Category: societe

  • Le courage du CPE du collège Lakanal d’Aubagne récompensé dans l’intimité

    Le courage du CPE du collège Lakanal d’Aubagne récompensé dans l’intimité

    Sans son courage, une tragédie aurait pu survenir au collège Lakanal d’Aubagne, le 10 octobre dernier. Ce jour-là, un collégien de 14 ans avait pénétré dans l’établissement avec le fusil de son père dissimulé dans un étui de guitare avec la ferme intention de faire des victimes. L’enquête démontrera par la suite sa fascination pour les tueries de masse glorifiées par le mouvement True crime community.

    C’est Sabrina Roubache, ministre déléguée à l’Enseignement, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, qui a remis, ce jeudi après-midi, une médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement à Xavier B., conseiller principal d’éducation (CPE) du collège Lakanal. Il avait alors désarmé l’élève qui avait ouvert le feu dans cet établissement le 10 octobre dernier, blessant le principal et une enseignante.

    La cérémonie s’est déroulée en petit comité, selon le souhait du décoré, en préfecture des Bouches-du-Rhône.

  • Marseille : la Marche pour le logement digne interdite ?

    Marseille : la Marche pour le logement digne interdite ?

    Alors que le procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne, survenus le 5 novembre 2018, s’ouvre lundi 2 novembre, la préfecture n’aurait pas donné son aval aux signataires de l’appel à la Marche pour la justice et le logement digne, prévue la veille. Celle-ci était annoncée de longue date par une quarantaine d’associations.

    « La préfecture des Bouches-du-Rhône nous a informés hier par voie téléphonique de son intention d’interdire la Marche pour la justice et le logement digne, prévue ce dimanche 1er novembre à 14h », annoncent le Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Assemblée des personnes délogées, Ligue des Droits de l’Homme – Marseille, Syndicat du logement à Marseille. Les signataires de l’appel à la Marche ont envoyé un parcours qui a été refusé par la préfecture, selon Kévin Vacher, « et n’a répondu à aucune de nos propositions ».

    « Cette décision arbitraire intervient après l’interdiction des manifestations, notamment contre la vie chère, à Marseille et ailleurs en France, et vient remettre en question la liberté fondamentale de manifester, considère le collectif organisateur. Nous la comprenons comme une insulte faite à la mémoire des victimes des effondrements et de l’habitat indigne, auxquelles cette Marche est dédiée. » Il fait appel au maire de Marseille pour qu’il intercède auprès de la préfecture.

    Contactée par nos soins, la préfecture n’a pas donné suite à notre demande de confirmation par un arrêté, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Si cette interdiction « venait à être confirmée, nous la contesterions devant le tribunal administratif », ne plie pas le collectif. Il maintient son appel « à être nombreux et nombreuses au point de rendez-vous ce dimanche 1er novembre à 14h, métro Notre-Dame-du-Mont, pour ensuite nous rassembler sur la place du 5 novembre et réaffirmer notre soutien aux victimes et notre engagement dans la lutte contre le mal logement  ».

  • À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    À Manosque, le projet de renouvellement urbain présenté au public

    Plus de mixité sociale en mélangeant logements privés et sociaux : tel est l’objectif affiché du projet de renouvellement urbain du quartier prioritaire Alicante – les Plantiers, présenté jeudi soir lors d’une réunion publique organisée au cinéma CGR, à Manosque. « Le projet a démarré en 2018 avec ce qu’on appelle le NPNRU (Nouveau programme national de renouvellement urbain), créé pour mener à bien la politique de reconquête de certains espaces publics qui abritaient des populations fragiles qui vivaient très en deçà des seuils de pauvreté, comme c’est le cas sur le quartier Alicante, en déshérence depuis de trop nombreuses années », a expliqué le maire, Camille Galtier, également président de l’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération).

    Deux bâtiments abritant des logements sociaux ont déjà été démolis dans le cadre de ce projet, et un troisième viendra s’ajouter prochainement. Ce dernier, l’Alicante, a pris du retard en raison de la résistance d’un propriétaire qui refuse de vendre son logement au prix proposé par l’agglomération. Le bâtiment devrait être démoli « d’ici quelques semaines », selon le maire, dont le but est de « tout détruire d’ici le mois de janvier ». Il s’est défendu face aux critiques jeudi, avançant que tous les habitants avaient été indemnisés et relogés dans « des logements de meilleure qualité ».

    Une deuxième médiathèque, un hôtel d’entreprises et une maison France Services doivent notamment être implantés dans le futur quartier transformé, qui sera renommé Pompidou. Le projet doit être livré dans sa totalité fin 2030, et la première livraison devrait avoir lieu en juin 2029 avec le CCAS.

  • Casque obligatoire à trottinette : 444 verbalisations à Avignon

    Casque obligatoire à trottinette : 444 verbalisations à Avignon

    Quatre cent quarante-quatre verbalisations dressées en près de 4 mois. Les amendes pleuvent en Vaucluse concernant le non-respect du port du casque sur les trottinettes électriques, rendu obligatoire au 1er juillet. Des données livrées, mardi, par la préfecture. « C’est une mesure qui vise avant tout à sécuriser la personne sur la trottinette et lui faire comprendre que le code de la route s’applique à tous », rappelle Thibault de Cacqueray, directeur de cabinet en pointant que « les usagers ont tendance à ne pas se sentir concernés par le code de la route ».

    Toutefois, peut-être qu’avec 35 euros à payer, la verbalisation fait réfléchir car la préfecture se dit « très satisfaite, on pense que les comportements ont changé ». Pour rappel, la loi impose le casque seulement hors agglomération. Mais depuis cet été, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés pour porter cette obligation partout. Le Vaucluse a été l’un des pionniers et « la ministre déléguée chargée de la citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, souhaite généraliser la mesure » et l’inscrire dans la loi.

    Toujours dans le domaine sécurité routière, la préfecture indique avoir suspendu 46 permis de conduire pour usage du téléphone au volant. Là aussi, depuis la mi-mai, le département a durci la réglementation en procédant au retrait du permis – jusqu’à 6 mois – lorsqu’un conducteur est surpris téléphone en main. « Un accident mortel sur 4 est dû à l’inattention du téléphone, l’enjeu, n’est pas tant d’avoir un nombre important de suspensions mais de sensibiliser sur ces risques », redit Thibault de Cacqueray. Selon la préfecture, « tenir un téléphone au volant multiplie par trois le risque de provoquer un accident et lire un message en conduisant multiplie par 23 ce même risque ».

  • Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Dans les Hautes-Alpes, une station de ski stocke de la neige depuis avril

    Depuis avril, plus de 10 000 mètres cubes de neige reposent sur la piste de la Bergerie de la station de ski de Puy-Saint-Vincent. Cette immense quantité de neige a été rassemblée au printemps pour former une colline artificielle de 72 mètres de long, protégée par une bâche thermique isolante et 18 matelas remplis de PVC. Il s’agit pour les Alpes du Sud de la première expérimentation de « snowfarming ».

    Un grand investissement

    « Le but, c’est surtout de faire des économies, indique Laurent Kypraios, responsable des pistes. L’hiver dernier, on a eu beaucoup de neige naturelle, ça permet d’en réutiliser ! C’est un gain d’électricité, d’eau, et une diminution du prélèvement sur les milieux naturels », car la station aura moins besoin de produire de la neige artificielle. Le débâchage est prévu dans les prochaines semaines, et la neige permettra de préparer une sous-couche pour les pistes de compétition du début de saison et de favoriser la reprise des entraînements plus tôt dans l’hiver.

    Entre avril et septembre, la température moyenne du manteau neigeux sous la bâche a été de 0,9 °C. Environ 10 000 m³ de neige devraient être récupérés, soit une perte estimée de 30% par rapport au volume initial. « Un résultat encourageant au regard de l’été particulièrement caniculaire traversé », assure la station.

    Reste à savoir si ce dispositif est viable sur le long terme. Il représente un investissement global de 110 000 euros, dont 30% sont financés par la Région Sud. « Les économies éventuelles restent à mesurer dans le cadre de cette première expérimentation », précise la station.

  • À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    L’imprimante aura sorti le document des dizaines de fois, ce jeudi. À peine dix jours après les intempéries qui ont ravagé le territoire, la commission interministérielle a publié l’arrêté portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle dans 72 communes des Bouches-du-Rhône pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue. À ce jour, à Martigues, plus de 1 800 administrés se sont manifestés auprès du service juridique de la Ville. À la mairie annexe de La Couronne, les habitants se succèdent pour se procurer le papier. Martin fait partie de ceux-là.

    « J’ai cru comprendre que ça pourrait m’aider dans mes démarches avec les assurances », commence-t-il. Ça tombe bien, l’expert passe l’après-midi même constater les dégâts dans sa maison, située dans le vallon de l’Eurre. « On est dans une zone classée inondable, mais il y a des constructions pluviales pour absorber le débit. À mon sens, elles étaient bouchées plus bas, ou en tout cas sous-dimensionnées pour évacuer l’eau qui venait des collines. » Résultat : sa maison a été ensevelie sous 40 cm.

    Depuis mardi dernier, le père de famille, sa compagne et ses deux fils vivent à quatre dans une pièce située à l’étage. Ils ont pu « tout vider » pour faire sécher leurs affaires. « J’ai dû prendre deux semaines de congés pour gérer la situation », confie-t-il en ironisant : « Il n’y a pas d’aide de l’employeur. C’est normal, c’est pas leur responsabilité. Mais bon, super les vacances… » Pour la suite, c’est le grand saut dans l’inconnu. « On verra avec l’assurance comment ça se passe, c’est une découverte, c’est la première fois qu’il nous arrive ça. »

    Au-delà de sa situation individuelle, Martin veut alerter la collectivité pour faire évoluer le réseau d’évacuation des eaux pluviales. « C’est aussi pour ça que je suis venu en mairie, ce genre d’événement va arriver de plus en plus souvent, plus tôt dans l’année avec le réchauffement climatique, il faut prévoir les travaux nécessaires. » Avant de le recevoir dans son bureau, Odile Teyssier-Vaïsse, l’adjointe de quartier, confirme : « On a beaucoup de personnes qui viennent pour ces problèmes d’écoulement, dans les secteurs de la route des Bastides, le vallon de l’Eurre, la Saulce… Tous ces points bas qui accumulent la pluie. Un travail partenarial est déjà en cours avec le Département, la Métropole au titre de la compétence Gemapi, la Régie des eaux et la Ville sur l’entretien des caniveaux, le dimensionnement des buses, les roubines… »

    Une cellule d’aide psychologique

    Installée dans une salle voisine, Michèle* est venue en mairie pour prendre contact avec l’une des assistantes sociales de la Ville qui animent une permanence à destination des sinistrés. Depuis les intempéries, la retraitée n’est pas rentrée chez elle, par peur de constater les dégâts. « L’eau est montée de 70 cm. Là, c’est dans le jus, je ne veux pas y retourner car je suis pas bien. »

    L’événement lui a causé « beaucoup de stress », livre-t-elle : perte de cheveux, plaques de boutons, le « cœur qui s’emballe »… Une cellule d’aide psychologique a été mise en place par la Ville, en lien avec l’Apers et la Croix Rouge. Michèle s’est inscrite. « On verra bien », glisse-t-elle, pas vraiment convaincue. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas particulièrement un soulagement pour elle. « Je ne sais même pas ce que ça veut dire… », avoue-t-elle, démunie. « Je suis seule, mon fils a un travail très prenant et lui aussi a été inondé. »

    Pour accompagner les administrés dans leurs démarches administratives, une permanence est ouverte, à l’hôtel de ville, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30. Des rendez-vous sont aussi proposés via Allô Martigues au 0 800 15 05 35, du lundi au vendredi. « Il ne faut pas oublier que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique, c’est notre devoir de les accompagner », affirme Odile Teyssier-Vaïsse.

    * Le prénom a été modifié

  • Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Avignon : au-delà de l’arrêté, quelles mesures face à la grande précarité

    Ce dimanche 1er novembre doit s’achever l’arrêté municipal « portant réglementation des activités constituant un trouble à l’ordre public ». Un document pris le 24 septembre, quelques jours seulement après que la justice a retoqué un premier arrêté similaire qualifié « d’anti-mendicité », notamment par la Ligue des droits de l’homme et la fédération des acteurs de la solidarité qui avaient déposé un recours. Si un jugement au fond est toujours attendu, ce second arrêté n’avait pas été attaqué dans l’attente – vaine – d’un retour du maire Olivier Galzi (DVD) à ces associations et de la durée plus courte du document. « On va le renouveler pour un mois avec les mêmes conditions, on constate encore des difficultés », indique, ce jeudi à La Marseillaise, la municipalité.

    « Je ne suis pas choqué par le fait qu’Olivier Galzi ait pris un arrêté qui réprime les troubles à l’ordre public », réagit le préfet, interrogé mardi par nos soins. Mais Thierry Suquet précise que sa réponse s’inscrit dans un contexte plus global où l’État et la Ville ont signé en janvier un pacte local des solidarités. « Il a pour objectif d’apporter une réponse individualisée à des gens qui sont en situation de très grande marginalité, qui sont connus des services parce qu’ils passent souvent par la case garde à vue et parce qu’on a mis ce système en place, qui fonctionne, je ne suis pas choqué », argue-t-il. Une défaillance qui avait interpellé le préfet avant l’instauration du pacte. « À l’époque, on pouvait placer un individu en garde à vue pendant 48 heures sans qu’aucuns des services sociaux ne s’en préoccupent », retrace-t-il.

    Vers un nouveau lieu pour l’accueil de nuit

    Là où le maire se borne à récuser tout amalgame entre précarité et délinquance, assurant que son arrêté ne vise pas les plus vulnérables, le préfet estime que l’arrêté est un appui du pacte car il « participe au dispositif et facilite la connaissance des gens parce qu’ils passent par les mains de la police ». Un pacte dont le public cible vise justement l’intra-muros et ne concerne que 15 à 20 personnes. Signé fin janvier par l’ex-maire Cécile Helle (PS), il est aujourd’hui mis en place par son successeur. « Beaucoup de gens intervenaient pour la maraude, de la domiciliation, de la lutte contre la toxicomanie, voire même du logement, mais on avait du mal à avoir de la continuité », rappelle Thierry Suquet. L’idée n’étant plus de fonctionner en silos mais que collectivement une solution très individualisée soit apportée.

    « C’est l’esprit du pacte local des solidarités, abonde Vincent Lelionnais, sous-préfet en charge de la politique de la Ville. On met tous ensemble des services et des acteurs qui travaillent auprès des grands précaires pour créer cette logique de parcours parce qu’on est vraiment sur des fragilités qui commandent d’aller assez loin dans l’accompagnement individualisé. » Coffre-fort numérique pour stocker les documents administratifs et favoriser l’accès aux droits, projet de café social ou « dispositif de la rue à l’emploi qui permet de remettre le pied à l’étrier avec quelques heures de travail par semaine », liste Vincent Lelionnais.

    Autre action forte, le projet à plus long terme d’un nouvel accueil de nuit à la place de l’actuel rue Mérindol, jugé trop vétuste et exigu. Sans augmenter forcément sa capacité de 15 places mais « pour y adjoindre un lieu ressources où on pourra mettre en place cette logique de parcours avec des travailleurs sociaux », détaille Vincent Lelionnais. D’une durée initiale de trois ans, le pacte réunit aussi bien la mairie avec aussi la police municipale, que le SIAO [service qui gère l’hébergement d’urgence], l’Agence régionale de santé, les médiateurs sociaux ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités.

  • À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    À Pierrevert, des pistes forestières rénovées pour les pompiers et l’ONF

    Un régiment de militaires de la Sécurité civile détaché pour les travaux d’urgence d’espaces naturels, basé à Brignoles, a achevé jeudi un important chantier de rénovation de deux pistes forestières endommagées à Pierrevert et à Montfuron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, près de Manosque.

    Pendant près de trois semaines, les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile ont débroussaillé, sécurisé les deux pistes, et y ont créé des aires pour permettre aux camions de se croiser. Le bon état des pistes est particulièrement important dans cette zone, à haut risque d’incendies.

    « Les pistes s’abîment avec le temps, avec la pluie, le passage des motos, des chasseurs », explique le sergent Gauthier Sorton, chef du module pendant le détachement. Afin de réaliser le chantier, les militaires avaient à leur disposition deux bulldozers, une mini-pelle et un tracteur. Sept militaires du rang et un sous-officier sont intervenus pour ces travaux.

    L’intercommunalité DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) a entièrement financé le chantier, qui lui a coûté environ 20 000 euros, selon Cyril Marin, responsable du service espaces naturels. « Cela aurait coûté beaucoup plus cher en passant par une entreprise privée, à peu près entre 70 000 et 90 000 euros, puisqu’on aurait dû payer la main-d’œuvre », affirme-t-il.

    Malgré quelques interruptions dues aux intempéries, qui ont compliqué l’intervention des militaires, le chantier a pu se terminer à temps.

    Plusieurs communes de la communauté d’agglomération ont « cruellement souffert des incendies au début des années 2000, donc il y a eu une réelle volonté unanime des élus, lors de la création de la DLVA, de prendre cette compétence de DFCI (Défense des Forêts Contre l’Incendie) pour mutualiser les moyens », a relaté Gilles Mégis, vice-président de la DLVA, délégué à la prévention des risques.

    Les militaires du régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile interviennent sur de nombreuses catastrophes naturelles, comme des tremblements de terre ou des feux de forêt. Après des inondations, ils retirent les arbres tombés sur la route ou les voitures emportées par le courant, comme récemment dans les Bouches-du-Rhône et le Var. Pendant les intempéries, des engins du chantier ont dû y être évacués.

    Il existe trois régiments de ce type en France, à Brignoles, à Libourne et à Nogent-le-Rotrou. Le régiment de Brignoles vient de signer une nouvelle convention avec la mairie de Manosque pour revenir intervenir tous les ans pendant quatre ans. En 2025, ce régiment était déjà intervenu à Manosque pour rénover une piste stratégique de défense du massif du Luberon.

  • [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    [Triple narchomicide] Aux assises, l’amnésie gagne les témoins

    « Décidément, cette semaine, nous avons une génération perdue au niveau de la mémoire », s’est désolé l’avocat général, jeudi. Pendant près d’une heure, L., ex-compagne d’Amine Oualane, présenté comme un baron présumé de la DZ Mafia, a déposé à la barre par visioconférence. L’aide-soignante d’à peine 30 ans a été en couple, de 2018 à 2020, avec celui qui est présenté dans ce dossier comme le relais sur le terrain de Karim Harrat, supposé commanditaire des exécutions.

    Les deux hommes se tiennent toujours dans leur box sous haute surveillance, aux côtés de trois autres accusés. Tous les cinq sont accusés d’être derrière les assassinats brutaux de trois jeunes hommes, sur fond de règlement de comptes. Parmi eux figurait le grand frère d’Amine Kessaci, aujourd’hui figure de la lutte contre le narcotrafic.

    Dans le cadre de cette affaire, L. avait été placée en garde à vue, puis présentée à un juge d’instruction. L’un des rares faits dont elle dit se souvenir. « J’ai des pertes de mémoire. J’ai eu un choc par rapport à la mort de mon père », prévenait-elle dès son introduction. Silence dans la salle. Depuis plusieurs jours, les témoins appelés à la barre pèsent leurs mots, se murent dans le silence ou invoquent des trous de mémoire. Quelques « ah » – de déception ou d’ironie – remuent à peine l’assistance.

    Engoncée dans une doudoune noire, les cheveux longs et noirs, L. se contente d’écouter, sans ciller, les questions du président de la cour. « On était un couple ordinaire, parfois on se disputait. à part ça, je n’ai rien à dire », résume-t-elle, alors que son ancien compagnon est décrit dans le dossier comme particulièrement violent à son égard. En garde à vue, L. aurait fait part de cette brutalité à son encontre : un nez cassé, des coups lorsqu’elle le confronte sur la liaison qu’il mène avec son actuelle compagne… Une touffe de ses cheveux, vestige d’une énième scène de violence sur sa personne, avait même été découverte dans une Mercedes attribuée aux accusés.

    Le président tente de lui rafraîchir la mémoire. « Je ne me souviens pas », répète inlassablement la jeune femme. L’appel masqué d’un ami la menaçant et l’accusant d’être une « balance », responsable de l’interpellation d’Oualane ? « C’était peut-être des menaces, mais je ne me souviens plus », s’entête à répondre L.. « Vous parlez librement aujourd’hui ? », tente le président. « Oui. »

    Aucune réponse de fond ne viendra donc éclairer les débats, à l’image de ces derniers jours, qui ont vu défiler des témoins privés de mémoire. « Le point commun entre ces témoins pris d’amnésie : ils ont échappé in extremis à leur mise en accusation devant une cour d’assises ! », s’était agacée Me Inès Medioune, l’un des conseils d’Amine Oualane.

    « Plusieurs coups de feu »

    Un peu plus tôt dans la matinée, le visage barbu de Lamine Laribi, encadré de cheveux mi-longs, est apparu sur l’écran de la cour d’assises. Incarcéré à Vendin-le-Vieil dans le cadre d’un dossier de triple homicide survenu en 2011, il avait été cité comme témoin à la demande d’un des avocats de Karim Harrat. « Je suis en prison depuis 2012, ça fait que je suis déconnecté. Je suis étranger à cette histoire. »

    Un seul témoin semble avoir conservé une mémoire intacte : une habitante de Châteauneuf-les-Martigues, témoin d’une scène de guet-apens au cours de laquelle les victimes auraient été attaquées avant que leurs corps ne soient retrouvés, en deux temps, dans des véhicules incendiés. D’une voix claire, cette quinquagénaire raconte la nuit du 28 au 29 décembre. Seule dans son salon devant la télévision, elle est alertée par « plusieurs coups de feu », des « tirs en contrebas de chez moi ». Se rendant « discrètement » au balcon, elle dit apercevoir « deux voitures sombres » qui repartent « en trombe ». Le calme revenu, « dix minutes plus tard », elle descend sur les lieux. « J’ai senti tout de suite l’odeur de poudre », relate la riveraine, qui ajoute qu’en six ans, quelques « trous de mémoires » rendent moins précis son souvenir. Ce n’est que le lendemain matin, en découvrant un article de presse relatant la découverte des véhicules carbonisés, qu’elle fait le lien avec la scène observée la veille. à la lumière du jour, elle dit découvrir au sol des « tâches de sang » , des dents, et s’empresse d’alerter la police.

    Plusieurs questions demeurent pourtant en suspens à l’issue de cette audience. D’abord celle soulevée par l’avocate de l’accusé Zakaria Bensaci. « (Il) aimerait apporter des réponses à la témoin ! », assure Me Naïri Zadourian. Reste également l’interrogation formulée par Me Fabien Perez, conseil de Malik Kariba : pourquoi Nassim Loubani a-t-il été démembré après sa mort ? « Je vais te le dire moi, pourquoi il l’a fait ! Je vais te le dire ! », a alors lancé le père de la victime, qui avait témoigné la veille, brisant ainsi le train-train des débats.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.