Category: societe

  • Influençables et conscients de l’être, face à la désinformation

    Influençables et conscients de l’être, face à la désinformation

    L’expérience consiste à deviner une couleur tirée au hasard : bleue ou rouge ? Mais avant de décider, des indices sont donnés avec à chaque fois un niveau de fiabilité. Exemple : la couleur est rouge avec 75% de fiabilité, bleue avec 35% de fiabilité et bleue avec 50% de fiabilité. Dans ce cas, la réponse est très probablement rouge. « C’est très simple et permet d’éliminer les facteurs confondants pour étudier comment nous utilisons l’information sur la fiabilité pour prendre des décisions », souligne Thibault Gajdos Preuss, chercheur au Centre de recherche en psychologie et neurosciences de l’Université Aix-Marseille et coauteur d’une étude parue dans PLOS Computational Biology avec ses collègues Lucie Charles et Keiji Ota, de l’Université Queen Mary de Londres (Royaume-Uni).

    L’idée est d’étudier l’efficacité des notations ou des labels qui évaluent la fiabilité des sources d’information : nous en servons-nous ? Comment ? Et sommes-nous conscients de comment nous les utilisons ? « Il existe des études en sociologie ou en psychologie appliquée, mais souvent dans des contextes très riches avec des résultats contradictoires, indique Thibault Gajdos Preuss. Nous nous intéressons plus aux mécanismes cognitifs et à la métacognition ». C’est-à-dire la conscience que nous avons de la manière dont nous prenons des décisions.

    Et le résultat est sans appel : « Nous utilisons mal les informations sur la fiabilité », résume le chercheur. En particulier quand elle est inférieure à 50%. Dans ce cas, l’information est fausse : c’est une erreur ou un mensonge. Il faut penser que la vérité est à l’opposé. « Mais nous avons du mal à faire cette gymnastique mentale », explique-t-il.

    Gymnastique mentale

    Surtout, une information fiable à 50% impacte la décision, alors qu’elle devrait tout simplement être ignorée. En effet, elle a autant de chances d’être juste que fausse. Donc elle n’apporte rien. « Mais nous faisons comme si elle véhiculait quand même de l’information pertinente, s’étonne le chercheur. Ce n’était pas attendu ». Pour l’expliquer, deux hypothèses. La première est un biais de présentation : même si nous savons que l’information n’est pas fiable, nous l’avons vue, et cela a un impact. La deuxième est notre tendance à sur-interpréter une information en prêtant une intention à sa source : « Si elle me donne une information, c’est qu’elle doit savoir quelque chose. Elle ne peut pas me donner une information sans aucune valeur ».

    Enfin, le plus surprenant est la conscience qu’ont les participants de la manière dont ils sont influencés. En particulier par les informations non-fiables. « C’est une vraie surprise », admet Thibault Gajdos Preuss. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. « Cela signifie qu’il ne suffit pas d’expliquer qu’une information n’est pas fiable », ajoute-t-il. Nous le savons, mais nous l’utilisons quand même.

  • Le marché de Noël sera de retour devant la mairie d’Avignon

    Le marché de Noël sera de retour devant la mairie d’Avignon

    Certains diront que c’est le sapin qui cache la forêt de Noël. Ce vendredi, la Ville a – déjà – présenté son programme* des animations de fin d’année avec, comme grande nouveauté, le retour du marché sur la place de l’Horloge. Une promesse de campagne du maire Olivier Galzi (DVD) qui se concrétise et qui fait figure d’attraction dans un contexte financier tendu. Fini donc le feu d’artifice hivernal et les parades passent de trois à une, le 19 décembre. « Le feu d’artifice a été tiré avant qu’on arrive », ironise Olivier Galzi qui se dispensera d’une dépense à 100 000 euros pour le spectacle pyrotechnique. « L’an passé ces festivités ont coûté 500 000 euros, là on sera à 250 000 », chiffre-t-il, se défendant d’avoir voulu « éteindre la lumière ».

    Voilà pour le cadre politico-financier. Cela n’empêche pas le maire d’être « joyeux, Noël n’est pas un gros mot, cela me met en joie », pose-t-il. Le retour du marché devant la mairie est « un symbole de rassemblement intergénérationnel ». Cantonné à une vingtaine de chalets place Pie jusque-là, ce marché regroupera 39 forains du 28 novembre au 2 janvier, « qui n’auront pas le dos tourné aux bars et restaurants de la place de l’Horloge », précise Corinne Chatriot, première adjointe déléguée au commerce. « On aurait eu 90 chalets, on les remplissait », assure Richard Hémin, président de la fédération des commerçants du centre-ville.

    Outre ce marché, l’animation phare sera l’installation d’un palais des glaces sur la place du palais des papes, du 28 novembre au 3 janvier. Une structure de 250 m2 où 20 blocs de glace seront sculptés comme autant d’œuvres. « Il y aura les symboles de Noël mais aussi du patrimoine avignonnais comme le pont », dévoile Corinne Chatriot. Une visite d’au moins 30 minutes mais qui sera payante [8 euros en tarif plein, mais à moitié prix pour les Avignonnais (4 euros et 2,5 euros pour les 3-11 ans)]. La place Pie accueillera, elle, des manèges, diverses animations et un village gourmand. Une patinoire sera installée à Montfavet. L’ensemble des musées et bibliothèques seront mobilisés aussi avec des expositions et spectacles – gratuits cette fois – autour de Noël. Le coup d’envoi des festivités sera donné le 28 novembre avec le lancement des illuminations (18h, cours Jean-Jaurès).

  • Le premier mémorial des harkis en France va naître dans le Gard

    Le premier mémorial des harkis en France va naître dans le Gard

    C’est un projet unique en France que porte aujourd’hui le Gard rhodanien. En effet, si le mémorial du camp de Rivesaltes aborde l’histoire des harkis, il traite aussi de toutes les populations (républicains espagnols, juifs, tsiganes, prisonniers de guerre) enfermées sur ce site. Pour la première fois en France, un site sera donc uniquement consacré à la mémoire des harkis, 64 ans après les accords d’Evian. Preuve que cette histoire reste douloureuse et finalement méconnue.

    Ce mémorial va sortir de terre à Saint-Maurice-l’Ardoise près de Bagnols-sur-Cèze, commune qui a accueilli un camp de harkis jusqu’en 1976. Construit durant la Seconde Guerre mondiale, celui-ci a accueilli les premières familles le 29 octobre 1962. Pendant plus d’une décennie, il va abriter plusieurs centaines de familles et devenir, au fil des années, un lieu de mémoire pour les descendants des harkis. Ce site va connaître un retentissement national après 2021 et la découverte d’un cimetière oublié composé de 27 tombes d’enfants. Une stèle pour rendre hommage à ces enfants a par la suite été inaugurée le 24 septembre 2024.

    Symboliquement, la Communauté d’agglomération a souhaité organiser la présentation de ce mémorial jeudi 29 octobre, soit 64 ans exactement après l’arrivée des premières familles. « Cette histoire singulière, profondément liée à notre territoire, constitue une part essentielle de notre mémoire collective », souligne Christophe Serre, le président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien. « Ce mémorial s’inscrit dans notre responsabilité commune de reconnaître cette histoire, de la transmettre aux générations futures et de donner toute leur place aux témoignages de celles et ceux qui l’ont vécue. Ce mémorial dépasse la seule dimension commémorative. Il est un lieu de mémoire, de connaissance et de transmission. Un lieu ouvert à tous, permettant de mieux comprendre l’histoire singulière des harkis et de leurs familles, mais aussi d’interroger les valeurs de solidarité, de dignité et de fraternité qui fondent notre République. »

    Des baraquements reconstitués

    Après une large concertation avec d’anciens habitants, des familles et des historiens autour d’ateliers en 2024, le projet a finalement pris forme ces derniers mois. Il s’articule autour de trois lieux répartis sur 7 500m2 : une partie consacrée à l’exposition permanente, une pour la reconstitution de baraquements et la dernière pour un parcours mémoriel extérieur.

    Avant de rejoindre l’espace exposition, les visiteurs seront accueillis sur un parvis composé de silhouettes de harkis et de scènes de la vie quotidienne en photogravure sur les voiles de béton. L’exposition permanente abordera ensuite l’histoire des harkis d’une manière chronologique. Elle sera composée d’un film sur le parcours d’un enfant harki de 1962 à 1975, d’une grande frise relatant l’histoire du camp, d’archives de l’INA, de panneaux et d’écrans interactifs.

    Deux baraquements, ces abris de fortune construits dans ce camp sous-dimensionné par rapport au nombre de familles présentes et dont les fondations étaient encore présentes sur le site, seront aussi reconstitués. L’un représentera un logement avec du mobilier d’époque. L’autre s’appuiera sur « les photographies de Robert Virgitti » pour montrer une salle de classe dans l’école du camp avec là aussi « du mobilier acheté ou récupéré puis restauré : cantine en fer, poêle Godin, table en Formica, pupitres doubles d’écoliers, estrade et bureau de maître ». Enfin, le parcours mémoriel extérieur, accessible en déambulation libre, est constitué de « dix piliers de mémoire porteurs des témoignages » qui guideront le visiteur jusqu’à la stèle.

    Ce projet a été évalué à plus de 3,5 millions d’euros. Pour le financer, la Communauté d’agglomération peut compter sur un soutien de l’État (40%, soit 1,4 million d’euros), la Région (20%) et le Département (20%). La consultation des entreprises doit désormais se tenir au premier trimestre 2027 suivie de la pose de la première pierre. Les travaux doivent donc débuter l’an prochain pour une ouverture au public prévue à la rentrée 2028.

  • Le patrimoine Vasarely restauré

    Le patrimoine Vasarely restauré

    La Fondation Vasarely poursuit la reconstitution de son patrimoine. Le 8 octobre, la Commission scientifique régionale des acquisitions a rendu un avis favorable unanime à la réintégration de 26 œuvres dans sa collection « Musée de France ».

    Ces pièces figurent parmi les 421 œuvres dispersées entre 1995 et 1997. Parmi elles, 24 étaient détenues par Yann Streiff, « un ancien avocat parisien (depuis radié) impliqué dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dissipation des œuvres de la Fondation », précise cette dernière, dans un communiqué. Saisies par la justice, elles lui ont été restituées en pleine propriété le 26 janvier 2026. Deux autres œuvres ont été rendues spontanément par des collectionneurs, informés de leur provenance.

    Après la restitution de 37 œuvres par André Vasarely, fils de l’artiste, ce retour marque « une avancée déterminante pour reconstituer l’ensemble imaginé par le père de l’art optico-cinétique et son épouse Claire », souligne la Fondation Vasarely.

    111 œuvres toujours attendues

    La reconstitution du fonds historique reste toutefois inachevée. La Fondation attend encore le rapatriement de 111 œuvres saisies par la justice, le 11 avril 2023 à Porto Rico, au domicile de Michèle Taburno (ex-ancienne belle-fille du peintre Victor Vasarely, également impliquée dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dispersion des collections. Leur retour sur le territoire français n’a, à ce jour, pas encore eu lieu.

  • Un robot pour inspecter le réseau d’eau potable à Robion

    Un robot pour inspecter le réseau d’eau potable à Robion

    Au bout de l’impasse Isidore-Lazare à Robion, un attroupement se forme autour d’un chantier qui débute tout juste. En cause, un petit robot et son concentré de technologies qui va, d’ici quelques minutes, inspecter l’état du réseau d’eau potable de la commune qui commence à vieillir.

    La scène est en effet intrigante lorsque deux employés de l’entreprise Acwa introduisent, deux mètres sous terre, un engin d’une quarantaine de centimètres et équipé de câbles multicolores dans un large tuyau. Le robot est alors déposé, à l’aide de gants désinfectés pour respecter les règles pour s’introduire dans un réseau d’eau potable, dans un sas « comme les sous-marins », glisse l’un des employés . Le tout est relié à une camionnette dans laquelle sont branchés des écrans qui retransmettent en temps réel ce qui fait face au robot.

    Un concentré de technologie qui n’utilise pas que l’image pour faire son diagnostic. Toutes sortes de capteurs permettent de détecter les fuites ou autres dégâts et impuretés éventuelles à l’intérieur du réseau. Telle que l’utilisation d’ultrasons pour mesurer l’écho des différentes couches des conduits. Devant des élus locaux et des membres de plusieurs syndicats d’eau, un commercial montre des images tournées la veille sous le sol de Robion. « On voit que c’est en bon état », lance-t-il fièrement.

    Travaux éventuels

    Avec quelques contraintes tout de même. Tenue par un fil, la machine se déplace grâce au courant. Mais elle ne peut pas dépasser un certain nombre de virages, car à partir d’une certaine addition d’angles, elle ne pourrait plus ressortir.

    Ce genre de possibilité, le syndicat Durance Ventoux ne l’avait pas auparavant. Pour vérifier l’état des canalisations, il fallait tout déterrer. « On est tombés dessus à un salon et cela nous a tout de suite intéressés », confie sur place Luc Dubet, responsable de la maîtrise d’ouvrage de l’organisation. À ses côtés, Frédéric Maurel, directeur général des services du syndicat, explique le choix de ce service qui aura coûté au total 80 000 euros, dont 40 000 ont été financés par l’Agence de l’eau. « La plupart des syndicats de l’eau ont été lancés après-guerre, et avec eux les grands réseaux d’eau. On arrive aujourd’hui à un moment où les structures deviennent vieillissantes, dont celle-ci. Ce diagnostic permet de savoir assez rapidement s’il faut changer ou non cette portion du réseau plutôt importante. On parle tout de même de deux millions d’euros d’investissement si c’est le cas. Si cela peut être décalé, on n’est pas contre. » Et à Patrick Sintes, maire (DVD) de Robion, d’évoquer l’enjeu de la route au-dessus du réseau. « L’enjeu est de savoir s’ils refont toute la voirie. On ne sait pas si on peut tenir », glisse-t-il.

  • Les Brigades internationales en Espagne : les volontaires de la liberté

    Les Brigades internationales en Espagne : les volontaires de la liberté

    Octobre 1936, depuis près de quatre mois la guerre d’Espagne ne cesse de s’amplifier. Depuis le 18 juillet, les franquistes dont l’objectif est de renverser la République espagnole ont déjà massacrés des dizaines de milliers de républicains espagnols civils et miliciens, Franco bénéficie très rapidement de l’aide militaire massive d’Hitler et Mussolini en armes et en soldats. La politique de non-intervention de la France et de l’Angleterre va mettre en difficultés la République espagnole. La Seconde guerre mondiale était bien dans son prologue. Dans de nombreux pays la solidarité internationale des travailleurs envers le peuple espagnol se manifeste alors de manière multiforme. Collectes pour l’Espagne républicaine, manifestations de soutien et constitution des brigades internationales à l’initiative de l’Internationale communiste.

    Les volontaires internationaux vont commencer à arriver sur la base d’Albacete centre de commandement des brigades, cinq cent le 17 octobre. Au total 35 000 hommes et femmes venus de 54 pays vont s’engager pour défendre la République. Sur les 10 000 volontaires français, 3 000 ne reviendront pas. Ils étaient venus de toutes les régions de France notamment du Gard et de l’Hérault. Dans le Gard, 46 brigadistes ont pu être recensés par Françoise Demougin, petite fille du Lieutenant-colonel Jules Dumont qui commandait le bataillon Commune de Paris, et qui vient d’éditer un livret avec les biographies de ces Gardois (voir article ci-dessous) Ils sont partis du Gard. Dans le département de l’Hérault, selon un document du gouvernement de Vichy, il est fait état de 47 brigadistes montpelliérains et de 39 du reste de l’Hérault partis en Espagne entre 1936 et 1938.

    J’avais pu en rencontrer deux d’entre eux, en 1996, lors du soixantième anniversaire des brigades Internationales, pour une émission sur Divergence FM à Montpellier : Elie Duguet, de Nîmes ancien mineur originaire du Martinet dans le Gard qui avait alors 84 ans, et Robert Euvrard, de Montpellier âgé de 80 ans au moment de l’interview. Elie arrive en Espagne en février 1937 alors qu’il est à la direction nationale de la jeunesse communiste, il raconte « ce fut une bataille inégale à cause de la non-intervention qui privait l’Espagne des armes qui lui étaient indispensables » se souvenait-il « mais même sous-équipés les brigadistes sont engagés dans leurs bataillons et participent aux combats les plus meurtriers. Ils participent à la défense de Madrid ». Elie Duguet évoque aussi la bataille de Guadalajara où « les armées italiennes de Mussolini ont été mises en déroute par l’armée républicaine aidée par la Brigade Internationale Garibaldi composée d’Italiens antifascistes » une victoire qui permit de desserrer l’étau sur Madrid. En 1938, Elie participe à la bataille de l’Ebre : « J’étais avec le bataillon Commune de Paris, là je vis tomber pas mal de camarades ».

    Robert Euvrad a 20 ans en octobre 1936. À l’époque il était monteur en chauffage central à Montpellier. Militant communiste, il décide de s’engager dans les brigades « arrivé à Albacete on m’a proposé de faire partie d’un groupe sanitaire. C’est ainsi que je suis devenu infirmier. Nous faisions parti du bataillon Thaelmann composé de volontaires allemands et slaves. J’avais une musette avec des bistouris ». En tant qu’infirmiers et brancardiers ils n’étaient pas armés mais ils se faisaient quand même tirer dessus. « J’en ai eu marre de recevoir des coups sans pouvoir les rendre alors je suis allé dans une brigade franco-belge où, là, j’ai pu combattre », raconte Robert Euvrard. À leur retour en France, Robert Euvrard pendant la résistance devint le capitaine Vincent, il participa aux combats de Montferrier et fut un des libérateurs de Montpellier. Elie Duguet fut déporté dans un camp de concentration en Algérie, il participa également à la Résistance. Des volontaires levés avant le jour pour défendre les libertés. L’actualité nous ramène malheureusement à ces heures sombres, nous avons la responsabilité aujourd’hui de faire en sorte que leur combat n’ait pas été vain.

  • Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    De la table à la fontaine en passant par les cheminées, les cuisines ou l’architecture pour la décoration des maisons de particuliers, c’est un art qui se transmet et se perpétue sur ce site de 3 000 m² en plein air à la fois espace d’exposition et atelier de confection pour les ouvriers de la pierre.

    Le showroom de l’Atelier Bidal à L’Isle-sur-la-Sorgue a été pensé comme un jardin bucolique et poétique dans lequel se cachent de véritables joyaux architecturaux. Il laisse ensuite place à un grand espace où bruits de chantiers et nuages de poussière blanche font naître la beauté et la délicatesse. Les ouvriers sont à l’œuvre, masques sur le nez et casque sur les oreilles. Au plafond, quelques patrons trônent fièrement et chacun s’affaire à la tâche. Dorian arrive à bord d’un chariot élévateur. « Ici nous travaillons sur des blocs complets sur différentes hauteurs d’assises, on peut ensuite les couper en tranches grâce à une machine qui s’appelle la débiteuse. Les blocs sont ensuite coupés aux bonnes mesures pour partir sur les postes de taille de pierre et là, c’est à nous de jouer », explique le jeune homme. « Les possibilités sont infinies, on peut faire absolument tout ce qu’on veut et c’est ce que j’aime. ». Au sein de l’Atelier Bidal trois types de pierres sont travaillés. La pierre d’Avy qui vient de Bordeaux, la pierre d’Estaillade qui vient d’Oppède et la pierre de Sireuil qui vient de la Charente. « Selon les désirs et envies on peut laisser la pierre un peu blanche, ce qui donne un côté moderne mais aussi la vieillir, la patiner ou encore la brosser pour obtenir un aspect ancien style vieille pierre », continue-t-il. « Tout me plaît dans mon métier parce que ça change tout le temps. On peut faire de la série avec par exemple des fontaines que l’on peut reproduire à plusieurs reprises mais on fait également du sur-mesure et je trouve que c’est ce qu’il y a de plus intéressant et de plus enrichissant parce qu’on peut faire des choses superbes. »

    Un savoir-faire ancestral
    et une labellisation unique

    À 24 ans, Dorian Ciret est un maître artisan tailleur de pierre qui œuvre avec passion et minutie. Cet enfant de la région a d’abord commencé comme apprenti en alternance dans l’entreprise après avoir fait un CAP tailleur de pierre et un BP métier de la pierre à Montalieu-Vercieu en Isère. Mais c’est en classe de troisième, lors d’un stage d’observation que la magie opère pour lui. « J’ai fait mon stage obligatoire dans l’entreprise de marbrerie du père d’un de mes copains, c’est une activité qui m’a beaucoup plu et j’ai voulu continuer là-dedans pour en faire mon métier », confie-t-il. Et depuis il ne l’a plus quitté. Basé sur les techniques des bâtisseurs de cathédrales, c’est avant tout un savoir-faire

    ancestral qui est mis à l’honneur et sublimé par ce jeune passionné.

    « Ce que je voulais c’était faire quelque chose de mes mains, j’ai toujours aimé ça. Sans compter que je suis dehors toute la journée et ça n’a pas de prix », sourit-il. « Bien que merveilleux, il ne faut pas oublier que c’est un métier très physique et compliqué notamment à cause de la poussière. Je pense qu’il faut être uniquement passionné pour pouvoir faire ce métier. C’est vraiment un kiff avant tout le reste sinon ça ne peut pas le faire, je ne pense pas qu’on tienne sans être fait pour ça. »

    Ayant à cœur de faire rayonner l’artisanat, l’Atelier Bidal a été labellisé Entreprise du patrimoine vivant (EPV) par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi en 2008. Il s’agit de l’unique entreprise dans les métiers de la pierre à avoir reçu cette distinction dans le Vaucluse.

  • Antoinette Colonna, l’énergie d’une éternelle militante devenue virale

    Antoinette Colonna, l’énergie d’une éternelle militante devenue virale

    Tu as fait 3 millions de vues mamie ! » La fierté de son petit-fils Théo et les 35 000 vues sur un site japonais ne lui feront « pas tourner la tête », assure Antoinette Colonna, convaincue de faire « juste mon devoir ». Les pieds sur terre et dans tous les cortèges, elle sera encore là, ce 31 octobre « et le 5 novembre aussi, c’est très important ».

    Pour Antoinette, militer est un « besoin, car c’est la seule façon d’obtenir des droits. C’est ce qu’ont fait les communistes depuis toujours et c’est comme ça qu’on a eu la Sécu avec le Front populaire en 1936 ». Un message qu’elle transmet aux jeunes à chaque mobilisation, du haut de son mètre cinquante : « Il ne faut rien lâcher, sinon, on est foutu. Plus on est nombreux dans la rue, plus on a de chance de gagner. » Elle arpente le pavé marseillais depuis des lustres, aux côtés « des syndicats, des travailleurs, contre le logement indigne, pour ne pas que les enfants dorment dans la rue, avec L’Après M, devant le tribunal administratif pour sauver mon journal… », liste cette cheville ouvrière des Amis de La Marseillaise.

    « Des jeunes lumineux »

    Et des lycéens. « Je suis grand-mère. Je comprends leur colère. Ils ont la tête sur les épaules et se sont réveillés. Ils sont lumineux », explique-t-elle simplement. Un trait d’union entre générations que les jeunes ont bien saisi. « Devant l’hôtel de Ville, les bras ouverts, j’ai fait face au peloton de CRS qui allait charger. Les policiers sont restés bêtes. Les jeunes m’ont fait une ovation », s’amuse-t-elle. Sur la Canebière, elle prend le porte-voix pour les soutenir. Sur le Vieux-Port, elle se fait porter en triomphe. « Gazée et regazée Porte d’Aix, les jeunes m’ont toujours secourue, m’accompagnent jusqu’au métro. Après, je rentre chez moi. Et je fais le compte rendu à Dédé, qui me laisse aller partout. »

    Soudés, militants, les époux Colonna ont tout traversé ensemble : « On avait des revenus modestes et cinq enfants. À la Plaine, je faisais la fin des marchés pour avoir des légumes pas chers. » Et quand l’incendie de Carpiagne, en 2009, a ravagé leur maison à La Panouse, ils ont encore dû se battre pendant cinq ans pour être indemnisés. « On a vécu dans le poulailler, c’est tout ce qu’il restait. »

    Dans les manifs, elle est « Mamie », à la section PCF du 9e, le secrétaire Loïc Ter Maaten salue « sa vitalité, ses interventions justes et bien motivées ». Les lacrymos ne la feront pas reculer. « Contre ces gouvernements qui défendent les riches et n’entendent pas le peuple, je continuerai jusqu’à ma mort. »

  • Un dispositif de sécurité d’ampleur de nouveau déployé

    Un dispositif de sécurité d’ampleur de nouveau déployé

    La réponse qui sera apportée sera de la plus grande fermeté » avec « un dispositif opérationnel robuste » face à « un risque de violences urbaines très élevé », a prévenu, dès ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Un peu plus tôt dans la journée, il avait adressé un télégramme aux préfets, les appelant à la vigilance pour le 31 octobre et leur demandant d’avoir « une attention toute particulière aux appels aux rassemblements sur toutes les places publiques à partir de 20 heures qui se multiplient, et aux risques de cortèges sauvages qui en découlent ».

    On prend donc les mêmes et on recommence… Si le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, se refuse à donner des détails sur le dispositif de sécurité prévu, les instructions de la direction générale de la police nationale (DGPN) sont claires : le taux de présence est monté à 75% pour l’acte III, contre 60% en temps normal, nous confie une source policière. Quitte à suspendre les repos et congés des policiers et gendarmes, a convenu Laurent Nuñez.

    Blindés et canons à eau

    Canons à eau, blindés « Centaure » et camions de CRS devraient de nouveau se positionner dans les rues marseillaises en nombre, ce week-end. Le Raid étant chargé de la protection des bâtiments publics. Des contrôles pourraient également avoir lieu dans les gares et sur les routes, comme préconisé par le ministre de l’Intérieur.

    Dans l’arrêté publié par le préfet des Bouches-du-Rhône, outre l’interdiction des manifestations et rassemblements non déclarés ce week-end, on retrouve l’établissement de couvre-feux chaque soir de 23h à 5h jusqu’au lundi matin, mais pour les mineurs uniquement et toujours dans des zones spécifiques dans les communes de Marseille, Aubagne, Miramas, Salon-de-Provence, Les Pennes Mirabeau et Arles. Sont particulièrement concernées les zones commerciales et le centre-ville marseillais.

    D’autres arrêtés interdisent le port d’équipement de protection individuelle de type casques, gants et lunettes, tout comme le transport de carburant, la vente, le port et le transport d’armes par destination.

  • L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    L’US Mourillon prévoit de nombreuses festivités pour célébrer son centenaire

    Fêter un centenaire, rare pour un être humain, pas si fréquent pour une structure associative. C’est le bel accomplissement que va célébrer, en 2027, l’Union sportive mourillonnaise, fondée en 1927 dans « un quartier populaire, profondément marqué par la mer, les marins, les ouvriers », retrace Michel Grillot. « Le rugby y trouve naturellement sa place. L’USM devient un club de quartier, de copains qui se retrouvent autour d’un ballon et de valeurs simples : l’amitié, le courage, la solidarité, le respect. » Mais cette histoire est troublée par la Seconde Guerre mondiale, d’abord, qui met le club en sommeil de 1939 à 1946. Puis, à partir des années 1960, par les difficultés à assurer la pérennité du club. Une nouvelle dynamique émerge en 1991, avec « une bande de copains avec l’envie de refaire vivre le club. Personne ne pensait que nous serions là 35 ans plus tard ».

    Des festivités « ouvertes sur la ville »

    Aujourd’hui, l’USM compte 332 licenciés, de l’école de rugby au sport adapté jusqu’à l’équipe séniors. Il a formé plusieurs joueurs professionnels passés ensuite dans les rangs du grand frère du RC Toulon. Mais au-delà de ces réussites sportives, « nous sommes fiers de tous ceux qui ne sont pas passés pros, et disent avec le sourire qu’ils ont porté ce maillot », tient à souligner Michel Grillo. Car avant tout, « les clubs amateurs sont des acteurs essentiels de la cohésion sociale et de la vie du territoire. Leur rôle dépasse largement les limites du terrain. Ils créent des liens, là où notre société a tendance à en perdre ». Cela, grâce à une équipe d’une cinquantaine de bénévoles, sans qui « le club ne tiendrait pas ». Pour les accompagner, l’embauche d’un salarié à temps plein est souhaitée, « car la pérennité d’une association ne peut reposer que sur la bonne volonté », clame le président de l’USM.

    Pour fêter ces 100 ans d’histoire, le club a prévu de nombreuses festivités pour 2027. Sur les terrains, forcément, avec un tournoi international jeunes en mars et un tournoi de rugby adapté en avril. Mais aussi avec des événements « ouverts sur la ville, pas uniquement célébrés entre ses joueurs », appuie Jean-Luc Barthélémy, responsable des projets du club. « Nous voulons que les enfants, les habitants du quartier et les partenaires puissent s’approprier cette année. » À ce titre, chacun est invité à se rapprocher du club pour partager ses souvenirs. Y figureront, d’ailleurs, en bonne place, ceux qui ont fait l’US Mourillon et qui nous ont quittés trop tôt, comme Raoul Celioli, président du club à sa refonte en 1991, Jean-Alex Fernandez, créateur de l’école de rugby, ou encore Ludovic Astier, jeune éducateur du club disparu en 1998.