Category: societe

  • L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    Quelle limite poser à l’assistance à personne en danger ? Après des rebondissements judiciaires – deux non-lieux des juges d’instruction, un non-lieu requis du parquet général et une relaxe générale requise du parquet de Marseille au procès en juillet – un accident de plongée survenu il y a 15 ans au large de Marseille, a débouché, lundi, sur une surprise : la relaxe du directeur de plongée poursuivi pour blessures involontaires, mais la condamnation d’un équipier de la palanquée pour non-assistance. Ce dernier devrait faire appel, selon son avocat, Me Thomas Hugues.

    « Putain, j’ai percuté mes paliers ! »

    Le 27 février 2010, Patrick, 53 ans, était victime au large de Marseille d’un accident de décompression qui l’a rendu hémiplégique pendant plusieurs semaines. Il portait plainte devant les manquements et défaillances de l’organisation. Deux jours avant, ce pilote de ligne qui en était à sa 87e plongée, venait de réussir aux épreuves de niveau 3 permettant une autonomie jusqu’à 60 m de profondeur. La formation de 4 jours qu’il regardait comme incomplète et légère avait eu lieu à l’Estaque. Pour cette plongée, il avait reçu comme instruction principale de ne pas dépasser une durée totale de remontée de 15 minutes, paliers de décompression compris.

    Patrick formait une palanquée avec Martial et Roland, des plongeurs aguerris qu’il ne connaissait pas dont un – il est décédé depuis – était anesthésiste réanimateur et médecin hyperbare. Patrick était équipé d’un matériel entièrement nouveau, une bouteille de 15 litres à 200 bars, un baudrier de 9 kg de lest. La météo était très bonne. Après 6 minutes de descente, le trinôme atteint 55 m puis évolue durant 8 minutes. Vu sa consommation d’oxygène, l’ordinateur de Patrick lui indique alors de remonter. Il le fait seul, ses coéquipiers poursuivant leur plongée sans s’intéresser à lui, dira-t-il. Eux diront qu’il a juste fait signe du doigt signifiant qu’il remontait sans manifester de détresse. Arrivé à 27 m après une lente remontée, Patrick constate que son gilet stabilisateur s’est vidé. Il comprend qu’il ne pourra pas faire ses paliers de décompression. C’est à 12 m que sa remontée est subite, brutale, incontrôlée. « Putain j’ai percuté mes paliers ! », s’écrie-t-il en perçant la surface de l’eau sans avoir désaturé.

    Dans les protocoles d’urgences, il reste une ré-immersion immédiate dans les 3 minutes, mais Cédric, le directeur, n’est alors plus équipé pour plonger et il n’a pas placé de bouteille à oxygène sous le semi-rigide comme c’est la règle, et les deux coéquipiers ne sont toujours pas remontés. Cédric expliquera à l’enquêteur et aux juges d’instruction que Patrick ne pouvait pas replonger dans l’état de choc dans lequel il se trouvait. Il le met sous masque à oxygène, alerte les secours et c’est par hélicoptère que le plongeur est dirigé sur le caisson de décompression le plus proche. Mais il a déjà perdu toute sensation de ses jambes. Il restera hémiplégique durant plusieurs semaines.

    Le tribunal a relaxé lundi le directeur de plongée, ses « fautes de négligences » ne pouvant être mises en lien de causalité avec les blessures involontaires dont « l’origine précise n’a pas pu être déterminée ». Martial, le coéquipier, est en revanche condamné pour non-assistance à 12 mois avec sursis : « Un comportement normalement diligent est attendu de toute personne avisée du danger et au vu des usages en vigueur pour les compagnons de palanquée », le risque pour lui-même étant « négligeable compte tenu des circonstances », dit le tribunal.

  • L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    L’accident de plongée refait surface 15 ans après

    Quelle limite poser à l’assistance à personne en danger ? Après des rebondissements judiciaires – deux non-lieux des juges d’instruction, un non-lieu requis du parquet général et une relaxe générale requise du parquet de Marseille au procès en juillet – un accident de plongée survenu il y a 15 ans au large de Marseille, a débouché, lundi, sur une surprise : la relaxe du directeur de plongée poursuivi pour blessures involontaires, mais la condamnation d’un équipier de la palanquée pour non-assistance. Ce dernier devrait faire appel, selon son avocat, Me Thomas Hugues.

    « Putain, j’ai percuté mes paliers ! »

    Le 27 février 2010, Patrick, 53 ans, était victime au large de Marseille d’un accident de décompression qui l’a rendu hémiplégique pendant plusieurs semaines. Il portait plainte devant les manquements et défaillances de l’organisation. Deux jours avant, ce pilote de ligne qui en était à sa 87e plongée, venait de réussir aux épreuves de niveau 3 permettant une autonomie jusqu’à 60 m de profondeur. La formation de 4 jours qu’il regardait comme incomplète et légère avait eu lieu à l’Estaque. Pour cette plongée, il avait reçu comme instruction principale de ne pas dépasser une durée totale de remontée de 15 minutes, paliers de décompression compris.

    Patrick formait une palanquée avec Martial et Roland, des plongeurs aguerris qu’il ne connaissait pas dont un – il est décédé depuis – était anesthésiste réanimateur et médecin hyperbare. Patrick était équipé d’un matériel entièrement nouveau, une bouteille de 15 litres à 200 bars, un baudrier de 9 kg de lest. La météo était très bonne. Après 6 minutes de descente, le trinôme atteint 55 m puis évolue durant 8 minutes. Vu sa consommation d’oxygène, l’ordinateur de Patrick lui indique alors de remonter. Il le fait seul, ses coéquipiers poursuivant leur plongée sans s’intéresser à lui, dira-t-il. Eux diront qu’il a juste fait signe du doigt signifiant qu’il remontait sans manifester de détresse. Arrivé à 27 m après une lente remontée, Patrick constate que son gilet stabilisateur s’est vidé. Il comprend qu’il ne pourra pas faire ses paliers de décompression. C’est à 12 m que sa remontée est subite, brutale, incontrôlée. « Putain j’ai percuté mes paliers ! », s’écrie-t-il en perçant la surface de l’eau sans avoir désaturé.

    Dans les protocoles d’urgences, il reste une ré-immersion immédiate dans les 3 minutes, mais Cédric, le directeur, n’est alors plus équipé pour plonger et il n’a pas placé de bouteille à oxygène sous le semi-rigide comme c’est la règle, et les deux coéquipiers ne sont toujours pas remontés. Cédric expliquera à l’enquêteur et aux juges d’instruction que Patrick ne pouvait pas replonger dans l’état de choc dans lequel il se trouvait. Il le met sous masque à oxygène, alerte les secours et c’est par hélicoptère que le plongeur est dirigé sur le caisson de décompression le plus proche. Mais il a déjà perdu toute sensation de ses jambes. Il restera hémiplégique durant plusieurs semaines.

    Le tribunal a relaxé lundi le directeur de plongée, ses « fautes de négligences » ne pouvant être mises en lien de causalité avec les blessures involontaires dont « l’origine précise n’a pas pu être déterminée ». Martial, le coéquipier, est en revanche condamné pour non-assistance à 12 mois avec sursis : « Un comportement normalement diligent est attendu de toute personne avisée du danger et au vu des usages en vigueur pour les compagnons de palanquée », le risque pour lui-même étant « négligeable compte tenu des circonstances », dit le tribunal.

  • Ces millions manquants de la marina olympique

    Ces millions manquants de la marina olympique

    La magie des épreuves olympiques en rade de Marseille passée, reste désormais l’addition. Et son partage. Mais, alors que les coûts du réaménagement de la marina du Roucas-Blanc ont flambé, les financements publics n’ont pas suivi, laissant une ardoise se chiffrant jusqu’à près de 11 millions d’euros pour la Ville de Marseille, alerte un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) présenté, ce vendredi, dans l’hémicycle municipal.

    C’est que l’inflation est passée par là, sans compter les nombreux ajustements de chantier. Ainsi, pour la partie terrestre, l’accord signé avec la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) en 2020 prévoyait un chantier à 25 millions d’euros. La note finale s’élève à 31,3 millions d’euros, une augmentation d’un quart du coût initial entre révision des prix (2 millions d’euros) et dépenses additionnelles pour le stockage provisoire des équipements nautiques, le relogement des activités maritimes (2,5 millions d’euros).

    Côté mer, les demandes supplémentaires du comité d’organisation des Jeux olympiques, ainsi que les révisions des prix, ont chacune ajouté plus d’un million à l’ardoise, sans compter les études supplémentaires nécessaires. Et le bassin s’étant ré-ensablé au fil des travaux, il a également fallu réaliser un nouveau dragage, d’un coût de 1,2 million d’euros. Quelque 4 millions de surcoûts se sont ainsi ajoutés au fil de l’eau, entre 2022 et 2024, portant ce chantier maritime à près de 15 millions d’euros.

    La CRC porte au final l’addition de ce chantier olympique à 45,6 millions d’euros en 2024. Sans que le partage de la charge ne suive. « En dépit de ces hausses des dépenses, la répartition des financements publics n’a pas évolué depuis 2022 », s’alarme le rapport, pointant que seuls 34,6 millions d’euros de financements avaient été confirmés en mars 2025. Et les magistrats de sortir la calculatrice : « Au total, un écart de 10,95 millions d’euros hors taxes apparaît entre l’ensemble des dépenses du projet de réaménagement de la marina du Roucas-Blanc et les financements confirmés. » Un écart qui tomberait à 4 millions d’euros si toutes les subventions promises tombaient finalement, en particulier les 2,8 millions de dotation de soutien à l’investissement local de l’état, dont la première moitié n’était qu’en cours d’engagement en juillet. Mais, quoi qu’il en soit, cette charge risque de retomber sur la municipalité marseillaise.

    En fin de séance

    Cela d’autant plus que les 3 millions d’euros espérés du Fonds européen de développement régional (Feder) n’arriveront jamais. « La commune n’a constaté qu’en 2023 que le projet était inéligible à ce fonds », glisse le rapport. « On ne peut pas nous reprocher d’avoir essayé de travailler sur cette source de financement, se défend l’élu (EELV) délégué aux fonds européens, Fabien Perez. On a travaillé, mais on ne savait pas. »

    La Ville de Marseille a bien demandé à l’état de réunir les différents financeurs pour que chacun fournisse une aide supplémentaire. « En juillet 2025, ces propositions n’avaient pas reçu de réponse », note sobrement le rapport de la CRC. Interrogé à ce sujet à de multiples reprises par la presse, le président du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet (G.s), rappelle : « C’est un équipement salué par l’ensemble des Marseillais. L’objectif à terme, c’est qu’une classe d’âge puisse profiter d’un stage d’apprentissage de la voile dans sa scolarité. » Mais les réponses sur le financement, insiste-t-il, ne seront apportées qu’en conseil municipal vendredi. Cela tombe bien : le rapport a été glissé à la toute fin de l’ordre du jour.

  • Ces millions manquants de la marina olympique

    La magie des épreuves olympiques en rade de Marseille passée, reste désormais l’addition. Et son partage. Mais, alors que les coûts du réaménagement de la marina du Roucas-Blanc ont flambé, les financements publics n’ont pas suivi, laissant une ardoise se chiffrant jusqu’à près de 11 millions d’euros pour la Ville de Marseille, alerte un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) présenté, ce vendredi, dans l’hémicycle municipal.

    C’est que l’inflation est passée par là, sans compter les nombreux ajustements de chantier. Ainsi, pour la partie terrestre, l’accord signé avec la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) en 2020 prévoyait un chantier à 25 millions d’euros. La note finale s’élève à 31,3 millions d’euros, une augmentation d’un quart du coût initial entre révision des prix (2 millions d’euros) et dépenses additionnelles pour le stockage provisoire des équipements nautiques, le relogement des activités maritimes (2,5 millions d’euros).

    Côté mer, les demandes supplémentaires du comité d’organisation des Jeux olympiques, ainsi que les révisions des prix, ont chacune ajouté plus d’un million à l’ardoise, sans compter les études supplémentaires nécessaires. Et le bassin s’étant ré-ensablé au fil des travaux, il a également fallu réaliser un nouveau dragage, d’un coût de 1,2 million d’euros. Quelque 4 millions de surcoûts se sont ainsi ajoutés au fil de l’eau, entre 2022 et 2024, portant ce chantier maritime à près de 15 millions d’euros.

    La CRC porte au final l’addition de ce chantier olympique à 45,6 millions d’euros en 2024. Sans que le partage de la charge ne suive. « En dépit de ces hausses des dépenses, la répartition des financements publics n’a pas évolué depuis 2022 », s’alarme le rapport, pointant que seuls 34,6 millions d’euros de financements avaient été confirmés en mars 2025. Et les magistrats de sortir la calculatrice : « Au total, un écart de 10,95 millions d’euros hors taxes apparaît entre l’ensemble des dépenses du projet de réaménagement de la marina du Roucas-Blanc et les financements confirmés. » Un écart qui tomberait à 4 millions d’euros si toutes les subventions promises tombaient finalement, en particulier les 2,8 millions de dotation de soutien à l’investissement local de l’état, dont la première moitié n’était qu’en cours d’engagement en juillet. Mais, quoi qu’il en soit, cette charge risque de retomber sur la municipalité marseillaise.

    En fin de séance

    Cela d’autant plus que les 3 millions d’euros espérés du Fonds européen de développement régional (Feder) n’arriveront jamais. « La commune n’a constaté qu’en 2023 que le projet était inéligible à ce fonds », glisse le rapport. « On ne peut pas nous reprocher d’avoir essayé de travailler sur cette source de financement, se défend l’élu (EELV) délégué aux fonds européens, Fabien Perez. On a travaillé, mais on ne savait pas. »

    La Ville de Marseille a bien demandé à l’état de réunir les différents financeurs pour que chacun fournisse une aide supplémentaire. « En juillet 2025, ces propositions n’avaient pas reçu de réponse », note sobrement le rapport de la CRC. Interrogé à ce sujet à de multiples reprises par la presse, le président du groupe Printemps marseillais, Pierre Huguet (G.s), rappelle : « C’est un équipement salué par l’ensemble des Marseillais. L’objectif à terme, c’est qu’une classe d’âge puisse profiter d’un stage d’apprentissage de la voile dans sa scolarité. » Mais les réponses sur le financement, insiste-t-il, ne seront apportées qu’en conseil municipal vendredi. Cela tombe bien : le rapport a été glissé à la toute fin de l’ordre du jour.

  • Cent ans de lutte contre le cancer du sein à l’institut Paoli-Calmettes

    Cent ans de lutte contre le cancer du sein à l’institut Paoli-Calmettes

    Le cancer du sein n’est pas seulement une maladie, c’est un combat collectif, une grande cause nationale et humaine » : tels sont les mots du Pr Anthony Gonçalves, coordinateur du Département d’oncologie médicale et Responsable du Comité de séno-oncologie de l’Institut Paoli-Calmettes, à l’occasion d’une matinée spéciale proposée le vendredi 3 octobre.

    Professionnels de santé, chercheurs, patients et grand public sont rassemblés à partir de 8h30. L’occasion de présenter les avancées dans la connaissance de la biologie de ce cancer qui, avec 60 000 nouveaux cas par an, reste le plus fréquent chez la femme, mais qui, pris en charge à un stade précoce, de petite taille, est guéri dans 9 cas sur 10. La personnalisation des traitements et les perspectives de la recherche seront également abordées, ainsi que le rôle des patientes comme acteurs dans le soin et la recherche.

    De 8h30 à 14h :salle des conférences bâtiment IPC2

  • Cent ans de lutte contre le cancer du sein à l’institut Paoli-Calmettes

    Le cancer du sein n’est pas seulement une maladie, c’est un combat collectif, une grande cause nationale et humaine » : tels sont les mots du Pr Anthony Gonçalves, coordinateur du Département d’oncologie médicale et Responsable du Comité de séno-oncologie de l’Institut Paoli-Calmettes, à l’occasion d’une matinée spéciale proposée le vendredi 3 octobre.

    Professionnels de santé, chercheurs, patients et grand public sont rassemblés à partir de 8h30. L’occasion de présenter les avancées dans la connaissance de la biologie de ce cancer qui, avec 60 000 nouveaux cas par an, reste le plus fréquent chez la femme, mais qui, pris en charge à un stade précoce, de petite taille, est guéri dans 9 cas sur 10. La personnalisation des traitements et les perspectives de la recherche seront également abordées, ainsi que le rôle des patientes comme acteurs dans le soin et la recherche.

    De 8h30 à 14h :salle des conférences bâtiment IPC2

  • De faux coursiers pourune vraie arnaque

    Ne pas répondre au SMS réclamant des informations bancaires et couper court à toute conversation avec un interlocuteur se présentant comme son banquier… Des recommandations simples et qui peuvent sembler évidentes. Sauf que. L’arnaque dite du « faux coursier » a visiblement le vent en poupe a alerté ce mercredi 1er octobre, depuis l’Évêché à Marseille (2e), le commissaire Grégory Petri, adjoint de la division criminalité territoriale au sein du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire).

    Il ne dispose pas de chiffres, mais il l’assure : depuis cet été, ce genre de délinquance est en forte augmentation et « aucune ville du département des Bouches-du-Rhône n’est épargnée ». Telle cette affaire remontant au 24 août, concernant un couple de personnes âgées domiciliées à Aix, « peu au fait des nouvelles technologies », raconte Grégory Petri, et dont on ne sait pas comment le numéro de téléphone a été piraté. Mais, contacté par un faux conseiller bancaire qui l’alerte de possibles mouvements frauduleux sur son compte, il se laisse convaincre de remettre à un coursier, dans une enveloppe, sa carte bleue avec le code, pour tout bloquer et la détruire.

    Un mode opératoire bien rodé

    Un préjudice de « 4 300 euros », précise le commissaire, le faux coursier en train de retirer de l’argent avec la carte volée ayant été interpellé en flagrant délit, pris par la vidéosurveillance. Mais on peut rapidement atteindre des sommes plus importantes en fonction du plafond de paiement et de retrait de la carte bleue ou quand les victimes s’enchaînent, avertit le commissaire.

    Il s’agissait auparavant de baratiner au distributeur de billets ou au parcmètre pour délester des personnes vulnérables, mais les auteurs « ont revu leur mode opératoire », a pu remarquer Grégory Petri. La technique se révélant, cette fois-ci, disons plus psychologique. « La conversation peut durer plusieurs heures » a-t-il pu constater, il s’agit « à la fois de créer un lien de confiance et de faire peur », en insistant notamment sur l’urgence de la situation. Hameçonnée puis dépouillée, la victime ne porte pas toujours plainte. « Ce que nous l’incitons à faire au moindre doute au commissariat ou en ligne sur la plateforme “ma sécurité” », insiste Grégory Peri. D’autant que « cela peut être compliqué après pour être indemnisé car elle a remis sciemment ses informations personnelles », rappelle-t-il.

    S’ils parviennent à retrouver lesdits coursiers, des « petites mains », recrutées au niveau local, souvent avec une annonce à la demande sur les réseaux sociaux, ce qui n’est pas sans rappeler les usages en matière de narcotrafic, les policiers ont beaucoup plus de mal à s’attaquer au « haut du spectre », convient le commissaire. Des réseaux dont on ne sait pas grand-chose pour le moment. Quant au hameçonnage, sur le web, tout se vend, tout s’achète, un fichier de données personnelles piratées pouvant coûter 15 000 euros.

    Le meilleur moyen reste donc d’éviter de se faire abuser, insiste Grégory Petri. « La seule interaction avec sa banque ne peut être que physique ou de sa propre initiative, aucun conseiller bancaire ne demande d’informations par téléphone, cela n’existe pas », martèle-t-il.

    Toujours pour sensibiliser le public, des prospectus vont être disposés dans les banques, les commissariats et autres lieux publics.

    « Un conseiller bancaire ne demande pas d’informations »

  • Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    Une offre de logements sociaux toujours au rabais

    C’est un fait, le secteur du logement est en crise. Si la problématique est nationale, l’Hérault ne déroge pas à la règle. « Il y a près de 64 000 demandes de logements sociaux dans l’Hérault en 2025, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année 2024 », soupire Aline Veyrié, présidente de la Confédération nationale du logement (CNL) de l’Hérault, qui milite pour défendre un droit au logement pour tous. L’Occitanie n’est pas en reste, avec 215 000 demandes, soit une hausse de 11% en un an. Problème, seuls 7 636 logements sociaux sont disponibles dans la région.

    Dès lors, il devient difficile de trouver chaussure à son pied. D’autant que certaines collectivités ne respectent pas les règles du jeu, à l’instar de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain, Ndlr), qui impose un nombre minimal de logement social (20 à 25% du parc immobilier) à chaque commune. « Dans le département, seules Montpellier et Béziers la respectent », poursuit Aline Veyrié. Les autres préférant payer des amendes plutôt que d’être solidaires – le bonnet d’âne revenant sans aucun doute à Agde qui a préféré payer un million d’euros pour être à 9% de logements sociaux. À cela s’ajoute la ponction annuelle décrétée par l’État de plus de 1 milliard d’euros, la réduction du loyer de solidarité (RLS), autant de manque à gagner pour la construction de nouveaux logements.

    Vers une nouvelle approche du logement ?

    De l’autre côté, les locataires font face à une explosion de la vie chère, plongeant une grande partie d’entre eux dans la précarité. « Avec l’inflation, les loyers ont augmenté, même dans le logement social. Alors dans le logement privé, c’est encore pire. Il y a eu aussi une explosion des charges, on a eu beaucoup de réclamations – surtout dans le privé où il est très difficile de les rétablir, les propriétaires ne nous répondent pas », fait valoir la présidente de la CNL héraultaise. Sans parler de la stagnation des salaires et de pensions de retraite.

    Pour pallier la situation, la CNL se veut force de propositions. Notamment une aide à la pierre, un investissement vertueux selon Aline Veyrié. « La construction des logements sociaux permettrait de créer des emplois, c’est un tout. » Surtout, la CNL milite pour une sécurité sociale du logement, à savoir « une sorte d’assurance basée sur le modèle de la Sécu permettant de prévoir un logement à chacun, avec des prix abordables ». Une proposition de la CNL publiée début septembre dans le Manifeste pour une sécurité sociale du logement. Cette dernière comprendrait une caisse nationale de sécurité locative, des allocations temporaires pour faire face aux accidents mais aussi un moratoire sur les expulsions, l’encadrement des loyers… Une véritable nouvelle approche pour tenter de sortir par le haut de la crise du logement.

  • Une salle pour les parents d’enfants malades

    Une salle pour les parents d’enfants malades

    C’est avec une grande émotion qu’a été inaugurée, ce jeudi 24 septembre à l’hôpital Arnaud de Villeneuve à Montpellier, une salle de repos entièrement rénovée pour accueillir les parents des enfants hospitalisés au sein du service de cardio-pédiatrie. L’association Astrid-MRCPI, (pour Maladies Rares Cardio-Pulmonaires Infantiles) est à l’origine du projet, qu’elle a financé à hauteur de 26 000 euros.

    « Ce projet est né de l’amour et de la mémoire », souffle Xavier Giner, ému aux larmes, dans son discours d’introduction. Il est le président-fondateur de l’association, nommée en souvenir de sa fille Astrid, disparue en 2010 des suites d’une maladie cardio-pulmonaire rare à l’âge de 3 ans et 7 mois.

    Aux côtés de Xavier Giner, nombreux sont ceux qui sont venus réaffirmer leur soutien à l’association. Notamment Colette Jamma, adjointe au maire de Sète et qui a connu Astrid en tant qu’infirmière, ou encore Mikel Séblin, adjoint au maire de Montpellier. « L’objectif de ce lieu est d’offrir une parenthèse de répit aux parents dans les moments difficiles qu’ils traversent aux côtés de leurs enfants », continue Xavier Giner. S’adressant à trois infirmières venues assister à l‘inauguration, il ajoute : « La salle porte le nom de ma fille, Astrid. Cependant, j’aimerais aussi la dédier au personnel soignant. Votre dévouement au quotidien force le respect. »

    Au sein de l’hôpital, l’association a déjà permis d’installer quatre aquariums et organise régulièrement des sorties pour les parents et les enfants, ou encore des repas pour les soignants. Dans la salle, une plaque à la mémoire d’Astrid est accrochée au mur, aux côtés de quelques témoignages d’autres parents d’enfants hospitalisés. Sur l’un d’eux, on peut lire : « L’espace Astrid est un lieu très réconfortant de rencontres entre les parents. Il permet d’échanger sur nos vécus et de s’entraider. »

  • « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    « Croizat, le seul ministre du travail depuis 1906 qui a été un ouvrier »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi d’écrire un livre sur Ambroise Croizat et les 80 ans de la Sécurité sociale ?

    Emmanuel Defouloy : Dans les tout prochains jours, on va célébrer les 130 ans de la CGT et les 80 ans de la Sécu. Dans ce double contexte, il m’a paru intéressant de retrouver la mémoire sur le personnage qui relie les deux histoires. Ambroise Croizat. Au fil de sa vie, on perçoit bien, l’immense apport du mouvement ouvrier à travers ces organisations syndicales et politiques au modèle social français. Je pensais qu’il était très important de souligner d’où était partie l’idée de la Sécurité sociale.

    C’est quoi exactement ce modèle bien français ?

    E.D. : À travers la vie de Croizat, on peut retrouver la mémoire des principes originels de la Sécu telle qu’elle a été bâtie en 1945-1946 par ce ministre cégétiste et communiste et par le haut fonctionnaire Pierre Laroque. Les piliers sont au nombre de 4. D’abord, c’est la centralité de la cotisation. Ça ouvre des droits pour un système qui socialise des moyens entraînant une grande puissance redistributrice – ce qui n’a rien à voir avec l’impôt. Ensuite c’est le besoin humain qui l’emporte sur le financement qui doit suivre. Et cela a formidablement bien marché pendant 30, 40 ou 50 ans. En 2000, le système français était encore placé n°1 dans le monde par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aujourd’hui c’est l’inverse. On fixe un plafond de dépense quitte à baisser les prestations. Les cotisations sont passées de 94% en 1980 à 57% en 2025. Le troisième principe repose sur le fait que Croizat, comme Laroque, était très attaché à la gestion des caisses de Sécu par les assurés, à travers le représentant qui étaient les syndicats. Fin de ce système en 1967, pour étatiser la Sécu en 1995-1996, et abandonner la gestion socialisée. Voilà pourquoi, il est très important de revenir aux principes originels. Enfin, en regard avec les lacunes des caisses d’assurances sociales qui dépassaient le millier et marchaient mal, il a été décidé d’une organisation unique. Une grosse bataille portée par Pierre Laroque et soutenue par une majorité de gauche, soit la CGT, le PCF, le SFIO, de l’Assemblée consultative provisoire (ACP) dans un vote important dès le 31 juillet 1945. Croizat était alors président de la commission du travail et des affaires sociales de cette ACP. Juste avant d’être ministre.

    L’empreinte de Gaulle dans tout ça ?

    E.D. : À la demande des milieux chrétiens familialistes, de Gaulle leur a accordé l’autonomie des caisses d’allocations familiales. Après la guerre, il y a donc environ 138 caisses de Sécu, soit un peu plus d’une par département et 111 caisses d’allocations familiales. Attention la Sécu, c’est 4 branches, l’Assurance maladie, le versement des retraites, les allocations familiales et la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles. Du fait du plein-emploi d’après guerre, l’assurance chômage n’a pas été incluse, et elle ne l’est toujours pas. Alors qu’elle pourrait l’être.

    Pourquoi Croizat est-il surnommé le ministre des travailleurs ?

    E.D : Depuis 1936, Croizat est secrétaire général de la CGT Métallurgie. Il sera nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale en novembre 1945. À partir des ordonnances de 1945, il bâtit la Sécu en 18 mois. On ne se rend pas bien compte de l’incertitude des lendemains sans protection sociale dans laquelle vivaient les classes populaires. Si votre enfant avait une maladie grave, si vous n’aviez pas les moyens, pas d’opération possible. C’était la mort. S’il n’y avait pas de système de retraites, du jour au lendemain, vous n’aviez plus de moyens pour vivre. Il voulait mettre les Françaises et les Français à l’abri du besoin. Ses réformes ont transformé leurs vies, avec une augmentation très forte de l’espérance de vie, et lui ont fait gagner le surnom de “ministre des travailleurs”. Depuis 1906, c’est le seul ministre du travail qui a été un ouvrier. La Sécu est une œuvre civilisatrice. Aujourd’hui encore, réformer cet héritage est très impopulaire pour près de 70% des Français.

    Présentation débat du livre d’Ambroise Croizat. Aux Rotatives de La Marseillaise. Le 25 septembre à 18h30. Entrée gratuite.