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  • Chou-fleur, purée de pois chiches et vinaigrette à la clémentine

    Chou-fleur, purée de pois chiches et vinaigrette à la clémentine

    C’est une recette végétale et gourmande que vous propose de préparer la cheffe Camille, au sein de son bistrot, Mauvaise Herbe. Une belle recette pour entrer dans l’hiver tout en gardant la chaleur des rayons de soleil que l’on retrouve dans la clémentine.

    Des saveurs ensoleillées

    Pour débuter la recette, enlever les feuilles et le tronc du chou-fleur. Gardez-les pour une recette future car oui, tout se mange dans le chou-fleur ! Enlevez les sommités à la main et déposez-les dans un plat. Arrosez d’huile d’olive, une belle pincée de sel, du poivre et au four pendant 20 minutes, à 170°.

    Pendant ce temps, vous pouvez préparer votre purée de pois chiches. Si les pois chiches sont en boîte, versez dans un mixeur, ajoutez le jus de citron et la gousse d’ail, commencez à mixer. Pendant que vous mixez, versez l’huile d’olive généreusement pour lier le tout et obtenir une belle pommade. Quand vous arrivez à la fin de cette étape, ajoutez les graines de coriandre en poudre, le sel et le poivre, à votre convenance. Repassez un petit coup au mixeur.

    Si les pois chiches sont frais (secs), mettez à tremper dans de l’eau froide, idéalement toute une nuit ou au moins deux heures, pour les faire gonfler, puis faites cuire deux heures à l’eau bouillante. Si vous les prenez secs, ce sera la première étape de votre recette. Pour la vinaigrette, épluchez les clémentines, mixez-les toutes ensemble et ne gardez que le jus, en passant la mixture au tamis. Vous pouvez garder les pulpes et, là aussi, ne rien gaspiller afin de les mettre dans une compote ou un cake, par exemple. Une fois que vous avez récupéré tout le jus, ajoutez de l’huile d’olive et fouettez le tout. Une pincée de sel et de poivre, puis réservez.

    Une assiette gourmande

    Pour le dressage, mettez une belle cuillerée de purée de pois chiches sur le fond de l’assiette en faisant un petit puits. Déposez sur le dessus vos fleurettes de chou-fleur qui auront doré. Enfin, une belle cuillère à soupe de vinaigrette sur le tout et autour de la purée de pois chiches. Un tour de moulin à poivre, une pincée de sel et vous pouvez ajouter quelques pousses fraîches comme Camille, sur le tout, pour apporter une saveur supplémentaire au plat. Bon appétit !

    Pour 2 personnes,
    il vous faudra :

    – Un chou-fleur

    – Une boîte
    de pois chiches

    – Un citron jaune

    – Une gousse d’ail

    – Quelques clémentines corses

    – Huile d’olive, sel, poivre et graines de coriandre en poudre

  • Carnoux évite le piège tahitien

    Carnoux évite le piège tahitien

    Carnoux n’a pas tremblé. Face à une formation tahitienne visiblement encore en plein jet-lag, les Carnussiens ont débuté tambour battant. En moins de vingt minutes, la qualification pour le 8ème tour de la Coupe de France était bien engagée. Un doublé de Vacher, encadrant un but de Mokhtari avait permis aux hommes de Samir Tahrat de prendre un avantage confortable.

    Côté tahitien, il y avait bien une envie de réagir. Mais à aucun moment, les offensives des joueurs du Pacifique ne venaient inquiéter l’arrière garde provençale. Tandis que le gardien du CFC passaient une soirée des plus confortable. Alors que chaque coup d’accélérateur carnussien amenait l’insécurité devant le but de Teamoturi. Sur une de ces accélérations, Gomis offrait sur un plateau le quatrième but à Benarbia.

    Pour Piraé, l’objectif était d’éviter une punition. Mais, incapables de mettre le pied sur le ballon, les joueurs du Pacifique étaient comme des surfers pris au piège de Teahupo’o. Voyant revenir inexorablement les vagues blanches qui les secouaient sans relâche.

    Dans l’acte II, Carnoux gérait son avantage. Samir Tahrat cherchant à préserver son groupe des blessures, songeant aux échéances du championnat. Ce qui n’empêchait pas Teamoturi, le gardien de Piraé, d’effectuer de belles interventions. Et sa défense de réaliser quelques bourdes. L’une d’elle profitait à Benarbia qui, comme son coéquipier Vacher, s’offrait un doublé qui refermait le couvercle sur les derniers espoirs de rebond tahitien. Piraé qui sauvait l’honneur en fin de match, avec un but de Tau, sur corner.

    Carnoux FC (N3) – AS Piraé (R1) 5 – 1 (4 – 0)

    7è tour de la Coupe de France.

    Stade Marcel Cerdan, 1000 spectateurs environ.

    Arbitre : V. Ougier.

    Buts : Vacher (6, 19), Mokhtari (8), Benarbia (27, 64) pour Carnoux, Tau (89) pour Piraé.

    CARNOUX : Koceila (Ali Assani, 81) – Djamacouné, Sahnoune ( c ), Sylva (Coulomb, 46), Tohouli – Benarbia, Benchikh (Djouhri, 69), Vacher – Sahraoui, Mokhtari (Goguey, 46), Gomis.

    Entraîneur : S. Tahrat

    PIRAE : Teamoturi – Barsinas (Bennett, 46), Tave, Ka. Lenoir, Tanetoa (Pito, 69) – Bourebare ( c ), Salem, Gritton – Tau, Labaste (Holozet, 76), Diarra (R. Terai, 79).

    Entraîneur : V. Terai.

  • Abraham Poincheval, performeur utopiste, Don Quichotte décalé

    Abraham Poincheval, performeur utopiste, Don Quichotte décalé

    Son nom et son prénom ne sont pas inventés. Poincheval est le patronyme de ses parents Christian et Evelyne, troubadours de jazz manouche, chanteurs-compositeurs actuellement en tournée. Sa mère adorait la sonorité des trois A de cet Abraham à la fois burlesque et grandiose. Leur fils trouvait qu’en face des enfants de son âge, son prénom était un rude prétexte pour des moqueries et des exclusions. Depuis belle lurette, la situation s’est renversée : affectueuse ou bien mystérieuse, cette appellation est un mot de passe anti-routine.

    Abraham Poincheval est le producteur et l’acteur-performeur d’un régime de vérité à la fois modeste et audacieux : à propos de notre rapport au corps et de nos liens avec le monde animal, il pose des questions insolites. Ses aventures, sa méthodologie et ses explorations ont traversé des moments d’acmé qu’aucun biographe méticuleux ne pourra retracer. Il a lentement élaboré des situations de vie, des protocoles inédits et périlleux qui tissent d’étonnantes relations avec un public inattendu. Par exemple en bord de mer, à Rennes, en Espagne ainsi qu’à Paris en face de l’horloge de la Gare de Lyon, il s’est hissé sur un mât, de 10 ou 20 mètres de hauteur. Pendant une semaine il aura vécu comme un stylite-vigie sur une plate-forme où il dormait en chien de fusil. Les passants l’interrogeaient, conversaient avec lui, transmettaient de quoi manger. Chaque fois, ce fut la fine surprise d’une expérience physique et sensorielle : avec de l’humour, des vertiges, de la joie et de l’effroi, la mise en forme d’un vecteur de communication.

    En 2011, suite à l’invitation du Centre d’Art de Nadine Gomez, l’une de ses inventions s’était déroulée sur 300 kilomètres de sentiers montagneux, depuis Digne jusqu’à Carigliano, au-delà de la frontière italienne. Abraham avait imaginé qu’une épreuve de Sisyphe le conduise à faire rouler en quatre étapes un véhicule qu’il avait baptisé « gyrovague », le détournement d’une capsule jules vernesque, un cylindre métallique qui lui servait d’abri et de repli pour la nuit. Occasion pour consigner sur journal de bord des rencontres incongrues : sur son chemin il croise des chiens, des sangliers, des moutons, des marmottes et des loups, des bergers hospitaliers et des ébats de jeunes couples, des citernes et des cimetières, des orages et des chutes de neige, des tunnels et des paysages, une multitude d’incidences et pas seulement la solitude.

    Un chantier futur, avec les reines des abeilles

    Des critiques comme Roxana Azimi, Paul Ardenne et Thomas Schlesser ont décrit sa trajectoire. Sa quête et ses recherches sont réfléchies. Abraham Poincheval n’est pas un candide, un excentrique en quête de visibilité. Son statut d’artiste « hors-champ » est identifié, il peut arriver que les marges des réseaux sociaux l’accompagnent passionnément. Jean de Loisy qui l’a convié au Palais de Tokyo, parle de lui comme d’un « explorateur » capable d’affronter avec soin et délicatesse des questions de survie, des « zones de frôlements » qui déplacent les limites convenues et déclenchent de l’impensé. La directrice de l’École d’Art d’Aix est heureuse du rôle d’aiguilleur transdisciplinaire qu’il joue dans son établissement. Pour Barbara Satre, Abraham Poincheval est un « utopiste concret » qui décloisonne les lourdeurs de nos époques ; il capte intuitivement les sensibilités et les contingences d’un territoire.

    Lorient, Fribourg et un Centre d’art proche de l’Ardèche seront en 2026 ses lieux d’investigations et de réalisations. Depuis plusieurs années, Abraham Poincheval étudie les mœurs des abeilles, consulte des apiculteurs et des scientifiques. Pour l’heure, cohabiter dangereusement pendant une semaine avec des reines, construire une niche auprès d’une ruche semble relever de l’impossible : c’est pourtant l’entreprise que ce rêveur obstiné veut mener à bien.

    Son travail ouvrira des brèches inattendues, comme ce fut le cas pendant les Jeux Olympiques lorsqu’Abraham itinéra dans une grande bouteille sur les bords du canal de Saint-Denis. Son humour n’est pas exactement celui d’un perdant magnifique. En fait preuve l’invitation d’Aude Fanlo et Helia Paukner, les commissaires de l’exposition Don Quichotte du Mucem : l’apparition de sa flamboyante armure entièrement recréée et la projection du film de Matthieu Verdeil prouvent qu’un mythe coriace et drôle comme celui du Chevalier errant, quand il rencontre les éoliennes et les forêts de la Bretagne, peut connaître un vif renouvellement.

  • [Entretien] Le président de Montpellier Atlas Paillade : « Laissez nous rêver »

    [Entretien] Le président de Montpellier Atlas Paillade : « Laissez nous rêver »

    La Marseillaise : Vous allez jouer le 7e tour de la Coupe de France au stade de la Mosson. Que représente cette opportunité inédite ?

    Mahfoud Benali : Le Stade de la Mosson, c’est le rêve de tous les licenciés. Et là, ce rêve-là se réalise. Les gamins rêvent de devenir pro ou de jouer au Montpellier-Hérault. C’est une consécration et une fierté pour nous, pour tout le club. On remercie le maire de Montpellier qui n’a pas hésité un instant. Dès que je lui ai envoyé un SMS, il m’a dit « pas de problème, je vois tout de suite avec les services, je reviens vers vous ». Une demi-heure après, c’était réglé.

    N’est-ce pas une mise en lumière pour votre club ?

    M. B. : Oui, exactement. Notre club créé en 1999 joue un rôle important depuis des années, on fait du bon boulot. On avoisine les 500 licenciés, on a une école de foot, on a beaucoup de bénévoles et dirigeants. Pour ma part, je suis passionné de foot. La semaine, j’exerce le métier d’expert-comptable au quartier depuis plus de 20 ans. De ma fenêtre, je vois le stade de la Mosson.

    Pouvez-vous relever le challenge sportif ?

    M. B. :L’écart est important. Bourg-en-Bresse évolue en 3e division, nous en 6e division. C’est un vrai challenge, un vrai défi. Mais, tout est possible en Coupe de France. Moi, je suis un rêveur. Laissez-moi rêver. C’est ça, la magie de la Coupe de France. Si on passe ce tour, on peut rêver à un 32e de finale face à un club de Ligue 1.

    L’attente autour de vous est importante sur le terrain mais aussi en dehors. En avez-vous conscience ?

    M. B. :Exactement. C’est pour ça qu’on a fait une réunion lundi avec la Métropole. On va traiter ce match-là comme un match pro. C’est-à-dire qu’il faut le même dispositif de sécurité que pour un match de Montpellier -Hérault sachant que l’on attend autour de 5000 personnes.

    Pour ce match, peu importe le résultat, l’essentiel, c’est de réussir cette fête.

    N’êtes-vous pas porteur de l’image du quartier, parfois stigmatisée ?

    M. B. :Il n’y a jamais eu un problème chez nous. Des gens parlent, évoquent des sous-entendus. Mais dans les faits, sortez-moi un problème qu’on a eu lors de nos matchs à nous. L’an passé, à Tarbes lors de la finale du championnat, il y a eu un problème, mais nous n’étions pas l’organisateur. On a eu un retrait de quatre points. En appel, il a été réduit à deux points. L’an passé, Montpellier-Hérault a eu des problèmes lors du match face à Saint-Etienne le 16 mars. Est-ce que Montpellier a eu moins de 4 points de pénalité ? Non. À juste titre, d’ailleurs. Et là, on va sanctionner un club de quartier. Il y a deux poids, deux mesures.

    Et au-delà de ce tour de Coupe de France, quel est votre objectif pour la saison ?

    M. B. :L’année dernière, on a raté la montée en National 3. Cette année, il n’y a pas de barrage. On repart avec la même volonté et motivation. Après notre victoire devant le Grau du Roi, on est premiers. À terme, on veut arriver jusqu’au National. Notre ambition, c’est d’être le deuxième club de Montpellier et d’être «la réserve» du MHSC, dont on souhaite le retour en Ligue 1. On a un projet l’année prochaine de créer des classes sport-études au collège Arthur Rimbaud. Le maire, le département sont d’accord. Ils nous suivent dans ce projet. Les gamins seront en classe le matin, l’après-midi au football. On fera quatre classes. Sixième, cinquième, quatrième et troisième. On a plein de talents, plein de gamins. On veut donner la chance à des gamins d’accéder au haut niveau de football. On n’est pas en concurrence avec le MHSC, mais complémentaire.

    Dans notre quartier, le football est incontournable. Tous les gamins en rêvent. On a eu quelques réussites avec Redouane Halhal, qui est passé au MHSC, à l’Atlético Madrid et joue au Pays-Bas.

    Vous avez comme entraîneur un ancien joueur du MHSC, à savoir Geoffrey Dernis.Qu’est-ce qu’il vous apporte ?

    M. B. : Il nous apporte la rigueur d’un ancien pro. Il est très écouté et respecté par les gamins. Cela n’a pas de prix. On a trouvé un bon deal. Il se régale avec nous, passe son diplôme.

    Il y a peu, le maire de Montpellier vient d’annoncer que le stade de la Mosson serait aménagé. Quel regard portez-vous sur ce choix ?

    M. B. :Notre stade (annexe de la Mosson, Ndlr) est dans une zone inondable. À part changer la pelouse, on ne peut pas agrandir, on ne peut rien faire. On n’a à notre disposition un seul stade pour 500 licenciés. Pour faire jouer tout le monde, il faut être polytechnicien. Quand il y a une volonté politique, il y a toujours des solutions. Et la volonté politique, elle y est maintenant. Je suis donc très content de la décision du maire qui désire rénover la Mosson et donc faire des travaux pour préserver le stade des inondations. Si on dispose de nouveaux terrains, on pourra accueillir plus de gamins. Et, le foot va rester à la Paillade. Jusque-là, le stade était ouvert une fois tous les quinze jours. Désormais, avec les travaux autour du stade, on peut créer des commerces, une brasserie…. On peut imaginer une salle de boxe ou d’autres clubs, et des bâtiments pour d’autres associations. Ces travaux vont nous permettre de nous développer. C’est mon avis, c’est aussi l’avis des Pailladins.

  • « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    « Cette COP va acter l’échec de l’accord de Paris »

    La Marseillaise : Cette COP s’ouvre dix ans après les accords de Paris, prévoyant de limiter le réchauffement climatique sous la barre de +1,5°C d’ici 2100. Dix ans plus tard, ces objectifs ne sont pas atteints et le dérèglement climatique s’accélère…

    Alix Roumagnac : Effectivement, le dérèglement s’est mis en place, il ne faut plus parler au futur. On a eu le tort, peut-être il y a 10 ans, de parler de 2050, 2100, sans se rendre compte que les conséquences étaient déjà là. Les récents événements climatiques, que ce soit l’ouragan Melissa en Jamaïque ou le super typhon aux Philippines, en attestent. Ça va être un des aspects de la discussion de cette COP. Aujourd’hui ce sont les pays qui ne sont pas les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, comme la Jamaïque, les Philippines, qui en subissent les conséquences.

    Les objectifs de Paris sont-ils toujours atteignables ?

    A. R. : Je pense que cette COP va acter l’échec de ces objectifs et tenter d’en établir de nouveaux. On s’est déjà rapproché des +1,5°C, donc on sait qu’on ne va pas pouvoir les obtenir. Malgré l’échec, la trajectoire, qui se situait, il y a 10 ans, aux alentours de +4 °C à la fin du siècle, a été un peu modifiée. Un certain nombre de pays ont mis en place des actions et désormais, on est à +2,8°C ou +3°C à la fin du siècle. Ce n’est pas suffisant, mais on voit que ces COP, malgré toutes les difficultés que l’on connaît, ont quand même un effet. Toute la difficulté de cette nouvelle conférence va être comment bâtir quelque chose avec l’absence des États-Unis, un des principaux pollueurs et principaux émetteurs.

    Justement, l’absence des États-Unis ne risque pas de compromettre le moindre accord ?

    A. R. : Les États-Unis entraînent derrière eux un certain nombre d’États, soit des états de connivence doctrinale comme l’Argentine, qui suivent cette position et profitent de l’occasion pour ne plus avoir à faire d’efforts, soit certains qui ne veulent plus faire d’efforts car le principal pollueur n’en fait pas. C’est toute la difficulté de cette COP, que ce soit en termes d’atténuation comme en termes de compensation. Quand on parle des fonds à mettre en place pour compenser les pays qui subissent les conséquences du réchauffement, il est clair que les États-Unis ne voudront pas participer à cette compensation, et ça rend les choses compliquées. Que peut faire la communauté internationale dans cette situation ? Les pays européens ont dévoilé leur nouvelle feuille de route cinq jours avant le démarrage de la COP. Ce qu’on peut espérer, c’est la reprise du leadership européen pour essayer de donner une dynamique dans cette période un peu particulière.

    Un autre enjeu de cette COP est de sortir des énergies fossiles, mais ne faudrait-il pas envisager une baisse de la consommation ?

    A. R. : Ça va être une complexité supplémentaire. La baisse des énergies fossiles, paradoxalement, c’est la COP28 à Dubaï qui avait réussi à faire un petit pas en avant sur ce sujet. Là, le Brésil est quand même un pays producteur de pétrole. Il a encore récemment donné des nouvelles autorisations de licence pour du forage pétrolier. Donc on sent que cette COP ne fera certainement pas d’avancée supplémentaire sur la sortie des énergies fossiles. Ce sera plus certainement un sujet sur la préservation des forêts. La sortie des énergies fossiles est une chose mais on sait que le seul élément qui va permettre d’inverser la tendance, c’est une modification forte dans nos modes de consommation, quel type de croissance on peut avoir pour justement diminuer nos consommations. Et on voit malheureusement qu’aujourd’hui les intérêts particuliers de chaque pays et le développement économique prennent le pas de manière très forte sur l’intérêt général de la planète. C’est vrai aux États-Unis, mais c’est vrai partout dans le monde. En France, ces dernières années, les débats portent sur la limitation de la dette, l’augmentation du pouvoir d’achat mais la transition écologique est passée très en retrait de toutes les préoccupations que ce soit des politiques ou des citoyens. Pourtant, il y a trois, quatre ans, après le Covid, on observait une conscience écologique chez les citoyens avec des petites avancées. Là, on observe plutôt un recul de cette problématique.

    Ce recul sur l’environnement ne risque-t-il pas d’engendrer un sentiment de démobilisation, de résignation chez les citoyens ?

    A. R. : C’est complexe. Il y a une grande volonté aux COP – j’étais présent à la COP27, à la COP28. Le sujet, c’est plus d’arriver à convaincre l’opinion publique de l’intérêt de faire des petits pas. Ce combat doit être le résultat de petits efforts de chacun tous les jours. Le problème c’est qu’on a parfois des positions trop extrémistes. Selon le palmarès international des efforts des États en matière climatique de 250NOW, les premiers classés sont les pays scandinaves, la Suisse, le Luxembourg, et la France arrive septième. Sans aucune surprise, les derniers pays de l’OCDE sont les États-Unis, le Canada, l’Australie. Pourtant, en France, on a plutôt un sentiment général qu’on ne fait pas assez d’efforts. Et certaines associations mettent la France au tribunal alors qu’elle fait partie des leaders mondiaux à montrer l’exemple. Cette mise en cause peut affaiblir la voix de la France. Je pense que c’est un sujet qui devrait rassembler au-delà des oppositions. C’est un sujet prioritaire mondialement, la dette écologique est beaucoup plus grave que la dette financière. Aujourd’hui, on n’a pas de partis, de gens qui arrivent à se positionner sur ce sujet de manière suffisamment forte pour créer cette dynamique.

    Cette politique de petits efforts est menée par certaines associations et municipalités. Mais cette légende du colibri, popularisée par Pierre Rabhi, est-elle efficace ?

    A. R. : Oui, je crois beaucoup justement à l’effet colibri sur plusieurs sujets. C’est vraiment un marathon qu’on a à faire pour arriver à gagner cette bataille pour le climat. Et on n’a jamais gagné un marathon en partant en sprint. C’est une course de fond, un enchaînement. Un premier petit geste va donner envie le lendemain d’en faire un deuxième ou d’en faire plus. Et c’est vrai au niveau du citoyen, au niveau de la collectivité, de l’entreprise, de l’État. C’est cette dynamique générale qu’il faut générer.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les intérêts particuliers des pays prennent le pas sur l’intérêt général
    de la planète »

    « Nous avons besoin de solutions (…). Nous devons aller beaucoup plus vite »

  • Une semaine pour défendre le droit des enfants

    Une semaine pour défendre le droit des enfants

    C’est au Pont du Gard, site emblématique et symbolique du lien entre les générations, que le Département a lancé, le 5 novembre, la Semaine gardoise des droits de l’enfant. Autour de Maryse Giannaccini, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la Protection de l’enfance, de Bénédicte Quimpert, présidente de Défense des enfants international Gard (DEI 30), et de David Rohi, chef du pôle régional Occitanie du Défenseur des droits, une trentaine d’associations étaient réunies pour sensibiliser petits et grands aux droits fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée il y a 36 ans.

    Le Forum des enfants, organisé ce jour-là, a réuni des centaines de jeunes autour de jeux, d’ateliers éducatifs et de rencontres citoyennes. Le Conseil départemental des jeunes, composé de collégiens engagés, s’est illustré en animant des débats et des micros-trottoirs sur la citoyenneté et le développement durable. Parmi les intervenants, Marine Kedjroub, 21 ans, ancienne bénéficiaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a livré un témoignage poignant : « Être placée, ça a été comme une tempête. Mais j’ai compris que c’était pour me donner la chance de devenir la jeune femme que je suis aujourd’hui ».

    Une semaine

    pour sensibiliser

    Dans le Gard, près de 4 000 enfants sont confiés à l’ASE, soit deux fois plus qu’il y a trois ans. « C’est une priorité absolue », souligne Maryse Giannaccini. Le Département mobilise 430 assistants familiaux, 12 Maisons d’enfants à caractère social et une vingtaine de lieux de vie, pour un budget annuel dépassant les 95 millions d’euros. « C’est en les accompagnant aujourd’hui dans leurs apprentissages et leurs libertés fondamentales qu’ils construiront une société plus solidaire demain », rappelle la présidente Françoise Laurent-Perrigot.

    Du 19 au 28 novembre, la Semaine des droits de l’enfant se poursuivra dans onze communes gardoises, de Nîmes à Barjac, en passant par Uzès, Alès ou Pont-Saint-Esprit, avec conférences, spectacles, expositions et projections : le programme est à retrouver le site du département. Temps fort de l’édition : la rencontre Jeunes en lumière, le 19 novembre à Vergèze, où des enfants confiés à l’ASE témoigneront de leur parcours devant des professionnels. « Les enfants ont des droits particuliers parce qu’ils ont une vulnérabilité, conclut David Rohi. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que leur parole soit vraiment entendue ».

  • Nîmes en commun fait parler la ville

    Nîmes en commun fait parler la ville

    Dans la chaleur boisée de l’arrière-salle du Prolé, les chaises serrées jusqu’au fond, Hugo Carlos, du collectif Nîmes en commun, plante le décor : « On est nombreux ce soir », sourit-il, micro en main. Il remercie la cinquantaine de personnes présentes – membres du collectif comme simples curieux – pour la réunion hebdomadaire de ce lundi 10 novembre, malgré le pont. Le rituel des présentations ne s’éternise pas, car l’urgence est ailleurs : faire le point sur ce questionnaire qui doit « faire émerger des priorités collectives des Nîmois » et, surtout, accélérer sa diffusion à quinze jours de l’échéance (24 novembre) avant la restitution promise le 11 décembre à la Halles des Sports.

    Le compteur a franchi la barre symbolique – « largement plus de 2 000 questionnaires », dont une centaine en ligne en vingt-quatre heures. La méthode, elle, s’affine. D’abord retenus pour économiser (0,20 euro l’exemplaire), les feuillets vont désormais circuler « au large » : cafés, bistrots, halls d’immeubles. Et lundi prochain ? Une idée fait consensus : remplacer la réunion hebdomadaire par une opération sur un point très passant de la ville pour maximiser les remplissages.

    Sur le fond, les récits fusent, précis, sans fard. Katia raconte l’accueil « très favorable » au stade des Antonins, quartier populaire où l’on prend le temps d’écouter. Christian détaille sa tournée « chez les connaissances » : deux heures par foyer parfois, tant les questions appellent la discussion. Au Cercle, on a changé de consigne : remplir sur place si possible, sinon emporter, « parce qu’on sent un vrai besoin de s’exprimer ». Ce besoin se lit d’ailleurs dans les champs libres : 450 témoignages déjà, recopiés mot à mot par Adèle et Marie, puis analysés « avec un peu d’intelligence artificielle ». À Jean Bouin, une scène reste en tête : une mère en difficulté avec le français répond grâce à sa fille de 14 ans, très au clair sur l’écologie ; ailleurs, des personnes âgées préfèrent qu’on leur lise les questions.

    « On ne peut pas parler pour les quartiers »

    Quand vient l’heure des thèmes qui remontent, trois mots s’imposent : transports gratuits (notamment pour les jeunes), sécurité, confiance envers les élites. Et l’exigence d’ancrage ressurgit, brutale et salutaire. Un participant des quartiers populaires – Madani – interpelle : l’initiative ne vaut que si « les militants des quartiers » sont au cœur des décisions. « On ne peut pas parler pour les quartiers sans leurs habitants. » La salle se tend, puis respire. Le message est pris au sérieux : identifier les zones moins couvertes (Garrigues Ouest, route d’Alès, Védelin, sud entre Leclerc et la rocade) et y concentrer l’effort, peut-être dès l’opération de lundi.

    En conclusion, le collectif s’est projeté sur la restitution du 11 décembre : grande salle à remplir, visuels en fabrication, et surtout une méthode « à l’ancienne » : rappeler personnellement chaque répondant. Rendez-vous est donné le 24 novembre au Cercle de l’Avenir pour se répartir des listes : « chacun 3 à 10 contacts », un argumentaire, et l’ambition de faire parler la ville « du 11 ».

  • À Marseille, c’est toujours le printemps

    À Marseille, c’est toujours le printemps

    Nous, jeunes de Marseille,
    membres de collectifs citoyen·nes, élu·es, étudiant.e.s, travailleurs·ses, militant·es politiques, syndicaux et associatifs, actons par ce texte notre volonté de continuer à construire, à renforcer le rassemblement de la gauche, des écologistes et des citoyen.nes dans notre ville.

    C’est l’union, portée par Benoît Payan et l’équipe municipale qui transforme la ville et change la vie des habitant.e.s. C’est ce rassemblement de la gauche, des écologistes, des forces associatives et citoyennes, qui a permis, depuis 2020 de tenir tête aux libéraux et aux réactionnaires, de faire face à celles et ceux qui ne cherchent qu’à répandre la haine et attiser les peurs. Nous avons vu nos écoles, jusque-là la « honte de la République », être reconstruites, rénovées, permettant enfin à chacune et à chacun, d’avoir accès à une école qui réellement apprend, grandit et émancipe. Marqué.e.s pour toujours par le drame de la rue d’Aubagne, nous avons vu les logements en péril enfin être rénovés, une rénovation urbaine dans le Nord de la ville sans précédent et la fin du règne des marchands de sommeil et des Airbnb. Nous avons, à nouveau, accès à la culture et au sport, et ce peu importe nos revenus ou notre arrondissement. Les étudiants peuvent manger à leur faim, grâce aux repas gratuits, le littoral peut être préservé et la Ville, en s’engageant pleinement dans la préservation de l’environnement, se prépare aux conséquences du dérèglement climatique. Nous voyons la ville se recoudre, les services publics reprendre place dans tous les quartiers, l’urgence écologique être enfin prise en compte, et un collectif marseillais, riche de sa diversité, à nouveau exister. Des concerts de l’Été marseillais aux fêtes des noyaux villageois, en passant par la Voie est libre sur la corniche et la fête des écoles, le vivre ensemble réapparaît au grand jour, témoin de la vitalité de notre ville.

    Pourtant, les forces politiques responsables du déclin de Marseille sont toujours là, à la tête de la Métropole comme de la Région. Elles ralentissent les projets structurants, bloquent les transports, tournent le dos à la culture, ignorent les besoins des jeunes, opposent le Nord et le Sud de la Ville en refusant de désenclaver les quartiers les plus pauvres accentuant les discriminations géographiques et sociales. Leurs logiques politiciennes d’humiliation et de représailles ne datent pas d’hier. Elles continuent d’abîmer cette ville. Élection après élection, l’extrême droite progresse à Marseille, notre ville, terre d’accueil et de fraternité, ne pourrait voir arriver à sa tête, ceux qui n’ont comme seuls projets la haine et la division. Ceux-ci qui sont prêts à laisser se noyer des milliers de personnes en Méditerranée, quand Benoît Payan, lui, vient en aide à SOS Méditerranée. La Ville de Marseille, fidèle à son histoire, œuvre pour la paix, pour la dignité de chacune et chacun. Elle constitue, face à l’extrême droite, un rempart, une terre de résistance et doit ainsi le rester. Face à une extrême droite chaque jour plus dangereuse, plus menaçante pour nos droits et nos libertés, face à une droite au pouvoir qui divise et aggrave les injustices, l’unité de toutes les forces de gauche, écologistes et citoyennes reste notre seule boussole et notre seule chance de faire réussir Marseille. Nous, jeunes citoyens, avons vu dans cette union un espoir et un exemple, puis une réalité. À Marseille, dans notre ville, nous voyons chaque jour le quotidien s’améliorer.

    L’union de la gauche des écologistes et des citoyen.ne.s doit être préservée, renforcée, pour que nos lendemains marseillais puissent continuer à être ensoleillés. Pour que la ville continue de se transformer et que la vie continue de changer. Nous, la jeunesse marseillaise, nous adressons à l’ensemble des responsables politiques, notre voix doit et mérite d’être entendue. Nous souhaitons l’union et ne pourrons pardonner à celles et ceux qui attisent les divisions et nous font prendre le risque de laisser basculer la ville dans le déclin.

    Pour signer et retrouver la liste complète des 100 premier.e.s signataires
    rendez vous sur https://bit.ly/tribuneprintempsjeunes

  • Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Passé trois mois et demi de grossesse, les Françaises sont obligées d’avorter à l’étranger. Des déplacements qui entraînent des coûts de transport et d’hébergement que toutes les femmes ne peuvent pas se permettre.

    C’est pour aider ces femmes, que le Planning familial 13 organise une journée de soutien pour les avortements hors délais, ce samedi de 16h à minuit, à la Dar. La journée débutera avec la projection d’un documentaire puis de spots de prévention, avant un échange avec des bénévoles. Un goûter à prix libre et un stand de prévention seront également mis en place. à partir de 20h et jusqu’à minuit, des DJ sets sont prévus. Tous les revenus de cette journée seront reversés à la caisse de solidarité IVG du Planning familial 13.

    En France, les interruptions volontaires de grossesses sont limitées à 16 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire sans règles. Pour les femmes ayant dépassé ce délai, pour diverses raisons, il faut donc se rendre en Espagne ou aux Pays-Bas, où les délais sont plus longs, respectivement 22 et 24 semaines. Pour les Marseillaises, l’Espagne est l’option privilégiée car plus proche, mais les frais peuvent aller de 700 à 2 200 euros.

    « Nous recevons au planning beaucoup de femmes qui n’ont pas les moyens de s’offrir cela entièrement. Nous les aidons à réunir cette somme grâce à cette caisse de solidarité », explique Laurence Buffet, directrice du Planning familial. Depuis 2025, deux personnes ont déjà sollicité cette caisse, dans les Bouches-du-Rhône.

  • Le grand JT des territoires du 15 novembre

    Le grand JT des territoires du 15 novembre

    Sommaire :

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde

    10 ans après les attentats du 13 novembre 2015, un ex-otage du Bataclan témoigne dans Le Grand J.T. des Territoires. Il raconte sa vie d’après, et comment il se reconstruit après un tel traumatisme.

    Des lycéens qui font du vélo en cours, ce n’est pas une blague ! Plusieurs établissements scolaires ont mis en place cette initiative pour lutter contre la sédentarité des élèves. À découvrir dans cette édition.

    DJ Baguette, cet artiste traverse la France pour jouer de la musique dans les boulangeries. Un moment de détente et de convivialité pour recréer du lien social.