Category: societe

  • La nouvelle ressourcerie d’Aubagne, petit poucet du réemploi

    Un choc de cultures ? On pourrait le penser. Au cœur de la zone commerciale de la Martelle, entre des grandes enseignes et l’hypermarché Auchan « qui est l’un des plus gros de France », selon Margot Girard, directrice de Evolio, l’association vient d’ouvrir une nouvelle boutique. Tout comme le site « historique » de la ressourcerie Le Dirigeable, que gère Evolio dans la zone industrielle des Paluds. « Tout ce qui est vendu ici, a déclaré un peu avant Cynthia, encadrante du futur atelier bois sur place, objets, meubles, habits, vaisselle, électroménager, livres (…) a été déposé par des particuliers. On y trouve aussi des objets, meubles, créés à partir de matériaux récupérés. » Tous ces objets ont été auparavant triés, nettoyés, réparés, façonnés parfois par « les salariés en parcours vers l’emploi que nous accompagnons », étaye Éric Naville, directeur du Dirigeable. « La boutique, située entre KFC et Auchan, fait 391 mètres carrés. Nous avons également des bureaux, et 120 mètres carrés d’ateliers dédiés à l’accueil du public », ajoute-t-il.

    Petit poucet et grandes enseignes

    Pour Margot Girard, l’ouverture de ce nouveau lieu « est une belle réussite. Un bel aboutissement. Le projet a été initié en 2021. Nhood* et Ceetrus, qui sont les propriétaires du site sont venus nous chercher car ils voulaient faire un lieu qui ait du sens social et solidaire. Cela nous permet de toucher un grand public que l’on ne touchait pas avant ». Elle relève : « Être au cœur de cette zone nous permet de faire des passerelles pour que nos salariés en insertion puissent trouver un débouché, un emploi, ce qui est notre vocation. Nous allons en effet pouvoir rencontrer les directeurs des grandes enseignes autour, et mettre en relation les compétences de nos salariés et les postes qui se libèrent. » Dès l’ouverture, hier, le lieu a été pris d’assaut. Pour faire de bonnes affaires, « le neuf étant hors de prix », pour se faire plaisir. Face à l’affluence, Eric Naville commente : « Le rôle citoyen de ce lieu, j’y crois à fond. »

    * Opérateur immobilier créé par l’association familiale Mulliez (Auchan, Décathlon…)

  • Une soirée en soutien à la Coopérative agricole Retaj, située en Cisjordanie

    La soirée était prévue avant même que le Hamas et Israël ne signent une première phase d’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Ce jeudi soir, dès 18h30, dans ses locaux du Cours Forbin, le PCF co-organise une soirée en solidarité avec le peuple palestinien. Plus particulièrement, en soutien à la Coopérative agricole féminine Retaj, originaire de Cisjordanie. L’association Stop Arming Israël, qui entretient des relations étroites avec la coopérative, est à l’origine de la tenue de cet événement. « Si l’on se réjouit des avancées qui se font pour une possible paix, on veut tout de même alerter sur la situation de la population palestinienne et encourager la population à participer localement pour soutenir cette cause (…) surtout, à participer au désarmement d’Israël », souligne Claude Jorda (PCF), élu d’opposition au Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB). Au programme de cette rencontre ouverte à tous donc, une visioconférence entre le public et les fondatrices de la Coopérative agricole Retaj, ainsi qu’une diffusion de « photos récentes rendant compte du nettoyage ethnique ». Puis une sensibilisation aux différentes « formes de résistances populaires » palestiniennes sera présentée au cours de la soirée. La rencontre se conclura par une lecture de poèmes palestiniens, traduits en français. Un buffet au prix libre sera ensuite servi. Les bénéfices seront reversés en solidarité à la Coopérative agricole Retaj.

  • Une soirée en soutien à la Coopérative agricole Retaj, située en Cisjordanie

    Une soirée en soutien à la Coopérative agricole Retaj, située en Cisjordanie

    La soirée était prévue avant même que le Hamas et Israël ne signent une première phase d’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Ce jeudi soir, dès 18h30, dans ses locaux du Cours Forbin, le PCF co-organise une soirée en solidarité avec le peuple palestinien. Plus particulièrement, en soutien à la Coopérative agricole féminine Retaj, originaire de Cisjordanie. L’association Stop Arming Israël, qui entretient des relations étroites avec la coopérative, est à l’origine de la tenue de cet événement. « Si l’on se réjouit des avancées qui se font pour une possible paix, on veut tout de même alerter sur la situation de la population palestinienne et encourager la population à participer localement pour soutenir cette cause (…) surtout, à participer au désarmement d’Israël », souligne Claude Jorda (PCF), élu d’opposition au Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB). Au programme de cette rencontre ouverte à tous donc, une visioconférence entre le public et les fondatrices de la Coopérative agricole Retaj, ainsi qu’une diffusion de « photos récentes rendant compte du nettoyage ethnique ». Puis une sensibilisation aux différentes « formes de résistances populaires » palestiniennes sera présentée au cours de la soirée. La rencontre se conclura par une lecture de poèmes palestiniens, traduits en français. Un buffet au prix libre sera ensuite servi. Les bénéfices seront reversés en solidarité à la Coopérative agricole Retaj.

  • Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Au sommet du monticule pas encore goudronné qui sera, à l’été 2026, l’un des nouveaux ponts du carrefour de Bonpas, Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, se réjouit ce mercredi 15 octobre de l’avancée du « plus grand projet » de sa mandature, à l’occasion d’un premier point d’étape de celui-ci, lancé en mai dernier.

    « Pour l’instant, on est dans les délais », confirme fermement au micro, devant des dizaines d’élus, d’employés et d’ouvriers, Valérie Verrier, conductrice d’opérations du service Maîtrise d’ouvrage du Département. Un ouvrage qui devrait donc être mis en service avant l’été prochain. Ce n’est cependant pas la première partie qui sera terminée. En effet, le giratoire permettant l’accès à l’autoroute A7 devrait être achevé dès cet hiver. « Nous n’avons pour l’heure pas eu de surprises », confirme Hervé Beynet, conducteur du service de maîtrise d’ouvrage du Département de Vaucluse.

    Contraintes multiples

    Et ce, même si de nombreuses contraintes pèsent sur ce projet censé régler le « nœud routier majeur de Vaucluse », comme le présente le Département.

    La plupart sont déjà connues, telle que la nécessité de maintenir la circulation. Et ce, grâce à la construction d’une route temporaire qui sera ensuite réutilisée comme une voie moins fréquentée. Mais aussi, ce que Hervé Beynet qualifie de « la plus grosse » contrainte du chantier, à savoir le canal EDF. Celui-ci, qui permet l’irrigation de cultures sur le territoire, doit être curé, démoli puis reconstruit. Mais cela n’est possible qu’en période dite de « chômage » de celui-ci, ce qui ne se tient que pendant deux petits mois en hiver. « Et vu sa taille, on ne peut pas tout faire d’un seul coup », confie le conducteur du service. L’opération sera donc réalisée en deux temps, en 2026 et 2027, pendant le laps de temps où celui-ci est vidé en hiver. Mais aussi des imprévus, comme par exemple la grue qui a dû être abaissée… à cause de l’aéroport à proximité. Cela, toutefois, sans conséquence, la situation ayant été réglée avec une grue plus petite, un drapeau à damier rouge et blanc permettant de la signaler aux pilotes en journée, ainsi qu’un signalement lumineux la nuit.

  • Avignon : premier point d’étape du chantier de Bonpas

    Au sommet du monticule pas encore goudronné qui sera, à l’été 2026, l’un des nouveaux ponts du carrefour de Bonpas, Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, se réjouit ce mercredi 15 octobre de l’avancée du « plus grand projet » de sa mandature, à l’occasion d’un premier point d’étape de celui-ci, lancé en mai dernier.

    « Pour l’instant, on est dans les délais », confirme fermement au micro, devant des dizaines d’élus, d’employés et d’ouvriers, Valérie Verrier, conductrice d’opérations du service Maîtrise d’ouvrage du Département. Un ouvrage qui devrait donc être mis en service avant l’été prochain. Ce n’est cependant pas la première partie qui sera terminée. En effet, le giratoire permettant l’accès à l’autoroute A7 devrait être achevé dès cet hiver. « Nous n’avons pour l’heure pas eu de surprises », confirme Hervé Beynet, conducteur du service de maîtrise d’ouvrage du Département de Vaucluse.

    Contraintes multiples

    Et ce, même si de nombreuses contraintes pèsent sur ce projet censé régler le « nœud routier majeur de Vaucluse », comme le présente le Département.

    La plupart sont déjà connues, telle que la nécessité de maintenir la circulation. Et ce, grâce à la construction d’une route temporaire qui sera ensuite réutilisée comme une voie moins fréquentée. Mais aussi, ce que Hervé Beynet qualifie de « la plus grosse » contrainte du chantier, à savoir le canal EDF. Celui-ci, qui permet l’irrigation de cultures sur le territoire, doit être curé, démoli puis reconstruit. Mais cela n’est possible qu’en période dite de « chômage » de celui-ci, ce qui ne se tient que pendant deux petits mois en hiver. « Et vu sa taille, on ne peut pas tout faire d’un seul coup », confie le conducteur du service. L’opération sera donc réalisée en deux temps, en 2026 et 2027, pendant le laps de temps où celui-ci est vidé en hiver. Mais aussi des imprévus, comme par exemple la grue qui a dû être abaissée… à cause de l’aéroport à proximité. Cela, toutefois, sans conséquence, la situation ayant été réglée avec une grue plus petite, un drapeau à damier rouge et blanc permettant de la signaler aux pilotes en journée, ainsi qu’un signalement lumineux la nuit.

  • Port-de-Bouc veut récupérer des espaces portuaires

    En pleines négociations, les services de la Ville de Port-de-Bouc et du Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) mènent actuellement un travail cadastral « chirurgical », assure le maire (PCF) Laurent Belsola. C’est ce qui explique le retard pris par la municipalité dans le processus de prorogation de la concession des ports de pêche et de plaisance des anses de la Lèque et d’Aubran, discuté mardi soir en conseil municipal.

    Titulaire des autorisations d’occupation délivrées par le GPMM, la Ville a confié leur gestion à la société Sodeports jusqu’au 31 décembre 2025. Face à l’échéance de cette délégation, après une étude comparative des différents modes de gestion possibles, le choix a été fait de prolonger le recours à ce type de délégation de service public pour une durée de 5 ans, avec une redevance fixe de 150 000 euros minimum complétée d’une part variable selon l’activité du port.

    Une prorogation tardive, selon le conseiller municipal d’opposition Pascal Spanu (RPR), qui a annoncé avoir saisi le service de contrôle de légalité de la préfecture pour mauvaise gestion du calendrier. « La règle de marché public comporte un processus qui doit être terminé avant le premier tour des élections municipales, ici la décision finale sera prise après le second tour », affirme-t-il, soulignant que « la prorogation datait de 2024 ».

    Peu inquiet face à la remarque, un cabinet d’avocats ayant travaillé sur cette procédure, Laurent Belsola a expliqué la raison du retard de ce dossier : les discussions avec le GPMM, propriétaire foncier au niveau de l’anse d’Aubran, de l’anse de la Lèque et du port de plaisance, pour racheter le patrimoine inutilisé et donc récupérer les autorisations d’occupation temporaire des parcelles afin d’assurer une stabilité aux acteurs économiques qui voudraient s’y installer. « Actuellement, une entreprise qui vient s’implanter sur le domaine du GPMM a 1 à 8 ans maximum de contrat, donc elles sont en insécurité juridique et souvent, elles ne veulent pas signer même s’il y a une reconduction tacite chaque année. On veut reprendre quelques parcelles pour pouvoir développer l’économie en installant des entreprises pour 10, 20 ou 30 ans. »

  • Port-de-Bouc veut récupérer des espaces portuaires

    Port-de-Bouc veut récupérer des espaces portuaires

    En pleines négociations, les services de la Ville de Port-de-Bouc et du Grand port maritime de Marseille-Fos (GPMM) mènent actuellement un travail cadastral « chirurgical », assure le maire (PCF) Laurent Belsola. C’est ce qui explique le retard pris par la municipalité dans le processus de prorogation de la concession des ports de pêche et de plaisance des anses de la Lèque et d’Aubran, discuté mardi soir en conseil municipal.

    Titulaire des autorisations d’occupation délivrées par le GPMM, la Ville a confié leur gestion à la société Sodeports jusqu’au 31 décembre 2025. Face à l’échéance de cette délégation, après une étude comparative des différents modes de gestion possibles, le choix a été fait de prolonger le recours à ce type de délégation de service public pour une durée de 5 ans, avec une redevance fixe de 150 000 euros minimum complétée d’une part variable selon l’activité du port.

    Une prorogation tardive, selon le conseiller municipal d’opposition Pascal Spanu (RPR), qui a annoncé avoir saisi le service de contrôle de légalité de la préfecture pour mauvaise gestion du calendrier. « La règle de marché public comporte un processus qui doit être terminé avant le premier tour des élections municipales, ici la décision finale sera prise après le second tour », affirme-t-il, soulignant que « la prorogation datait de 2024 ».

    Peu inquiet face à la remarque, un cabinet d’avocats ayant travaillé sur cette procédure, Laurent Belsola a expliqué la raison du retard de ce dossier : les discussions avec le GPMM, propriétaire foncier au niveau de l’anse d’Aubran, de l’anse de la Lèque et du port de plaisance, pour racheter le patrimoine inutilisé et donc récupérer les autorisations d’occupation temporaire des parcelles afin d’assurer une stabilité aux acteurs économiques qui voudraient s’y installer. « Actuellement, une entreprise qui vient s’implanter sur le domaine du GPMM a 1 à 8 ans maximum de contrat, donc elles sont en insécurité juridique et souvent, elles ne veulent pas signer même s’il y a une reconduction tacite chaque année. On veut reprendre quelques parcelles pour pouvoir développer l’économie en installant des entreprises pour 10, 20 ou 30 ans. »

  • Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    « Au début ils l’ont laissé ouvert aux heures d’école, puis la serrure a été soudée. » À la tête du collectif d’habitants du quartier, Nathalie Prost dénonce la condamnation de la rue qui traverse l’ancienne cité HLM par une poignée de co-propriétaires, soutenus par le bailleur Provence Métropole Logement (ex-HMP). Un différend qui remonte à 2020 « sur lequel on aimerait trouver un terrain d’entente », précise cette mère de famille.

    Au bout de la ruelle étroite de la Pépinière, sous le grand porche de l’ancienne cité-jardin du 4e arrondissement qui a été progressivement mise à la vente, de part et d’autre du grand portail, il y a engaste. D’un côté, des habitants privés de l’accès le plus court et le plus sûr à la crèche, au centre d’animation et au jardin municipaux inclus dans le périmètre résidentiel, de l’autre, des copropriétaires qui revendiquent une voie privée, las de « déjections canines et autres incivilités », et qui brandissent l’argument « sécurité et droit privé », explique Monsieur Fayolle, un des rares copropriétaires venu à la rencontre des habitants. « Pour “protéger” une résidence d’environ 38 logements privatifs, c’est tout un quartier de près de 7 000 habitants qui se retrouve entravé dans ses déplacements », déplore le Collectif des Marseillais pour les mobilités de demain Marsmob, en soutien des riverains.

    Côté intérieur de la barrière, deux locataires de PML regrettent « on est aussi coincées que les autres, il nous faut faire le grand tour, soit 20 minutes au lieu de 5 ». Les locataires des immeubles voisins, pourtant majoritaires dans le périmètre initial, n’ont pas été consultés lors du vote de fermeture. PML, qui détenait 62% des voix en assemblée, a voté en faveur de la fermeture, s’alignant sur la position d’une minorité de copropriétaires privés.

    L’intérêt général

    « Fermer un passage, c’est fermer un accès à l’école. La ville doit rester un espace commun, ouvert à tous », plaide encore Arnaud Dupleix, représentant de la FCPE 13. Déjà, l’ancienne école maternelle a été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, l’enjoignant, en proposant un rendez-vous, à « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire » et à « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ».

    Sur le rassemblement, les adjointes au maire Marie Batoux (PM) et Perrine Prigent regrettent également la fermeture de plus en plus de voies privées où l’accès était public de fait, comme à Colline Perrier, Campagne Flotte ou Coin Joli : « C’est un statut juridique à travailler. On avait demandé une modification du PLUI, mais la métropole a refusé. »

  • Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    Aux Chutes-Lavie un portail sème la zizanie

    « Au début ils l’ont laissé ouvert aux heures d’école, puis la serrure a été soudée. » À la tête du collectif d’habitants du quartier, Nathalie Prost dénonce la condamnation de la rue qui traverse l’ancienne cité HLM par une poignée de co-propriétaires, soutenus par le bailleur Provence Métropole Logement (ex-HMP). Un différend qui remonte à 2020 « sur lequel on aimerait trouver un terrain d’entente », précise cette mère de famille.

    Au bout de la ruelle étroite de la Pépinière, sous le grand porche de l’ancienne cité-jardin du 4e arrondissement qui a été progressivement mise à la vente, de part et d’autre du grand portail, il y a engaste. D’un côté, des habitants privés de l’accès le plus court et le plus sûr à la crèche, au centre d’animation et au jardin municipaux inclus dans le périmètre résidentiel, de l’autre, des copropriétaires qui revendiquent une voie privée, las de « déjections canines et autres incivilités », et qui brandissent l’argument « sécurité et droit privé », explique Monsieur Fayolle, un des rares copropriétaires venu à la rencontre des habitants. « Pour “protéger” une résidence d’environ 38 logements privatifs, c’est tout un quartier de près de 7 000 habitants qui se retrouve entravé dans ses déplacements », déplore le Collectif des Marseillais pour les mobilités de demain Marsmob, en soutien des riverains.

    Côté intérieur de la barrière, deux locataires de PML regrettent « on est aussi coincées que les autres, il nous faut faire le grand tour, soit 20 minutes au lieu de 5 ». Les locataires des immeubles voisins, pourtant majoritaires dans le périmètre initial, n’ont pas été consultés lors du vote de fermeture. PML, qui détenait 62% des voix en assemblée, a voté en faveur de la fermeture, s’alignant sur la position d’une minorité de copropriétaires privés.

    L’intérêt général

    « Fermer un passage, c’est fermer un accès à l’école. La ville doit rester un espace commun, ouvert à tous », plaide encore Arnaud Dupleix, représentant de la FCPE 13. Déjà, l’ancienne école maternelle a été « fermée du fait de l’accessibilité piétonne dégradée », rappelle Didier Jau, maire (EELV) du secteur, qui a écrit une lettre à Solange Biaggi, nouvellement élue à la tête de PML, l’enjoignant, en proposant un rendez-vous, à « rouvrir sans délai le passage piétonnier litigieux, au moins à titre provisoire » et à « aligner la position d’HMP sur l’intérêt général de la mobilité de proximité ».

    Sur le rassemblement, les adjointes au maire Marie Batoux (PM) et Perrine Prigent regrettent également la fermeture de plus en plus de voies privées où l’accès était public de fait, comme à Colline Perrier, Campagne Flotte ou Coin Joli : « C’est un statut juridique à travailler. On avait demandé une modification du PLUI, mais la métropole a refusé. »

  • La police aux frontières agit aussi sur le port

    Ouverture de conteneurs à la recherche de clandestins, contrôle de permis de conduire, du poids du chargement des voitures, des passagers qui débarquent… Comme dans 21 autres départements, une vaste opération était menée ce mercredi 15 octobre par la police aux frontières (PAF) sur le port de Marseille, donnant à voir tous les aspects du métier, explique Laurène Capelle, commissaire divisionnaire, cheffe du Service interdépartemental de la police aux frontières (Sipaf).

    Dans la ligne de mire d’une dizaine d’agents, un cargo en provenance de Tunisie chargé de 51 remorques. « Avec le renfort des douanes pour les cibler, nous ouvrons des conteneurs de façon aléatoire, nous contrôlons aussi les membres de l’équipage », explique la commissaire. Une bâche arrachée attire l’attention de l’équipe. Armé d’une grosse pince, un policier coupe le plomb qui enserre la poignée du conteneur. Le signe qu’un « contrôle a été effectué au départ, nous en mettrons un nouveau en refermant », précise-t-il. À travers les palettes bien serrées, avec sa lampe torche, il examine soigneusement l’intérieur. « Elles vont jusqu’au fond, il n’y a personne », annonce-t-il avant de passer à la suivante.

    La Turquie, une voie

    de passage

    Les passagers clandestins qui arrivent par voie maritime ne sont pas légion reconnaît Laurène Capelle. « Il faut bénéficier d’une complicité extérieure, que les gens qui embarquent soient assurés de ne passer que 48 heures maximum entre le Maghreb et la France », quand une étape à Amsterdam serait bien trop risquée, explique Alain Sénès, commissaire divisionnaire, chef du SPAFP, service de police spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière à la frontière maritime sur le port de Marseille. Le plus souvent les exilés se cachent dans le bateau, « profitant de l’ouverture du garage pour s’extraire du navire », ajoute-t-il.

    Des filières ont été repérées, notamment en provenance de la Turquie. La PAF se dit particulièrement attentive à la mise en place d’une nouvelle liaison commerciale avec Marseille depuis septembre. « Le port de Sète a été précurseur, il a passé un contrat avec une société turque qui utilise des navires rouliers de ce type, des clandestins se cachaient à bord », précise le chef du SPAFP. De 300 à 400 personnes sont détectées en situation irrégulière par an sur le port de Marseille indique-t-il.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas « notre métier c’est l’humain », insiste-t-il. Un agent confirme : les candidats à ce voyage forcé peuvent être dans un piteux état. Pour éviter le pire, des contrôleurs thermiques ne seraient pas de refus conviennent les policiers qui ont bien fait remonter le besoin. Mais ces équipements restent rares…

    Pas le temps de s’attarder, direction l’embarquement passagers où la PAF passe au crible les véhicules prêts à embarquer pour l’Algérie. Parmi eux, les « voitures chameau », savants amoncellements de bagages, sont pesées. « On regarde le poids par essieu puis on additionne pour voir si ça correspond à ce qui est autorisé », détaille un brigadier. Les permis de conduire sont littéralement examinés à la loupe, avec ultraviolet, pour repérer les faux, vendus de « 400 à 500 euros au marché noir ».

    Plus loin, la frontière se matérialise par une série d’aubettes. « Là, je scanne la pièce d’identité, elle est néerlandaise, je n’ai pas besoin de composter son passeport car il n’est pas ressortissant d’un pays tiers », explique Yannick, qui fait partie des gardes-frontières civils recrutés en 2023. Pas moins de 600 000 personnes empruntent les ferries à Marseille chaque année, le trafic étant multiplié par 6 voire 7 en période estivale avec 3 000 ou 4 000 passagers par jour…