Category: social

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Avignon-Monfavet : en grève, les facteurs croulent sous les plis qui s’entassent

    Les pleurs comme élément déclencheur. « Lundi dernier [27 avril], une collègue de 20 ans est rentrée en pleurs de sa tournée car elle n’a pas réussi à la terminer avec 5 secteurs et 170 colis, c’est infaisable », déplore Bruno Verdi, secrétaire départemental SUD PTT 84. Cet épisode a entraîné d’abord un débrayage des agents d’Avignon-Montfavet puis une journée de grève, ce lundi, qui a concerné la moitié des 50 facteurs du secteur. « Ce n’est pas acceptable d’être en pleurs à son travail, le problème ce n’est pas elle, mais l’organisation, 5 secteurs c’est en gros la moitié de l’intra-muros, la norme acceptable c’est 100 colis », illustre le responsable syndical.

    Depuis un an et la mise en œuvre d’une réorganisation interne, « les dysfonctionnements s’aggravent », alerte le syndicat, déjà mobilisé pour les mêmes raisons il y a 3 mois (notre édition du 4 février) ou début juillet. « Malgré des préavis de grève déposés sur une période de plus de trois mois, la direction est restée sourde aux revendications, refusant d’ouvrir de véritables négociations », regrette Bruno Verdi alors que, ce samedi, seuls des « cadres de La Poste sans mandat nous ont reçus et que ce lundi le directeur a décliné une rencontre ». Ce mardi, une enquête du CSE (comité social et économique) sur la sécurité et santé au travail doit être menée.

    « C’est difficile d’ignorer les mécontentements »

    « Le manque de personnel, l’allongement des tournées et la surcharge d’activité entraînent une hausse des heures supplémentaires depuis plusieurs mois », décrit Bruno Verdi. Et, en bout de chaîne, pour les habitants des « dizaines de milliers de plis, ainsi que la presse, restent en souffrance ». « C’est difficile d’ignorer les mécontentements, il n’y a qu’à regarder les réseaux sociaux, il y a une baisse indéniable du courrier mais les colis et publicité augmentent, pointe Bruno Verdi. Cela pose la question de notre obligation légale de service public. » SUD PTT réclame le renfort pérenne de 10 agents.

    Contactée, la direction de La Poste botte en touche concernant la possibilité d’une rencontre et reste généraliste : « En matière de dialogue social, un travail est mené au quotidien avec les équipes. Des groupes de travail associant les agents sont régulièrement organisés afin d’améliorer en continu l’organisation et les conditions de travail. » Pas non plus de recrutement en vue, la direction « souligne que les équipes et l’organisation de l’établissement sont dimensionnées en adéquation avec le niveau d’activité » et ce après « neuf recrutements en CDI réalisés depuis l’an dernier ». « À ce jour, aucun poste n’est vacant sur le site. Les périodes de forte activité sont par ailleurs anticipées et donnent lieu, chaque fois que nécessaire, à la mise en place de renforts adaptés », assure La Poste. Un nouveau préavis de grève devrait être rapidement déposé par le syndicat.

  • Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    Fraudes sociales : les professionnels dans le viseur

    « Plus on cherche et plus on trouve. C’est inquiétant. » Le directeur de la Caisse d’Assurance maladie de l’Hérault (CPAM 34) ne se réjouit pas vraiment de l’efficacité accrue de ses services de lutte contre les fraudes sociales (35 agents, task force nationale, système mieux sécurisé, pénalités accrues…). Car Philippe Trotabas sait bien ces 13,9 millions d’euros (ME) de fraudes* sociales détectées dans l’Hérault** en 2025 ont beau peser 3 fois plus lourd que les 4,93 ME de 2021, ils ne sont que la partie émergée d’un iceberg impossible à quantifier.

    Ce qui est sûr c’est que les fraudeurs démasqués représentent moins de 1% des cas. Si les assurés sociaux représentent quasiment la moitié (47%) des fraudeurs, leurs méfaits ne pèsent que 14,8% (soit 1,94 ME) du montant total dérobé au service public. Il s’agit le plus souvent d’arrêts de travail trafiqués (61% des cas) et de droits usurpés. « Les entreprises sont souvent des coquilles vides et les salaires disproportionnés. On a aussi des pensions d’invalidité (AME, CMU) falsifiées par des personnes non-résidentes sur le territoire », illustre Noémie Bonnet-Aldigier, directrice santé de l’Assurance maladie de l’Hérault.

    Contrairement aux idées reçues, les professionnels de santé voyous (35,2% des cas) causent donc l’essentiel du préjudice (76,4%). Les centres de santé sont les premiers fraudeurs (3,8 ME). Ce n’est pas toujours le professionnel de santé qui truande. Plus souvent « des financiers peu regardants qui fraudent sur de la facturation de soins non effectués ». On trouve aussi les taxis et transporteurs sanitaires (2,15 ME) peu scrupuleux. Quand leurs trajets ne sont pas fictifs, « sans permis ou sous emprise de stupéfiants, ils peuvent mettre en danger la vie des patients ».

    D’autres filous s’engouffrent dans la moindre faille. Pour limiter les arnaques aux fausses audioprothèses remboursées à 100% jusqu’en 2025, la carte vitale avec tiers payant est devenue obligatoire. Les 3 ME détournés en 2024 ont donné lieu à 116 pénalités, 72 signalements et 35 plaintes pénales. Malgré les « contrôles des pratiques dangereuses et de la qualité des soins » effectués, rappelle la directrice médicale régionale Hélène Azoury, personne n’est dupe. Si à l’avenir l’intelligence artificielle sera un atout, « il y a encore des trous dans la raquette. Des kits de fraudeurs sont disponibles sur internet », soupire Noémie Bonnet-Aldigier.

    * Lire aussi à ce sujet la chronique d’Annie Menras p. 19.

    ** 53 ME de fraudes en Occitanie et 723 ME en France en 2025.

  • [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    Militants CGT, PCF ou encore LFI étaient rassemblés vendredi à Manosque pour le 1er-Mai. Parmi les raisons de leur colère, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai et les inégalités persistantes entre femmes et hommes au travail.

    « Les salariés ne sont pas payés double s’ils travaillent le 1er-Mai. Par rapport aux autres salariés qui ne travaillent pas le 1er-Mai, qui eux sont payés, tu es juste payé de ta journée de travail. Les femmes seront d’autant plus pénalisées qu’aucun service de garde d’enfants ne sera disponible ce jour-là », a déploré au micro Sylvain Miralles de la CGT.

    « Pour la CGT, c’est inacceptable, car au-delà de faire travailler davantage sans salaire, c’est bafouer la lutte des travailleurs, mais c’est aussi piétiner les tombes des morts au combat social, c’est aussi brider les luttes à venir, c’est aussi une régression sociale intolérable et inadmissible », a revendiqué le syndicaliste. Pour lui, le 1er-Mai n’est « pas un jour de fête, mais un jour de lutte », a-t-il insisté.

    « Les métiers d’hommes sont mieux rémunérés. On a des différences d’avancement de carrière liées aux congés maternité », regrette Nadège Bonanno, la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de Manosque. « On a 81% de femmes à l’hôpital de Manosque, mais 86% de femmes en CDD », ajoute-t-elle. « Il y a une grande précarisation des femmes à l’hôpital », abonde Sandrine Daumeries, trésorière adjointe de la CGT de l’hôpital de Digne-les-Bains. « Il y a beaucoup plus d’hommes dans les postes à responsabilités, les directeurs », déplore Anne-Laure Collado, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne.

    Un partage des tâches inégalitaire

    « Il y a un recul dans la mise en place du congé maladie ordinaire. On ne touche plus que 90% de son salaire. Cela touche particulièrement les femmes, puisque cela concerne même les femmes enceintes qui sont en arrêt avant leur congé maternité », regrette Ariane Sedes, cosecrétaire de la FSU 04 et référente académique VSS au rectorat. « Le congé paternité n’est pas suffisant pour qu’il y ait un réel partage des tâches », ajoute-t-elle. Dans l’éducation aussi, les inégalités de genre sont encore marquées. « Les AESH, qui sont des accompagnantes essentielles pour les enfants en situation de handicap, subissent des temps partiels imposés et sont contraintes de toucher des salaires très bas », déplore Ariane Sedes.

    Léa, militante au collectif féministe départemental qui travaille auprès d’enfants dans un centre social de Forcalquier, constate ces inégalités au quotidien. « Je vois beaucoup de familles monoparentales. C’est compliqué de trouver un mode de garde pour les mamans qui travaillent la nuit. Elles ne peuvent pas évoluer au niveau de leur carrière », regrette-t-elle. « J’ai surtout des mamans divorcées qui gèrent en majorité les enfants. En plus, en ruralité, elles ont des problèmes de déplacement qui s’ajoutent. »

    « Il y a toujours des inégalités dans le monde du travail, des écarts de salaire et des différences d’évolution de carrière », alerte Marie-Thérèse Fraboni du collectif Femmes 04 contre la guerre, qui lutte contre « la politique de Macron d’embrigader et militariser la jeunesse ».

    Les femmes françaises gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes hors emplois publics, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique. Cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023. À ce rythme, il faudrait 54,5 années avant que cet écart moyen ne soit entièrement résorbé. Les écarts de revenus s’élevaient à plus de 6 000 euros en 2024.

  • La CGT présente son projet de décarbonation

    La CGT présente son projet de décarbonation

    L’urgence d’un projet de décarbonation de l’usine ArcelorMittal se mesure à l’échéance 2030 pour les quotas carbone, ou les droits à émettre du CO2 moyennant finance. En l’absence de plan d’investissement de la direction, la CGT ArcelorMittal Fos-sur-Mer a présenté son propre plan en cas de nationalisation lors de l’assemblée générale de mercredi dernier.

    Il s’agit d’un « mix technologique équilibré » selon Tibor Sarcey de JDS Experts, missionné par la CGT. D’une part, « un haut-fourneau avec unité de captage de CO² en sortie de cheminée. Son maintien est nécessaire pour garantir la production d’acier neuf. Il s’agit aussi d’assurer la continuité industrielle et de sécuriser les emplois et les compétences de la cokerie, de l’agglo et de tout l’écosystème », de l’usine.

    Une nouvelle technologie

    Le deuxième volet de ce projet est l’implantation d’un four électrique à fer de réduction directe. « Cela permet de produire de l’acier pas seulement recyclé avec du gaz naturel, en restant compatible avec l’hydrogène » d’après l’expert, en attendant sa disponibilité. « Cette technologie permet d’accélérer la décarbonation plus profonde et de dépasser la limite technique de deux unités de captage » explique Tibor Sarcey, estimant « réduire de 50 à 70% des émissions de CO 2 d’ici 2030 » avec un déploiement rapide mais progressif.

    Un projet à 1,5 millard d’euros. « À l’échelle de vie de ces installations c’est rien » selon l’expert, pour un investissement ponctuel pour 40 ans. « Ne rien faire, c’est 8 milliards d’euros par an de chômage, de perte de richesse et de dégradation de balance commerciale », abonde Tibor Sarcey.

  • [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    Le 1er-Mai est à nous ! Ils se sont battus pour le gagner, on se battra pour le garder ! », scande au micro une militante CGT. A Montpellier (4 500 personnes selon les syndicats), Sète (1 000 personnes), Béziers (500 personnes) ou encore Nîmes (2 500 personnes), les récentes attaques portées par les macronistes et l’extrême droite contre la journée internationale des travailleurs sont dans toutes les têtes. « Le 1er-Mai est une conquête arrachée par la mobilisation il y a plus de 100 ans. Et c’est encore la mobilisation qui nous a permis récemment de le conserver. Nos manifestations sont là pour fêter cette victoire mais aussi pour alerter solennellement le pouvoir politique et le patronat : ne touchez pas au 1er-Mai ! », assène Christine Boularasse, de Sud Solidaires 30. « Cette remise en cause du 1er-Mai est une tentative de détourner l’attention des véritables préoccupations des travailleuses et travailleurs, à savoir les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat, l’emploi… », estime Serge Ragazzacci, responsable départemental de la CGT de l’Hérault.

    «On est là pour dire non

    à la guerre »

    Très présente également au cœur des cortèges : la question de la paix,
    « dans un monde où on voit les guerres se multiplier», alerte le syndicaliste héraultais. « On est là pour dire non à la guerre et aux budgets de guerre, oui aux créations de postes et aux services publics », insiste Sabine Reynaud, du Snudi FO 34. Des dizaines de pancartes dénoncent ainsi une économie tournée vers l’armement et affirment leur soutien aux travailleurs sous les bombes en Iran, au Liban ou en Palestine.

    Enfin, à l’image de l’intersyndicale héraultaise qui a appelé, en fin de manifestation, à « une riposte populaire et antifasciste », le mot d’ordre antifasciste était omniprésent dans les défilés à moins d’un an d’une élection présidentielle que l’extrême droite rêve de remporter. Amélie Goursaud

  • [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    [1er-Mai] À Avignon, les prix de l’énergie qui flambent attisent la colère de tous les travailleurs

    Les 1 500 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon pour cette journée internationale des travailleurs n’ont pas manqué de revendications. Et dans un contexte d’inflation prégnant, l’un des messages qui ressort dans ce département en partie rural, c’est notamment les prix de l’énergie et de l’essence qui flambent sans que grand-chose ne soit réellement fait pour maîtriser ces augmentations.

    Une situation qui touche particulièrement les plus précaires. Comme l’évoque Mathis, représentant de l’Union étudiante à l’université d’Avignon, qui pointe « des loyers qui augmentent mais pas les bourses ». « Certaines résidences étudiantes n’incluent pas l’électricité et, l’hiver, on doit y payer de grosses sommes pour se chauffer. Et dans le même temps, des initiatives disparaissent faute de moyens, comme la réduction à un seul repas à un euro par jour. Il faut se serrer la ceinture », regrette-t-il. Ce que pointe également, dans un discours, une intersyndicale de Vaucluse, composée de la CGT, la FSU, l’Unsa et SUD Solidaires. Déclamé par Laurence De Villèle, secrétaire départementale de la CGT, ils y dénoncent des « prix de l’énergie qui explosent » alors que les « salaires n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020 » et que « les inégalités entre les femmes et les hommes sont toujours aussi importantes ». Et pointent aussi une « pauvreté qui ne cesse de progresser chez les jeunes qui subissent un véritable bizutage social : CDD, stages, intérim, bas salaires, chômage ». Tout en rappelant que « les dividendes atteignent des records » tandis que « les entreprises touchent chaque année 211 milliards d’aides sans conditions ni contrepartie ». Et plaident pour que « dans le privé comme dans le public, les salaires, les pensions et les aides sociales doivent être augmentés et indexés sur les prix ».

    « Langue de bois »

    Chez Force ouvrière, dont le secrétaire départemental Étienne Raoul a prononcé un discours à part, en fin de cortège, après celui des autres organisations syndicales, Il dénonce notamment les « profits colossaux » de « certains groupes industriels ou financiers » alors que « l’on demande des sacrifices aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux retraités, à la jeunesse ». Un message que la plupart partagent, comme Lucas, la trentaine, qui a récemment emménagé dans les environs d’Apt pour travailler à l’hôpital. « Pas assez d’efforts sont faits pour la baisse et le maintien des prix. Il y a beaucoup de paroles et beaucoup de langue de bois de la part des responsables politiques alors que la plupart des gens galèrent à faire un plein », lâche-t-il.

    Une situation que dénonce également le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI). Il s’était notamment déplacé dans la semaine dans différentes stations-service de la Cité des Papes pour échanger avec les Avignonnais sur le sujet. « Les seuls qui n’étaient pas spécialement partisans pour une action contre les prix, c’était un couple qui roulait en Porsche Cayenne », confie-t-il après avoir évoqué « qu’à chaque crise, on essaie de nous faire croire qu’il n’y a aucun levier d’action, que ce n’est pas possible de faire bouger les choses, que c’est la logique libérale, qu’on ne pourrait rien faire, c’est ce que dit le gouvernement ». Et soutient « qu’il faut bloquer les marges et bloquer les prix de l’énergie pour revenir à des prix raisonnables pour les gens ».

  • [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    [1er-Mai] À Martigues, les regards tournés vers la pétrochimie en lutte pour sa survie

    Martigues est une ville ouvrière, populaire, profondément attachée à la solidarité et à la défense de l’industrie, de l’emploi et des services publics », lance Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues, au moment d’entamer la manifestation du 1er-Mai organisée par l’Union locale CGT de Martigues sur l’esplanade Félix-Ziem.

    La journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs prend une dimension particulière sur ce territoire industriel. Si les industries martégales et du bassin d’emplois sont citées par le maire, c’est qu’elles arrivent à un tournant. Le secrétaire du syndicat CGT Kem One Lavéra Geoffrey Del Baldo, dans le cortège, l’illustre. « Il faut maintenir cette date de lutte, particulièrement quand on voit l’industrie qui s’appauvrit de plus en plus. Chez nous, les fonds de pension qui ne mettent pas d’argent dans nos outils les transforment en mini-bombes ! », ose le syndicaliste, en référence aux propriétaires de Kem One, 1er producteur français de PVC. Il précise son propos : « La moindre fuite chez nous aura un impact sur les salariés, mais aussi sur la population. On parle de composés volatils cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques CMR. » Alors pour Geoffrey Del Baldo, « la première priorité est de maintenir et pérenniser les outils, donc les emplois et la richesse de la région », à l’heure des grandes annonces de nouveaux projets industriels et de décarbonation.

    « Lavéra a été payé par les impôts des Français »

    Le secrétaire général de l’UL CGT Daniel Bretonès, originaire du syndicat de Naphtachimie, abonde en ce sens. « Toutes les industries du bassin sont vieillissantes. Il faut qu’elles transitionnent car on ne peut plus polluer et consommer autant qu’avant. On jette de l’énergie, cramée à la torche alors que des idées de recyclage ont été abandonnées faute d’investissements », explique-t-il. Avant de parler décarbonation, le syndicaliste est catégorique : « La première condition est que l’outil soit fiable et sécurisé face aux risques de feu, d’explosion ou autres. »

    Daniel Bretonès rappelle que « Lavéra a été payé par les impôts des Français, mais depuis que le privé a racheté, il encaisse les ronds mais n’investit pas dans l’outil vieillissant, datant des années 1960-1970 », déplore-t-il. Pire, « ces fonds de pension qui rachètent tout sont des vampires : ils font des montages financiers pour racheter une boîte sans investir, les mettent en déficit et l’État ne fait rien », en référence à la situation de Kem One. Ce n’est pas un hasard : « Kem One est le premier client de Naphtachimie et LyondellBasell. S’ils ferment, c’est toute la chimie locale et les 20 000 emplois induits qui tombent avec », avertit le responsable.

    ArcelorMittal est aussi source d’inquiétudes. Jean-Luc Ruffin, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen présent dans le cortège, affirme que « le redémarrage du 2e haut-fourneau est court-termiste. On sera le 11 juin devant l’Assemblée pour défendre la niche parlementaire du PCF sur la nationalisation d’ArcelorMittal » proposée par la CGT. Martigues donne sa raison d’être à la journée de lutte des travailleurs.

    « Si Kem One tombe, toute la chimie locale tombe avec les 20 000 emplois concernés »

  • [1er-Mai] À Gap, un carnaval contre l’escalade militaire

    [1er-Mai] À Gap, un carnaval contre l’escalade militaire

    Travailleurs et travailleuses du monde entier : désarmons la guerre ! », tel était le mot d’ordre du défilé du 1er-Mai à Gap. Parti à 10h30 de la place de la République, à l’appel de l’intersyndicale, FSU-CGT-Solidaires-FO, la manifestation s’est mise en marche pour la défense des conquis sociaux, dont le 1er-Mai, encore récemment attaqué par le gouvernement et la lutte contre l’escalade guerrière généralisée. « Regardons les choses en face, le budget des armées en France a doublé en dix ans, pendant que les services publics manquent de tout, a dénoncé Julien Bouillé, co-secrétaire de la CGT 05. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix politique qui consiste à investir dans la guerre plutôt que la vie. »

    « Maudite soit la guerre ! »

    Sur place, organisations syndicales et forces de gauche ont dénoncé le lien stratégique entre un climat guerrier et une répression généralisée du mouvement social. « Le gouvernement joue sur une communication anxiogène, la peur de la guerre, qui brise la mobilisation collective, qui pousse les à gens se recroqueviller, sur eux-mêmes au lieu de lutter pour leurs conquis sociaux comme le
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    er-Mai », a affirmé Sophie Delphino, secrétaire de la section des Hautes-Alpes du Parti communiste.

    Face au capitalisme guerrier débridé, les manifestants ont choisi une réponse populaire : un carnaval antifasciste. Le cortège a défilé dans la matinée au rythme des chants antimilitaristes comme l’Estaqua ou encore La rue des lilas, entonnés par la chorale autogérée du Buëch. En guise de Pétassou, c’était une effigie de Donald Trump, armé d’un fusil et surmontant un char qui a défilé avant que les membres du Local, qui regroupe plusieurs groupes locaux anarchistes libertaires, n’organisent son procès à l’arrivée du cortège 11h30, place Grenette. « Monsieur Donald Trump, vous et tous les dirigeants impérialistes semeurs de morts, êtes reconnus coupables d’organiser la guerre entre les peuples ! » À ces mots, le Pétassou a pris feu, encerclé par une ronde dansante.

  • [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    [1er-Mai] À Toulon, tous ensemble aussi contre les idées d’extrême droite

    C’est devant le temple du syndicalisme que les Toulonnais ont commencé à se rassembler un peu avant 10h. Contents d’être à nouveau là, ensemble et debout contre l’adversité, pour la paix et les droits des travailleurs. Mais aussi pour s’opposer à tous ceux qui s’emploient à torpiller les conquis sociaux, comme en témoigne cette offensive des forces de la réaction contre cette journée de lutte et de revendication.

    « Cette année, le 1er-Mai a une saveur particulière, grâce à la mobilisation, nous avons fait reculer ceux qui voulaient nous voler cette journée », lance le secrétaire départemental de la FSU Alain Tournay. Une première victoire, poursuit le responsable syndical, « contre le patronat et les grands groupes soutenus par Gabriel Attal, la droite et l’extrême droite ». Mais pour autant, rien n’est joué, prévient-il. D’autres assauts vont devoir être repoussés.

    Le secrétaire de l’Union départementale CGT, Richard Roméo-Giberti, précise : « C’est aussi une journée de mobilisation et de lutte contre l’extrême droite qui progresse et qui prend des municipalités. Pour dire que non, ce n’est pas banal. On le voit d’ailleurs avec toutes les décisions qu’ils prennent, souvent contre la CGT d’ailleurs, comme à Carcassonne ou à Liévin. »

    « Une extrême droite qui cherche à diviser les travailleurs et les travailleuses », ajoute Pascal Brun (CGT), contrairement au « syndicalisme, lui internationaliste, qui prône la solidarité et lutte contre le racisme et la xénophobie ».

    « Notre 1er-Mai porte évidemment, en effet, toutes les valeurs antifascistes du mouvement ouvrier », confirme Olivier Rosay (Sud). « Et dans un contexte de racisme débridé porté par une partie, hélas, du patronat et de la classe politique qui se traduit par des agressions de militants et des dégradations de locaux syndicaux ou de partis politiques de gauche, il y a vraiment de quoi se mobiliser », ajoute-t-il.

    Plus loin dans le cortège, l’ancien conseiller municipal communiste de Toulon en Commun André de Ubeda, en appelle à un sursaut républicain : « Le symbole du 1er-Mai est particulièrement important cette année puisque l’oligarchie veut, tout aussi symboliquement, l’attaquer puis, comme toujours, le supprimer. Il est important aussi pour la bataille des idées contre les injustices sociales, et face au danger d’une extrême droite qui rêve d’Ancien Régime sous toutes ses formes, y compris les privilèges de la noblesse fût-elle des deux Siciles. »

    Dans sa prise de parole, l’intersyndicale rappelle que « le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition mais une journée de lutte qui vient de loin, des combats du mouvement ouvrier, des conquêtes arrachées par la mobilisation, comme celle du Front populaire ». Et de poursuivre : « Nous affirmons une fois de plus notre volonté de ne pas laisser les puissants dicter notre avenir. Nous refusons d’être pris pour des sous-citoyens, nous refusons de laisser les riches se gaver sur notre dos pendant que les plus précaires souffrent. L’heure est à la mobilisation et à la lutte collective face à l’extrême droite qui se nourrit des crises. »

    Dans le cortège arrivé à présent à hauteur de la place de la Liberté Stéphane Sacco (GRS), élu à La Seyne, insiste : « La bataille politique doit se jouer d’abord sur le terrain des valeurs, celles du progrès et de la justice sociale, et cette journée est un repère, tout à la fois un héritage et un cap pour les combats à mener. »

    L’élu d’opposition « Alternative progressiste » dit la responsabilité de son groupe face à la majorité d’extrême droite, d’incarner une opposition lucide, déterminée, utile et vigilante face aux dérives, et toujours au service de l’intérêt général.

    Et de conclure : « Leur projet repose sur des réponses simplistes, nourries par les peurs et le repli sur soi, alors que nous, à l’inverse, nous portons une véritable ambition. »

    De quoi donner envie de se retrouver ensemble plus souvent sur le pavé du Port du Levant, plus nombreux, plus fort. Dans la cité « résistante » qui a à nouveau dit non au parti à la flamme.

    « Le syndicalisme, prône
    la solidarité et la lutte contre le racisme et la xénophobie »