Category: social

  • Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Début décembre, l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih) de Vaucluse communique sur les propositions issues des Assises de la restauration et des métiers de bouche au niveau national.

    Dans ce communiqué, des idées « pour offrir des perspectives concrètes aux entreprises, renforcer la confiance des consommateurs et moderniser un secteur confronté à de fortes attentes sociétales », précise l’organisation patronale.

    Plusieurs points sont détaillés plus loin. À commencer par une demande sur l’obligation de la mention « fait maison » pour « l’ensemble des établissements de la restauration hors domicile : restauration traditionnelle, rapide, assimilés restaurateurs (boulangeries, traiteurs…), restauration collective », précisent-ils. Un accord avait été trouvé, mais le gouvernement, par le biais du ministre délégué chargé du Commerce, de l’Artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Papin, est finalement revenu dessus. Mais aussi des demandes sur l’abrogation de la fiscalité et des cotisations sociales sur les pourboires ; l’instauration du permis d’entreprendre pour accompagner et sécuriser les nouveaux chefs d’entreprise du secteur ; la mise en place de solutions de logement pour les saisonniers, « condition indispensable au maintien de l’activité dans de nombreux territoires » ; ou encore la lutte contre la prolifération de l’offre commerciale qui « fragilise les acteurs professionnels soumis à des obligations auxquelles d’autres échappent ». En revanche, rien sur les conditions de travail des salariés.

    « Les patrons s’en fichent »

    Car en parallèle, les salariés s’organisent aussi. Depuis quelques mois se monte, avec l’union locale de la CGT en cité des Papes, un collectif d’employés en restauration. « Il n’existe rien pour nous. Et souvent, comme les restaurants sont la plupart du temps de petites structures, il n’y a pas vraiment de personnes syndiquées. Ça permet de ne pas être seul », confie Laetitia, qui fait partie des premiers membres. Ils sont aujourd’hui un peu plus d’une dizaine. Une nouvelle structure syndicale pour limiter les abus et améliorer les conditions de travail des personnels. « C’est une catastrophe. Souvent, les patrons s’en fichent. On est de moins en moins payés et ils veulent que l’on fasse de plus en plus d’heures. Les patrons ne veulent pas payer plus les gens qui sont qualifiés et prennent des petits nouveaux qui ne connaissent pas le boulot. Des dimanches pas majorés… Il faut arrêter à un moment donné. Comment peut-on fidéliser quelqu’un ? » s’interroge-t-elle.

    Action collective

    Les différents membres portent ainsi la volonté de « réunir des gens hyper isolés qui ont souvent des conditions de travail pourries », confie Gabriel, employé en restauration à Villeneuve-lez-Avignon. « Il y a une volonté très nette des patrons de ne pas faire de négociations collectives et c’est un obstacle majeur », poursuit-il. La volonté est de construire « un rapport de force », avec la possibilité de grèves collectives comme moyens d’action, par exemple.

    Aux petites structures s’ajoutent également des enseignes de restauration rapide ou des chaînes. À l’image d’Ahmed Ba, délégué syndical dans les restaurants KFC appartenant au groupe AmRest dans le sud de la France. Le franchiseur polonais possède localement les restaurants du Pontet et celui du centre commercial Mistral 7 à Avignon, mais pas celui d’Avignon Centre, dans la rue de la République, ni celui des Angles, côté gardois. Ils appartiennent en effet à un investisseur local. « On sait que dans la plupart de ces restaurants, les conditions sont déplorables, avec souvent des économies sur la masse salariale. Depuis que je travaille à KFC, je ne sais pas à combien de personnes j’ai eu affaire. Mais je ne peux pas aller dans ces restaurants-là pour proposer mon aide. Alors qu’avec cet outil qu’est ce collectif, je pourrais », explique-t-il.

  • La CGT de l’hôpital en remet une couche sur le rapport

    La CGT de l’hôpital en remet une couche sur le rapport

    Ce mardi 3 février, une bonne partie de la direction de l’hôpital s’était réunie pour, face à la presse, dresser un plan qui remettrait sur de bons rails le fonctionnement du bloc opératoire. Elle évoquait notamment un possible biais de neutralité d’un rapport produit par un cabinet agréé, qui décrit des conditions de travail difficiles au bloc opératoire. « Face à la tentative de discréditer une expertise indépendante, voulue par le personnel, un petit rappel s’impose », réagit la CGT ce vendredi 6 février dans un communiqué.

    Elle assure qu’évoquer l’appartenance de l’expert qui a réalisé l’enquête à la CGT dans un autre département a été fait « dans l’optique de créer une division entre les organisations syndicales du Centre Hospitalier d’Avignon ».

    Vote unanime

    En préambule, le syndicat rappelle que le cabinet d’expertise est agréé Qualianor, que « l’expert est sociologue bac +5, avec 15 ans d’expérience » ou encore que l’expertise « repose sur 49 entretiens, des observations de terrain et des données institutionnelles ».

    Une formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT) du centre hospitalier s’est également tenue ce jeudi 5 février. Y a été présenté au personnel « un processus de coconstruction qui doit déboucher sur un plan d’action attendu depuis trop longtemps », précise la CGT. Ce plan avait été détaillé par l’équipe de direction de l’établissement de santé en ce début de semaine. Y figurent de nombreuses actions, dont une nouvelle organisation, « qui est un socle pour sortir de la crise », confiait notamment le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

  • La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    Un candidat sans projet pour le droit à la communication est un candidat déjà dépassé. » Le message est passé. Le syndicat CGT des Activités postales et de télécommunications (CGT Fapt) et l’Union syndicale des retraités (USR) des Hautes-Alpes lancent une campagne pour interpeller les candidats aux municipales sur l’absence de mesures destinées à réduire la fracture numérique. La fermeture progressive d’infrastructures du service public menace l’inclusion de chaque citoyen. Avec seulement 29 bureaux de Poste pour les 162 communes dans le département (), le droit à la communication représente un enjeu territorial. La cosecrétaire de la CGT 05, Alexandra Pourroy, juge que les programmes électoraux portent « peu » sur cette thématique : « C’est l’étincelle qui a fait démarrer cette campagne. »

    Un kit pour les citoyens

    La CGT Fapt et l’USR 05 s’engagent à interpeller les candidats lors des réunions de campagne des grandes communes. Ces syndicats, qui « ne peuvent pas être présents sur toutes les communes », proposent un kit d’interpellation aux citoyens. Lettre type, argumentaire, chiffres-clés… Ce kit présente « le nécessaire pour pouvoir se faire l’émissaire de cette campagne ».

    La représentante syndicale renchérit : « Le but est de permettre à Monsieur-tout-le-monde de pouvoir intervenir dans cette campagne. »

    Le droit à la communication est menacé lorsque le numérique devient l’unique moyen d’accès aux services. Cela concerne particulièrement les habitants des zones blanches – 20% du territoire départemental – ainsi que les personnes âgées. À titre d’exemple, 33% des usagers déclarent avoir déjà abandonné une démarche administrative en ligne par manque d’accompagnement.

    « Le droit à la communication est un service public. Par définition, c’est plus un impensé de la droite et quelque chose qui doit infuser dans les listes de gauche », note Alexandra Pourroy. Ces revendications s’adressent à tous les candidats du cercle républicain, à l’exception du RN, qui propose « une politique générale complètement opposée à ce que [le syndicat] porte ». La CGT Fapt et l’USR 05 attendent un sursaut de la part des candidats pour réduire cette fracture numérique.

  • La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    On a voté à l’unanimité la reprise du travail suite aux réponses obtenues », annonce Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, ce vendredi soir à la sortie de l’assemblée générale des travailleurs. L’organisation « suspend le mouvement social » entamé lundi 2 février, notamment suite à plusieurs réunions en préfecture et avec les directions des deux compagnies des marins, La Méridionale et Corsica Linea. « On a un calendrier très précis pour un cycle de réunions de travail sur le programme commun des deux compagnies par rapport à la concurrence déloyale », développe Frédéric Alpozzo, évoquant un « document complet ».

    Le tout, en parallèle « d’une médiation », annoncée la veille par le ministère des Transports. « Il y a toutes les parties prenantes dans les différents cycles de réunions, on a des avancées », commente le syndicaliste. Avant de prévenir : « Ce n’est qu’une suspension, si les discussions se passent mal, on retourne au combat ! ». Pour rappel, ils dénoncent un « dumping social » de certaines compagnies maritimes usant de pavillons internationaux « sur les lignes territoriales françaises à passagers ». « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois », rappelait la CGT Marins, qui défend le pavillon français et son socle de droits sociaux.

    Il faut dire que leur mouvement avait provoqué des remous. Ce vendredi, à l’usine d’Airbus Helicopters de Marignane, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, jouait la carte du dialogue social. « Je souhaite que l’apaisement revienne. Je comprends l’émoi d’un certain nombre de salariés par rapport à cette concurrence qu’ils jugent déloyale », assure-t-il. Si les marins réclament des garanties pour l’emploi au pavillon français depuis des mois, le ministre semble aller dans leur sens en affirmant qu’il « lutte contre le dumping social » notamment sur les liaisons transmanche.

    Des « conséquences économiques ravageuses »

    « Nous sanctionnerons sévèrement ceux qui ne respectent pas les règles. Mais tout n’est pas entre les mains de l’État », justifie Philippe Tabarot, citant les « difficultés liées au port de Sète, de compétence régionale ». De quoi renvoyer à la fameuse « médiation » lancée par son ministère. Laquelle doit « produire des conclusions rapides, dans un délai de six à huit semaines ». Il faut dire que même la Corsica Linea a dénoncé, dans un communiqué de presse diffusé vendredi matin, « les conséquences économiques ravageuses de l’expansion du dumping social ». Et a pointé directement des « compagnies maritimes opérant sous pavillons internationaux moins-disant, en dehors de tout respect du socle social minimal imposé par la loi française ». Philippe Tabarot s’est félicité de « la levée du mouvement de grève (…) les deux médiateurs désignés sont à l’œuvre pour parvenir à un apaisement durable avec tous les acteurs », précisait-il vendredi soir.

  • Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Reçus, insatisfaits, les marins restent en grève

    Ni l’État, ni les directions des deux compagnies maritimes n’auront apporté de solutions permettant de pérenniser l’emploi maritime sous pavillon français, a considéré la CGT des Marins de Marseille à la sortie de la préfecture. Une réunion de conciliation s’y est tenue jeudi 5 février au matin à la demande de la CGT en présence des organisations syndicales Sammm, STC La Méridionale et des directions de La Méridionale et de Corsica Linea et un représentant du cabinet du ministère des Transports.

    Dans l’attente « d’engagements écrits pour défendre l’emploi maritime français, a expliqué Frédéric Alpozzo, secrétaire général du syndicat CGT des marins de Marseille, on n’est pas satisfait des propositions faites par l’État et les compagnies ». Pour sortir de la crise, la CGT souhaite un plan commun sur la desserte en Algérie entre la Corsica Linea et La Méridionale depuis Sète et Marseille et une exonération de la taxe carbone pour les déplacements insulaires.

    En Corse jeudi, deux navires de la Corsica Ferries ont été déroutés vers Propriano et L’Île Rousse après avoir été empêchés d’accoster à Ajaccio et Bastia par des marins grévistes de la Corsica Linea qui dénoncent « le dumping social » de la compagnie a indiqué à l’AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du Syndicat autonome des marins de la marine marchande (Sammm) de la Corsica Linea. Les organisations syndicales revendiquent « l’arrêt des autorisations d’escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse », « l’interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers » et « l’engagement écrit de l’État garantissant le financement des DSP jusqu’en 2030 ».

  • Les facteurs en grève à Avignon contre une réorganisation qui « dégrade le service »

    Les facteurs en grève à Avignon contre une réorganisation qui « dégrade le service »

    C’est le troisième mouvement de grève depuis juillet dernier contre la réorganisation du service de distribution de lettres et colis, mise en place en mai dernier, qu’a organisé le syndicat Sud PTT ce mercredi 4 février devant le centre de tri de Courtine, à Avignon.

    Et ils étaient une trentaine de facteurs, sur 49 au total, à s’être mobilisés devant le portail de l’établissement de La Poste dans la matinée. « Voilà bientôt huit mois qu’une réorganisation inique a été mise en place au service de la distribution des lettres et colis d’Avignon. Résultat : une qualité de service fortement dégradée, des restes accumulés quotidiennement, des conditions de travail fortement détériorées », précise le syndicat. Des négociations se sont tenues ce vendredi 31 janvier avec la direction, sans succès.

    Demandes persistantes

    Les demandes du syndicat restent globalement les mêmes depuis les premières mobilisations en juillet. À savoir « la réinjection de moyens supplémentaires (8 facteurs colis/courrier), l’arrêt du management toxique, une réfection complète du bâtiment permettant aux agents d’exercer leurs activités sereinement », précisent-ils. Les grévistes réclament aussi « le retour des facteurs sur le site de Kennedy permettant ainsi une proximité avec les usagers ». Ce centre se situait à proximité de l’agence de la rue de la République, en intra-muros de la cité des Papes. « En début de conflit, après la grève, on a l’impression que ce déménagement était une punition », glisse Noémie Leblanc, secrétaire adjointe de Sud PTT 84. Elle conclut en soulignant que « le maintien de ce service public à Avignon et en périphérie repose uniquement sur l’implication et le professionnalisme des facteurs » et que « les usagers sont impactés de plein fouet ».

    Contacté par La Marseillaise, le groupe La Poste assure qu’une nouvelle direction a été mise en place « depuis le début du mois » et affirme avoir engagé plusieurs actions, comme l’intégration de neuf personnes en CDI qui « terminent actuellement leur formation », une étude sur le réaménagement des surfaces en concertation avec les postiers et l’initiation de groupes d’échanges « dans chaque équipe pour travailler au plus près du terrain, à la recherche de solutions et à l’amélioration des conditions de travail ».

  • Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    « C’est un témoignage de gens qui ne parlent pas à un syndicaliste ou une direction, mais à un cinéaste et avec leur cœur », résume Damien constant, responsable CGT du Comité d’activités sociales inter-entreprises (Casi) des cheminots de Miramas.

    Vendredi soir à 18h30 au cinéma Le Comoédia, le Casi organise la diffusion du film documentaire « #Touscheminots, concurrence, entre défiance et méfiance, entretiens et témoignages en région Paca », réalisé par Balkan Tekelioglu sur une idée originale de l’organisation.

    « Le film raconte l’ouverture à la concurrence du rail au travers des témoignages de cheminots qui ont été transférés dans SNCF sud azur », détaille Damien Constant.

    « Un outil de lutte »

    Il y a une originalité dans la façon de faire. « La réalisation a fait ce qu’elle voulait à partir de notre projet, nous n’avons pas donné de consignes indique Damien Constant. Ce sont des gens qui racontent leur vie, leur entrée à la SNCF, comment leur transfert leur a été annoncé et comment ils l’ont vécu ».

    « Ce film est un outil, une arme pour sensibiliser, transmettre les émotions, et dire qu’on ne veut pas que ça se reproduise. Car vivre la privatisation c’est vivre un drame », appuie le syndicaliste CGT. En d’autres termes, « c’est une autre manière de militer, notre but est que sa diffusion ne s’arrête pas au casi. Il y a pour projet de le promouvoir auprès du grand public », développe Damien Constant, la demande de visa d’exploitation étant en cours et sa diffusion envisagée lors de festivals.

    La séance de vendredi 18h30 au Comoédia est gratuite pour les cheminots, le tarif est de 4 euros€pour le public. Un débat et un apéritif sont proposés à l’issue de la projection.

  • Nouvelle convocation pour le postier syndicaliste

    Nouvelle convocation pour le postier syndicaliste

    Non à la répression. Liberté syndicale à la Poste. » Devant les locaux de la Poste à Marseille (1er), une immense banderole a été déroulée et une centaine de personnes se sont réunies pour soutenir Yann Quay-Bizet, postier et syndicaliste à Sud PTT 13, convoqué pour une commission de discipline, ce mercredi. Selon les manifestants, la direction lui reproche des prises de paroles inappropriées, qui désorganiseraient le service.

    Convoqué pour la quatrième reprise devant cette commission, le fonctionnaire y voit une nouvelle répression syndicale. « On me reproche d’user de ma liberté d’expression », s’indigne-t-il. Ce syndicaliste a déjà été mis à pied en 2019 et en 2022, pour des raisons similaires. Mais le conseil des prud’hommes de Marseille avait annulé ces décisions, le 30 juin 2025, estimant qu’elles relevaient de « sanctions [qui] contreviennent à la liberté d’action et d’expression syndicale ». Une procédure est également en cours pour une autre mise à pied datant de 2024.

    Dans le Vaucluse, Nicolas Pages et David Roumanille, agents de la Poste et cégétistes, ont été mis à pied il y a quelques semaines. « Ils essayent de nous limiter dans nos visites sur site. Mais comment, en tant que syndicat, on peut agir pour les agents, si on ne nous laisse pas rencontrer les salariés et diffuser les informations sur leurs droits », soupire Nicolas Pages.

    « Il y a une dimension systémique dans ces sanctions, dénonce Yann Quay-Bizet. Pour réorganiser les services, supprimer des postes et laisser des salaires bas (…), ils doivent éradiquer les syndicats, pour faire accepter cette bombe sociale. » Mais pour Gilles Botella, représentant à Sud PTT 33, présent à Marseille ce mercredi, ces sanctions, bien que difficiles, sont porteuses d’un peu d’espoir. « Plus ils nous sanctionnent, plus ça signifie qu’ils ont peur de nous. ça veut dire qu’on fait bien notre travail », sourit-il.

    Contactée, la Poste confirme la convocation de Yann Quay-Bizet, affirmant que « cette instance consultative paritaire statuera sur la nature de la sanction disciplinaire à proposer ».

  • Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Le rapport sur le bloc opératoire contesté par la direction à Avignon

    Dans les locaux de l’administration du centre hospitalier d’Avignon, une douzaine de membres de la direction et du corps médical de l’établissement se sont présentés à la presse au lendemain de la communication d’un rapport d’un cabinet d’expertise agréé qui mettait en avant des « indicateurs alarmants » sur les conditions de travail. « Il a eu un effet de résurgence plutôt négatif car le travail mis en place a été un peu pris à défaut », regrette le docteur Jean-Pierre Meunier, chirurgien et chef de pôle de chirurgie et du bloc opératoire.

    Certains chiffres présentés dans ce même document comme des éléments inquiétants sont notamment contestés, tels que le taux d’absentéisme de 15,10%, qui serait en réalité de 10,81%, « soit, selon le barème du cabinet, un taux normal », assure Pierre Pinzelli, directeur de l’hôpital. Mais aussi le taux de turnover de 43% chez les infirmiers en soins généraux (IDE), de 25% chez les aides-soignants ou de 11% chez les infirmiers anesthésistes, qui serait en réalité respectivement de 10%, de 13% et de 7,5%. Tout en concédant un taux de 50% chez les encadrants d’unité de soins, « qui peut paraître élevé », mais qui serait « sur trois personnes dont l’une part à la retraite », et qu’il y a « une réelle difficulté à recruter des cadres de proximité dans les hôpitaux », précise le centre hospitalier dans sa présentation.

    Une divergence sur les données que l’hôpital explique en remettant en doute la neutralité du rapport d’expertise, en évoquant notamment l’appartenance de l’expert à la CGT. « Un article du règlement sur la déontologie rappelle que l’indépendance du cabinet doit être totale vis-à-vis de l’employeur mais aussi vis-à-vis des représentants du personnel. On ne peut pas passer au-dessus du sujet de la neutralité. La conduite de l’audit est menée par un monsieur impliqué dans diverses mobilisations sociales. Ce n’est pas une critique de la personne car on a bien travaillé ensemble. Mais sur le point idéologique, permettez-moi de faire part d’une petite interrogation », tout en confiant qu’il « ne balaie pas d’un revers de main » tout ce qui y figure.

    Travail en cours

    En amont, une longue présentation du fonctionnement du bloc opératoire, avec les nombreux changements récents, a été donnée par l’équipe de direction, notamment la mise en place depuis plus d’un an d’un « pilotage médico-soignant » du service. « On sort d’un état de crise, donc c’est sûr que tout n’est pas blanc. Mais il faut avancer dans un climat serein et cette situation ternit l’image du bloc. On souhaite ici insister sur la qualité du bloc opératoire car ce qui est décrit blesse ceux qui y travaillent », avance le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » va être présenté lors de la prochaine formation spécialisée santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), programmée en février. Il comporte sept propositions de la gouvernance du service, dont certaines convergent avec celles du rapport, telles que la poursuite des recrutements, l’engagement « rapide » de l’analyse du travail, ou la mise en œuvre « rapide » d’un suivi des risques psychosociaux par des professionnels rompus à l’exercice et indépendants. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise. Plusieurs indicateurs nous le font penser. Nous ne sommes pas dans un état de chaos comme il est décrit par la CGT. Nous sommes toujours face à des difficultés et nous essayons de nous en défaire », ajoute le docteur Vincent Pestre.

  • Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une nouvelle mobilisation qui sent la poudre à Eurenco

    Une semaine après le premier rassemblement devant la poudrerie Eurenco de Sorgues, il y avait à nouveau un peu moins de 150 personnes sur le piquet de grève. La CGT et FO demandent depuis plusieurs semaines de meilleures conditions de travail après avoir refusé de signer les négociations annuelles obligatoires avec la direction.

    Ils revendiquent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. Les discussions sont actuellement au point mort.

    Jouer au dur

    Jérémy Durou, secrétaire général central FO Eurenco, évoque notamment le fait que la direction n’aurait pas du tout l’intention de revenir vers les organisations syndicales pour négocier… Face aux employés mobilisés à Sorgues, il évoque même une « intimidation de salariés grévistes », assurant que le directeur général adjoint de l’opérationnel a « ouvertement dit à un salarié de Bergerac [l’autre site de production du groupe en Dordogne, Ndlr] que s’il n’était pas content, il pouvait aller ramasser des pommes ». Des agissements qui seront portés devant l’inspection du travail par FO et la CGT.

    « On va durcir le mouvement avec des actions plus fortes, par des grèves plus longues ou des actions coup de poing, plus visibles », confie de son côté Jérémy Caillé, secrétaire général central CGT à Eurenco. « Certains se croient supérieurs aux autres. S’ils veulent jouer les durs, on va durcir aussi », ajoute Jérémy Durou.