Category: societe

  • Le loup s’étend, et l’éleveur s’en défend

    Le loup s’étend, et l’éleveur s’en défend

    À la sortie du comité départemental du loup, Richard Logerot éleveur et membre de la Confédération paysanne estime que les mesures vont « dans le bon sens. Les mesures qui sont envisagées pour l’année 2026 sont encourageantes. Il y a des efforts de la part de l’État, et des entités représentées aujourd’hui, pour essayer de nous conforter ». Ce jeudi matin en sous-préfecture d’Aix, l’instance, créée en 2020, a réuni ses parties prenantes. Services de l’État, collectivités territoriales, représentants de la profession agricole et de l’environnement se sont rencontrés pour faire un point d’étape sur la présence du canidé dans le département, mais aussi un état des lieux des aides mises à disposition des élevages attaqués, au niveau local comme au national. Sur ces aides accordées aux éleveurs touchés, justement, depuis le 1er octobre, les pertes dites indirectes ont été revalorisées. « À effet immédiat, rappelle Mathieu Gatineau, sous-préfet de l’arrondissement d’Aix et référent loup pour le département. Au-delà des indemnisations, il y a la prévention (…) il y a à peu près 1,2 million d’euros de dépenses d’aides qui ont été versés pour la prévention dans les Bouches-du-Rhône l’année dernière. Cela concerne aussi bien le gardiennage que des chiens de troupeaux il y a en a 266 dans le département comme des mesures d’investissement liées à l’électrification ou la pose de clôture », poursuit le sous-préfet. Cette année, ce sont 72 attaques qui ont été recensées sur le département, pour un total de 150 victimes au sein des troupeaux ovins et caprins majoritairement. « Un chiffre globalement stable depuis 2022 », assure le sous-préfet. « On est sur un front de colonisation, ce n’est pas une nouveauté. La zone de présence du loup s’étend, ça ne veut pas dire qu’il y aura plus d’attaques ou que le loup sera plus agressif (…) » Aussi, il n’y a « jamais » eu de tirs enregistrés dans les Bouches-du-Rhône.

    Bovins, nouvelle cible ?

    « En 2025, le préfet a déjà accordé des tirs de défense simple, soit des autorisations de prélèvement pour des éleveurs qui auraient subi des dommages. (…) Jusqu’ici on avait accordé des tirs de défense, qui n’avaient pas donné lieu à des prélèvements : il n’y avait pas eu de loups tués (…) Le loup, même si son statut a changé, reste une espèce protégée et abattre un loup reste pénalement répréhensible [jusqu’à trois années de prison et 150 000 euros d’amende, Ndlr]. On est dans une approche graduelle et de bon sens », précise Mathieu Gatineau. Néanmoins, une nouvelle préoccupation émerge : celle des attaques lupines des élevages bovins. « Depuis 2024 on fait ce constat, qui ne fait que croître : le territoire est difficilement défendable. Le loup a analysé la façon dont on élève, il attaque, c’est un animal très intelligent, rapporte Juliette Fanot, éleveuse de taureaux à Istres et présidente de l’association Bovin13. La prédation n’est pas la même et l’Office français de la biodiversité (OFB) a du mal à faire des analyses et à déclasser les aides pour les bovins que nous n’avons pas encore en prévention, pas autant que le caprin ou le bovin. » Si ces attaques restent minoritaires : « Ce sont des situations qui vont être amenées à évoluer, au niveau de la prise en compte et charge des indemnisations, et c’est tout le travail que va faire le comité pour éventuellement adapter les conditions d’indemnisations sur ce type d’exploitations », assure Jean-Marc Fau, chef du service départemental de l’OFB. « Tout l’enjeu est maintenant de mobiliser l’ensemble des sachants et des organisations pros agricoles pour mieux comprendre ce phénomène », ajoute Charles Vergobbi, directeur adjoint de la DDTM des Bouches-du-Rhône. Selon le sous-préfet, le prochain comité loup devrait se tenir « sur le terrain, plutôt dans cette zone (ouest) du département ».

  • Les vœux des juges face au narcotrafic

    Les vœux des juges face au narcotrafic

    Le président du tribunal judiciaire de Marseille, Olivier Leurent, a redit jeudi lors de l’audience de rentrée son inquiétude devant « les atteintes graves et répétées à l’État de droit à travers la mise en cause de la légitimité des magistrats » et alerté sur « l’embolie programmée de la justice criminelle face à la montée de la criminalité organisée ».

    Les effectifs du Siège ont certes progressé de 138 à 146 magistrats avec l’engagement d’atteindre 151 magistrats en 2026, « décision prise par le garde des Sceaux lors de sa venue en novembre dernier à la suite de l’assassinat de Mehdi Kessaci, drame qui révèle l’urgence d’une réaction forte de l’État dans la lutte contre le narcotrafic », a souligné le président toujours préoccupé par l’état de son greffe : 40 postes seront vacants dans quelques semaines, dont 7 de greffiers ou cadres greffiers et 24 postes d’adjoints administratifs et techniques.

    La prégnance du narcotrafic se lit dans « l’explosion du nombre d’ouvertures d’informations en lien direct avec le narcotrafic » au sein des sections « délinquance organisée » et « Jirs ». « Quatre cabinets de la délinquance organisée gèrent en moyenne chacun 90 dossiers et une soixantaine de détenus ce qui génère un épuisement chez les greffiers et juges d’instruction, outre des risques procéduraux accrus en matière de détention », déclare Olivier Leurent qui a rendu un hommage appuyé aux « 11 collègues qui mènent cette guerre acharnée, parfois au péril de leur vie, souvent au détriment de leur équilibre personnel et familial ». Le quartier de sécurité annoncé à Luynes et dédié au haut du spectre de cette criminalité, est « attendu avec impatience ».

    Organiser l’exfiltration

    de mineurs victimes

    Le narcotrafic irrigue jusqu’au tribunal pour enfants qui a connu une augmentation de 18% des mineurs poursuivis. « Cette délinquance est marquée par des passages à l’acte de plus en plus violents, par le recrutement de mineurs dans les réseaux de narcotrafic, mineurs qui deviennent souvent victimes d’actes de torture et de barbarie, de séquestration voire d’assassinats. » En février, seront jugées les premières affaires criminelles Jirs pour des assassinats reprochés à des mineurs de moins de 16 ans, avec des modalités inédites de recrutements sur les réseaux sociaux et d’utilisation d’armes de guerre. Des mineurs victimes aussi de ces réseaux et parfois exposés à des menaces de mort. Une convention « pour organiser leur exfiltration et celle de leur famille, en lien avec la Ville de Marseille et les bailleurs sociaux », est en cours d’élaboration, a-t-il révélé.

    Le procureur de la République, Nicolas Bessone, a réaffirmé la stratégie globale d’attaque systémique pour enrayer le narcotrafic et « la contre-société qu’il veut imposer », soulignant le taux de 66% d’affaires élucidées, d’où par ricochet la baisse du nombre de narchomicides : 49 en 2023, 24 en 2024, 16 en 2025. « Nous sommes la juridiction la plus saisissante » : 50 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025 et 15 millions d’euros confisqués par jugement. La cellule anti-corruption créée l’an dernier instruit actuellement 21 dossiers.

  • À Malpassé, les locataires demandent des comptes

    À Malpassé, les locataires demandent des comptes

    Nous avons eu une réunion le 8 octobre dernier, mais nous n’obtenons pas de réponses satisfaisantes et ça traîne en longueur », déplore Nadia Zaimeddine, responsable de l’Aclo, et référente CGL à Malpassé. Avec une quinzaine de locataires des grands ensembles les Lilas, les Mimosas, les Oliviers de A à E, les Cyprès, les Bleuets, les Églantiers, du 13e arrondissement gérés par PML (ex-HMP), l’amicale est venue chercher des réponses directement auprès de la direction du bailleur social.

    Armés de pancartes décrivant « l’insalubrité des logements. Les façades sont jolies, mais derrière, les problèmes sont toujours là », résume Nacera Marif, responsable du collectif des locataires des Mimosas, les locataires ont dressé une liste revendicative à la Prévert. « Des ascenseurs en panne, des infiltrations de façades, des incohérences sur les relevés de chauffage du prestataire Prox-Hydro, des contrôles facturés sur nos charges, des travaux sur l’amiante en 2014 qui ont été abandonnés aux Mimosas, aux Églantiers et aux Cyprès, alors que nous n’avons pas les documents des expertises, aux Oliviers il n’y a même pas de prise de terre, le numéro d’urgence ne répond qu’une fois sur dix… »

    Un locataire en voie d’expulsion

    Ils sont aussi venus soutenir un cas plus personnel. Antoine Camparell, 73 ans, doit rendre les clés du T4 qu’il occupe aux Lilas le 31 mars. « J’y habite depuis 50 ans, avant le bail était au nom de ma mère, puis à celui de ma sœur, mais elle est décédée et PML refuse le glissement de bail à mon nom », explique le monsieur qui assure être à jour de ses loyers. Il y habite avec sa nièce de 30 ans et son neveu de 3 ans, les enfants d’un autre frère, également décédé. Sur ce point la direction de PML invoque le cadre légal de la procédure : « Les glissements de baux ne peuvent se faire que dans le cadre d’une ascendance ou descendance directe. La situation administrative est en cours de régularisation. » Cependant, « le locataire ne pourra pas se maintenir dans cet appartement, nous ne pouvons pas bloquer un T4 quand 30 000 demandes restent sans réponse chaque année ». Mais elle assure « rechercher une proposition adaptée à la situation de ce locataire », précisant toutefois qu’au « 14 octobre dernier, les neveux n’étaient pas domiciliés à cette adresse ».

    Pour les dysfonctionnements signalés, le bailleur social reconnaît « avoir déjà détecté le problème avec la plateforme d’urgence, nos services ont également eu du mal à joindre le numéro d’astreinte et une amélioration est en cours de traitement. Ce problème a provoqué des retards dans la remise en fonctionnement après une coupure électrique le 9 janvier à Villecroze ». Quant aux Oliviers, « la panne du 1er janvier sur une des deux chaudières a été réparée le 2 ».

    Quant aux relevés de Prox-Hydro ils « sont communiqués aux locataires sous contrat et ces questions sont traitées dans le cadre de réunions régulières avec nos responsables d’agences », précise-t-on. Enfin, la problématique de l’amiante a été soulevée « il y a 20 ans des travaux de désamiantage ont été engagés avec des relogements tiroirs, se défend PML, mais le coût était explosif et au regard de la pression sur le logement nous avons renoncé au désamiantage intégral, il n’y avait pas d’obligation ». Si la direction assure que la situation ne présente pas de danger pour les locataires aujourd’hui, elle reste attentive à tout signalement.

    Jeudi, à leur demande, les locataires ont été reçus. « Sans réponse satisfaisante, nous engagerons des procédures en justice », ne désarmait pas Nadia Zaimeddine.

  • Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Les organisateurs condamnent les dégradations en marge du cortège

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation », martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’« éléments infiltrés qui ont provoqué », ne prenant pas part à la manifestation déclarée. « Nos services d’ordre ont été dépassés », concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accrocs au départ des Réformés. « Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles », indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui « condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée ». La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés.

    Rue Saint-Ferréol, puis sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. « J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7e arrondissements Sophie Camard dans une série de messages postés sur X.

    « Provocations extérieures »

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’État turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des « partisans du groupe terroriste YPG/FDS », soit les forces armées kurdes qui combattent l’État islamique dans le Rojava. Puis, la fachosphère s’en est emparée et a instrumentalisé ces vidéos pour vomir sa haine anti immigrations. « Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daech dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens », tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan.

    « Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde », regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. « Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.

  • Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. «Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation», martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’«éléments infiltrés qui ont provoqué», ne prenant pas part à la manifestation. «Nos services d’ordre ont été dépassés »,concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accroc. «Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles», indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui «condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée».

    La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés. Sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. «J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7ème arrondissement Sophie Camard sur X.

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’Etat turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des «partisans du groupe terroriste YPG/FDS», soit les forces armées kurdes qui combattent l’Etat islamique dans le Rojava. «Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daesh dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens», tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan. «Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde», regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. «Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.

  • Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Une sensibilisation à la sécurité dans les lieux publics à Gardanne

    Questionnaire sous le bras, stylo en main, direction le Puits Moranda ce mardi pour Franck Richard, directeur de la prévention, sécurité et tranquillité publique et Lionel Biaggi, signataire des commissions sécurité, employé au service sécurité de la Ville. Ce matin, ces agents sont en charge de poursuivre la tournée dans les établissements dits de cinquième catégorie de la commune, soit en capacité d’accueillir moins de 200 personnes. Une mesure actée par la municipalité, à la suite d’un courrier adressé aux communes par le cabinet du Préfet qui appelait à une « vigilance renouvelée en matière de prévention des risques d’incendie » dans les établissements recevant du public, après le drame de Cres-Montana, qui a fait 40 morts et de nombreux blessés graves. « On n’oblige à rien, on vient, on constate… On a fait le choix de les accompagner. C’est beaucoup mieux, déjà parce que la réglementation est compliquée », explique Lionel Biaggi. « Dès le premier jour, on se rend compte que la démarche était nécessaire, constate Franck Richard. Mais à chaque fois l’accueil est parfait. On sent une volonté des gérants pour faire les choses bien. Le but n’est pas de les paniquer, mais il faut montrer qu’on ne peut pas laisser tout faire. Si c’est de la sensibilisation, il faut que ça reste pris au sérieux. »

    Sensibilisation seulement

    Chez Pia, premier arrêt de la matinée, extincteurs, issues de secours, compteurs électriques, portes coupe-feu et autres dispositifs sont vérifiés un à un. Petit à petit, les cases d’un questionnaire préalable confectionné par les services de prévention sont cochées. « J’avais déjà eu une première visite de courtoisie vendredi dernier, rapporte Pierre, gérant du lieu. Le sujet est important, je trouve que ces contrôles sont indispensables pour les cinquièmes catégories et honnêtement, j’ai apprécié l’approche. » Aucune obligation n’est imposée à l’issue des visites. Il appartient ensuite aux gérants des lieux de décider d’engager d’éventuelles modifications ou travaux. Floqué de l’insigne Police municipale, Franck Richard est forcé de rappeler, chez JeanJean cette fois-ci : « On est dans une l’idée d’échanger avec vous sur des règles de sécurité, voir des choses que vous ne savez pas, des choses que vous savez mais que vous ne faites pas bien… À la sortie, il n’y a pas de fermeture, c’est un accompagnement. Ce n’est pas une punition. » « C’est intéressant on apprend des choses qu’on ne connaît pas forcément. On n’y connaît rien. Quand on a ouvert, on a fait appel à des sociétés normalement spécialisées là-dedans, qui auraient dû nous dire tout cela. On ne sait pas, où mettre les extincteurs, etc. », explique l’un des associés du bar. « C’est intéressant, ça nous permet d’avoir du recul, et en tant que salariés d’être rassurés. Avec ce qu’il s’est passé, on a tous pris une claque et espéré que chez nous, ce ne soit pas pareil », conclut une salariée chez JeanJean. Plus qu’une soixantaine d’établissements à faire…

  • Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    Violences faites aux femmes : un fléau aux origines préhistoriques

    D’année en année, c’est toujours le même constat. Celui d’un fléau qui ne reflue pas. Selon le rapport publié fin novembre par l’Observatoire national des violences faites aux femmes, « toutes les 23 secondes une femme est victime de harcèlement, d’exhibition sexuelle ou d’envoi d’images à caractère sexuel. Toutes les deux minutes, une femme subit un viol ou une tentative de viol ». Le nombre de féminicides, quant à lui, « reste dramatique  ». Autant de vies brisées.

    Face à ce terrible constat, « je me suis interrogé : personne ne parle des causes. On traite les symptômes. Or en médecine, tant que nous ne soignons que les symptômes, nous n’avons pas progressé », explique le Dr Pierre Costa, ancien chef du service urologie-andrologie du CHU de Nîmes. « J’ai fait des recherches. Le document le plus complet que j’ai trouvé est celui de l’OMS, qui ne parle pas des causes spécifiques mais des causes du passage à l’acte, comme l’alcool ou le fait d’avoir été un enfant battu. En somme les facteurs favorisants », poursuit-il.

    Un enjeu de reproduction et de contrôle

    Aussi décide-t-il, il y a quelques années, d’entreprendre une étude inédite consacrée aux causes anciennes de ces violences, avec l’aide financière de la Région Occitanie et du Département du Gard. Il crée alors l’Association gardoise sur les causes des violences masculines liées au sexe, co-présidée par lui-même et le paléoanthropologue Pascal Picq, avec lequel il se lance dans cet ambitieux travail. « Il faut dépasser les explications simplistes et mobiliser toutes les connaissances disponibles pour identifier non pas une cause unique, mais l’ensemble des facteurs historiques, sociaux et culturels qui alimentent les violences faites aux femmes », précise Pascal Picq.

    Après plusieurs années de recherche, la première phase de cette étude, rendue publique le 25 novembre dernier à l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, livre les premiers enseignements sur les origines des coercitions et des violences envers les femmes.

    « Ça a commencé il y a à peu près 15 000 ans et ça s’est beaucoup renforcé il y a environ 10 000 ans, avec le passage aux sociétés agricoles. Tant qu’il y a eu la transhumance, les femmes étaient les égales des hommes. Cela a pris fin quand nos ancêtres se sont rendu compte qu’ils avaient intérêt à prendre possession d’un territoire et à le défendre », explique Pierre Costa. « Pour cela, il fallait être plus nombreux, donc avoir plus de femmes pour se reproduire. On a découvert des charniers avec des ossements exclusivement masculins, prouvant que les femmes du groupe avaient été kidnappées », poursuit-il. S’il y a eu d’abord coercition pour être plus nombreux, l’homme a ensuite « voulu être sûr d’être le père des enfants ». Il a donc voulu maîtriser la sexualité des femmes. « À partir de là, on les surveille. On les enferme. Elles deviennent des esclaves domestiques. L’homme s’accapare tous les biens, tous les postes de prestige : chasseur, guerrier, soldat… Sans parler du bénéfice sexuel, les femmes n’ayant pas leur mot à dire. C’est sur ces bases que les sociétés patriarcales se sont développées », détaille Pierre Costa.

    « Ce qu’il est important de noter, c’est que c’est un choix. Ce n’est pas la nature. Ce n’est pas une fatalité. On n’est pas obligés de taper sur nos femmes. La violence chez l’homme est une décision », insiste le scientifique, qui s’apprête à lancer la seconde phase de cet éclairage sur l’histoire longue du patriarcat et des mécanismes qui perpétuent ces violences. Elle se focalisera, cette fois, sur la période allant de l’invention de l’écriture à nos jours. « Je vais proposer à des experts dans différentes disciplines (économie, sociologie, lois et constitution, religions) de rejoindre le groupe de travail », indique le Dr Costa. Avec le souhait, à terme, « de mettre ce rapport à disposition des associations qui travaillent sur le terrain et de faire, avec elles, des recommandations d’actions qui prendront en compte les causes, afin d’agir plus efficacement ».

  • [Quoi de neuf] Thierry Teulade : « Soyons des citoyens engagés »

    [Quoi de neuf] Thierry Teulade : « Soyons des citoyens engagés »

    Françoise Verna : L’association Sakado* qui porte assistance aux personnes sans abri, né à Montpellier, vient de fêter son vingtième anniversaire en 2025. Vous en êtes le président. Rappelez-nous le principe de l’association et son développement ?

    Thierry Teulade : Le principe de Sakado c’est de remplir un grand sac de randonnée de 50 litres. Vous y mettez quatre kits : le kit chaleur, qui est le plus logique pour lutter contre le froid avec gants, bonnet, écharpe, etc. Ensuite, il y a le kit hygiène parce que c’est important que celles et ceux qui sont dans la rue puissent conserver un minimum d’hygiène. Et on sait particulièrement pour les femmes et les jeunes filles, c’est compliqué. Il y a aussi le kit festif parce que les sacs sont distribués autour des fêtes de fin d’année. Il n’y a pas de quoi véritablement se nourrir mais en France il y a de magnifiques associations qui permettent à ceux qui en besoin de se nourrir. Et nous avons le 4e kit, culture/communication. C’est celui qui me tient le plus à cœur car c’est le dernier lien social que celui qui est à la rue peut conserver au travers de livres, un jeu de cartes, des jeunes de société, des enveloppes timbrées, des stylos etc.

    Olivier Notalle: Les températures ont considérablement chuté ces dernières semaines notamment à Montpellier. Comment Sakado réagit ?

    T.T. : Oui, nous sommes dans une situation hivernaleaujourd’hui difficile. Sakado, avec une autre association, allons faire une autre maraude grand froid ce samedi 17 janvier à 18h avec des élèves du lycée Saint-Clément-de-Rivière. Vous savez que nous sommes très attachés à impliquer la jeunesse. Nous sommes agréés par l’Éducation nationale. En 2025, sur le plan national, nous avons fait 10 000 face-à-face pédagogiques. C’est-à-dire que nous avons mis des bénévoles de Sakado en face de classes, 10 000 fois en France, pour sensibiliser les jeunes à la précarité, aux risques de vivre dans la rue. La genèse de Sakado c’est d’aider celles et ceux qui sont à la rue et sensibiliser nos jeunes à la précarité.

    Françoise Verna : Vous avez aussi une mission importante : faire reculer les préjugés subis par les personnes sans domicile fixe ?

    T.T. : Cela fait partie du contrat moral. Il y a ce travail de déconstruction de l’image de la personne à la rue. Ce que je dis aux jeunes c’est lorsqu’ils voient une personne à la rue, ils peuvent déjà lui dire bonjour. C’est montrer à la personne qui est là qu’il est un vrai être humain, pas un invisible.

    Olivier Nottale : Vous êtes venus dans notre studio avec une grosse enveloppe qui a été postée des États-Unis et qui contient des cartes postales. Expliquez-nous de quoi il s’agit ?

    T.T. : On s’est rendu compte que c’était compliqué pour les petits gamins des écoles primaires de faire un sac à dos. C’est un bénévole de Grenoble qui a eu l’idée de leur faire réaliser des cartes postales, des cartes de vœux que l’on glisse dans les sacs à dos. C’est parti dans tout le réseau et nous avons des centaines d’écoles qui participent. Un jour, j’ai reçu un mail d’une école des États-Unis, dans le Michigan, dont les élèves apprennent le français et je viens de recevoir 170 cartes de vœux pour le projet Sakado.

    Françoise Verna : Vous faites aussi partie du collectif « Préservons la cité bergère »** et de l’association « Vive Montpellier nord ». La cité Bergère est la dernière terre agricole de Montpellier où un projet immobilier de 60 logements est prévu. Pourquoi cet engagement ?

    T.T. : Parce que justement c’est la dernière terre agricole exploitée à Montpellier, une terre nourricière, c’est du maraîchage. La réalité c’est que le discours tenu, à la fois par la Ville et la famille de maraîchers [qui a vendu le terrain, Ndlr], c’est qu’il va rester du maraîchage. C’est impossible, quand on voit les projets et les permis de construire.

    Olivier Nottale : Aujourd’hui, est-ce que le dialogue est possible ?

    T.T. : Il y a eu des tentatives de dialogue de la part des citoyens et nous, les associations, nous nous sommes mis volontairement en retrait de cette phase de dialogue . Il était important que la famille concernée, la commune voient que c’était une action citoyenne. Je sais qu’il a une grosse déception car les citoyens pensaient que les compromis étaient possibles.

    Françoise Verna : Nous sommes à deux mois du premier tour des élections municipales. C’est l’occasion de vous adresser aux candidats sur la cité Bergère ?

    T.T. : La solution est politique. Il faut que nous mettions en place cette démarche-là au sein du collectif et que nous fassions signer à chaque candidat un engagement écrit « Si je suis élu, je sauve la cité Bergère ». Il faut que cela soit un engagement fort, libre à eux de dire non.

    * Pour en savoir plus sur Sakado : site sakado.org

    **Réunion publique du collectif « Sauvons la cité Bergère » samedi 17 janvier de 14h à 16h, au Quartier généreux, 2, quai des Tanneurs, Montpellier.

  • Le Hérisson, centre de défense juridique solidaire, s’installe en fête à Avignon

    Le Hérisson, centre de défense juridique solidaire, s’installe en fête à Avignon

    Le Hérisson a trouvé son nid et organise sa crémaillère. On ne parle pas ici du petit animal aux innombrables épines, mais de l’inauguration, ce samedi 24 janvier, du lieu d’autodéfense juridique populaire lancé par plusieurs associations de la Coordination étrangers Vaucluse en octobre dernier.

    Ainsi, à partir de 17h30, concerts à gogo, restauration et buvette sont mises en place dans la cour de sa maison aux murs blancs pour célébrer cette installation. Car celle-ci marque une étape majeure pour les structures solidaires locales, avec une meilleure coordination des actions en justice.

    Ces trois derniers mois, après la promesse d’achat signée, se sont enchaînés des chantiers participatifs pour rénover le lieu et la récupération de matériels en tout genre pour être prêt à accueillir du monde en son antre. Une première assemblée générale s’est d’ailleurs déjà tenue ce vendredi 9 janvier. « Plus que jamais, nous avons l’impression que nos vies nous échappent, que les décisions majeures sont prises pour nous, sans nous. D’où parfois cette émotion collective, cet affect commun que la situation est très grave, très compliquée », précise le collectif dans un communiqué. Une campagne de financement en ligne est également lancée pour permettre à l’association d’acheter des parts de la SCI et du bâtiment. Avec, à terme, l’objectif d’une « autonomie financière » avec les adhésions des membres, l’organisation d’événements ou encore des fonds privés de l’économie solidaire.

  • Le dialogue de sourds se poursuit au centre hospitalier d’Avignon

    Le dialogue de sourds se poursuit au centre hospitalier d’Avignon

    La cérémonie des vœux du Centre hospitalier d’Avignon, qui était prévue ce mercredi 21 janvier en début d’après-midi, a été annulée. Dans un communiqué de presse, le centre hospitalier explique que l’événement « doit se tenir dans un climat apaisé », que « ces conditions ne semblent pas réunies » et refuse « que ce moment de concorde soit l’occasion pour certains de rentrer dans de vaines polémiques ».

    La CGT avait annoncé, en effet, qu’avec des soignants, elle allait profiter de l’événement pour interpeller la maire d’Avignon et présidente du conseil de surveillance, Cécile Helle (PS), en se basant sur les conclusions d’un rapport d’expertise d’un cabinet agréé. Le syndicat expliquait notamment ce mardi 20 janvier, lors d’une conférence de presse, que règne au centre hospitalier Henri-Duffaut « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins », notamment au bloc opératoire. Il décrivait également un directeur qui « persiste dans une logique exclusivement gestionnaire » sans « jamais évaluer la charge de travail réelle ». Pierre Pinzelli, le directeur, confiait à La Marseillaise avoir « l’objectif de ne pas créer de zones d’affrontements, de conflits ou de frottements, mais de travailler ensemble » et qu’il fallait « arrêter la personnalisation des choses car il y a une gestion déconcentrée des services ».  Les syndicats se sont bien mobilisés comme ils l’avaient prévu. Une vingtaine d’agents se sont ainsi présentés devant le directeur de l’établissement. Et la tension était palpable. Dans les bureaux de l’administration pour le confronter sur ces points, les salariés, avec les représentants des syndicats CGT, FO et CFDT en tête, ont été reçus par le dirigeant avec un « je suis en visioconférence donc je ne suis pas disponible », suivi d’un « vous ne disposez pas de mon agenda ». Avant de tourner les talons vers son bureau.

    « Attitude cavalière »

    Une réunion « en petit comité » de 2 à 3 représentants par organisation syndicale a été proposée par l’équipe de direction. Mais les syndicats ne s’y sont pas rendus. « Il ne dispose pas de notre agenda non plus. C’est facile de convier des gens et d’annuler au dernier moment. Des salariés ont attendu pour rien et doivent récupérer leurs gosses à l’école, donc on ne sera pas là à sa réunion », précise Patrick Bourdillon, secrétaire CGT du centre hospitalier, qui dénonce également « l’attitude cavalière » de son directeur. « On est sur les mêmes revendications. On ne veut pas revivre l’année précédente, qui était très difficile. Il ne prend simplement pas en considération le personnel », appuie Farid Benmohamed, représentant FO. « Le sujet est général et profond. À trois syndicats, on sera plus fort », confirme Ludivine Russo, responsable adjointe de la section CFDT de l’établissement.