Category: social

  • Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Marjorie Franchitto, déléguée syndicale de la CPAM 83

    « On connaît tous des combats similaires »

    Si elle n’est pas de la même profession, Marjorie Franchitto a fait le déplacement depuis le Var pour venir « soutenir » les salariés de la centrale. « Ce moment correspond à la fin d’une lutte, c’est une belle victoire, menée par des salariés qui n’ont pas voulu lâcher le morceau, malgré les luttes économiques, et qui ont sauvé des emplois », résume la syndicaliste. Salariée de la Caisse primaire d’assurance maladie, elle n’est pas issue du secteur industriel, mais estime « qu’en élargissant, on connaît tous, dans nos corps de métiers, des combats similaires. On se retrouve dans la lutte [des salariées de la centrale] car ce sont des moments qui un jour, peuvent nous toucher ». Qui plus est, Marjorie Franchitto considère que cette victoire démontre que « les revendications de la CGT existent, sont fondées, et qu’avec la solidarité et la fraternité, on peut gagner ».

    Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD CGT 04

    « Donner de l’espoir aux camarades »

    Du côté CGT Alpes-de-Haute-Provence, le dossier de la centrale est suivi « depuis le départ. On a pris l’habitude de venir partager les moments de solidarité », estime Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD. « C’est d’autant plus important de venir aujourd’hui, parce qu’on a besoin d’apporter une dynamique au monde du travail. L’activité syndicale sur la centrale de Gardanne n’est pas neutre pour notre département. Elle donne des perspectives, de l’espoir aux camardes sur les capacités à lutter, à gagner sur des projets alternatifs portés par la CGT », poursuit Sylvain Moretti. Le département est notamment confronté à des fermetures d’hôpitaux. Aussi, Sylvain Moretti attendait de Sophie Binet, avant son discours, un « message positif qui nous permettra de fédérer dans la CGT, de remettre en dynamique l’ensemble de nos organisations ».

    Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84

    « Une lutte exemplaire dans la région Paca »

    Ils sont une dizaine de membres de la CGT 84 à s’être rendus au meeting. « C’est une journée pour fêter la reprise de l’activité, la réembauche de nos camarades qu’on a toujours soutenus dans la lutte, une lutte exemplaire en Paca », souligne Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD Vaucluse. Pour les travailleurs de son département, dont le secteur industriel est lui aussi menacé selon elle, ce combat et la victoire « parlent à nos camarades, leur donne des perspectives ». « Cette lutte montre que la CGT a toujours tort d’avoir raison trop tôt, ajoute Laurence De Villèle. Nos entreprises sont souvent dans les luttes, c’est difficile d’obtenir des choses. Il est évident que c’est un symbole de victoire. » Autre « marqueur fort » de la journée, la venue de Sophie Binet, dont la présence sur le site constituait la première visite sur un site en lutte depuis son élection en 2023.

    Vincent Vadrot, représentant CGT Métallurgie 13

    « Un travail pour une cause cohérente »

    Travailleur dans le secteur de la métallurgie, Vincent Vadrot a vécu le combat de la centrale « de l’intérieur ». « Il y a eu tout un travail de fait au niveau de l’Union départementale pour que cette cause soit cohérente, estime Vincent Vadrot. Les travailleurs de la centrale, ce ne sont pas que ceux sur site. C’est tout un système qu’il y a autour, et nous le défendons aussi dans le secteur de l’industrie. Il y a des sociétés internes, externes, concernées par le dossier. C’est tout un fonctionnement interindustries, qui fait travailler le secteur ferroviaire, maritime… » Il souligne : « On vient défendre ces camarades qui ont su lutter pour sauver leur emploi. » Autre raison de la venue de Vincent Vadrot : écouter Sophie Binet et la soutenir dans son positionnement vis-à-vis de la « discrimination syndicale, qu’on connaît tous les jours, surtout à la CGT ».

  • Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    Énergies renouvelables : l’urgence d’un cap politique clair à Montpellier

    « Un cap politique clair et assumé sur la transition énergétique », qui rende de la visibilité aux entreprises du secteur et permette une continuité dans les appels d’offres et les investissements. C’est ce que réclament les salariés du secteur des énergies renouvelables, appelés à se rassembler le 10 février à Paris devant l’Assemblée nationale et à Montpellier, où la filière est très représentée, devant la préfecture. Une mobilisation inédite.

    Voilà deux ans et demi, maintenant, que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, se fait attendre en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables.

    « On nous a notamment menacés, ces derniers mois, d’un moratoire. Cette situation fait peser beaucoup d’incertitudes sur notre secteur, si bien qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont enclenché des licenciements économiques », explique Florence Vollaro, membre du CSE de la société Apex Énergies, à Montpellier, et porte-parole de l’inter-CSE.

    30 000 à 40 000 emplois menacés

    France Renouvelables, qui représente 370 acteurs de la filière, estime qu’une trajectoire énergétique marquée par un recul des renouvelables par rapport aux prévisions actuelles pourrait entraîner « la destruction de 30 000 à plus de 40 000 emplois  » selon les scénarios retenus, sur une filière qui représente environ 118 000 emplois directs et indirects en France (dont 80 000 à 120 000 dans l’éolien et le solaire). « C’est pour ça qu’on a décidé de se mobiliser, pour se rendre visibles et maintenir la pression », insiste Florence Vollaro.

    Car si la signature du décret de publication de cette très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans n’est plus, selon le Premier ministre, qu’une affaire de jours, la filière reste vigilante. « On ne s’arrête pas à des promesses, on attend des éléments concrets, des choses qui vont nous permettre de sécuriser un maximum d’emplois et de limiter la casse en cours dans de nombreuses entreprises », précise la porte-parole héraultaise.

    « On réclame une programmation ambitieuse, une véritable stratégie industrielle qui permette de préserver et de créer des emplois durables. Il faut que l’État soit prêt à vraiment investir dans les déploiements d’énergies renouvelables et qu’il soit cohérent. Pour ça, il faut également mettre en place une planification d’électrification, essentielle pour le déploiement des énergies renouvelables. C’est un peu la bataille qui manque aujourd’hui dans notre secteur d’activité. Car actuellement, l’énergie fossile représente encore 60% de notre consommation d’énergie », indique Florence Vollaro.

  • Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Deux CDD sur le carreau alors qu’on leur avait promis un CDI à Montpellier

    Une dizaine de salariés de la société de services Onet tendaient, lundi 9 février au matin, des tracts à leurs collègues qui entraient et sortaient du bâtiment Tech Tower de la SNCF, à proximité de la gare Saint-Roch. La plupart les ignoraient.

    Derrière cette mobilisation, l’histoire de deux salariées recrutées en novembre 2025 pour le nettoyage du nouveau bâtiment de la SNCF à Montpellier. Les deux salariées ont vu leur contrat renouvelé plusieurs fois. Lors du goûter de fin d’année, le 30 décembre 2025, l’ancien chef d’agence leur avait annoncé leur passage en CDI, assurent les manifestants. Mais le 8 février 2026, leurs contrats n’ont pas été renouvelés. Namia, qui nettoyait un étage trois heures par jour, explique avoir refusé une proposition d’une autre société de nettoyage, convaincue d’être embauchée en CDI chez Onet. Khalida, l’une des trois employées d’Onet encore affectées à la tour, travaille deux heures par jour. « Deux heures, c’est déjà juste. Selon l’état de propreté, il faut parfois se presser », explique-t-elle. « On avait jusque-là un étage par agent. Si on en enlève deux, les trois autres vont devoir se répartir le travail, alors qu’on a déjà un métier pénible », déplore Xavier Leroux, chef d’équipe et représentant CGT.

    Surcharge de travail redoutée

    La direction locale d’Onet évoque des raisons financières pour justifier l’arrêt de ces deux CDD sur une équipe initiale de cinq personnes. « Avec cette nouvelle réorganisation qu’il va falloir faire, ça va être très compliqué. Il y aura une surcharge de travail, donc peut-être des accidents, des troubles musculo-squelettiques », alerte-t-il. Le chef d’équipe n’exclut pas un nouveau mouvement social si la situation n’évolue pas. « Si la direction reste sur sa position, on peut reconduire la grève. Mais encore une fois, c’est l’aspect financier qui pèse. On a déjà des contrats précaires, de trois heures. Si en plus il faut se serrer la ceinture… »

    La CGT Propreté demande la pérennisation de ces emplois et dénonce une logique purement budgétaire, alors que le site, plus grand que l’ancien, nécessitait justement deux agents supplémentaires depuis son ouverture en novembre.

    Le secteur de la propreté fonctionne massivement avec des CDD courts, du temps partiel et des volumes horaires fragmentés. À l’automne 2023, les agents Onet du CHU de Montpellier avaient mené une grève pour dénoncer l’organisation du travail, la pression liée à la traçabilité entre autres et réclamer des augmentations de salaire. Le cas de la Tech Tower s’inscrit donc dans un climat social déjà tendu, où les mouvements de grève se multiplient pour dénoncer des cadences jugées intenables et des contrats précaires.

    * Contacté, Onet n’avait pas répondu à nos questions au moment de la publication

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • Après une semaine de grève, les salariés de CAT à Miramas vont reprendre le travail

    Après une semaine de grève, les salariés de CAT à Miramas vont reprendre le travail

    Les salariés du site de Miramas de l’entreprise de transporteurs CAT ont lancé la grève, lundi. Ils revendiquent une augmentation de leurs salaires et la réouverture des négociations sur une prime d’intéressement. La CGT a reconduit le mouvement toute cette semaine, car « sur les NAO [Négociations annuelles obligatoires, Ndlr.], la CGT et les salariés ne sont pas satisfaits », explique Jérémy Zucchelli, secrétaire général de l’union locale CGT Miramas.

    Alors que vendredi, Miramas était « le seul endroit où la grève continuait », Jérémy Zucchelli a annoncé que « l’assemblée générale a voté la reprise du travail, lundi ».

    La CGT dénonce un refus de dialoguer de la direction, après une tentative des grévistes « de se mettre d’accord sur un protocole de fin de conflit, en proposant d’étaler les jours de grève, de mettre des RTT sur les jours de grève : la direction a tout refusé ».

    D’après Jérémy Zucchelli, « la direction a refusé de prendre attache avec nous pour échanger ». La revendication d’une augmentation du salaire de 4% n’a donc pas été obtenue. Malgré cela, la reprise du travail a été votée, car c’est le cas, depuis jeudi, « dans tous les autres dépôts en France ». Mais Jérémy Zucchelli n’exclut pas la reprise « de la grève, plus tard, sur les mêmes revendications ». Contactée, l’entreprise CAT a déclaré n’avoir « aucun commentaire à faire ».

  • Amiante dans des écoles : le livre noir de FO en Vaucluse

    Amiante dans des écoles : le livre noir de FO en Vaucluse

    Dans les locaux vauclusiens de Force ouvrière, à Avignon, les responsables syndicaux de l’éducation diffusent, sur un mur, deux images d’un même escalier abîmé d’une école primaire de la Cité des Papes : l’une prise en 2020 et l’autre il y a quelques jours. « Une entreprise a identifié que la colle utilisée pour coller les carreaux contient de l’amiante et nécessite une intervention car des poussières toxiques peuvent en émaner. Et six ans après, rien n’a été fait », souffle Blaise Laurent, co-secrétaire départemental du Snudi-FO éducation dans le premier degré.

    Une illustration afin d’alerter sur une problématique plus globale dans le département. En se plongeant dans les dossiers de chaque établissement scolaire du Vaucluse, les représentants syndicaux ont identifié 308 écoles, collèges ou lycées « dans lesquels la situation n’est pas vérifiable par les élus du personnel ». Avec précisément 190 où « il n’y a rien dans la base de données » et 118 où « le dossier technique est incomplet car les dossiers sont antérieurs à 2013, donc pas conformes à la loi qui a été durcie en 2012 », précise FO. Et même 30 établissements où des travaux ont été préconisés par les services, mais dont la mise en règle ne peut être vérifiée.

    Pour y répondre, FO demande, par la voix de son secrétaire général Étienne Raoul, « un vrai plan de désamiantage, la mise à jour des dossiers techniques des établissements, un vrai suivi du personnel actif et des retraités et une reconnaissance de possible contamination facilitée ». Contactée, la Direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à notre sollicitation.

    Poussière toxique

    L’élément déclencheur a été un cas d’exposition à des poussières amiantées, en 2024, dans le lycée professionnel de l’Argensol, à Orange. Charles Boulanger, enseignant dans l’établissement et représentant syndical FO, témoigne de « travaux sur les éclairages qui ont dégagé énormément de poussières, respirées par les élèves et le personnel ». Conscient d’une potentielle présence d’amiante sur le site, le responsable syndical demande un droit de retrait. Des analyses ont finalement confirmé un taux 20 fois supérieur à la limite tolérée. « On cherche maintenant à faire reconnaître cette exposition, mais c’est un combat », poursuit le professeur.

    « On ne fait que nous dire que le désamiantage, ça coûte très cher. Mais on s’en fout, la santé des personnels et des enfants devrait être la priorité. L’employeur a des devoirs. On ne nous fera pas pleurer pour les coûts, mais bien pour les collègues qui meurent », clame Jacques Fassié, ex-instituteur et représentant des retraités chez FO.

  • [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    [Entretien] Sophie Binet : « La lutte des salariés de la centrale est exemplaire »

    La Marseillaise : Pourquoi faire un « meeting de victoire » à la centrale de Gardanne ?

    Sophie Binet : Mon premier déplacement en tant que secrétaire générale était à Gardanne, pour une grande initiative dans le cadre de la mobilisation des travailleurs. Évidemment qu’il fallait que je sois à nouveau présente. C’est une magnifique lutte, une magnifique victoire après 10 ans de combat. Alors qu’il y avait une fermeture sèche et violente mise en place par le gouvernement, sans reconversion du site prévue, on a réussi à maintenir tous les salariés, qui reprennent une production, qui sont réembauchés. C’est un exemple de ce qui devrait être généralisé pour organiser la transformation environnementale des entreprises. Un exemple de ce qui doit être fait pour éviter le chantage entre l’emploi et l’environnement. En face de nous, les théories libérales classiques disent « destruction créatrice ». Elles disent que des usines ferment, mais que d’autres se créent et que donc tout va bien. Mais ça ne concerne pas les mêmes travailleurs, ce ne sont pas les mêmes types d’emplois qui sont créés quand on en supprime. On ferme des usines dans le périurbain, dans les zones rurales, avec des territoires sinistrés par ces fermetures, et l’on recrée des emplois dans les métropoles. Des emplois qui ne sont pas du même type : plus précaires, avec des salaires plus faibles, dans le tertiaire, la logistique ou des entrepôts… D’où ce que porte la CGT : une sécurité sociale professionnelle environnementale. Avec la création de fonds mutualisés au niveau des branches, dans les secteurs qui doivent être transformés, en vue de faire évoluer l’outil de production et former les ouvriers, pour les réembaucher. On le voit dans l’automobile : passer du thermique à l’électrique est un prétexte pour amplifier les délocalisations. La question environnementale est un prétexte pour optimiser les coûts et supprimer des emplois. Ces pratiques patronales conduisent à obliger les ouvriers à faire un choix entre l’environnement et l’emploi. Ce choix est délétère.

    Face aux politiques libérales
    des gouvernements successifs,
    la réappropriation des outils de travail par les salariés s’impose
     ?

    S.B. : Cette lutte, si elle est victorieuse, c’est parce que les ouvriers ont pris les choses en main. Ils se sont approprié les enjeux de gestion, comme pour 1336 et Scop-ti. Ce sont eux qui ont organisé les études économiques, ont construit le projet, sont allés chercher les industriels et les fonds pour le faire aboutir. Nous avons tout fait. Il a fallu des années, un rapport de force énorme et un savoir-faire militant incroyable. Tout cela était possible car la CGT est forte dans l’usine, forte chez les portuaires et dockers qui étaient solidaires, forte sur le territoire qui s’est entièrement mobilisé pour la centrale de Gardanne. En bref, un syndicat fort, des fédérations fortes, celles de l’Énergie et des Ports, et une Union départementale qui est l’une des plus grosses de la CGT. Tout cela s’est cumulé pour une réussite, mais malgré ce contexte, ça a duré dix ans. Et tout le monde n’a pas ce savoir-faire, ce rapport de force. Il y a peu d’endroits où on aurait pu avoir une telle victoire. Gardanne montre qu’il n’est plus possible que les salariés soient les passagers clandestins des stratégies des entreprises. Nous devons avoir des droits d’interventions sur les orientations, pouvoir siéger dans les tribunaux de commerce, avoir accès aux données, aux financements. Cela nécessite des outils législatifs et financiers. Dans banque publique d’investissement, il y a le mot « public ». Elle ne peut pas être une banque qui impose des taux de rentabilité à deux chiffres, qui refuse de financer les Scops.

    Vous plaidez pour la nationalisation d’Arcelor et de Fibre Excellence. Est-ce une question de survie pour les filières respectives ?

    S.B. : C’est une question des instruments de l’État pour intervenir sur l’économie. La période montre qu’avoir comme seule politique industrielle celle du chèque en blanc aux fonds et aux multinationales conduit au désastre que l’on connaît. Cela marche encore moins quand on est confronté à des enjeux nouveaux, dont celui de la décarbonation. Elle ne fonctionne qu’avec la planification. Si on continue à être les béni-oui-oui de la mondialisation, on va voir les usines partir les unes après les autres les bras croisés. L’Italie et la Grande-Bretagne, pour sauvegarder leur acier, ont actionné des clauses qui se rapprochent de la nationalisation. La France est un des seuls pays à ne pas avoir de stratégie d’intervention. On a besoin de protéger nos secteurs stratégiques. S’ils sont renvoyés aux logiques de marchés et qu’on laisse faire, Mittal continuera de transférer les compétences et les qualifications vers l’Inde et le Brésil, puis il fermera les sites en Europe, pour faire primer une logique de coût.

    Vous avez adressé une lettre aux candidats aux élections municipales, hors RN. Quel message envoyez-vous aux travailleurs à l’approche du scrutin, particulièrement dans la région, où la menace brune plane ?

    S.B. : J’envoie deux messages. Le premier, c’est que les municipales sont importantes pour notre quotidien, elles nous concernent tous. Il faut donc aller voter. Ce sont les maires qui ont la main sur les politiques du logement, qui peuvent permettre à tous de se loger sans y laisser un salaire. Ils ont la main sur les politiques de transport pour les décarboner. Ce sont aussi eux qui peuvent mettre en place la prise en charge des personnes dépendantes, notamment dans la petite-enfance, pour que les femmes puissent travailler tout en ayant des enfants ou éviter le développement du privé lucratif. Le deuxième, c’est que l’extrême droite est la pire ennemie des travailleurs. Sur ses promesses sécuritaires déjà, dans les communes qu’elle gère, le bilan montre qu’il n’y a pas d’avancées dans la lutte contre la délinquance. L’extrême droite ne la fait pas reculer : À Perpignan, la délinquance a augmenté. Et sur le social, c’est moins de services publics, une mise en opposition des travailleurs avec des politiques racistes, discriminantes, xénophobes. C’est aussi des politiques sexistes contre les femmes : on se souvient de l’affichage fait à Béziers qui légitimait les violences contre les femmes. Ne laissons pas l’extrême droite rentrer dans nos mairies.

  • Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    Nouvelle mise en demeure pour le chantier naval de Marseille

    C’est une nouvelle étape dans le bras de fer qui oppose une partie des riverains de l’Estaque (16e) aux portuaires du Chantier naval de Marseille (CNM), en conflit depuis le retour, en 2017, de l’exploitation de la forme 10. Un îlot artificiel construit pour réparer et entretenir les navires de grandes tailles. La préfecture des Bouches-du-Rhône a publié mardi, sur son site officiel, un arrêté faisant état d’une « mise en demeure à l’encontre de la société CNM pour l’exploitation de la forme 10 ». La société est sommée, « dans un délai de trois mois », à compter du 10 février, de respecter les limites d’émissions sonores fixées par l’article 8 de l’arrêté ministériel du 12 mai 2020. Un manquement à ces obligations pourrait entraîner, en plus des « sanctions pénales » envisageables, la mise en place de sanctions prévues par le Code de l’environnement, d’après le document publié par la préfecture.

    Une installation primordiale

    Cet arrêté intervient après une série de mesures déjà prises à l’encontre du Chantier naval et répondant aux sollicitations de nombreux riverains et élus locaux, mobilisés pour dénoncer les nuisances sonores induites par l’exploitation de la forme 10. Le 31 juillet 2024 déjà, le préfet des Bouches-du-Rhône signait, « au terme d’une période de concertation de plusieurs semaines », selon le communiqué de l’époque, un arrêté pour encadrer les « activités particulièrement bruyantes ». De quoi « consolider, dans la durée et en soutien aux entreprises utilisatrices, les atouts offerts par cette installation industrielle majeure en termes d’emplois et de rayonnement du savoir-faire industriel marseillais en matière de réparation navale » (voir notre édition du 01/08/2024). Car l’exploitation de la forme 10, plus grande cale sèche de la Méditerranée, est un outil industriel phare pour le Grand Port maritime de Marseille. Fermée pendant 17 ans avant sa réouverture en 2017, son retour est rendu possible par un long combat mené par les salariés de la réparation navale et leur syndicat CGT, déterminés à consolider l’avenir du site passé par des phases difficiles.

    « Nous sommes contents de la publication de cet arrêté, assure Jean-Pierre Lapébie de Cap au nord, association de défense du cadre de vie des 15e et 16e arrondissements de Marseille. Ça va dans le sens des nombreuses mises en demeure récentes que le chantier naval ne respecte pas, au sujet du bruit mais aussi de la pollution de l’eau et de la séparation des stockages des produits dangereux. On n’est pas là pour mettre des emplois en danger, mais pour que la législation (…) et la santé des populations et des travailleurs soient respectées. »

    Dans une série d’arrêtés pris le 22 juillet dernier, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait en effet infligé des astreintes administratives journalières au Chantier naval de Marseille, faute de système de séparation et de traitement des eaux usées pour les formes 8, 9 et 10 de réparation navale (voir notre édition du 06/08/2025).

    Contactés à propos de l’arrêté publié mardi, le Grand Port maritime de Marseille, comme la CGT, n’ont pas souhaité réagir à ce stade. Le Chantier naval de Marseille n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    « Ce troisième rassemblement n’est pas un simple point d’étape, mais une nouvelle vague plus massive et déterminée », lance avec hargne Jérémy Caillé, secrétaire général central d’Eurenco, devant environ 150 grévistes, ce mercredi 11 février, lors d’un troisième rassemblement en quatre semaines devant la poudrerie, pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

    Alors que, depuis le début du mouvement, avec une première grève enclenchée le 21 janvier, les échanges avec la direction n’avancent pas, la CGT et FO portent toujours les mêmes revendications. Ils demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI.

    Influence interne

    Des augmentations « calculées en fonction du coût de la vie et des bons résultats de l’entreprise », assure Nicolas Maroncelli, représentant FO et employé à Eurenco depuis 25 ans. « La direction ne nous donne aucun signe de vie. On a même l’impression qu’elle fait de la communication pour essayer d’influencer les salariés. Mais le mouvement prend de l’ampleur, donc cela montre bien que les revendications tiennent la route », regrette-t-il. « On n’est pas écoutés, donc il va falloir amplifier le mouvement », ajoute Jérémy Caillé. Le responsable syndical CGT estime que les grèves, à chaque fois fortement suivies et de plus de 24 heures, « ont coûté plus cher que s’ils avaient simplement accepté de discuter avec nous ».

    Les deux organisations syndicales assurent qu’il y aurait des « pressions sur les salariés ». « Des employés grévistes entendent de la part de responsables que ce sont eux qui vont couler la boîte. Ils veulent nous diviser, mais le rapport de force est de notre côté contre l’injustice et le mépris », affirme Jérémy Caillé.

  • Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Dans un post republié sur ses réseaux sociaux, la CGT Carrefour Aix-en-Provence notifiait avoir signalé sa direction d’un « droit d’alerte pour danger grave et imminent » (DGI), ce mardi 10 février. Le courrier, indiquait que les salariés étaient confrontés à « une surcharge de travail constante, une intensification des rythmes de travail, une impossibilité de récupération effective, une pression organisationnelle accrue ». Une situation entraînant, toujours selon le courrier du syndicat, une « dégradation manifeste des conditions de travail et expose les salariés à des risques psychosociaux élevés ».

    Un DGI finalement levé

    « Sur la quasi-totalité de la surface de vente il y a de gros problèmes en termes d’effectif : Carrefour a mis un très gros coup de frein sur les frais de personnel aujourd’hui on est au bout du bout. De mémoire, on avait 685 salariés en 2024, en fin 2025 on est tombés à 625 [à Aix, Ndlr] », rapportait Patrick Ait Aissa, pour la CGT Carrefour. Exemple, « l’équipe PGC (produits grande consommation) ou l’on a sept personnes en arrêt maladie, sur une équipe de vingt-huit personnes. Tous les matins, il y a donc huit, neuf, voire dix rayons qui ne sont pas couverts ». Un comité social et économique a donc été réuni, ce mercredi 11 février. À l’issue duquel, l’alerte a été levée. Pour cause, deux des trois syndicats de l’entreprise, rapporte la CGT, ont voté pour la « levée » de cette mesure, sans pour autant être en désaccord. « On ne peut pas laisser les équipes dans l’état dans lequel elles vivent depuis des semaines », poursuit Patrick Ait Aissa.

    De son côté la direction de Carrefour, contactée par La Marseillaise, rappelle être « particulièrement attachée au dialogue social ». Pour répondre au sous-effectif dénoncé et « afin de pallier des absences liées à des arrêts maladie, la direction a immédiatement pris les mesures nécessaires en recrutant des intérimaires », ajoute-t-elle. « Malgré ces actions rapides, la CGT a choisi de déposer une alerte pour danger grave et imminent. Celle-ci a été examinée lors de la réunion du CSE (…) et à l’issue des échanges, la majorité des membres du CSE ont considéré que les actions prises par la direction étaient suffisamment sérieuses », conclut-elle.