Category: societe

  • Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    Le répit de Notre-Dame, un lieu de restauration inclusif et solidaire

    « Le lieu est magnifique, ça fait plaisir de travailler là », s’enthousiasme Théo, 24 ans, en situation de handicap sensoriel et employé du répit de Notre-Dame (7e). Cette entreprise adaptée accueille, au sein de son équipe de 9 personnes, 6 employés en situation de handicap. Dans les pentes de Notre-Dame de la Garde et face à la mer Méditerranée, le répit de Notre-Dame fait partie d’un projet plus vaste de tiers-lieu inclusif, porté par l’association IRSAM.

    Née il y a 165 ans à Marseille, la structure œuvre en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel. « La mission principale est l’accompagnement de ces personnes, faire en sorte qu’elles soient, à terme, autonomes », explique Marion De Bovis, chargée de communication pour l’association. Depuis, son champ d’action s’est élargi et s’est développé vers de nouveaux territoires et de nouveaux handicaps. Avec plus d’une quarantaine d’établissements d’accueil, l’ouverture de ce tiers-lieu marque une nouvelle étape pour l’IRSAM.

    Au-delà de l’entreprise adaptée qui se développe autour de trois activités (café-restaurant, privatisation du lieu pour séminaires et associations et épicerie locale et solidaire), le lieu accueille aussi un espace d’habitat inclusif, la Villa Saint-Louis. « Tous s’engagent à faire vivre ce projet de vie partagée et inclusive » ajoute Marion De Bovis : une charte en cours de rédaction va être signée par les 13 locataires des logements du bâtiment, dont 4 sont en situation de handicap sensoriel.

    Un lieu tourné

    vers le handicap

    Le répit de Notre-Dame est une entreprise destinée aussi bien aux touristes qu’aux Marseillais du quartier, mais c’est avant tout un lieu tourné vers le handicap sensoriel, pensé au service de l’association et des personnes en situation de handicap et non l’inverse.
    « Venir ici, c’est contribuer à l’inclusion de ces personnes au sein de la vie sociale, contribuer à rendre visible et à changer le regard sur le handicap », fait valoir Julie Giraud, qui pilote le projet. En 2019, la congrégation des Sœurs de Marie Immaculée a légué le bâtiment à la structure, Julie Giraud construit le projet du tiers-lieu dans la démarche de mettre en avant le bâtiment et l’association : « On avait envie de créer un lieu ouvert sur l’extérieur, un lieu qui soit beau, où l’on peut se rencontrer et qui montre que les personnes en situation de handicap sont en capacité de travailler ».

    Ouvert au public depuis le 26 juin, le lieu se fait connaître et conquiert le cœur des clients. « On a eu que des retours positifs, tant sur la cuisine que sur le lieu et le fond du projet », se félicite Edouard Brame, responsable du lieu. Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 20h, le répit propose des offres petit-déjeuner, déjeuner, goûter et apéro tapas, accueillant les consommateurs tout au long de la journée. Il propose une cuisine simple, avec des produits locaux et des pâtisseries faites maison. L’épicerie locale et solidaire propose elle aussi des produits du terroir, majoritairement issus d’ESAT (établissement et service d’accompagnement par le travail).

    Dans un cadre idéal, avec une vue prenante sur Marseille et le chant des cigales, Pierre-Laurent, autre employé en situation de handicap, accoste même les passants : « Viens dans la clim ! », invite-t-il à se rafraîchir. L’atmosphère du lieu est chaleureuse : « Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe. Edouard est très sympa, les collègues de travail aussi », applaudit Théo.

    Une inauguration officielle aura lieu le 22 septembre, et l’association ouvrira les portes de ses bâtiments pour les journées du patrimoine le samedi 18 septembre.

  • [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    [Entretien] Robin Renucci : « Les congés payés ont été une conquête du temps libre »

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    La Marseillaise : Dans quel contexte les congés payés se sont-ils imposés comme des acquis sociaux ?

    Robin Renucci : C’était dans l’urgence sociale, dans un étau menaçant lorsque les discours de fanatisme et de haine avaient libre cours dans une Europe vacillante. En 1936 une France républicaine a résisté à la couleur marron montante et s’est rassemblée en ce qu’on a appelé le Front Populaire, cette réunification syndicale de la CGT, de la CGTU, des socialistes, des communistes, des radicaux et des autres forces antifascistes autour de Léon Blum. La gauche l’a emporté et un grand mouvement de grève a poussé pour que des réformes soient mises en œuvre sans plus tarder. C’était donc une conjonction du consensus populaire, de la volonté de réforme du chef du gouvernement et puis d’une majorité parlementaire, qui a amené des avancées comme on n’en avait jamais vu dans le monde ouvrier : la semaine de 40 heures et les premiers congés payés.

    Que symbolisait cette mesure ?

    R.R. : Cette année-là, des femmes et des hommes ont réclamé et gagné quelque chose qui était immense, c’est-à-dire du temps. Du temps pour vivre, pour soi. Regarder ses enfants autrement qu’entre deux fatigues était devenu un événement. Ces mesures n’ont pas seulement été des acquis sociaux, mais une révolution sensible de l’existence, une transformation du regard sur la dignité humaine. Derrière ces idées, il y avait l’idée qu’une société juste est une société qui reconnaît à chacun le droit au repos, le droit à la beauté, à l’imaginaire et à la rencontre. Les gens ont aussi fait du théâtre, et toutes celles et ceux qui y sont sensibles sont aussi sensibles à l’idée que ces mesures ont fondé un modèle culturel : tout un peuple était entré dans le temps libre comme dans un horizon nouveau. Le théâtre public est né de tout cela. La culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns mais c’est un droit, un souffle qui doit se partager.

    Pourquoi déployer cette campagne nationale aujourd’hui ?

    R.R. : Déjà parce qu’on fête un anniversaire. Mais aussi parce que ces années 1936 nous rappellent qu’une société avance lorsqu’elle conquiert pour chacun davantage que la seule survie. Ces luttes sociales ont ouvert un droit nouveau, celui de disposer d’un temps à soi, libéré du travail contraint. Malgré cela, la précarité continue encore aujourd’hui et 40% des Français ne partent pas en vacances. C’est pourquoi il faut continuer à nommer le Front Populaire, à parler de ce bouleversement politique, social, mais aussi profondément culturel. Les montées totalitaristes sont en train de se répéter en Europe, le fascisme revient au galop et nous sommes dans une année électorale où l’extrême droite est en train de gagner beaucoup de terrain. La même extrême droite que dans les années 36, déguisée différemment. C’est important de fêter les congés payés et ce qu’ils racontent.

    Une campagne culturelle donc ?

    R.R. : Tout ça s’inscrit dans une année où la culture est menacée. Les coupes budgétaires qu’on subit sont une atteinte portée à ce temps-là, notamment aux festivals, qui se sont créés dans ce contexte. Les congés payés ont été une conquête du temps libre. À nous d’en faire un temps vivant, pour la culture, le partage du patrimoine, l’émancipation, la solidarité. Il faut rappeler l’histoire afin que nous soyons conscients de ce que nous risquons à nouveau en entrant dans la célébration de l’exclusion. Jean Guéhenno écrivait « la culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre. » Cette phrase marque mon engagement, mes convictions artistiques et politiques. C’est pour ça que je parraine l’événement, je veux faire un contre-don.

    * L’UNAT, l’ANCAV et l’association PARCOURS

    Les rencontres

    La campagne se déploie localement dans des centres sociaux et culturels du département. Au programme de ces événements tout public : exposition, projection du documentaire « été 36, les Premières vacances des Français », temps dédié au débat et représentation d’un spectacle sur mesure signé Christina Rosmini. Si le prochain rendez-vous affiche complet jeudi 16 juillet, d’autres rencontres sont prévues avant de clôturer la campagne au Sénat le 2 novembre.

    Infos : carte collaborative en ligne

  • Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne

    L’une des blouses blanches qualifiera le lieu de véritable « fourmilière ». Même le temps d’une après-midi d’apparence calme. Aux urgences du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence Pertuis, ce sont en moyenne « cent, deux cents passages par jour » qui sont enregistrés, lorsque le flux se veut plus ou moins habituel. En coulisse de ces passages aux urgences, le personnel évoque adaptation constante, prise en charge d’urgences vitales, bobologie, humeurs variées des patients et des familles… « On a un personnel ici habitué à s’adapter en permanence, quelle que soit la situation, comparé à d’autres services de soins, c’est facilitant. C’est des personnels engagés, on n’a pas de difficulté à recruter ici sur Aix. (…) Généralement, les professionnels restent ici », pose d’entrée Nicole Blanc-Hautain, cadre de santé aux urgences. En poste depuis 13 ans sur Aix, elle est en charge de l’encadrement des équipes. « À la louche », de jour comme de nuit, 9 infirmiers, 6 aides soignants, un brancardier dont l’effectif peut être augmenté la nuit, se relaient pour faire tourner un service qui ne dort jamais. « Il n’y a pas de saisonnalité au niveau de l’accueil des urgences. Le seul changement qu’on a, ce sont plus de patients qui arrivent sur la période de nuit ou sur la permanence des soins. Mais on se retrouve un peu plus en difficulté pour hospitaliser les patients. Comme vous l’entendez de partout, il y a des problèmes d’hospitalisation par manque de lit. Alors on négocie, on s’organise pour garder les patients dans les urgences dans des conditions plus acceptables en termes de confort. » Pour répondre au flux du bassin aixois, des travaux ont d’ailleurs été lancés au sein des urgences. « Tout est en travaux, les conditions pas optimales pour l’entrée des urgences et le stress que ça engendre quand on arrive, pour les patients mais aussi pour les familles. Mais ce sera mieux après », pointe Cécile Mintoff, médiatrice. Elle est le « premier visage » que l’on voit en arrivant aux urgences. « On est des caméléons, parce que tout dépend de comment arrivent les personnes. L’écoute est primordiale », déroule la médiatrice. Ce, malgré les différents états, parfois agressifs, des patients et familles. « Mais les urgences, ce sont le reflet de la société. Il y a de tout. Il y a de tout et il faut qu’on soit alignés sur tout. L’hôpital public, sa priorité, c’est de garder nos valeurs, que tout le monde ait droit aux soins en même temps et de la même façon. » Un peu plus loin dans le parcours, Vincent, infirmier d’accueil (IAO). « On fait tout pour éviter l’embolie du service, ce n’est pas évident car il n’y a pas que les moyens humains. On est dans de vieux locaux qui n’ont pas grandi avec la population du bassin d’Aix, que reçoit l’hôpital. Il y a des jours de flux tendu. On aura beau être 10 infirmiers, le service sera bouché (…). Certains jours, l’entonnoir se remplit et la porte de sortie est toujours plus petite que la porte d’entrée », contextualise l’infirmier. Si cet après-midi de mi-juillet, le flux semble calme, dans les autres services des urgences – pédiatriques, psychiatriques – le quotidien ne connaît pourtant pas de répit, rythmé d’arrivées, du bruit des machines et des constantes en évaluation, des allers-retours des brancards et des interpellations de patients dans les couloirs. Au SAUV (service d’accueil des urgences vitales), la plupart des box sont occupés. Un cardiologue vient d’arriver dans le service. « Il y a un patient qui fait un gros infarctus », a-t-il le temps de préciser. De retour au poste médical, plusieurs soignants acceptent de parler de leur vision du métier. « Oui, les gens se plaignent beaucoup de l’attente. Mais il faut savoir que ce qu’on fait en une journée aux urgences – analyses, imagerie – on le fait en trois jours en dehors », explique un infirmier. Symptôme d’une « génération Uber Eats, estime Marceau Caradec, docteur aux urgences. Mais on travaille par choix aux urgences. » Le docteur Elodie Canault rappelle pourtant, « on ne s’est pas arrêtés en 2020 [au moment du Covid]. Les problématiques on a continué à les avoir. »

  • Le rappeur El Mahdi Lyoubi emprisonné à Casablanca

    Le rappeur El Mahdi Lyoubi emprisonné à Casablanca

    El Mahdi Lyoubi alias Mehdi Black Wind a passé la nuit dans la prison d’Oukacha à Casablanca. Le cinéaste et rappeur marocain a été arrêté ce lundi à l’aéroport alors qu’il quittait la ville. Mercredi, dans la soirée, ses proches annoncent les charges retenues contre l’artiste : « atteinte à corps constitué (pour ses chansons) et incitation à commettre des délits », précisent-ils. Il s’est présenté seul, sans représentation devant la justice. Et pour cause : les avocats marocains sont engagés depuis cinq semaines dans un mouvement de grève illimité contre le projet de loi 66.23 qui régit l’exercice de leur fonction, « on craint qu’il n’ait pas accès à un procès équitable » prévu le 22 juillet, pointent ses proches, dont certains se sont réunis à Marseille, sa ville de résidence.

    D’après son comité de soutien, El Mahdi Lyoubi, qui était en repérage pour un documentaire pourrait être visé pour son soutien exprimé sur les réseaux sociaux envers le mouvement de contestation GenZ 212. Zineb Kharroubi, l’une des figures de ce collectif, a été condamnée en juin dernier à six mois de prison avec sursis pour « incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique ». Ces arrestations s’inscrivent dans une vague de répression visant les voix dissidentes dans le sillage du soulèvement populaire réunissant une partie de la jeunesse à l’automne 2025.

    Au total, ce sont près de 2 480 personnes qui ont été interpellées et des poursuites ont été lancées à l’encontre d’au moins 1 473 manifestants, tous placés en détention provisoire. Dimanche, le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet a lui aussi été arrêté dès son atterrissage à Tanger. Figure du journalisme indépendant, critique à l’égard des autorités, il a depuis été relâché. Une enquête sur des publications en ligne « comportant des propos diffamatoires et injurieux à l’encontre des personnes et des institutions, et outrageux à l’égard d’instances régies par la loi » est toujours en cours, selon l’agence de presse officielle MAP.

    « Ce sont des outils d’intimidation et de répression, tout cela contribue à créer un climat inquiétant », alerte le comité de soutien Free El Mahdi Lyoubi, qui réclame sa « libération immédiate ». Et attend, sans trop y croire le « soutien » de la France, pays où le cinéaste « habite depuis 2017, où il fait sa carrière, où il fait ses films ». Car au même moment, le Premier ministre français Sébastien Lecornu entame dans le royaume chérifien son premier voyage officiel depuis sa nomination. Accompagné d’une douzaine de ministres, il évoquera les coopérations économiques, sécuritaire, migratoire et de défense. La liberté d’expression n’est pas au programme.

  • Des contrôles contre les dangers de la mer

    Des contrôles contre les dangers de la mer

    Devant le stade nautique du Roucas Blanc, à Marseille, l’adjoint du préfet maritime, le commissaire Jean-Emmanuel Perrin fait le briefing aux unités prêtes à partir en mer cet après-midi. Un mot d’ordre : « Veiller au respect de la réglementation pour sauvegarder la vie humaine en Méditerranée. »

    Au programme, 50 à 70 agents à bord de huit Zodiacs vont sécuriser le plan d’eau. Les affaires et la gendarmerie maritimes, la douane, les polices municipale et nationale sont missionnées du 1er mai au 30 septembre. Ils agissent sur toute la façade Méditerranée.

    L’été dernier, sur les 12 000 contrôles effectués, 4 000 infractions ont été relevées. « En mer, il y a de plus en plus d’infractions parce qu’il y a plus de fréquentation », constate le Major Marc Foyer, responsable de la brigade nautique départementale, en poste aux côtés de quatre autres agents de la police nationale. À bord de leur intercepteur, nom donné au Zodiac, ils se veulent « visibles et crédibles ».

    Protéger et sanctionner

    à tous les niveaux

    Car les dangers sur l’eau sont multiples. Un équipement complet et en règle doit toujours être vérifié par le capitaine du bateau, même quand c’est de la location. Alors que l’intercepteur de la police navigue à proximité du Mucem, le Major fait signe à un bateau de location de s’arrêter. « On coupe le moteur s’il vous plaît. Vous me présentez la carte de circulation et le permis bateau. »

    La vérification des papiers faite, les policiers rappellent la réglementation : « Quel est l’équipement obligatoire à bord, Monsieur ? » Bonne réponse pour le capitaine contrôlé, qui présente cinq gilets de sauvetage pour ses cinq passagers. « On fait preuve de pédagogie sur nos contrôles, pour réduire les risques en amont des infractions », explique Marc Foyer. Parmi les équipements contrôlés, l’extincteur et sa date de péremption, ou encore la lisibilité de l’immatriculation du bateau.

    Le bateau de la police nationale ralentit de nouveau quand il croise un baigneur dans la rade du Vieux-Port. Une baignade interdite dans cette zone. « Je vous invite à rapidement retrouver la berge. » Les agents de police expliquent, contrôlent, et portent secours quand il y a urgence. Ils sont tous diplômés du BNSSA, du PSC1 et 2.

    L’autre danger majeur sur l’eau, ce sont les excès de vitesse des bateaux. « Sur la bande des 300 mètres, c’est-à-dire les eaux proches de la berge, il ne faut pas dépasser les cinq nœuds [10 km/h ndlr]. » Au moment où Thierry, aux commandes du Zodiac, détaille la réglementation en mer, il remarque une écume particulièrement épaisse autour d’un plaisancier, témoin d’une vitesse trop élevée. Le bateau transporte une dizaine d’adolescents, conduits par un guide professionnel. « Vous savez pourquoi vous êtes arrêté ? », lance Marc Foyer. En quelques minutes, le procès-verbal est rédigé, et le permis levé. « Pour un délit de cinquième classe comme ça, c’est le procureur qui décidera du montant de l’amende et de la durée de suspension du permis. »

    Tout au long de l’après-midi de contrôles, les agents de police repèrent les comportements à risque et sensibilisent aux bons réflexes. Notamment lorsqu’ils voient des touristes en vacances, en train de consommer de l’alcool. « C’est vous qui pilotez ? Il n’y aura pas de troisième bière, on est bien d’accord ? », met en garde le Major Foyer. Un avertissement d’autant plus important depuis l’adoption du décret anti-ivresse le 2 juin dernier. L’ivresse manifeste est punie d’un retrait du permis et de la confiscation du navire. « L’objectif de ces journées, c’est de renforcer le volume de contrôles. C’est une opération coup de poing », insiste le Major. « Pour que la mer reste un espace de plaisir. »

    REPÈRES

    3 536

    L’été 2025 a été particulièrement chargé pour les secours en mer en Méditerranée. Le CROSS MED a coordonné 3 536 opérations, soit une hausse de 14 % par rapport à l’année précédente. Au total, 8 072 usagers ont été impliqués dans ces interventions (+4 %). Les départements du Var, des Bouches-du-Rhône, des Alpes-Maritimes, de la Corse-du-Sud et de l’Hérault concentrent à eux seuls près de 80 % des opérations. Cette augmentation confirme une accidentologie estivale toujours élevée sur un littoral très fréquenté.

    Contrôles

    Pour faire face à la multiplication des pratiques nautiques et aux comportements à risque, la préfecture maritime de la Méditerranée a renforcé sa présence en mer. Durant la saison 2025, près de 12 000 contrôles ont été effectués sur le littoral. Ces opérations ont permis de constater environ 4 000 infractions, soit un contrôle sur trois donnant lieu à une verbalisation ou un constat d’irrégularité. Les autorités pointent surtout l’inexpérience, l’impréparation et les comportements irresponsables comme principales causes d’interventions de secours.

    38

    Si le nombre d’accidents reste important, la mortalité en mer recule. En 2025, 38 décès ont été recensés sur la façade méditerranéenne, soit une baisse de 17 % par rapport à 2024. La plongée sous-marine, particulièrement touchée l’année précédente, enregistre une diminution notable avec six décès, en recul de 33 %. Les autorités attribuent cette amélioration aux campagnes de sensibilisation et aux actions de prévention renforcées menées auprès des pratiquants, qui seront poursuivies cet été.

  • [C’est l’été] L’intégrale des Carrières de Baux-de-Provence

    [C’est l’été] L’intégrale des Carrières de Baux-de-Provence

    Les carrières de Lumières vous proposent une rétrospective de trois spectacles : Jimmy Nelson, les gardiens de l’humanité, Japon rêvé, images d’un monde flottant et L’Égypte des pharaons. De Khéops à Ramsès II. Le lieu vous ouvre ses portes à la tombée de la nuit pour une immersion à la fois magique et unique dans les expositions passées et vous invite à un voyage artistique à travers les civilisations.

    À partir de 20h30. Dès 29 euros le billet.

  • [C’est l’été] Le club des chercheurs de trésors à Roquebrune-sur-Argens

    [C’est l’été] Le club des chercheurs de trésors à Roquebrune-sur-Argens

    De petits indices du passé y seront disséminés un peu partout alors les enfants sont invités à observer les détails et se souvenir d’un indice aperçu plus tôt… Pour participer, rendez-vous à la Maison du Chocolat et Cacao.

    De 9h15 à 11h30.

    Pour les 4-10 ans. 10 euros.

  • [C’est l’été] Enquête à la Maison du bois de Méolans-Revel

    [C’est l’été] Enquête à la Maison du bois de Méolans-Revel

    En suivant les indices laissés dans le musée, répondez aux questions et découvrez qui a volé les graines de pin Cembro. À la clé, votre cadeau en bois personnalisé !

    De 15h à 18h30.

    Enfants de 2,50 à 5 euros.

    Adultes : de 5 à 8 euros.

  • [C’est l’été] Les petits explorateurs à Molines-en-Queyras

    [C’est l’été] Les petits explorateurs à Molines-en-Queyras

    Dans les sous-bois du torrent de l’Aigue Agnelle, partez en famille à la cueillette de tous les matériaux utiles à la fabrication d’une maquette de maison traditionnelle du haut Queyras que l’on appelle maisons fustes. Avant la fabrication, quelques histoires locales et l’observation du village de Pierre-Grosse vous en apprendront davantage sur la vie des anciens.

    De 10h à 12h. 6 euros.

    Réservations : 04.92.24.77.61

  • [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    [C’est l’été] Visite guidée à Pernes-les-Fontaines

    Grâce à cette visite guidée de deux heures vous pourrez en apprendre davantage sur les coutumes, le folklore et les légendes de la région en découvrant les musées de la ville comme le musée du costume et le musée des traditions.

    De 10h15 à 12h15.

    Comptez 5 euros pour les adultes, 2,50 euros pour les étudiants et gratuit pour les – 18 ans.

    Infos et réservations : 04.90.61.31.04