Category: societe

  • Nouvelle cyberattaque contre des grandes enseignes

    Nouvelle cyberattaque contre des grandes enseignes

    Quelque 15 enseignes, sur les 700 détenues par le groupe Carrefour en Belgique ont été touchées par cette attaque, similaire à celle intervenue récemment en France, qui a provoqué une remontée des températures dans les installations frigorifiques, a affirmé Mich Vergauwen, porte-parole du groupe Carrefour.

    Quelques dizaines de magasins Delhaize, une quinzaine d’Intermarché et cinq magasins du groupe belge de distribution Colruyt ont également indiqué à l’AFP avoir été concernés par des incidents similaires, dans la nuit de dimanche à lundi, sans toutefois confirmer qu’il s’agissait d’une cyberattaque.

    « En raison de cyberattaques, il n’y aura aucun produit dans les rayons réfrigérés et congélateurs », pouvait-on toutefois lire lundi matin sur une affichette apposée sur la vitrine d’un réfrigérateur d’un magasin Delhaize situé à Boortmeerbeek, à quelque 30 km dans le nord-est de Bruxelles. Le groupe Ikea a précisé de son côté que les installations de son magasin à Mons (sud de la Belgique) avaient été la cible d’une cyberattaque, mais qu’aucune autre enseigne de l’enseigne suédoise n’avait été affectée. « Vers 03h du matin, la température des congélateurs a augmenté soudainement », a précisé à l’AFP Colombine Nicolay, porte-parole du groupe Ikea. L’impact en Belgique est toutefois resté limité, tant dans les enseignes Carrefour que celles d’Intermarché, ont assuré à l’AFP leurs porte-paroles. L’ouverture des magasins concernés n’a ainsi pas été affectée par cet incident. Peu de marchandises ont été jetées, a également assuré le porte-parole d’Intermarché en Belgique, soulignant que dans certains magasins le réapprovisionnement avait pu parfois se faire avant même l’ouverture.

    En Suède, plusieurs supermarchés ont constaté une hausse spectaculaire de la température dans leurs réfrigérateurs et leurs congélateurs lundi matin, les contraignant à jeter des denrées alimentaires avariées. Ces incidents, qui se sont tous produits dans la nuit de dimanche à lundi, rappellent ceux intervenus en France dans la nuit du 12 octobre. Des centaines de supermarchés français avaient alors été victimes d’une cyberattaque « inédite » visant leurs installations frigorifiques, suscitant des craintes en matière de sécurité alimentaire. Au moins 300 points de vente Intermarché/Netto, moins d’une centaine du réseau de Coopérative U, « plusieurs magasins » du groupement E.Leclerc, 80 supermarchés Carrefour et une trentaine de Monoprix avaient été concernés par cette attaque.

  • À Marseille, ces collégiens qui prennent en main leur santé mentale

    À Marseille, ces collégiens qui prennent en main leur santé mentale

    Au collège Roy d’Espagne ce lundi après-midi, un petit groupe d’élèves se serre entre les tables et les fauteuils que compte la petite salle qui donne sur la cour du collège. Tous élèves de 5e, 4e et 3e dans l’établissement, ils se sont rassemblés pour présenter « la Bulle », un lieu dédié au bien-être et à la santé mentale des élèves. « On a tout juste commencé à aménager le local. Il n’est pas terminé et pas encore ouvert aux élèves, mais on discute tous ensemble de la forme que va prendre la Bulle », introduit Eva, membre du projet et élue au conseil départemental des jeunes.

    Une « bulle » pour parler

    Si la quinzaine de collégiens à l’origine du projet évoque le besoin d’un canapé et d’occultants pour les fenêtres, c’est pour faire de la Bulle un endroit intimiste, « où chacun puisse venir parler de ses problèmes ». « La Bulle est là pour écouter ceux qui n’ont pas forcément quelqu’un pour les écouter, entre jeunes, car on n’ose pas toujours en parler aux adultes », résume Marie, une des protagonistes du projet. Un lieu d’écoute mis en place par les collégiens et pour les collégiens, qui tiennent à souligner que La Bulle n’est pas centrée exclusivement sur le harcèlement, mais bien sûr le bien-être au sens large.

    « On a pu remarquer que les élèves se braquent quand on parle de harcèlement », fait remarquer Marie. Ses amies, Jade et Iliana, craignent que catégoriser la Bulle comme un lieu de lutte contre le harcèlement ne « bloque les élèves ». « C’est un endroit dédié à la santé mentale des jeunes, pour parler des problèmes familiaux aussi », affirment les deux collégiennes. Amine, membre du collectif et ambassadeur du dispositif pHARe, appuie sur l’importance de faire perdurer la Bulle pour les prochaines générations. Les collégiens assureront des permanences aux récréations du matin et de la pause méridienne, pour discuter avec les élèves dans le besoin, et traiter les petits mots déposés anonymement dans la « Boîte à Maux », une initiative du Département pour prévenir le mal-être et le harcèlement scolaire.

    Des professeurs du dispositif pHARe épauleront les jeunes en apportant leur aide pour jauger de la gravité des problèmes recueillis, et rediriger les collégiens vers des adultes compétents pour trouver des solutions. Christine Thomas, principale du collège Roy d’Espagne, se félicite « d’un espace qui émane directement des élèves ». Elle précise que « les élèves eux-mêmes ont été formés pour savoir comment réagir ». « J’espère que ce projet pilote fera des émules », s’enthousiasme la conseillère départementale Laurenge Angeletti, déléguée au bien-être et à la santé alimentaire des collégiens. « Les élèves se saisissent eux-mêmes d’un problème qui les concerne avant tout, et j’aime à croire que c’est parce qu’ils ont compris que la collectivité dans son ensemble s’intéresse à eux. »

  • La pétition pour interdire CNews dépasse les 500 000 signatures

    La pétition pour interdire CNews dépasse les 500 000 signatures

    Selon le règlement de l’Assemblée, un débat dans l’hémicycle peut être organisé sur un rapport relatif à une pétition signée par plus de 500 000 personnes. Pour cela, une commission doit auparavant se prononcer en décidant de la classer ou de l’examiner, élaborant alors ce rapport.

    L’organisation d’un débat passé ce seuil n’est donc pas systématique.

    Une précédente pétition contre la loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre avait dépassé la barre des 500 000 signatures mais a été classée par les députés membres de la commission des Lois en juillet.

    Lancée en juin, cette pétition demandant la fermeture de CNews a vu le nombre de ses signataires fortement augmenter fin octobre, alors qu’elle se situait à moins de 100 000 signatures numériques.

    « Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique », a réagi CNews, sollicitée par l’AFP.

    La chaîne du groupe Canal+, dans le giron du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré, est régulièrement accusée de promouvoir les opinions et les thèmes d’extrême droite, ce qu’elle conteste en assurant défendre la liberté d’expression.

    « CNews n’est pas une chaîne d’information. C’est une machine de propagande », est-il écrit en introduction de la pétition, lancée par un particulier.

    Ces accusations ont pris plus de vigueur après l’attentat raciste de Trappes le 23 octobre, dans lequel un Français de 39 ans, Kévin T., est soupçonné d’avoir tiré délibérément sur « des personnes […] de type musulman ou africain ou nord-africain », selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen.

    Débat à gauche

    Une partie de la gauche, à l’instar du maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé les médias, et en particulier CNews, d’avoir une responsabilité dans cette attaque, en donnant trop de place sur leurs antennes aux discours stigmatisant les immigrés ou les personnes issues de l’immigration. Le député insoumis Thomas Portes, fait de la fermeture de cette chaîne « une priorité ». Une chaîne « dangereuse », selon lui, qui « diffuse à longueur d’antenne et tourne en boucle sur des thématiques racistes de l’extrême droite ». Il demande à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet d’inscrire la pétition à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. La demande d’interdiction ne fait pas l’unanimité à gauche, le sénateur écologiste Yannick Jadot considère qu’« il faut un arsenal répressif beaucoup plus dur », mais « je ne veux pas par principe interdire CNews parce que ça appartient à un milliardaire xénophobe », a-t-il argumenté sur le plateau de France Info.

    CNews avait été mise en demeure en juin dernier par le régulateur de l’audiovisuel (Arcom) de corriger un « déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion » sur son antenne, notamment « sur la menace que représenteraient l’immigration et l’islam pour la société française ».

    Les équipes de CNews, et plus particulièrement de l’émission « 100% Frontières », une déclinaison du journal d’extrême droite éponyme, ont régulièrement été la cible de l’hostilité de manifestants dans les mobilisations sociales et lycéennes ces derniers jours, des images que la chaîne rediffuse dans ses émissions.

    Le siège parisien de CNews et d’Europe 1 a aussi été pris pour cible par une centaine de personnes le 17 octobre au début d’une journée d’action nationale marquée par des violences, des actes « d’intimidation » dénoncés par les deux médias dans le giron de Vincent Bolloré. Une pétition pro-CNews pour contrer la première a été lancée il y a quelque temps, mais elle plafonne à 30 000 signatures.

  • [Entretien] « L’Aide sociale à l’enfance ne tue pas, c’est le manque de moyen »

    [Entretien] « L’Aide sociale à l’enfance ne tue pas, c’est le manque de moyen »

    La Marseillaise : Comment analysez-vous la crise que traverse la protection de l’enfance ?

    Véronique Sanchez : C’est structurel. Toutes les strates qui gravitent autour du secteur sont touchées : le médico-social, la santé, l’école, mais aussi la police, la justice… À Grenoble, là où je travaille, la vice-procureure qui s’occupe des mineurs a un service de deux personnes. L’Aide sociale à l’enfance (ASE) n’intervient que quand il y a une mesure de justice. Mais ces mesures mettent parfois des mois à être exécutées parce qu’il manque des places dans les familles d’accueil, dans les foyers. C’est pareil pour la prévention. Quand on fait un signalement et qu’il y a des actions éducatives en milieu ouvert, les délais peuvent atteindre plus d’un an. C’est intenable. L’État joue un jeu très dangereux par rapport à ça, qui est celui de la culpabilisation individuelle : pour Lyhanna c’est le procureur d’Auch qui avait mal fait son boulot. On pointe toujours un maillon, mais si on ne sécurise pas tous les maillons de la chaîne, ça ne peut pas fonctionner.

    Sentez-vous aujourd’hui une prise de conscience, notamment après l’affaire Lyhanna ?

    V.S. : Je vois un gros accélérateur avec l’affaire Lyhanna, qui a suscité une vive émotion. Les citoyens s’emparent de plus en plus de la question de l’enfance. On peut se réjouir du parcours de la loi intégrale. Notre rôle est de transformer l’émotion en politique. Au PCF, ce qu’on propose pour qu’on arrête d’égrainer des prénoms, c’est une véritable politique de la protection de l’enfance avec un ministère de plein exercice pour plus d’équilibre entre les territoires et un volet de la prévention fort. On ne peut pas faire l’économie des moyens. Je rappelle que le budget de l’armée augmente chaque année. De l’argent il y en a, il faut la volonté politique pour aller le chercher. L’évasion fiscale représente entre 80 et 100 milliards d’euros par an.

    Comment résoudre la pénurie de travailleurs et travailleuses dans le social ?

    V.S. : 30 000 postes sont vacants dans le secteur. Il faut un plan national d’embauches, avec une revalorisation salariale. C’est une façon de reconnaître le travail qu’on fait. Aujourd’hui, dans les foyers départementaux, on constate qu’il y a un turn-over terrible. Mes stagiaires assistantes sociales, dans les 5 ans qui suivent l’obtention de leur diplôme, elles pensent à une réorientation. On en est à un tel stade qu’au lieu d’éducateurs formés on a des jeunes gens qui ont juste le Bafa. Je ne veux pas faire une généralité, mais quand même. Il y a une vraie perte de sens dans nos métiers : on nous demande de gérer des situations qui impliquent des enfants sans moyen. L’ASE ne tue pas, c’est le manque de moyen.

  • Pour la cour, ce procès de la rue d’Aubagne sera « nécessairement différent »

    Pour la cour, ce procès de la rue d’Aubagne sera « nécessairement différent »

    Lever de rideau lundi du procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne. Près de trois cents personnes ont pris place dans le calme dans cette même salle des procès hors normes à la caserne du Muy. 106 parties civiles se sont constituées au nouveau procès du drame du 5 novembre 2018 qui doit retenir la cour d’appel d’Aix-en-Provence délocalisée à Marseille jusqu’au 18 décembre.

    Caméras et objectifs ont braqué les visages de 14 prévenus revenus répondre de huit homicides involontaires, de blessures involontaires aggravées, et pour certains de mise en danger d’autrui et de soumission à des conditions d‘hébergement indignes. Les visages sont crispés, conscients que se joue ses prochaines semaines leur sort pénal définitif, avec peut-être moins indulgence qu’il y a deux ans. Une voiture aux vitres fumées débarque Amine Kessaci au procès. Le président de Marseille Habitat – la SEM de la Ville poursuivie pour l’abandon du 63 rue d’Aubagne – débarque avec ses gardes du corps fébriles. Aux familles qui viennent l’embrasser, le jeune homme dit : « C’est important d’être là et de rappeler à tout le monde que chacun doit être responsable. » L’adjoint au maire de Marseille avise la cour qu’il sera retenu aux assises pour l’assassinat de son demi-frère. « Notre démarche reste inchangée : contribuer à la recherche de la vérité, dans le respect de la justice et de la décision que rendra la cour », a-t-il posté sur X.

    « Il y a 8 ans, deux immeubles s’effondraient, entraînant au premier chef la mort de 8 personnes. Cette seule circonstance doit nous inviter à une forme de mesure », a débuté le président de la cour, Fabrice Naudé, qui sait que les débats ne manqueront pas « de susciter à nouveau des réactions ». Il balaye le trouble que peut susciter un procès d’appel dans la même salle qu’en première instance. « Cette unicité de lieu pourra donner un sentiment de déjà-vu, mais ce procès sera nécessairement différent ; différent d’abord parce que les 4 magistrats de cette cour ne sont pas les mêmes. Ils ont des profils, des expériences, des sensibilités différentes ; différent aussi car la cour est comptable de son raisonnement devant la chambre criminelle de la Cour de Cassation. »

    Appelé à témoigner avec d’autres collectifs, Un Centre Ville Pour Tous paraît aborder ce procès dans l’offensive, outrée par la mansuétude du jugement de première instance. Déjà, elle dénonce « les responsabilités politiques » dans la genèse de ce drame, « les stratégies de pourrissement du bâti pour évincer des populations précaires du centre-ville », « la connivence entre les milieux politiques et l’immobilier » que Xavier Cachard, l’un des prévenus, incarne à ses yeux.

    « Il y aura moins de pleurs et plus de rage car on pensait que les prévenus allaient montrer plus de compassion », assure Linda, la cousine de Cherif Zemar, mort dans le taudis loué par Xavier Cachard.

    « Ce procès dépasse Marseille. Il interroge la République tout entière sur sa capacité à protéger chacun de ses citoyens » a déclaré sur X, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) dont la constitution de partie civile de la Ville a été rejetée en première instance, eu égard à la mise en cause du service de la gestion des risques sous Gaudin. « L’habitat indigne n’est pas une fatalité. Il prospère lorsque la vulnérabilité des habitants devient une opportunité économique, lorsque les alertes restent sans réponse et lorsque le droit à un logement digne demeure une promesse inachevée », a encore rappelé Benoît Payan.

    Passées les batailles de procédure, les premières prises de parole des prévenus sont attendues mardi. La cour a déjà salué « la pleine disponibilité » de tous les experts convoqués « pour apporter le maximum d’éclairage sur les faits, pour la confrontation précieuse des analyses et l’échange des points de vue sur ce qui a pu se passer ou pas ».

    « Il y aura moins de pleurs et plus de rage »

  • La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    La Grande Collecte Solidaire de Jouets pour Noël de retour dans le Var

    En France, un jouet non utilisé reste en moyenne 5 ans au placard avant de s’en séparer. 27% d’entre eux finissent à la poubelle, par méconnaissance d’une autre solution. C’est en partant de ce constat, et pour offrir un Noël aux enfants qui n’en ont pas, qu’a lieu chaque année et partout en France la grande collecte solidaire de jouets. Dans le Var, sept collectivités (Provence Verte, Cœur du Var, Lacs et Gorges du Verdon, Pays de Fayence, Provence Verdon, Golfe de Saint-Tropez et le SMIDDEV) se joignent aux éco-organismes Ecosystem et Ecomaison, porteurs de l’initiative, pour l’organiser, et proposer plus de 80 lieux de collectes, confiés à des associations locales, du 1er au 30 novembre. 27 magasins, 28 bureaux de postes et 7 associations s’en font également les relais.

    Chacun est invité à y déposer ses jouets inutilisés, quels qu’ils soient : jouets électriques ou électroniques, d’intérieur (poupées, peluches, figurines, jeux de construction…), d’extérieur (draisiennes, jeux de plage, etc.), cadeaux issus de menus enfants ou de magazines, jeux de société et puzzles… La priorité : le réemploi, grâce aux acteurs de la filière (qui plus est souvent créateurs d’emplois en insertion), qui réalisent un travail de tri, de nettoyage, de remise en état et de complétion si besoin, et permettent de sauver près de deux jouets sur trois. Les jouets trop abîmés sont quant à eux recyclés par Ecomaison et Ecosystem.

    Une fois triés, les jouets en état d’usage seront redistribués par les associations partenaires, ou revendus à prix solidaires. Une belle occasion de faire un joli geste en cette période durant laquelle la solidarité compte encore davantage que le reste de l’année.

    Trouvez votre point de collecte sur www.jedonnemesjouets.fr

  • Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Les mouvements féministes en Algérie mis en lumière

    Toujours dans l’optique de favoriser l’éducation populaire, Coudes à coudes accueille à la Maison des associations*, Saadia Gacem, pour évoquer les mouvements féministes en Algérie. « Le but, c’est de discuter sur la base d’un savoir, d’une expertise, d’une problématique avec laquelle on peut ne pas être d’accord avec un apport qui vient souvent des sciences sociales, mais qui peut venir d’autres types d’experts » explique Michel Potoudis, un des membres fondateurs de l’association.

    Doctorante à l’université d’Aix-Marseille, Saadia Gacem, travaille sur le traitement judiciaire des affaires de violences conjugales dans les tribunaux à Alger nous précise cette féministe engagée. Elle présentera ce mardi son projet de création d’un fonds numérique de documents produits par les collectifs ou groupes féministes de la post-indépendance en Algérie, jusqu’à la fin des années 90.

    Des femmes toujours mobilisées

    Tracts, revues, « ce sont des documents assez rares, parce qu’ils sont devenus en quelque sorte privés gardés par les militantes car les associations ont disparu dans les années 90 », détaille-t-elle. Un pan méconnu de l’histoire algérienne, quand le Hirac a permis en quelque sorte aux féministes d’aujourd’hui de donner de nouveau de la voix.

    La quarantenaire est aussi à l’origine de la revue La Place, annuelle, bilingue arabe-français, aux Éditions Motifs, disponible dans une petite dizaine de librairies marseillaises**. « Il y a toujours des intellectuelles et des artistes femmes qui produisent, qui pensent, mais qui n’ont pas l’espace pour partager ça, parce qu’en Algérie, comme partout ailleurs dans le monde, la parole des femmes et l’espace pour les femmes est extrêmement restreint », ajoute-t-elle. Et quand on lui demande si on peut dresser un parallèle avec la situation actuelle en France, elle n’y va pas par quatre chemins : « On se dit peut-être que c’est le début d’un hirak français, on l’espère même si on voit qu’en France le pays des Lumières, on se retrouve avec une répression monstre. C’est ce qui s’est passé en Algérie. Quand un pouvoir se fragilise et se sent vraiment en danger, il y a un réflexe d’autoritarisme. On n’a jamais fini de lutter. »

    * À 18h30, au 93, La Canebière
    à Marseille (1
    er)
    ** Plus d’infos sur editionsmotifs.com

  • Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Elles sont trois femmes qui ont pour point commun la perte brutale de leurs fils, assassinés il y a six ans sur fond de règlement de compte. Trois corps retrouvés en deux temps, carbonisés, dont l’un était démembré.

    Parmi les victimes, Brahim Chabane, le grand frère d’Amine Kessaci, voix de la lutte contre le narcotrafic. Depuis l’ouverture de ce procès le 19 octobre, les débats suivaient un cours relativement fluide, jusqu’à l’arrivée de ces mères endeuillées. Face aux cinq accusés dans le box, qui jusqu’ici niaient les faits, toutes, exigent que le voile sur les dernières heures de leur enfant soit levé. Et après des récits de douleur, des accusés jusqu’ici mutiques ont livré de premières explications aux mères, mais aussi à un père, à des fratries. « Pour la première fois, dans cette audience, on a un peu réhumanisé les choses », estimait Pierre-Olivier Sûr, avocat d’Amine Kessaci.

    « Pourquoi cette brutalité ? »

    Le récit parfois coupé d’un sanglot, la mère de Nassim Loubani est la première à s’avancer pour décrire un fils aimant, travailleur. « Il me manque terriblement. » « Pourquoi cette brutalité ? », implorait à la barre la mère de Brahim Chabane, aussi mère d’Amine Kessaci, qui revient sur le choc de cette information, l’incompréhension mais aussi le combat incessant pour « sortir » son fils de mauvaises fréquentations jusqu’à se faire braquer sur un point de deal. Claire, cette mère invoque aussi la peine d’une petite-fille qui n’a plus de père. Puis, inévitablement, le deuxième coup, celui de la mort de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour, en novembre 2025. « Dans ma tête, j’ai deux morts. J’ai Brahim, j’ai Mehdi… Ils ont menacé mon fils (Amine) ! Ils ont fait l’impossible pour nous détruire », pleure-t-elle, rappelant que Medhi « était un innocent ». Puis arrive la mère de Réda Khaldi. « Je n’ai pas pu voir mon fils, je n’ai vu que son cercueil », déroule cette maman, qui a aussi perdu un mari, mort de « chagrin ». Les parties civiles ont toutes pu choisir une photo de leur proche à diffuser dans la salle d’audience. Ont défilé des selfies tout sourire, des extraits de vie quotidienne. C’est la tombe de son fils que la mère de Réda a choisi : « Voilà ce qu’il me reste de lui ».

    Dans une salle étouffante, Malik Kariba, accusé d’avoir découpé le corps de Nassim Loubani, fend le silence. « J’ai énormément de regrets ». Zakaria Bensaci enchaîne, « s’excuse d’avoir été là quand vos enfants ont perdu la vie […] Les trois ont perdu la vie au même moment ». Amine Oualane, accusé dans ce dossier d’être le relais sur le terrain de Karim Harrat et baron présumé de la DZ Mafia donne lui aussi un faisceau de réponses. Nassim Loubani ? « C’est une victime collatérale », estime l’accusé, qui apprendra aux familles que « personne n’a été torturé […] Comptez sur moi pour vous dire la vérité. Par Allah ». Quand Karim Harrat, commanditaire présumé de cet assassinat promet aux familles :« Je n’ai rien à voir ni de près ni de loin ».

    « La personne qui… »

    Une suspension d’audience, puis le premier coup de tonnerre. Zakaria Bensaci, pâle, raconte un passage dans une cité du 3e pour récupérer un « boîtier électronique », puis une rencontre avec les victimes, en vue d’une mission de vol de Mégane jusqu’à un arrêt sur Châteauneuf-lès-Martigues, première scène de crime. Alors qu’il était sur le siège passager, Nassim Loubani au volant, Réda Khaldi et Brahim Chabane dans un véhicule qui les suivait, « j’ai entendu tirer derrière moi, les portières s’ouvrir et se refermer », apercevoir un individu tirer puis ouvrir le feu sur lui et Nassim. Il prend une balle dans le bras, tente de fuir, assure qu’un individu le rattrape, l’assure qu’il ne veut pas le tuer. S’ensuit le récit d’incendie de voiture, d’une opération clandestine sur son bras blessé…« Je peux vous dire que la personne qui a tiré [sur les victimes] c’est Amine Oualane, le commanditaire c’est Karim Harrat, la personne qui a donné le boîtier c’est [Nadjim Ahamada] Mbae. La personne qui a découpé le corps, Malik Kariba », énumère Bensaci. « Merci pour sa sincérité, c’est la moindre des choses », souffle le père de Nassim Loubani. Poussé par le président, Malik Kariba admettra dans un récit long et confus s’être chargé du corps de Nassim Loubani. « Je suis pas décideur, je suis exécutant. On m’aurait dit coupe-toi le bras, j’aurais coupé, obligé monsieur », lance-t-il en expliquant avoir agi sous la peur. Lui, dira ne pas connaître ses coaccusés, ou à peine, et taira tout nom.

  • Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Contre la smicardisation, la grève le 5 novembre

    Plus de 120 secteurs professionnels ont leur niveau de rémunération le plus bas en dessous du Smic ! Une affirmation qui a de quoi étonner, puisqu’il est illégal de payer en deçà du salaire minimum en France, mais qui est pourtant bien réelle. Dans un dossier au sujet des négociations salariales paru il y a quelques jours, la CGT a même décompté pas moins de 122 branches où les minima conventionnels, c’est-à-dire la rémunération plancher d’un secteur, sont inférieurs au Smic. Parmi ces branches qui paient au rabais, certaines ont des écarts avec le Smic qui ont de quoi faire froid dans le dos. C’est le cas pour le secteur hospitalier privé dont le montant du premier niveau de salaire s’établit à 1 729,36 euros, soit 137,66 euros de moins que le Smic brut à 1 867,02 euros. Au total, 32 branches ont un écart au Smic de plus de 50 euros, ce qui concerne plusieurs millions de salariés.

    Les travailleurs de ces secteurs sont bien payés au Smic en rémunération réelle, illégalités et tours de passe-passe patronaux obligent, mais cela illustre surtout l’absence de volonté des employeurs de se pencher sur des hausses réelles de salaires. Quand le Smic est régulièrement revalorisé, les négociations salariales dans les secteurs d’activité, via ces fameuses branches professionnelles, ont bien du mal à suivre. « Tous les ans, on se retrouve rattrapé par le Smic. Plusieurs niveaux de notre grille salariale, presque la moitié, sont d’ailleurs au Smic. Quand on entre dans la coiffure, on est au Smic. Et que l’on soit coiffeur débutant, coiffeur confirmé ou coiffeur tout court », expose Nadia Mimoun, référente de la branche de la coiffure pour la Fédération CGT Commerce et Services.

    Car qui dit branches professionnelles, dit grilles salariales qui définissent les niveaux de rémunération par secteur. Et les premiers échelons de ces grilles n’augmentent pas autant que le Smic. « Les organisations patronales ne veulent pas revaloriser toute la grille de notre branche. Par exemple, il va y avoir une augmentation du Smic prochainement. Nos employeurs l’attendent pour se calquer dessus », développe Nadia Mimoun également secrétaire de l’Union Départementale CGT 13. Sauf qu’à l’arrivée, on obtient des « grilles totalement incohérentes » où la progression à des échelons supérieurs n’amène à rien. « La coiffure est la deuxième branche de France qui consomme le plus de formations : diplômes, certifications, BEP ou CAP… Mais pour se retrouver au Smic puisque tous les premiers niveaux de notre grille sont calqués dessus », développe Nadia Mimoun. D’où le terme de « tassement » des grilles de rémunérations et donc de « smicardisation » de tout un pan de travailleurs. « Un débutant ou un confirmé est payé de la même manière, c’est ce qu’on appelle le tassement des grilles », abonde la syndicaliste. Avant de dénoncer : « Un des arguments des employeurs pour refuser de revoir les grilles est de renvoyer aux Négociations annuelles obligatoires (NAO). Mais dans la coiffure, il y a 70% de très petites entreprises, où il n’y a donc pas de NAO ! S’il n’y a pas d’augmentation qui vient de la branche, ça ne vient de nulle part ».

    L’ampleur du phénomène est telle que le constat vaut aussi quand l’employeur est l’État. « Quand on entre dans la fonction publique, on arrive au premier grade qui est techniquement en dessous du Smic », expose Dominique Maccari, co-secrétaire générale de la CGT de la Métropole Aix-Marseille Provence (AMP). Une situation qui concerne « les trois versants de la fonction publique », que le travailleur officie dans un hôpital public ou dans une petite collectivité. « Pour éviter que les plus basses catégories soient en dessous du Smic, ils donnent un montant en fin d’année qui rattrape le négatif », développe la fonctionnaire. Elle y met en regard l’absence de revalorisation du point d’indice, qui est la base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, et qui est gelé depuis des années : « Vu qu’ils n’augmentaient que les plus basses catégories, et pas les autres, à un moment ça se chevauche, il y a cet effet de tassement ».

    Dans cette lignée, Lionel Zaouati, responsable régional Paca de la Fédération CGT des organismes sociaux (CAF, CPAM ou Urssaf…) évoque même une « paupérisation des deux côtés des guichets » pour son secteur. Les salariés de ces organismes sont au contact des plus précaires alors même que « 27% des salariés des organismes sociaux demandent la prime d’activité ». Et pour cause : le premier niveau de rémunération du secteur est de 55 euros en dessous du Smic. « À cause de ça, les organismes sociaux n’embauchent plus qu’au troisième niveau de rémunération », explique-t-il. Bonne nouvelle pour les nouveaux embauchés ? Pas vraiment, car cela aboutit au fait que « les agents restent plus longtemps au 3e niveau ». « J’ai 32 ans d’ancienneté et je ne suis qu’au niveau 4 », prouve Lionel Zaouati.

    « Quand
    on entre dans la coiffure,
    on est au Smic »

  • Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Aux halles de Nîmes, le changement se prépare avec les étaliers

    Institution nîmoise depuis 1884, les halles ont besoin d’un sérieux coup de neuf. Mais comment moderniser ce marché emblématique sans lui faire perdre son âme ni fragiliser les commerçants qui le font vivre ? C’est l’équation à laquelle s’attaque Vincent Bouget. Ainsi, le 12 octobre, le maire et son adjoint au commerce Emmanuel Bois ont rencontré les quelque 70 étaliers pour présenter leurs engagements.

    Première garantie : les halles resteront en régie publique, conservant leur vocation de marché alimentaire. La municipalité entend privilégier les travaux de sécurité, de mise aux normes et d’amélioration des conditions de travail plutôt qu’un coûteux projet d’embellissement. Le premier chantier concret sera la gestion des déchets, devenue un véritable casse-tête pour les commerçants. La Ville prévoit de rénover le local insalubre dès le début de l’année 2027 et de reprendre l’organisation de la collecte, confiée à un prestataire.

    Rénover sans fermer

    Le chantier le plus délicat reste celui de la rénovation générale du bâtiment. La municipalité promet de limiter les perturbations de l’activité commerciale, mais aucun calendrier ni scénario de travaux n’est encore arrêté. Autre inquiétude majeure : l’avenir des étaliers, dont les autorisations d’occupation arrivent à échéance fin 2029. La Ville souhaite examiner chaque situation pour favoriser leur maintien, sans pouvoir garantir un renouvellement automatique. « On a senti une réelle volonté de concertation et de dialogue, ça change », salue malgré tout V. Vergne, président des étaliers. Un prestataire doit être désigné d’ici la fin de l’année pour accompagner une concertation élargie. Reste désormais à transformer les engagements en décisions concrètes, dans un dossier qui concerne quelque 300 emplois. A.J