Et ce, dans des conditions professionnelles, micro
en main. Un travail et des paroles croisées récoltées dans le cadre du programme Averroès Junior, réalisé sous la supervision des professeurs des deux établissements, de l’une des coordinatrices du dispositif Émilie Ortuno et de la journaliste Lisa Chastel. Cette dernière a également travaillé à la réalisation de la création sonore collective Voyage scolaire de Marseille à Tunis.
Category: societe
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![[Rencontres d’Averroès Junior] Restitution des travaux à l’Espace Julien](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/75c72eade6b60911b7aff990cb15ad2e.jpg)
[Rencontres d’Averroès Junior] Restitution des travaux à l’Espace Julien
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Nouveau camouflet pour le châtelain de Rocher Mistral
Une ordonnance de non-lieu a été rendue dans une procédure de diffamation publique engagée par Vianney d’Alençon, le propriétaire de Rocher Mistral, pour des propos tenus en juillet 2025, dans une réunion publique à La Barben sur les spectacles de ce Puy-du-Fou provençal écrits « sans comité scientifique digne de ce nom » et qui s’arrêtent à une « glorification de la France d’ancien régime, blanche, catholique ».
La plainte visait Xavier Daumalin, professeur émérite d’université, spécialiste de l’histoire économique et sociale de la Provence. M. Daumalin, qui bénéficiait du statut de témoin assisté, a démontré qu’il n’avait fait que porter une critique historique et scientifique dénuée d’imputations diffamatoires sur ces spectacles. Le non-lieu rendu est définitif, le plaignant n’ayant pas fait appel.
Un nouveau revers pour Vianney d’Alençon condamné le 23 septembre 2026 en appel à Aix-en-Provence à une peine aggravée pour des aménagements sans autorisation dans son château classé monument historique. La cour l’a condamné à la remise en état des lieux dans le délai d’un an sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à 50 000 euros d’amende pour sa société Rocher Mistral et à 5 000 euros d’amende à titre personnel.
Quelques jours avant la fermeture de Rocher Mistral fin août pour 18 mois de travaux, Vianney d’Alençon se plaignait encore dans Le Figaro des obstacles administratifs et réglementaires qui entraveraient ses ambitions entrepreneuriales. Il révélait dans sa tribune avoir « échangé directement plusieurs fois » sur son dossier avec Emmanuel Macron et que « dans la foulée, une équipe de l’Élysée a été mandatée », mais que pour autant, « rien n’a bougé ; pire le dossier s’est enlisé ». Si même les conseillers du monarque sont infichus d’aider le seigneur de la Barben, c’est bien la fin du régime !
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Des panneaux solaires pour les toitures sud-alpines
Installer des panneaux photovoltaïques sans raser des forêts : tel est l’objectif de la société coopérative Solarcyt Durance, qui propose de les placer sur les toitures de copropriétés, de bâtiments agricoles ou encore d’écoles. Avec une réunion publique organisée ce jeudi à Oraison, la coopérative espère trouver une trentaine de clients particuliers pour lui acheter son électricité, vendue comme « plus locale, éthique et écologique », explique Jean-François Bataille, son président. Avec des charges importantes, Solarcyt risque autrement de se retrouver « au pied du mur » et de devoir arrêter son activité, regrette-t-il. L’idée de cette réunion publique est ainsi de « se faire connaître » et de « lancer l’activité » de la société qui existe depuis un an.
Pour acheter de l’électricité à Solarcyt, les particuliers doivent obligatoirement garder un fournisseur principal, et utilisent la coopérative comme fournisseur secondaire. Ils deviennent également actionnaires de la société.
Solarcyt vend son électricité en circuit court, dans un périmètre restreint. Jean-François Bataille affirme qu’elle propose les mêmes tarifs que les principaux fournisseurs, comme Engie et EDF, sauf pour certains clients professionnels qui bénéficient de contrats négociés. La coopérative promet « un prix stable ».
Mardi, des bénévoles de Solarcyt ont rencontré le maire d’Oraison, Benoît Gauvan (Ren.), et ont tenté de le convaincre qu’installer des panneaux solaires sur les toitures était une bonne solution pour la commune, alors que l’édile avançait en conférence de presse fin septembre que ses tentatives d’installer des panneaux sur des toits avaient été « infructueuses ».
La coopérative est également en discussion avec l’Ehpad d’Oraison, qui comporte de potentiels lieux d’installation pour des panneaux solaires et que Solarcyt espère fournir en électricité.
Ce jeudi à 18h, salle Louise-Bruneteaud, 4 rue Giai-Miniet, Oraison.
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L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières
Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »
Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.
La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.
Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »
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Les marins-pompiers de Toulon commémorent l’incendie des Nouvelles Galeries de Marseille de 1938
C’est un drame que le contre-amiral Mackara Ouk, adjoint au commandant de la zone maritime Méditerranée, décrit comme « l’une des plus grandes tragédies qu’ait connu Marseille au XXe siècle », avec 73 morts et plus de 200 blessés. Le 28 octobre 1938, un violent incendie éclate aux Nouvelles Galeries, magasin de 3 500m², situé sur la Canebière. Ce jour-là, au parc Chanot, se tient le 35e congrès du Parti républicain radical et radical-socialiste. Des milliers de personnes encombrent alors les rues alentour, entravant l’action des sapeurs-pompiers marseillais.
Les flammes progressent et face à l’urgence, un détachement de 31 marins-pompiers de Toulon est dépêché en renfort. « Leur engagement fut décisif et permit de maîtriser l’incendie », salue, 88 ans plus tard, le contre-amiral Mackara Ouk, qui présidait, mercredi, la commémoration annuelle de l’événement, à la base navale de Toulon.
L’acte fondateur
du Bataillon de Marseille« Cette cérémonie est l’occasion de rendre hommage aux marins-pompiers de la compagnie de Toulon intervenus sur ce feu et de garder le souvenir de nos anciens. On en profite aussi pour rendre hommage à nos morts », décrit le capitaine de corvette Laurent Nègre, commandant la compagnie de marins-pompiers de la base navale de Toulon.
À cette occasion, le Bataillon des marins-pompiers de Marseille était également invité, « avec qui on entretient un lien étroit ». D’autant plus que « les officiers qui commandent les quatre compagnies de marins-pompiers (Cherbourg, l’Île Longue, Brest et Toulon) sont issus de Marseille et formés à l’école des marins pompiers de la Marine avant leur affectation », précise le commandant.
L’histoire de ce bataillon est d’ailleurs étroitement liée à ce tragique événement. « Les sapeurs-pompiers communaux ont été débordés par les événements, donc ils ont décidé de faire appel aux marins-pompiers de la Marine nationale et ses moyens pour les aider dans cette intervention très difficile. Cela a participé à la création du Bataillon des marins-pompiers de Marseille, le 23 juillet 1939 », retrace Laurent Nègre. Un Vataillon qui constitue aujourd’hui la plus grande unité de la Marine nationale, avec plus de 2 500 militaires et civils.
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À Avignon, l’opposition veut transformer la Maison de la tranquillité en poste de police
En plein milieu de la rue de la République, les portes de la maison de la tranquillité publique n’auront pas été ouvertes longtemps. Lancée en juillet 2025 pour « lutter contre les incivilités », elle a été fermée par la nouvelle municipalité en ce début d’été 2026.
Une fermeture que regrette l’élu municipal d’opposition Fabrice Tocabens (PS). Dans un communiqué de presse, il propose au maire « de faire le seul choix sensé en rouvrant au public cette structure et en la transformant en poste de police municipale », et ce, « pour mieux assurer la présence de nos forces de sécurité en cœur de ville ».
Tandis que le credo du premier édile, Olivier Galzi, est plutôt de « remettre les agents de la police municipale sur le terrain ». Concernant le local de la rue de la République, fin août, il s’étranglait devant le coût de location : « Elle coûte 8 000 euros par mois de loyer alors qu’on a des locaux vacants qu’on est en train de laisser mourir. Or, on a un bail de 10 ans, soit presque un total d’un million d’euros. C’est d’un niveau de non-gestion et d’irresponsabilité totale. À quel moment, vous et moi, vous allez prendre un appartement ou un local et vous allez accepter qu’on vous dise, même si vous le quittez dans un an, pendant 10 ans, vous le paierez ? »
Logique de proximitéUne fermeture qui s’inscrit dans un contexte global de fermetures de points d’accueil des services publics à Avignon. Ce que dénonce également Fabrice Tocabens, qui était adjoint au maire en charge des mobilités sous Cécile Helle. « Il s’agit bien d’une volonté déterminée de M. Galzi de réduire les services publics dus aux habitants. C’est un choix catastrophique qui porte atteinte aux intérêts des habitants les plus fragiles, en particulier les personnes âgées », pointe-t-il. Avant d’estimer que cette « stratégie » doit « absolument s’interrompre », en demandant à « revenir à une logique de proximité et d’écoute ».
Outre la maison de la tranquillité publique, il y a aussi la fermeture de l’épicerie étudiante l’Agoraé, de la mairie de quartier centre ou encore de la maison des Îles de la Barthelasse. Est aussi annoncée la fermeture de postes de police municipale. Tandis que les bibliothèques et les musées ont vu leurs horaires d’ouverture fortement se réduire, le tout sur fond d’économies.
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![[Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/10/7b4bc5c8a8a30c0f97d0ae89e41f0d75.jpg)
[Entretien] Jean-Luc Chauvin, CCI : « Il faut une issue politique et une responsabilité de chacun »
Si les commerçants ont pu faire part de leurs demandes après avoir vu leurs magasins pillés, voire détruits, en marge des manifestations, le président de la CCI appelle chacun à ses responsabilités au nom aussi, de la survie du centre-ville marseillais.
La Marseillaise : Que retenez-vous de la rencontre avec le président de la République, ce lundi ? Êtes-vous satisfait ?
Jean-Luc Chauvin : Nous sommes la ville de France la plus touchée avec 528 commerces dégradés, 331 sinistrés, 118 pillés. Cela veut dire qu’il n’y a plus de stock et que tout a été détruit dans la boutique parfois même incendiée. Une barbarie totale. Chaque samedi fermé, c’est 2% de chiffre d’affaires annuel perdu. Et le chiffre d’affaires d’un commerçant entre novembre et décembre, c’est 40% de celui de l’année. Il y a aussi eu des conséquences sur l’hôtellerie. Le fait que le président de la République lui-même soit là, c’est un signe positif, important pour les commerçants. Ils ont pu dire au président et aux ministres présents à la fois tout leur désarroi, tout leur découragement et leur inquiétude.
Qu’avez-vous demandé ?
J.-L.C. : On a pu faire passer un certain nombre de demandes essentielles. La première, c’est que les commerçants sont des gens qui investissent, qui prennent des crédits, qui sont en caution personnelle. C’est de l’emploi, de la richesse, des taxes, des impôts. Ils ont besoin de sécurité, d’être défendu par l’État. J’ai fortement insisté pour éviter qu’on arrive à des solutions où un certain nombre d’entre eux se sentant abandonnés, pensent à s’auto-organiser. On a bien vu ce week-end avec un parcours différent, avec un encadrement des forces de l’ordre différent aussi, qu’on a eu que sept commerces cassés. Sur les aides à redémarrer, le fonds national est sorti hier, c’est très bien. On a aussi évoqué avec le président de la République un sujet qu’il n’avait pas dans son spectre, les commerces qui n’ont pas été cassés mais qui sont dans le périmètre concerné. À Marseille, cela représente quatre rues, de la préfecture, à la Canebière, la Chambre de commerce et jusqu’au Centre-Bourse. Là, trois commerces sur cinq sont cassés et ceux qui ne le sont pas, ont eu peur. Et quand ils ouvrent, ils font zéro chiffre d’affaires. J’ai proposé des mesures de chômage partiel, à 100% dans les périmètres où il y a eu les couvre-feux, et que les commerces non pillés puissent aussi bénéficier du prêt à taux zéro de BPIFrance [Banque publique d’investissement] à 50 000 euros. D’autres comme notamment Bernard Marty, en tant que président de l’UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie], et vice-président de la Chambre, ont demandé à ce que cela soit adapté à la capacité de remboursement de l’entreprise.
Pour autant, comprenez-vous qu’il y ait des revendications ?
J.-L.C. : Que les gens veuillent manifester, c’est tout à fait normal, c’est leur droit, c’est pas le sujet. Par contre, ce n’est pas admissible, comme malheureusement c’est le cas aujourd’hui, que des manifestations soient infiltrées par des casseurs, des pillards, et par, probablement, des personnes qui veulent en découdre avec les autorités, les forces de l’ordre et les services publics, au détriment même de revendications légitimes des manifestants. On ne peut plus continuer à manifester comme avant, peut-être faut-il adapter la façon de faire. Il faut que les manifestations puissent avoir lieu, mais pas au milieu des commerces, parce que ça casse tout.
Comment voyez-vous la suite ?
J.-L.C. : On a très, très peur pour ce samedi, c’est une fête compliquée parce que c’est une fête avec des masques, avec du sang… On a moins d’inquiétude sur le 5 novembre, parce qu’on sait que les manifestations organisées par les syndicats sont gérées, comme ils l’ont fait samedi. J’ai bien expliqué au président de la République qu’il fallait aussi de l’animation pour faire revenir les gens en ville, mais ils ne le feront que lorsqu’ils seront rassurés. Et que, pour cela, il fallait régler le problème de la grogne sociale et des lycéens. Il faut une issue politique et que chacun prenne ses responsabilités, individuellement et collectivement. Que les gens qui manifestent soient aussi coopératifs. Si on veut sauver nos commerces, il va falloir qu’on fasse un effort, peut-être consommer. Peut-être, au lieu d’aller acheter trois produits à 10 euros sur un site ou une plateforme chinoise, acheter un produit à 30 euros chez un commerçant français…
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Aux assises, Amine Kessaci en quête de « réponses »
Sous le regard des tueurs présumés de son frère, Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcotrafic, a témoigné à la barre. Il a réclamé « des réponses » sur cet assassinat, se disant insatisfait des « condoléances » exprimées, au début du procès, par un accusé, Amine Oualane, considéré comme un chef de la DZ Mafia. Le témoignage du militant de 23 ans était l’un des plus attendus du procès, qui a débuté à Aix le 19 octobre, pour juger un triple assassinat dans lequel son frère Brahim, impliqué dans le narcotrafic, a été tué en décembre 2020.
Le jeune homme, qui vit sous haute protection policière, a déposé sous le regard des cinq accusés. Leur profil justifie d’ailleurs un important dispositif de sécurité autour du tribunal et un centre-ville placé sous étroite surveillance. « Je voudrais dans un premier temps vous parler de Brahim, ce qu’il était pour moi, mon grand frère qui à la fois aimait sa famille et était conscient de ce qu’il faisait », a déclaré le jeune homme, également adjoint au maire de Marseille.
Aujourd’hui étudiant en droit, Amine Kessaci se souvient de cet aîné qui lui disait « d’aller à l’école, de travailler, l’école était le seul moyen pour nous de sortir de notre cité et d’en sortir la tête haute ».
Souvenir de sa voixDans la fratrie élevée par une mère seule, Brahim, mort à 22 ans, était « celui qui protégeait ses frères, celui qui riait, celui qui me faisait rire ». « Cela fait six ans que Brahim a été assassiné et ce qui me manque le plus, c’est sa voix », a confié Amine Kessaci avant d’entamer le récit de la soirée du 28 au 29 décembre, la dernière où il a vu son aîné vivant.
Le 29 décembre, deux corps calcinés sont retrouvés dans un véhicule incendié dans un tunnel autoroutier : il s’agit de Brahim Chabane et Réda Khaldi. Une semaine plus tard, un second véhicule incendié révèle le corps calciné et démembré de Nassim Loubani.
Les circonstances de ces découvertes et leur extrême violence ont été longuement décrites ces derniers jours par un défilé d’experts. Les trois victimes, impliquées dans le trafic, s’étaient rendues à un guet-apens. Les enquêteurs l’ont rappelé : les victimes « connaissaient leurs assassins ». Le décès de Brahim, décrit par l’enquête comme un trafiquant ambitieux au point de gêner d’autres réseaux, a « détruit » sa famille, a raconté Amine Kessaci. Ce drame est aussi à l’origine de l’engagement qui a fait de lui une personnalité médiatique aujourd’hui menacée, déterminée à aider les familles victimes du narcotrafic. « J’ai fait une promesse à mon frère Brahim, celle que je ne me tairai pas […]. Car si nous ne parlons pas de nos vies dans ces quartiers, personne ne le raconterait. »
Amine Kessaci assure ne pas chercher la confrontation avec Amine Oualane. Au premier jour d’audience, le militant avait assuré ne pas rechercher la « vengeance », mais la « justice ». L’accusé, détenu dans les prisons les plus sécurisées de France, nie toute implication dans le triple homicide. « Il comprend votre douleur, il comprend votre souffrance », a assuré Me Inès Medioune, l’un de ses avocats. En novembre 2025, la famille Kessaci a été endeuillée par un deuxième assassinat, celui du cadet de la fratrie, Mehdi, totalement étranger au trafic de drogue. Sa mort à 20 ans sous les balles d’un commando à moto, en plein jour, avait provoqué une onde de choc nationale. L’enquête en cours tient Amine Oualane comme une des pistes sérieuses dans cet assassinat.
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Rencontre entre lycéens des deux rives de la Méditerranée
Il est 10 heures au sein du café librairie Le Poisson Lune, situé boulevard Baille dans le 5e arrondissement de Marseille. Dans la salle du fond, autour d’un petit-déjeuner composé de viennoiseries, de café, de thé, de jus de fruits, la discussion se lance. « Le système scolaire ne nous plaît pas, il y a trop d’injustices. On se révolte, on manifeste pour essayer de faire changer cela », lâche Nour, appelée à expliquer les revendications portées par le mouvement lycéen en France. Alternant entre français et arabe, elle liste les raisons de la colère : « Certains ont un patrimoine culturel beaucoup plus important. Parcoursup dépend du statut social. » Assis face à elle, ses camarades du lycée Antonin-Artaud (13e) et les élèves du lycée secondaire de Tajerouine en Tunisie, arrivés la veille, l’écoutent attentivement.
« Le mouvement lycéen a été rejoint par le mouvement étudiant puis tous ceux qui étaient contre le gouvernement se sont greffés. En ce moment, en France, on a un problème sur l’essence, l’inflation, la vie chère, Vous arrivez dans un moment super intéressant de la démocratie française », s’enthousiasme Raphaëlle, l’une des professeurs du lycée marseillais. À l’écoute des doléances, ses homologues tunisiens Nadia, professeur de Français, et Fadhel, professeur d’histoire-géographie, acquiescent et font le parallèle avec son établissement. « On a un problème d’effectif, il y a un manque d’enseignants, on a 36 voire 40 élèves par classe », soulèvent-ils.
Cette discussion s’est déroulée dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 et du dispositif Averroès Junior, qui met en place des actions d’éducation artistique et culturelle dans le sillage des Nouvelles Rencontres d’Averroès. À l’issue de leur voyage en Tunisie au printemps dernier, les élèves marseillais ont réalisé un podcast disponible à l’écoute sur le site du festival.
Franchir, s’affranchir
et se rencontrerrAprès ce temps d’échange, les lycéens se réunissent en trois groupes de travail pour aborder le thème du festival : franchir, s’affranchir
ainsi que se rencontrer. Sur la terrasse, un groupe s’attaque à la première notion et y accole des idées inspirées par le séjour au Maghreb : « Franchir la Méditerranée, les frontières qui nous séparent, les barrières de la langue et de la culture. » Mounir, professeur de mathématiques au sein de l’établissement marseillais, donne la définition de ce mot en arabe, « dépasser » et « outrepasser ». Au sens propre, comme figuré.« Nous, la politique, on en parle souvent, même dans les écoles alors que vous, c’est un peu tabou. Comment vous ressentez ça ? C’est quoi pour vous la politique ? », interroge Lisa. Nour, renchérit : « Nous, on est très impliqués politiquement, on s’est révoltés contre notre gouvernement, on a fait des gros blocus. Vous avez le droit de manifester vous ? » La jeune lycéenne aide Yasmine à formuler sa réponse en traduisant ses mots. « Oui, on a le droit de manifester, mais on n’ose pas le faire. C’est plutôt pour les grands la politique, pas pour les petits », pousse la jeune tunisienne. Quelques mots qui mettent en évidence deux réalités politiques très différentes.
Dans une autre salle, assis sur des tapis, les élèves s’attaquent au verbe « s’affranchir ». « Tout d’abord, nous devons définir ce mot », insiste Adem. Les silences et rires gênés remplissent l’espace tandis qu’une feuille posée sur le sol reste blanche. Shahd lâche, dans un anglais parfait : « On est ultra-sociables comparés aux Français qui sont très timides. » Et Stanislas, du lycée Arthaud, de s’atteler à la traduction pour ses camarades. Finalement, une question centrale ressort de ces échanges : « Est-ce que les frontières empêchent l’affranchissement ? » Marc, professeur de philosophie, propose une piste de réflexion : « Peut-être insister sur ce que le voyage permet, en termes d’affranchissement en particulier. Et, peut-être, distinguer l’affranchissement comme indépendance, devenir indépendant d’une tutelle, d’une domination et l’idée d’autonomie. C’est-à-dire devenir vraiment l’auteur de sa propre vie, de sa propre pensée. »
Pour « se rencontrer », les lycéens se questionnent sur ce qui les rassemble. « La mer », notent-ils en premier lieu. Et insistent sur l’hospitalité de leurs hôtes lors de leur visite. « On a eu l’impression d’être des gens importants », se remémore Yassine. Si Maram n’est pour l’instant pas convaincue par la gastronomie marseillaise, Imen a, au contraire trouvé le repas de la veille « délicieux ». Reste à savoir si le reste du séjour lui fera changer d’avis.
Mounir se réjouit. « Ils avaient parfois des préjugés les uns sur les autres, véhiculés par les médias ou leurs familles et finalement, ce projet donne lieu à des moments extraordinaires », fait valoir l’enseignant. Et pourtant, sans la participation financière d’entreprises et de donateurs privés, l’écriture et vente d’un livre ainsi que de petits gâteaux, « ce voyage n’aurait jamais pu avoir lieu », martèle Raphaëlle, pointant une Éducation nationale en crise.
COMMENT VOYEZ-VOUS L’AVENIR?
Roujda, 18 ans, élève au lycée Antonin-Artaud, Marseille
« Dans l’avenir, je me vois à l’étranger parce qu’ici je ne me vois pas trop. Je me vois en tant que psychologue, psychanalyste ou criminologue. Mais en tout cas, pas en France parce que honnêtement, ce n’est pas trop sérieux. Le métier de criminologue, il n’existe même pas : il y a des formations mais tu n’as pas de diplôme à la fin. Psychanalyste aussi, c’est pareil. Je pense aller étudier à l’étranger ça sera moins cher. »
Imen, 18 ans, élève au lycée Tajerouine, Tunisie
« Je voudrais devenir médecin, mais la médecine est très difficile et ce sont des études très longues. Or, je veux rapidement travailler et avoir de l’argent. Moi, je préfère avoir beaucoup de ressources pour avoir de l’argent. Je pense que je vais m’inscrire dans un institut d’ingénierie en Tunisie dans la section science expérimentale. Je suis obsédée par la mode, les vêtements. Je veux utiliser les vêtements et je pense travailler dans ce domaine après avoir fini mes études. »
Shahd, élève au lycée, Tajerouine, Tunisie
« Je n’ai pas vraiment d’idée précise sur ce que j’aimerais devenir plus tard. Mais j’aimerais avoir un avenir radieux, réaliser mes rêves et mettre un terme à toute cette situation que nous vivons en Tunisie. Je veux voyager, avoir une famille, des enfants, m’adonner à une activité artistique ou faire du sport. Mais, là… j’ai juste un peu peur donc quand je parle aux gens, ils ont du mal à comprendre ce que je veux faire passer. »
Adem, 18 ans, élève au lycée, Tajerouine, Tunisie
« Personnellement, je me vois pilote d’avion parce que c’est mon rêve. J’aime aussi beaucoup voyager, découvrir plusieurs pays, des mentalités et des modes de vie pour élargir mon horizon. Je veux juste connaître beaucoup de personnes pour avoir beaucoup d’amitiés. »
Maram, 17 ans, élève au lycée Tajerouine, Tunisie
« Je veux vraiment devenir psychologue en faisant des études supérieures, c’est mon métier dans le futur. Mais, j’espère aussi qu’on pourra s’entraider, prendre davantage soin les uns des autres et donner davantage. Et c’est vraiment comme ça qu’on doit voir les choses. Et j’espère qu’on va s’unir pour aider les pauvres et aider à sauver les animaux et à sauver le monde de ce virus de l’égoïsme. »
Yassine, 18 ans, élève au lycée Antonin-Artaud, Marseille
« Je me vois déjà finir mes études de droit. Après, j’aimerais bien ouvrir un cabinet d’avocat. Ouvrir un cabinet d’avocat, c’est mon objectif. »
Propos recueillis par Natasha Monno
