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  • Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Lecornu, le Premier ministre qui fait pschitt

    Le Premier ministre sans gouvernement, sans majorité, sans idées nouvelles et encore moins de ruptures avec la politique macroniste crépusculaire, prendrait-il, en prime, les Français pour des imbéciles ? Alors que la proposition de taxer enfin les plus riches est archi populaire dans l’opinion, Sébastien Lecornu a fermé la porte à tout changement dans la politique fiscale actuelle y compris à la marge pour réduire les inégalités criantes et indécentes. Hors de question pour l’homme lige d’Emmanuel Macron de déplaire à ses comparses du « socle commun » de la droite classique et du centre droit et aussi au patronat, vent debout contre toute inflexion de la politique pro-business de l’exécutif. À écouter le président du Medef Patrick Martin, la taxe Zucman, pourtant peu renversante et de nature sociale-démocrate, serait « une forme de spoliation ». Rappelons qu’il s’agirait de taxer les 1 800 foyers les plus riches de 2% seulement !

    Droit vers la censure

    Depuis samedi, le Medef est soulagé : dans un entretien au journal Le Parisien, le locataire de Matignon a fait tomber le masque. Des ruptures étaient annoncées ? Ce n’était que des éléments de langage. Il n’y aura pas plus de taxe sur les plus riches que de suspension de la réforme inique des retraites. Le Premier ministre, impuissant à rallier une majorité, se déporte sur le Parlement pour le budget 2026. Une hypocrisie de plus. Pour ramener tout ce beau linge à la raison, le mouvement social s’engage dans un véritable bras de fer et la journée du 2 octobre est décisive. Politiquement acculé, Lecornu ne restera certainement pas très longtemps à Matignon et va droit vers la censure.

  • Medef et monde du travail : le bras de fer

    Medef et monde du travail : le bras de fer

    Parmi les lignes rouges du grand patron Patrick Martin, président du Medef, figure notamment une taxe sur les très hauts patrimoines dite « Zucman » (du nom de l’économiste Gabriel Zucman), réclamée par la gauche. « Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises. La taxe Zucman intègre l’outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas ! Pour certaines entreprises – dans la tech notamment – qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente », s’est-il insurgé.

    Plus généralement, Patrick Martin a estimé que les propositions budgétaires du PS auraient « un effet récessif » dans une conjoncture économique déjà difficile. Le Medef a décidé d’organiser le 13 octobre un grand meeting. Signe de sa fébrilité mais aussi de son intention de défendre ses privilèges.

    Lecornu ne suspendra pas la réforme des retraites

    Le patron du Medef a dû pousser un « ouf » de soulagement après la lecture de l’entretien du Premier ministre, samedi dans les colonnes du journal Le Parisien, – dont la rédaction se bat contre son rachat par Bolloré -. Sébastien Lecornu est, sans surprise, fidèle aux fondamentaux du « socle commun » réunissant LR et les macronistes, fermant la porte aux revendications phares des socialistes, qu’il s’agisse de la taxe Zucman sur les hauts patrimoines ou de la suspension de la réforme des retraites.

    Une position qui n’étonne pas la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. « Pour la rupture, on reviendra ! », a-t-elle réagi dans la Tribune Dimanche au sujet des premières orientations exposées par le nouveau Premier ministre vendredi dans le Parisien. « Il ferme la porte sur les retraites et sur la taxe Zucman, ne s’engage toujours pas clairement sur les autres lignes rouges », a-t-elle commenté. « Cela confirme la nécessité de la mobilisation du 2 octobre. C’est uniquement après cette journée, et sur la base du rapport de force du 10 et du 18 septembre, que nous irons le rencontrer de nouveau pour exiger des réponses concrètes », a déclaré Sophie Binet. Les dirigeants syndicaux ont été reçus mercredi par M.Lecornu, à Matignon, mais ont jugé les échanges infructueux et ont décrété une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre, après une première journée de grève le 18 septembre.

    Sébastien Lecornu a, lui, fait part de son intention de recevoir à nouveau l’intersyndicale dans les prochains jours, lui demandant des contributions sur plusieurs thématiques liées au travail et à la protection sociale. « Nous maintiendrons la pression jusqu’à la fin des débats parlementaires, en décembre, pour que le budget soit sous la surveillance du monde du travail », a assuré Sophie Binet. « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron », a-t-elle mis en garde. Interrogée dimanche lors de l’émission Questions politiques sur France inter, franceinfo et Le Monde, la responsable syndicale a toutefois affirmé ne pas souhaiter le départ de Sébastien Lecornu. « Nous ne souhaitons pas la chute de ce gouvernement. C’est d’ailleurs pour ça qu’on fait tout ça maintenant, pour le forcer à revoir sa copie » et ce « afin qu’il réponde aux exigences sociales des travailleurs et des travailleuses ».

    Cinq gouvernements

    en deux ans

    Elle a rappelé que cinq gouvernements étaient tombés depuis deux ans « à cause de cette politique de passage en force d’Emmanuel Macron, notamment sur la réforme des retraites ». Elle développe : « À chaque fois, c’est tout changer pour ne rien changer. On en a ras le bol de cette nuit sans fin du macronisme avec ce disque rayé », a-t-elle encore dit.

    « Notre objectif n’est pas de faire tomber Macron. Nous n’avons rien contre lui », a-t-elle affirmé. « On a d’ailleurs besoin d’un président qui préside au niveau international au vu de la crise géopolitique », a-t-elle ajouté saluant comme « très importante » la reconnaissance de la Palestine par la France.

    « Sans rupture réelle de sa part, il rejoindra à son tour le cimetière des Premiers ministres d’Emmanuel Macron »

    66

    milliards d’intérêts : c’est le montant du financement du budget de la France entre les mains des marchés financiers, soit l’équivalent du financement de l’enseignement primaire
    et secondaire.

  • « Nous proposons une taxation minimale de toutes les fortunes »

    « Nous proposons une taxation minimale de toutes les fortunes »

    La Marseillaise : La taxe Zucman suscite de vifs débats autour du budget. Quelle est votre analyse sur cette mesure très populaire dans l’opinion ?

    Frédéric Boccara : Il y a un vrai problème de justice fiscale. Mais le problème du budget c’est d’abord que son financement est dans les mains des marchés financiers : ils prélèvent 66 milliards d’intérêts, soit l’équivalent de la dépense pour l’enseignement primaire et secondaire. C’est ensuite un problème de dépenses malsaines, qui minent l’économie, la société et son développement, donc la capacité « d’avaler la dette » par une croissance saine… Enfin, il y a les impôts. La taxe Zucman doit être regardée relativement à deux enjeux. La justice fiscale, une contribution juste des personnes et des entreprises, et une inégalité extraordinaire s’est creusée en faveur des ultra-riches que des grandes entreprises. Et l’enjeu d’efficacité. Si on prélève et que le pays s’appauvrit, ça ne va pas. Développer la France, c’est développer l’efficacité pour vivre mieux. Et la taxe Zucman ne s’inscrit pas forcément dans cette logique.

    Quels leviers envisagez-vous alors ?

    F. B. : Les économistes du PCF, avons d’autres propositions. Nous parlons d’une sorte de taxe Zucman améliorée, un impôt sur la fortune amélioré. Ce problème de l’efficacité, les uns prétendent le résoudre en disant, on va taxer les biens professionnels, les autres, on va les exclure. La question est : quelle est la contribution des biens professionnels au développement sain et efficace du pays ? C’est l’enjeu d’une partie de la richesse. Nous proposons donc une taxation minimale de toutes les fortunes, à partir d’un certain seuil, y compris biens professionnels, modulée à la hausse s’ils ne développent pas l’emploi, la valeur ajoutée, l’écologie. Il faut ainsi taxer « l’outil de non-travail ». De même pour les bénéfices. Côté ménages, il faut baisser fortement la TVA, si douloureuse pour les plus modestes, et rétablir plus de progressivité de l’impôt sur le revenu.

    Le patronat s’agite avec ce meeting du Medef le 13 octobre. Comment interprétez-vous cette réaction ?

    F. B. : Ça veut dire deux choses : le patronat est inquiet de la mobilisation sociale, et il veut serrer les boulons parce qu’il redoute aussi des défections dans son camp. Car nous voulons et pouvons emmener l’ensemble des forces de la création et du développement avec nous pour aller de la justice fiscale vers une nouvelle efficacité fiscale du prélèvement et de la dépense. Un certain nombre de couches moyennes et supérieures sont intéressées par cette vision. L’U2P, les vraies petites entreprises, a réagi très durement face au Medef, en disant : « Nous payons plus, nous voulons contribuer mais il ne faut pas nous écraser ». C’est précisément cet élément que nous reprenons. Il y a quelque chose de juste dans leur argument. Les grandes entreprises ont vu leur taux effectif d’impôt baisser de cinq points entre 2016 et 2022, quand celui des très petites a augmenté de 0,4 (étude Insee). Les grandes entreprises paient 14% de leur bénéfice, contre 21% pour les PME. Le patronat essaie d’enfermer la gauche dans le prélèvement. Nous devons prendre au sérieux l’argument de l’efficacité. Dénonçons le double égoïsme du grand capital sur les entreprises. Il fait tout, jusqu’à tricher, pour payer le moins possible d’impôts. Mais son pire égoïsme, ce sont les délocalisations. Que fait-il avec les richesses ? L’argent qu’on lui laisse (dont les aides), il l’utilise à démolir l’activité et l’économie. Entrons dans une autre relation avec les entreprises pour aller vers une efficacité qui recèle des ressorts nouveaux : l’enjeu écologique, l’enjeu des capacités et des dépenses humaines.

    La dette, souvent brandie comme un frein à l’investissement social ou écologique. C’est une contrainte réelle ou construite politiquement ?

    F. B. : Elle est à la fois réelle et utilisée politiquement, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut dire que c’est bidon. Elle est réelle car elle est dans les mains des marchés financiers, avec deux conséquences : cette dîme de 66 milliards et cette exigence que les dépenses soient faites pour le capital, les bas salaires, moins pour les services publics… c’est leur vision de la compétitivité. Mais une dette n’est pas forcément mauvaise. Je préfère parler d’avances, c’est moins moral. Or des avances pour se développer, c’est nécessaire. Nous proposons un fonds d’avances pour le développer des services publics et de l’économie, appuyé par le pôle public bancaire et financé à 0%. Et une bataille convergente sur la Banque centrale européenne. 

  • Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    L’appel du Medef au meeting du 13 octobre à Paris pour dénoncer une « dérive anti-entreprise », divise le patronat. Seul le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) soutient l’idée. L’Association française des entreprises privées (Afep) n’a pas statué et l’Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance) a pris acte de l’initiative mais ne participera pas. L’U2P qui représente les entreprises de proximité, elle, ne participerait pas.

    Du côté de la CPME, première organisation patronale en nombre d’entreprises adhérentes (243 709) et d’employeurs (155 175), on réserve sa décision. Amir Reza-Tofighi, son président, a laissé le choix aux territoires. Alain Gargani n’y voit à ce stade pas d’intérêt.

    « Il faut une raison pour faire une manifestation. Attendons d’abord l’atterrissage du budget. Et si vraiment on est impacté, la question se posera. Si on met en danger nos TPE-PME, je serai le premier à monter au front mais je me poserai la question au bon moment… Pour mobiliser, il faut que dans chaque territoire, les chefs d’entreprise se mobilisent et pour cela il faut communiquer. Dix jours ça me paraît court », glisse le président de la CPME Sud, malgré son opposition catégorique à la taxe Zucman.

    « On n’est pas favorable à toute taxe supplémentaire empêchant l’entreprise de progresser. C’est une erreur majeure qui risque de faire fuir encore des entreprises de notre territoire. » Lui, alerte sur une économie fragilisée, « des TPE, des PME n’arrivent pas à joindre les deux bouts, et des marchés qui s’embrument », et pointe l’instabilité politique : « C’est le vrai sujet : donnez-nous de la visibilité, laissez-nous faire notre métier ». Et de craindre les répercussions de la taxe : « Les TPE-PME sont souvent les sous-traitants des grosses entreprises. Si on commence à vouloir les taxer, le risque majeur, c’est qu’elles partent ailleurs. Taxons plutôt Shein. Là, il y a des enveloppes financières à aller chercher ».

  • Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    La colère populaire monte. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, la manifestation du 18 et avant la grève 2 octobre, organisées par les syndicats, les actions citoyennes continuent de se multiplier. Ce 28 septembre, deux cortèges se sont rejoints sur la Canebière. Le premier, venu de la Porte d’Aix, défile tous les dimanches depuis près de deux ans à l’appel du collectif Urgence Palestine Marseille (UPM). Les mots d’ordre : la fin du génocide à Gaza, et donc de la complaisance de l’État français envers Israël. L’association réclame également la fin du jumelage de Marseille avec Haïfa, qui date 1958, alors que le maire Benoit Payan a annoncé un jumelage avec la ville palestinienne de Bethléem il y a quelques jours.

    Le second cortège est une première : la marche des résistances, inscrite dans l’initiative internationale « Draw The Line » portée par des peuples autochtones du Brésil et du Pacifique et appelée de leurs vœux par une centaine d’organisations locales. Les revendications sont claires : « Un changement radical de notre système avec l’instauration d’une justice climatique qui doit faire payer les plus riches », résume Laurent de Greenpeace, qui détaille « taxer les profits sur les énergies fossiles pour des recettes dirigées vers le service public, vers le logement, vers le bâti scolaire, la mise en œuvre d’une politique tournée vers le bien commun ». Hendrik Davi, député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône souhaite un « budget à la fois social et écologique pour répondre aux injustices » et salue cette « pression, notamment sur la taxe Zucman ».

    Au moment de la rencontre des deux processions, un rugissement s’élève. « L’union fait la force. On n’a qu’un seul but : lutter contre l’impérialisme, lutter contre le capitalisme, contre toutes les dominations et les oppressions ! », s’écrie Fadela El Miri, pilier d’UPM.

    Contre la « machine coloniale capitaliste »

    Morgane, membre du même collectif, explique cette convergence des luttes : « Tant que le système colonial capitaliste pourra maintenir ses bastions comme Israël, il conservera sa capacité à piller les ressources et à détruire les écosystèmes dans le monde. La Palestine est un front décisif de cette bataille. » La jeune femme pointe la « logique froide » d’Israël : « Exterminer les Palestiniens pour exploiter les combustibles fossiles sous leurs pieds puis nous vendre ce gaz pour la consommation énergétique européenne », évoquant les gisements gaziers de Léviathan et Tamar et les nouvelles licences d’exploitation accordées « quelques semaines après les premières attaques » de l’armée sur la bande de Gaza.

    Ce qui se passe à Gaza est pour elle une « répétition du spectacle de l’avenir, car cette machine coloniale capitaliste sacrifie systématiquement les peuples et les écosystèmes pour ses profits ». Voilà pourquoi articuler les luttes.

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • Provence Studios en vitrine du 7e art

    Provence Studios en vitrine du 7e art

    Pour la première fois, Provence Studios s’invite à la Foire Internationale de Marseille. Et ce n’est pas un hasard : 2025 marque les 100 ans de la Foire, les 130 ans du cinéma et les 10 ans de Provence Studio. Une triple célébration que son président fondateur, Olivier Marchetti, a imaginée comme un premier plan réussi.

    « On a produit un petit film de 100 secondes qui retrace un siècle de cinéma à Marseille, depuis l’arrivée du train en gare de La Ciotat qu’on a modernisé », explique-t-il. « On communique habituellement sur les Journées du patrimoine mais cette année on est venu à la Foire pour montrer un peu l’arrière des coulisses ». Sur un immense espace de 750 m2, installé au fond du Hall 3, après avoir traversé les stands d’équipements de la maison, les visiteurs les découvrent comme rarement.

    Décors, costumes, effets spéciaux, tout y est jusqu’à la célèbre « Peugeot 406 blanche » de Taxi 3, ou le carrosse de Catherine de Médicis, utilisé dans la série américaine The serpent queen. « C’était l’un des éléments principaux de la série sur l’histoire de Catherine de Médicis, tournée chez nous. Le château de Chambord a été refait à 100% à Martigues. Tous les décors ont été construits par des techniciens marseillais, le carrosse, le trône, la tapisserie… », détaille avec passion Olivier Marchetti.

    « Montrer ce que le cinéma est capable de créer »

    Les enfants, eux, montent les marches du Festival de Cannes comme des stars et peuvent tester en avant-première le jeu The memory thieves, pendant que les adultes s’essaient à la présentation météo sur fond vert, découvrant les secrets de l’incrustation en temps réel. « On voulait montrer ce que le cinéma est capable de créer et rendre hommage à Marseille, à Pagnol », confie-t-il.

    Un petit décor de bar permet ainsi aux visiteurs de rejouer sa célèbre partie de cartes, dans une ambiance conviviale. « On n’a pas refait le bar de la Marine parce qu’il est inimitable mais on a créé un petit set et on a volontairement laissé la partie arrière visible avec les béquilles, pour montrer que l’illusion est assez forte quand on regarde l’écran. »

    Parmi les pépites du stand, on découvre Clémentine, jeune costumière marseillaise passée du cosplay au cinéma, ou encore les costumes du film Megalopolis de Francis Ford Coppola. Un clin d’œil à l’envergure internationale de Provence Studio, qui a accueilli des tournages prestigieux comme Titane, Bac Nord, ou The Amateur avec Rami Malek.

    « Si vous n’êtes pas fils ou la fille de, c’est compliqué »

    Installé à Martigues, Provence Studios est devenu en dix ans un acteur majeur de la filière française. Avec ses 17 plateaux, ses décors monumentaux et son écran LED de 14 mètres, il attire productions françaises et américaines. Mais au-delà, Olivier Marchetti défend une vision inclusive et créative. Parmi les partenaires présents sur l’espace, Provence Campus occupe ainsi une place particulière. L’association accompagne des personnes éloignées des réseaux du cinéma pour leur permettre d’y accéder. « Si vous n’êtes pas le fils ou la fille de, c’est compliqué », reconnaît le boss des studios. Des ateliers d’écriture et de jeu d’acteur, des rencontres et même des castings organisés sur place chercheront à ouvrir ces portes.

    Le stand ne désemplit pas. « Les gens sont heureux de découvrir un univers qu’ils ne soupçonnaient pas. On a énormément de messages de sympathie de la part de gens qui ne savaient pas que Provence Studio existait. Certains nous cherchent pendant une heure, mais une fois là, ils ne veulent plus repartir », sourit le fondateur.

    À la Foire, Provence Studios ne vend rien que son image. Il partage d’abord une passion, une ambition et une promesse : celle d’un cinéma marseillais ouvert, inventif et accessible à tous.

  • Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Le Mouvement associatif veut agir contre les idées du RN

    Comment « se ressaisir, par les têtes de réseau de notre capacité à rediffuser les valeurs de l’éducation populaire ? » Cette question, le Mouvement Associatif, organisation nationale qui fédère et représente les familles d’associations du territoire, l’a mise au centre d’une lutte contre la démocratisation des idées d’extrême droite.

    Jeudi, au Camp des Milles, les structures associatives se sont réunies pour une journée d’action : « Agir contre l’exclusion prônée par les choix électoraux ». Au centre des objectifs, comprendre les mécanismes qui mènent aux électeurs « ordinaires » à déposer un bulletin de vote pour le Rassemblement national ou d’adhérer aux idées de l’extrême droite, en général. Une conférence animée par Félicien Faury, sociologue et chercheur au CNRS, auteur de Des électeurs ordinaires. Enquête sur la normalisation de l’extrême droite, a permis d’apporter de première clef d’analyse issues de son enquête de terrain menée dans le Sud-Est. « L’idée est d’intégrer les résultats de sa recherche (…) pour essaimer dans nos pratiques ces résultats de compréhension des votes, explique Sandra Castebrunet, déléguée régionale pour le Mouvement Associatif. Nos fédérations pourront ensuite les transmettre dans leurs réseaux, les doter d’arguments pour aborder la question avec des populations qui ne sont plus habituées au débat ». À quelques mois des élections municipales et un glissement vers les votes RN sur le territoire, le Mouvement Associatif met un point d’honneur à s’ouvrir aux personnes « hors de ses réseaux » et rouvrir le débat, « faire de la pédagogie ».

    « Ce qui compte est de ne pas stigmatiser les électeurs, insiste Sandra Castebrunet. On ne va pas contre eux, on veut comprendre ce qui les amène à aller vers un vote comme ça ».

    Appel à la mobilisation

    le 11 octobre

    Travail d’autant plus important au sein des associations, porteuses de « respiration démocratique » pour la société, selon Yannick Gallien, président du Mouvement Associatif Sud-Paca. « Nous attendons que la vision commune, partagée, permette d’agir là ou chacun peut être. Non pas pour rendre des pensées uniques mais pour ouvrir des esprits et rappeler que vivre en société c’est vivre en harmonie », souligne Yannick Gallien, qui ajoutera : « Nous refusons d’être bâillonnés ».

    La journée s’est d’ailleurs déroulée à quelques jours d’un appel à mobilisation le 11 octobre, lancé par le Mouvement associatif. Dans les Bouches-du-Rhône, l’action se déroulera à Marseille, les informations sur le lieu restent à définir. L’axe de la mobilisation ? Le financement, dont la réduction fragilise la liberté d’action des associations.

  • L’enquête publique sur le contournement est ouverte

    L’enquête publique sur le contournement est ouverte

    Attendu depuis plus de cinquante ans, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc rentre dans une nouvelle phase : l’enquête publique. Cette dernière étape administrative s’ouvre dès ce lundi 29 septembre et porte spécifiquement sur les dimensions environnementales du projet.

    L’objectif : permettre à tous les habitants, associations et acteurs locaux d’exprimer leurs observations sur les impacts identifiés et les mesures proposées pour les éviter, les réduire ou les compenser. Pour ce faire, l’ensemble des documents et des études réalisées est mis à disposition du public dans les mairies de Martigues, Port-de-Bouc et Fos-sur-Mer, sur le site internet du projet, du registre numérique mais aussi de la Préfecture des Bouches-du-Rhône.

    Des permanences du commissaire enquêteur sont organisées pour répondre aux questions et recueillir les observations du public, qui pourra également les consigner dans un registre d’enquête publique papier ou dématérialisé ou par par courriel à l’adresse suivante : contournement-martigues-portdebouc@mail.registrenumerique.fr. « Cette consultation ne remet pas en cause l’intérêt ni l’utilité du projet, déjà reconnu d’utilité publique en 2017, mais vise à garantir sa réalisation dans le meilleur respect possible de l’environnement et du cadre de vie », rappelle la Préfecture de région dans un communiqué de presse.

    À l’issue de l’enquête, qui s’achèvera le 29 octobre, le commissaire enquêteur analysera l’ensemble des contributions recueillies et remettra son rapport ainsi que ses conclusions motivées. « Ces éléments seront rendus publics et constitueront une base essentielle pour la prise de décision préfectorale en réponse à la demande d’autorisation environnementale du projet », affirme la Préfecture.

  • Une « nouvelle dynamique citoyenne » pour les municipales à Meyrargues

    Une « nouvelle dynamique citoyenne » pour les municipales à Meyrargues

    « Ouverte, indépendante, représentative des habitants de tous les quartiers et de tous horizons ». Tel est le portrait robot de la future liste que des habitants de Meyrargues vont construire pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains.

    Un collectif citoyen a en effet décidé de lancer « une dynamique en vue de former une liste citoyenne participative » dans cette commune du Pays d’Aix de quelque 4 000 habitants dont le maire actuel, Fabrice Poussardin (SE), avait été élu au premier tour en 2020 avec 54,8% face au divers droite, Gilbert Bougi. Pour les animateurs du collectif citoyen, « cette initiative a pour ambition de remettre les Meyrarguais et Meyrarguaises au cœur des décisions locales, autour de valeurs démocratiques, sociales et écologiques fortes ». Pour concrétiser programme et composer la liste, une réunion publique est organisée vendredi 3 octobre à la salle des fêtes du village à partir de 18h30. « Cette rencontre est ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir la démarche, poser des questions, participer à la co-construction du programme ou tout simplement échanger autour de ce nouveau projet pour Meyrargues. »

    Groupes de travail

    Depuis février, précise le collectif « des groupes de travail thématique se sont constitués ». Il ajoute : « Cette liste citoyenne s’appuie sur des valeurs fortes» dont « la démocratie participative, la transparence, la solidarité et le vivre ensemble » mais aussi une « gestion responsable des ressources tournée vers l’avenir ».