Category: societe

  • Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    Un nouveau lieu d’accueil en commun pour la jeunesse à Avignon

    La porte des possibles. Depuis six mois, l’association les Petits Débrouillards et le point accueil écoute jeunes (PAEJ) du Planning familial ne sont séparés que par cette porte communicante. Les deux structures sont en effet en colocation, sur 200 m2, au 3e étage de l’immeuble le Vinci, et ont inauguré leurs locaux ce mardi. Le bâtiment, place Farnèse sur la Rocade, y abrite déjà la Mission locale et le Planning familial. Un même lieu, aux missions différentes, mais tourné vers l’émancipation de la jeunesse.

    « Chacun déménage dans un contexte différent, décrit Sonia McComarck, écoutante et coordinatrice du Paej. Nous étions dans un local à la Barbière devenu trop étroit et insécurisant pour tout le monde. » Le quartier a connu plusieurs épisodes de violence, difficilement tenables surtout quand on œuvre en rez-de-chaussée. Qui plus est, « le lieu manquait de confidentialité, ici le site est bien plus anonyme, on ne peut pas deviner où se rend le jeune quand il entre dans le bâtiment », poursuit Sonia McCormack.

    Un accueil anonyme et gratuit pour les 12-25 ans

    Côté Petits Débrouillards, l’association de médiation scientifique, présente en Vaucluse depuis 25 ans, était aussi à l’étroit dans ses locaux à quelques encablures de là. « Au départ, on était même voisin du Planning familial qui était dans l’appartement à côté avant de venir ici, on a déjà travaillé ensemble sur les questions d’éducation à la sexualité où on a apporté des outils interactifs », décrit Solène Merer, directrice régionale des Petits Débrouillards.

    Si pour l’heure, les deux structures colocataires finissent de prendre leurs marques, « tout est à construire », selon la coordinatrice du Paej, « l’idée est d’avoir des projets communs autour de la jeunesse et l’égalité femmes-hommes », abonde Solène Merer. « Dans un contexte de fragilité accrue de la jeunesse, cet accueil est indispensable », loue Suzanne Bouchet, vice-présidente (DVD) en charge de l’enfance et des solidarités. « Il y a un constat partagé autour de l’isolement, de la précarité et de l’accès aux droits de la jeunesse, le Paej a depuis cinq ans trouvé son public », abonde Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial 84. Créé en 2021, le Paej accompagne quelque 130 jeunes individuellement par an et plus de 2 000 lors d’initiatives collectives comme des forums. « On s’adresse aux 12-25 ans de manière généraliste, gratuite et anonyme, pour un soutien social ou psychologique et de médiation en santé, expose Sonia McCormick. On est l’un des rares lieux désinstitutionnalisés qui offre une pause. »

  • Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Cette entreprise adaptée varoise veut grandir et recruter malgré le manque de locaux

    Trouver un nouveau local : telle est aujourd’hui la priorité de CVSI-EA à Cuers. Installée depuis 2017 dans la commune, cette entreprise adaptée, spécialisée dans la signalétique industrielle, souhaite développer son activité. Un projet toutefois freiné par la difficulté à trouver un bâtiment adapté à ses besoins.

    « ça fait six mois que je cherche un local, explique Franck Raymond, président de CVSI-EA. On a besoin de bâtiments climatisés. On peut produire sur des plages de température entre 18°C et 22°C. Il faudrait multiplier par deux notre espace actuel, avec une zone de stockage. Mais ça, dans le Var, c’est très compliqué à trouver. »

    Pour mettre en lumière cette entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Provence-Alpes-Côte d’Azur (Cress Sud), a organisé, ce mardi, une visite de presse du site cuersois. « Le rôle de la Chambre régionale, c’est de mettre cette entreprise en visibilité », rappelle-t-il.

    Insertion et performance économique

    Le site de Cuers est le plus récent des trois établissements du groupe. Dans cet atelier de 260 m², six salariés fabriquent panneaux, enseignes, marquages et supports de signalétique pour de grands groupes comme EDF, la Société générale, Groupama ou encore la RATP. « On est les seuls en France à faire de la signalétique notre seul métier », souligne Franck Raymond.

    La particularité de CVSI-EA réside aussi dans son modèle social. Environ 75% des salariés sont en situation de handicap. Pour le dirigeant, l’objectif est avant tout de permettre à ces travailleurs de retrouver leur place dans l’emploi. « Le premier handicap de ces personnes qui ont été écartées de l’emploi, c’est le manque de confiance », estime-t-il.

    Un modèle salué par Denis Philippe. « Il faut que l’entreprise soit performante, mais aussi permettre à des gens d’avoir une existence sociale, souligne le président de la Cress Sud. Permettre à ceux qui pourraient être marginalisés de continuer à mener une vie normale. »

    Aujourd’hui, CVSI-EA envisage l’acquisition d’une nouvelle machine estimée à 500 000 euros. Un investissement qui pourrait permettre à terme de porter les effectifs locaux à 40 ou 50 salariés. « On est capable de se payer la machine », assure Franck Raymond. Reste désormais à trouver le bâtiment qui permettra à l’entreprise de poursuivre son développement dans le Var.

  • À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    À Martigues, le nouveau collège Pagnol inaugure le pôle éducatif nord

    Le voile tombe et Marcel Pagnol apparaît, en habits d’académicien. Ça y est : le nouveau collège Pagnol de Martigues est inauguré, mardi matin, après trois ans de travaux. Les élèves et leurs professeurs ont déjà pris possession des lieux depuis le 2 mars.

    « Je suis fier que ce collège porte le nom de mon grand-père, même si je n’y suis pour rien », réagit Nicolas Pagnol, tout sourire, devant l’assemblée, espérant « que son œuvre sera encore enseignée aux jeunes ». Les quatre élèves de 5e qui ont récité un extrait de la scène de chasse dans la garrigue de La gloire de mon père le démontrent, introduits par le solo de hautbois de leur professeure reprenant le thème du film « Jean De Florette ». « C’est la transmission de beaux sentiments, l’amitié, le travail et la famille », conclut Nicolas Pagnol.

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, ne manque pas de reconnaître le « talent » des élèves, parlant d’une « magnifique réalisation » pour désigner le lieu. Un « investissement dans l’avenir » de 34 millions d’euros souligné par la conseillère départementale (Ren.) Laurence Angeletti, issu du plan Charlemagne de modernisation des collèges.

    « Collège du XXIe siècle »

    Chacun prend ses marques dans ce nouveau complexe, dont la surface est presque double de celle de l’ancien site, avec des salles de cours lumineuses. De la cuisine moderne au self immaculé, en passant par le gymnase, le plateau sportif et la salle de travaux manuels équipée, l’établissement offre de vastes espaces de circulation dans ses couloirs gris béton. Il est également accessible aux personnes malvoyantes : chaque porte et panneau d’indication est traduit en braille.

    L’équipement sportif est particulièrement fourni, avec mur d’escalade, tables de ping-pong, archerie, ainsi que plusieurs terrains intérieurs et extérieurs, entourés d’une piste d’athlétisme de 200 m. « C’est la moitié de l’homologation en compétition, plus adapté pour les collégiens », fait remarquer Samir Dahmani, conseiller municipal (SE). « C’est presque un J”ulien-Olive” au collège ! », s’émerveille Valérie Baqué, adjointe (PCF).

    L’établissement est « conçu pour répondre aux exigences du XXIe siècle renchérit Gaby Charroux. Il est remarquable pour ses équipements, notamment sportifs et pour la Segpa » et par « la prise en compte des enjeux environnementaux ». Tant en termes de compensations que de construction. « L’établissement est moderne par sa conception bioclimatique et sa chaufferie bois, indique Laurence Angeletti. Il prépare à vivre dans un monde plus durable. » Les bancs et les tables de ping-pong en dur, dans la cour, sont en matériaux recyclés, d’après l’architecte.

    Un chantier qui donne le ton de l’évolution de ce nouveau quartier de la ville, au cœur du « pôle éducatif » relevé par l’édile.

  • À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    À Avignon, les bus à l’arrêt après des fusillades

    Les habitants de Monclar, quartier d’Avignon Ouest, n’ont plus de bus à proximité de chez eux depuis ce vendredi 12 juin. Les chauffeurs du réseau Orizo ont exercé leur droit de retrait à la suite d’une fusillade survenue en fin de journée, ce lundi 8 juin, devant un café. Il s’agissait de la cinquième dans la zone depuis le début de l’année.

    Une réunion « d’urgence » s’est tenue, ce mardi 16 juin, entre la direction d’Orizo, la préfecture, le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) et les syndicats. Si le maire a exposé ses arguments pendant une heure avant de devoir quitter les échanges, syndicats et direction ont poursuivi les discussions jusqu’en fin d’après-midi. À l’issue des négociations, une solution semble avoir été trouvée pour rapprocher à nouveau les usagers des transports en commun.

    Ce mercredi 17 juin à partir de 14h, une présence accrue de la police municipale et nationale devrait être mise en place dans le quartier. Deux membres de la Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) vont ensuite constater si celle-ci est suffisante. Si c’est le cas, une déviation du centre du quartier, « comme celle du vendredi pour le marché, dont les gens sont habitués », confie André Saliba, secrétaire FO Orizo, va être mise en place. L’arrêt desservi le plus proche étant alors Verdi, à une centaine de mètres.

    Orizo justifiait avoir mis en place un « itinéraire de déviation » suite « à des situations d’insécurité et à des incidents ne permettant pas d’assurer la desserte dans des conditions normales », en écho aux fusillades de la semaine précédente. « La sécurité de nos voyageurs et de nos conducteurs demeure notre priorité », assurait le transporteur. « Ça me désole. Mais on doit protéger nos collègues. On se lève à 3h pour commencer à 5h et on ne veut pas risquer de se prendre une balle », pose le responsable syndical.

    « Il y a un droit de retrait qui est légitime. Il y a une inquiétude des conducteurs qui est légitime. Et il y a aussi un sentiment des habitants de Monclar que, quand les transports en commun ne passent plus, d’une certaine manière, on acte le fait qu’on les abandonne », appuie de son côté, en sortie de réunion ce mardi midi, le premier édile de la Cité des Papes, qui se réjouit d’un moment où « tout le monde s’est écouté » et dont il espère qu’elle « débouchera sur une amélioration sensible de la proposition de circulation de manière très rapide ». En tant que président du Grand Avignon, « autorité organisatrice des transports », comme il le rappelle, il estime également qu’il y a un « devoir de maintien » des agents.

    Retour des CRS

    Si la reprise un peu plus « normale » des transports en commun est sur les rails, la lutte contre le narcotrafic reste l’une des priorités du maire. Olivier Galzi plaide notamment pour un retour de l’unité de CRS qui était basée à Avignon, déplacée à Bordeaux il y a désormais deux semaines. « À un moment donné, il va falloir qu’à Beauvau et à Matignon, on acte qu’Avignon est une ville effectivement gangrenée par le narcotrafic », plaide-t-il, citant des affaires récentes comme l’interpellation d’un commando lourdement armé venu de la région parisienne, à Morières, il y a quelques jours. « Il n’y a pas de problème avec Bordeaux. Elle est en train de garder le théâtre municipal… Je veux dire, c’est comme si nous, on demandait des CRS pour les mettre sur la place de l’Horloge. Je veux bien qu’on fasse des arbitrages politiques, mais à un moment donné, il y a des réalités de territoire. Et la réalité de notre territoire, c’est qu’on a des quartiers qui sont aux abois et demandent de l’aide. Et ça, ce n’est pas le maire d’Avignon qui va pouvoir le faire », conclut-il, précisant avoir défendu ce dossier à plusieurs reprises auprès du gouvernement.

    À noter que des effectifs supplémentaires ont tout de même été alloués à Avignon.

  • Une carte de transport d’été à 10 euros pour les jeunes et contre la fraude

    Une carte de transport d’été à 10 euros pour les jeunes et contre la fraude

    Alors que le préfet publiait son arrêté pour le budget de la Métropole, la RTM rendait, ce mardi, les conclusions de son audit [contrôle de comptabilité] flash, demandée par Samia Ghali à son arrivée à la présidence, en avril dernier. Un rapport qui révèle une RTM « saine en matière de budget », affirme la présidente, malgré une flotte vieillissante coûteuse en entretien. L’occasion, aussi, de proposer des pistes d’économies possibles.

    Face aux économies exigées ce mardi par le préfet, la présidente de la RTM met en avant la décision du conseil d’administration d’un versement de 5,7 millions d’euros de la régie au profit de la Métropole. « Nous faisons l’effort pour aider la Métropole, mais nous n’enlèverons pas de l’exploitation, car les transports sont un service public », insiste la maire adjointe (DVG), affirmant que les efforts demandés ne pourront pas être portés seule par la RTM.

    La gratuité dans le viseur

    La RTM était par ailleurs épinglée dans l’avis de la chambre régionale des comptes au sujet de la fraude. D’après les chiffres de la régie, un usager sur quatre utiliserait les transports marseillais sans titre, pour un coût estimé à 24 millions d’euros. Un fléau que Samia Ghali envisage de réduire, en plus des contrôles, par une tarification adaptée aux revenus et à la catégorie sociale de chacun. Elle a annoncé vouloir mettre en place, pour les mois de juillet et août 2026, un pass pour les moins de 26 ans à 10 euros, « car ces jeunes n’ont souvent pas de titre de transport au quotidien, mais l’été, ils veulent aller à la plage et s’ils n’ont pas les moyens, ils fraudent », développe la présidente de la RTM. Une proposition qui devrait être soumise au vote lors du conseil métropolitain, le 24 juin.

    Autre piste d’économie, Samia Ghali évoque le renouvellement de la flotte vieillissante, qui représente un certain coût en entretien. Elle espère également mettre fin à la gratuité pour les seniors et les enfants, remplacée par une tarification sociale « plus équitable », affirme-t-elle, sans en donner les contours précis. Dernière piste évoquée lors de cette conférence de presse : l’augmentation du versement mobilité payé par les entreprises également soumise au vote du conseil métropolitain.

    L’association des usagers réagit à l’avis de la CRC

    L’association des usagers des transports des Bouches-du-Rhône reconnaît le manque de recettes de la RTM, après l’avis de la chambre régionale des comptes (CRC). Pour eux, cela « conduit à un manque d’ambition ». Elle rappelle l’urgence de « développer l’offre de transport qui présente un retard important ». Ils soutiennent la fin de la gratuité pour les enfants et les seniors, au profit d’une tarification sociale.

  • Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Des forces de sécurité bien articulées pour endiguer les trafics

    Le comité d’accueil à la sortie du bus en provenance de Marseille, au terminus de l’aéroport à Marignane, surprend un peu les voyageurs. Les forces de la police aux frontières, la gendarmerie des transports aériens et les douanes ont uni leurs forces pour une journée de contrôle, mardi.

    Tandis que Pacha, labrador de 7 ans, passe sa truffe sur les valises et les passagers, cherchant à détecter des produits stupéfiants, le préfet de région, Jacques Witkowski, venu avec la préfète de police, Corinne Simon, explique : « Le message est clair, les produits illicites ne passeront pas par la plateforme aéroportuaire. Avec 11 millions de passagers, Marseille se place comme un des premiers aéroports français et européen, il nous faut éviter qu’il soit une porte ouverte sur les trafics. »

    Précisant que ce travail commun est quotidien sur ce site, « un travail à bas bruit », Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, ajoute que ces services ont dans leur ligne de mire le stup’, mais aussi « les VTC illégaux qui font prendre des risques aussi à leurs clients ». Côté douane, « on a deux obligations », pose Michael Lachaux, directeur régional des douanes à Marseille :   « Assurer la fluidité, ne pas retarder, et assurer la sécurité du département voire de la région. » Les douaniers ont effectué, en 2025, pas moins de 1 400 constatations et saisi 2,5 tonnes de tabac, 30 000 contrefaçons et 50 kg de stupéfiants.

    Les mules pour le tabac

    Il témoigne du retour d’un phénomène, celui des mules. « On connaissait les mules guyanaises, où on mettait plusieurs passagers qui avaient ingéré des produits, [dans l’idée que] les premiers se font prendre et les autres passent sans être contrôlés. On a la même chose en matière de tabac, avec plusieurs centaines de kilos à chaque fois », détaille-t-il.

    Après la gare routière, direction les sous-sols du terminal 1. Un avion en provenance d’Alger vient d’atterrir. Une destination « sensible » pour les douanes, où il faut distinguer le trafic, avec le tabac en échange d’autres produits importés, du voyageur qui ramène pour sa consommation personnelle.

    À l’image de ceux installés en surface, des tapis accueillent les bagages débarqués. Un autre labrador de la douane, Van, spécialisé dans la recherche de tabac en quantité, est guidé par son maître. « Quand il marque, il gratte, je prends alors la valise et je la mets de côté », détaille une douanière, fier de son « collègue de travail ». Un job de précision avec les bagages de 130 ou 150 passagers par vol. Justement, l’animal repère un sac. Il ne va pas être retenu, mais remis dans le circuit. « Ce qui nous intéresse, c’est non seulement la marchandise, mais la personne qui vient la chercher », développe le directeur régional des douanes. Toujours dans ce souci de fluidifier les flux, le voyageur sera intercepté à la surface et le bagage ouvert devant lui. Bilan : cinq cartouches au lieu d’une admise.

    Dans la zone fret, le Paco, le malinois de la gendarmerie, capable de dégoter explosifs, armes, stupéfiants et billets de banque, fera chou blanc sur les boîtes médicales en provenance d’Ajaccio. « C’est un outil précieux pour nous », insiste le major Rio, dont la brigade de 27 effectifs est en charge de la sûreté portuaire.

    Entre-temps, les douanes ont encore réalisé une belle prise : pas moins de 100 paquets de cigarettes, en provenance d’Algérie…

  • À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    À Marseille, un policier municipal condamné pour violences

    Un policier municipal de Marseille a été reconnu coupable de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Il a été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour un tir de pistolet-taser qui avait atteint la victime aux testicules. Le tribunal a fait droit à une dispense d’inscription de sa condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire.

    Le parquet avait requis, à l’audience du 7 mai, une peine de 8 mois de prison avec sursis, un an d’interdiction d’exercer et deux ans d’interdiction de port d’armes, estimant que le policier de 40 ans « avait joué au cow-boy et fait un faux pour se couvrir » sur ce qui n’était pas un refus d’obtempérer.

    Le 15 mai 2024 à 16h, trois policiers municipaux en patrouille décidaient de contrôler un scooter roulant sans casque, avenue de Corot (13e). Le pilote de 31 ans s’était garé pour entrer dans le snack vide. Alors qu’il sortait vivement des toilettes, un premier tir de taser l’atteignait dans le dos. Foudroyé, il tombait d’un bloc au sol, entraînant dans sa chute une policière. Il reprenait ses esprits. Jugé menaçant, il était à nouveau électrisé, toujours dans le snack, par un second tir dont les aiguillons atteignaient ses parties intimes. L’homme menotté relatait avoir ensuite été frappé à bord du véhicule. Les marins pompiers n’avaient pas été appelés alors que la règle l’exige dès que l’arme d’impulsion électrique est engagée. Après 12 années dans la police nationale et 6 ans de police municipale, c’était son premier emploi du taser.

    « La légitime défense était caractérisée pour le premier tir », a dit la présidente au délibéré, l’individu étant sorti des toilettes en mode bélier avec son casque en avant. S’agissant des coups de poing portés à son visage à bord du véhicule de police, « il n’est pas démontré que le policier en est l’auteur, la partie civile ayant chuté à deux reprises, d’abord dans le snack puis en sortant du véhicule de police », a dit la juge.

    Le policier répondait en outre de faux. Son procès-verbal pour refus d’obtempérer indiquait que le véhicule de police avait poursuivi sur 200 mètres le scooter alors que l’enquête établit que le scooter ne s’est déplacé que de 25 mètres pour se garer devant le snack. Bien que le policier ait reconnu le faux en déclarant « avoir mal actualisé les données du rapport en faisant un copié-collé d’un autre rapport qui a erroné certaines données », le tribunal l’a relaxé, « le procès-verbal de mise à disposition ne figurant pas dans la procédure ».

    Trois caméras-piétons hors service

    « Nous sommes très satisfaits car nous avons le sentiment d’avoir été écoutés par la juridiction. Nous aurions certes aimé que le second tir puisse être retenu comme légitime aussi », a commenté Me Sandrine Pauzano, conseil du policier. Dans cette affaire, aucune des caméras-piétons dont sont porteurs les trois policiers n’a fonctionné. La caméra du pistolet-taser, prévue pour se déclencher automatiquement, n’a pas davantage opéré. Quant à la vidéosurveillance de la ville, la caméra n’a pas fixé la scène. Les seules images ont été prises par un passant (ci-dessus).

    « Une condamnation pour violences policières est toujours appréciable. On a eu la chance d’avoir un procureur qui a immédiatement levé la garde à vue de mon client et décidé de poursuivre le policier à la suite de notre plainte », s’est félicitée hier Me Camille Latimier-Theil, pour la partie civile. Le tribunal a ordonné une expertise médicale de son client. Le médecin désigné devra rendre son rapport avant la fin de l’année. L’audience sur les intérêts civils est fixée au 21 mai 2027.

  • Le projet de biométhane prend une place centrale

    Le projet de biométhane prend une place centrale

    C’est pour faire toute la lumière sur un projet qui vient en réponse à l’arrêt de charbon et qui privilégie une transition avec le maintien des emplois et des compétences que les riverains étaient conviés à cette concertation placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). À la Maison du peuple, ce dernier volet, technique, portait sur le mode de fabrication, les enjeux, les risques et le niveau d’étude. Il a fait salle comble.

    Après les réunions des 12 et 26 mai, cette nouvelle phase de consolidation d’un projet résultant d’une lutte sociale de plusieurs années intervient alors que la société Hy2gen a abandonné le sien, Hynovera. Porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG), le projet BMP vise à produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie, en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération. Cette nouvelle unité devrait créer 50 emplois directs, dont 23 anciens salariés de la centrale, et 150 indirects pour une capacité de production de 234 GWh/an, soit de quoi alimenter 40 000 foyers à l’horizon 2029.

    Un mix énergétique

    « 200 personnes à la première réunion, 130 à la seconde et plus de 880 visiteurs sur le site, 97 avis dont 72 positifs », ont résumé les deux animateurs de la concertation du cabinet Deconcert. La marque d’un intérêt certain de la population pour le projet. Les commentaires ont porté notamment sur « l’ambition de la redynamisation industrielle du bassin minier » et les inquiétudes sur « les points de vigilance quant aux impacts environnementaux ». Le procédé d’utilisation de bois de récupération a particulièrement retenu l’attention pour « son côté économie circulaire qui fait sens sur le territoire ».

    Des éléments de participation dont Loïc Delpech (ATCG) retire des enseignements : « On savait qu’on ne ferait pas l’unanimité, mais les échanges nous aident avancer. Tout est toujours perfectible. » Dans la salle, ce mardi soir, ddes craintes portant sur le traitement des eaux ou les rejets toxiques se sont à nouveau vivement exprimées. Mais la volonté de transparence des porteurs du projet n’entame pas leur détermination à le faire aboutir, a rappelé Jean-Michel Roccasalva : « Ce n’est pas une option. » Le secrétaire général de la CGT du site a également pointé « l’importance de la synergie qui va permettre le maintien des activités autour, de redynamiser le commerce et les services publics, c’est un ensemble d’activités qui ont un intérêt commun ».

    « Quand une usine ferme, les services publics aussi », a souligné un postier soucieux que ses enfants « puissent vivre et travailler à Gardanne s’ils le veulent ». Il voyait dans la réouverture d’une ligne ferroviaire pour ce projet « porté par des travailleurs non guidés par la rentabilité, (…) un service qui pourrait bénéficier aux voyageurs ». Synergie, mais aussi mix énergétique, avec une production locale, pour Renaud Henry. Le secrétaire général de la CGT Énergie de Marseille a précisé : « On parle beaucoup d’énergie verte, mais ça n’existe pas. En France, le gaz naturel ne représente que 12% de ce mix, contre 70% de nucléaire, et il vient des gisements de schiste américains. » L’information « continuera », a assuré Thierry Bard, de GazoTech, et la consultation dure jusqu’au 22 juin sur le site concertation-bmp.fr, mais l’urgence est au dépôt des permis pour une mise en service courant 2029.

    La participation à cette concertation préalable reste possible jusqu’au 22 juin, via www.concertation-bmp.fr.

  • Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Dans le Var, avec la nouvelle loi, le narcotrafic mute mais ne faiblit pas

    Le 13 juin 2025, une nouvelle loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic » était promulguée, visant à élargir l’arsenal juridique et les moyens d’action des services de police et de gendarmerie. Parmi ces mesures figurent la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), le renforcement de la lutte contre le blanchiment d’argent et des moyens d’action administratifs locaux, ainsi que de nouvelles mesures judiciaires et techniques d’enquête, avec une protection accrue des agents et des témoins.

    Un an après son application, les services de l’État dans le Var, réunis autour du préfet mardi, dressent un constat mitigé : loin d’avoir reculé, le narcotrafic a muté, et « les trafiquants se sont adaptés aux nouvelles modalités d’enquête », résume le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland. En conséquence, c’est « l’action de l’État qui a dû s’adapter » quand « le trafic se poursuit sous d’autres formes », reconnaît le préfet du Var, Simon Babre, qui observe ainsi « une uberisation du trafic et une forte régression des points de deal ». Sur les 35 sites considérés comme « historiques » par l’Office antistupéfiants (Ofast), seuls 13 sont encore actifs.

    Des saisies qui explosent

    Cette évolution s’appuie notamment sur les réseaux sociaux. Pour lutter contre ce phénomène, 28 enquêteurs ont été formés afin de démanteler les trafics en ligne, en recourant à des pseudonymes, comme le permet la loi « Narcotrafic ». Au total, depuis le début de l’année 2026, 37 enquêtes ont été menées, aboutissant à 43 interpellations, et contribuant à une évolution marquée des saisies : -6,75% de saisies par rapport aux cinq premiers mois de 2025 pour la cocaïne (77,3 kg saisis) et -89% pour les plants de cannabis (61 plants), mais +85% pour le cannabis lui-même (440 kg), +264% pour l’ecstasy (1 658 cachets) et, plus inquiétant encore, +355% pour l’héroïne (641 g). Ces chiffres peuvent toutefois être interprétés de différentes manières, illustrant à la fois la progression de la consommation et du trafic d’une part, et celle de la lutte d’autre part.

    La numérisation des pratiques a une autre conséquence. « Les usagers deviennent revendeurs car il est rentable d’acheter du produit et de le rapporter dans l’arrière-pays varois », analyse le commandant du groupement de gendarmerie du Var, Grégory Goumain, qui recense, sur sa zone, « 95 trafics démantelés dans 39 communes en 2025, 28 dans 20 communes en 2026 ». Les quantités transportées sont généralement plus faibles, une adaptation observée de manière assez générale, « car si on se fait attraper, le risque encouru est moins important », complète le procureur de la République de Toulon. Les services des douanes font le même constat, observant une « multiplication des petites saisies et une hausse significative des amendes », selon Myriam Soula, directrice interrégionale des Douanes. Est aussi observée une « fragmentation supposée de la livraison avec des envois postaux par exemple, ce qui est nouveau pour nous ».

    Logement et prestations sociales en ligne de mire

    Une des clés du trafic demeure le logement, avec l’utilisation d’appartements « nourrices », dont certains sont loués via Airbnb. La loi contre le narcotrafic a ainsi conduit à 24 demandes d’expulsion, dont deux ont été effectives. Par ailleurs, cinq fermetures de commerces et 124 interdictions de paraître ont été prononcées. Toujours dans le cadre de cette loi, et au titre de l’extension des prérogatives administratives locales, une convention nouée fin 2025 entre la CAF du Var et les services de l’État permet désormais de sanctionner les trafiquants bénéficiaires d’aides sociales. Plus de 50 signalements ont été réalisés, pour cinq mesures coercitives, tandis qu’une vingtaine de dossiers sont encore à l’étude.

    Sur la route, où 15% des accidents mortels (cinq décès depuis janvier, contre neuf sur les cinq premiers mois de 2025) sont liés aux stupéfiants en 2026, la multiplication des contrôles a permis de détecter davantage de conduites sous emprise (837 cas pour 7 727 contrôles au premier trimestre, contre 738 pour 8 312 sur la même période en 2025). Le taux de tests positifs reste similaire (12%), mais le nombre de suspensions de permis a augmenté de 42%, les stupéfiants en étant désormais la principale cause.

    Si, pour le procureur Raphaël Balland, « l’absence d’usagers assèche le trafic », la question de l’addiction n’a été que survolée par le préfet : « Il y a des mesures de prévention pour en sortir et montrer que la spirale du trafic expose à des représailles, des dettes. Nous appelons à la responsabilité collective. » Une responsabilité qui incombe aussi – et surtout – aux pouvoirs publics, les faits montrant que l’addiction se traite rarement par le seul levier coercitif, notamment lorsqu’elle est liée à des problématiques socio-économiques.

    DES PROCÈS MARQUANTS DANS LA RÉGION

    17 octobre 2025

    À Avignon, deux boss du Ponzo tombent

    Le tribunal correctionnel d’Avignon a condamné un des grands patrons du réseau du Ponzo au sud d’Avignon, Badr J., à dix ans d’emprisonnement pour association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants. Qualifiée de « directrice territoriale » du point de deal, Anaïs E. écope de 7 ans ferme. Ce point de deal, dans le quartier Monclar, rayonnait sur tout le département du Vaucluse, générant violences et règlements de comptes.

    14 avril 2026

    DZ Mafia : 25 ans contre Gabriel Ory

    La cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône jugeait six accusés, dont deux narcotrafiquants du haut du spectre présumés diriger la DZ Mafia. Elle a condamné Gabriel Ory à 25 ans de réclusion pour un double meurtre, en 2019, dans une chambre d’hôtel de Plan de Campagne. Elle a acquitté Amine Oualane, qui reste écroué dans le cadre d’autres dossiers. Gabriel Ory vient d’être mis en examen pour un projet d’évasion de la prison de Vendin-le-Vieil. D.C.

    14 mai 2026

    12 ans ferme contre le recruteur d’un ado tueur

    Hacène Larbi, alias « le H », 24 ans, est condamné à 12 ans de prison, à Paris, pour avoir recruté, depuis sa prison, un adolescent de 17 ans chargé de tuer une cible à Marseille. Lola D., 23 ans, qui avait acheminé une kalachnikov à l’adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison. Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu’il a blessé à l’arme blanche, l’adolescent avait fui. Il doit être jugé, en juin, par le tribunal pour enfants.

    5 juin 2026

    Le clan Yoda condamné

    Félix Bingui, 35 ans, dit le chat, « chef incontestable » du clan Yoda, est condamné à 12 ans d’emprisonnement et 200 000 euros d’amende au terme de trois semaines de procès, à Marseille, aux côtés de 19 comparses, dont 4 ont été relaxés. Son bras droit, Mohamed Hussein Saleh, a écopé de 9 ans de prison. Toujours en fuite, Zine Eddine Belkaid, considéré comme le grand gérant des points de vente, a été condamné à 8 ans de prison. Dans la sanglante guerre territoriale, ce gang s’est effondré sous les assauts de la DZ Mafia.

    D.C.

  • La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    La maire de Toulon vivement applaudie pour la nouvelle piste cyclable

    Bravo et merci, Madame le maire, d’avoir le courage de faire ce projet que nous demandons depuis plus de 20 ans. » Une première dans le Port du Levant, puisque les félicitations émanent de Maurice Franceschi, président de Toulon Var déplacement et du Collectif tramway, un farouche militant habitué à ferrailler avec les politiques pour tenter de réduire la place de la voiture en ville au bénéfice des transports en commun et du vélo. On a bel et bien changé d’ère. C’est une véritable « vélorution », puisqu’une voie de circulation va être supprimée pour rendre la pratique de la petite reine sécurisée sur l’avenue de la République, dès la mi-juillet. « C’est un choix que j’assume », explique la 1ère magistrate, Josée Massi (SE).

    La piste cyclable bidirectionnelle va être implantée, à titre expérimental, sur la partie nord de cette artère très fréquentée, qui passe devant la mairie. Dès le mois d’octobre, un retour d’expérience sera réalisé afin de procéder, si besoin, à des ajustements, voire à un déplacement de la piste vers le sud.

    Ce projet, élaboré en concertation, nécessitera toutefois de faire appliquer strictement la réglementation concernant les livraisons, qui sont interdites hors emplacements réservés, de 7h à 9h et de 16h à 19h.

    Les travaux, d’un montant de 500 000 euros, débuteront le 17 juin.

    Sur la bonne voie, Toulon doit poursuivre sa transformation afin de favoriser, comme ici, un report modal accru vers le vélo. Des investissements bénéfiques pour l’environnement, la santé et le porte-monnaie. Grincheux s’abstenir, donc.