Category: societe

  • Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    Des bikers manifestent pour le peuple palestinien

    La traditionnelle manifestation en soutien à Gaza, qui se déroule habituellement tous les samedis au départ de la porte d’Aix à Marseille, a pris une tournure inédite ce week-end.

    Car si le cortège s’est élancé dans les rues de la cité phocéenne comme à l’accoutumée, au son de « Gaza, Marseille est avec toi », il a cette fois pris la direction du Mucem. Lieu où il a retrouvé une véritable nuée de motards arborant des drapeaux palestiniens. Ces derniers étaient plus d’une centaine et réunis sous la bannière des Samuraï Riders, un collectif de motards habitués aux actions de solidarité regroupant des aficionados de moto venus des quatre coins de la France mais aussi de Belgique.

    Chaîne humaine et impressionnant défilé

    Sous la houlette du collectif à l’origine de cette manifestation inédite, Union pour la Palestine Marseille (UPM), la jonction des deux cortèges a permis de faire une chaîne humaine reproduisant l’inscription « Free Palestine ». Les manifestants ont également observé une minute de silence en hommage « aux enfants tués à Gaza et en Cisjordanie ». « On compte la mort d’un enfant par jour là-bas. Pendant que nous préparons la rentrée scolaire de nos enfants, ils préparent des enterrements et le deuil de l’autre côté de la Méditerranée », dénonce Fadela, coordinatrice d’UPM.

    Après quelques prises de parole, la nuée de motards a finalement pris la route en direction du Vieux-Port avant de prendre la Corniche et de finir à la Pointe Rouge. Et autant dire que leurs moteurs ont rugi tout le long trajet, qui s’est fait à grands coups de klaxons. De quoi redonner de la visibilité, et avec la manière, à la cause palestinienne.

  • Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Vives émotions et souvenirs poignants, ce dimanche matin au pied de l’emblématique char Jeanne d’Arc, sur la place du Colonel Edon à Marseille, pour la commémoration du 82e anniversaire de la Libération de la ville.

    Anciens combattants de l’armée française, jeunes porteurs de drapeaux, cadets des marins-pompiers, élus municipaux, sénateurs, députés ou encore représentants de l’État ont tous rendu hommage « aux courageux libérateurs de Marseille ». Le Chant des partisans comme la Marseillaise ont accompagné les dépôts de gerbes devant le véhicule blindé qui symbolise les sacrifices des différents régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance pour la Libération du joug nazi.

    Avant une lecture de l’historique des combats pour libérer la ville par Elyah Étienne, élève de l’école des porte-drapeaux de Marseille. Une manière de se replonger dans la journée du 28 août 1944. « C’est important d’être là pour rappeler ce qu’a coûté la Libération de la ville et du pays », insiste Anthony Gonçalves, adjoint communiste au maire de Marseille en charge de la santé.

    « Une résonance particulière »

    Il dénonce surtout la présence de plusieurs élus du Rassemblement national à la cérémonie : « On ne doit pas s’habituer à la présence d’élus d’un parti qui a été fondé par les héritiers de ceux qui ont été battus ce jour-là. Ils ne sont pas et ne seront jamais les bienvenus dans ces cérémonies. »

    Avant de conclure sur le caractère inhabituel de cette commémoration au regard de l’élection présidentielle à venir : « Plus que jamais, cette cérémonie a une résonance particulière. On ne peut pas s’empêcher de penser à la prochaine échéance électorale », avec une extrême droite en embuscade, et encore un combat de haute lutte à mener.

  • La grande dictée en plein air bat le record du monde de participants

    La grande dictée en plein air bat le record du monde de participants

    Ce dimanche matin, ils sont nombreux à avoir préféré une dictée à une grasse matinée. Alors que la rentrée scolaire n’a pas encore sonné, enfants, parents, amis et grands-parents ont décidé de relever le défi de participer « à la plus grande dictée du monde » sur la place Bargemon à Marseille (2e). Avec 1 857 participants, Marseille a donc battu le record du plus grand nombre de participants à cet exercice, reprenant le titre à Paris qui n’avait rassemblé, en 2023, que 1 397 personnes.

    Ce n’est pas la première dictée organisée par l’association marseillaise d’éducation populaire et d’accès à la culture, Action Bomaye. Pour son président, Ismaël Cousin, ces événements sont une façon de rendre plus accessible l’orthographe et la conjugaison. « L’écriture c’est ce qui permet d’avoir un emploi, faire son CV, faire des livres ou des scénarios, explique-t-il. Ce genre d’événement, ça permet de faire de cet exercice quelque chose d’amusant. »

    Des professeurs stars

    Car ce dimanche, l’un des professeurs n’était d’autre que Dimitri Payet, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille. De quoi motiver les plus réticents à l’exercice. Le texte, écrit spécialement pour l’occasion, parlait donc de l’équipe marseillaise. Si certains ont tenté d’utiliser leur téléphone, la plupart des participants ont été studieux et ont préféré trouver seuls l’orthographe de « hourvari » ou de « vivats », non sans mal.

    Imane, qui participe pour la deuxième fois aux dictées organisées par Action Bomaye, est venue avec ses filles. « Ça leur permet de s’entraîner et puis si on peut gagner des lots c’est le petit bonus », explique la jeune maman. Si les plus jeunes sont des habitués de l’exercice pour les plus âgés c’est le moment de tester de nouveau son orthographe. « ça fait au moins 20 ans que je n’ai pas fait de dictée », rigole Yasmina, retraitée. « Une façon de se challenger pour connaître son niveau en français », estime Linda, attachée territoriale.

    L’événement a également permis de distribuer des fournitures scolaires : trois cahiers, une trousse avec tout le nécessaire pour la remplir et un agenda. De quoi alléger un peu la facture et préparer au mieux la rentrée.

  • Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    Hommage à Jean-Claude Cheinet et ses combats

    « C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de notre camarade », déclare la fédération du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône, ce dimanche. « Communiste engagé de longue date, géographe, ancien adjoint au maire de Martigues dès 1989, Jean-Claude aura consacré une grande partie de sa vie au service de l’intérêt général, de son territoire et des combats qu’il portait avec conviction », rappelle-t-elle.

    L’écologie avant l’heure

    « Ce militant infatigable des questions environnementales, membre de la commission nationale Écologie du PCF, aura beaucoup œuvré pour faire avancer une écologie populaire, indissociable à ses yeux des enjeux sociaux et industriels », notamment dans le pays de Martigues où se retrouvent tant d’enjeux, entre industries, habitants et travailleurs du pourtour de l’étang de Berre. Il fut également l’un des fondateurs du MNLE.

    « Jean-Claude était de ceux qui ont contribué, bien avant que l’urgence écologique ne s’impose dans le débat public, à faire vivre ces combats au sein de notre parti », souligne la fédération qui « perd un camarade précieux et profondément engagé ». Et d’adresser ses pensées les plus fraternelles à sa famille, ses proches et ses camarades, « qui ont partagé ses combats ». La Marseillaise tient à adresser aux proches de ce grand ami du journal ses condoléances attristées.

  • Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.

    Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.

    La misogynie

    jusque dans la mort

    Si la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat  », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.

    Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.

    « Un féminicide supplémentaire »

    La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.

  • Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Le Scum pointe une « sélection sociale et raciste »

    Soixante-douze. C’est le nombre d’étudiants diplômés (Bac ou licence) sans affectation en licence ou master qui s’étaient tournés vers le Scum l’an passé, après avoir épuisé tous les records. Avec le coup de main du Syndicat de combat universitaire de Montpellier, 29 avaient fini par obtenir gain de cause dont 14 dans la filière de leur choix.

    Cette année, Kaïs Ait Addi craint une rentrée encore plus difficile. « Depuis juin, on reçoit des mails toutes les semaines. On a déjà plusieurs dizaines de cas d’étudiants sans affectation », rapporte le porte-parole du Scum.

    Il n’est pas étonné car cette impasse découle d’une politique nationale qui « réduit les places en master et ferme des licences ». Si l’Université de Montpellier (UM) et surtout Paul Valéry sont moins touchés, des étudiants d’autres villes dont les filières n’existent plus se rabattent dans l’Hérault, ce qui crée des tensions.

    Diplôme dévalorisé

    Les cas portés à connaissance du Scum ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Car la plateforme MonMaster incite les étudiants sans affectation à s’inscrire en phase complémentaire. Une sorte de liste d’attente avec faible chance de succès (si désistement) qui les fait poiroter jusqu’en octobre voire novembre. « C’est une manière de couper nos actions de contestation, de nous empêcher de lancer des procédures. Ça pousse aussi les étudiants à rester dans la ville où ils espèrent étudier donc à garder leur logement », précise Kaïs Ait Addi. Ce qui n’est pas sans conséquence, une année perdue pouvant être synonyme de perte de bourses par exemple.

    Le porte-parole du Scum dénonce un système de sélection qui va à l’encontre du « droit d’étudier » et qualifié par ailleurs « d’anti-sociale et raciste ». « Une étude [de l’Observatoire national des discriminations et de l’égalité dans le supérieur, Ndlr] démontre qu’avec un patronyme à consonance maghrébine ou subsaharienne, un étudiant a 8% de chance de moins de se voir proposer un master. Parfois, il n’a même pas de réponse ».

    Kaïs Ait Addi déplore que ce système jugé discriminant, instauré en 2018 avec Parcoursup, soit devenu la norme. « Les étudiants se font de plus en plus à cette sélection illégale qui dévalorise le diplôme. » Pour leur rappeler leurs droits, le Scum organise deux réunions d’information à l’UM (jeudi 10 septembre à 18h salle 2.3.04 bâtiment 2) et à Paul Valéry (vendredi 11).

  • Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    Trottinettes à Nîmes : la phase de prévention se poursuit

    « Nous avons réalisé des centaines de sensibilisations », détaille Nicolas Nadal. L’adjoint à la sécurité à Nîmes se félicite également du lien créé, avec cette phase de prévention, entre les policiers municipaux et la population, loin du tout répressif parfois en vigueur dans d’autres métropoles. Si cette phase devait prendre fin début septembre, elle est finalement prolongée d’un mois, au moins jusqu’à la fin de la feria des Vendanges. « Les étudiants sont partis travailler durant l’été donc nous voulions leur rappeler aussi les règles pour qu’ils ne passent pas une partie de l’argent qu’ils ont gagné cet été dans des amendes », explique Nicolas Nadal.

    L’objectif reste aussi d’informer les utilisateurs de trottinettes qui n’ont jamais reçu de formation avant d’enfourcher leur véhicule électrique. D’autant que les règles ont été durcies à Nîmes : tous les utilisateurs doivent désormais porter un casque et une partie du centre-ville est interdite à la circulation des trottinettes. « Pour l’instant, les automatismes ne sont pas là. Le port du casque n’est pas systématique mais le fait de les sensibiliser est plutôt apprécié de la population. C’est une phase pédagogique où nous avons réalisé des opérations chaque semaine avec des policiers qui rappellent la philosophie autour du port du casque, qui rappellent qu’il faut assurer le véhicule et respecter les zones où ils peuvent circuler. On voit que les règles de conduite : le téléphone, les écouteurs, le sens interdit, sont plutôt méconnues donc le rappel effectué par les policiers est bien accueilli. Nous avons aussi saisi des véhicules qui avaient été débridés car c’est formellement interdit. Bien sûr ce n’est pas gagné, mais nous constatons déjà que de plus en plus de casques apparaissent dans la ville », s’enthousiasme l’élu, qui est également officier de sapeur-pompier.

    Une loi en préparation

    L’élu socialiste a également constaté que les règles étaient moins respectées lorsque la nuit commençait à tomber. Il a donc décidé d’engager en septembre des actions de prévention plus tard dans la journée. « Nous avons fait une très grosse campagne de communication en recouvrant notamment tous les panneaux de la ville. Ce n’est pas possible qu’un Nîmois ne l’ait pas vue. Sur toute la zone interdite aux trottinettes, nous avons aussi mis des panneaux à l’entrée de chaque rue », ajoute Nicolas Nadal. Les élus n’excluent pas non plus d’imposer le port du gilet à haute visibilité, comme c’est le cas à Paris.

    Nicolas Nadal annonce également qu’un projet de loi va être proposé aux parlementaires par la Ville de Nîmes et son maire Vincent Bouget (PCF) pour imposer à tous les utilisateurs de trottinettes électriques le port du casque : « Plusieurs villes imposent le port du casque mais c’est tout de même un vrai problème et c’est pour cela que nous aimerions porter ce projet de loi au niveau national ».

  • [Week-end] À Bédoin, la réserve de biosphère du Mont-Ventoux

    [Week-end] À Bédoin, la réserve de biosphère du Mont-Ventoux

    Unesco, les sites classés en région

    Cette réserve naturelle de biosphère couvre 90 000 hectares et rassemble 38 000 habitants sur 34 communes autour du massif. On y retrouve une végétation typique du climat méditerranéen avec une grande richesse floristique dont une soixantaine d’espèces rares, bien que ce soit une terre de contraste de par son altitude. Il est possible d’y faire de nombreuses balades.

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : Une issue victorieuse

    [Week-end] L’esprit de 1936 : Une issue victorieuse

    Si la victoire électorale a lieu le 3 mai, le gouvernement Blum n’entrera en fonction qu’un mois plus tard. Ce temps de latence va être marqué par de grandes grèves qui vont déboucher sur les avancées mémorables des accords de Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin.

    Rappelons tout d’abord que le Front populaire gagne les élections législatives le 3 mai 1936 et que le gouvernement Blum ne se mettra en place que le 4 juin. Il y a donc un mois entre les deux moments. C’est dans cet entre-deux que commence la grande vague de grèves. On cite souvent la grève du 11 mai chez Breguet au Havre comme point de départ. Le 13 mai, c’est Latécoère à Toulouse, puis l’usine Bloch à Courbevoie. Après le 25 mai, c’est toute la métallurgie de la région parisienne qui entre dans la grève. Début juin, d’autres corporations se joignent au mouvement (industrie, commerce, banques…). Au total, on comptera près de deux millions de grévistes, du privé essentiellement, les services publics étant restés à l’écart du mouvement. Dans une grande majorité des cas, les grévistes vont occuper leur entreprise, ce qui va peser lourdement dans le rapport de force avec le patronat. » Directeur de l’Institut CGT d’histoire sociale, David Chaurand résume l’importance de l’immense et historique mouvement de grève qui va toucher l’ensemble du pays en ce printemps 1936 et va déboucher sur des conquêtes sociales dont nous bénéficions tous encore aujourd’hui. Car ces grèves, souvent spontanées mais encadrées par la CGT réunifiée, vont jouer dans les négociations qui vont déboucher sur les fameux « Accords de Matignon » dans la nuit du 7 au 8 juin.

    « Au moment où les grèves battent leur plein, le gouvernement Blum décide de réunir à l’hôtel Matignon, le 7 juin, la Confédération générale de la production française (le patronat !) et la CGT. Au niveau national, une telle réunion est une première. Après plusieurs heures de négociation, un accord en sept points est signé qui comprend notamment l’augmentation des salaires, la généralisation des conventions collectives et l’élection de délégués ouvriers dans les établissements de plus de dix salariés », poursuit David Chaurand. « Plusieurs lois sociales interviennent dans la foulée de l’accord Matignon : deux semaines de congés payés (20 juin), semaine de quarante heures (21 juin) et conventions collectives (24 juin). »

    Dans nos régions, la mobilisation est elle aussi massive. « Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont les ouvriers métallurgistes de l’usine Coder qui ouvrent le banc. Le 29 mai, ils se mettent en grève pour protester contre le licenciement de sept ouvriers ayant chômé le 1er mai, tous des militants chevronnés formant l’ossature du syndicat CGT de l’usine. Ils demandent, en outre, une augmentation de 2 francs par jour et l’application du contrat collectif. Non seulement la grève est suivie par la quasi-totalité des 950 ouvriers du site, mais il s’agit d’une grève sur le tas, la “grève des bras croisés” pour reprendre la formulation du Petit Provençal », rapporte l’historien Jean Domenichino. Comme dans la région parisienne, l’issue du conflit est rapide, la direction ayant accédé à toutes les revendications. Pour beaucoup, tout semble rentrer dans l’ordre. La suite des événements ne tarde pas à démontrer le contraire. À partir de juin, la chronologie des conflits méridionaux n’a plus d’autonomie. Comme partout ailleurs, la noria des grèves
    recommence : le 3 juin, aux Forges et Chantiers de la Méditerranée ; le lendemain, les chantiers de construction navale sont occupés par près de 2 000 ouvriers. Pour la première fois, les grèves sortent de Marseille. Le mouvement gagne aussi d’autres branches comme l’huilerie et la savonnerie avec les établissements Fournier-Ferrier, et le bâtiment avec la Société des bitumes d’asphaltes.

    Remerciements

    Ce magazine a reçu l’aide et le soutien sans faille et bienveillant de l’association Promémo et de son président Gérard Leidet. Ouverte à toutes les sensibilités associatives, syndicales et politiques liées au monde du travail, comptant dans ses rangs aussi bien des universitaires que des militants des mouvements sociaux et associatifs, l’association Provence, Mémoire et Monde ouvrier (Promémo), créée en 1999 a pour objet de contribuer à l’élaboration, la rédaction et la diffusion du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, l’œuvre immense commencée en 1955 par Jean Maitron ; d’encourager et de développer les recherches scientifiques autour de l’histoire du monde et du mouvement ouvriers en Provence et de favoriser la conservation des documents et archives les concernant. Remerciements également à Yann Bertolone des archives de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, à Frédéric Rosmini de la fédération Léo Lagrange et de Parcours, à l’Institut d’Histoire Sociale (IHS) au niveau national et dans tous les départements et à la Fondation Gabriel Peri.

    Lire la suite ainsi que de nombreuses interviews d’historiens prestigieux dans notre hors-série.

  • [Chroniques méditerranéennes] La « Diada » rassemble le peuple catalan

    [Chroniques méditerranéennes] La « Diada » rassemble le peuple catalan

    Par Eloy Martinez Monegal

    Ce 11 septembre, la Catalogne va se parer des couleurs sang et or de son drapeau « la senyera », les rues et les places des villes et villages vont s’emplir de monde, de sardanes, de castellers. La fête nationale de Catalogne, célébrée toujours à cette date, est appelée en catalan « la Diada ».

    La Generalitat de Catalogne, depuis 2024, dont le président est Salvador Illa, un proche du chef de gouvernement Pedro Sanchez, est dirigée par le Parti Socialiste Catalan, succédant au précédent exécutif indépendantiste, aura pour la deuxième année de sa gouvernance, la tâche d’organiser les activités institutionnelles de cette « Diada » 2026.

    Cette journée, à laquelle est fortement attaché le peuple catalan dans son ensemble, est depuis quelques années récupérée par les indépendantistes de droite et extrême droite, tels Carles Puigdemont de Junts, et Silvia Orriols la maire de Ripoll et leader du mouvement Alliança Catalana (AC) connu comme parti raciste et xénophobe, l’équivalent de Vox au niveau de la Catalogne.

    Il convient de rappeler l’origine historique de cette journée : c’est en 1886 qu’il est décidé de faire du 11 septembre, le jour de la commémoration de la chute de Barcelone en 1714, au terme de la guerre de succession d’Espagne. À l’époque Philippe V fut intronisé roi d’Espagne. Les Catalans s’étaient soulevés contre lui. Philippe V décide alors d’assiéger Barcelone. Les Catalans finiront par se rendre le 11 septembre 1714. Aussitôt Philippe V fera abolir les institutions et interdire la langue catalane.

    Cette journée de fête n’est pas la célébration d’une victoire, mais plutôt de la résistance du peuple catalan qui s’est battu pour défendre sa culture et ses valeurs. C’est aussi le jour, où s’expriment les revendications de plus d’autonomie et d’indépendance. Cette journée avait été interdite sous la dictature de Primo de Rivera, puis rétablie avec la République en 1931, en 1932 le Statut de Núria fut approuvé, accordant pour la première fois une autonomie à la Catalogne. En 1934, Lluís Companys proclama « l’État catalan de la République fédérale espagnole », ce qui entraîna son arrestation et la suspension de l’autonomie.

    Sous Franco, la journée fut de nouveau interdite. Rétablie après la mort du dictateur, en 1980 elle devient officiellement la « Diada » : la journée nationale de la Catalogne. Au vu de cette histoire on comprend, le fort attachement des Catalans à la « Diada ». Salvador Illa, le président socialiste de la Generalitat revendique à cette occasion « une nation catalane » et affirme que « cette fête appartient à tous les Catalans ».

    Les communistes du PSUC considèrent qu’il faut continuer « à poser à l’occasion de cette journée un discours de classe, clair et sans complexe, défendre les politiques sociales et les services publics, avec comme colonne vertébrale une Catalogne dans une Espagne fédérale, républicaine et solidaire ».

    Pour sa part, l’Assemblée nationale catalane (ANC) entité rassemblant les indépendantistes qui souhaitent créer un État catalan, ont prévu cette année de manifester avec des tee-shirts où il est inscrit « Hi soc », « Hi som Independencia ! » c’est-à-dire « j’y suis », « nous y sommes indépendance ! »

    Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) participera aux différentes manifestations comme le feront tous les Catalans disent-ils « nous irons à la manifestation pour défendre le meilleur de la Catalogne qui est une nation qui défend la liberté, la démocratie et la convivialité… ».

    Le 11 septembre, le peuple catalan sera donc rassemblé pour célébrer sa culture, son identité et ses valeurs, malgré des visions souvent radicalement opposées sur l’avenir de la Catalogne.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)