.

    Intime et social

    Comme l’explique Georges Lavaudant dans sa note d’intention, « l’intrigue a deux versants. L’un et social, l’autre est intime. Les deux sont inextricablement liés et se rejoignent dans la personne d’Alceste ». Et le metteur en scène de développer : « D’un côté, nous suivons les péripéties d’un duel entre un homme et une femme. Lui veut la faire parler une fois pour toutes. Elle refuse cette parole qui l’engagerait ». Quant à l’aspect social, il se matérialise notamment par la formule d’Alceste : « Je hais tous les hommes ». « S’il est fou », estime-t-il, « sa folie est très sérieuse et cohérente. Il n’est pas un misanthrope de salon, ses idées ne sont pas de la théorie pure, elles se traduisent concrètement en humeurs et passions qui le tourmentent. Il ne peut pas vivre dans un monde sans vérité ».

  • Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Galeries Lafayette : à Avignon, un site « en bonne santé » suite à un rachat

    Sapins et guirlandes de Noël sont déjà de sortie devant les Galeries Lafayette du centre commercial Cap Sud d’Avignon en ce jeudi 13 novembre, mais pas de foules à l’image de celles vues le 16 octobre dernier pour la première journée de liquidation des Galeries du centre Bourse, à Marseille.

    Dans les allées, sous un éclairage aux lumières blanches et entre les produits de marques plus ou moins connues des férus de mode, une douzaine de clients flânent en regardant parfois un produit qui attire l’œil. Parmi eux, des habitués comme Marcelle et Anita, retraitées avignonnaises du groupe Monoprix, pour qui ce « serait dommage » de voir disparaître « ce genre d’endroit symbolique qui porte un peu de chic dans la ville ». Tout en regrettant « des prix qui ont rendu inaccessibles ces produits à la plupart des gens ». « Franchement, une fermeture ne me ferait absolument rien », rit, après avoir fait les gros yeux devant les étiquettes de prix d’une veste, Nathalie. Venue avec son fils Tom, 17 ans, car ils passaient dans le coin, « c’est la première fois en 15 ans que je viens ». « Il y a presque trop de choses. À l’heure des plateformes de seconde main, je ne comprends pas ce type de magasin. Même si je conçois que ça manquera aux personnes qui ont l’habitude de s’habiller ici », abonde Tom, sac d’une enseigne de prêt-à-porter à bas prix en main.

    « Il n’y a pas de craintes de fermeture », assure Olivier Bernardi, directeur du site. Et ce, car le magasin a été affilié en 2021 par le groupe Retail Avignon, qui est aussi propriétaire des Galeries Lafayette de Béziers et Nîmes. « Les finances sont totalement dissociées. Et tout se passe bien à Avignon. En 2025, nous avons fait entrer plusieurs nouvelles marques, par exemple, et en 2024, on était en progression de 5 points », détaille le responsable.

    Un rachat qui a réorganisé le fonctionnement du magasin et chamboulé certains employés comme Jérôme*, plus de trente ans d’ancienneté et en arrêt maladie depuis plus d’un an. « Suite au rachat, la charge de travail a augmenté et on nous a supprimé nos primes alors qu’on a un salaire minable. Je ne reconnais plus mon magasin. Après tant d’années de joie, je ne peux plus approcher du centre commercial sans ressentir de l’angoisse », soupire-t-il.

    *Prénom modifié à sa demande

  • [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    [Entretien] Sophie Delfino : « Les propositions de l’Union pour Gap sont toutes chiffrées »

    La Marseillaise : Qui rassemble la liste « Union pour Gap », conduite par Elie Cordier ?

    Sophie Delfino : C’est une liste qui regroupe des partis de gauche avec une large place pour une participation citoyenne, de telle sorte qu’au départ c’était une liste de partis mais qui est devenue une liste de Gapençais soutenue par le PS, le PCF, les Écologistes, Génération.s, Place publique, ainsi que des groupes d’opposition au conseil municipal dont fait partie Elie Cordier.

    Comment le programme de la liste « Union pour Gap » reflète-t-il cette participation citoyenne ?

    S.D. : Le programme est ancré à gauche, il laisse une large place aux questions sociales. Par exemple, la gratuité de toutes les activités pour les maternelles et les primaires. Mais les propositions ne descendent pas d’en haut, elles sont le résultat d’un travail collectif. Il y a une grosse dynamique de travail qui intègre des gens rencontrés lors des porte-à-porte et qui sont d’accord pour participer à l’élaboration du programme : 140 personnes ont participé à 12 commissions, à ce jour.

    De quelle manière se concrétise cette démarche ?

    S.D. : La commission qui a attiré le plus de participation et qui témoigne d’une grande préoccupation locale, c’est l’écologie. Il y avait 28 personnes à chaque réunion et énormément de propositions qui vont de la végétalisation des cours d’écoles jusqu’à la rénovation des logements publics en passant par le tri des déchets verts. Nous avons par ailleurs créé une commission « Sécurité et tranquillité » car nous avons constaté cette préoccupation importante lors des rencontres avec les habitants. De là, émergent des propositions telles que l’augmentation des effectifs de police municipale, un projet de lieu rassemblant police nationale et police municipale pour une meilleure coordination, des médiateurs pour éviter les incivilités. Beaucoup de mesures sont envisagées.

    Les rencontres, l’écoute et le dialogue nous permettent d’avancer des propositions. Ainsi pour l’implantation d’entreprise dans le bassin gapençais, un gros travail est en train de se faire avec des entrepreneurs de PME qui sont déjà en dialogue avec nous. Il faut favoriser l’implantation de start-up. De même, on est à l’écoute des gens qui travaillent dans la ville, sur le territoire. On a fait des réunions avec les syndicats d’employés municipaux, avec les représentants territoriaux, le CCAS aussi. Cela nous permet de comprendre la grande souffrance des employés municipaux aujourd’hui et d’envisager des aménagements positifs pour la ville et les employés.

    Pouvez-vous citer quelques points importants du programme ?

    S.D. : Nous envisageons de garder et d’améliorer ce qui fonctionne et d’autre part de répondre à des besoins par des créations. Tout d’abord, on a dit qu’on faisait un état des lieux de ce qui marche à Gap. Dans un premier temps, notons que Gap n’est pas une ville endettée. Nos propositions sont toutes budgétisées. On a des gens qui travaillent pour le chiffrage, un expert-comptable et autres professionnels, on sait combien ces réalisations vont coûter.

    Par exemple, nous allons créer une ferme municipale avec des produits bio pour la restauration scolaire et les établissements publics. Le chiffrage est fait, selon qu’il y aura des employés municipaux ou des producteurs locaux. Ce sont des chiffres différents. Autre exemple à Gap : il y a des transports gratuits depuis plus de 20 ans. C’était un combat gagné par des élus communistes d’opposition. C’est resté et ça fonctionne. Mais tout l’aménagement urbain n’a pas évolué. Par exemple, en centre-ville, rue Carnot, je ne sais pas où je suis : sur une piste cyclable, piétonne ? C’est dangereux, il y a des accidents. Nous avons donc un gros projet de réaménagement pour faire vivre ensemble, vélos, piétons et voitures. Avec des règles claires et connues. Nous voulons faciliter la mobilité. Améliorer l’existant, c’est par exemple favoriser le développement d’une pépinière d’entreprise qui actuellement vivote. Il n’y a pas assez de facilitation de la mairie sur les locaux pour l’implantation et le développement d’entreprises. C’est le volet d’emploi du bassin gapençais qui est en jeu. Le maire actuel est fâché avec tout le monde au niveau de la région, c’est un gros problème. Or il faut travailler avec toutes les instances régionales de manière plus active pour désenclaver, pour le tourisme, et l’implantation d’entreprises. À cet égard, un des enjeux des JO est le réaménagement routier et ferroviaire. La mairie, la communauté de communes et le département doivent travailler ensemble sinon on est perdant. Il faut penser au niveau intercommunal, les gens des communes environnantes viennent à Gap. Il faut travailler avec les autres communes, créer du dialogue, leur permettre d’avoir l’initiative au lieu de tout faire descendre de la ville de Gap.

    Y a-t-il des lignes directrices communes aux différents aspects du programme ?

    S.D. : Favoriser les rencontres et les échanges entre différents quartiers, entre différentes générations, c’est notre fil conducteur. Aujourd’hui à Gap, chacun reste dans son quartier. Donc on veut créer des moyens, des lieux, des événements, pour que les gens se rencontrent et créent du lien. Par exemple, dans la ferme municipale dont j’ai parlé, ce sera un lieu de rencontre. Ou encore, à la piscine : en faire à la fois, un lieu de compétition sportive officielle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, mais aussi un lieu de loisir avec un restaurant, des espaces ombragés, pour les enfants, les jeunes et les familles où l’on puisse passer la journée. L’axe d’attaque du programme c’est que les gens puissent se rencontrer. Par exemple, il y a beaucoup de faits culturels mais on ne le sait pas. Il y a énormément d’associations culturelles mais on ne s’en rend pas compte. Chacun reste dans son coin. Ainsi les troupes de théâtre à Gap ne se connaissent pas entre elles. On pourrait créer un conservatoire de théâtre. Nous voulons créer une maison de la culture et des associations car il manque aussi beaucoup de petites salles.

    Nous sommes à 4 mois des municipales, pensez-vous que la liste « Union pour Gap » peut gagner ?

    S.D. : Oui, nous pensons que gagner est de l’ordre du possible. Tout d’abord, nous formons une alliance entre partis de gauches et écologistes avec des gens qui se connaissent et s’entendent bien. Même s’il peut y avoir des désaccords, on a une vision commune pour la ville et on travaille dans une ambiance cordiale. Ensuite, cette liste accorde une large place à une participation des habitants, à la citoyenneté. Il y a une dynamique, et nous sommes devenus une liste de Gapençais pour les Gapençais. Et ce n’est pas un slogan. Il y a en effet une forte sollicitation de la population pour l’élaboration du programme et si on est élu, on doit établir un fonctionnement où les gens auront un droit de regard et qu’on puisse s’appuyer sur un mouvement citoyen. Enfin, nous avons une tête de liste, Elie Cordier, qui arrive à fédérer tout le monde. Dans l’équipe de campagne, il y a tous les âges, différents milieux socioprofessionnels. C’est un atout considérable. Elie Cordier est à l’écoute, il est en phase avec les visées du programme et avec son esprit.

  • L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    L’aéroport d’Avignon a entamé la mise aux normes de sa piste

    Depuis de nombreuses années, l’aéroport d’Avignon vit avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête : l’obligation de mettre aux normes de sécurité européennes [Resa, dans le jargon aéronautique, pour Runway end safety area] sa piste pour pouvoir continuer à tourner. Un dossier qui est en passe de se finaliser. Depuis trois semaines, à défaut d’avions de vols commerciaux, des engins de chantier sont entrés en piste.

    En bordure de la route de Morières, obligeant le golf à trouver un nouvel emplacement pour son trou numéro 6 (lire ci-dessous), des monticules de terre sont retournés. « On le répète et le martèle, il n’y a pas d’extension de piste parce qu’il y a toujours une crainte de la part des riverains de voir une déviation de la voie communale, ce sont des projets qui ne sont absolument plus à l’ordre du jour », assure Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport, qui a pris ce dossier brûlant à son arrivée il y a un an et demi. Sans trop avoir le choix puisque l’aéroport frisait la fermeture. La direction de l’aviation civile lui a accordé une dérogation le temps de finaliser les travaux d’ici à janvier.

    La piste, d’une longueur actuelle de 1 880m, sera réduite de 5m tandis que le périmètre de l’aéroport sera agrandi. « Cela nécessite des travaux d’aplanissement du terrain en bout de piste donc c’est pour ça qu’il y a un petit mouvement de clôture périphérique, la Région [propriétaire de l’aéroport] récupère une partie du terrain qui lui appartenait déjà », souligne Guillaume Desmarets. Contactée, la collectivité n’a pas, « à ce stade », voulu nous répondre sur le détail et coût du dossier. Mais, selon le marché attribué pour les travaux, ce serait de l’ordre de 620 000 euros.

    Un recours au tribunal

    Dans un courrier adressé aux services de la Ville de Morières, consulté par La Marseillaise, la Région a, en revanche, été plus disserte pour justifier pourquoi les travaux n’ont eu besoin d’aucune autorisation d’urbanisme. Elle estime qu’ils relèvent « de la sécurité de la circulation aérienne » et que la loi et la jurisprudence ne nécessitent pas d’être mis en conformité avec le plan d’urbanisme local. L’Un-Adrac, association de riverains qui milite pour l’arrêt de l’aéroport, a une lecture tout autre. Elle a envoyé, le 4 novembre, une mise en demeure au préfet « pour faire cesser les travaux ».

    L’Un-Adrac soulève plusieurs motifs, comme « l’atteinte à des zones protégées et un risque environnemental immédiat ». Sont notamment évoquées « les nappes phréatiques du champ captant de la Saignonne, les zones humides de la Durance et la biodiversité locale ». « Ces atteintes seraient irréversibles », soutient la missive adressée au préfet. « L’aéroport s’affranchit des règles au motif d’un intérêt public, c’est un passage en force », dénonce Yves Marie-Cardine, président de l’Un-Adrac.

    Pas de quoi inquiéter le directeur de l’aéroport : « On est dans un cadre strictement légal, qui n’entre pas dans le champ d’un diagnostic. Il n’y a aucune atteinte à la zone de captage, les travaux se déroulent en dehors des zones interdites, défend Guillaume Desmarets. La biodiversité va même y gagner, car la zone sera dépourvue de toute artificialisation liée au golf, son bunker et l’herbe coupée à 3cm qui n’a rien de naturel ». Faute de réponse positive du préfet, l’Un-Adrac a saisi le tribunal administratif de Nîmes pour un référé-suspension. L’office français de la biodiversité s’est aussi saisi du sujet.

  • Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Du côté du golf d’Avignon, le parcours en voie de modification

    Arrivé à la tête du golf d’Avignon Châteaublanc en juillet dernier, Julien Rueda ne pensait pas à devoir gérer si vite le dossier de la mise aux normes de l’aéroport, véritable serpent de mer de son voisin de parcelles. « On m’a dit, t’inquiète pas, de toutes façons c’est un projet qui est dans les tuyaux depuis 25 ans, ça sort pas, et puis finalement ça s’est accéléré et bousculé », parvient à en sourire le directeur. « L’emprise du golf mordait sur une partie des terrains de la Région », détaille Guillaume Desmarets, directeur de l’aéroport. Un emplacement que le golf utilisait pour son trou numéro 6, désormais inaccessible.

    Entre golf et aéroport, au-delà de la proximité géographique, il y a des liens entre propriétaires : le golf est installé sur un domaine appartenant à la chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84), elle-même actuelle gestionnaire de l’aéroport. «On a une délégation de service public jusqu’en décembre 2030 », précise Julien Rueda, stipulant qu’à cause des travaux, un allongement de la concession « est en discussions ».

    En attendant, le golf, qui reste ouvert, a du parer au plus pressé. « On a été obligés de prendre une décision rapide pour pouvoir continuer à proposer à nos membres [750 licenciés] un parcours provisoire de 18 trous et accueillir des compétitions », fait valoir le directeur du golf. Concrètement, un nouveau trou a été aménagé autour du trou numéro 1, qui passe d’un par 5 en un par 4.

    En parallèle, un projet est en cours de finalisation pour que « dès janvier, on commence les travaux pour construire un nouveau trou en remplacement du trou n°6, sur un secteur derrière les trous n°7 et 8 », détaille Julien Rueda. Notons que la direction développe une politique de golf pour tous « pour casser les clichés ». Plusieurs initiations gratuites de deux heures sont proposées chaque week-end.

  • À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    À Rognac, le RN s’est emparé d’une ville rongée par une gestion chaotique

    Sans faire de bruit, Rognac, 12 335 habitants, cité dortoir et ouvrière par excellence, est passée, il y a un an, aux mains du Rassemblement national. Trente ans après ses succès à Marignane et Vitrolles, à quelques kilomètres de là, l’extrême droite est revenue aux manettes.

    Les municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, ont été un fiasco pour la liste de la maire (UDI) sortante, Sylvie Miceli-Houdais, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur.

    Réunissant 13,84% des votants, elle était arrivée en troisième position, loin derrière Willy Nicollet (DVD), son adjoint à la sécurité (34,65%), et Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête (38,24%) à l’issue d’une quadrangulaire mortifère. Un novice, débarqué au RN un an plus tôt qui a bénéficié de l’étiquette et du soutien affiché des ténors nationaux du parti d’extrême droite.

    Mais ce désaveu des citoyens est surtout le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendus public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024.

    Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacants durant deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

  • La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    Les militants du Comptoir des idées sont toujours à pied d’œuvre dans le Port du Levant pour faire vivre la réflexion et le débat. Cette fois c’est au tour de la Ligue des droits de l’Homme de nous faire nous interroger sur la grande faillite qui entoure le secteur de la protection de l’enfance qui, par manque d’ambition politique, n’a plus les moyens d’accomplir correctement ses missions. Avant la grande table ronde de jeudi à l’Hélice qui réunira entre autres dès 18h Virginie Peyré, la fondatrice de l’association « Les ami(e)s de Romy », auteure du livre Chut c’est un secret et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, nous les retrouvons devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé pour une opération de collage.

    « On est la 5e puissance du monde et on a 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles et des mineurs isolés mal accompagnés ou pas accompagnés du tout », s’indigne le président de la section Toulon-La Seyne de la LDH Roland Biache. Et de poursuivre sans concession : « Il est clair que la France n’assume pas son rang, n’est pas à la hauteur des enjeux. Et d’ailleurs le taux de mortalité des enfants raugmente ces dernières années. »

    « Un impensé politique »

    Un constat dramatique qu’il est difficile de ne pas rattacher aux baisses de crédits attribués. « Ce n’est pas vrai qu’on fait mieux avec moins », peste le responsable associatif. Il s’appuie d’ailleurs sur le dernier rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago rapporteure d’une commission d’enquête et qui dit que « la protection de l’enfance est un impensé des politiques publique ».

    Pour le militant des droits humains il y a urgence à réagir et à faire appliquer les droits, pour commencer ceux de la Convention internationale des droits à l’enfant, dont nous célébrons l’anniversaire ce jeudi. « On se retrouve face a une forme d’autisme du côté des pouvoirs publics, mais on est toujours aussi motivés pour se battre », affirme-t-il. En attendant, « le plus grave c’est qu’on obère l’avenir ». Et là dessus les rapports de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de la défenseure des droits ont de quoi alarmer.

    Parmi les solutions qui vont être développées au cours de la soirée, celle pour commencer d’amplifier les programmes scolaires pour qu’il y ait une véritable politique éducative. Mais aussi parvenir à avoir une vision plus globale d’une politique de l’enfance aujourd’hui très éparpillée dans différents services. « Il y a des gens compétents dans ces délégations interministérielles mais ils n’ont que très peu de moyens politiques et pâtissent d’un manque d’attention de leurs collègues ministres ou secrétaires d’État », déplore Roland Biache.

    Il ajoute que depuis la loi de 2023 les municipalités ont également des responsabilités mais « les relations financières installées entre l’État et les collectivités locales » n’aident pas vraiment à mettre en place une véritable politique de l’enfance et de la petite enfance.

    La prostitution enfantine, avec là encore des constats alarmants, va également être mise en avant notamment par le journaliste Claude Ardid (Les enfants du purgatoire, L’Observatoire) qui a passé deux mois en immersion totale au sein de la brigade des mineurs de Marseille. Une table ronde qui va accorder un focus tout particulier sur l’Aide sociale à l’enfance. « Ce qui se passe dans certains départements, est dramatique », affirme le militant. La LDH souligne les effets de la décentralisation de l’État vers les départements, avec l’inégalité territoriale de traitement, que cela entraîne, notamment au niveau des mineurs isolés étrangers, qui représentent 20%, même des chiffres des jeunes accueillis.

    Et de conclure : « Dans le Var, en plus, sur les 233 mineurs isolés étrangers reçus l’année dernière, seulement 89 ont été acceptés comme tels. Les fameux test osseux sont un moyen d’évacuer des jeunes dont on n’a pas la place pour les accueillir. C’est le drame. »

  • Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    Toulon en Commun tient à rétablir quelques vérités

    « Nous gardons notre sérénité mais regrettons ce cavalier seul… » C’est en ces termes que commence le communiqué de Toulon en Commun, en rappelant que « la division de la gauche n’est jamais une bonne chose ». Et ce d’autant moins dans le Port du Levant où le danger de l’extrême droite est réel.

    La liste d’union des forces progressistes déplore donc ce choix, alors que « la dynamique autour de Magali Brunel est réelle et que les habitants disent leur souhait de changement ». Pour Toulon en Commun, il est clair que les priorités de LFI sont autres. Guidées par une décision nationale qui fait fi de l’urgence d’empêcher le RN de (re)prendre la ville.

    Pour la liste de rassemblement « les raisons avancées par LFI ne sont ni justes ni exactes », en rappelant que « la désignation de Magali Brunel comme tête de liste a été un exemple de démocratie auquel LFI, en quittant Toulon en Commun, n’a pas voulu participer ». Et sur « la supposée ligne rouge » qui serait son appartenance au PS, l’Assemblée citoyenne écologiste, sociale et solidaire montre que l’argument ne tient pas puisque à la Seyne, LFI se présente alors que la tête de liste n’est pas socialiste. Et de poursuivre : « Et c’est pareil dans beaucoup d’autres villes avec des maires sortants communistes ou EELV, ou encore des listes sans tête de liste PS. »

    Pas question pour autant de se laisser déstabiliser par ce type d’annonce. L’équipe qui travaille depuis 2019 en concertation pour bâtir un programme de changement basé sur la réalité toulonnaise va au contraire continuer d’aller de l’avant. « Comme nous avons su rassembler la gauche et ses diverses sensibilités, les écologistes et les régionalistes, nous annoncerons de nouveaux renforts dans les semaines à venir », conclut-elle d’ailleurs.

  • Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    Gilets jaunes dans le Var : une mémoire vive et des voix qui refusent de se taire

    « Nous sommes là pour montrer que le mouvement, certes affaibli, est toujours actif et ce sur plusieurs fronts », commence Pierre, en pointant par exemple le combat mené pour la gratuité des parkings dans les établissements de santé. Mais aussi leur participation dans des listes citoyennes pour les prochaines élections municipales.

    En tout cas tout le monde est content de se retrouver en ce début de week-end sur ce rond-point qui a abrité des mois durant leur mobilisation sans faille. Et ce même si le bilan est contrasté.

    Pour mémoire dès les premières d’action en novembre 2018, les Gilets jaunes varois occupent le terrain en masse. Salariés, retraités, travailleurs indépendants, chômeurs… tous unis par le sentiment d’un coût de la vie devenu insupportable.

    Même si les grandes mobilisations du samedi ont vécu, des collectifs locaux continuent de fonctionner, organisant des réunions ponctuelles, des actions de solidarité, et participant aux mouvements sociaux lors des grandes manifestations contre la réformes des retraites notamment.

    Entre nostalgie

    et détermination

    Ils évoquent chacun avec leurs mots le lien humain, si rare et si puissant, qui s’est noué au cœur de l’hiver 2018. Pour autant, ils ne veulent pas faire de ce septième anniversaire un rassemblement d’anciens combattants se remémorant les grands moments de camaraderie mais bien continuer de mettre en avant l’urgence sociale et de réfléchir à leur capacité à se remettre en ordre de bataille.

    « On avait raison, écrivez-le ça ! C’est important. Alors que beaucoup nous traitait de complotistes », affirme celle que tout le monde ici appelle Makry, pour Marie-Christine, en expliquant que les raisons qui les avaient poussés à se révolter n’ont pas changé. « C’est même pire aujourd’hui. On est vraiment tombé encore beaucoup plus bas que ce qu’on pensait », ajoute-t-elle. Et de poursuivre : « On demande toujours de pouvoir terminer le mois, se soigner. Rien n’a été réglé, au contraire. » Pour l’ancienne chef d’entreprise « ça ne peut que repartir » puisque « le ras-le-bol » et « la colère » sont là.

    Un peu plus loin, Laurence pense elle aussi que tous les facteurs sont réunis. Mais, pour elle « les gens ne sont pas encore assez motivés » pour franchir à nouveau le cap. « Ils nous klaxonnent, ils nous soutiennent, mais ils ne sont pas prêts à descendre dans la rue, à faire des actions », confirme Maria. « J’espère de tout mon cœur que ça arrivera parce que j’ai 70 ans et que je n’ai pas l’intention de terminer ma vie sur un rond-point », reprend Makla. « C’est vrai qu’on aimerait bien qu’ils se bougent un peu plus. On voit quand il y a des matchs de foot, de rugby, ils sont tous là à crier, et puis pour des bonnes causes, ils restent à la maison ! », déplorent Pierrette et Mariline.

    En tout cas tout le monde promet de continuer à se battre dans l’ombre ou au sein du mouvement associatif pour promouvoir un avenir meilleur.

  • Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    Galeries Lafayette : une enseigne qui ne provoque plus l’enthousiasme unanime des clients à Toulon

    L’heure n’est pas à l’agitation dans les rayons des Galeries Lafayette de Toulon. Quelques clients semblent flâner sans but précis, et rares sont ceux qui ressortent avec un sac sous le bras. L’établissement, ouvert en 1951 sous pavillon Aux Dames de France, devenu Galeries Lafayette en 1985, et menacé de fermeture à cause de la possible liquidation de l’enseigne, avait finalement été sauvé en mars 2024. Une bonne nouvelle pour les salariés, pas autorisés par leur direction (qui a refusé de nous recevoir) à répondre à nos sollicitations concernant ce maintien. « Mais allez demander aux clients ce qu’ils en pensent », nous glisse malicieusement l’une d’entre elles.

    « Pourquoi sont-elles encore ouvertes ? »

    Parmi ceux-ci, certains, comme Angélique, parlent de « très bonne nouvelle. Je suis une cliente occasionnelle, c’est agréable d’y faire un tour, on est bien reçu, et il y a du choix. Il y a tous types de prix, et les promotions continues sont adaptées au budget des Français ». Pour cette habituée du rayon parfumerie, il est primordial de conserver « cette institution avec des points de vente physiques », et de ne pas avoir cédé à la marque Shein, dont l’installation dans sept magasins a provoqué la fin du partenariat entre Galeries Lafayette et la Société des Grands Magasins (SGM) : « Il fallait préserver l’image et l’honneur français ».

    S’ils reconnaissent l’importance de l’enseigne dans le patrimoine commercial français, les autres clients croisés ne sont pas tout à fait du même avis. Dia, lui aussi intéressé par les parfums, « se ficherait » d’une fermeture. « Il y a d’autres enseignes, j’irai ailleurs », conclut simplement le jeune homme. D’autres, comme Vanessa, se demandent même « pourquoi elles sont encore ouvertes. Il n’y a pas grand intérêt à ce magasin qui coûte cher, et qui n’a pas grand-chose à proposer. J’y vais parfois pour passer le temps, mais je ne trouve rien. Il n’y a que des choses généralistes qui sont chères. Aujourd’hui, ce magasin n’est plus adapté à la population et à notre pouvoir d’achat. » Danielle et Armand, eux, n’y trouvent plus leur compte : « C’est trop classique. On vient par habitude car on allait aux Dames de France avant. Ce serait dommage que ça disparaisse, mais il faudrait que ça se modernise, avec un conglomérat de petites enseignes plutôt que des kilomètres de pull-overs et de chemises classiques. Ça n’a plus aucun sens, il faut du dynamisme », concluent ces deux retraités du commerce de prêt-à-porter.