Category: societe

  • Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Au bar l’Antre des jeux de Gap, les soirées coinche font carton plein

    Ce lundi soir à l’Antre des jeux, rue Notre Dame, les cartes glissent sur la dizaine de tables mises en place pour l’occasion. Sur chacune d’entre elles, deux binômes s’affrontent à la coinche, variante de la belote. Depuis 2022, le succès de ces soirées gérées par des bénévoles sans structure formelle ne se dément pas. Ce soir, Pierrette et Bernard, couple de retraités, sont venus pour la première fois. « C’est mieux que de rester chez soi devant sa télé, c’est l’occasion de jouer et de voir du monde, savoure ce dernier. Et puis on habite en centre-ville, on peut facilement venir… – Même si ce n’était pas le cas je t’y traînerai ! »,réplique Pierrette. Pour elle, c’est « vital » de sortir et de « voir de nouvelles têtes, de tout âge ». D’ordinaire, elle joue en ligne mais « c’est beaucoup plus impersonnel et il n’y a pas de discussions », explique-t-elle.

    Face au couple, Pierre est venu avec son binôme, Antoine, tous deux trentenaires. Après avoir fait connaissance, la partie démarre. « À la base j’étais venu jouer aux échecs une fois quand je suis arrivé à Gap, et, maintenant je viens à chaque soirée coinche et à l’Antre des jeux une à deux fois par semaine, explique-t-il. Je pourrais jouer à la maison, mais venir ici, ça aide les commerces du centre-ville, ça permet de garder la ville dynamique et puis, à force, on reconnaît des têtes. »

    Une activité chaque soir

    Pour l’Antre des jeux, le bar à jeux de société qui accueille une soirée coinche par mois, cela permet aussi de développer une clientèle fidèle, qui cherche plus qu’un bar classique. « On attire beaucoup une communauté de trentenaires qui veulent sortir sans craquer leur PEL, explique Joris, responsable du bar. Il n’y a pas tant d’endroits que ça où sortir alors on voit bien qu’on reçoit des clients qui veulent un peu se sentir à la maison. »

    Entre les soirées de découverte de jeux de société le mardi et le jeudi soir, les tournois de cartes à collectionner le week-end, les soirées des collectifs de jeu de rôle et la coinche, le bar, ouvert en 2023, a réussi à se créer un petit écosystème de groupes plus ou moins formels qui l’animent. « Concrètement, il n’y a pas un soir où il ne se passe rien », explique Joris. Un deal gagnant-gagnant qui se poursuit. Après un une soirée au bar le Pop Culture le mercredi 6 mai, les joueurs reviendront à l’Antre des jeux le lundi suivant, à 19h, comme toujours.

  • Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le débat concernant la détention provisoire du couple soupçonné d’être à la tête d’une communauté sioniste sectaire, qui devait initialement avoir lieu jeudi dernier et avait déjà été reporté à lundi, a de nouveau été reporté à ce mardi à 15h, a indiqué le procureur de Digne-les-Bains à La Marseillaise lundi. « Les délais sont courts et on n’a pas eu le temps de les voir pour discuter avec eux de la façon dont on aborderait le débat, donc on a demandé le renvoi », explique Me Patrice Reviron, l’un des deux avocats du couple.

    Selon la défense, « c’est un dossier qui repose sur des histoires exhumées des années 1990 en Belgique et des années 2000 jusqu’à 2021 en Suisse ». Le couple interpellé mardi dernier avait également fait l’objet de signalements et d’accusations dans ces deux pays. « Il y a eu une demande d’entraide internationale déposée en Suisse. Il y a une procédure actuellement dans ce pays. Cela fait plus d’un mois qu’ils savaient qu’il y avait une instruction ouverte contre eux en France », détaille Me Reviron. « Ils auraient pu fuir en Israël sans aucun problème, ils ont un logement en Israël, ils ont la nationalité israélienne », précise-t-il.

    Une autre enquête

    en Suisse

    Le ministère public du canton de Vaud, en Suisse, avait ouvert en 2022 une enquête pénale contre l’homme mis en cause, Philippe Angot, surnommé Haïm Goël, pour usure et contrainte, en raison notamment d’allégations de pressions financières sur certains de ses adeptes, selon le journal la Tribune de Genève. Huit plaintes avaient alors été déposées. L’enquête policière relevait que l’homme faisait « la morale à ses fidèles, s’immisçant dans leur vie privée pour pouvoir les manipuler et les diviser et n’hésitant pas à les humilier en public », rapportait la Tribune de Genève. La police constatait « que les membres finançaient le train de vie confortable du prévenu au détriment de leur propre situation financière, que plusieurs ex-adeptes avaient cru devenir fous, et que la plupart d’entre eux enduraient toujours des séquelles ».

    Selon leurs avocats, le couple avait quitté sa Belgique natale dans les années 1990, puis avait passé 20 ans en Suisse avant de revenir à Bellaffaire en 2023. Haïm Goël se revendique pasteur, à la pensée « à cheval entre le judaïsme et le christianisme, d’obédience messianique », précise Me Reviron. Âgés de 70 et 77 ans, les deux individus sont actuellement incarcérés à la prison des Baumettes à Marseille.

    Selon leurs avocats, le signalement qui avait alerté le procureur et qui était à l’origine de l’ouverture de l’enquête en décembre 2025 était « un signalement de la cellule renseignement de la gendarmerie », et non pas d’une personne se disant victime du couple. Une seule plainte a été déposée en France, selon eux. Les faits reprochés au couple concernent la période de 2020 à 2026.

    « On nous dit que tous les actes de la vie privée des gens doivent passer par la prière avec Philippe Angot. Ce n’est pas ça, c’est qu’il est préconisé, quand il y a des difficultés, de passer par une prière collective, mais ce n’est pas spécialement ni en présence de Philippe Angot, ni obligatoire », affirme Me Reviron. L’avocat comprend tout de même « qu’on considère que c’est une communauté et qu’ils ont certains rites ». Une troisième personne vivant et travaillant en Suisse est actuellement incarcérée en France.

    Le nombre de signalements pour dérives sectaires « reste stable » à « une quinzaine par an » dans le département, « contrairement à la tendance nationale », en augmentation, selon Fabienne Monmarson, sous-préfète et directrice de cabinet. La préfète pilote la lutte contre les dérives sectaires, avec la sensibilisation, le renforcement des sanctions et l’accompagnement des victimes, précise-t-elle.

  • Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Un foyer pour enfants fermé suite à de graves dysfonctionnements

    Il y a deux semaines en séance du conseil départemental, Dominique Santoni confiait : « Depuis que je suis sur les délégations de l’enfance, je vois des choses terribles. » La présidente LR évoquait aussi « le traumatisme profond » d’enfants placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE), au moment où le Département actait la création d’un centre d’appui à l’enfance, pour avoir une « montée en gamme de la qualité de l’accompagnement proposé aux jeunes placés ». Une structure en devenir d’une brûlante actualité à la lecture d’un arrêté conjoint préfecture-Département du 9 avril.

    Cosignée par Dominique Santoni, la décision vient suspendre pour six mois l’activité de la maison d’enfants à caractère social (Mecs) Le Regain, à Avignon, dont la gestion a été confiée en 2023 par le conseil départemental à l’immense groupe associatif Coallia, qui récuse la gravité des faits reprochés (lire ci-dessous). Cette suspension totale concerne les dix places d’internat, où des filles et garçons de 10 à 21 ans sont susceptibles d’être accueillis. L’arrêté précise que la seconde activité, de 19 appartements diffus, est « conservée dans l’attente d’un contrôle à venir ». Bien souvent ces enfants placés en Mecs ont été victimes de lourdes violences familiales et peuvent eux-mêmes avoir des problèmes comportementaux.

    Nourriture insuffisante et partage de lit entre mineurs

    Au Regain, ce ne serait visiblement pas là qu’ils ont trouvé le cadre idéal pour se (re)construire. Ce lundi, le lieu était bien désert en tout cas, avec aucun signe d’activité. Les premières alertes, remontées il y a deux ans, « mettent en évidence une désorganisation structurelle, une défaillance de pilotage de l’opérateur, un climat social délétère, des atteintes à la qualité de la prise en charge et des non-conformités réglementaires multiples ». La fermeture a été motivée par « un contrôle inopiné », mené le 2 avril, par la direction territoriale de la protection de la jeunesse (PJJ). Le rapport qui en a suivi, le 7 avril, fait froid dans le dos quant aux multiples dysfonctionnements, « révélant une persistance évidente de la gravité de la situation et de nouveaux constats alarmants ». Y sont notamment dénoncés, pêle-mêle : une absence totale d’encadrement, un turn-over massif des équipes avec un recours important à l’intérim, des activités éducatives limitées voire inexistantes, une inadéquation des moyens humains, des conditions matérielles d’accueil dégradées (accumulation de déchets et de linge sale, odeurs d’urine), présence d’objets dangereux (débris de verre), d’alcool et de produits stupéfiants dans certaines chambres. Mais encore « des manquements dans les besoins alimentaires ». Le rapport fait état d’une « une cohabitation dans une même chambre entre une mineure de 15 ans [16 d’après Coallia] et un mineur de 17 ans avec partage du même lit ».

    Cet état des lieux vient donc conclure deux ans de chaotiques procédures et d’échanges entre Coallia et les services du Département et de la PJJ. L’arrêté mentionne que « l’association n’a jamais répondu sur l’intégralité des sujets ». Et ils sont nombreux, au-delà déjà des faits évoqués. L’année 2025 a été émaillée « d’alertes récurrentes issues du voisinage révélant des agitations et des violences fréquentes au sein de la structure » ou « des sollicitations directes des voisins par des mineurs en difficulté ». Pire, des mineurs ont relayé aux services de l’ASE « des violences éducatives et des propos injurieux et à connotation sexuelle ». Cela signifie donc que si les faits sont avérés, le lieu censé protéger les enfants des violences les pratique aussi. Fin janvier, un incident est signalé pour des « faits allégués de maltraitance à l’égard d’une jeune fille » par une professionnelle. Le Département déclenchant derrière un signalement à la justice.

    Contactée, la collectivité (lire aussi ci-dessous) indique que les jeunes des foyers ont été relogés et suivis par leur référent ou éducateur. Dix mineurs « ont tous été réorientés vers d’autres opérateurs [dont 5 au centre enfance-famille 84] » quand « 2 autres faisant l’objet d’une mesure de placement pénale ont été accueillis sur une autre structure de la PJJ ». « Cela montre que quand on confie la gestion à un groupe privé lucratif, ça ne fonctionne pas », grince un agent des services de l’enfance, syndiqué CGT. À l’heure où la présidente du Département érige ce sujet en priorité, les futurs choix de gestion et moyens déployés seront scrutés de près.

  • Une journée pour penser le handicap, de la recherche jusqu’à l’action

    Une journée pour penser le handicap, de la recherche jusqu’à l’action

    Inscrite dans la démarche « Sciences & Société » de l’établissement, cette journée ouverte à tous investira la Maison de la Recherche, à Aix-en-Provence, ce 15 avril, de 9h à 19h.

    Chercheurs, professionnels, étudiants, acteurs associatifs et citoyens sont invités à échanger autour du handicap, « de la recherche académique aux actions de terrain ». L’événement mettra l’accent sur l’inclusion et les troubles du neurodéveloppement, en abordant des parcours de vie.

    échanges

    Parmi les temps forts annoncés, une conférence plénière sera consacrée à l’autisme et au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H). Plusieurs tables rondes interrogeront l’inclusion à l’école et à l’université, mais aussi la performance artistique du corps handicapé. L’initiative nationale Atypie-Friendly, qui vise à favoriser la réussite des étudiants présentant des troubles du neurodéveloppement, sera également présentée à travers des retours d’expérience.

    La programmation accordera une large place aux témoignages, avec aussi une séquence dédiée à la musique et à la musicothérapie, en présence de musiciens autistes. En fin de journée, le film Voir (sans les yeux), de Marie Mandy, fera l’objet d’une projection suivie d’un débat avec la réalisatrice. Une exposition dédiée aux aidants viendra compléter l’ensemble. Accessibles au grand public, les conférences bénéficieront d’une traduction en langue des signes. Les intervenants seront disponibles pour répondre aux questions.

  • Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    Après Chevignon et Pimkie, Amoniss s’empare de Jott

    C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés au CSE (comité social et économique) de Jott, la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’emblématique marque marseillaise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagné » a-t-il commenté, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion. Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des plus de 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe », estimait Damien Laine.

    Mode in Sud vigilant

    Amoniss, société d’investissement qui détient Chevignon et Pimkie, s’est positionnée avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros. Pimkie, « une des rares entreprises françaises à avoir fait un deal avec Shein » notait vendredi Jocelyn Meire, président de Mode in Sud, signataire d’un communiqué commun avec Jean-Luc Chauvin, président de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Aix-Marseille-Provence pour défendre la marque.

    « Jott a un avenir. Et c’est une bonne nouvelle » nuance-t-il ce lundi mais « dans un contexte où la filière mode est sous pression, chaque reprise dépasse la seule logique financière » estime-t-il, « la réussite de ce projet passera par sa capacité à s’inscrire durablement dans son territoire d’origine, (…) à dialoguer avec les acteurs qui en constituent l’environnement naturel ».

  • Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Un plan social « déguisé » et une attaque en règle des droits de représentation des salariés. C’est ce que dénonce la CGT Telecoms dans un communiqué sur la situation des centres d’appels de Free, désormais une marque du groupe Illiad dont le président-fondateur reste Xavier Niel. Par un savant principe de fusion de Centrapel à Paris, Certicall à Marseille et Equaline à Bordeaux, puis d’absorption, par une filiale, Protelco, rebaptisée « Free assistance », prévue pour le 4 mai, et la mise en place d’un GEEP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), l’entreprise se réorganise en profondeur. Au détriment des salariés, alerte Annabel Ros, élue CGT au CSE de Certicall.

    Parallèlement, des Free Proxi, mini-centres de 10 personnes, installés dans des appartements, ont été mis en place. Leur mission : répondre aux abonnés et les dépanner, les centres se consacrant aux abonnements pros. « Ils ont vidé les effectifs des centres, avec une baisse de trois quarts, de 4 000 en 2017 à 1 000 en 2025 », assure la syndicaliste, « à Marseille 48 personnes sont parties, 90% ont préféré quitter l’entreprise face une ambiance délétère, profitant de primes de départ supérieures au niveau légal. » Dans les « Proxi », sur « 400 recrutements, on dénombre 107 licenciements et une centaine de démissions », ajoute-t-elle.

    « Aucun collaborateur contraint » selon Free

    Sur le pont de 8h à 21h du lundi au dimanche, sans manager mais avec un « coordinateur », ces petites cellules « plus pratiques quand il s’agit de travailler ensemble ou de partager une pizza », vante Xavier Niel, donnent lieu à de l’isolement, des intimidations avec « entretiens préalables au licenciement fréquents » et des difficultés pour s’organiser syndicalement déplore Annabel Ros. Dans les centres, « des accords sont en cours, puisque la fusion fait tomber tous les mandats, mais on nous propose trois fois moins de représentants qu’actuellement, nous avons décidé d’attaquer en justice », explique-t-elle, soupçonnant « une volonté de se débarrasser des élus ». Après une audience à Bordeaux ce lundi 13 avril, c’est à Marseille que se tient la seconde ce mardi.

    « Free fait le choix de rassembler ses deux équipes d’assistance abonnés, les centres de relation abonné et Free Proxi, au sein d’une structure unique [pour] mettre fin aux silos (…) et mieux servir nos abonnés », se défend la direction du groupe. Mieux, il s’agit pour les salariés d’« une vraie opportunité et une attente », assure-t-elle. Sur le GEEP, signé en 2025, il « repose sur un double consensus social, négocié et signé par la majorité des organisations syndicales représentatives, et intégralement fondé sur le volontariat », insiste Free, assurant qu’« aucun collaborateur n’est contraint de changer de poste ». Mieux, nombre d’entre eux « ont saisi avec enthousiasme l’opportunité de rejoindre ce nouveau modèle ». Free en veut pour preuve des effectifs qui entre 2024 et 2025, « ne sont pas en baisse ». Et de préciser que 195 Proxi ont été déployés en France.

  • Pas de procès expéditifs pour les robes noires

    Pas de procès expéditifs pour les robes noires

    Les premières gouttes de pluie ruissellent contre la façade du Palais de Justice (6e). Il est 13h20. Une légère brise agite les pancartes des robes noires regroupées sur les marches du Palais Monthyon. Ce midi, une centaine d’avocats, magistrats et greffiers se mobilisent contre le nouveau projet de loi Sure (« sanction utile, rapide et effective »). Alors que le texte est en cours d’examen au Sénat, une partie du Barreau proteste devant la chambre du Parlement à Paris.

    Une justice expéditive

    Dans les Bouches-du-Rhône aussi, les représentants de la justice comptent bien exprimer leur désaccord. Muni de son mégaphone, le bâtonnier de Marseille, Mathieu Jacquier, hausse le ton : « Le barreau de Marseille s’oppose au projet de loi. Il appelle le législateur à y renoncer. Le processus criminel n’est pas un temps de gestion des flux mais l’expression pleine et entière des victimes », conteste-t-il. Pas de négociations prévues pour le représentant du barreau de Marseille qui revendique la suppression totale et définitive du texte. Un texte qui défendrait une justice « expéditive », presque « commerciale », pour Laurence Brisson déléguée locale et régionale du syndicat de la magistrature. Et d’indiquer : « Le plaider-coupable criminel consiste à privatiser la condamnation de l’accusé. La victime est mise de côté, la participation des citoyens n’est plus requise. C’est libérer des dossiers en attente de procès le plus vite possible et accepter de revenir sur tous les principes historiques de la justice criminelle. » Plus de Cour, plus de débat, seulement une négociation entre le parquet et l’accusé. C’est ce que demande le ministre de la justice dans son volet CRCP (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité déjà effective pour les délits depuis 2004).

    Mesure contre laquelle Zoé Poncelet, présidente du Syndicat des avocat(e)s de France s’oppose fermement. « Nous refusons qu’un procès criminel soit plus court qu’une pause déj. C’est un acte essentiel qui permet à la victime d’avancer et au coupable de comprendre la gravité de ses actes », déclare-t-elle face à la foule.

    Des procès à la chaîne

    Plus qu’une simple condamnation, un temps de débat, de discussion que François Sartre, avocat pénaliste reconnaît essentiel. « En cour d’assises nous assistons à de nombreux rebondissements. Si nous ne laissons plus la partie civile s’exprimer, elle ne peut plus faire son deuil. Cela peut engendrer de nombreux suicides », dénonce-t-il. Un procès à huis clos. Entre les quatre murs du bureau du parquet. La victime aurait 10 jours pour accepter ou non la négociation. Un délai jugé bien trop « court » pour Zoé Poncelet qui suit de près la grève du zèle lancée par le Conseil national des Barreaux. « Notre désaccord est marqué par une semaine de justice morte, nous avons renvoyé tous les dossiers juridiques. Il n’y aura pas de désignation de Commission d’office jusqu’à vendredi », rappelle-t-elle.

    Pour l’heure, Laurence Buisson atteste « qu’aucune nouvelle date de mobilisation n’est prévue cette semaine ». Malgré tout, la grève se poursuit et le corps judiciaire opposé au projet de loi compte bien continuer à exprimer son opposition « féroce et déterminée ». Le Conseil de l’Ordre du Barreau de Marseille se prononcera mardi 14 et les revendications devraient être maintenues selon le vote du Sénat.

  • Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    Marseille : après Chevignon et Pimkie, Jott tombe dans l’escarcelle d’Amoniss

    « C’est incompréhensible ! » Pour Damien Laine, représentant des salariés de Jott au CSE (Comité social et économique), la décision du tribunal de commerce de Marseille, rendue ce lundi 13 avril, de confier l’avenir de l’entreprise de doudounes au groupe Amoniss, ne passe pas. « La voix des salariés n’a pas été écoutée, la finance a encore gagnée » a-t-il commenté à chaud, craignant un rapprochement avec des poids lourds de la fast fashion.

    Après un vote organisé auprès des employés des magasins et du siège, près de 70% du personnel soutenait l’offre dite « Mars », proposée par une partie de l’équipe dirigeante actuelle et Nicolas Gourdikian, un des membres fondateurs de l’entreprise, moins disante en termes de reprise de salariés avec 34% des 200 employés gardés, mais « beaucoup plus familiale, un retour à l’ADN du groupe » estimait Damien.

    Le groupe Amoniss, société d’investissement qui détient déjà Chevignon et Pimkie, s’est positionné avec la reprise de 77% des effectifs et un investissement de trois millions d’euros.

  • Décès de Christine Ruiz Picasso à Viens

    Décès de Christine Ruiz Picasso à Viens

    Elle était la femme du fils aîné du peintre. Elle a participé à des initiatives culturelles de la mairie du village. Elle venait durant un temps faire ses courses à Apt, et, notamment à la boucherie chevaline Roux (fermée depuis quelques années). Les propriétaires nous avaient confié qu’ils avaient des relations amicales avec elle et confirmé sa discrétion. La Marseillaise avait eu la chance de la rencontrer à une exposition à la chapelle Saint-Ferréol située au bas de la route de Viens. Elle s’était impliquée dans sa restauration. Nous saluons sa famille, ses amis, et les gens du village qui la connaissaient. Voilà une figure emblématique qui disparaît et qui laissera un souvenir indélébile dans la mémoire locale.

    José Vincentelli

  • À Montpellier, la caisse alimentaire commune recrute !

    À Montpellier, la caisse alimentaire commune recrute !

    Un projet solidaire qui promeut une alimentation saine pour tous. C’est l’esprit de la Caisse alimentaire commune, lancée à Montpellier en 2022 par un collectif d’associations et d’organismes de recherche, rejoint par la Ville et la Métropole. Une expérimentation inspirée du projet politique de la Sécurité sociale alimentaire, dont les initiateurs tirent un premier bilan positif.

    D’une cinquantaine de personnes au départ, le dispositif s’est élargi à 500 foyers participants et ambitionne de franchir, d’ici la fin de l’année, le cap de 800 à 900 cotisants grâce à un appel à participation au long cours. Les volontaires peuvent d’ores et déjà candidater*. Des tirages au sort, établis à partir de critères destinés à maintenir la diversité des publics et les financements, auront lieu chaque mois (prochain tirage au sort le 20 avril, il faut avoir candidaté avant le 14) pour sélectionner les nouvelles recrues.

    Le système est le suivant : chacun cotise mensuellement en fonction de ses moyens et reçoit un budget alimentaire en fonction de la composition de son foyer. Le montant des cotisations n’est pas imposé, mais suggéré par un guide élaboré par le comité citoyen, instance démocratique qui gère la caisse. À titre d’exemple, pour une famille monoparentale avec deux enfants disposant de 1 800 euros de revenus – « une situation assez classique », selon la sociologue Pauline Scherer, cheville ouvrière du projet – la cotisation mensuelle suggérée est de 55 euros pour toucher 180 MonA (équivalent de 180 euros). Créée en partenariat avec la monnaie locale La Graine, cette monnaie alimentaire (MonA) est utilisable dans un réseau d’une soixantaine de points de vente conventionnés selon une diversité de critères, notamment la qualité des produits.

    50% des participants sous le seuil de pauvreté

    « J’étais dans une situation financière difficile. Non seulement ce soutien économique m’a aidée à dépasser la galère dans laquelle je vivais, mais désormais j’achète des produits qui sont bons pour ma santé et celle de mes enfants. Avant ce n’était pas possible », témoigne Samira, 53 ans, membre du comité citoyen et expérimentatrice de la première heure. « Pour les gens qui ont peu de moyens, la caisse peut vraiment changer la donne sur la vie quotidienne », confirme Pauline Scherer à partir des premiers résultats issus de l’étude qu’elle conduit sur le projet. La caisse alimentaire commune a d’ailleurs fait le choix de surreprésenter, parmi les participants, les personnes en situation de précarité. « 50% vivent sous le seuil de pauvreté, ce qui n’est pas représentatif de la population de Montpellier, autour de 19% », indique la sociologue. En revanche, 25% des foyers cotisent plus qu’ils ne reçoivent. Une proportion que les animateurs du projet aimeraient voir grandir, la caisse restant, aujourd’hui, financée à 50% par des subventions publiques (État, Ville, Métropole, Département, Région).

    * contact@caisse-alimentaire-commune.fr