Category: societe

  • ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    ça tourne chez les jeunes et apprentis de l’Académie Moovida

    Allez Tarantino, on tourne ! », plaisante la réalisatrice Nadja Harek, qui accompagne les jeunes et apprentis pour cette 2e journée de tournage, lundi 23 mars. Face au retour caméra, l’apprenti réalisateur Jonas Pellier remet son casque avant qu’une énième prise de la 4e scène soit tournée, dans le square Vaudoyer à la Major. « J’ai pitché le scénario [du court-métrage En ville] devant un jury professionnel et j’ai été choisi en août dernier », se remémore ce jeune de l’Académie Moovida. Une première réalisation émouvante pour Jonas qui se destine à ce métier : « Ce que j’écris, ce que j’imagine prend vie. C’est un peu de l’ego de dire ça mais c’est un sentiment formidable. »

    Aux côtés des apprentis, la réalisatrice et scénariste Vanessa Zambernardi, Nadja Harek et d’autres professionnels guident ces jeunes. Le réalisateur, encore novice, assure : « Nadja a autant envie que moi de faire un superbe film. Tout ce que je n’arrive pas à dire avec mes mots, elle le retranscrit. Elle a compris tout de suite ma vision des choses. » En ce lendemain de journée pluvieuse, l’ambiance s’équilibre entre le travail, la bienveillance et la taquinerie. Le figurant Sidy arbore un grand sourire : « L’équipe est top. On passe un bon moment sous le soleil de Marseille. ». Avec quelques expériences de théâtre et de cinéma avec Kourtrajmé, l’apprenti Moovida d’une trentaine d’années réalise son premier projet avec l’Académie.

    D’horizons différents

    L’équipe réunit 37 personnes d’horizons différents. Désignant l’assistante-réalisatrice Juliette, la script Camille ou encore l’ingénieur-son Alexis, « chacun son rôle. On ne peut pas se passer les uns des autres. Cette imbrication de compétences est magique », s’émerveille Yasmina Er Rafass, directrice de Ph’Art et Balises. Dispositif de l’association, « l’idée de Moovida est de traverser une expérience d’écriture et de tournage. De faire rencontrer pro et apprentis par l’expérience, le didactique. On va chercher des jeunes pour qu’ils découvrent avec nous et apprennent sur le tas ces métiers du”faire” », résume-t-elle.

    Le film scénarise « quatre amis marseillais au fil d’une journée ordinaire, qui bascule lorsqu’une femme les accuse d’avoir volé son téléphone ». Parmi la bande de potes, Zelie Zambernardi joue le personnage principal « Anna. J’ai 19 ans. Je vole le téléphone en question. » Indiquant la scène qui se tourne, la jeune actrice scénarise : « Par rapport au contrôle de police, je les vois j’ai chaud et je veux qu’on se barre. Il y a une grosse course-poursuite qui se fait avec les flics. » Une course tournée sur les deux jours suivants, à travers le Panier jusqu’à la Belle de Mai. Ce court-métrage tente de dénoncer « la stigmatisation qu’on nous attribue dès la naissance, en fonction de nos origines, de nos religions, de notre classe sociale », résume Jonas. Sur le plateau, la plupart des apprentis viennent du quartier Saint-Mauront (3e), « le quartier le plus pauvre d’Europe, souligne le jeune cinéaste en phase avec son scénario. Je suis habitué à un milieu populaire. »

    Être représenté au cinéma

    Impliquant les jeunes de ces quartiers prioritaires, l’association compte sur ces projets « pour créer un écosystème rassurant où les jeunes puissent se sentir légitimes de faire des films. De raconter leurs propres histoires et de se représenter pour sortir des rôles stéréotypés, qu’on voit habituellement au cinéma », liste Yasmina.

    D’autres scénarios déjà en poche, Jonas espère continuer sur cette lancée. Le court-métrage En ville sera diffusé dans les cinémas partenaires et envoyé aux festivals pour une sélection potentielle.

  • Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Soirée de soutien à SOS Méditerranée, « un acte de résistance »

    Un acte de résistance face à la banalisation de la violence. » Samedi soir, Pierre Micheletti, médecin et
    administrateur de SOS Méditerranée, et Jean-Luc Pesle, médecin responsable de la mission frontière transalpine pour Médecins du Monde, sont intervenus aux côtés d’artistes et de militants pour une soirée de soutien à l’association de sauvetage en mer au tiers lieu la Maison commune, à Château-Arnoux-Saint-Auban. La soirée a commencé par la lecture musicale de textes d’un roman de Pierre Micheletti. Chantal Lemarchand, l’une des trois fondatrices de la maison d’édition Langage Pluriel, organisatrice de la soirée, a lu l’histoire de Younis Ibrahim Jama, inspirée du fiasco humanitaire de l’Arche de Zoé. Un enfant rescapé du Darfour, dont la mère a été tuée par des soldats, est arraché à son père et adopté par un couple français. La lecture était accompagnée par le musicien Olivier Vauquelin à la contrebasse.

    « Inflation du besoin d’assistance »

    Le médecin administrateur de SOS Méditerranée a ensuite déploré la « multiplication par cinq du nombre de personnes en besoin d’aide humanitaire ces dix dernières années, et par deux des personnes déplacées de force ». Il a insisté sur le besoin de « faire en sorte qu’elles n’aient pas à fuir leur pays », et rappelé une citation de la poétesse Warsan Shire : « Personne ne pousse ses enfants sur un bateau, à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme. » Selon lui, « l’UE développe des stratégies d’épuisement », « tolère des blocages des humanitaires et pénalise les secours ». Il a notamment rappelé que des garde-côtes libyens avaient tiré sur l’Ocean Viking en 2025, engendrant une immobilisation de trois mois.

    Jean-Luc Pesle a lui aussi déploré la « militarisation », « les pressions, intimidations, obstacles aux soins, le harcèlement » et la « criminalisation des actions de solidarité ». Le refuge solidaire que son équipe a ouvert à Briançon a largement dépassé sa capacité d’accueil. Les deux humanitaires ont par ailleurs constaté une évolution du public secouru et accueilli : il y a plus de femmes, enceintes ou encore victimes de violences sexuelles, de familles et d’enfants.

    La soirée de soutien s’est terminée par un repas solidaire et par un concert a cappella de Lison David et Juliette Delhommeau.

  • Plusieurs centaines de personnes mobilisées pour la Palestine

    Plusieurs centaines de personnes mobilisées pour la Palestine

    Plusieurs centaines de personnes se sont massées samedi après-midi, place de la Joliette, pour la défense des droits du peuple palestinien, mais également afin de protester contre la guerre et l’impérialisme, à l’appel de nombreux collectifs locaux. « C’est important de montrer que Marseille soutient la Palestine, mais qu’ici, on dénonce aussi la guerre en Iran ou au Liban », avance une retraitée venue d’Aubagne. Après des prises de parole et un Bella Ciao entonné en chœur, les manifestants, drapeaux au vent et en musique, ont descendu la rue de la République, avant que le cortège ne termine son parcours au Vieux-Port.

  • Le désarmement, guest-star du carnaval de la Plaine

    Le désarmement, guest-star du carnaval de la Plaine

    Un défilé bien en ordre, c’est juste une parade militaire ! » Derrière ses ailes d’ange, sous le panneau « Attention danger : fête libre », Justine réagit au serrage de vis préfectoral : Fin du bal à 19h sous peine d’écoper de 6 mois de prison assortis de 7 500 euros d’amende. Quant à l’interdiction de vente d’alcool sur la voie publique, carnaval ou pas, pas besoin de produire un arrêté, c’est la loi.

    Le carnaval indépendant de La Plaine, Noailles, Réformés réunit autour de 10 000 personnes chaque année. Afin d’éviter les « graves troubles à l’ordre public » qui, lors des éditions précédentes, « ont mis en danger des manifestants, causé des dégradations matérielles importantes (mobilier urbain, caméras de vidéoprotection) et des incendies nécessitant l’intervention des marins-pompiers, provoquant de fortes nuisances pour les riverains alentours, notamment à partir du début de soirée », la préfecture des Bouches-du-Rhône a pris de nouvelles précautions.

    L’humour pour dénoncer

    Pas de quoi désarmer les 14 000 carnavaliers, selon les estimations de la préfecture, qui, dimanche, ont démarré la fête dans un esprit bon enfant tout autant que revendicatif, fidèle à ses origines : un bateau pirate « Free Palestine », une fusée « objectif loin » avec à bord Trump, Musk, Macron ou Dati, ou Netanyahu en cow-boy sur un missile. Dans la foule, une baignoire réclamait « des bains de mousse pas des bains de sang » aux côtés d’un héros de manga porteur d’un message « Donald, je te yochi à la gueule ».

    Une fête joyeuse anti-militariste, anti-fasciste, anti-homophobie avec pour seules armes l’humour et les fanfares. Le défilé de chars hauts en couleurs a embarqué les carnavaliers de La Plaine à Noailles, via le Cours Julien. Et cette 27e édition n’a pas connu de débordements en soirée.

  • Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Deux championnes de judo en visite au collège Genevoix

    Elles donnent l’impression de voir double. Loane et Stella Pellegrino, 15 ans, sont sœurs jumelles et dans la vie, elles partagent une grande partie de leur quotidien. De leur apprentissage en pâtisserie, débuté cette année, à leurs quatre à sept entraînements de judo hebdomadaires au sein du Judo Club Gardéen. Avec une spécificité : elles ne combattent pas. Elles pratiquent le judo kata. « Dans le judo il y a deux catégories : les combats et les katas. Les katas servent à démontrer les techniques, et nous sommes notés puis classés selon la qualité », explique Stella.

    Objectif championnats

    du monde

    Leur passion des tatamis a démarré dès l’âge de trois ans et les mène aujourd’hui à parcourir l’Europe, où elles figurent avec brio. Médaillées de bronze pour leurs premiers championnats continentaux en Lettonie l’an dernier, elles ont remporté l’or il y a deux semaines lors d’un tournoi international en Belgique. Un parcours qu’elles sont venues raconter aux élèves de 6e section sportive du collège Genevoix. « C’est intéressant qu’ils rencontrent des sportifs, pour comprendre l’engagement que ça demande », se réjouit Christophe Quesada, leur enseignant d’EPS, qui voit aussi l’intérêt dans « le lien entre efforts sportif et scolaire. Ils ont besoin de voir qu’il faut tout le temps répéter, que le travail paye car ils abandonnent vite. »

    Et l’importance du travail, celles qui s’inspirent de la championne olympique Clarisse Agbegnenou la connaissent, elles qui se lèvent cinq jours par semaine à 5h pour suivre leur apprentissage en pâtisserie. « On sait qu’on ne pourra pas vivre du judo, donc l’école reste le plus important », soutiennent les deux sœurs qui ne bénéficient pas du statut de sportive de haut niveau, le kata n’étant pas une discipline olympique. Les journées se concluent par des entraînements qui se terminent à 20h30. Un rythme effréné, « mais il y a le gendarme à la maison pour veiller à ce qu’elles se couchent à 21h15 », assure Déborah, leur maman.

    Une visite de circonstances, puisque les deux sœurs disputaient ce samedi, chez elles, à La Garde, les championnats de France. Un passage obligatoire pour se qualifier pour les championnats d’Europe à Sarajevo, les 16 et 17 mai. Mission accomplie, puisqu’elles sont devenues championnes de France pour la troisième fois. Nouvel objectif désormais : le podium européen, pour retourner dans la capitale bosnienne les 26 et 27 septembre, et y disputer, cette fois, les championnats du monde. Ajime !

  • Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Le 7 avril à 14h, La Marseillaise est convoquée devant le tribunal correctionnel de Marseille (6, rue Émile-Pollak, 1er) à la suite de la plainte du député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot.

    En cause : deux articles, l’un sur ses tweets tellement outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X et l’autre sur la validation lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée.

    Une information révélée par le journal Le Monde qui témoigne par écrit que l’article de La Marseillaise est en tous points conforme à son enquête et que, pour sa part, il n’a pas été attaqué en justice par le député.

    En conséquence, La Marseillaise maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation devant le tribunal de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Chèques à l’ordre de Presse
    & pluralisme – La Marseillaise
    à adresser à La Marseillaise 15, cours d’Estienne d’Orves
    13001 Marseille.

  • [Kallisté] Du « Cyrnos » à « L’île de beauté »

    [Kallisté] Du « Cyrnos » à « L’île de beauté »

    Derrière le passage du Cyrnos à L’Île de Beauté, il n’y a pas qu’un simple changement de nom, mais une transformation spectaculaire, révélatrice du savoir-faire industriel marseillais.

    Construit à Nantes à la fin des années 1970 pour la SNCM, le Cyrnos entre en service en 1979 et assure pendant plus de dix ans la desserte entre Marseille et l’île. Mais à la fin des années 1980, l’évolution des usages, notamment la généralisation de la voiture et l’augmentation du trafic, impose d’adapter les navires aux nouvelles exigences de la continuité territoriale.

    C’est ainsi qu’intervient une opération impressionnante appelée « jumboïsation ».

    Mot qui m’était jusque-là inconnu. Le principe est simple en apparence : couper le navire en deux pour y insérer une section supplémentaire.

    540 000 heures de travail

    À Marseille, le Cyrnos est rallongé de 22 mètres, une transformation qui mobilise près de 540 000 heures de travail, notamment par la Compagnie marseillaise de réparation (CMR). Une véritable prouesse technique qui illustre combien la réparation navale pouvait aussi relever de la construction à part entière.

    Devenu L’Île de Beauté, le navire gagne en capacité, pouvant accueillir 80 véhicules supplémentaires, et offre un meilleur confort aux passagers grâce à des aménagements modernisés. Il poursuivra ainsi sa mission entre Marseille et la Corse jusqu’en 2001, avant de naviguer vers d’autres horizons, notamment le Maghreb, jusqu’en 2013.

    Au-delà de l’anecdote, cette transformation raconte une part de l’histoire industrielle de Marseille et de son lien avec la Corse. Elle rappelle aussi l’importance d’un service public maritime adapté aux besoins des populations. Merci à l’association la Navale pour cette belle plongée dans une mémoire maritime qui mérite d’être partagée.

  • [Mémoire ouvrière] Mobilisation ouvrière après-guerre

    [Mémoire ouvrière] Mobilisation ouvrière après-guerre

    Dans un article du 3 juillet 1947, à la veille du congrès, j’annonçai que l’une des tâches importantes, pour faire échec aux minoritaires et à la réaction, était de mobiliser la classe ouvrière pour la bataille de la production. Les travailleurs comprenaient qu’il fallait produire pour la renaissance de la France. Les résultats obtenus dans notre département, grâce aux ouvriers, ingénieurs et cadres, méritaient un hommage.

    À l’électricité, le directeur Blum, un technicien de grande valeur qui s’appuyait sur le syndicat de l’EDF et du Gaz de France, dirigé par notre ami Roux-Zola, avait réalisé des prouesses. À Saint-Marcel, un poste de transformation, premier d’Europe par sa conception et sa technique nouvelle, avait été inauguré par Marcel Paul, secrétaire général de la fédération et ministre de l’Équipement, dans un enthousiasme indescriptible. Nos équipes de choc de gaz n’étaient pas absentes, se dépassant pour réparer les compteurs et répondre aux nombreuses demandes de la population.

    Renaissance industrielle

    De même, nos camarades de la société Nord donnaient un magnifique exemple en remettant en service le Pont de Caronte à Port-de-Bouc, trois mois avant les délais prévus. Sur le port, plusieurs kilomètres de quai et de hangard détruits par les Allemands furent remis en état dans un temps record permettant à l’armée américaine de faire les opérations portuaires pour le matériel de guerre. 173 unités de navires étaient coulées dans le port et un délai de cing ans était prévu pour leur renflouement.

    Deux ans après, il n’en restait plus que quatre grâce au travail des scaphandriers, des métallurgistes, des dockers travaillant en équipe et mettant en état les appareils de levage. Le tunnel de Mourepiane fut percé par des équipes de choc dans un temps record. Les comités d’entreprises ont joué un grand rôle en modernisant l’équipement ou en développant les primes de rendement.

    Dans la métallurgie, aux établissements Terrin, la productivité avait augmenté de 80% à la chaudronnerie, résultat obtenu par la réorganisation du travail avec l’aide du CE et de la section syndicale. Les ouvriers de la SNCASE (Marignane) avaient travaille d’arrache-pieds pour donner à notre aviation française la place qui lui revenait. Alors que nous assistions à une forme de sabotage du gouvernement qui refusait les crédits nécessaires destinés à l’armée de l’air et qui mettait en danger l’industrie aéronautique, nous menions le combat comme le demandait le ministre Charles Tillon.

    Ce dernier, lors de sa venue a Marignane, félicita les travailleurs en déclarant : « Défendre notre aviation est une garantie de notre indépendance économique ». à la SMCI, l’initiative d’un camarade modifiant la tête mobile d’une mortaiseuse avait permis de l’adapter sur une fraiseuse universelle : les boîtes à lingoteuses furent fabriquées en 123 heures au lieu de 153. Cette simple modification avait permis un gain de temps de 25%.

    Mais nous n’étions pas seuls.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Entretien] Caroline Monteil : « Nous ne connaissons qu’une infime partie du monde microbien »

    [Entretien] Caroline Monteil : « Nous ne connaissons qu’une infime partie du monde microbien »

    La Marseillaise : Vous avez découvert une nouvelle espèce de bactérie vivant en groupe et magnétotactique – elle s’oriente avec le champ magnétique terrestre. Comment cela fonctionne-t-il ?

    Caroline Monteil : Elle fabrique des cristaux magnétiques fonctionnant comme des aimants s’alignant sur les lignes du champ magnétique terrestre. Cela sert de boussole pour se géolocaliser. Ce comportement a été découvert chez les bactéries en 1975 et il y a eu une croissance exponentielle du nombre d’études associées à ce groupe de bactéries.

    Le monde microbien regorge d’organismes
    aux propriétés étonnantes…

    C.M. : Oui, et nous n’en connaissons qu’une infime partie ! La microbiologie s’est largement développée via les cultures. Seules les espèces « cultivables » en laboratoire étaient découvertes au siècle dernier. Le séquençage de l’ADN et la métagénomique ont montré que cette approche omettait énormément d’espèces dans les échantillons. L’évolution des techniques indépendantes de la culture nous permet aujourd’hui d’accéder à une diversité inatteignable il y a vingt ans.

    Auriez-vous un autre exemple d’organisme étonnant découvert récemment ?

    C.M. : Nous avons été les premiers à identifier les protistes magnétotactiques, qui s’orientent aussi avec le champ magnétique terrestre mais qui sont des eucaryotes – composés d’une cellule avec un noyau. Ils ont acquis cette capacité d’orientation en collaborant avec des bactéries magnétotactiques attachées à leur surface. Celles-ci y trouvent nourriture et protection. Ils sont en parfaite symbiose.

  • Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Jusqu’au 26 juillet, l’exposition « Le Mucem mène l’enquête » invite à se plonger dans les réserves du centre de conservation et de ressources du musée, rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai (3e). Dans les services du Mucem, c’est l’Igac qui mène actuellement une enquête auprès des salariés sur « le mal-être au travail ».

    Établissement public, le Mucem est sous-doté et la logique du gouvernement est de tirer au plus bas. Les salariés du musée souffraient déjà de conditions de travail et de rémunérations au ras des pâquerettes quand l’ex-directeur de cabinet de Brigitte Macron est nommé à sa tête, mais ils avaient décidé de laisser s’installer le nouveau président Pierre-Olivier Costa avant de relancer la lutte sociale.

    Le « mal-être » pointé

    « Ses méthodes de travail ont malheureusement compliqué les choses », explique Stéphane Mariani, représentant syndical SUD Culture des personnels. Une lettre des agents est adressée le 10 décembre 2023 au président dans le cadre des 10 ans, pointant les dysfonctionnements, « le travail dans l’urgence est devenu la norme, les agents sont amenés à jongler avec leurs horaires de travail et leur vie personnelle ». Ils ajoutent que « les expositions sont conçues dans des temps toujours plus courts et la gestion quotidienne des collections est mise à mal ». Un courrier de la médecine du travail en septembre 2024 interpelle la direction sur le trop grand nombre d’arrêts et les risques psychosociaux. Puis, plus rien jusqu’à l’arrivée des enquêteurs, « ce qui crée beaucoup d’espoir du côté des agents, enfin entendus », précise le syndicaliste.