Category: societe

  • [En direct] Le principal et une enseignante du collège Lakanal à Aubagne blessés par un élève

    [En direct] Le principal et une enseignante du collège Lakanal à Aubagne blessés par un élève

    Le principal du collège Joseph Lakanal a été touché par un tir de fusil de chasse ce matin à Aubagne ainsi qu’une enseignante. Ils ont été rapidement évacués par les pompiers. Un élève de 3e qualifié de dépressif selon de premières informations, a été interpellé.

    Aucun élève n’ a été blessé. Les demi-pensionnaires restent sur place, les externes sont sortis. Le maire d’Aubagne Jean-Pierre Squillari est sur place, ainsi que le recteur, le préfet et les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône. Aucun lien ne peut être établi avec le mouvement des lycéens.

    Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray ainsi que la ministre déléguée à l’Enseignement et à la Formation professionnels et à l’Apprentissage Sabrina Roubache sont attendus sur place dans la journée.

    Le maire Jean Pierre Squillari était présent sur place depuis 10h, 30min après les événements. Il explique que «le collégien en question n’était pas connu par les services de police et que c’est le CPE qui l’aurait désarmé» avant de souligner : « c’est un collège connu pour son travail sur l’inclusion.» Le collégien participait ainsi la semaine dernière à l’inauguration d’une fresque.

    La présidente du Département, Martine Vassal, est également dans l’établissement auprès des agents du département.

    Des parents, en pleurs pour certains, récupèrent les enfants qui sortent au compte goutte du collège accompagnés par des agents et des enseignants.

    Un gros dispositif des forces de l’ordre est déployé aux abords du collège. Une enquête est en cours sur les raisons de la fusillade. Martine Vassal, présidente du département, Jean Pierre Squillari le maire d’Aubagne ainsi que le préfet sont présents sur place. Les ministres de l’intérieur et de l’éducation sont toujours attendus pour l’après-midi.

    Martine Vassal sort du collège après un temps auprès des fonctionnaires du département : « tout le monde est choqué ! » . Elle explique que le « CPE a été extrêmement courageux car c’est lui qui a arrêté » le suspect. Ce dernier « serait entré avec un fusil de chasse caché dans un étui de guitare ». La présidente du département annonce que le « 100% sécurité », dispositif qu’elle porte de longue date avec l’instauration de vidéoprotection, tourniquets et autres bardages autour des collèges, va être mis en place pour tous les collèges du département en réaction aux événement de ce matin « avec ou contre l’avis du conseil d’administration des établissements ». « La principale précédente n’avait pas accepté la sécurisation de l’établissement », dénonce-t-elle.

    Le calme revient petit à petit sur le collège Lakanal alors que la plupart des parents qui attendaient leurs enfants devant l’établissement partent avec soulagement.« C’est un sentiment de sidération qui prédomine. C’est un super collège avec des dispositifs harcèlement qui fonctionnent bien. Il y a une proximité avec les élèves qui est très forte », explique Julien Coclet, représentant des parents d’élèves de l’établissement qui a une fille en seconde, un fils en 4e et une autre fille en 6e. Devant les grilles de l’établissement, il explique que le « principal est proche des gamins » et que « les 40 ans du collèges ont été fêtés la semaine dernière avec une fresque ».

    Jean-Pierre Squillari le maire d’Aubagne explique « qu’il y avait une osmose entre les enseignants et les gamins pour les 40 ans de l’établissement. Ils ont fait une fresque, suite à une initiative du principal qui essaie de sortir des sentiers battus. C’est un collège à la pointe de l’innovation positive ». Avant de marteler : « Il y a une solidarité entre les parents, les enfants et les enseignants. Les gamins ont été choqués que leur principal ait été blessé ». Il fait aussi un point factuel sur la situation : « le principal est en urgence relative, ces jours ne sont pas en dangers, il n’a pas été touché à des points vitaux mais aux membres inférieurs ». Et développe : « Le profil du gamin, à priori il ne posait pas trop de problèmes. Je sais juste que son père avait demandé un rendez-vous au CPE mais je ne sais pas sur quel sujet ». Enfin, sur la situation des collégiens et des parents qui quittent l’établissement : « On a laissé le choix aux collégiens et aux parents : soit ils les récupèrent de suite, soit ils restent pour prendre le repas la cantine puis de rentrer chez eux ».

    Le parquet de Marseille annonce avoir ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat, confiée à la brigade criminelle de la DCOS.

    «Selon les premiers éléments recueillis, un élève âgé de 14 ans, scolarisé en 3ème au sein du collège, est entré dans l’établissement avec un fusil de chasse dissimulé dans un étui à guitare. Peu après 9 heures, le collégien a tiré à une ou deux reprises dans les espaces communs du 1er étage, blessant le principal et une professeure, présents dans le couloir. Touchés tous les deux aux membres inférieurs, ils ont été transportés à l’hôpital, sans pronostic vital engagé. Le collégien s’est ensuite rendu au 2 étage, et a tiré à deux reprises, une première fois devant une professeure en direction du sol, et une deuxième fois à l’intérieur d’une salle de classe occupée, le tir atteignant le tableau. Les deux professeures , ainsi que les élèves, n’étaient pas blessés mais fortement choqués.»

    L’auteur parvenait à être maîtrisé alors qu’il redescendait dans les escaliers par un membre du personnel de l’établissement avant d’être interpelé et placé en garde à vue. Les élèves ont été mis en sécurité et ont pour la plupart rejoint leurs familles.

    Le parquet de Marseille a immédiatement saisi l’AVAD (association d’aide aux victimes), qui s’est rendue sur place.

    Alors que sa fille vient de sortir de l’enceinte du collège Lakanal, un parent affirme être « rassuré », malgré le fait qu’il soit indigné du fait qu’un enfant puisse avoir une arme entre les mains. « Visiblement il va falloir renforcer la sécurité ? C’est fou qu’à 14 ans, peu importe la raison, on puisse avoir une arme et l’idée de tirer sur son proviseur ou sur sa professeur ».« Je pense qu’avec l’accès à internet, l’IA et les fausses informations, les enfants ne peuvent pas discerner le vrai du faux. et si les parents ne peuvent pas être derrière leurs enfants, l’Etat devrait être là pour nous aider, nous les parents. Mais ce qu’il faut surtout c’est que nos enfants soient protégés et que ça n’arrive plus du tout ».

    Il évoque également une société de plus en plus violente : « Je suis plutôt en colère. Avant, excusez moi du terme, il y avait une bagarre on se mettait sur la gueule. Maintenant vous prenez un coup de couteau ou un coup de fusil. Aujourd’hui on ne discute plus on n’échange plus, on est directement dans l’affront, et je trouve que c’est dommage ».

    Sa fille, dans l’établissement au moment des coups de feu, n’a pas vu la scène mais malgré tout aperçu « une flaque de sang » au moment de rejoindre les autres élèves dans la cour.

    Procureure adjointe, Audrey Jouaneton s’exprime devant le collège Lakanal et apporte de la nuance aux différentes informations qui circulent : « les investigations démarrent, les constatations sont toujours en cours. Pour l’heure, nous n’avons que des informations parcellaires ».Elle revient ensuite en détail sur le déroulé de la matinée : « Un collégien, aux alentours de 9h25, est entré dans l’établissement. Il est âgé de 14 ans et est en classe de 3e. Il est entré avec un étui à guitare dont il a, manifestement, sorti une arme, un fusil long de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement. Au premier étage, il a tiré en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. On ne sait pas encore s’il les a visés mais en tout état de cause, elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs. Les victimes n’ont pas encore pu être entendues ». Elle continue le récit : « Il a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Il a continué pour la deuxième séquence : il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié. L’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression ».La procureure adjointe insiste sur la précaution à prendre pour le moment sur les raisons de cet acte : « En l’état des investigations, les témoins et victimes n’ont pas été entendus. Pour l’heure, l’élève ne se serait pas exprimé. Il y a toute une série d’hypothèses qui vont être étudiées par les enquêteurs. Tout va être analysé mais le mobile n’est pas encore établi à l’heure qu’il est ».

    Dans un communiqué, la FSU 13 adresse «Tout son soutien à l’ensemble des personnels (enseignant·es, AESH, CPE, AED, infirmièr·e de l’Éducation Nationale, assistant·e social·e, administratifs, agent·es de la collectivité, personnel de direction) dans cette épreuve. Elle envoie tous ses vœux de rétablissement au principal et à la professeure blessés. Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. Le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal. L’École mérite mieux que des effets d’annonce, au niveau ministériel tout comme au niveau des collectivités territoriales. L’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels. L’enquête judiciaire devra déterminer les causes du passage à l’acte et la justice doit pouvoir faire son travail en toute indépendance. La FSU 13 réclame des moyens urgents pour l’Education Nationale. Alors que le budget 2027 prévoit nationalement la suppression de 1500 postes d’enseignant·es titulaires, et la création de seulement 304 postes d’infirmières et assistantes sociales, les besoins sont tout autres. Dans les Bouches-du-Rhône, il faudrait plusieurs centaines postes d’infirmières, de postes d’enseignant·es dans les écoles, les collèges et les lycées.

    C’est en partie pour ces raisons que la FSU 13 appelle à la grève et manifestation demain.

    Le collège Lakanal se remplit à nouveau avant l’arrivée des ministres. Le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jeremy Bacchi est présent. De nombreux autres élus, comme Martine Vassal, et représentants d’institutions sont aussi là.

    La réaction de Nicolas Isnard : « Rien ne peut justifier une telle violence »« Après les graves événements survenus ce matin au collège Joseph-Lakanal d’Aubagne, je veux exprimer tout mon soutien aux personnels blessés, à leurs proches, ainsi qu’à la communauté éducative de l’établissement, aux élèves, à leurs familles et aux élus d’Aubagne qui affrontent cet événement avec courage et dignité.

    L’école de la République doit rester un lieu de savoir, de transmission et de sécurité. Rien ne peut justifier une telle violence à l’encontre de celles et ceux qui ont pour mission d’éduquer nos enfants.

    Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    C’est au tour du Président de la République, Emmanuel Macron de réagir dans une publication, postée sur X : «Au principal et à l’enseignante blessés ce matin dans un collège à Aubagne, aux élèves et aux parents sous le choc, j’adresse ma pleine solidarité et mon total soutien», a-t’il d’abord écrit. Avant de poursuivre : «Je salue le sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative, qui a permis d’éviter le pire».

    En micro tendu à la sortie d’une visite au sein de l’établissement, Laurent Nunez, ministre de l’intérieur explique qu’il « était important de venir témoigner le soutien du gouvernement. Pour la partie qui me concerne, c’est la brigade criminelle qui a été saisie, c’est dire la gravité des faits ». Il rappelle que les investigations sont en cours et que des perquisitions sont en cours mais que la plupart des auditions n’ont pas encore eu lieu.

    Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale explique que « cet acte criminel a une résonance particulière ». Il cite notamment « la semaine de commémoration des assassinats de Samuel Paty et Dominique Bernard » même si « le contexte n’a rien à voir ». « Il faut mesurer ce que signifie qu’un élève commette un acte criminel. Pour nous, venir ici c’est rappeler que nous sommes une communauté éducative. C’est comme un corps : quand on touche une partie du corps, tout le corps réagit », explique-t-il, sur le parking devant l’établissement.

    Avant de marteler : « On doit apporter une réponse sociétale. L’école ne peut pas tout, elle ne peut pas traiter de la grande violence. On doit avoir une réponse collective »

  • Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    Les « fiches poissons » de La Marseillaise à la rencontre du public

    « Oui, oui, lui je le connais. Ma mère en prépare ! » lance joyeusement Assia, 9 ans en pointant le labre. L’élève de l’école d’Air Bel (11e) est venue visiter le Village des sciences avec sa maîtresse. Daniela Banaru, maîtresse de conférences à Aix-Marseille université, se prête avec enthousiasme au jeu de la découverte auprès des enfants.

    Au mur, une multitude d’articles « entretien » dédiés aux poissons réalisés pour La Marseillaise en collaboration avec la scientifique, Christian Qui, chef cuisinier, les pêcheurs du Vieux-Port, Chimène Voronkoff pour les illustrations et Marie-Laure Thomas pour les enquêtes.

    « Qui es-tu ? D’où viens-tu ? Quand te consomme-t-on ? Et comment te mange-t-on ? » : telles sont les quatre questions posées chaque semaine à une espèce différente, en fonction de sa saisonnalité. L’idée était de sensibiliser à la diversité des poissons frais, sources de protéines accessibles, disponibles sur les étals du Vieux-Port. Toutes les espèces présentées ont été observées à la vente au marché aux poissons au fil des mois.

    « Fielas, sardines, calamars, poulpes ou encore daurade… Nous avons plus 263 espèces en Méditerranée. Certaines sont davantage pêchées que d’autres, ce qui entraîne parfois leur raréfaction, voire leur disparition », explique Daniela Banaru le doigt sur les articles plastifiés.

    Les enfants témoignent en avoir déjà mangé, mais aussi « en avoir vu nager en mer ». La Grande bleue leur est familière. Eden s’exclame : « Il y en a même un qui m’a mordu ! » « Ça doit être un baliste, ce n’est pas bien méchant », le rassure la scientifique. À côté, Naïssa se renfrogne : « Mais moi, je ne sais pas nager. » Des jeux permettent également de mieux appréhender la faune et la flore marines. Le stand, aux couleurs vives, enthousiasme les enfants. On y croise même le spécialiste du crabe bleu, Guillaume Marchessaux, intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer cette espèce invasive.

  • [Billet] Un mouvement de libération est né…

    [Billet] Un mouvement de libération est né…

    On les disait atones, rivés à leur portable, fascinés par les influenceurs. Les voilà dans la rue, par dizaines de milliers. Pour une école qui leur ouvre un autre avenir que celui préparé par Macron, Lecornu et leurs prédécesseurs.

    Cette révolte est un mouvement de libération. Une jeunesse refuse une école délabrée, la concurrence qu’incarne Parcoursup, la précarité et le carcan des besoins du marché, où seule une partie trouvera son compte.

    Dans le secondaire public, 15 millions d’heures de cours ne sont pas remplacées, jusqu’aux classes de brevet ou de bac. Autant d’apprentissages interrompus, d’élèves abandonnés à leurs difficultés. Et toujours cette injonction : être « les meilleurs » pour échapper au chômage et aux boulots « bullshit ».

    La réponse de Sébastien Lecornu, avec l’aval du président ? Réduire de 200 millions d’euros net le budget de l’Éducation nationale et supprimer plus de 1 588 postes d’enseignants ! Au nom d’une dette dont Macron est responsable et comptable, qui pénalise la France mais rapporte chaque année plus de 60 milliards aux créanciers privés, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.

    Les lycéens ont compris le message : faute de professeur, ce sera encore la permanence ou la cour. Moins de cours, alors qu’on annonce un durcissement des conditions d’obtention du bac, notamment en orthographe.

    Le 17 septembre, les élèves du lycée Antoine-de-Saint-Exupéry, à Créteil, dans le Val-de-Marne, ont exprimé leur refus de ce scenario. Ils ont bloqué leur établissement. Lecornu a répondu par l’envoi de policiers de la BAC, armés de matraques et de Flash-Ball. Traités en délinquants, les jeunes Cristoliens ont reçu le soutien d’autres lycées, mobilisés contre ces violences et contre leur propre sort.

    Le gouvernement se comporte en maltraitant : il abuse de son pouvoir, frappe à l’aveugle, inflige des blessures disproportionnées. Main arrachée, mâchoire fracturée, œil énucléé : des adolescents mutilés à vie. Mais Macron et Lecornu ont échoué à étouffer les revendications par la peur et à retourner l’opinion contre les lycéens. Les parents se sont indignés.

    Selon Elabe pour la MAE, « 80 % des parents se disaient inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants ». Selon l’IFOP pour Elle, 66 % des 15–17 ans sont anxieux face à l’avenir. Et, selon Ipsos, en janvier 2025, 70 % des jeunes de 20 ans jugent le travail plus stressant qu’épanouissant. Des alertes ignorées par Macron et ses gouvernements.

    Mardi, sous la pression lycéenne et populaire, Sebastien Lecornu évoquait « l’ouverture de discussions, « de possibles rallonges budgétaires », et une réflexion sur « Parcoursup », cette machine à produire des inégalités. Ces trop vagues annonces ne répondent pas aux besoins des lycéens, ni à l’inquiétude de nombreux parents

    Le même jour, Marine Le Pen promettait aux marchés financiers 140 milliards d’économies le temps d’un mandat présidentiel notamment en réduisant les dépenses publiques, notamment l’éducation, pour payer les agios de la dette.

    Toujours mardi, Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, présentait des propositions immédiates à engager pour l’éducation : un professeur toujours présent dans chaque matière, la suppression de Parcoursup et de Mon Master, la restitution aux collectivités des 7 milliards spoliés dans le projet de budget pour entretenir le patrimoine éducatif, etc.

    Puis, il a formulé son projet : « Je veux une école et une université de la réussite pour chacune et chacun. » Il prône un « pacte républicain pour la jeunesse et l’éducation »

    Il entend faire de la jeunesse et de l’éducation une grande cause nationale pour les 20 prochaines années engageant toutes les forces vives de la Nation : « C’est l’horizon d’une génération scolaire entière. C’est le temps nécessaire pour inscrire notre action dans la durée et permettre aux jeunes d’en mesurer les effets tout au long de leur parcours ».

    « Ce pacte engage la capacité des jeunes à construire leur vie et celle du pays à réparer la France et relever les défis du siècle » a souligné Fabien Roussel. « Donner à un jeune, quel que soit son milieu, les moyens concrets d’être hautement cultivé et hautement formé, c’est lui donner les moyens d’être libre. Libre de choisir sa voie et de décider de sa vie. » a-t-il insisté ajoutant : « Une jeunesse forte c’est l’assurance d’une France forte ».

    Cette ambition pour la jeunesse est l’un des piliers du « pacte populaire de confiance et de progrès » que nous voulons construire et mettre en œuvre avec le peuple de France » a-t-il annoncé.

  • Rassemblés pour le droit des femmes à Aix

    Rassemblés pour le droit des femmes à Aix

    « Les CRS nous ont protégés du Maquis », rapporte l’une des associations du Cercle. Le député et élu d’opposition de gauche Marc Pena (PS) était présent. Organisé en cercle et dans le silence, le rassemblement affichait sa solidarité avec les droits des étrangers, et plus particulièrement avec ceux des femmes à travers le monde.

  • [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    [#DisMoiPourquoi] à quoi servent les mouches ?

    Marina, 13 ans, en 4e au collège du pays de Banon

    Personne ne s’en doute, mais je peux te dire que les mouches ont une très grande utilité dans la nature car elles recyclent la matière organique morte. Tu as remarqué que grâce à leur odorat très développé, elles sont attirées très vite par tout ce qui est très odorant : les crottes d’animaux, les cadavres, la viande, les fruits, etc. Chaque espèce de mouche (et il y en a des centaines de milliers) a son propre régime alimentaire.

    Les adultes pondent dans la matière organique de minuscules œufs qui vont éclore sous la forme de vers (les asticots). Ces vers sont très voraces et ingèrent une quantité énorme de nourriture par rapport à leur taille. Ils transforment ainsi ce qui est mort en matière vivante. Ils sont comme les mouches adultes très très nombreux et constituent ainsi la base alimentaire de nombreux prédateurs (oiseaux, batraciens, petits reptiles, chauves-souris et une multitude d’insectes et araignées).

    Les mouches sont donc indispensables au fonctionnement de la nature, par leur capacité à recycler la matière organique morte et en servant de garde-manger à d’innombrables animaux. Vive les mouches ! »

    Jérôme ORGEAS Maître de conférences en écologie et entomologiste à Aix Marseille Université et à l’Imbe.

  • L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    L’ex-maire d’Istres, François Bernardini, fait appel

    Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu l’ex-maire d’Istres, 73 ans, coupable de détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, le condamnant à deux ans de prison ferme, 200 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, le mercredi 7 octobre, à l’issue d’un procès tenu en juin dernier. Ce dernier devant effectuer sa peine sous bracelet électronique. Mais François Bernardini (DVG) a décidé de faire appel, ont indiqué ce week-end nos confrères de La Provence.

    L’ex-élu était mis en cause pour avoir intégré dans les effectifs de la mairie deux collaborateurs alors qu’ils travaillaient dans une association et en tant qu’entrepreneur. Deux emplois considérés comme fictifs. Autre reproche judiciaire : l’omniprésence de deux cabinets d’architectes dans l’attribution des marchés publics.

    Les maîtrises d’œuvre du complexe nautique d’Entressen et de la salle polyvalente communale La Grange ont ainsi été considérées comme irrégulières par les juges. Pour ce qui est du favoritisme sur un marché de location de voitures, François Bernardini a été relaxé, ainsi que pour la construction de la cité administrative que d’aucuns jugeaient pharaonique.

    D’autres condamnés

    lui emboîtent le pas

    Le ministère public avait requis à son encontre quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme, 80 000 euros d’amende, la confiscation d’un appartement, l’interdiction définitive d’exercer une fonction publique et cinq ans d’inéligibilité.

    Pour mémoire, l’ancien leader du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, dont il est exclu en 2001, avait déjà été condamné à 18 mois de prison avec sursis et une peine d’amende, en 2002, pour des faits de détournement de fonds publics, abus de confiance et abus de biens sociaux, après avoir là aussi fait appel puis saisi la Cour de cassation.

    Également reconnus coupables par le tribunal correctionnel de Paris, son ex-directeur général des services, Nicolas Davini, Philippe Colonna, fondateur de la Savim, et Frederik Rill, architecte, ont aussi fait appel, précisent nos confrères. Le premier a été condamné à trois ans d’emprisonnement avec sursis et à 100 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité, trois ans d’exclusion des marchés publics et d’interdiction d’exercer une fonction publique, avec sursis. Le second a écopé de deux ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende, trois ans d’inéligibilité et cinq ans d’interdiction d’exercer une fonction publique pour recel de détournement de fonds publics concernant son emploi fictif. Enfin, le troisième, a été condamné à 50 000 euros d’amende pour recel. Il est également exclu de marchés publics pour trois ans avec sursis.

    À noter que l’ancienne première adjointe, Nicole Joulia, a quant à elle été relaxée.

  • [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    La Marseillaise : Quelles sont les conclusions de ce sondage Opinion Way sur la faim en France ?

    Hélène Quéau : On a des constats assez durs : 13% des adultes Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. Au-delà de ne pas pouvoir manger suffisamment, 39% des personnes disent se restreindre sur leur choix alimentaire. Pour 80% d’entre eux, cela s’explique par des raisons financières, mais ça peut aussi venir de l’absence de choix autour de soi. À Marseille, dans les quartiers Nord, l’offre alimentaire est hyper limitée. Il y a donc des enjeux de déplacements et on connaît aussi les répercussions que la faim entraîne sur la santé : augmentation de l’obésité, des maladies liées à l’alimentation, et effets sur la santé mentale et la capacité à déployer d’autres actions pour sortir de cette situation.

    Et à Marseille ?

    H.Q. : Un des sujets, avec la précarité alimentaire, c’est qu’il n’y a pas de mesure systématisée : c’est pour ça qu’on a lancé ce sondage. À Marseille, un nombre important de personnes fréquentent l’aide alimentaire, le public est très diversifié. Pour chiffrer, on a étudié la vie en squat à Marseille, notamment dans les copropriétés dégradées des quartiers Nord. On estime que 6 000 adultes sont concernés, un chiffre qui grimpe beaucoup avec les enfants. 14% de ces personnes présentent une faim sévère et 50% une faim modérée. à cela s’ajoutent des travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux dans les files de l’aide alimentaire, des retraités… Cette diversité dans les profils de bénéficiaires rend complexe la réponse et prouve qu’il faut regarder à la racine, au niveau des aides sociales, des retraites et de l’inflation qui s’est installée sur les fruits et les légumes.

    Pourquoi reconnaître une valeur constitutionnelle au droit à l’alimentation, déjà inscrit en droit international ?

    H.Q. : Ce droit garantit l’accès à une alimentation non seulement suffisante, mais aussi saine et durable. La France a signé de nombreux traités internationaux à ce propos, mais au vu des chiffres, ce droit n’est pas complètement respecté. Le système d’aide alimentaire ne suffit pas. Il faut des moyens pour qu’on ait plus de choix, pour que les gens qui arrivent dans l’aide alimentaire puissent retrouver un accès autonome, pour que les agriculteurs aient un revenu qui soit suffisant. En plus, on gagnerait de l’argent. Les collègues du Secours catholique chiffrent les coûts de l’inaction à 19 milliards d’euros par an*.

    Quel est l’objet de la campagne de mobilisation lancée par Action contre la faim ?

    H.Q. : On veut un cadre clair pour réaffirmer le droit à l’alimentation, mais aussi pour activer tous les leviers possibles pour le garantir. Du côté des politiques publiques, la loi-cadre pourrait clarifier le rôle d’une politique agricole qui assure une production qui n’impacte pas trop la santé et l’environnement, qui couvre les besoins, qui offre du choix et qui réfléchit au renouvellement des générations agricoles. Le second volet concernerait les politiques sociales, avec un accès au logement qui permettrait un budget dont l’alimentation n’est pas une variable d’ajustement, un accompagnement des jeunes vers l’emploi et une tarification sociale à la cantine, par exemple.

    * Étude « L’injuste prix de notre alimentation »

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.

  • Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Gaëlle Privat, l’architecte qui dessine les montagnes alpines

    Elle n’aurait pas parié dessus, et pourtant, les dessins de paysages alpins de la Guillestrine Gaëlle Privat ont depuis quelques mois un petit succès. En parallèle de son travail d’architecte dans son cabinet à Eygliers, la jeune femme de 34 ans dessine, entre autres, les montagnes des Hautes-Alpes qu’elle aime tant. Ses œuvres se vendent sur son site internet et sont régulièrement exposées dans le département et aux alentours. Jusqu’à mi-octobre, elles sont même l’objet d’une exposition à la Librairie des Alpes, à Paris.

    Gaëlle Privat a grandi à Nîmes avant de bouger : son père, militaire, était régulièrement muté. Elle a ensuite passé beaucoup de temps à Paris, où elle a étudié, puis débuté sa carrière en travaillant pour des marques de luxe, notamment Dior. Petite, ses parents l’emmenaient skier à Vars (Hautes-Alpes). Quelques années plus tard, elle prenait le train de nuit, chaque semaine, pour rejoindre son ex-compagnon : « Je ne sais pas si c’était lui, ou bien le territoire que j’aimais tant ! » Elle a ensuite redécouvert Guillestre avec son regard d’architecte et s’y est installée, persuadée d’avoir trouvé sa place.

    30 à 80 heures de travail

    « Le dessin, ça a toujours été mon truc, j’étais douée. C’est héréditaire, mon père dessinait bien. Même si petite, je n’aimais pas ça ! » Au début, ses dessins étaient personnels, dans des carnets de voyage. Elle s’est lancée il y a deux ans dans le dessin de montagne, après qu’on lui a proposé par hasard de monter une exposition : « Ces dessins de montagne n’existaient pas encore ! J’ai monté l’expo en trois jours et on a eu que des retours positifs. Enfant, j’avais un monde intérieur très riche, je me sentais très proche de la nature. Le paysage montagnard représente un peu ça. »

    Depuis, elle dessine les sommets du département à partir de ses photos. Passion qui lui permet de retrouver une part de créativité qui lui manquait un peu en architecture, bien qu’elle adore son métier. Pour ses grands dessins en noir et blanc, il faut compter 30 à 80 heures de travail. « Je suis à la recherche de véracité : c’est comme un portrait, si on se loupe sur un trait, ça ne fonctionne pas. » La série plaît particulièrement « aux guides, aux anciens, aux alpinistes ». Elle réalise aussi une autre série en crayons de couleur, plus « freestyle » et à la mode. « Je n’aurais jamais pensé que ça marcherait autant, confie-t-elle. J’ai perdu mon petit frère dans un accident de surf, l’année dernière, et je suis certaine qu’il est derrière toute cette chance. »

    Agathe Di Lenardo

  • À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    « Ce show musical n’a rien de neutre. Il revisite l’histoire française à travers une grille conservatrice et réactionnaire », peut-on lire sur l’un des tracts distribués devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Ce dimanche soir, La Dame de Pierre était à l’affiche. À l’appel de la CGT Spectacles, une trentaine de militants issus d’organisations antifascistes, syndicales et associatives se sont donc mobilisés deux heures avant le début de la représentation afin d’« informer » les spectateurs du « révisionnisme » qu’ils estiment véhiculé par le spectacle.

    Cette représentation musicale, qui propose de revivre « les grandes heures » de la cathédrale Notre-Dame de Paris, est en partie soutenue par le Fonds du Bien Commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. Selon le tract distribué par les manifestants, son metteur en scène serait par ailleurs « réputé proche de l’Action française ».

    « Ce n’est pas un spectacle comme les autres, ça distille des idées d’extrême droite, une ode à Marie. Ce n’est pas neutre », affirme Magali Braconnot, de la CGT Spectacles. Un second volet motive la mobilisation : celui du respect du « droit du travail ».

    « Fragilisés »

    L’an passé, une mobilisation avait déjà été organisée au même endroit pour dénoncer ce spectacle. Un signalement de la CGT Spectacles avait alors été transmis à l’Urssaf et à l’Inspection du travail. « 120 bénévoles étaient présents. Mais la loi l’interdit sur des spectacles dont l’entrée est payante. Au mois de juin dernier, on s’est rendu compte que ça avait fonctionné : il n’y a plus que des pros maintenant », précise Magali Braconnot.

    Elle poursuit : « Ils sont fragilisés. Ils ont 2,5 millions de déficit et ne savaient pas s’ils allaient continuer la tournée », selon la CGT, une seule tournée est programmée en octobre, trois dates auraient été annulées et une seule représentation, contre deux l’an dernier, est prévue à Aix-en-Provence.

    Le tout dans un contexte de restriction budgétaire dans le secteur culturel. « Là où le service public se rétrécit, les privés s’engouffrent : ils mettent leurs sous, mais avec leur idéologie. Ce n’est pas possible. »

    L’action de l’année dernière « avait été éclairante. Certains découvraient ce qu’ils allaient voir », souligne Claudie Hubert, pour le Collectif aixois contre l’extrême droite. À l’issue de la représentation de l’an dernier, une spectatrice avait adressé un témoignage aux organisations mobilisées. Elle y dénonçait notamment une représentation de la Révolution française qu’elle jugeait historiquement trompeuse, en contradiction avec ce que son enfant avait appris à l’école. « Aujourd’hui, il voyait un spectacle où la Révolution française détruit les églises dans la violence en disant : “Dieu n’existe plus”. C’est une déformation de l’histoire ! »