Category: social

  • À Aix, étudiants et jeunes mènent le mouvement

    À Aix, étudiants et jeunes mènent le mouvement

    Sur la Rotonde, le mouvement « Bloquons-tout » a rassemblé près de mille personnes. À Aix, ville étudiante, ce sont les étudiants, la jeunesse en général, qui ont mené la contestation, majoritaires parmi les 1 000 personnes ayant battu, 800 au plus fort selon la Préfecture. « Lecornu, la jeunesse est dans la rue » affiche la grande banderole qui mène le cortège. « Taxez les riches, on est pas des quiches ! », expose une autre.

    Le « ras-le-bol général » – terme scandé à plusieurs reprises dans les rangs – a été exprimé sous différents angles : incompréhension quant aux efforts demandés par le gouvernement, salaires trop bas, étudiants précaires, pauvreté élevée en France, et depuis hier soir, la nomination de l’ex-ministre des Armées comme Premier Ministre. « On a une longue liste de revendications », prévient Noah, étudiante en histoire sur le campus Schuman. FSU, FO, notamment les soignants, quelques délégués CGT et les représentants politiques de la gauche aixoise ont répondu présent. « On nous montre encore une fois qu’on ne nous écoute pas. S’il manque de l’argent ce n’est pas la faute du peuple », rappelle Cécile Peccini, co-secrétaire de la FSU-Snuipp 13. « C’est une provocation, on prend les mêmes et on recommence, estime Clément Frez-Carel, récemment nommé chef de file des écologistes (EELV). Il y a un mépris complet des Français. La colère est légitime. »

    Forte « colère sociale »

    « En tant que jeune fonctionnaire, je vois bien que l’on a de moins en moins de moyens, que nos acquis reculent, toutes ces choses nous grignotent », pointe Sibylle. Aux côtés de son épouse, elle pointe également se sentir « de moins en moins en sécurité ». « Assez de coups bas, pour la France d’en bas ! », continue de scander, parallèlement, la foule. « On fait cinq ans d’études, on bosse comme des fous pour finir par être précaires, ne pas pouvoir boucler les fins de mois, en mettant tous dans les loyers et la nourriture. Comment s’imaginer un avenir décent ? », s’indigne de son côté Noé, jeune travailleur. « On nous rit clairement au nez », martèle Léa, étudiante de 22 ans.

    « Il y a une forme de colère sociale très forte. Les gens n’en peuvent plus. Les salaires sont ridiculement bas, le coût de la vie est extrêmement cher (…) Dans ce mouvement-là, on doit faire émerger des solutions qui rassemblent. Aujourd’hui, tout est fait pour diviser », estime David Tessier, chef de file PCF pour le scrutin 2026. « Je comprends que les gens soient d’autant plus mobilisés. Ils sont inquiets, en colère, conscients pour beaucoup que leur pouvoir d’achat que les services publics et les retraites sont en jeu », estime Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription. Depuis la Rotonde, la foule dense, s’est ensuite élancée jusqu’à la place de la mairie, ou la mobilisation s’est conclue par une minute de silence pour les victimes de Gaza. Aucun heurt n’a été signalé.

  • À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    Peu après 11 heures, ce mercredi 10 septembre, environ un millier de personnes se sont rassemblées sur la place du Palais des papes pour une agora citoyenne, au lendemain de la démission de François Bayrou et de la nomination, en tant que Premier ministre, de Sébastien Lecornu.

    L’arrivée d’un cortège d’environ 150 lycéens, qui avaient, les heures précédentes d’abord bloqué le lycée Mistral et tenté de bloquer celui d’Aubanel, deux établissements du centre-ville, a lancé les prises de parole spontanées. Une grande partie de ces prises de parole étaient celles de jeunes, dont les discours étaient souvent entrecoupés de chants hostiles au gouvernement, antifascistes ou en soutien à Gaza, repris par une large partie des manifestants, parmi lesquels aucune étiquette politique ou syndicale n’était visible. Une poignée de Gilets jaunes se tenaient plutôt en bordure de la foule. « Emmanuel Macron a mis au pouvoir un homme libéral, autoritaire, au service des LR et du RN. Hier à 20h30, un macroniste en a remplacé un autre. Alors que depuis 8 ans, la précarité, notamment étudiante, n’a fait qu’augmenter et la richesse des ultra-riches n’a fait qu’augmenter. On nous demande d’aimer la République mais cette dernière nous violente. Que sommes-nous censés faire ? », s’interroge par exemple Lucien, lycéen en terminale à Avignon.

    Tandis que Pierre Jourlin, professeur à l’Université d’Avignon, qui ne s’est pas présenté sous son étiquette de représentant du syndicat SUD Éducation, regrette le discours du gouvernement vis-à-vis de l’éducation et appelle à « annuler la dette ». « On ne veut plus payer à travers la dette les intérêts privés des spéculateurs. C’est comme ça que le pays ira de l’avant », a-t-il lancé. Raphaël Arnault, député (LFI) de la circonscription, a également été invité a ensuite appelé, tout en souhaitant que « le mouvement reste autonome », à « bloquer le pays pour ne pas rester bloqués jusqu’en 2027 ».

    Blocage et parking gratuit

    La manifestation s’est ensuite poursuivie toute la journée, avec notamment une manifestation qui a redescendu la rue de la République en direction de la gare Centre. Où les manifestants ont bloqué pendant plus d’une heure la circulation ainsi que les tramways sur le boulevard Saint-Michel. Avant de se rassembler plus tard devant la préfecture de Vaucluse. Mais ce ne fut pas seulement autour des remparts que des actions se sont déroulées. Comme par exemple à la zone commerciale du Plan, à Entraigues, où une dizaine de camions ont temporairement bloqué la route. Mais aussi à l’hôpital d’Avignon où une opération parking gratuit a été mise en place pendant quelques heures.

  • À Toulon, plus de 500 manifestants troublent l’activité commerciale

    À Toulon, plus de 500 manifestants troublent l’activité commerciale

    « Le budget Bayrou est tombé, mais on ne s’attend pas à des heures meilleures avec Lecornu », explique Patrice Moulun, pour l’Union locale CGT de Toulon. Il insiste sur la nécessité de porter des revendications claires : « La retraite à 60 ans, la hausse des salaires et des pensions et taxer les plus riches, puisque de l’argent, dans ce pays, il y en a ! »

    À ses côtés, Sébastien (CGT Propreté) renchérit : « Ce gouvernement nous a attaqués comme jamais. Alors, oui, il y a eu un changement de Premier ministre, mais on est conscients que si on ne mobilise pas, cette politique va continuer. Donc, notre objectif, c’est de bloquer et de dégager Macron. »

    Plus de 300 manifestants sont à présent arrivés sur le parking de Leroy Merlin. « On est dans la lutte, aujourd’hui, aussi pour préparer le 18 », précise Nora (CGT). Récemment retraitée, elle s’indigne de la situation sociale : « Les salariés n’ont plus de quoi vivre. Certains sont obligés de cumuler deux boulots. Des retraités retournent travailler. Sans compter le nombre d’étudiants qui, aujourd’hui, ne peuvent pas manger et vivre dignement. »

    De la colère à l’action

    Pierre Kaspereck (CGT) met en garde contre « l’incendie que Macron est en train d’allumer ». Il ajoute : « Il n’entend rien à la colère des travailleurs. Ça peut devenir très dangereux pour tout le monde, y compris pour la bourgeoisie française qui se pense à l’abri de toute atteinte. Si j’étais eux, je me méfierais. »

    Même son de cloche pour Olivier Gérard (CGT Éduc’action) : « On ne sait pas comment les choses vont se passer dans les jours qui viennent, mais ça ressemble un peu à la période de l’abolition des privilèges, je trouve. »

    Après les prises de parole, le cortège de plus de 500 personnes se dirige vers le rond-point de Valgora. Parmi les manifestants, Raphaël, jeune lycéen, explique : « On n’est sous aucune bannière politique, mais on en a tous marre de Macron. On pense qu’il faut tout bloquer. On a pris beaucoup de choses dans la gueule. Et là, on en a assez. Stop ! »

    à ses côtés, Lola, étudiante, confirme : « On en a marre de cette politique qui nous enlève nos droits petit à petit, tout en en conférant toujours aux plus riches. Donc c’est un sentiment de colère et de frustration, aussi. » Elle précise, avec un brin d’espoir : « L’objectif, c’est de faire prendre conscience qu’on peut changer les choses, qu’on peut être entendus. Sinon ça peut aller très loin. » Reza, jeune salarié dans la restauration, partage ce point de vue : « Ils ont voulu un bras de fer, on répond présent. Je serai en grève le 18, et autant de fois qu’il le faudra. »

    Les deux accès au parking de l’Avenue 83 sont maintenant bloqués. Coraline, salariée non syndiquée, confie : « Je suis là parce que je ne suis pas du tout en accord avec le système politique actuel, sur tout un tas de niveaux. Je trouvais ça important de se mobiliser, aujourd’hui, pour être le plus nombreux possible. Quant au nouveau Premier ministre, c’est une vaste blague : un pion de plus pour retarder l’échéance. »

    « Créer un rapport de force »

    De nombreux jeunes ont répondu à l’appel de la CGT. « On est là aussi pour apporter un peu de joie aux manifs », sourit Lucas.

    Pier, chorégraphe engagé, veut dire lui aussi son « ras-le-bol ». « La situation est grave au niveau social, au niveau écologique, et on voit que le président continue dans sa lancée », déplore-t-il. Pour ce militant associatif, « la solution, c’est de créer un rapport de force ». Il poursuit : « Le peuple ne se rend pas compte de la force qu’il a. Il faut faire comprendre que c’est nous qui avons le pouvoir, à condition de se bouger. »

    Pierre Daspre, secrétaire fédéral du PCF, estime que « Macron n’a toujours pas compris les messages envoyés par les Français, dans la rue comme dans les urnes ». Il insiste : « Il faut se mobiliser pour exiger des réformes profondes et changer notre système économique. Cela suppose d’aller au-delà de la colère et de l’exaspération, pour passer du malaise profond à une véritable alternative politique. »

    Anaïs Pascual (CGT Primark) résume le choix du lieu pour cette mobilisation : « Si on a choisi L’Avenue 83, c’est parce que c’est le symbole local du capitalisme, tout simplement. C’est une zone où vous avez des enseignes qui gagnent des milliards et des salariés qui sont à temps partiel et gagnent une misère, tout simplement. »

    Rendez-vous est donné à la prochaine mobilisation.

    « Ici, vous avez des enseignes qui gagnent des milliards et des salariés qui sont à temps partiel et gagnent une misère. »

  • La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    La CGT se mobilise et cible les politiques patronales

    Il est un peu plus de 8h30 à l’entrée du Marché d’intérêt national (MIN) d’Avignon. Une voiture entre vite et frôle quelques militants CGT. « Il est énervé lui, il ne doit pas être en grève », plaisante Carlos Acha Moreton. Aux côtés d’une cinquantaine de militants, le secrétaire de l’union locale d’Avignon a pourtant des raisons d’être en colère.

    « Les grands patrons, vous êtes les responsables de la détresse du peuple », adresse-t-il, devant le siège du Medef vauclusien, dont les bureaux sont dans le MIN. Au préalable, une longue déambulation dans les allées d’entrepôts et entreprises se déroule. « Vous vous faites voler par le grand patronat qui capte toutes les aides publiques », harangue Carlos Acha Moreton, à l’entrée de l’enseigne Metro. Le but de la matinée ? « Se faire entendre, distribuer 1 000 tracts et appeler à la grève du 18. »

    Devant le Medef, les militants CGT entonnent l’Internationale. Dans son propos, le secrétaire de l’Union locale dépeint les « galères engendrées par le patronat » : allongement du temps de travail, salaires de misère, délitement des services publics. « Vous êtes des assistés ! », lance Carlos Acha Moreton, rappelant « toutes les exonérations fiscales et sociales » dont bénéficient les entreprises. Ce discours est remis en mains propres à la déléguée générale du Medef 84. Une discussion courtoise s’engage entre deux portes, mais sans protocole d’accord trouvé. Le député Raphaël Arnault (LFI-NFP) fait un passage, se rendant aussi sur d’autres fronts avignonnais.

    En début d’après-midi, c’est cette fois l’union départementale CGT qui donne rendez-vous devant l’usine SEPR du Pontet, pour un « point de convergence » de tous les secteurs en grève. « On dénonce depuis longtemps les licenciements dans le secteur industriel », expose Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84, alors que la SEPR est sous le coup d’un chômage partiel, sans plan social annoncé pour l’heure. « Le sujet central n’est pas le casting du Premier ministre, mais le contenu de la politique d’austérité de Macron au service du patronat », estime la secrétaire de l’UD, pour qui « mettre le ministre des Armées à Matignon, c’est déclarer la guerre aux travailleurs ».

    Une autre bataille se profile, jeudi prochain : une manifestation intersyndicale partira à 10h30 de la cité administrative.

  • Des centaines d’actions ont été menées en France

    Des centaines d’actions ont été menées en France

    Toulouse

    Un défilé mêlant gilets jaunes, syndicalistes ou encore salariés d’Airbus a réuni 13 000 personnes selon la préfecture, 30 000 selon la FSU.

    Nantes

    5 000 personnes ont défilé. Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes et interpellé 24 personnes.

    Lille

    La police annonce 8 500 manifestants contre 40 000 pour la CGT, très représentée dans les cortèges avec notamment le mot d’ordre « faire du métal sans Mittal » pour soutenir les salariés d’Arcelor en lutte.

    Valence

    Près de 2 500 manifestants ont également défilé, selon la préfecture. Quelque 300 personnes ont bloqué les voies de la gare TER, interrompant le trafic, avant d’être évacuées.

    Lyon

    La préfecture de police a compté 8 000 manifestants contre plus de 10 000 pour les organisateurs. Les cortèges ont été bloqués et la cible de tirs de gaz lacrymogènes.

    Paris

    L’intervention de la police a conduit à l’interpellation de 203 personnes. Des images impressionnantes d’un restaurant en feu ont suscité l’ouverture d’une enquête par le parquet, qui privilégie pour l’heure la piste d’un « feu involontaire, qui pourrait être lié à l’intervention des forces de l’ordre ».

    Grenoble

    11 000 manifestants ont battu le pavé selon la police, 12 500 selon la CGT.

    Montpellier

    La mobilisation a rassemblé 8 000 personnes selon la police. Un canon à eau a été utilisé pour disperser les manifestants, fait savoir la préfecture de l’Hérault.

  • La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région va-t-elle sortir la tronçonneuse pour tailler une fois de plus dans les budgets de l’insertion ? Six mois après avoir approuvé une baisse drastique de 32 % de ses financements aux missions locales, le conseil régional de Provence Alpes-Côte d’Azur vient de lancer, ce lundi, une consultation afin de réaliser, d’ici juillet 2026, une mission d’évaluation de ses politiques d’accompagnement aux jeunes en difficulté d’insertion, dans un contexte « de contraction des finances locales », explique le cahier des charges. En ligne de mire, son soutien aux missions locales, écoles de la deuxième chance et écoles de production. Parmi les objectifs, la Région veut savoir si ces structures pourraient survivre « en cas de retrait partiel ou total de tout ou partie des financeurs publics actuels ».

    « L’exécutif régional avait inscrit ce sujet comme un enjeu de la mandature, proposant l’objectif d’un doublement du nombre de jeunes bénéficiaires d’un accompagnement en cinq ans », rappelle la collectivité. Mais, après avoir taillé dans ses budgets, elle s’appuie sur le dernier rapport annuel de la Cour des comptes dédié à l’emploi des jeunes, qui pointait « un lien de causalité incertain entre l’effort financier et l’amélioration de l’emploi des jeunes » ainsi qu’une « absence de stratégie d’ensemble ».

    Financement « à la prestation réalisée »

    Or, la collectivité finance à hauteur de 11 %, en moyenne, les 28 missions locales de son territoire à travers des subventions globales de fonctionnement. Elle est aussi, à travers un mandat de Services d’intérêt économique général (Sieg), le « dernier financeur » des six écoles de la deuxième chance et de leurs vingt antennes : les crédits régionaux représentent ainsi de 35 à 60 % de leur budget.

    Alors, la Région veut « harmoniser » et mieux cibler son soutien « pour maximiser l’effet de levier du financement régional ». Elle demande ainsi à la mission d’évaluation « de mettre en évidence, le cas échéant, d’éventuels frottements/doublons » entre les dispositifs, de « mettre en lumière la couverture territoriale » face à leur concentration sur Marseille. En particulier, elle réfléchit à faire évoluer le cadre juridique de son soutien aux écoles de la deuxième chance et, après avoir coupé dans les dotations aux missions locales, cherche des « modalités pour “relancer” le partenariat et établir une plus-value renouvelée de la présence régionale dans le pilotage de ce réseau ».

    Le futur modèle est déjà suggéré. « La Région attend, tout particulièrement, une réflexion sur la faisabilité juridique d’un soutien “à la prestation réalisée” », réclame-t-elle au cabinet qui devra réaliser cette évaluation.

    Les reproches de la collectivité sont translucides. « Le coût total d’accompagnement d’un jeune, d’une école à l’autre, et tous financeurs confondus, peut varier du simple au triple », déplore-t-elle. Réclamant d’interroger sur ces écarts les responsables des structures pour expliquer « en quoi ils relèvent d’anomalies ».

    Pas de quoi rassurer les acteurs du secteur, alors que l’union régionale des missions locales craignait, au début de l’année, la disparition de 10 % de leurs emplois, et que même les services de l’État, dans une note confidentielle, regrettaient « un ensemble de marqueurs du désintérêt de la collectivité pour les politiques de l’emploi, malgré le niveau historiquement élevé du chômage dans la région » (notre édition du 25/06).

    « L’ensemble de la stratégie de développement économique de la Région a pour objectif le dynamisme de l’économie locale et ses créations d’emploi, se justifie déjà celle-ci, dans son cahier des charges. Or, il est largement démontré que toute conjoncture favorable a un effet notable sur l’emploi des jeunes. » Tant pis pour ceux qui en sont le plus éloignés.

    « Le coût total d’accompagnement peut varier du simple au triple. »

  • Retour du courrier, mais pas des colis

    Retour du courrier, mais pas des colis

    « Nous sommes heureux du retour du courrier à Notre-Dame-des-Marins », lance Francis Fournier, du comité de vigilance postale de Martigues. Après trois mois d’absence, la mobilisation a payé. « Notre pétition et nos élus, force de proposition, ont contribué à trouver cette solution », affirme-t-il.

    Comme l’explique La Poste, « une factrice, habitante du quartier et ancienne médiatrice, a été recrutée en collaboration avec les services de la mairie et formée pour assurer cette tournée ». La distribution a pu reprendre, lundi 8 septembre au matin. « On est satisfaits de cet aboutissement », estime Saoussen Boussahel, adjointe (PS) du quartier. « C’est une personne avenante qui habite le quartier, connaît les associations, les parents d’élèves et les travailleurs sociaux. Bref, tout l’écosystème de Notre-Dame des Marins », développe l’élue.

    La tâche ne s’annonce pas mince. L’adjointe indique qu’« un important travail de rattrapage est nécessaire pour distribuer tout le courrier resté en attente ou non réclamé ».

    Une inégalité à corriger

    Pour Francis Fournier, cette avancée s’inscrit dans un contexte plus large liée à La Poste. « Ce quartier a été pénalisé à trois titres : il a manqué de ne plus avoir le bureau de Ferrières, il n’y avait plus de courrier et il n’y a toujours pas de colis, c’est terrible pour un quartier prioritaire » juge-t-il. « Nous continuons la mobilisation sur cette revendication, tous les citoyens doivent profiter du même service public », annonce le président du comité de vigilance. Même engagement pour Saoussen Boussahel, qui veut « continuer à dialoguer avec La Poste pour résoudre cette inégalité ».

    Une réunion publique est prévue le mercredi 17 septembre au centre social pour faire le point.

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

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  • À Aix, les soignants aussi appellent à la mobilisation

    À Aix, les soignants aussi appellent à la mobilisation

    Dans le hall Jacques de la Roque, entrée principale du centre hospitalier d’Aix-en-Provence, les soignants ont exprimé leur colère. La veille du mouvement « Bloquons-Tout », le personnel hospitalier, médecins, infirmiers, ont tenu une assemblée générale, organisée à l’appel de trois syndicats : FO, CFDT et CGT.

    « On appelle à rejoindre les mouvements organisés un peu partout le 10, ce qui n’est pas le cas de toutes les confédérations (…). On ne va pas tourner autour du pot. C’est ni 44 milliards, ni 22 milliards d’économies sur le dos des salariés, contextualise René Sale, secrétaire FO du centre hospitalier d’Aix-en-Provence. Au sein de la population, de tout le monde, il faut arrêter avec les divisions de nos propres rangs pour se mettre tous ensemble (…) Leur dette, on n’en veut pas, c’est la leur, pas la nôtre (…). Sur le plan social, sociétal, sur plein de plans, on n’en peut plus ! »

    Ce mercredi 10 septembre, les hospitaliers rejoindront le mouvement citoyen et les cortèges. FO et CFDT tracteront dans un premier temps autour de l’hôpital, avant de rejoindre le cortège aixois. La CGT, elle, rejoindra la mobilisation marseillaise. Pour les revendications spécifiques aux soignants et hospitaliers, les syndicats seront reçus, ce jeudi, dans les bureaux de l’Agence régionale de santé (ARS), d’après les militants sur place. « Pour nous, hospitaliers, il y a un lien entre tout. On travaille dans la fonction publique, il y a forcément un lien avec les directives gouvernementales », rappelle Pascale Michaelis, déléguée syndicale CGT. Au niveau de l’hôpital, un « déficit » a été pointé par le syndicat. « La direction, depuis un an, a accentué notre déficit. Pour autant, nos conditions de travail ne se sont pas améliorées, pour autant, les directives ministérielles n’ont pas changé, et on nous demande encore de faire des restrictions budgétaires, prévient Virginie Gressin (CGT). On veut retrouver la grandeur des services publics en général. »

    La direction « ne creuse pas le déficit du Centre hospitalier intercommunal d’Aix-Pertuis », assure de son côté l’établissement. « Face à la dette, des efforts doivent être faits, mais ils doivent être partagés, mieux répartis », estime pour sa part la CFDT, représentée par Dominique Dufossé, déléguée syndicale.

    Rendez-vous est donné à 12h, au départ de la Rotonde.

  • À Aubagne, première grève à La Gauthière

    À Aubagne, première grève à La Gauthière

    « Pour la première fois de l’histoire de la Gauthière, les travailleurs en situations de handicap de l’Esat se mettent en grève, à plus de 40 % », annonce Bernard Cresta, délégué syndical central CGT de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) et délégué syndical de l’Esat. Les raisons de leur colère : « une politique budgétaire qui va impacter leurs conditions de travail », dans un Esat sous tension.

    Le secteur médicosocial, déjà au bord de la rupture, n’est pas épargné par les coupes budgétaires du gouvernement. Dans l’établissement aubagnais, les travailleurs craignent de voir s’amplifier leur malaise. « Les restrictions annoncées vont encore plus nous atteindre, cela aura inévitablement des conséquences sur nos conditions de travail et sur les embauches à La Gauthière, où l’on souffre déjà d’un problème de renouvellement et de remplacement des postes » note le délégué CGT.

    Travail à flux tendu

    Ainsi, ils ont décidé de venir participer à la manifestation marseillaise, à partir de 10 heures. Mais, pour porter des revendications auprès de la direction de leur Esat, ils seront préalablement rassemblés devant La Gauthière. La CGT liste : « La remise en place des séances de kiné et d’orthophonie pendant le temps de travail, la signature d’un accord sur la non prise en compte des journées non travaillées dans la pose de congés, des embauches, le remplacement systématique poste pour poste pour toutes les absences, l’augmentation des salaires… »