Category: societe

  • [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    [Kallisté] Deux musées pour découvrir la Corse ancienne

    Au Musée d’archéologie de la Corse, à Sartène, les collections témoignent de la diversité des sociétés qui ont vécu sur l’île et de leurs échanges avec le monde méditerranéen. Objets du quotidien, vestiges d’archéologie sous-marine et statues-menhirs permettent d’en approcher les savoir-faire, les croyances et les modes de vie. La visite s’achève avec une vue remarquable sur la ville et les paysages alentour.

    Le Musée de l’Alta Rocca, à Lévie, resserre le regard sur les communautés qui se sont succédé dans cette région de montagne. On y découvre notamment la « Dame de Bonifacio », un squelette daté d’environ 6 500 ans avant notre ère, découvert en 1972 sur le site d’Araguina-Sennola. Les collections prennent tout leur sens lorsqu’on poursuit la visite sur le terrain : l’abri préhistorique de Curacchiaghju, le site fortifié de Cucuruzzu et la forteresse médiévale de Capula se trouvent à proximité. Une randonnée accessible permet de relier les deux derniers sites en deux heures environ.

    Du côté de Sartène, le site de Cauria prolonge lui aussi la découverte. Ses alignements de menhirs, I Stantari et Rinaghju, ainsi que le dolmen de Fontanaccia, donnent à voir une autre part du patrimoine préhistorique corse.

    Ces deux musées offrent ainsi deux façons de remonter le temps : à l’échelle de toute la Corse à Sartène, au plus près d’un territoire et de ses paysages à Lévie. Une belle occasion de faire suivre la visite des salles par celle des lieux où cette histoire s’est écrite.

    Gilbert Stromboni

    U CALENDARIU

    Du 25 septembre au 5 octobre

    Notre association sera présente à la Foire de Marseille sur le stand de la Maison de la Corse au village corse

  • [Le coin des idées] « Et pourtant communiste ! » de François Asensi

    [Le coin des idées] « Et pourtant communiste ! » de François Asensi

    Et pourtant communiste ! n’est pas seulement le récit de la longue vie politique de François Asensi, député et maire de Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, pendant trente-cinq ans. C’est le témoignage, sur une époque, d’un homme qui, après avoir consacré une grande partie de sa vie au Parti communiste français, continue de revendiquer une fidélité à ce que le mot « communiste » représente pour lui. Né en 1945 à Santander, en Espagne, dans une famille de républicains espagnols, son père rejoignit les Brigades internationales en 1938. À l’âge de deux ans, il part avec ses parents, réfugiés en France, où ils trouvent asile et chaleur dans le quartier du Landy, cette « petite Espagne » entre Saint-Denis et Aubervilliers.

    François Asensi appartient à une génération nourrie par le communisme et la lutte antifasciste, qui furent à la fois une culture, une communauté militante et une promesse d’émancipation. Son parcours est inséparable de celui d’une Seine-Saint-Denis populaire, profondément marquée par l’histoire du mouvement ouvrier. Engagé dès l’âge de 16 ans contre la guerre d’Algérie, responsable national de la Jeunesse communiste, membre de la direction nationale du PCF, il est élu, à 34 ans, premier secrétaire de la première fédération communiste du pays, puis devient suppléant du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale et maire de Tremblay-en-France de 1991 à 2026.

    Mais le livre est aussi celui d’une rupture. En 1985, il est limogé de son poste de premier secrétaire fédéral. François Asensi raconte les conflits internes, les désaccords stratégiques et démocratiques qui l’ont progressivement éloigné de l’appareil communiste, jusqu’au départ en 2010, de cet « insoumis » du PCF qui soutient aujourd’hui la candidature de Fabien Roussel à la Présidentielle. Le livre ajoute alors à la dimension autobiographique une réflexion profonde : peut-on quitter un parti sans renoncer à l’idéal qui nous y avait conduits ? François Asensi propose une réflexion sur ce que signifie militer, exercer le pouvoir local, rester fidèle à ses convictions, et lier une vie politique à l’utilité collective plutôt qu’aux honneurs. C’est ce quoi il s’est engagé dans sa commune pour y transformer la vie. Social, écologie, logement, sport, citoyenneté, solidarité internationale… on n’est pas réélu maire six mandats durant, par hasard. En 2023, François Asensi figure même parmi les neuf finalistes du prix World Mayor de la fondation The City Mayors, qui distingue les meilleurs élus locaux du monde. La formule « Avoir été peut-être utile » qui complète le titre, livre tout son sens.

    François Asensi (avec Valère Staraselski), Et pourtant communiste ! – Avoir été peut-être utile…, Éditions Télémaque, 2026, 247 p., 19 €.

  • À La Poste, la menace de fermetures en série

    À La Poste, la menace de fermetures en série

    « On n’a jamais vu ça », souffle-t-on auprès des différents représentants des salariés. Ces mercredi et jeudi, en comité social et économique (CSE), le groupe La Poste a présenté aux organisations syndicales un « projet d’actualisation de l’évolution du réseau 2026 » qui cible une liste de 40 bureaux dans la région susceptibles de « perspectives de transformations », à court terme. Un doux euphémisme pour parler de projets de fermeture ou de réduction de l’activité, dénoncent les organisations syndicales, alors même que 471 bureaux sont concernés à l’échelle nationale. Face à cette menace, le CSE a donc donné un avis défavorable au projet.

    En Provence Alpes-Côte d’Azur, ce sont les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse qui sont les plus touchés. Dans le premier département, ce sont 19 bureaux qui sont concernés sur les 91 actuellement ouverts selon les données du groupe, dont cinq pour la seule ville de Marseille. En Vaucluse, huit bureaux (sur 69 dans le département) sont visés, dont deux à Avignon. Il faut encore en ajouter deux pour les Alpes-de-Haute-Provence, trois dans les Hautes-Alpes, quatre dans les Alpes-Maritimes et autant dans le Var. Surtout, ce sont des quartiers populaires qui sont visés aussi bien à Aix-en-Provence (Encagnane), Avignon (Saint-Jean), Arles (Barriol) ou Marseille (Saint-Mauron, Saint-André, Frais-Vallon, la Capelette…). Les territoires ruraux ne sont pas épargnés, avec six communes de moins de 1 000 habitants touchées, de Fontaine-de-Vaucluse (585 habitants) à La Javie (376).

    Manque d’information

    « Les listes de bureaux de poste partagées aux CSE ne préjugent en rien de l’avenir de la présence de La Poste dans les territoires, tempère le groupe dans une réponse écrite à La Marseillaise. Elles recensent des sites sur lesquels La Poste pourrait engager une réflexion et concertation dans le cadre de sa convention tripartite avec l’État et les Maires de France, afin d’identifier les solutions de présence postale les mieux adaptées. » Pour le groupe qui affiche un bénéfice de 1,2 milliard d’euros en 2025, il s’agit de faire face à la numérisation du secteur, qui entraîne « une baisse continue de la fréquentation des points de contact postaux », avec un trafic quotidien divisé par près de trois entre 2008 et 2024 à l’échelle nationale. Mais quoi qu’il en soit, la société entièrement publique promet « le strict respect » de son contrat de présence postale territoriale signé avec l’État et l’association des maires de France, et de privilégier si besoin « la mutualisation avec les collectivités et relais commerçants ». Dans la région, un quart des points de contact sont portés par les collectivités (la moitié dans les départements alpins), un tiers par des commerces.

    Mais les explications du groupe ne convainquent pas les organisations syndicales. « Cette présentation laisse subsister une incertitude importante sur le devenir réel des établissements concernés », dénonce la délibération adoptée par le CSE ce jeudi. Cela d’autant plus que « ni aucune donnée économique ou sociale, ni aucun critère, permettant cette sélection n’a été portée à la connaissance des représentants du personnel ». Si le groupe se défend de mener tout plan de licenciements, les représentants des salariés alertent sur la diminution programmée des effectifs, et les conséquences des réorganisations et reclassements. De quoi motiver leur avis défavorable.

    Leur position est partagée par les usagers. Le collectif Vivent les services publics a interpellé dans un courrier le président de l’association des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani (SE), pour lui demander de poser la question sur la table lors du salon des maires ce vendredi. « La Poste, au-delà des opérations de courriers, représente le seul accueil de service public encore existant, (…) le seul organisme bancaire de proximité, accessible par tous dans les villages », écrit le collectif. Tandis que les mobilisations prennent déjà corps, à Marseille comme dans le Vaucluse.

  • [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    La Marseillaise : Cette année, la montée de l’extrême droite sera au cœur de la mobilisation ?

    Mia Ferret : Oui, cette marche de défense du droit à l’IVG et à disposer de son corps sera, cette année, un peu plus spécifiquement centrée sur la montée de l’extrême droite, sujet de préoccupation en vue des prochaines élections présidentielles, et sur la montée du masculinisme, notamment sur les réseaux sociaux.

    D’apparence, le RN est plus mesuré que par le passé, c’est toute sa stratégie de dédiabolisation. Mais c’est un parti qui reste structurellement extrêmement conservateur et constitue une menace pour les droits des femmes. Il vote contre toutes les avancées. À l’Assemblée nationale, le RN est le seul groupe où plus de quinze députés se sont abstenus ou ont voté contre la constitutionnalisation de l’IVG. Au Parlement européen, ses élus ont aussi voté contre plusieurs avancées concernant l’égalité salariale ou les violences de genre.

    Autre exemple : un député RN, Hervé de Lépinau, maire de Carpentras depuis le mois de mars, a supprimé toutes les subventions au Planning familial. Et c’est quelqu’un qui parle de l’IVG comme d’un génocide…

    Cette poussée de l’extrême droite, c’est aussi, très concrètement, le risque d’installation de ce qu’on appelle des centres Familya, portés et financés par le milliardaire ultra-conservateur, catholique intégriste et anti-choix Pierre-Édouard Stérin. Il souhaite installer dans les grandes villes des centres de santé sexuelle qui ressemblent aux centres du Planning familial, avec une volonté délibérée de confusion. En apparence, ce sont des lieux très neutres, mais ils portent en réalité une vision très normative de la famille et désincitent les femmes à avoir recours à l’IVG. Il y en a déjà cinq ou six en France. Pour l’instant, il n’y en a pas à Montpellier, mais il existe une volonté de s’y implanter. C’est une logique qui avance masquée.

    L’IVG est pourtant désormais inscrite dans la Constitution.
    Est-ce un filet de sécurité
     ?

    M.F. : Si un gouvernement voulait supprimer le droit à l’IVG en France, ce serait beaucoup plus compliqué, car il faudrait changer la Constitution. Mais il y a la question des moyens : si on ne donne pas assez de moyens aux hôpitaux publics – ce sont eux qui réalisent le plus d’avortements en France – et aux associations qui font du plaidoyer pour le droit à l’IVG, voire qui en réalisent comme le Planning familial, l’accès à l’IVG n’est pas garanti dans les faits.

    L’accès à l’IVG est donc fragilisé par le manque de moyens aujourd’hui en France ?

    M.F. : Totalement. On est dans une défense abstraite d’un droit concret. Au centre d’orthogénie de Montpellier, le mercredi matin, le téléphone sonne dans le vide tellement il y a de demandes et plus de places, car on manque de personnel. Et encore, on est en ville. Dans les zones rurales, avec la désertification médicale, certaines femmes n’ont même pas le choix de la méthode : chirurgicale (par aspiration) ou médicamenteuse. Or c’est important qu’elles aient ce choix, d’autant que la méthode médicamenteuse n’est pas toujours possible. Il faut aussi savoir qu’à certains endroits, il peut y avoir plus de trois semaines de délai pour décrocher un rendez-vous à l’hôpital. Ce qui est énorme compte tenu du délai légal maximal pour avorter (14 semaines).

    Quelles sont vos principales revendications ?

    M.F. : L’idée principale est une sanctuarisation du droit à l’IVG concret : que toutes les femmes puissent y avoir accès librement et gratuitement, comme le prévoit la loi, avec le choix de la méthode et un accès facile à un centre médical ou de santé. Cela passe par des moyens pour l’hôpital public et les associations. Il faut aussi une véritable politique d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à l’école. Certaines femmes n’ont jamais bénéficié de ces cours et ne savent pas ce qu’est une IVG ou qu’elles peuvent choisir de ne pas poursuivre une grossesse. Il faut une politique publique globale autour du droit à l’IVG, qui aille au-delà du symbole de la Constitution. Nous demandons également la suppression des jours de carence lorsqu’une femme est arrêtée pour une IVG.

    La lutte contre la désinformation devrait également être une priorité ?

    M.F. : Oui. Il existe une importante désinformation portée par les réseaux conservateurs et d’extrême droite. Une association qui désinforme sur l’IVG peut être poursuivie pour délit d’entrave. Au Planning familial, on le fait très régulièrement. Mais avec la baisse des moyens de la justice, ces dossiers ne sont souvent jamais instruits. Nous nous retrouvons démunis face à des personnes qui disposent, elles, de moyens importants. Pierre-Édouard Stérin par exemple, qui a une batterie d’avocats, est complètement protégé de ces questions juridiques. Or l’État devrait être en première ligne sur ces questions. De façon générale, il y a une marginalisation des questions féministes dans les politiques publiques qui date de nombreuses années.

    Entretien réalisé par Amélie Goursaud

  • [Recette] La daube du canonnier de Toulon

    [Recette] La daube du canonnier de Toulon

    Il vous faudra :

    – 2 kg de viande de bœuf type paleron avec du gras

    – 4 grosses carottes

    – Un oignon

    – 6 gousses d’ail frais

    – De l’huile d’olive

    – Du sel et du poivre

    – Une boîte d’anchois

    – Une bouteille de vin rosé de Provence

    – De la farine ou Maïzena

    – Des herbes de Provence

    – Des pommes de terre ou de la polenta

    Un plat estival semblable à une daube provençale classique qui remplace cependant le vin rouge par du vin rosé et à laquelle on intègre des anchois pour une recette terre, mer traditionnelle mais dont on ne se lasse pas.

    Une cuisson lente

    Dans l’idéal la préparation de votre daube du canonnier doit commencer la veille en faisant mariner la viande, les carottes coupées en tronçon, l’oignon émincé, les gousses d’ail, les herbes de Provence et un peu de sel dans le rosé toute la nuit. Si cela n’est pas possible, faites mariner le jour même pendant environ 6 heures.

    Une fois marinée, séparée la viande et les légumes du vin que vous gardez de côté. Faites revenir sur le feu vos bouts de viande en ajoutant un beau filet d’huile d’olive. Une fois qu’elle est bien revenue, vous pouvez la singer, c’est-à-dire ajouter deux cuillères de farine pour rendre votre sauce un peu plus sirupeuse. Mélangez bien et mouillez le tout avec le vin rosé que vous avez gardé précédemment. Salez un peu et ajoutez du poivre concassé. Mélangez et couvrez.

    Débutez à feu fort et dès que la marinade commence à bouillonner, feu doux. Faites cuire pendant quatre heures. Si vous avez une cocotte-minute, la cuisson sera d’une heure et demie.

    Un plat terre, mer

    Dès que c’est cuit, mettez une grosse poignée d’anchois dans la préparation. Liez la sauce avec l’anchois en le laissant fondre à feu doux pendant une dizaine de minutes. Une fois que c’est prêt, vous avez la possibilité d’y ajouter des olives noires, à votre convenance.

    Pour le dressage, mettez dans l’assiette deux belles louches de daube et servez avec de la polenta, de la purée ou même des pommes de terre bouillies. Bon appétit !

    PORTRAIT

    Grandes Gueules, le fait maison

    Une cheffe autodidacte, des produits locaux et de saison, une cuisine faite maison et surtout, une belle histoire d’amitié. Chez Chrystel et Sophie on ne plaisante pas avec le plaisir. Simplicité et authenticité sont les maîtres mots des Grandes Gueules qui à coup sûr, vous donneront envie d’y retourner !

    A.Lh.

    21, rue du Dr Escat 13006 Marseille

  • Concertation publique à venir autour d’une mutuelle communale à Gardanne

    Concertation publique à venir autour d’une mutuelle communale à Gardanne

    La mesure avait été promise pendant la campagne municipale. En conseil, ce jeudi, la majorité a mis en délibération une convention de partenariat entre la commune, le Centre communal d’action sociale (CCAS) et la mutuelle Just, en vue de la mise en place d’un dispositif de mutuelle communale. Objectif, « faciliter l’accès des habitants à une complémentaire santé à tarif négocié » et « contribuer à réduire le renoncement aux soins », précise Claire Campodonico, élue à la santé. Et de détailler : « La commune et le CCAS interviendront uniquement en qualité d’intermédiaire sans participation financière ni substitution à l’organisme de complémentaire santé. » Une consultation auprès de cinq mutuelles a été menée en amont. Dans l’opposition de gauche, si l’objectif d’accès au soin est partagé, l’existence d’un « dispositif public à destination des plus démunis : la complémentaire santé solidaire » est appuyée. « La première responsabilité de la commune et du CCAS est d’informer et d’accompagner systématiquement les habitants qui peuvent y avoir droit afin qu’aucun ne renonce à ce dispositif par méconnaissance. » Autre point soulevé par l’opposition, une mise en demeure de « corriger une défaillance dans le traitement de certains remboursements de santé », notée en mars 2026 par une « autorité de contrôle prudentiel et de résolution », selon Laurent Deshaies. « Des retards de paiement, c’est rentré dans l’ordre », appuie la majorité, qui appelle à se rendre, le lundi 12 octobre, à la Maison du Peuple, ou une réunion publique détaillera le dispositif. L’horaire reste à préciser.

  • [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    [Entretien] Maurice Marsiglia : « Il existe des tas de solutions »

    La Marseillaise : Quel est votre sentiment à l’annonce de cette décision ?

    Maurice Marsiglia : Très étonné. Pas par la finalité mais par le timing. On savait que la gratuité n’était pas acquise et on continuait à se battre pour son maintien et son extension. Mais on pensait avoir plus de temps. Le président de la Métropole avait signé un courrier au Premier ministre pour une augmentation du versement de mobilité. On le croyait dans une autre optique.

    Comment est perçue la gratuité ? On sent une colère mais aussi du fatalisme.

    M.M. : C’est quelque chose de très positif que tout le monde a intégré et on sent une opposition totale à sa remise en cause, ce qui nous laisse un espoir dans la bagarre qu’on va mener. Après, ce fatalisme est peut-être inhérent à notre société qui n’a plus obtenu de victoire sociale depuis longtemps. Donc on va informer le public et construire des mobilisations importantes. N’oublions pas qu’on a réuni jusqu’à 600 personnes alors qu’il n’y avait que des bruits. La seule question, c’est vers qui les orienter ?

    Un tarif social est mis sur la table ?

    M.M. : La SDL est contre. 30 à 40 % des gens qui pourraient bénéficier de cette tarification ne la demanderaient pas. Il faut oser dire, je suis pauvre. Et puis ça ne règle pas les problèmes de billetterie, de contrôleurs… Au final les économies qu’on peut faire avec la gratuité sont perdues.

    Quelles solutions vous avancez ?

    M.M. : Depuis des années on se bat pour l’augmentation du versement en mobilité : Au même niveau que la région parisienne, ce serait 220 millions. Une autre solution serait de récupérer les délégations de services publics qui arrivent à terme, en régie publique. Car les sociétés qui gèrent les DSP versent des dividendes à leur actionnaire et cet argent pourrait servir aux transports. Il existe des tas de solutions pour maintenir cet accès libre et l’étendre partout.

  • Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Des rencontres pour attirer les futurs dentistes

    Dans les Hautes-Alpes, décrocher un rendez-vous chez le dentiste n’est pas toujours une mince affaire. Mais ils sont de plus en plus nombreux à s’y installer : actuellement, 112 chirurgiens-dentistes sont en exercice sur le département, contre 97 en 2022. Pour continuer à développer cette offre de soin, l’Agence de développement des Hautes-Alpes et le conseil départemental de l’ordre des chirurgiens-dentistes sont allés en cette période de rentrée à la rencontre des étudiants de 6e année des facultés d’odontologie de Nice et Marseille.

    L’objectif était de leur présenter des opportunités concrètes : besoins de remplacement, possibilités de collaboration, praticiens prêts à accueillir des stagiaires et cabinets à reprendre. « La stratégie repose d’abord sur le stage », indique l’Agence de développement. Le conseil de l’ordre mobilise les dentistes souhaitant devenir maîtres de stage. De son côté, le Département contribue à lever un potentiel frein économique : les étudiants peuvent bénéficier de 600 euros pour leur logement, ou d’un logement départemental, et 200 euros pour leurs déplacements.

    Entre 2025 et 2026, huit étudiants ont effectué leur stage dans les Hautes-Alpes avant d’y réaliser des remplacements. « L’une d’elles exerce aujourd’hui comme collaboratrice à Gap, ce qui montre que cette première expérience peut déboucher sur une installation réfléchie, durable, avec un vrai projet de vie », explique Arnaud Bompar du conseil de l’ordre. Après ces rencontres, déjà une quinzaine d’étudiants étaient intéressés par une expérience dans le département.

    Agathe Di Lenardo

  • Au Val Pré Vert à Mimet, le pari de grandir mieux dans son corps

    Au Val Pré Vert à Mimet, le pari de grandir mieux dans son corps

    Ici, on parle « d’équilibre » plutôt que de régime, de « semer des graines », pas de remèdes miracles. Au Val Pré Vert, centre de soins médicaux et de réadaptation (SMR), enfants et adolescents atteints de diabète de type 1 ou d’obésité sont accueillis en hôpital de jour ou, pour les plus âgés, en hospitalisation complète. L’établissement, installé à Mimet, juste en face du centre de rééducation Paul Cézanne et d’une maison de retraite, se veut être un lieu « comme à la maison, éloigné de tout ce qui peut avoir un aspect médical », résume Géraldine Bettini, l’une des deux diététiciennes sur place, tout en désignant une cuisine ouverte, ou ateliers et repas partagés sont tenus, la salle de sport, un terrain de football au pied de la pinède et qui entoure l’établissement… Les chambres, hébergent cette année 22 internes, quasiment autant de filles que de garçons. Tous, avant d’arriver ici pour une durée d’environ neuf mois ont été adressés par le corps médical. Pour les jeunes en situation d’obésité, entre autres le réseau ObEP (Obésité de l’enfant et prévention) Paca.

    Encore méconnus

    « On est un établissement de santé, de soins, à vocation pluridisciplinaire, ce qui est important. Le nombre d’intervenants et de métiers différents est conséquent », précise Philippe Imbach, directeur de l’établissement. Un pôle d’infirmières, deux psychologues, des médecins pédiatres, des éducateurs, deux diététiciennes, une assistante sociale et deux enseignantes physiques et sportives s’associent pour « apporter une prise en charge globale du patient », l’accompagner à devenir « acteur de sa maladie », insistera, à plusieurs reprises, Philippe Imbach. Aujourd’hui association à but non lucratif, le Val Pré Vert trouve ses racines dès 1956, dans les Alpes, alors décrit comme « colonie sanitaire ». C’est en 2014 que l’établissement est délocalisé à Mimet, pour « répondre aux besoins spécifiques du territoire ». Depuis, si les équipes s’attellent à inculquer des bonnes habitudes alimentaires, animant divers ateliers autour de l’alimentation « la diététique n’est qu’une toute petite partie de ce que l’on fait ici », assure Géraldine Bettini. Mais aussi d’hygiène de vie, via un panel large d’activités. Une large part du travail, aussi menée avec les familles, dépasse le cadre clinique pour agir sur les dimensions émotionnelle, éducative et psychique, en partenariat avec l’Éducation nationale et l’ARS. « On vise un changement d’habitudes durable », poursuit Géraldine Bettini. Et pourtant, « notre établissement est méconnu », estime Philippe Imbach. Alors que l’obésité fait l’objet d’une attention croissante, notamment par sa progression chez les plus jeunes.

  • Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Vaucluse : le réseau électrique doit s’adapter au réchauffement climatique

    Au sein de la base aéronautique de RTE, gestionnaire d’une partie du réseau de transport d’électricité français, la chaleur, encore bien présente en cette fin septembre avec 30 degrés affichés ce vendredi 25 septembre, se voit aux traces de transpiration des employés qui s’occupent des hélicoptères. Et si les hommes en souffrent, le réseau aussi.

    Comme le rappelle Gilles Odone, directeur délégué de RTE, « les fortes chaleurs ont un impact sur la consommation d’électricité, mais ça a aussi un impact, ça on le sait moins, sur la capacité des lignes ». Une adaptation du réseau est donc nécessaire. Les dernières installations, qui ont une durée de vie d’environ 80 ans, doivent être adaptées à une augmentation de 4 degrés d’ici l’année 2100. Un programme de plus de 24 milliards d’euros est lancé pour adapter le réseau sur les 15 prochaines années.

    Les hautes températures rencontrées cet été ont aussi comme conséquence de détendre les câbles, qui parfois sont longs de plusieurs centaines de mètres. L’une des missions quotidiennes des hélicoptères est de contrôler l’état et la proximité avec des obstacles de ceux-ci à l’aide, entre autres, de radars. Une mission pour l’heure inaccessible aux drones, bien plus économiques. Ce, alors que RTE est le premier opérateur de drones en France. « La réglementation se durcit en France et les longs vols sont compliqués à mettre en place », concède Stéphane Duval, directeur des Services et Travaux Héliportés (STH). Les 100 000 kilomètres de lignes sont contrôlés chaque année.

    Lutte contre les incendies

    La gestion des incendies fait aussi partie du quotidien des pilotes d’Airtelis, filiale de RTE. Depuis 2020, des hélicoptères Super Puma sont mis à disposition de la Sécurité civile de juin à septembre afin d’intervenir rapidement sur les feux. Pendant l’été 2026, 300 missions ont été effectuées dans ce cadre. Dont, par exemple, l’important incendie dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Mathieu, pilote de RTE, est ainsi parti 7 jours cet été pour aider les pompiers sur place, avec un officier pompier à son bord. « On n’éteint rien tout seuls, on est une aide, on doit avoir l’autorisation pour chaque largage », détaille-t-il.