Category: societe

  • L’établissement public foncier va changer de tête

    L’établissement public foncier va changer de tête

    Un temps sous le feu des critiques pour avoir traîné des pieds face au dossier des copropriétés dégradées, l’établissement public foncier régional (EPF Paca) va changer de tête. Ce mardi a été publié au Journal officiel un appel à candidatures pour le poste de directeur général de l’établissement public chargé d’acquérir des terrains pour construire du logement social. Cela alors même que l’actuelle directrice générale Claude Bertolino, en poste depuis 2013, avait vu son mandat renouvelé pour cinq ans le 15 juillet 2023, et qu’un premier avis de vacance du poste avait été publié au mois de juillet dernier.

    Le changement de direction, prévu pour le mois de mai ou juin prochain, intervient au moment où s’accumulent les dossiers, après l’adoption d’un nouveau programme pluriannuel d’intervention 2026-2030. L’ordre de mission donne comme priorité le pilotage « à fort enjeu » des quatre opérations de requalification de copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-IN) à Marseille, mais aussi le rattrapage du retard sur la production de logement social dans les communes carencées alors que doivent être signés, après les municipales, de nouveaux arrêtés de carence, ainsi que l’accompagnement de la réindustrialisation et décarbonation du golfe de Fos « en facilitant la maîtrise du foncier à caractère économique et industriel ». Avec, pour agir, un budget de 190 millions d’euros dont 37 millions d’euros issus de la taxe spéciale d’équipement qu’ont refusé d’augmenter les collectivités, et une équipe de 93 salariés. Et pour la motivation, une part variable pouvant atteindre 25% du traitement « liée aux résultats obtenus au regard d’objectifs fixés annuellement par la tutelle ».

  • Aux Chutes-Lavie, le portail de la discorde en discussion

    Aux Chutes-Lavie, le portail de la discorde en discussion

    Après de nombreuses mobilisations des riverains contre la fermeture de la rue de la Pépinière, soutenus par le maire de secteur Didier Jau (Les Écologistes) et la mairie centrale, le dossier prenait le chemin de la justice. Mais, au dernier jour du délai de réponse au courrier du maire, le conseil d’administration a finalement accepté la médiation proposée.

    La voie de la raison

    Pour rappel, la fermeture de la rue qui traverse la cité et permet l’accès à plusieurs équipements publics ainsi qu’à un jardin municipal avait été imposée par l’assemblée des copropriétaires de l’ancienne cité-jardin progressivement mise à la vente, qui évoquait « des raisons de sécurité ». Un portail posé, puis soudé, en avait condamné l’accès à des centaines d’habitants du quartier.

    La mairie de Marseille avait alors pris le dossier en main et soutenu les riverains dans leur revendication de ce droit de servitude. La perspective d’un arbitrage judiciaire semble avoir amené les copropriétaires à préférer la voie de la discussion.

  • À Avignon, les enfants iront-ils encore à l’école le mercredi ?

    À Avignon, les enfants iront-ils encore à l’école le mercredi ?

    Cela reste un marqueur de la politique municipale conduite par Cécile Helle (PS) : être l’une des dernières villes à ne pas avoir abrogé la réforme des rythmes scolaires installée en 2014. Les enfants avignonnais fréquentent les écoles pendant 4,5 jours, mercredi matin inclus, permettant de dégager du temps pour des activités périscolaires. Un point dont s’enorgueillit régulièrement la première magistrate. « Je vois peu de questions sur l’école et la jeunesse dans cette campagne, interrogeait Cécile Helle lors d’un meeting de soutien à David Fournier avec Olivier Faure. L’accueil du matin et du soir restera-t-il gratuit, va-t-on supprimer les activités périscolaires, comment garantir aux enfants l’accès au sport, à la culture, à la citoyenneté? »

    Un sujet qui revient en filigrane dans cette campagne bien que depuis plusieurs années, un comité s’est créé militant pour le retour à 4 jours, soutenu notamment par FO Éducation. Un rassemblement en ce sens s’est d’ailleurs tenu samedi dernier. La majorité sortante est jusque-là restée inflexible, citant, dans un communiqué de novembre, le fait que les scientifiques et chronobiologistes s’accordent à dire que « l’organisation actuelle du temps scolaire ne correspond pas aux besoins biologiques et cognitifs des enfants ».

    Dès septembre ou à la rentrée 2027 ?

    Parmi les candidats, sans trop de surprise, David Fournier est le seul à défendre la mesure, martelant son utilité pour l’accès au panel de larges activités. L’adjoint au maire sortant souhaite toutefois « mener une large consultation avec les enseignants, parents d’élèves et enfants », alertant aussi sur les « incidences d’une suppression envers les animateurs ». Toujours à gauche, Mathilde Louvain (LFI) en fait un « premier acte de mandat » : « Mettre en place une vaste concertation concernant les rythmes scolaires ». Mais les éventuelles « évolutions ou alternatives » n’entreraient en vigueur qu’à la rentrée 2027 au vu du timing.

    À droite, Olivier Galzi attendra aussi la rentrée 2027 pour modifier les rythmes. Mais il compte bien revenir à 4 jours, « pour harmoniser Avignon, alléger l’emploi du temps des enfants et faciliter l’organisation des familles ». En parallèle, il entend « construire un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations, les acteurs culturels, sportifs et scientifiques ». Toujours à droite, en plus d’imposer « une tenue scolaire unique », Stéphan Fiori veut aussi revenir à la semaine à 4 jours. En 2027 était-il annoncé dans son programme mais, tout dernièrement 2026, a surgi. Anne-Sophie Rigault (RN) est aussi sur ce credo-là.

  • Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    « Habituellement, je dois faire 30 km pour aller voir ma sage-femme. Là, c’est elle qui se déplace pour me voir. » Partiellement en invalidité, Marie Grégoire doit d’habitude monter au fin fond de la vallée du Haut Verdon, en prenant une route difficile à pratiquer, gelée l’hiver, pour aller voir sa praticienne et faire sa rééducation du périnée. Mais lundi, c’est sa sage-femme, Nelly Vial, qui est venue à elle à Saint-André-les-Alpes à bord du tout nouveau bus santé, qui permet aux habitants de villages isolés de consulter des professionnels de santé.

    Trois jours par semaine, le bus santé, lancé lundi, fait sa tournée et dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon. À son bord, un praticien différent à chaque passage. L’équipe médicale est pour l’instant composée de trois médecins généralistes, une infirmière en pratique avancée, deux orthophonistes, une opticienne, un kinésithérapeute et une sage-femme volontaires.

    « On doit prendre une demi-journée à chaque fois qu’on va voir le médecin », déplore Béatrice Sindres, heureuse de découvrir le bus santé, elle aussi venue consulter la sage-femme. « Pour voir un cardiologue, il faut faire 1 heure de route », ajoute-t-elle. « Je dois prendre un jour à chaque fois pour aller à Manosque pour le suivi de ma thyroïde », abonde Céline Tissier, secrétaire du bus santé et habitante de Castellane. Dans cette commune, les délais sont généralement de quatre semaines pour voir un médecin généraliste. « L’été, c’est encore pire avec tous les vacanciers, la population passe de 1 500 à 25 000 habitants », ajoute la secrétaire. Marie Tani, autre patiente du bus santé, a elle dû aller à Nice pour se faire opérer la main. Lundi, pour la première tournée du bus, une patiente est même venue de Digne-les-Bains, à 45 minutes de route, ayant du mal à trouver des médecins même dans le chef-lieu du département.

    « On en a besoin, c’est bien de venir aux gens et de ne pas avoir des délais excessifs », se réjouit Karine, habitante de Castellane qui doit aller jusqu’à Draguignan, à plus d’une heure de route, pour consulter. Le bus permet notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite, qui ne sont plus en capacité de se déplacer, de consulter. Lundi matin, une patiente de 85 ans a pu consulter la sage-femme, sans rendez-vous, voyant le bus garé devant chez elle à Allons. « Bravo, c’est bien ! », lance une travailleuse du centre médico-social voisin, venue se renseigner sur la manière dont les personnes qu’elle suit peuvent prendre rendez-vous.

    Premier du département

    « Le bus santé est en phase d’expérimentation pour trois ans. Les communes desservies, majoritairement sur la communauté de communes Alpes Provence Verdon, ont été sélectionnées selon un diagnostic prenant en compte l’offre de soins locale », explique Vincent Kaskarian, coordonnateur du bus. Pour mener le projet a bien, l’association CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé) a eu des financements importants de la Région, de l’ARS, du programme européen Leader, de l’Assurance maladie, de la MSA et de la communauté de communes Alpes Provence Verdon. « L’objectif est que le bus puisse passer un ou deux jours de plus par semaine », ajoute le coordonnateur.

    Jeudi 12 mars, infirmière en pratique avancée à Rougon et à Trigance. Précisions, autres dates et prise de rendez-vous en ligne ou au 03.10.45.63.66.

  • Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    Var : deux expositions autour des Droits des femmes dans l’atrium de l’hôtel du Département jusqu’au 13 mars

    La première, à la fois chronologique et historique, est consacrée à l’évolution des Droits des femmes jusqu’à nos jours. La seconde est une rétrospective historique, est dédiée aux femmes scientifiques pionnières en matière de découverte et recherche : « Femmes et sciences : l’effet Matilda. » Elles ont été inaugurées ce lundi par Jean-Louis Masson, président LR du Département et Valérie Rialland, conseillère départementale.

    Jusqu’au 13 mars de 9h à 17h30. Atrium de l’Hôtel du Département du Var – 390, av. des Lices, Toulon.

  • La transformation massive du cours Sextius se poursuit à Aix

    La transformation massive du cours Sextius se poursuit à Aix

    Lancé en septembre 2025, l’imposant chantier de requalification du cours Sextius, au cœur du quartier Faubourg à Aix, commence à prendre forme. « À la clé, une piétonnisation progressive du quartier Faubourg et le renforcement de sa végétalisation », rappelait la Ville, au lancement des travaux.

    La première phase du chantier, qui attaquait le haut de cette artère, touche à sa fin et l’eau s’est remise à couler entre la fontaine des Thermes et la rue des Cordeliers. C’est dans ce secteur que doit naître le futur jardin des Thermes, le projet comportant un important volet végétalisation, qui promet « 2 700 m² d’espaces verts ». D’ici la semaine prochaine, les plantations qui composeront le nouveau Jardin des Thermes démarreront, indique la Ville, et la phase 2 devrait démarrer d’ici le printemps.

  • Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère de cinq enfants dans un immeuble en péril à Marseille

    Une mère isolée veut quitter l’immeuble en péril où elle demeure avec ses cinq enfants. En septembre dernier, le 25 rue Fongate (6e) à Noailles a été frappé par un arrêté de mise en sécurité, sans évacuation, pour des pathologies diverses dont la corrosion et la putréfaction des poutres dans les caves, des fissurations dans un logement et sur le mur de clôture limitrophe. Mise en demeure, la propriétaire de l’immeuble dispose de 12 mois pour réaliser une liste de travaux exigés par la mairie.

    « Depuis cet arrêté, on ne vit plus normalement. Les enfants ont peur. Ma plus jeune fait des cauchemars qui la réveillent. Mon deuxième garçon préfère dormir chez ses amis tant il a peur de rester dans l’immeuble », raconte Ilham Belbard, cette mère courage de 52 ans, qui porte encore son tablier de cuisinière du restaurant qui l’emploie. « Vous savez on a le souvenir de la rue d’Aubagne qui est juste à côté. Heureusement que je les ai mis au sport. » Le péril a suspendu le loyer de 954 euros.

    « Grande précarité domiciliaire »

    L’association de médiation Asmad du groupe Addap13 a alerté depuis longtemps les autorités sur la situation de « grande précarité domiciliaire » qui « s’aggrave de jour en jour » avec en novembre dernier « l’effondrement partiel du sol dans une des chambres », conduisant la mairie à demander de ne plus utiliser cette pièce. Le logement ne comporte plus que deux chambres pour une famille de cinq enfants. Un relogement adapté s’impose. « Il en va de la sécurité de la famille et du bien-être des enfants notamment mineurs », a écrit l’association tout en rappelant qu’un inspecteur de salubrité de la Ville avait émis en juin 2020 une mise en demeure pour non-décence du logement. Un rapport de 2021 des Compagnons Bâtisseurs Provence, missionnés par la CAF, diagnostiquait déjà l’« affaissement du sol dans une chambre » et conduisait à un constat de non-décence qui suspendait l’allocation logement versée au bailleur. Le propriétaire est décédé depuis. Sa veuve qui vit en dessous, s’est vue réclamer de la CAF un rappel de 23 000 euros d’allocations versées et reste redevable de 13 500 euros à l’égard de sa locataire. Des travaux ont remédié depuis à l’indécence, mais reste le péril. Entre-temps, en août dernier, la commission Dalo a reconnu pour la seconde année de suite le caractère prioritaire de sa demande d’attribution en urgence d’un logement social qu’elle réclame depuis huit ans et il lui a été proposé un logement T5, avenue de la Croix-Rouge (13e) relevant du contingent réservé de l’État auprès du bailleur social 13 Habitat. Ce qu’elle a accepté mais saisis de deux autres candidatures, la commission Caleol a préféré allouer le T5 à une autre famille.

  • Dans les coulisses de la grande collecte des Restos

    Dans les coulisses de la grande collecte des Restos

    Depuis vendredi, les camions arrivent chargés de palettes d’environ 500 kg en provenance des points de collecte du département. Ils sont accueillis sur la plateforme mise à disposition par la fondation du géant maritime, spécialement aménagée pour répondre aux besoins de stockage des associations caritatives. « On va traiter près de 300 palettes jusqu’à mercredi », estime Gérard, responsable du service approvisionnement des Restos, occupé à la pesée des arrivages, « parce qu’on doit des résultats aux enseignes ».

    Dans les 5 000 m2 que se partagent le Secours catholique, le Secours populaire, Andes et les Restos du cœur qui en occupent la moitié, une équipe d’une vingtaine de bénévoles des Restos et de la CMA-CGM se relaient, de 8h à 16h, sur la chaîne de logistique bien rodée. Ils trient, vérifient et répartissent les denrées alimentaires et les produits d’hygiène destinés à la distribution de colis essentiels aux 51 000 personnes aidées par l’association.

    Des produits frais en plus

    Après la pesée, la palette est débarrassée de ses 32 cartons que la petite armée de bénévoles éventre et répartit en catégories bien précises. « Dans les magasins, il y a un premier tri, mais parfois quelques erreurs, explique Mariam, qui sépare les boîtes de conserve de bœuf et de porc. On apporte aussi une attention aux dates de péremption. » La jeune femme participe pour la deuxième fois à « un petit effort de solidarité bien normal au regard des besoins ». Elle a répondu à l’appel d’un ami associatif « parce que j’avais un jour de congé et que les gens sont sympas ». À ses côtés, « c’est une première en entrepôt », confie Julia, employée du groupe CMA-CGM et bénévole dans le cadre du mécénat d’entreprise, « curieuse de voir l’autre côté de la logistique ».

    Les denrées sont reconditionnées dans leurs nouveaux cartons, étiquetées, passées au film et repositionnées sur le transpalette pour être embarquées en direction des huit allées de stockage bordées de rayonnages à quatre étages. « On a de l’espace, mais il faudrait toujours plus de moyens en bras et en achats de denrées pour mieux faire », lâche Alexandre, coordinateur de l’entrepôt solidaire, recruté spécialement depuis la mise en place du partenariat entre la Fondation et les associations en 2024. Le fruit de la collecte annuelle des Restos, « c’est trois semaines de distribution alimentaire », précise Alain Avezard, le président de l’association dans les Bouches-du-Rhône. « Nous approvisionnons entre 70 et 90 tonnes dans nos 47 centres par semaine et les besoins augmentent chaque année », regrette-t-il. Parfois des denrées manquent, « c’est conjoncturel, comme les œufs en ce moment », ou plus constant, « comme les produits d’hygiène pour femmes et enfants ». Le soutien du groupe logistique aux associations « a été renforcé par un don de 50 tonnes de produits d’hygiène infantile », se félicite Marion Dupuy, responsable de la Fondation.

    Au fond de la plateforme, les salariés du sous-traitant Onet remplissent les ventres de deux réfrigérateurs et d’un congélateur de 300 m2. Un autre avantage apprécié par Alain Evezard, heureux d’avoir pu abandonner les anciens locaux des Restos, bien « trop vétustes pour que nos bénévoles y travaillent dans de bonnes conditions et que les produits y soient stockés en toute sécurité ». Cet équipement professionnel, loué aux associations et dont 50% des frais de fonctionnement sont pris en charge par la Fondation, permet « d’emmagasiner les dons de fruits et légumes des producteurs locaux ».

  • [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?

    Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.

    L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?

    S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.

    Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…

    S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.

    L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?

    S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.

    L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…

    S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.

    O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…

    S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.

  • [Entretien] Vincent Arcusa : « Être un lieu de ressource, de vigilance, d’émancipation »

    [Entretien] Vincent Arcusa : « Être un lieu de ressource, de vigilance, d’émancipation »

    La Marseillaise : Vous teniez votre assemblée générale jeudi. Quels thèmes ont été abordés ?

    Vincent Arcusa : On a notamment présenté l’activité du comité d’action juridique de la Confédération paysanne du Var, qui vient en aide bénévolement aux paysans qui rencontrent des problèmes de cet ordre depuis 13 ans. La confédération nationale soutient d’ailleurs son développement dans tous les départements qui le souhaitent. On a parlé du foncier, problématique récurrente dans le Var, avec la difficulté d’accès pour les porteurs de projet et les enjeux de spéculations et d’opacité dans le fonctionnement des institutions. Le troisième sujet abordé a été la vie syndicale. Quand on fait de grosses mobilisations, il y a du monde, mais sinon, on sent un décalage entre le nombre de présents et d’adhérents, qui est en augmentation. Cette année, on a fait des conseils d’administration délocalisés, thématiques et ouverts pour aller à leur rencontre et entendre ce qu’ils ont à porter. L’idée est d’enclencher plus de proximité et mieux mailler le territoire.

    Vous avez également mis en place un temps d’échange et de formation sur les violences sexuelles et sexistes (VSS), une thématique que l’imaginaire collectif n’associe pas forcément au monde agricole.

    V.A. : À l’échelle du Var, il y a un groupe femmes qui existe en non-mixité, ce qui leur permet de faire des formations et d’aborder ces questions. Au dernier congrès national a été voté un protocole pour traiter les cas de VSS en interne dans le réseau. Avec de la formation, mais aussi d’avoir une ligne téléphonique pour faire intervenir des personnes référentes et traiter localement. Dans cette dynamique, il nous a semblé important de traiter cette question. L’une de nos adhérentes a décidé de passer un diplôme universitaire (DU) en se spécialisant sur la question des VSS en milieu rural. Elle a proposé d’animer un temps de formation et d’échanges. C’est un travail en cours, mais il était très important d’avoir un peu d’information descendante sur le sujet. Nous avons étudié quelques cas vécus par des paysannes. L’objectif était de trouver des moyens d’en sortir. Cela permet collectivement d’être plus attentifs à ces questions et, lors des événements qu’on organise en interne, de mettre en place des protocoles et que ces sujets ne soient pas mis de côté ou niés. Nous sommes désormais davantage capables de repérer et répondre aux cas de VSS.

    Dans un contexte agricole compliqué, entre accord de libre-échange avec le Mercosur et dermatose nodulaire, quels sont vos objectifs pour 2026 ?

    V.A. : Dans un contexte plus large de fascisation des politiques et des médias, notre syndicat va s’atteler à lutter contre la progression de ces idées et défendre nos collègues paysans. Il faut que le syndicat soit un lieu où on peut se retrouver et lutter contre ces mécanismes de domination patriarcale, sur le vivant, sur nos outils de travail. On veut faire vivre ces valeurs-là, pour lesquelles nos adhérents nous rejoignent. 90% des Français soutiennent les agriculteurs. On est une profession qui a une bonne image, car on ne gagne pas bien notre vie et on trime. Derrière, on a un vrai projet politique d’agriculture paysanne, qui n’est pas un projet agricolo-corporatiste : c’est un projet de société. On continuera de lutter en intersyndicale avec les autres corps de métier sur les mobilisations sociales, à s’opposer au RN, à l’extrême droite et toutes ses dérives. On veut être un lieu de ressources, de vigilance et d’émancipation.